Playlist

« Paper houses » Niall Horan

« Love today » Mika

« You make me smile » Madame Monsieur

« Future » Paramore

« Light up the sky » The Afters

« Green light » Lorde

Chapitre n°17

Point de vue de Matthéo

« Frappe un peu plus fort ».

Je frappe dans ce sac depuis une demi heure. Après le lycée, ce fut la goutte de trop, je suis allé me plaindre au directeur du lycée qui va appliquer des sanctions. Je lui ai exposé à nouveau les faits. Cela dure depuis deux ans. Si les rumeurs ne cessaient pas, je quittais l'établissement sans aucun scrupule. Il n'a pas fallut plus de temps pour négocier. Il va amener son enquête et apprendre aux élèves qu'harceler est punit pénalement. J'espère que les choses changeront rapidement.

Je ne veux pas qu'Aurore soit affectée.

J'écoute à moitié les conseils de celui qui m'entraine ce soir. Il s'agit d'un camarade de l'armée que je vois à la boxe une fois par semaine. D'habitude, Jasper ou Emmet m'entraine. Nous avons prit l'habitude de nous rendre dans une petite salle de sport à taille humaine et familiale. On apprécie l'esprit qui y règne. Donc je me suis laissé entraîner facilement. De plus, elle est située près de la forêt de la salle, il est possible de voir la nature s'étendre à perte de vue.

Je regarde celui qui me fait fasse. Il me fait signe d'arrêter de frapper dans le sac de sable qui se tient devant moi. Il me connaît bien dans ces cas là. Encore une fois, j'ai hérité de l'empathie de mon frère et aussi tout se voit sur mon visage. J'ai dû mal à cacher mes émotions. Peter me regarde avec un air intrigué. Une chance qu'il fasse partie d'un autre clan de vampires dans la région parce que je n'aurai pas imaginer me lier d'amitié avec un humain sans lui sauter dessus pour le vider de son sang. Je suis civilisé, là n'est pas le sujet. Peter a le don de lire dans les pensées, comme mon frère Edward et il connait ma situation familiale. Ce qui est drôle parce que Peter faisait partie de l'armée à l'époque où Jasper et moi l'étions. C'était devenu l'un de nos compagnons de route. Le revoir au lycée et à la salle de boxe était une agréable surprise. Il a voyagé quelques temps avant de venir dans la région. Jasper a été aussi surpris que moi, dans le bon sens du terme parce que il a été d'un grand soutien pour mon frère.

« Je vois bien que quelque chose te perturbe » dit-il en enlevant ses gants. « Je te connais ».

« Ce qui me perturbe ce sont encore les rumeurs qui circulent à mon sujet depuis deux ans, ça a un impact sur ma famille et aussi et j'ai... ».

« Des sentiments ? ».

« Oui » finis-je par dire. « Les rumeurs continuent ».

« Je sais et je suis désolé ».

Il se lève, me donne une tape dans le dos amicale. Peter me connait bien. Il a compris ce qu'il se passait pour moi au lycée. Il s'est inscrit à la fac de lettres. On essaye de se voir régulièrement à la salle de boxe pour discuter et s'entrainer ensemble. De temps en temps, Jasper lâche ses livres d'histoire-géographie et vient nous rejoindre. Peter et Jasper ont vécu quelques temps ensemble et les traces sont encore fragiles. Peter suit des cours de lettres anciennes et se passionne pour l'histoire des Etats-Unis. Jasper ira sans doute en fac d'histoire l'année prochaine pendant que je me consacrerais davantage aux études de médecine.

Peter attrape une bouteille d'eau dont il avale la moitié et remet ses gants de boxe. Je suis le mouvement et monte à nouveau sur le ring. Être dans cette salle de sport me fait du bien. Au moins, pas de vis-à-vis, pas de jugement, je peux être moi-même. Peter me donne de bons conseils. Au lycée, il observe tout. Il est assez sociable avec les gens en général et il est au courant des choses.

« Tu sais, si les rumeurs continuent j'ai une petite idée pour les faire taire ».

« Comment ? » demandais-je naïvement.

Je frappe encore ce sac de sable. Je me demande pour quelle raison. Il n'a rien fait à personne. Au début, j'étais sceptique sur ce sport mais lorsque j'ai compris à quel point cela m'a aidé à me calmer et à me vider l'esprit, j'ai commencé à m'y intéresser de plus en plus. Je prends plaisir à frapper dans ce sac avec Peter au moins une fois par semaine. Les cours me prennent de plus en plus de temps, surtout celui à l'hôpital où Carlisle s'occupe de moi.

« En invitant ta copine au bal organisé pour Noël. Vous vous affichez main dans la main, vous dansez un peu, tu l'embrasses et les rumeurs n'existent plus ».

Déjà le mot « copine » m'interpelle parce que je n'ai pas défini ma relation avec Aurore. Nous nous sommes embrassés. Il ne s'est rien passé d'autre et encore ce n'était pas un vrai baiser selon moi. Il a été fait dans des circonstances tristes. Je me suis pointé à sa porte comme un malheureux. J'ai frappé à sa porte, les larmes aux yeux. Elle m'a ouvert, m'a pris dans ses bras avec une telle délicatesse. Pas de jugement, pas de réflexions, pas de dégout dans son attitude. Cela m'a surpris. Mais j'ai eu besoin de la voir, de la toucher, de sentir sa douce odeur de menthe, de lui parler. Elle a été patiente. Il m'a fallu quelques minutes pour que je puisse prononcer un mot ou une phrase, même insensé.

