Hey :D voilà le tout dernier chapitre de cette histoire ! En espérant qu'il soit à la hauteur Je vous laisse de ce pas découvrir ce que Kara devient sans Lena dans sa vie (sortez vos mouchoirs) x) Comme d'habitude je vous retrouve en bas, en attendant je vous souhaite une bonne lecture !
Amaguiz : Désolée, je ne peux pas lutter contre les cliff en fin de chapitre x) Alors, happy ending ou non ? Je te laisse le découvrir, merci beaucoup pour message! A bientôt :)
KmillE822 : Hey :) Ah mais non, je proteste c'est pas drôle du tout si tu commences à deviner ce que je vais faire dans mes chapitres, ça va plus paraître aussi sadique que prévu :( J'avais même pas pensé à Alex en potentielle sauveuse de Lena mdr bon du coup j'avais vraiment prévu autre chose alors j'ai pas pu exploiter ton idée mais ça aurait pu être cool ! Comme toujours, merci pour ta review, je suis toujours aussi contente de savoir que tu aimes ! Voilà le dernier chapitre, en espérant qu'il te plaise aussi ! :D
Momo00 : Est-ce que tes prières on été entendu ? Tu vas le savoir tout de suite :p
Chapitre 29
« Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerais »
~ Francis Cabrel
5 mois plus tard.
Le mois de novembre s'était peu à peu établi, mais les températures, elles, avaient assurément chuté en Irlande. La pluie n'avait pas encore pointé le bout de son nez, mais les gros nuages menaçant que Kara pouvait apercevoir un peu plus loin, ne la rassuraient guère. Elle raffermit sa prise sur la feuille de papier froissée qu'elle tenait entre ses mains tremblantes et poursuivit ce qu'elle avait entrepris de faire jusque-là.
« En espérant qu'il ne soit pas trop tard et que tu sauras me pardonner », lut-elle d'une voix troublée. « Je t'aime, sincèrement et de tout mon cœur. Kara »
Ayant terminé sa lecture, elle replia la lettre toujours en tremblotant et la rangea dans une des poches de l'épais manteau qu'elle portait. Elle posa ensuite un regard brillant d'émotion sur la sépulture celte devant laquelle elle se tenait, son cœur battant douloureusement entre ses côtes. C'était la première fois en cinq ans qu'elle relisait les mots qu'elle avait écrits à Lena et jamais elle n'avait imaginé le faire ici, dans le modeste cimetière d'Oranmore, une petite ville côtière au Sud-Est de Galway. La vie pouvait parfois jouer de drôles de tours...
Une main qui se posa sur son épaule la fit sursauter. Un léger rire s'échappa des lèvres de la jeune femme qui lui avait fait peur et Kara se tourna vers elle pour lui offrit un timide sourire, encore ému par les vagues de souvenirs que cette lecture insolite, avaient fait remonter en elle.
« Merci de lui avoir lu cette lettre », souffla la jeune femme en laissant sa main glisser sur les omoplates de Kara, pour étreindre ses épaules. « Ça compte beaucoup pour moi qu'elle sache que je vais bien et que je suis bien entourée, maintenant »
Les yeux de la journaliste s'embuèrent bien malgré elle alors qu'ils se posèrent sur l'inscription gravée sur la stèle face à elle : « Mère bien-aimée, amie regrettée ». Elle avait failli venir ici pour une toute autre raison... Une raison qu'elle peinait encore à surmonter aujourd'hui.
Flashback
Kara eut l'impression que la chute de Lena se déroula au ralenti. Elle vit d'abord le corps de la brune s'échouer comme une vulgaire poupée de chiffon puis sa tête cogner durement contre le béton du sol. Elle entendit plus qu'elle ne sentit le cri s'échapper de ses lèvres tandis que ses yeux se posaient sur l'endroit où la balle avait atteinte Lena. En plein cœur.
Le pistolet que la PDG lui avait donné peu de temps auparavant, lui échappa pour venir s'écraser à ses pieds et tout comme l'arme une fraction de seconde avant elle, Kara rejoignit le sol alors que ses jambes se dérobaient sous son poids. Ses genoux heurtèrent le béton avec violence et la douleur irradia instantanément le long de ses cuisses. Mais plus rien n'avait d'importance, toutes ses préoccupations étaient tournées vers Lena et son état plus que critiques. La PDG avait sombré dans l'inconscience, les mains posées sur sa poitrine, dans une tentative vaine de comprimer sa plaie.
Prête à tout pour sauver la vie de celle qu'elle aimait, Kara retira d'abord les mains qui la gênait pour les poser prestement de chaque côté du corps inanimé de Lena. Elle s'attarda ensuite sur la blessure. Le point d'impact était net, et le tissu du t-shirt semblait brûlé tout autour, mais ce ne fut pas ce qui retint son attention au point de la figer sur place. Non, ce n'était pas ça, mais l'absence inattendue de sang. Kara n'avait pas besoin d'être médecin pour deviner qu'après un tir pareil, dans cette partie du corps, Lena aurait dû être en train de se vider de son sang. Enflammée par le subit espoir qui naquit en elle, la journaliste attrapa à deux mains le col rond du t-shirt porté par Lena et tira sur le textile de toutes ses forces jusqu'à ce qu'il cède et finisse par se déchirer en deux.
Contre toute attente, ce ne fut pas le soutien-gorge ensanglanté de Lena ou une plaie béante qui se présentèrent à la vue de Kara, mais le logo d'une chauve sourie surmontée des lettres « WI ». Il ne lui fallut qu'une brève seconde pour comprendre.
Lena, sous son t-shirt, portait un gilet pare-balles.
Ses yeux glissèrent jusqu'à la balle enfoncée dans l'épaisse couche de kevlar et Kara expira bruyamment. Dire qu'elle était soulagée aurait été un euphémisme. Elle n'avait jamais connu un tel sentiment. C'était à la fois terrifiant et déconcertant. Pendant un instant, elle avait cru que le monde était en train de s'effondrer sous ses pieds, terrassée par le choc de voir Lena mourir sous ses yeux. Et maintenant... Maintenant, elle était à la fois en train de rire et de pleurer en même temps. Elle se sentait tellement bête, comment avait-elle pu croire une seule seconde que Lena se jetterait dans la gueule du loup sans aucune protection.
Deux agents du SWAT qui s'approchaient d'elles en courant pour venir prêter secours à Lena, se stoppèrent net de stupéfaction en découvrant la scène qui s'offrait à eux. Toute l'équipe d'intervention avait vu la PDG se prendre une balle en pleine poitrine, chaque homme avait vibré lorsque le cri déchirant de Kara avait retenti jusque dans leur cœur et voilà que cette dernière se mettait à rigoler comme une démente. C'était à ne plus rien y comprendre.
« Mademoiselle Danvers, est-ce que vous allez bien ? », s'enquit l'Agent Moore en s'avançant précautionneusement jusqu'à la journaliste.
Cependant, Kara ne répondit rien, incapable de détourner son regard du corps inanimé de Lena. Une question venait de germer dans son esprit et l'hystérie menaça de la submerger complétement. Pourquoi diable Lena n'était-elle pas consciente ? Le gilet pare-balles avait pourtant arrêté la course du projectile.
La réalité frappa Kara soudainement et son rire resta bloqué dans sa gorge.
« Lena ? », l'appela-t-elle en lui secouant l'épaule. « Lena ! »
N'obtenant aucune réponse et menée par la peur qui lui tordait à nouveau les entrailles, elle réitéra son geste, encore et encore, jusqu'à ce que l'agent qui l'avait rejointe, s'agenouille à ses côtés. Toujours habité par la même prévenance, il apposa deux doigts dans le cou de la PDG pour vérifier son pouls, puis offrit un sourire sincère à Kara.
« Ne vous inquiétez pas, son cœur bat toujours, elle est juste inconsciente »
« P-Pourquoi ? », balbutia la journaliste, plantant ses yeux humides dans ceux aussi bleu que le ciel de l'homme à ses côtés. Elle ne pouvait pas voir la globalité de son visage, seulement ses yeux et sa bouche. Le reste était protégé par un casque et une cagoule, mais le peu qu'elle pouvait apercevoir la réconfortait et lui donnait envie de lui faire confiance.
