Bonjour à toutes et à tous,
Je reviens aujourd'hui après de longs mois d'absence avec ce petit OS qui me trottait dans la tête depuis un bon moment.
L'inspiration m'est venue en écoutant la chanson "Je reviens bientôt" de Francis CABREL. D'où le titre de ma fic ;) (vachement recherché...)
RAPPELS IMPORTANTS :
Rating M : Toutes mes fictions sont citronnées, et par définition, destinées à un public averti.
Disclamer : Les personnages appartiennent à la Grande JK ROLLING. Elle me les prête seulement pour que je puisse m'amuser avec, et vous en faire profiter ;)
Sur ces bonnes paroles... ENJOY !
~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.
Je reviens bientôt.
.
Du bout de sa baguette magique, Drago alluma sa cigarette.
Les yeux fixés sur la fenêtre du premier étage de l'immeuble qui se dressait de l'autre coté de la rue, face à lui, il inspira une longue bouffée. La petite tige blanche s'éclaira d'une lueur incandescente dans la nuit noire qui l'entourait, mais son puissant sortilège de Désillusion empêchait qui que ce soit de la remarquer.
La lueur d'une bougie vint illuminer la fenêtre, et son cœur se mit à battre plus fort, l'attente le rendant fébrile. Il retint son souffle un instant, puis elle apparut.
Elle déposa un candélabre sur le rebord de la fenêtre, scrutant la rue sombre et déserte, comme si elle cherchait quelque chose.
Puis d'un mouvement sec de ses bras en croix, elle ferma les rideaux, son corps se métamorphosant en ombres chinoises.
Le cœur de Drago tambourinait avec force dans sa poitrine. Savait-elle qu'il était là, à la regarder ?
Soudain, elle ne fut plus seule : une deuxième ombre, plus grande qu'elle, s'était approchée. Trop près.
Drago serra les dents, tentant du mieux qu'il pouvait de faire refluer la rage qui étreignait son corps tout entier. Il n'était pas difficile de deviner qui se trouvait avec elle. Des images qu'il ne voulait pas voir vinrent titiller malgré lui son esprit tourmenté.
Il ferma les yeux quand les deux ombres s'étreignirent, la grande soulevant la plus petite, la plus petite s'accrochant à la grande, alors que l'homme plaquait la femme contre la vitre de la fenêtre. La flamme vacilla et les ombres des deux corps enlacés dansèrent de plus belle.
Les souvenirs affluèrent alors en masse dans le cerveau de Drago, se superposant au maudit spectacle qui se déroulait dans la chambre devant lui, alors que les deux amants, inconscients de leur spectateur, s'enlaçaient devant la fenêtre aux rideaux clos.
.
Drago venait d'entrer dans la Salle-sur-Demande, l'esprit obnubilé par cette maudite armoire qu'il n'arrivait pas à réparer, quand il remarqua que la pièce était déjà occupée. La fille était de dos, assise sur un vieux fauteuil bancal et défraîchi, et ses épaules voutées étaient secouées par de longs sanglots bruyants. Un seul coup d'œil lui avait suffi. Il avait tout de suite deviné qui elle était : personne d'autre n'avait des cheveux comme les siens.
Quelques mois plus tôt, il aurait adoré s'en prendre à elle. L'insulter juste pour l'agacer. La provoquer juste pour qu'elle sorte ses griffes.
Mais aujourd'hui, c'était différent. Il ne pouvait pas se permettre de perdre son temps. Il avait du travail. Il avait une mission. Cette monstruosité gravée à jamais sur son bras le lui rappelait à chaque instant. Mais en même temps, il était difficile de résister… Et il n'était pas contre un peu d'action pour se changer les idées. D'autant plus que l'adversaire ici présente était à sa mesure. Finalement, c'était pile ce dont il avait besoin.
Et pour couronner le tout, il était certain de connaitre la raison de ses pleurs : il venait de croiser cet abruti de Weasmoche avec cette bécasse de Brown.
Merlin venait de lui servir son échappatoire temporaire sur un plateau d'argent.
– Dégage de là, Granger. C'est pas le bureau des pleurs, ici ! lança méchamment Drago pour la provoquer.
Hermione sursauta violemment et Drago éclata de rire, attendant avec impatience la répartie qui allait suivre inévitablement.
– Oh, désolée Malefoy, je… pardon… répondit Hermione d'une petite voix, en reniflant dans le mouchoir en papier qu'elle tenait en boule dans sa main.
Puis, la tête baissée, les yeux rougis et des larmes plein les joues, elle le contourna pour se diriger vers la sortie.
