Disclamer : Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling

Personnage : Argus Rusard

Titre : Assez !

Note d'auteur : Bonjour à toutes et tous, après une longue absence je reviens avec un petit OS que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire. Cet OS a été écrit dans le cadre du fest « Festumsempra » autours du thème des « Vacances ».


Une petite brise d'air chaud agitait les feuilles des chênes et s'engouffrait par la fenêtre entre-ouverte de sa chambre. Sur le lit, Miss Teigne dormait profondément. Argus s'étira et reprit sa lecture. Le calme du château, caractéristique de la saison estivale, était apaisant et ressourçant pour le vieil homme.

La quiétude fût brisée par quelques coups frappés à sa porte. Cette dernière s'ouvrit pour laisser entrer le professeur McGonagall. Sans lui laisser le temps de l'accueillir correctement, la directrice prit la parole :

- Argus, cette année encore tu es resté enfermé dans le château. Avec les professeurs, nous avons décidé de t'offrir un cadeau pour te remercier de toute l'aide que tu apportes au long de l'année.

Argus allait prendre la parole pour lui dire que ce n'était pas la peine de lui offrir un cadeau pour le féliciter de faire son travail, aussi pénible soit-il. Mais la directrice le coupa dans son élan d'un geste de la main.

- Nous avons décidé de t'offrir un séjour de deux semaines tout compris dans un club de vacances sur la cote atlantique. C'est un club moldu dans lequel plein d'activités sont prévues. Nous espérons que ça te plaira. Ton taxi arrivera dans trois heures à la limite moldue de Pré-Au-Lard.

Avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, le professeur McGonagall était déjà partie laissant sur la table une enveloppe épaisse contenant ses réservations. Sachant très bien qu'il ne servait à rien de tenter de la faire changer d'avis, Argus se résigna à faire le deuil de ses vacances au calme pour aller « profiter » de son cadeau.

Sa valise fût vite prête. Il retrouva son taxi à l'heure prévue. Le taxi l'emmena à une gare où il prit un train, puis un avion, puis un autre train, puis un nouveau taxi, pour arriver enfin à son lieu de repos pour les deux semaines à venir. Il était épuisé et n'aspirait qu'à un repos bien mérité.

A son arrivée, il fût accueilli par un gentil organisateur qui le guida jusqu'à la réception. Le réceptionniste le fixa un bracelet violet autours du poigné en lui expliquant qu'il ne devait en aucun cas l'enlever ou le perdre. Il lui remit également un livret avec les informations de son séjour, qu'Argus se promit d'oublier dans un coin.

Il finit par pouvoir rejoindre sa chambre et le concierge dût admettre que les lieux étaient très bien aménagés et entretenus. Il y avait des photos de paysage en décoration, de magnifiques plantes ainsi que des moquettes et tapis en parfait état.

Dès le matin, Argus se réveilla au bruit de la mer et des mouettes. En sortant du lit, il prit le temps d'admirer la vue de sa fenêtre. Le dépaysement était total. Un soleil radieux illuminait une plage de sable fin sur laquelle venait paresseusement s'échouer de petites vagues. Quelques vacanciers débutaient leur journée en courant le long de la rive. Plus loin, le vent s'engouffrant dans la forêt voisine apportait une brise marine chargée d'une légère odeur de pin. A cette vue, le vieil homme se dit que ces vacances s'annonçaient plutôt bien.

Une fois prêt, son bracelet violet au poignet, Argus sortit de sa chambre et suivit les autres vacanciers, en direction de ce qu'il supposait être le lieu de restauration. Là-bas, il fut accueilli par Gwenaelle, comme l'indiquait son badge, qui le guida jusqu'à sa table et lui indiqua le buffet. Quatre convives étaient déjà attablés et discutaient entre eux. Argus les salua et se dirigea vers le buffet très bien garni. Il n'y avait pas autant de choix qu'à Poudlard et le thé était dans une étrange boîte en fer, mais il réussit néanmoins à trouver son bonheur. Une fois installé, il fit un signe de tête à ses voisins de table et dégusta son repas en silence, essayant d'ignorer la diatribe de Diana sur son fils Edmond qui aurait quitté sa femme sur un coup de tête.