« Sa tête à taper sur le sol assez violemment, même le plus dur à cuir d'entre nous aurait perdu connaissance à sa place », un léger rire s'échappa d'entre les lèvres de l'agent Moore tandis qu'il se redressait sur ses jambes pour lui tendre une main.
Kara l'observa un instant, indécise. Elle avait envie de le croire, mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiète. Si Lena mourait, elle ne s'en remettrait jamais, c'était une certitude.
« Kara, vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? », lui demanda l'homme qui n'avait pas bougé d'un millimètre.
La journaliste acquiesça.
« Kara, venez avec moi ? Vous avez besoin de voir un médecin et eux... », il fit une pause pour montrer l'équipe médicale qui était enfin arrivée et qui attendait sagement derrière lui qu'il leur donne le feu vert pour approcher la milliardaire. « ... Eux, ils ont besoin d'examiner Lena »
Les orbes d'azures de la journaliste passèrent du petit groupe de secouriste à Lena, puis de Lena aux secouristes et après avoir pesé le pour et le contre, elle se saisit de la main que l'Agent Moore tendait toujours dans sa direction. Une fois debout, l'homme entreprit de les emmener au rez-de-chaussée pour que Kara soit à son tour examinée par une autre équipe médicale, mais ils eurent à peine fait un pas que la Danvers vacilla, prise d'un violent vertige. Sa douleur à la tête se rappela subitement à elle alors que l'adrénaline qui l'avait parcouru jusqu'à maintenant, quittait peu à peu son organisme.
L'Agent la rattrapa avant même qu'elle ne bascule en arrière et il n'attendit pas que la jeune femme lui donne son consentement, pour la porter telle une princesse jusqu'au quai de chargement.
« Merci », eu-t-elle tout juste le temps de marmonner avant que ses paupières de ne ferment lourdement
Lorsqu'elle se réveilla, elle était allongée sur un brancard, à l'arrière d'une ambulance à l'arrêt. Les portes arrière du fourgon étaient ouvertes et lui donnait une vue imprenable sur l'effervescence qui régnait devant l'entrepôt de LuthorCorp. La zone industrielle grouillait maintenant d'agent du FBI et du NCPD et les gyrophares de leurs voitures de fonction illuminaient le ciel nocturne d'une drôle de façon. Kara ne sut pas définir combien de temps elle avait dormis, mais durant sa sieste le soleil avait laissé place à la lune.
Désorientée et ne se souvenant plus de comment elle était arrivée là, Kara tenta de se redresser sur ses coudes. Une douleur lancinante au niveau de sa tempe droite – là où Otis l'avait frappé – la fit retomber en arrière. C'était comme si un marteau-piqueur avait élu domicile dans son crâne et la forçait à garder les yeux fermés. Elle profita de ce moment d'accalmie pour s'efforcer de se remémorer les derniers événements dont elle se souvenait. Tout était brouillon, elle n'avait pas été consciente beaucoup de temps entre le moment où Otis l'avait enlevé et le moment où Lena était arrivée à sa rescousse.
Le simple fait de repenser à la milliardaire fit naître en elle une suite de souvenirs désagréables : Lena debout avec un pistolet entre les mains, Lena prête à tuer son frère, l'irruption de l'escouade du SWAT dans le hangar, Lex en train de récupérer son arme et enfin le coup de feu... Puis Lena au sol, sans vie.
« Lena ! », hurla-t-elle, en se redressant brusquement.
Son cœur pulsait violemment dans ses tempes, mais elle lutta contre la douleur qui essayait de la clouer à nouveau au brancard. Dans un grognement, elle rejeta la couverture de survie qui la recouvrait et entreprit de quitter l'ambulance avec un seul objectif en tête : retrouver Lena.
« Kara, je peux savoir où vous allez comme ça ? », l'interpella une voix masculine dans son dos qui l'obligea à se stopper dans sa fuite.
Elle avait à peine eu le temps de faire trois pas. Trois pas ! C'était ridicule, elle était ridicule !
« Nulle part », répondit-elle en se tournant pour faire face à l'homme qui l'avait intercepté.
Il ne portait plus son casque ni sa cagoule, mais Kara reconnut l'Agent du SWAT qui l'avait aidé, juste à ses beaux yeux bleus qui pétillaient de bienveillance et d'assurance. Ce dernier se mit à rire en entendant sa réponse et il s'avança de plusieurs pas, pour se mettre à son niveau.
« Dites plutôt que vous tentiez de rejoindre Mademoiselle Luthor, en catimini »
Kara fit la moue, prise en faute. Est-ce que c'était si simple à deviner ?
« Aller, venez avec moi, je vais vous emmener la voir »
Il lui tendit, cette fois-ci, un bras musclé, et l'aida à marcher jusqu'à une seconde ambulance où un petit attroupement s'était formé. Elle plissa les yeux pour mieux voir, et reconnu quelques-uns de ses amis et sa sœur.
« Alex ? »
La chirurgienne, en pleine conversation avec un homme à la peau chocolat, vêtu d'un costume et d'une cravate, fit volte-face en entendant son prénom.
« Kara, tu es enfin réveillée ! », s'exclama son aînée en s'élançant en courant dans sa direction.
La journaliste eut à peine le temps de remercier l'Agent Moore pour son aide et sa gentillesse que les bras de sa sœur s'enroulèrent autour de son corps. L'homme lui lança un dernier sourire avant de disparaître dans la foule de monde qui grouillait tout autour d'elles, les laissant à leurs retrouvailles.
« J'ai eu tellement peur », lui susurra sa sœur au creux de l'oreille.
Elle resserra sa prise sur le corps de sa cadette et pendant un instant Kara crut qu'elle allait finalement mourir ici, étouffée par les bras de sa grande sœur
« J'ai eu tellement peur », répéta celle-ci, en libérant enfin Kara de son emprise.
La blonde inspira une grande goulée d'air à plein poumon.
« Moi aussi... », admit-elle, un trémolo dans la voix. Elle avait failli ne plus jamais revoir sa sœur. Elle ne voulait même pas y penser, ni même imaginer ce que la chirurgienne aurait pu ressentir si Lex l'avait tué alors qu'elles étaient toujours en froid. Lena le lui avait dit, elle devait laisser le passé derrière elle. Même si c'était beaucoup plus facile à dire qu'à faire, Kara se devait d'essayer. Alex méritait une nouvelle chance elle aussi.
« Je suis désolée ! », s'exclamèrent-elles alors à l'unisson.
Elles échangèrent une œillade complice puis se mirent à rire doucement.
« Sincèrement, Kara », reprit la chirurgienne en retrouvant son sérieux. « Je suis vraiment désolée pour tout ce que j'ai fait, je n'aurais jamais dû m'immiscer entre Lena et toi... J'ai fait une erreur, mais je te promets que je ne recommencerais plus... Plus jamais... »
Ce fut cette fois-ci au tour de Kara d'emprisonner sa sœur dans une étreinte aussi serrée que ces maigres forces restantes le lui permirent.
« Je sais pourquoi tu as agi comme tu l'as fait Alex, j'ai enfin compris, et même si je ne le cautionne pas pour autant, je veux te remercier d'être la sœur protectrice et aimante que tu es. Je t'aime et je ne veux plus te perdre »
« Je t'aime aussi Kara et juste pour ça, tu mérites que je fasse plus d'effort pour toi »
Elles échangèrent un nouveau sourire, puis se séparèrent. Alex se tourna alors vers l'ambulance où se trouvait Lena et d'un mouvement de tête la désigna :
« Et si on allait la voir ? »
Kara ne perdit pas une minute et se remit à marcher jusqu'à l'ambulance, découvrant avec bonheur, les visages familiers de ses proches qui discutaient ensemble, devant le véhicule de secours. Elle n'avait aucune idée de comment ils étaient arrivés ici, mais tous ce qui lui importait, c'était de pouvoir les serrer à nouveau dans ses bras. Elle commença par enlacer Nia, poursuivit avec Winn et termina avec Kate sur laquelle elle s'attarda un peu plus longtemps. Ils lui glissèrent tous, un petit mot à l'oreille, pour lui témoigner leur soulagement et leur affection et la journaliste sentit l'entièreté de son être se réchauffer. Qu'aurait-elle fait sans eux ? Ses yeux tombèrent sur Lena allongée sur un brancard. Qu'aurait-elle fait sans elle ?