Drago resta abasourdi, et totalement démuni. Pas de réplique cinglante ? Aucune répartie pour le remettre à sa place ? Pas d'affrontement ? Pas même une petite riposte ?
Puis, comme un réflexe, d'un pas rageur, il se précipita vers elle. Il attrapa son bras pour la faire tourner face à lui.
– Bordel ! C'est quoi ton problème Granger ?! cria-t-il, sa main toujours serrée sur son bras.
– Heu, je… Heu… Quoi ? répondit Hermione, le regard perdu.
– Comment ça, quoi ? Où est ta répartie ?! s'étrangla-t-il presque en lâchant son bras. T'es pas sensée partir comme ça, là !
– Tu m'as dit de dégager, Malefoy, faudrait savoir, rétorqua-t-elle sans comprendre.
Drago la regarda en silence, les sourcils froncés.
– Tu veux quoi, au juste ? insista-t-elle.
Le Serpentard la fixait d'un regard intense. Oui, au fait, que voulait-il, au juste ? C'était une bonne question !
Un nouveau sanglot le sortit de ses réflexions, et une colère venue d'il ne savait où acheva de le faire réagir.
– Ne me dis pas que c'est pour cette foutue belette que tu te mets dans des états pareils ! pesta Drago.
Hermione baissa la tête, de nouvelles larmes dévalant ses joues.
– Sérieusement ? continua-t-il. Je te croyais plus intelligente !
– Qu'est-ce que ça peut te faire, Malefoy ?! répondit Hermione, la voix un peu plus affirmée.
Ah ! Tout de même ! pensa Drago. Tout n'était peut-être pas perdu finalement !
– Ça ne te regarde pas ce qu'il y a entre Ron et moi ! s'énerva-t-elle.
– Il ne te mérite pas.
Les mots étaient sortis de sa bouche sans qu'il ne puisse les retenir. Et Hermione, qui s'était de nouveau retournée vers la sortie, s'arrêta net.
– Qu'est-ce que tu as dit ? lui demanda-t-elle, la tête penchée sur le côté et les yeux fixés sur lui.
– Rien ! J'ai rien dit.
Drago se détourna précipitamment, se demandant pour quelle raison il venait de sortir un truc pareil.
– Ok… fit Hermione. C'est comme tu voudras.
Puis elle sortit de la Salle, sans un regard en arrière.
Drago s'affala sur le canapé qu'Hermione avait occupé quelques minutes plus tôt, la tête dans les mains.
Fermant les yeux, il revoyait les larmes débordant de ses jolis yeux chocolat.
Weasley était décidément le pire abruti que cette terre ait jamais porté. Cette fille était un diamant brut, et il ne la voyait même pas.
Elle était belle, intelligente, et sa répartie… Merlin ! Qu'il aimait se battre contre elle ! L'autre idiot ne lui arrivait pas à la cheville. Et par-dessus tout, elle pleurait pour lui ! Encore une fois ! Il la faisait trop souvent pleurer. La première fois qu'il s'en était rendu compte, c'était lors de ce fameux bal de Noël en Quatrième Année. La soirée qui avait tout fait basculer.
Il avait vu cette fille sublime accrochée au bras de l'Attrapeur Bulgare. Il ne l'avait pas reconnue tout de suite. Ses yeux avaient tout d'abord été attirés par ce corps serré dans cette magnifique robe au décolleté sage et qui pourtant avait fait mis ses sens en ébullition. Elle avait un port de reine, et dansait avec une telle grâce qu'il avait d'abord été persuadé qu'elle était une élève de Beauxbâtons. Il l'avait trouvée si belle qu'il n'avait plus du tout porté attention à Parkinson qui minaudait sans pudeur à son bras.
Et c'était quand le couple s'était arrêté à quelques pas de lui qu'il avait compris :
– Tu as soif Herrr-mion-neû ? avait demandé Krum.
Drago avait alors senti son cœur s'arrêter, puis repartir à une vitesse folle. Cette fille époustouflante sur qui il avait bavé toute la soirée n'était autre que Granger ?! Granger aux dents longues et aux cheveux touffus. Granger qui l'exaspérait au plus haut point à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. Granger la Sang-de-Bourbe et meilleure amie d'un traître à son sang. Granger qui était dans le camp adverse et avec qui il ne pourrait jamais sympathiser.
Mais, malgré toutes les raisons qui les séparaient, depuis ce soir-là, il avait quand même commencé à la regarder différemment.
Et puis il l'avait vue en larmes. Assise sur les marches du hall d'entrée du château, dans sa jolie robe relevée sur ses mollets et ses chaussures à talons dans les mains, elle venait de se disputer avec Weasley.