Une fois son petit-déjeuner terminé, il entreprit d'explorer les lieux. Il trouva rapidement une grande bibliothèque calme qu'il explora à la recherche d'un roman anglais qu'il n'aurait pas déjà lu. Une fois sa trouvaille en main, il dénicha un fauteuil confortable et s'immergea dans sa lecture. Ses collègues avaient bien raison, sortir du château n'était pas si désagréable.

Alors qu'il venait de finir le troisième chapitre, Argus fût dérangé par un brouhaha qui commençait à s'élever dans la pièce : de nombreuses personnes venaient d'arriver et déplaçaient une partie du mobilier. Agacé, il voulut quitter la pièce pour trouver un autre endroit pour poursuivre sa lecture, mais le gentil organisateur Alban lui barra la route et lui indiqua une chaise. Le « Bingo des vacances » allait débuter et il n'était apparemment pas possible de s'enfuir.

Argus s'installa donc, le gentil organisateur plaça des cartons et des bouts de plastique face à lui. Sur une estrade une personne se mit à faire tourner une drôle de cage et à annoncer des chiffres. Le vieil homme se demandait ce que pouvait être ce charabia. Alors qu'il observait les autres personnes présentes en ce demandant comment il pourrait s'enfuir de ce coup fourré, sa voisine lui mit un coup dans les cotes en lui montrant son carton avec insistance :

- Ils viennent d'appeler le 33, chuchota-t-elle.

- Et alors ? interrogea Argus.

- Vous l'avez, insista-t-elle en plaçant un morceau de plastique sur le carton.

Un nouveau chiffre fût appelé et elle se concentra immédiatement sur la carte face à elle. Attention qu'elle retourna ensuite immédiatement vers Argus en plus montrant la case 26 de son carton. Le vieil homme comprit qu'il n'avait d'autre choix que de poser les petits bouts de plastique avec obéissance s'il ne voulait pas s'attirer les foudres de sa voisine.

Dès la fin de l'activité et l'ouverture des portes, Argus se précipita hors de la pièce, son livre sous le bras à la recherche d'un endroit où il ne serait pas poursuivi par des bouts de carton et de plastique. Dans son errance, il atterrit au bord de la piscine où des transats confortables semblaient n'attendre que lui. Décidant de se prêter au jeu des vacances, il retira son t-shirt pour profiter du soleil et reprit sa lecture.

Au milieu de son chapitre, il fût interrompu par le gentil organisateur Ronan qui l'informa qu'il était attendu dans la piscine pour le match de waterpolo. Cette fois-ci Argus voulut argumenter, mais apparemment son bracelet violet indiquait qu'il était volontaire pour toutes les activités. Le concierge se trouva donc au milieu d'une piscine avec neuf autres vacanciers qui semblaient très heureux de se retrouver là et insistaient pour lui faire des passes. Malgré la participation limitée d'Argus, son équipe gagna et voulut aller fêter la victoire au bar de l'hôtel. Le concierge réussit à leur fausser compagnie en chemin et rejoignit le buffet pour un repas bien mérité.

A table, Diane raconta à ses voisins les aventures de Stephen son petit-fils qui était apparemment incapable d'avoir son permis de conduire et dont les frasques devaient être particulièrement drôle vu l'état d'hilarité de l'auditoire.

L'après-midi, Argus décida se rejoindre sa chambre pour se reposer et continuer sa lecture. Ce plan fonctionna pendant quelques heures jusqu'à ce que quelqu'un frapep à sa porte et entre sans attendre de réponse :

- Trouvé ! Vous n'étiez pas très bien caché Monsieur, dit la femme qui venait de pénétrer dans la pièce.

- Sortez d'ici ! Vous n'avez rien à faire là malotru, s'emporta Argus.

- Si vous ne voulez pas être dérangé, vous n'avez qu'à pas vous installer dans l'aile du cache-cache ! s'énerva la femme en claquant la porte.