« Lena... »
La milliardaire était consciente et l'observait en souriant depuis son lit de fortune.
« Lena ! », s'égosilla-t-elle en prenant conscience que la brune était bel et bien devant elle, en chair et en os.
Elle sauta à l'arrière du fourgon, luttant contre un nouveau vertige tandis que ses pulsations cardiaques redoublèrent à l'intérieur de son crâne. Elle s'aida du brancard pour retrouver un semblant de stabilité puis se pencha sur le corps de la milliardaire pour l'enlacer du mieux qu'elle le put. Entre leur position et la peur de lui faire mal, ce n'était pas facile, mais le seul fait de la sentir vivante contre elle, fut suffisant pour faire disparaître toutes ses craintes.
« Hey », fit-elle timidement, une fois qu'elle se fut redressée.
« Hey », la salua à son tour Lena.
« Tu m'as fait une peur bleue », avoua Kara.
« Toi aussi », admit Lena, ses deux émeraudes remplit de larmes.
« J'ai vraiment cru que tu étais morte... », riposta Kara.
« Et moi alors ? J'ai cru que je n'allais retrouver que ton cadavre... »
« ... Mais tu portais un gilet pare-balles »
« ... Et tu étais vivante »
Elles se dévisagèrent un instant, peinant à réaliser que le cauchemar dans lequel elles avaient été plongées, était réellement terminé. Lena ne souffrait que d'une légère commotion cérébrale, rien qu'un peu de repos ne saurait soigner, et Kara, elle, n'avait qu'une plaie à l'arcade et quelques hématomes. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd et elles en avaient toutes les deux consciences.
« D'ailleurs, où est-ce que tu l'as trouvé ? », la journaliste reprit la parole en avisant le gilet pare-balles que les secouristes avaient enlever à Lena et qui gisait dans un coin du camion.
« C'est Kate qui me l'a donné », lui expliqua la jeune Luthor.
« Kate ? », s'étonna la Danvers en tournant la tête pour observer son amie qui discutait un peu plus loin avec sa sœur.
« Oui, elle en gardait un dans un de sac de voyage. Elle m'a dit où le trouver juste avant que je ne parte à ta recherche »
« Elle t'a sauvé... »
« Oui », admit la brune. « Sans elle, je serais sûrement morte »
Il y eut un temps de latence où Kara prit le temps de digérer l'information que Lena venait de lui donner. Il faudrait qu'elle pense à remercier Kate dès qu'elle le pourrait.
Un raclement de gorge à l'extérieur de l'ambulance les fit soudainement sursauter. D'un même mouvement, elles se tournèrent alors vers l'homme qui se tenait debout, face à elles.
« Je suis venue vous annoncer qu'Otis Graves a été appréhendé », déclara le Commandant John Jones d'un ton monocorde. « Il en est de même pour Oswald Cobblepot à Gotham. Ils vont tous deux être placés dans une prison à haute sécurité avant d'être jugé pour leurs crimes »
Kara le remercia de vives voix pour ses informations alors que Lena se contenta de grimacer. C'était viscérale, elle n'aimait pas ce type. Elle était d'ailleurs prête à se réjouir de le voir partir, pourtant elle le héla juste avant qu'il n'ait l'occasion de tourner les talons. Il y avait une question qu'elle se posait depuis qu'elle avait repris connaissance dans l'ambulance et elle n'arrivait pas à y trouver de réponse...
« Comment est-ce que vous avez réussi à nous trouver ? »
Le Commandant étouffa ricanement moqueur et l'envie de Lena, de l'étrangler de ses propres mains, refit surface.
« Aller savoir pourquoi, mais j'avais le pressentiment que vous n'aviez aucune réunion programmée à 15 heures, alors en plus de placer votre téléphone sur écoute, j'ai chargé l'Agent Vasquez d'y placer un traqueur »
Il laissa à Lena le temps d'avaler la pilule puis reprit :
« Maintenant, si vous n'avez plus de questions, j'ai à faire ailleurs »
N'obtenant aucune protestation de la part des deux jeunes femmes, il s'éclipsa aussi rapidement qu'il était apparu. Le silence les enveloppa alors, la journaliste attrapa la main de la brune pour venir lier leurs doigts entre eux et sans qu'aucune d'elles ne sache vraiment comment cela arriva, elles s'endormirent.
Fin flashback
« Je ferais toujours tout pour toi, Lee. Ne l'oublie pas », répliqua la jeune Danvers en pivotant sur elle-même pour enlacer les hanches de Lena. La milliardaire enfouit son visage dans le cou de Kara, accueillant cette étreinte avec bonheur bien qu'elle fut surprise de sentir sa petite amie aussi fébrile. Elle ne s'était pas attendue à une telle réaction de la part de Kara lorsqu'elle lui avait demandé de lire sa lettre à sa mère. Elle avait vu cette lecture comme une évidence, une continuité au rituel qu'elle avait mis en place. Chaque jour, elles venaient visiter Erin, lui apportait un bouquet de fleurs – différent à chaque fois – et Lena lui racontait les grands moments de sa vie. Kara s'était rapidement pris au jeu, et commentait parfois les anecdotes qui la concernaient apportant sans qu'elle ne le sache, un soutien important à la milliardaire. Retourner sur la tombe de sa mère n'avait pas été une tâche facile pour Lena, mais elle y était arrivée grâce à la Danvers, à son amour et sa bienveillance. Sans elle, rien de tout ça n'aurait été possible. Sans elle, Lena ne serait peut-être même pas ici, mais en train de se noyer dans ses recherches contre le cancer, à L-Corp... Venir en Irlande était une vraie bouée de sauvetage en plein milieu du naufrage qu'étaient actuellement leurs vies.
A la prise d'otage et à la mort de Lex, c'étaient succédé leurs retrouvailles avec leurs proches, les interrogatoires de police sur ce qu'ils s'étaient réellement passé et les demandes d'interviews de différents média, prêt à tout pour savoir comment le règne de Lex Luthor avait pu prendre fin...
Lena, pour faire face à ces déferlements médiatiques, s'était réfugiée dans son travail avec la ferme intention d'obtenir les accréditations nécessaires pour débuter des essais cliniques avant la fin de l'année. Elle passait parfois à Catco pour écouter le point que James – qui avait retrouver son poste de rédacteur en chef – lui faisait sur la situation du journal, passait ensuite saluer Kara à son bureau lorsque la journaliste était présente et repartait à L-Corp. Occuper autant son esprit, lui avait permis de passer outre les événements plus facilement et de maintenir au loin, la culpabilité qui la tenaillait. Ce qui était arrivé à Kara, était autant de la faute de Lex que de la sienne... Et puis, il y avait eu le retour de Lillian qui la blâmait pour le décès de son frère, mais Lena n'en avait plus rien à faire, Lex méritait ce qui lui était arrivé et au fond d'elle, elle remerciait Kara de l'avoir empêché d'ôter elle-même la vie à son frère. Si elle avait succombé à sa pulsion, elle n'aurait jamais été capable de surmonter si vite ce qu'il leur était arrivé, elle le savait.
La journaliste quant à elle, ne vivait pas la situation aussi bien. Profondément marquée par son agression et par l'effroi qui l'avait traversé lorsqu'elle avait cru voir Lena mourir, Kara, ne fermait quasiment plus l'œil de la nuit. Ces songes étaient hantés par la fusillade, et elle ne comptait même plus le nombre de fois où elle s'était réveillée en larme, persuadée d'avoir vu la milliardaire se vider de son sang sous ses yeux, sans rien avoir pu faire pour la sauver. Incapable de remettre les pieds dans son ancien appartement, elle l'avait quitté et en avait loué un nouveau, qu'elle partageait avec Alex lorsque celle-ci n'était pas de garde. C'était son aînée qui l'avait réconforté après ses nombreux cauchemars et qui l'avait poussé à entamer une thérapie. Au début, Kara avait rechigné puis, après s'être rendu compte que son cas n'allait pas en s'améliorant, elle avait fini par capituler. Cinq mois plus tard, elle avait fait de grands progrès, mais repenser à ce qu'il s'était passé dans son ancien appartement et dans cet entrepôt ou à tout ce qu'elle avait failli perdre, lui était encore douloureux.
