Chapitre 21

Sakura

-Ok. Mais ne me coupes pas ! Acceptai-je

Le voyant acquiescé également, je me lançai dans mon récit, me plongeant dans mes souvenirs douloureusement enfouis

-Au collège, enfin plutôt en 3ème, j'ai rencontré un garçon en cours d'arts plastiques. Il était mignon et sympathique mais je ne suis pas du genre à trop m'attarder dessus. Tu as vu les canons qui peuplent ma vie ? Bref, on nous mit ensemble pour un projet à remettre en fin d'année et nous avons tout de suite accroché. On s'amusait bien, rigolait, travaillait et c'était génial. Puis on se mit à sortir ensemble. Et il se mit à un peu changer. Du genre grand possessif tu vois ? Il pouvait me faire des crises à la Shion parce que je rigolai avec Kiba, Shika ou Choji et ça le dérangeai donc j'ai pris mes distances. Mon père ne l'aimait pas beaucoup, mais bon qui aime les copains de sa fille hein ? LE plus surprenant c'est que ma mère ne l'aimait pas trop non plus. Quelque chose la dérangeait… Et moi ça me saoulait ! Je me disputais avec ma famille et mes amis pour lui… Et il me disait que c'était normal, qu'il serait toujours là pour moi et tous ces blablas enjôleurs. Bref, crise d'ado je suppose, j'étais bien avec ce garçon donc le reste m'importait peu ! Je me donnais à lui et là ça a vraiment basculé ! J'étais à lui ! Il le disait, il le scandait, il le montrait ! Aucuns mecs ne devaient s'approcher de moi sinon il partait dans une colère monumentale et c'était souvent moi qui en faisais les frais. La première fois qu'il leva la main sur moi, c'était après l'enterrement des pères de Shika et Ino. J'avais coupé mon téléphone par respect et surtout même si on ne se parlait plus vraiment, je me devais d'être là pour eux. Mais lui il est devenu fou ! Quand j'ai rallumé mon portable, j'avais 159 appels manqués, 60 messages vocaux et 39 sms. Passant de la douceur à la menace puis à l'inquiétude, remenace et re-douceur. Inquiète et surtout idiote, je parti le rejoindre pour voir ce qu'il avait mais à peine arrivé, il me fit faire un vol plané de sa main ! Il hurlait que je le trompais mais qu'il ne me laisserait pas le quitter parce que j'étais à lui et tout un tas inepties sans queue ni tête. Je sais qu'il m'a embrassé et qu'on a couché ensemble mais je t'avoue que mon esprit s'était sauvé de mon corps à la minute où sa main entra en contact avec moi. Il m'a dit que si je le disais à quelqu'un il ferait du mal à ce quelqu'un alors j'ai serré les dents et me suis tût.

J'osais lever les yeux vers lui et le vit la mâchoire serrée tout comme ses poings. Je continuai mon histoire