Quelques minutes plus tard, une autre personne fit irruption dans la pièce et Argus décida de quitter sa propre chambre pour trouver un nouveau coin tranquille et pouvoir enfin terminer son ouvrage. Fort heureusement, la bibliothèque était calme et le resta toute la fin d'après-midi.

A l'heure du repas, il rejoint le réfectoire pour un repas servit à table. Il dût donc supporter les histoires de Diane qui ne s'arrêtait jamais de parler. Apparemment son chien, BradPitt, avait essayé de s'enfuir de chez le toiletteur récemment et cela avait été toute une aventure de le garder calme. Bouillonnant intérieurement, Argus était à deux doigts de la faire taire en lui expliquant qu'il avait dû gérer des dragons et un chien à trois têtes, mais il se retint et resta éloigné de la conversation.

Le repas terminé, tous les convives furent conduits dans la pièce adjacente à la salle de restauration. Evidemment Argus ne réussit à pas s'extraire de la foule et il dût endurer les présentations de l'équipe de gentils organisateurs puis un spectacle organisé par les enfants du centre aéré. Après ce spectacle interminable, Argus put rejoindre sa chambre et profiter du calme tant recherché. Plus que quatorze jours…

Le lendemain, le même enfer se répéta :

Petit-déjeuner : le mari de Diane, paix à son âme, avait la manie de froisser le journal en le lisant.

Matinée : plage qui se transforma en cours de voile, et donc avec une baignade non désirée

Midi : Stephen, le petit-fils de Diane, faisait de grandes études financées par ses parents mais ne comprenait pas les règles de politesse.

Après-midi : sieste à l'ombre d'un arbre qui se transforma en match de foot.

Dîner : Diane avait une anecdote sur sa voisine Charlotte qui passait des journées bien occupée en l'absence Charles son mari.

Soirée : visionnage obligatoire d'un obscur film français.

Le jour suivant fut du même acabit :

Petit-déjeuner : Diane a fait un mauvais rêve la nuit précédente, un collier de nouille l'aurait étranglé.

Matinée : concours de pétanque à la plage

Midi : Diane s'est fait une coupure en lisant un livre, le médecin du centre serait très séduisant.

Après-midi : accrobranche dans la forêt

Dîner : Louisa, sa nièce, a été piqué par une abeille quand elle avait trois ans.

Soirée : spectacle de cirque par les gentils organisateurs.

Les jours se succédèrent et se ressemblèrent. Argus avait essayé tous les lieux du centre de vacances et partout une activité se déclarait. Impossible d'éviter ces gentils organisateurs qui semblaient avoir des yeux partout et toujours savoir où il était. Il en venait même à regretter le monde sorcier et son sport unique. Qui aurait cru que les moldus étaient aussi imaginatifs pour inventer autant de sports tous aussi inutiles les uns que les autres. Quant à Diane, Argus allait finir par lui hurler dessus tout le bien qu'il pensait de ces histoires inintéressantes.

Au bout d'une semaine, il eut une nouvelle idée et décida de s'installer près de la réception, espérant que les gentils organisateurs n'auraient pas l'idée de venir le chercher là. Il trouva même un fauteuil à proximité d'un immense pot de fleurs qui le cachait partiellement du passage. Enfin au calme et tranquille, il put profiter de sa lecture sereinement.

La journée se passa tel qu'Argus l'avait espéré et il réussit même à faire abstraction de Diane et de son filleul qui ne savait toujours pas parler à trois ans.

Le lendemain, Argus retourna sur le banc où il avait trouvé refuge la veille et il reprit sa lecture jusqu'au moment où il fut dérangé par du chahut. L'homme leva la tête pour voir ce qui se passait et s'assurer qu'aucun gentil organisateur n'était en vue.

Un groupe de jeunes gens boueux venait de faire leur entrée dans l'atrium et chahutaient en répandant de la boue et du sable sur les tapis. Au comble de l'agacement d'avoir été dérangé dans son havre de paix, il se leva et invectiva les mécréants.

- Vous n'avez pas honte ?! Mettre de la boue dans un si bel établissement ! Vous n'êtes pas mieux que des chiens incapables de vous essuyer les pieds !