A l'heure actuelle, Alex avait fini par déménager et habitait désormais avec Sam et Ruby. Lena lui avait laissé sa place, consciente que si elle voulait voir ses deux amies évoluées en couple, il lui fallait leur laisser de l'espace. Ce fut donc tout naturellement qu'elle était retournée vivre dans son ancien appartement.
Au milieu de ce capharnaüm de changements, la relation que Lena et Kara entretenait avait peiné à évoluer. Les deux femmes s'aimaient, c'était une certitude, pourtant, elles n'avaient que très peu profiter l'une de l'autre, chacune occupée avec ses problèmes respectifs sans qu'aucune ne remarque qu'ils étaient en fait, étroitement liés. Leur manège avait duré quatre longs moins, avant que la journaliste finisse par ouvrir les yeux, aidé par sa psychologue. Lena était la clé de son bonheur, et ce n'était pas en tentant de la fuir par peur d'être un boulet à son pied, qu'elle arriverait à surmonter cette histoire. Il en était de même pour la jeune Luthor, ce n'était pas en fuyant la Danvers par culpabilité qu'elle pourrait s'acquitter de son fardeau. Alors, Kara avait fini par craquer et s'était présentée à l'improviste chez la milliardaire au beau milieu de la nuit. Elle avait fait face à une Lena à peine réveillée et lui avait collé rageusement deux billets d'avion pour l'Irlande sur la poitrine. Leur départ était non négociable, Kara n'avait accepté aucun refus et ce fut sa fébrilité lors de cette annonce qui avait fait prendre conscience de la réalité à Lena : elles avaient atteint le point de non-retour. S'en était alors suivit une longue discussion où chacune s'était confiée à l'autre, sur ses peines et ses craintes, mais aussi sur ses envies pour le futur de leur relation. Elles avaient trop souffert et bataillé trop longtemps pour en arriver là où elles en étaient. Elles ne pouvaient pas prendre le risque de tout gâcher entre elles. Il était temps que cela change. Voilà, comment trois semaines plus tard, elles avaient atterri sur la terre natale de Lena, pour un repos bien mérité de deux semaines.
Deux semaines qui touchaient d'ailleurs à leur fin. Mais pour l'instant, aucune des deux jeunes femmes ne voulait y penser.
« Et si on rentrait ? », murmura Lena dans le cou de Kara.
Cette dernière réprima le frisson qui la menaçait alors que le souffle chaud de la milliardaire heurtait sa peau et se détacha de sa compagne, surprise d'entendre sa proposition.
« Tu ne veux pas lui raconter la suite ? »
« Je crois qu'on a assez remué cette sombre partie de notre vie pour aujourd'hui », Lena lui sourit et Kara laissa un soupir de soulagement lui échapper. « Tout ce qui compte, c'est que l'on soit enfin ensemble, prête à avancer toutes les deux, le reste n'a plus d'importance »
La journaliste acquiesça, Lena avait raison. Après tout, c'est pour ça qu'elles étaient venues ici, lâcher prise sur le passé et apprendre à aller de l'avant, ensemble. Mû par l'émotion qui l'étreignit, elle agrippa la brune par le col de son manteau et l'embrassa à pleine bouche, soulevant au creux de son estomac, une nuée de battement d'ailes. Le sourire de la milliardaire se fit plus grand lorsqu'elles se séparèrent. Elle attrapa la main de Kara pour venir lier leurs doigts entre eux et après un dernier coup d'œil à la tombe de sa mère, elles prirent le chemin du centre-ville.
Elles discutèrent de tout et de rien, jusqu'à ce que l'attention de Kara, qui caressait la paume de Lena de son pouce, soit attirée par la fine chaîne en or blanc qu'elle portait au poignet. Elle tira sur leurs mains jointes pour les apporter au niveau de son visage. Le bracelet était surmonté d'une émeraude et la journaliste se sentit fondre lorsqu'elle reconnut le bijou qu'elle avait offert à la milliardaire pour leur premier Noël ensemble.
« Tu sais, j'ai toujours regretté de t'avoir rendu le mien », confessa-t-elle en voyant que Lena avait suivi son regard et qu'elle détaillait elle aussi la petite gourmette.
« Ça m'a beaucoup peiné que tu l'ais fait alors je suis contente que tu me le dises... »
« Peut-être que je pourrais le récupérer », marmonna Kara dans une demande implicite, remplie d'espoir. « Je pourrais le faire réparer et le porter à nouveau »
Lena grimaça, ralentissant leur marche jusqu'à s'arrêter en plein milieu du trottoir.
« Je suis vraiment désolée, Kara, mais je n'ai pas réussi à remettre la main dessus », avoua piteusement la brune. « J'ai dû le perdre entre mes trois déménagements... »
« Ce n'est pas grave, on en achètera un nouveau », Kara se pencha pour embrasser chastement ses lèvres puis se redressa, une lueur espiègle dans le fond des yeux : « Ça pourrait être mon cadeau de Noël, tient »
Lena pouffa, amusée, mais aussi soulagée de voir que Kara ne lui en voulait pas.
« Tu ne manques pas d'air... Et puis, peut-être que j'ai déjà trouvé ton cadeau », la nargua la brune en lui tirant la langue telle une enfant.
Le cœur de Kara fit un soubresaut dans sa poitrine. La Luthor pouvait parfois se montrer si mignonne, c'en était mauvais pour sa santé mentale !
« Ah oui ? Intéressant, je peux savoir ce que c'est ? », roucoula la blonde, en papillonnant des paupières d'un air enjôleur.
« Tu ne m'auras pas en me faisant les yeux doux », objecta Lena, mutine.
Kara arbora une boudeuse qui fit fondre la brune. Elle se hissa sur la pointe de ses pieds pour venir déposer un doux baiser sur le front de la blonde. Elle la regarda ensuite perdre son air renfrogné et sourire à nouveau, avant de la tirer par le bras pour l'entraîner à sa suite.
Lorsqu'elles arrivèrent au Glynn's, un pub ou elles avaient pris l'habitude de se restaurer, elles furent accueillies par le grand sourire du barman, un brun aux joues mangées par une barbe de trois jours et aux yeux chocolats, rieurs. Elles s'installèrent à leur place habituelle, une petite table ronde entourée d'une banquette en cuir rouge abîmée par le temps et enlevèrent leurs manteaux pour profiter de la chaleur diffusée par le feu de cheminée brûlant dans l'âtre pas très loin d'elles.
Kenan, le barman, se présenta à leur table, sans se départir de son immense sourire.
« Dia duit ! », les salua-t-il en irlandais. « Cén chaoi an bhfuil tú ? »
Kara qui n'avait rien comprit de ce que le jeune homme venait de dire, à part bonjour dont elle avait appris à reconnaître la prononciation, s'abstint de parler, laissant Lena se charger de répondre dans un Irlandais impeccable. Dire qu'elle avait attendu presque six ans maintenant pour découvrir cette facette de la jeune femme... Parfois, la Danvers n'en revenait pas.
« Je vous sers la même chose que d'habitude ? », demanda finalement Kenan en anglais.
Kara acquiesça vivement, bien trop heureuse de le voir parler une langue qu'elle comprenait.
« Et met nous deux Fish & Chips ! », ajouta rapidement Lena avant que Kenan ne tourne les talons pour aller préparer leur commande.