Le rouquin avait recommencé plusieurs fois, les années passant. Mais cette fois-ci, c'était la goutte de potion qui faisait déborder le chaudron. Cet idiot avait préféré la vulgarité à l'élégance, la médiocrité à la grâce. Et elle, Hermione, qui pourtant savait se montrer si brillante et si perspicace en classe, ne voyait pas au-delà de ce benêt.
Drago sentait ses tripes se serrer à chaque fois qu'il assistait, impuissant et feignant l'indifférence, à une de leurs nombreuses prises de bec. Et plus le temps passait, plus il voyait Hermione s'accrocher… Et plus son sentiment de jalousie augmentait.
– Pourquoi tu dis qu'il ne me mérite pas ?
Drago sursauta et dans un réflexe, se retourna, debout, en pointant sa baguette droit devant.
Hermione était là, derrière lui, n'accordant aucune importance à la baguette pointée sur elle. Elle ne pleurait plus.
Elle contourna le canapé et fit face à Drago, qui n'avait toujours pas bougé, ses yeux chocolat fixant sans ciller ses grands yeux gris.
Surpris, Drago resta pourtant stoïque quand il sentit l'intrusion. Granger qui s'essayait à la Légilimancie sur lui ? Il en aurait explosé de rire. Si elle savait !
Il arqua un sourcil moqueur quand elle se heurta à un mur, mais ne fit aucun commentaire. Curieux, il la regarda s'avancer vers lui.
D'un geste lent mais sûr, Hermione posa sa main sur le poignet du Serpentard, et le fit abaisser sa baguette.
– Malefoy, continua-t-elle devant son silence. Qui me mérite, dans ce cas ?
Drago déglutit, incapable de détourner son regard du sien. Il n'avait pas besoin de mots. Après tout, c'était elle qui avait commencé. Et lui, et bien… était plutôt doué pour ça.
Toujours les yeux dans les siens, il lui ouvrit une partie de son esprit. Juste une toute petite partie. Juste ce qu'elle avait besoin de savoir. Juste ce qu'il ne pouvait lui dire, mais qu'il voulait absolument qu'elle sache.
Et Hermione sut. Elle vit ce que Drago voyait. Elle ressentit ce que Drago ressentait. Elle comprit ce que Drago voulait qu'elle comprenne.
Et ce fut suffisant.
Elle n'avait même pas envie de réfléchir.
Silencieusement, alors qu'elle réintégrait son propre esprit, elle poussa doucement Drago qui tomba assis sur le fauteuil. Ses yeux perdus dans le gris des siens, elle s'approcha lentement, et sans même une hésitation, vint écraser ses lèvres sur les siennes.
Il n'en fallut pas plus pour Drago. Ses mains s'accrochant aux hanches d'Hermione, il la fit s'approcher encore, l'asseyant à califourchon sur ses cuisses. Aussitôt, le baiser s'intensifia, Drago entrouvrant les lèvres alors qu'Hermione y glissait sa langue. Le Serpentard resserra ses bras autour de la taille de la demoiselle qui échappa un gémissement quand sa poitrine se retrouva compressée contre son torse. Ce fut comme un signal. Comme une barrière qui s'effondra. Et Hermione commença à se balancer sur Drago, le sentant durcir contre elle.
Le cerveau de Drago se déconnecta. Une part de lui s'interrogea sur le fait qu'elle était étonnamment entreprenante, mais il n'avait pas envie d'y réfléchir plus que ça. Il avait d'autres choses à faire, d'autres choses à penser. Et quand elle mordit sa lèvre comme pour le ramener au moment présent, il comprit qu'il était perdu. Cette fille avait un goût d'interdit, et il avait d'autant plus envie d'y goûter. Quitte à se damner, autant le faire avec elle.
Les mains du Serpentard se firent plus audacieuses, et il s'attela à défaire les boutons du chemisier de la Gryffondor qui se tortillait au-dessus de lui. Sa bouche relâcha la sienne et vint mordiller la peau douce et tendre de son cou, alors que ses mains se posaient sur ses seins.
Hermione avait le souffle court. Drago parsemait son cou et le haut de ses seins de baisers brûlants, et elle se surprit à en vouloir encore plus. Ses mains qui fourrageaient les cheveux blonds, vinrent défaire la chemise immaculée du Serpentard.
Drago grogna au contact de ses mains fraiches sur sa peau nue et, la reculant d'un geste, fondit bouche la première sur ses seins, ses dents venant agacer un mamelon rose et durci.
– Drago… haleta Hermione.
