Horizons.
Une jeune fille était là, assise sur une balançoire aussi fantomatique qu'elle. Ses cheveux bleus comme la nuit flottait légèrement derrière elle, presque transparents aux pointes des mèches. Sur son visage blanc et pur se dessinaient des cils sombre cachant des yeux d'un mauve hypnotisant. Cette jeune fille est une légende. Certains prétendent qu'à l'entrée de ce lieu si funeste, on peut apercevoir cette lumière bleutée, et qu'en s'approchant on peut distinguer cette jeune fille. Ces gens prétendent ne pas l'avoir simplement vue, mais également entendue.
D'après la légende il faudrait se tenir à tout juste un mètre de la jeune fille, pour pouvoir entendre son chant, à travers duquel elle livrerait ses tourments, et qui guiderait les imprudents vers un sommeil éternel. Mais qu'est-ce qui justifierait la présence de cette ombre fantomatique ? Et bien, c'est que ce village à été le témoin impuissant d'une tuerie il y a de cela plusieurs centaines d'années.
Des rumeurs sur la malédiction de ce village ont toujours circulé, et personne ne s'est jamais installé à nouveau sur les ruines de cet endroit. Seuls les aventuriers et les inconscients s'y rendent. Ainsi, cette jeune fille hanterait les lieux, son âme refusant de partir en paix après avoir vu la destruction de son village et le meurtre de ses villageois. Aujourd'hui, très peu de gens ose s'approcher du village, et encore moins ne rend visite à ce fantôme. Pourtant, peut-être auraient-ils eu l'occasion d'entendre le chant de la jeune ALYS...
Un sombre couloir...
Cette âme noire...
Comme si la lune mourrait,
Allant nulle part, perdant
Son esprit. Tout vieillit.
Les ruines du village sont sombres, et glauques. Certains adolescents habitant non loin s'y rendent, dans l'espoir de se donner des frissons. Mais aucun n'a jamais essayé de trouver l'âme de cette fille. Tous ceux qui sont entré dans le village rapportent que les nuages ne quittent jamais le ciel au dessus de l'endroit, et même le jour, le soleil ne peut réellement illuminer ce l'endroit. Quand à la lune la nuit, elle n'est jamais visible. Comme si pour cet endroit, le temps s'était arrêté à la fameuse nuit de la catastrophe. Comme si ceux qui avaient assassiné les villageois et ravagé le village, avaient également tué la lune...
Un champ de lys
Aux portes des abysses.
Comme si prendre
Mon envol était juste impossible,
Malicieux.
Tout autour des ruines où se trouvait la jeune fille poussaient des lys blancs. Symbole de pureté, de douceur, mais également de mort dans certains pays. La légende prétendait également que pour chaque villageois poussait une fleur, et que les âmes des villageois protégeaient celle de la jeune fille qui n'avait pu trouver le repos. Qui n'avait pu prendre son envol, pour un endroit meilleur. Comme si le destin s'acharnait sur elle, la faisant souffrir jusqu'au bout, malicieux et fourbe.
Après avoir chanté ce début, ses yeux s'ouvraient lentement, et c'était ces yeux là, qui vous obligeaient à rester jusqu'à la fin. Une tristesse infinie s'y lisait, malgré l'apparent vide qui les emplissait. La voix d'ALYS était divine, comme si à travers sa voix, elle n'était pas la seule à chanter.
Ce malaise d'être,
Monde fait de noirceur.
Les larmes peuvent paraître
Comme la défaite du cœur.
Et des larmes coulaient sur les joues de porcelaine, discrètes mais bien là. Dans sa voix perçait à la fois ses lamentation et sa détermination, un mélange saisissant et poignant.
Toujours des cris
Dans le silence.
La haine, la peur et la souffrance.
Comme si ma voix s'étouffait.
Impossible de respirer.
Un souvenir de cette nuit maudite ? ALYS n'oublierait jamais ces instants, qui furent les derniers pour elle. Ces cris qu'elle avait entendu, alors qu'elle ne voulait plus rien entendre d'autre que le silence. Tous ces cris, de haine, de peur, de souffrance, et de tant d'autres chose encore qu'on ne peut désigner ni expliquer par des mots. Et ce sentiment d'étouffer sous les larmes la panique ne plus savoir comment même respirer, ALYS était morte dans ces conditions. Avait-elle souffert ? Elle ne le sait pas, tout était si confus dans sa tête. Elle avait ouvert les yeux pour constater qu'elle était morte, et qu'il ne restait d'elle qu'une âme, un fantôme, et des souvenirs douloureux.
J'ai perdu toute trace de ce que je cherchais.
Qu'est devenu ce « bonheur » ?
S'est-il estompé ?
Était-ce un rêve trop éloigné ?
Une utopie que je ne pourrais jamais approcher ?
N'avait-elle pas mérité une belle vie ? Elle était si jeune à cette époque... Tant de belles choses l'attendaient, elle était promise à bel avenir, un heureux futur, parmi les siens, et n'avaient pas seulement été assassinés, mais également séparés dans la mort. Ce bonheur était bien loin maintenant. Y avait-il ne serait-ce qu'un quelconque moyen pour elle de s'approcher de ce souhait ? Que pouvait-elle faire ? Allait-elle continuer, elle, âme errante de demeurer dans cet endroit stérile.
« Un sourire
Alors que la peur m'enlace.
S'enfuir.
Je n'ai plus ma place...
Dans ces yeux,
Mes mots se sont effacés.
Fastidieux,
Ce poème fut délaissé. »
Alors l'ombre d'un sourire apparaissait sur le visage délicat d'ALYS. Peut-être devait-elle continuer de croire qu'une alternative plus heureuse l'attendait. Même si elle ne pouvait pas voir la lune et les étoiles, il existait forcément une lumière quelque part. Ce bonheur disparu avait bien existé. Il renaîtrait peut-être un jour...
Il n'y a plus d'air dans ces ruines de poussière,
Et la cloche cassée résonne une dernière fois.
Je ne vois que des larmes sous ce ciel sans lumière,
Et pourtant je répète
« J'y crois... »
Le temps passait cependant, les ères et les âges. Les gens changeaient et restaient les mêmes à la fois. La mélodie dans le cœur d'ALYS ne cessait jamais, et sa voix résonnerait encore et encore, car elle voulait y croire... Elle ne se lasserait jamais de le répéter, jusqu'à ce que cela devienne réalité, jusqu'à ce que le songe de termine, et qu'elle ne se réveille parmi les siens, où que ce soit.
Une terre sombre au bout de ce village.
Et, enfermée dans ces branches de ronces,
Tel un oiseau pris dans une cage,
Je cherche toujours des réponses...
Une jeune fille était là, assise sur une balançoire aussi fantomatique qu'elle. Cette jeune fille est une légende. Certains prétendent qu'à l'entrée de ce lieu si funeste, on peut apercevoir cette lumière bleutée, et qu'en s'approchant on peut distinguer cette jeune fille. Des ronces l'emprisonnent à cet enferment éternel, cette liberté volée, et ces questions, à jamais sans réponse...