Kara le regarda s'activer derrière le bar, pensivement tandis que Lena à ses côtés, chantonnait doucement l'air de la musique dispenser par une petite enceinte accrochée au mur derrière elles. Elles furent interrompues lorsqu'un couple de clients d'une soixantaine d'années qui venait d'entrer, les saluèrent, souriant tout particulièrement à Lena qui leur répondit chaleureusement. Sa venue en ville n'était pas passé inaperçue et n'avait laissé personne indifférent. Pas parce qu'une Luthor avait l'insigne honneur de fouler leur terre, mais parce que la fille unique d'Erin Kieran était enfin de retour après toutes ses années d'éloignement. Les deux Américaines avaient vu de nombreuses personnes défilées à leur table chaque soir, principalement des anciens amis d'Erin, qui ne souhaitaient qu'une chose : s'assurer que sa fille était la plus heureuse du monde. Lena n'avait pas manqué de leur présenter Kara, celle qui rendait sa vie plus belle qu'elle ne l'avait jamais été, et une fois rassurée, chacun s'était laissé aller à des anecdotes sur Erin ou sur l'enfant qu'avait été Lena lorsqu'il l'avait connu. Même Kenan s'était targué de connaître Lena lorsqu'elle habitait encore à Oranmore et devant le scepticisme de la brune, il était revenu le lendemain, avec une photo d'eux deux, âgé de trois ans et posant fièrement bras dessus, bras dessous, devant un toboggan. Lena avait bien dû admettre qu'ils se connaissaient même si elle n'en avait aucun souvenir, et même si elle prenait un malin plaisir à faire comme si elle n'en avait rien à faire de cette amitié précoce, elle était touchée. Renouer avec son passé lui faisait un bien fou et apaisait ses démons intérieurs.
« Voilà, vos Guinness », annonça Kenan en déposant deux énormes pintes de bière devant elles.
Kara fit les gros yeux en voyant la taille de sa bière, elle n'avait jamais commandé ça ! Le barman en voyant l'air effrayé de la journaliste se mit à rire.
« C'est la maison qui offre », expliqua-t-il sans se départir de son rictus. « Vos plats arrivent bientôt »
Il ne laissa aucune chance aux filles de protester et repartie essuyer des verres derrière son comptoir. Lorsqu'il revint pour leur apporter deux assiettes de frites et de poisson frit, les joues de Kara était déjà bien rouges alors qui lui semblait qu'elle n'avait qu'à peine touché à sa boisson. Il comprenait mieux ses protestations lorsqu'il leur avait apporté leurs pintes du Guinness.
Lena le remercia, amusée par la situation. Kenan lui lança un clin d'œil puis s'installa nonchalamment à leur table, son menton posé entre ses paumes de main.
« Alors, plus que deux jours avant votre départ, vous avez prévu quoi de beau ? », demanda-t-il en les observant manger.
Kara manqua de s'étouffer avec sa gorgée de bière et Lena se raidit face à ce douloureux rappel. Deux jours, c'est tout ce qu'il leur restait. Deux jours, et elles retrouveraient leur quotidien trop mouvementé. Deux jours et leur bulle de sérénité exploserait. Rien que d'y penser, Lena sentit un poids lui peser sur la poitrine, lui coupant momentanément le souffle. Elle n'avait aucune envie de quitter l'Irlande et encore moins d'être séparée de Kara, par leurs obligations respectives.
La journaliste qui avait capté son trouble, laissa sa main se faufiler sous la table pour venir se poser tendrement sur sa cuisse. Ce geste bien que très simple, réussit à la calmer et l'aida à retrouver assez de contenance pour répondre à Kenan, d'une voix plus assurée.
« On pensait aller voir les Falaises de Moher demain, et vendredi, on retournera sûrement à Galway acheter quelques souvenirs, mais ne t'inquiète pas, on repassera te dire au revoir avant de retourner chez-nous »
« Mince alors, je suis démasqué », s'esclaffa le jeune homme en s'appuyant contre le dossier de sa chaise.
« On ne va pas partir comme des voleuses », intervint Kara en picorant une frite qu'elle trempa dans sa sauce tartare.
« J'espère bien, je serais profondément déçu de vous sinon », s'amusa-t-il.
Les deux femmes rigolèrent à leur tour et il reprit :
« Et après ça alors ? Vous allez reprendre votre routine ennuyante de citadine ? »
« Est-ce qu'on a vraiment le choix ? », riposta Lena, sur le ton de l'évidence. Après tout, elle devait s'occuper de L-Corp et de Catco avec Kara, et puis elles avaient chacune leurs familles et leurs amis... Même si elle aimait profondément l'Irlande, elle ne se voyait pas abandonner leurs proches. Au final, tout ce qu'elle souhaitait du plus profond de son cœur, c'était de passer le plus de temps possible avec Kara, que cela soit ici, ou à National City, Lena n'en avait rien à faire.
« On a toujours le choix », argua Kenan en se remettant sur ses pieds. « Surtout quand ça concerne notre bonheur ! »
Il ponctua sa phrase d'un nouveau clin d'œil à l'attention de Lena et les laissa terminer leur repas sans plus les déranger. Elles finirent leur repas dans le silence, la milliardaire étant bien trop préoccupée par leur retour à National City pour être en mesure de tenir une discussion. Certes, elle avait promis à Kara d'alléger son emploi du temps pour pouvoir passer plus de temps avec elle, mais Lena se rendait compte qu'elle en désirait davantage. Passer quelques heures par-ci, par-là, en compagnie de la journaliste ne lui suffisait plus. Sa relation avec Kara devait évoluer. Elle allait la faire évoluer !
« Viens habiter avec moi ? », lâcha-t-elle subitement, sans préambule.
Kara, qui était en train d'avaler une gorgée de Guinness, se mit à tousser furieusement et dévisagea sa petite-amie avec des yeux ronds de surprise.
« Tu veux dire, dans ton appartement ? », s'étrangla la journaliste qui accusait le coup.
Elle ne s'était absolument pas attendue à ce que leur discussion avec Kenan prenne un tel tournant, mais passé la stupéfaction et en prenant un peu de recul, elle devait bien avouer qu'habiter avec Lena était une idée qui lui plaisait réellement.
« Oui... Enfin non. Et si on en achetait plutôt un nouveau ? Un qu'on choisirait ensemble et qui nous plairait à toutes les deux »
Kara, la scruta un instant, interdite. C'était plus que tout ce qu'elle avait pu espérer lorsqu'elle avait débarqué en furie dans l'appartement de Lena, cinq semaines plus tôt. Elle voulait juste que la brune prenne conscience que leur relation comptait énormément pour elle et qu'elle ne voulait pas la voir s'étioler comme si elle n'avait été qu'une vulgaire liaison sans importance... Lena avait l'air d'avoir parfaitement bien reçu le message.
« C'est vraiment ce que tu souhaites ? », s'enquit-elle après avoir retrouvé l'usage de la parole.
« Bien sûr K', il est temps que l'on arrête de fuir et qu'on se mette enfin à bâtir un vrai futur ensem-... »
Lena n'eut pas l'opportunité de terminer sa phrase, son dernier mot fut étouffé par les lèvres de Kara qui se déposèrent avec fougue sur les siennes.
« Je suppose que c'est un oui », murmura-t-elle entre deux baisers.
Elle sentit Kara sourire doucement contre sa bouche plus lui souffler :
« Mille fois oui ! »
1 mois plus tard.
Le réveillon de Noël était arrivé et avec lui son lot d'activités en tout genre. Lena et Kara avaient à peine mis les pieds sur le tarmac de l'aéroport de Salt Lake City, en cette fin de matinée du 24 décembre, que la dure tâche d'aller acheter un sapin, leur avait été confié.
« Tu vois, je t'avais promis qu'on achèterait notre prochain sapin de Noël ensemble, je tiens toujours mes promesses ! », avait susurrer Kara à l'oreille de Lena lorsqu'elles étaient arrivées à la sapinière où les Danvers avaient l'habitude de se fournir.
Les deux jeunes femmes avaient ensuite passé une heure entière à flâner entre les diverses allées de conifère avant de réussir à se mettre d'accord sur le choix du sapin parfait. Une fois l'arbuste attaché au toit de leur voiture de location, Lena et Kara avaient repris la route pour se rendre chez les parents de cette dernière, non sans faire d'abord un crochet au diner des Li pour y manger un morceau. Amy Li, avait été grandement surprise de revoir Lena après tout ce temps, mais elle n'en avait pas moins été enchantée. Kara méritait d'être heureuse, et ce, même si ce n'était au côté de son petit Kenny.