-En rentrant, je ne savais pas si je devais le dire à mes parents ou pas et choisi de me taire ! Il s'était excusé donc ça allait aller ! Sauf que ça a recommencé. Il suffisait que je réponde mal ou qu'un garçon me regarde ou me parle, ou que j'arrive en retard ou tout un tas de prétexte et il frappait, s'excusait, couchait avec moi pour s'excuser et me montrer qu'il m'aimait et moi je me renfermais. Il me rabaissait sans cesse. Rien n'était bien, rien n'était beau, je n'étais pas assez bien, il me détruisait et jurait qu'il détruirait mon entourage. Tony était venu me voir pour qu'on passe un moment ensemble, c'est mon jumeau, on a toujours été ensemble et pourtant on s'était éloigné. Il voulait qu'on aille camper et la perspective de partir 2 jours me plaisait mais le retour me terrifiait. Je savais qu'il ne l'accepterait pas. J'ai envoyé promené Tony et me suis encore plus renfermer. Alors la dispute à commencer avec mon frère et je me suis enfermée à double tour dans ma chambre pour être tranquille. Ma mère et mon père ne comprenaient pas ces crises d'adolescences qu'ils disaient ! Shanks est venu me parler et pareil, je l'envoyais promener. Tous, les gars, mes parents, Tony, Shanks et compagnie, je leur tournais le dos, je ne sais pas ce qu'il aurait pu leur faire ! C'est Shigure qui a tout découvert ! Ça ne faisait pas longtemps qu'on avait découvert qu'il était notre frère! Il vivait sa vie et venait de temps à autre et encore… Il est rentré une fois dans ma chambre alors que je me changeai pour m'engueuler parce que ma mère avait pleuré dans les bras de Kimi qu'elle ne savait plus quoi faire et Kimi étant triste, il venait m'affronter car les autres, même mon père, n'avaient pas les couilles de le faire et qu'il était hors de question que sa femme soit triste à cause de ma putain crise d'adolescence! Mais il vit les bleus et il comprit, je n'avais même pas eu le temps de m'enflammer de son irruption. Dès le moment où il m'a pris dans ses bras, j'ai pleuré. Pleuré tout ce que je retenais. Il est allé voir Hiro, l'a massacré littéralement, lui a interdit de s'approcher de moi ! Mon père était dans tous ses états de ne pas avoir vu, de ne pas avoir compris. Ma mère ne cessait de s'excuser aussi tout comme Ino. Mais ce n'était pas eux, c'était moi non ?

Il est réapparu deux semaines après, un soir. Il est passé par l'arbre que j'avais devant ma fenêtre et que mon père a depuis fait enlevé, il m'a immobilisé, m'empêcha de crier ou me débattre et il me poignarda. C'est de là que vient ma cicatrice sur le flanc. S'il ne pouvait pas m'avoir, personne ne m'aurait ! Il est resté là à me regarder me vider de mon sang jusqu'à ce que mon père et Tony n'arrivent alerter par nos deux corps qui tombaient de mon lit. Je ne sais pas ce qu'il a fait, j'ai perdu connaissance dès que mes yeux sont tombés sur ceux de mon père. Je sais juste que j'avais mal mais que mon père était là alors ça allait aller! Je me suis réveillée, 3 jours plus tard, j'étais tellement éprouvée que mon corps s'était comme mis en veille apparemment… Il est allé en prison mais s'y est suicidé donc dans un sens il avait raison, malgré qu'il ne soit plus là, je suis à lui. J'ai peur. Toujours. J'ai essayé avec Shanks, histoire de me dire que je pouvais passer à autre chose, histoire d'être sûr que je n'étais pas brisée, frigide ou que sais-je mais c'était un peu bizarre. Je n'arrivais pas à dépasser tout ça. Même si je me suis réconciliée avec eux, et qu'ils sont encore plus protecteurs que tout, j'ai préféré garder mes distances avec les gens comme ça, je ne me ferai plus avoir !

Je sais je suis une idiote mais voilà. Et tu arrives, tu renverses mon monde et je me rends compte que je tombe amoureuse de toi mais que ça me fait peur surtout à cause de Kimimaro qui rode! Je ne veux pas me battre, je l'ai assez fait et je suis terrifiée car je m'attache à toi…

Me coupant dans mon élan, il m'embrassa férocement. Mes larmes se mêlèrent à ce baiser fort et fougueux, libérateur je dirai même

Sasuke

Plusieurs émotions passèrent en moi à mesure de son récit ! Les principales étaient la colère, la peine et la frustration !

Si ce type n'était pas mort, je l'aurais tué comme il se doit ! Mais dans tout ce flot de paroles, j'ai retenu qu'elle tombait amoureuse de moi et c'était tout ce qui m'importait !

Je me suis retenu de m'approcher, de la prendre dans mes bras alors qu'elle avait l'air d'une toute petite chose fragile et sans défense. Je l'ai laissé aller jusqu'au bout avant de me jeter sur ses lèvres. Fortement, fougueusement, désespérément. Je comprenais mieux mais je n'accepterai pas qu'elle me quitte comme ça, pour ça. Moi aussi je suis tombé amoureux d'elle, non, je suis déjà amoureux d'elle et je comptais le lui montrer.