Ce son… Son prénom dans sa bouche alors qu'il parcourait ses seins de sa langue. Cette fille allait avoir sa peau.
Ce qui se confirma quand l'impétueuse lionne faufila une de ses mains entre leurs deux corps serrés pour ouvrir le haut de son pantalon, et qu'elle glissa ses doigts à l'intérieur de son boxer.
Le contact arracha un gémissement à Drago qui n'attendit pas plus. Il passa une de ses mains sous la jupe d'Hermione, la caressant de ses doigts à travers le tissus. Elle était brûlante et trempée. Prête. Pour lui.
D'elle-même, elle se souleva et il n'eut qu'à écarter le tissus. Elle se positionna sur son membre dressé, qu'elle avait fait sortir de son boxer.
Ils se regardèrent, plantant chacun son regard dans celui de l'autre. Et dans un mouvement lent et contrôlé, Hermione s'empala sur lui.
Il aurait pu en rugir de plaisir.
Agrippant ses hanches, il la fit remonter tout aussi lentement sur sa longueur, puis elle s'abaissa de nouveau. Il siffla et elle gémit, alors qu'elle rejetait sa tête en arrière sous le plaisir qu'il lui donnait.
Il recommença son manège, mais stoppa quand elle ferma les yeux.
– Regarde-moi, lui dit-il.
Tu es à moi, pensa-t-il, pas à lui.
Hermione ouvrit les yeux, se perdant dans l'orage des siens, remplis de désir.
Drago la fit basculer sur le canapé, se positionnant au-dessus d'elle, leurs corps toujours emboîtés.
Il accéléra la cadence alors qu'elle perdait pied. Elle entoura sa taille de ses jambes, convulsée par le plaisir qui ravageait son corps, et Drago la rejoignit dans un dernier coup de rein.
Il s'effondra sur elle, perdu dans une brume de plaisir.
La tête contre son cœur, il l'écouta battre la chamade, comptant autant de battements que de raisons qui faisaient qu'ils devaient se séparer.
Il se redressa et, encore une fois, se perdit dans le chocolat de ses yeux.
D'un seul regard, ils se comprirent. Se relevant, chacun se rajusta en silence. Ils ne s'étaient même pas déshabillés et Drago en fut soulagé. De cette façon, Hermione n'avait pas vu la Marque.
La Gryffondor s'éloigna sous le regard intense du Serpentard.
– Drago ? l'appela-t-elle alors qu'elle parvenait à la porte.
Il ne répondit pas, se contentant de la fixer.
– Je suis à toi. Pas à lui.
Et Hermione sortit de la pièce.
.
Drago écrasa son mégot contre le banc, le cœur au bord des lèvres.
Cinq ans.
Cinq ans que le Lord Noir avait été terrassé. Cinq ans que lui, Drago, avait disparu des radars.
Cinq ans qu'il avait prononcé ces mots maudits. Ces mots qui lui faisaient encore froid dans le dos.
.
Hermione était en pleurs.
Et pour une fois, Weasley n'était pas fautif. Drago se maudissait pour ça.
Ils s'étaient retrouvés dans la forêt de Dean, une fois encore, après avoir dérapé dans les grandes largeurs. Après s'être revus, tout en se promettant de ne jamais se revoir. Après avoir fait l'amour, tout en se promettant de ne jamais recommencer. Et ils avaient recommencé, encore et encore…
Mais cette fois-là serait la dernière. Drago le savait.
– Ils vont m'arrêter.
– Pourquoi tu dis ça.
En guise de réponse, Drago leva son bras gauche et Hermione détourna le regard.
Elle avait piqué une crise la première fois qu'elle avait vu la Marque des Ténèbres sur son bras. Elle s'était promis ce jour-là de ne plus jamais l'approcher.
Mais peine perdue. Plus elle essayait de s'éloigner de lui, plus elle s'y accrochait. Et alors, pour ne pas sombrer dans la folie, elle avait préféré le déni. S'obligeant à regarder ses yeux quand il entrait en elle. Évitant de regarder son bras quand elle se pâmait sur lui. Fermant les yeux quand il l'enlaçait. Plongeant son visage dans son cou quand lui plongeait dans son corps.
Et il y eut la Guerre.
Ils s'étaient retrouvés au milieu, tels deux amants maudits dans deux camps opposés qui s'entretuaient.
Et Voldemort mourut.
Les Mangemort étaient arrêtés et envoyés à Azkaban sans autre forme de procès.
Et Drago devait fuir. Il ne voulait pas se retrouver là-bas, dans cet endroit épouvantable, pour des crimes qu'on l'avait forcé à commettre.