Le ventre plein et harassées de fatigue, elles étaient arrivées chez les parents de la blonde, en milieu d'après-midi. Lena était angoissée à l'idée de revoir pour la première fois en cinq ans, les parents adoptifs de sa compagne, mais contre toute attente, Jeremiah et Eliza l'accueillirent avec la même bienveillance et la même chaleur qu'à leur première rencontre, comme si tout le tort qu'elle avait pu causer à leur fille n'avait jamais eu lieu. Elle était étonnée, mais aussi extrêmement soulagée. Elle n'aurait très certainement pas tenu une semaine en leur compagnie s'ils l'avaient détesté.
Une fois les retrouvailles terminées, elles rejoignirent le salon, où les attendaient Alex, Sam et Ruby, arrivées la veille. Elles furent saluées par les jappements vifs d'un chiot et Lena fronça les sourcils en regardant sa meilleure amie, qui coulait un regard épris d'amour en direction du petit Golden Retriever. Elle n'eut cependant pas le temps de poser la question qui la tiraillait, qu'elle se retrouva dans la cuisine, vêtue d'un tablier, à aider Eliza à terminer le repas du soir. Kara quant à elle, prêta main forte à son père pour l'installation du sapin dans le séjour et entreprit de décorer ce dernier avec Ruby tandis qu'Alex et Sam, s'activait à préparer la salle à manger.
Quand tout le monde termina la tâche qui lui avait été confié, la nuit était tombée et la neige avait commencé à recouvrir le paysage extérieur, pour le plus grand bonheur de Kara. Chacun avait alors rejoint sa chambre pour se préparer et il était retourné dans le salon, au compte-goutte.
Lena, arrivée parmi les premières, s'était lovée dans un fauteuil et discutait avec Alex et Eliza tout en surveillant Benji – le chiot – et Ruby en train de jouer au pied du sapin.
« Je n'arrive pas à croire que tu lui ais acheté un chien », déclara la milliardaire à l'intention de la chirurgienne.
Mère et fille rigolèrent à la remarque.
« Moi aussi, parfois je me demande vraiment ce qu'il m'a pris de céder aux supplications de Sam »
Les rires fusèrent à nouveau et Lena avala une gorgée du verre de lait poule qu'elle tenait entre ses mains. Alex en fit de même, pensive. Pourtant, même après le nombre incalculable de bêtises que le Golden avait déjà réussi à faire depuis son arrivée dans la famille, deux jours plus tôt, la chirurgienne ne regrettait pas son cadeau. Voir Sam s'extasier sur le chiot lui était suffisant pour effacer toutes les futures frasques de l'animal, pour les dix prochaines années. Et puis, il y avait aussi le cadeau que Sam lui avait fait en retour... Elle regarda tour à tour Lena en train de siroter son verre, sa mère qui observait Ruby avec tendresse et son père qui venait tout juste de les rejoindre et cela lui suffit pour la convaincre de parler. Même si tout n'était pas encore tout à fait décidé, ses proches méritaient d'être mis au courant.
« A côté de ce que Sam m'a offert, Benji est un cadeau bien insignifiant », avoua-t-elle dans un chuchotement, le regard perdu dans son verre de lait de poule.
Trois regards inquisiteurs se posèrent immédiatement sur elle, toutefois Kara qui débarqua telle une furie dans le salon, l'empêcha d'aller au bout de ses révélations.
« LENA KIERAN LUTHOR ! », rugit la journaliste en pointant un index accusateur en direction de sa petite amie. « Tu es une voleuse ! Rends-moi mon pull ! »
La milliardaire baissa son regard sur l'épais chandail bleu ciel estampillé de flocon de neige, qu'elle avait enfilé en sortant de la douche.
« Sam voulait qu'on porte tous, un pull de Noël et je n'en avais pas », se défendit-elle en tentant de se faire la plus innocente possible. Et puis, maintenant qu'elle habitait avec Kara et qu'elles partageaient une penderie, Lena avait toutes les peines du monde de résister à la tentation de lui voler ses affaires, mais ça, Kara n'avait pas besoin de le savoir.
« Je m'en fou, rends-le-moi ! »
« Est-ce que tu tiens réellement à récupérer ce pull ? », lui demanda Lena en plantant ses orbes émeraude remplient de défis dans les deux saphirs devant elle. « Parce que je ne porte strictement rien en dessous »
Les joues de Kara s'empourprèrent instantanément. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais tout ce qui en sortie fut un bégayement incompréhensible et le reste de sa famille éclata de rire face à sa mine déconfite.
« Mais si tu y tiens tant, pas de problème, je l'enlève », ajouta malicieusement la brune en esquissant un geste pour se défaire du pull qu'elle portait.
« Stop ! », s'exclama vivement Kara en la voyant faire. « C'est bon garde le »
« Voilà, c'est bien ce qu'il me semblait ! », ricana la milliardaire, fier d'elle. « Maintenant, viens t'asseoir, ta sœur à quelque chose à nous dire »
Elle tapota l'accoudoir à côté d'elle, et Kara s'y installa non sans laisser échapper un grognement mécontentement. Elle n'en revenait pas de s'être fait avoir si facilement ! Lena allait le lui payer.
« Qu'est-ce que j'ai loupé ? », intervint alors la voix de Sam qui venait d'arriver dans la pièce.
Elle se pencha pour prendre un verre de lait poule disposé, sur un plateau lui-même posé sur la table basse et s'installa sur le canapé, aux côtés de sa petite amie.
« Alex allait nous dévoiler ce que tu lui as offert pour Noël », lui expliqua Jeremiah en lui souriant.
« Ooh... », souffla-t-elle, soudainement intimidée.
« Tu peux encore changer d'avis », l'informa Alex en avisant le ton paniqué de sa compagne.
Sam attrapa la main de la chirurgienne et lui lança un sourire franc.
« Jamais de la vie ! »
« Okay, très bien... », Alex prit une grande inspiration et resserra sa prise la main de Sam pour trouver le courage nécessaire pour reprendre la parole. « Sam m'a avoué vouloir avoir un enfant avec moi »
L'étonnement fut général. Personne ne s'était attendu à une telle nouvelle, pas même Lena à qui Sam confiait pourtant toujours tout, ses craintes, ses peurs, ses envies. La milliardaire devait avouer qu'elle était presque déçue ne pas avoir été mise dans la confidence plus tôt.
« C'est vrai ? », demanda la journaliste en jetant un coup d'œil méfiant à Sam. C'était plus fort qu'elle après tout ce qu'Alex avait dû surmonter à cause de Maggie, Kara ne pouvait pas s'empêcher d'être sur la défensive. Elle avait beau apprécier Sam, elle ne lui permettrait pas de blesser sa sœur comme la policière avant elle. La question des enfants était un sujet beaucoup trop sensible chez Alex pour qu'elle ne s'assure pas de la sincérité de la châtain.
« Oui Kara, c'est vrai », affirma Sam avec assurance. « Peut-être que c'est une décision qui te semble précipitée, mais comme pour Lena et toi, Alex et moi avons déjà perdu trop de temps. Je refuse d'en perdre plus. J'ai toujours souhaité donner à Ruby une petite sœur ou un petit frère, c'est l'occasion pour parfaite. J'aime ta sœur et elle m'aime, je ne vois pas pourquoi je laisserais cette opportunité passer »
« Rien n'est encore totalement décidé, mais on pense sérieusement pencher pour une adoption », ajouta Alex après avoir embrassé tendrement la joue de Sam. « Mais quoi qu'on choisisse de faire, j'espère pouvoir compter sur toi, Kara, pour être une tante exemplaire »
Les traits de la journaliste se détendirent finalement et ses épaules s'affaissèrent. Les propos de Sam étaient aussi sincères que la joie qui illuminait le visage de son aînée lorsqu'elle parlait de ce futur enfant. Si Kara avait pu douter pendant un instant, ce n'était plus le cas maintenant. Sam était la femme parfaite pour sa sœur !