-Cette fois c'est à mon tour de parler et à toi de m'écouter jusqu'au bout parce qu'il est hors de question que tu me quittes comme ça. Moi aussi je suis amoureux de toi et je compte de garder avec moi longtemps encore !

Elle écarquilla les yeux devant ma déclaration plus qu'évidente avant d'hocher la tête consentant à se taire le temps que je m'exprime

-Je ne suis pas Hiro et je ne serais jamais ce malade. Visiblement c'était un pervers narcissique ou que sais-je mais je m'en fous ! Et je peux t'assurer que s'il n'était pas mort, je l'aurai volontiers tué ! Tu es tombé sur le mauvais gars mais ce n'est pas lui qui doit régir toute ta vie. Je comprends ta peur, ta prudence. Mais je comprends en parti ses sentiments à ce con. J'ai compris aujourd'hui que je ne pourrais pas me passer de toi ! Quand j'ai lu ton sms, mon cœur s'est tellement serré que je ne savais plus comment respirer ! Je n'arrivais pas à imaginer comment ça pourrait être si je ne pouvais plus te parler, te faire rire, me disputer avec toi, t'embrasser ou te toucher ! Ça me tuerait ! Tu es mon addiction. Je sais ça fait un peu, non même beaucoup, possessif mais c'est comme ça. Je n'y peux rien et ne veux rien y faire. Je comprends pas mal de choses, cette retenue que tu as toujours, cette manière que tu as de tout garder pour toi mais je te l'ai dit, tu n'as pas besoin de te cacher avec moi. Si tu veux péter un câble sur moi, fais-le ! Je vais crier aussi ! On va s'engueuler comme des chiffonniers et on va continuer à s'aimer. Si tu as besoin de casser quelque chose, casse-le, je t'y aiderais même volontiers ! Nous sommes un couple alors on règle nos problèmes ensemble. Si tu ne me parles pas, je ne saurais rien. Pour moi, tu n'as pas été idiote mais courageuse pendant toute ton histoire avec lui. Tu as serré les dents pour les protéger, cette fois-ci c'est à moi de te protéger. Quant à Kimimaro, je suis allé lui dire ma façon de penser parce que moi aussi ça me gave qu'il te tourne autant autour ! Je ne sais pas pourquoi, même si j'ai ma petite idée, mais je m'en cogne parce que tu es ma nana et je ne partage pas. Compris ?

J'étais à califourchon sur elle, mes mains englobant son visage larmoyant. Délicatement, je lui fis des bisous un peu partout et elle m'attira à elle pour un baiser fougueux.

-Moi aussi je suis possessive et ne veut pas te partager… Emit-elle d'une voix écaillée d'avoir trop pleuré

Mon ego se gonfla encore plus qu'il ne l'était. Elle est à moi, je suis à elle. Et pour rien au monde, je ne changerai ça, je ne perdrai ça.

-Alors je te le redemande : sors avec moi

Elle me souffla son « oui » du bout des lèvres avant que ses mains ne se faufilent sous mon t-shirt.

Je me fis la réflexion qu'il valait mieux que je change de position avant d'un des hommes de la maison ne rentre dans la chambre et m'atomise.

-Bébé… La retins-je difficilement

-Qu'est-ce qu'il cloche ?

-Je ne pense pas que ça soit une bonne idée… Commençai-je et avant qu'elle ne puisse émettre le moindre je continuai. Ta famille est en bas et même si j'en ai envie, très envie, comment ne pas en avoir envie avec toi, je pense qu'on devra remettre ça une prochaine fois. Aujourd'hui on a eu assez d'émotions non ?

Amorçant un mouvement, elle me retient

-Reste stp… Souffla-t-elle doucement

-Je vais juste me mettre à côté de toi ok ?

Me relâchant, je me positionnai à ses côtés et la tira à moi. Elle était à moitié allongée sur moi, mes bras l'entourant, sa tête dans mon cou, je calais ma respiration sur la sienne.

Petit à petit, morphée m'accueilli.