Argus était rouge de colère, et il continua sa diatribes jusqu'à ce que les voyous disparaissent de l'atrium. Une main se posa sur son épaule et Argus était déjà prêt à hurler sur le gentil organisateur qui viendrait le déranger. Mais lorsqu'il se retourna, il se retrouva nez à nez avec un homme qu'il n'avait jamais croisé jusque-là. Un homme du même âge que lui et qui dissimulait un regard fatigué derrière de lourdes lunettes écaillées.

- Je n'ai encore jamais rencontré un hôte qui tienne autant à la propreté de ces lieux, lui dit-il.

- Il est évident que cet endroit demande beaucoup de travail pour rester dans cet état. Il semble que ce soit le minimum que de s'essuyer les pieds en entrant.

- Malheureusement de nos jours, les jeunes ne respectent pas autant le travail d'autrui, lui confirma l'homme.

- A qui le dites-vous, ces jeunes sont un affront à la propreté et au respect, confirma Argus.

- Je m'appelle Digby, enchanté, lui apprit l'homme en tendant la main.

- Rusard, répondit Argus simplement en lui serrant la main.

- Je suis le concierge de cet établissement, ma loge est au fond de l'atrium, expliqua-t-il en désignant une porte dissimulée. N'hésitez pas à passer me voir dans la journée, si vous voyez la lumière allumée.

Argus lui promit d'aller boire le thé et retourna à sa lecture, pendant que l'homme allait nettoyer les saletés laissées plus tôt.

Le soir venu, après un repas où il subit une énième anecdote sur la fille médecin de Diane, il alla frapper à la porte de Digby. Ce dernier l'accueillit une bière à la main et lui fit signe d'entrer. A l'intérieur de la petite loge était présents deux autres hommes du même âge que Digby et Rusard. Ces derniers portaient également l'uniforme du centre et regardèrent étrangement son bracelet.

Rusard, je te présente Caldas le jardinier et Turner le blanchisseur, on se retrouve pour une soirée poker quand le spectacle des GO commence et qu'on est enfin tranquille. Tu es le bienvenu si tu veux, proposa Digby.

- Attends, c'est qui Rusard, tu sors d'où ? interrogea Caldas.

- Je suis en vacances ici un peu contre ma volonté, mes collègues m'ont offert ce cadeau, répondit Argus dans une grimace.

_ Tes collègues ?, questionna gentiment Turner.

- Je suis concierge dans un pensionnat en Ecosse et les professeurs ont décidé de m'offrir des vacances dans cet enfer de gentils organisateurs.

- Dis-nous en plus.

Argus passa la soirée à discuter avec Digdy, Caldas et Turner de leurs mésaventures professionnelles, tout en jouant aux cartes. Ce fût la meilleure soirée d'Argus depuis longtemps.

A partir de ce jour-là, Argus trouvait toujours moyen d'échanger quelques mots avec ses nouveaux amis dans la journée pendant leur travail et les rejoignait le soir pour une partie de poker ou un verre de bière.

A la fin de son séjour, il fût triste de quitter ses nouveaux amis et leur promit de revenir au centre de vacances.

Après un taxi, un train, un avion, un nouveau train, un nouveau taxi et enfin un trajet en calèche, Argus revenu chez lui, au château de Poudlard se mit à regretter les nouveaux amis qu'il s'était fait et la simplicité des échanges qu'il avait pu avoir loin de la folie quotidienne du château et de sa magie barbare.

Finalement, ses collègues n'avaient pas eu une si mauvaise idée. Peut-être les remercierait-il à la rentrée, si son attention n'était pas trop accaparée par la horde de nouveaux élèves.


J'espère que ce petit OS vous a plu et que vous serez nombreux à me dire ce que vous en pensez en commentaire. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et à me remettre à l'écriture pour l'occasion.

Quelle activité auriez vous voulu voir Rusard faire ? (dans mes notes d'origine, il aurait dû participer à un concours de T-Shirt mouillé). J'attends vous idée avec impatience.

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