« Je suis tellement contente pour vous deux ! », s'exclama-t-elle alors, un grand sourire sur les lèvres.
« Moi aussi les filles, vous le méritez amplement », ajouta à son tour Lena, en se tournant vers sa meilleure amie.
Elles échangèrent un regard rempli de complicité et Lena devina sans mal ce que Sam pensait. La vie était enfin en train de leur sourire. Elles avaient chacune réussi à conquérir la femme qu'elles aimaient, elles étaient chacune en train de fonder un foyer, chacune à leur façon certes, mais le plus important restait la finalité de tout ce qu'elles avaient entreprit de faire : elles étaient toutes les deux enfin heureuses... Elles n'auraient certainement pas pu rêver mieux.
« Je pense que je ne me trompe pas en disant que ton père et moi, seront honorés de compter un membre de plus dans notre famille », sourit Eliza en posant une main aimante sur l'épaule de sa fille aînée.
Jeremiah toujours debout, hocha vivement la tête.
« J'ajouterais même que c'est une nouvelle qui mérite d'être fêtée comme il se doit », commenta le père de famille.
Il s'avança jusqu'à la table basse pour prendre le verre qui l'attendait et tendit le dernier verre restant à Kara qui ne s'était pas encore servi. Chacun se mit debout et pendant un court moment, ne résonna dans la pièce, que le bruit des verres qui s'entrechoquent.
« À Alex et Sam ! », scanda Kara.
« À Alex et Sam ! » répétèrent-ils tous en cœur.
Ils prirent tous une gorgée de leur lait de poule puis les discussions reprirent de bons train.
« Je me réjouis de voir la tête de Mike quand vous lui annoncerez la nouvelle », s'esclaffa Kara.
Lena, Alex et Sam, se mirent à rire en imaginant la tête du jeune homme. Le dessinateur leur avait annoncé la grossesse d'Imra à peine quelques semaines plus tôt et il avait été tellement fou de joie de cette nouvelle, qu'elles l'imaginaient sans mal se mettre à bouder lorsqu'il apprendrait qu'il ne serait pas le seul à contribuer à l'agrandissement de la petite famille qu'ils formaient tous ensemble.
« D'ailleurs, en parlant de lui, quand est-ce qu'Imra et lui sont censé débarquer ? », s'enquit Lena dans une grimace de dépit à peine dissimulé.
Elle n'avait rien contre Mike, ni même contre sa compagne, elle les appréciait tous les deux, vraiment... Mais, c'était plus fort qu'elle, elle avait encore de la peine à se faire à l'idée qu'elle devrait se coltiner l'ex de Kara à chaque repas de famille maintenant qu'il assumait pleinement son rôle de père auprès de Ruby. Même Irma n'était pas en reste et s'occupait de la petite comme s'il s'était agi de sa propre fille. Malgré tout, Lena devait admettre que la naissance de Ruby était une histoire qui se terminait beaucoup mieux qu'elle ne s'était commencée. Tant pis si elle était vouée à fréquenter le dessinateur jusqu'à la fin sa vie, le bonheur de Sam et de Ruby était plus important que son ressentiment.
« Ils arrivent demain à 10 heures, d'ailleurs, on doit aller les chercher à l'aéroport », l'informa Sam dans un rictus moqueur. La contrariété de sa meilleure amie n'était pas passée inaperçue, loin de là.
« Super ! », grommela-t-elle sans grande conviction. Mais elle devait voir le bon côté des choses, elle n'aurait pas Mike dans les pattes lorsque Kara ouvrirait le cadeau qu'elle lui avait réservé, c'était déjà un bon point pour elle, et aussi, une source de stress en moins.
« Arrête d'être jalouse », lui susurra Kara dans le creux de l'oreille avant de déposer un bref baiser dans son cou. « Tu n'as aucune raison d'y être. Souviens-toi, tu as assisté à son mariage au début du mois, et en plus, tu sais très bien que c'est toi que j'aime... »
Kara ponctua son petit speech par un nouveau baiser sur la nuque de la brune avant d'être interrompu par Alex.
« Quand vous aurez terminé de roucouler comme deux adolescentes bourrées d'hormones, peut-être qu'on pourrait passer à table »
Le repas s'était passé dans les rires et dans la bonne humeur. Le moment du dessert était finalement arrivé mais Jeremiah avait décrété qu'il avait besoin d'une pause digestive et les filles avaient opiné, ayant elles aussi beaucoup trop mangé. Ils rejoignirent le salon où Ruby avait déjà piqué du nez sur un canapé depuis une bonne heure. Alex se décida à porter la petite fille jusqu'à son lit pour ne pas prendre le risque de voir le reste de sa famille la réveiller.
Kara se vautra nonchalamment sur le fauteuil que Lena avait précédemment occupé alors que cette dernière, resta debout en plein milieu de la pièce, l'air passablement angoissé. Elle attendit qu'Alex revienne dans la pièce avant de se racler bruyamment la gorge pour attirer l'attention de tous sur elle.
« Je sais que vous n'avez pas pour habitude d'ouvrir vos cadeaux de Noël le 24 au soir, mais j'aimerais que vous acceptiez de faire une exception aujourd'hui »
Eliza et Jeremiah échangèrent un coup d'œil entendu, puis se tournèrent dans un même mouvement vers la milliardaire.
« C'est d'accord, mais uniquement pour cette fois », accepta la mère de famille en lui lançant un sourire encourageant.
Lena essaya de le lui rendre, mais elle était beaucoup trop stressée pour faire preuve de toute politesse. Elle se dirigea finalement vers le sapin, au pied duquel trônait de nombreux cadeau, dont un beaucoup plus imposant que les autres. Kara l'avisa en fronçant les sourcils. Sa petite amie était soudainement bien étrange.
Du bout du pied, Lena fit glisser la boite en direction de Kara, dont la surprise était clairement lisible dans ses prunelles azures.
« Ouvre-le », lui intima la milliardaire en désignant le présent d'un bref mouvement de tête.
Beaucoup trop intriguée pour poser des questions, Kara ne se fit pas prier et s'installa à même le sol pour déchirer le papier cadeau rouge et vert qui emballait la boite. Pendant ce temps, Lena s'avança vers la chirurgienne, et se pencha à son oreille pour lui faire une demande silencieuse. Alex se mit à sourire puis sortie son portable de sa poche pour se mettre à filmer sa sœur tandis que la milliardaire rejoignait cette dernière, s'asseyant en tailleur sur le sol.
Au fur et à mesure qu'elle déballait son cadeau, la ride entre les sourcils de la journaliste se fit plus profonde. Elle n'avait pas encore ouvert la boite pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'elle était beaucoup trop légère par rapport à sa taille. Quelque chose clochait...
Alex manqua de s'étouffer en voyant le visage déconfit de sa sœur lorsque cette dernière eut enfin ouvert son cadeau. Lena avait bien fait de lui demander de filmer la scène.
« Sérieusement Lena ? », s'irrita la blonde en découvrant la boite vide.
« En fait, le vrai cadeau n'est pas là », admit Lena en fourrageant dans la poche avant de son jean. La boite n'avait été qu'un stratagème pour que Kara ne se doute pas de ce qu'elle lui préparait en cachette depuis leur retour d'Irlande.
« Où est-il alors ? »
« Là », souffla-t-elle en lui tendant un écrin en velours bleu marine que Kara réceptionna, le cœur battement subitement à tout rompre.
D'un mouvement habile du pouce, Kara releva la partie supérieure du petit étui qui révéla alors son contenu : une bague en or blanc, à la monture fine et délicate, sertie d'une pierre précieuse aussi bleu que ses yeux. Immédiatement, la journaliste eut un sentiment de déjà vu et elle se pencha pour examiner le bijou avec plus de précision. Ce n'était pas n'importe qu'elle gemme qu'elle avait sous les yeux, c'était un saphir... Son saphir ! Celui-là même qui était fixé sur le bracelet que Lena lui avait offert lors de leur premier Noël ensemble. Kara l'aurait reconnu entre mille. A cause de l'accident, une de ses facettes était éraflée. Elle s'en était d'ailleurs mordu les doigts lorsqu'elle avait pu le récupérer peu de temps après son réveil à l'hôpital, se fustigeant d'avoir abîmé le cadeau de la brune.