Alors il avait contacté Hermione, pour qu'elle le rejoigne une dernière fois, dans cette forêt perdue au milieu de nulle part, au milieu de ces arbres centenaires qui avaient été les spectateurs de tant de baisers, de tant d'étreintes brûlantes. Des moments de tendresse volés. Interdits.
– Mais tu n'as tué personne.
– J'ai torturé. C'est suffisant. Mais je n'irai pas à Azkaban.
– Bien sûr que non, tu n'iras pas ! rétorqua Hermione. Je vais témoigner.
– Tu n'auras pas à le faire.
Hermione se tût. Elle connaissait ce regard. Elle le connaissait par cœur maintenant. Elle arrivait à déceler son air calculateur.
– Drago Malefoy, qu'est-ce que tu manigances ?
– Je vais partir.
Les mots avaient claqué dans le silence environnant.
– Non ! cria Hermione. Je t'en prie. Ne fais pas ça…
– J'ai pas le choix.
– Ce sera pire s'ils t'attrapent…
– Ça n'arrivera pas.
– Drago… supplia Hermione, les yeux remplis de larmes brûlantes. Alors je viens avec toi.
– Sûrement pas ! s'exclama Drago, horrifié. Hors de question que tu compromettes ton avenir à cause de moi.
Hermione s'approcha de lui, ses bras entourant son torse, son visage enfoui dans son cou. Ses larmes intarissables mouillaient la cape de voyage qu'il avait enfilée plus tôt.
Drago posa ses mains sur celles, glacées, de celle qui le hanterait jusqu'à la fin de ses jours. Il savait qu'il devrait frapper fort. Elle était d'une ténacité à toute épreuve. C'était une des nombreuses raisons qui faisaient qu'il l'aimait à en crever.
Mais il ne supporterait pas qu'elle gâche sa vie à cause d'un foutu Mangemort comme lui. Il ferma les yeux et souffla un grand coup, déjà nauséeux des blasphèmes qu'il s'apprêtait à prononcer.
Lentement, il l'éloigna de lui, de façon à ce qu'elle le regarde droit dans les yeux.
– Je ne veux pas de toi, assena-t-il. Mangemort ou pas, de toute façon c'est impossible entre nous. Ton sang et mon sang ne sont pas compatibles. Un Sang-Pur ne s'encombrera jamais d'une vulgaire Sang-de-Bourbe.
Les bras d'Hermione retombèrent lentement le long de son corps.
– Tu dis ça pour que je change d'avis. Je sais que tu ne penses pas un mot de ce que tu racontes.
Drago tenta le tout pour le tout. Il durcit son regard, retrouvant le masque froid avec lequel il la regardait avant d'être tombé fou amoureux d'elle.
Ses yeux orage la toisaient avec un mépris tel qu'elle en frissonna de la tête aux pieds. Et ce fut pour cette raison qu'elle le crut sans hésiter quand il lui cracha ces mots :
– Je ne veux plus de toi. Va plutôt rejoindre Weasley. J'en ai assez de jouer.
Les jambes d'Hermione ployèrent sous le poids de son chagrin et elle se retrouva au sol, les mains dans la terre humide, alors que Drago transplanait.
.
La pluie se mit à tomber en fines gouttelettes, et Drago se lança un Impervius informulé.
Cinq ans qu'il était parti. Mais il n'avait pas perdu son temps. Il s'était racheté une conduite et avait beaucoup étudié. Le Droit Sorcier entre autres choses. Il avait découvert la possibilité d'exécuter sa peine en travaillant pour le Ministère, sans rémunération toutefois. Mais quelle importance si cela lui permettait de rentrer enfin chez lui en homme libre ?
Le regard toujours fixé sur la fenêtre, il remarqua qu'on avait éteint la chandelle. Inutile de souffrir plus longtemps. Il était temps de partir.
Un dernier mouvement de baguette vers la fenêtre, et Drago disparut dans un Pop ! discret.
.
Hermione s'éveilla lentement, un rayon de soleil venant chatouiller ses paupières, à travers les lourds rideaux.
Tout doucement, elle souleva le bras de Ronald Weasley, posé au-travers de ses seins nus. Souriant au beau temps, rare en ce moment, elle se dirigea vers la fenêtre pour ouvrir les rideaux et laisser entrer le soleil.
Là, sur le rebord de la fenêtre, un morceau de parchemin l'attendait.
Le cœur battant elle le déplia, et une larme roula sur sa joue, alors qu'elle lisait ces trois petits mots :
Je reviens bientôt.
~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.~.
Voilà voilà...
J'espère que ce petit OS vous a plu.
A bientôt ;)