Toujours sous le choc de cette surprise plus qu'inattendue, elle releva deux grands yeux embués de larme en direction de Lena.
« T-Tu m'avais dit que tu l'avais perdu », balbutia Kara, sur un ton qu'elle essaya de rendre réprobateur mais c'était peine perdue. Même si Lena lui avait menti, elle ne pouvait pas lui en vouloir, pas avec le cadeau qu'elle venait de lui faire.
Lena ne put s'empêcher de sourire face au faux regard sévère que tentait de lui lancer la blonde. Elle pouvait comprendre son désarroi, après tout, elle lui avait assuré avoir perdu son bijou, mais malgré sa promesse de ne plus mentir à la jeune femme, elle n'avait pas voulu prendre le risque de gâcher sa surprise. L'idée de demander Kara en mariage avait germé dans son esprit lors de sa lecture de la lettre qu'elle lui avait écrite. La journaliste y avait couché ses plus grandes peurs, celles-là même qui l'avaient empêché de lui avouer ses sentiments quand elle-même s'était déclarée. Kara était pétrifiée par sa peur de l'abandon et lui avait expliqué qu'après avoir quasiment vu toutes les personnes qu'elle aimait, l'abandonné, elle ne voulait pas prendre le risque de la perdre elle aussi. Il ne lui en avait pas fallu plus pour se décider à mettre en place son plan. Au début, elle ne comptait pas se déclarer si vite, ce n'était qu'une idée comme ça. Puis elle y avait finalement réfléchi plus longuement à leur retour d'Irlande. Quoi de mieux qu'une demande en mariage pour essuyer cette peur qui comprimait la poitrine de la jeune femme au quotidien ? Certains lui diraient certainement que le mariage n'était plus aussi sûr de nos jours, mais pour Lena, le divorce n'était même pas une option possible. Elle se battrait toujours pour Kara. Maintenant qu'elle l'avait conquise, elle ne comptait plus la lâcher. Plus jamais. Et elle ne reviendrait pas sur cette décision.
« Je sais ce que tu te dis, je t'ai menti... », révéla-t-elle sans pour autant de départir du rictus qui avait vu le jour sur ses lèvres. « Je sais aussi que je t'avais promis de ne plus le faire, mais je n'avais pas le choix. Ton bracelet était déjà chez le bijoutier quand tu me l'as réclamé et même si je n'étais pas encore tout à fait certaine de faire ma demande si rapidement, je ne voulais pas prendre le risque que tu découvres ce que j'avais prévu »
Une larme solitaire roula sur la joue rougie de la blonde, mais elle ne fit aucun geste pour la chasser.
« Pourquoi ne pas l'avoir fait polir alors ? », lui demanda cette fois-ci Kara tout en caressant la face endommagée du saphir du bout du pouce.
Lena retint un rire face à toutes ses questions, se demandant si Kara allait finir par la laisser lui faire sa demande, mais d'un autre côté, elle était contente de ne pas tomber dans les clichés des films d'amour. Il n'y avait pas de pétales de rose partout ni de bougies à profusion, il n'y aurait pas non plus de genou posé à terre ni de discours interminables. Non, Lena ne voulait que de la simplicité et de la sincérité, des vraies preuves d'amour et rien d'autre.
« Je crois que la vie nous a fait comprendre que rien n'était jamais simple. On devra sûrement faire face à de nouveaux coups durs et surmonter de nouveaux obstacles, mais je sais qu'on y arrivera parce qu'on sera ensemble. Si je n'ai pas fait réparer le saphir, c'est parce que je veux que cette bague nous rappelle le chemin que l'on a déjà parcouru et qu'elle soit à l'image de notre couple : parfaitement imparfaite »
« Est-ce que je peux t'embrasser ? », fut la seule réponse que Kara réussit à formuler entre deux sanglots à peine retenus.
« Tu ne veux pas plutôt entendre ce que j'ai à te dire avant ? », s'enquit Lena, amusée.
« Après... »
Kara enroula ses bras autour de la nuque de Lena, et l'approcha d'elle pour ravir fougueusement ses lèvres. Le baiser fut court mais non pas moins désarmant pour Lena. Sans un mot, Kara lui avait fait comprendre l'étendue de sa joie et de son amour et la milliardaire se retrouva momentanément déstabilisée.
Ce fut la journaliste qui l'aida à reprendre un peu d'aplomb lorsqu'elle amena une main à son visage pour caresser amoureusement une de ses joues. Lena coula alors son regard de Jade dans celui azurée de sa compagne, et comme souvent dans ces moments-là, elle eut soudainement l'impression que le monde venait de s'arrêter de tourner autour d'elles. Benji n'était plus en train de ronfler au pied de la cheminée. Alex n'était plus en train de les filmer. Sam n'était plus en train de sourire béatement devant la scène et les parents de la blonde n'étaient plus en train de les regarder, les larmes aux yeux. Non, il n'y avait plus que Kara et elle, et rien d'autre.
La main gauche de Lena se posa sur celle de Kara toujours sur sa joue dans un geste empreint de tendresse.
« Laisse-moi te prouver qu'on en vaut la peine », murmura-t-elle du bout des lèvres. « Laisse-moi te montrer qu'on est faite pour passer notre vie ensemble... »
Kara lui sourit malgré les larmes qui dévalaient toujours sur son propre visage.
« ... Laisse-moi t'aimer ? »
Sa demande à peine formulée, Kara se jeta à son cou avec tellement de force que Lena bascula en arrière et l'entraîna dans sa chute dans un éclat de rire qui mourut sur les lèvres de la journaliste. Kara lui offrait un baiser tout aussi passionné et vibrant d'amour que le précédemment et Lena n'aurait pas pu rêver d'une plus belle réponse.
Le temps reprit son cours lorsqu'elles se séparèrent, les yeux humides, mais les traits lumineux.
« Je t'aime Lena. Que tu sois plus Kieran ou plus Luthor, je t'aime. Peu importe les mensonges ou mes peurs, je t'aime. Et cette fois-ci, je sais que je n'ai plus aucune raison de fuir »
~~~ FIN ~~~
Voilà, après 1 an et demi d'écriture, 29 chapitres, 490 pages et plus de 245K mots écrit, je vous annonce que Let Me Love You est officiellement terminé ! Je crois que c'est à mon tour de sortir les mouchoirs pour le coup :'( Même si ce n'est qu'une simple FF je dois avouer que j'ai un petit pincement au cœur en me disant que c'était la dernière fois que j'écrivais sur les personnages de cette histoire
J'espère que cette fin aura répondu à toutes vos attentes et bien sûr, qu'elle vous aura plu ! Je voulais sincèrement vous remercier tous autant que vous êtes pour m'avoir suivi jusqu'ici et m'avoir encouragé tout au long de cette histoire, ça compte énormément pour moi alors merci ! ❤
Je vous ai parlé d'une nouvelle fic Supercorp, malheureusement, elle ne sortira pas tout de suite, j'aimerais prendre le temps d'écrire les premiers chapitres en avance avant de les publier, j'espère que vous comprendrez ! je reviendrais mettre un poste ici pour vous avertir de sa sortie et vous donner le synopsis !
D'ailleurs en parlant de cette prochaine fic et en vu de m'aider à m'améliorer dans l'écriture, n'hésitez pas à me laisser vos critiques positives ou négatives, peu importe le sujet (fautes, longueur des chapitres, incohérences, etc etc), je suis preneuse de tout conseil !
Bon je ne vous retiens pas plus ! Prenez soin de vous en attendant et à la prochaine :D
PS 1 : Je tiens à préciser que je ne parle absolument pas Irlandais mais si mes recherches sont bonnes "Dia duit" signifie "Bonjour" et "Cén chaoi an bhfuil tú" veut dire "Comment ça va"
PS 2 : Pour la petite anecdote (qui sert pas à grand chose d'ailleurs) sachez que le Glynn's Bar à Oranmore existe réellement !
Voilà cette fois-ci, je vous laisse vraiment ! :p