« Aussi simple que ça ? ».

« Je pense que ça fera taire certaines des mauvaises langues ».

« Si tu le dis » dis-je sans réelle grande conviction.

Après tout, Peter a raison. Si je n'essaies pas, je ne le saurais jamais. Autant jouer le jeu. Mais à ma manière, il est hors de question d'émettre une quelconque pression sur Aurore. J'avais oublié cette fête de prévu avec ces derniers évènements mais Peter a eu raison de me dire de l'inviter. Je ne risque rien de plus de toute façon et ça me donnera l'occasion de sortir de chez moi. À part, le lycée, l'hôpital, la boxe et la chasse je n'ai pas grand chose.

« En tout cas, tu progresses à la boxe » me dit-il en me sortant de mes pensées.

« Merci » dis-je en riant. « Tu resteras toujours le meilleur dans le domaine ».

« À l'époque ».

« Tu ferais un parfait boxeur professionnel ».

« C'est gentil » dit-il en riant.

Il faut quand même souligner la performance que faisait Peter à l'époque. Dans l'armée, le sport a fait partie de notre quotidien, autant pour nous maintenir en forme que pour nous vider la tête entre deux combats. L'ambiance n'était pas si horrible qu'on peut le penser. Nous étions solidaires, nous apprenions de vraies valeurs. Et quand Maria a fait de mon frère une créature immortelle, Lucy en a fait de même pour moi. Un vampire s'est chargé de Peter, on ignore son nom. Peter s'est réveillé dans le désert dans un état qu'il n'explique pas lui même. Ses débuts en tant que vampire ont été catastrophiques mais je pense qu'il préfère oublier ces souvenirs là.

Il s'est avéré être un compagnon de route idéal. Il a un peu le même esprit que mon frère. Nos routes se sont séparées jusqu'à ce que l'on se retourne ici, dans la même petite ville la plus pluvieuse des Etats-Unis. Un comble. Nous avions quitté les terres du Sud près du Mexique pour nous retrouver dans une ville pluvieuse mais au moins, nous pouvons vivre comme tout le monde. Pas besoin de se cacher toute notre vie. Vivre comme tout le monde est agréable. Son rêve après l'armée était de continuer dans le domaine du sport, précisément de la boxe. Pas de manière professionnelle puisqu'il a décider de s'inscrire à la fac. Il suit des cours de lettres anciennes, modernes aussi. Il veut apprendre le plus possible et continuer la boxe lors de son temps libre. Vivre une vie normale, comme beaucoup d'étudiants est ce qui lui semble lui convenir.

« Tu y as pensé ? ».

« À devenir boxeur ? ».

« Oui ».

« Un vampire boxeur ? » rit-il. « Mes adversaires ne survivront pas ».

« Ce serait une première » riais-je.

« Je préfère te voir rire que triste ».

Moi aussi. Être triste n'est pas dans mes habitudes.

« Tu veux continuer à taper dans le sac ? » demandais-je.

« Je dois partir dans un quart d'heure, autant mettre celui-ci à profit ».

Je maintien le sac aussi fort que possible entre mes mains en attendant que Peter frappe contre celui-ci. Il a une technique qui ne laisse pas les autres membres de la salle indifférent. Mais comme il ne souhaite pas devenir professionnel, il détourne le regard à chaque fois. Ses ambitions sont différentes puisqu'il veut continuer ses études de lettres anciennes. Il a raison de vouloir une vie classique, loin des paillettes qu'il aurait réussi à obtenir en étant encore humain. Il aurait fait une belle carrière et je ne suis pas le seul à le penser.

Il frappe autant avec ses poings qu'avec ses jambes. Parfois, je menace de laisser le sac voler dans l'air. Heureusement que le sac est tenu grâce à un fil solide sinon il aurait déjà voler dans la pièce dès la première utilisation. Je continue de maintenir le sac entre mes mains. Peter est concentré et peu de choses peuvent le perturber. Je ne veux pas briser sa bulle de concentration. En tout cas, j'aime l'esprit qui règne dans la salle et au moins Peter me conseille. Il a toujours été bienveillant avec moi. Une chance. Il continue de frapper le sac puis diminue la rapidité de ses mouvements. Il se met à travailler un peu ses jambes en donnant des coups rapides et secs.

Peter s'arrête essoufflé et me regarde en souriant. Il est satisfait de la séance du jour. Je pense que l'on se retrouvera ici plus vite que prévu et ce n'est pas plus mal. Au moins, je prends du temps pour moi, hors de l'hôpital où je travaille et le lycée. La salle est un endroit neutre où rien ne règne d'autre que le sport. Il enlève ses gants de boxe et les posent à côté du ring. Je fais de même. J'attrape la bouteille d'eau et termine de boire la moitié.

« Bonne séance » dis-je pour combler le silence installé plus tôt.

« Bonne séance » sourit-il.

Nous nous dirigeons vers les vestiaires prendre une douche avant de rentrer à la maison chacun de notre côté. Sous la douche, plus un son ne parvient de l'extérieur comme des vestiaires. Je suis étonné que nous soyons que deux. Mais de toute façon, la salle ferme dans une heure. L'eau chaude coule le long de mon corps est c'est sans doute la chose la plus agréable de ma journée.

Difficile de ne pas dire le contraire. Ma journée s'est avérée un peu plus calme que prévu. Tant mieux.

En sortant de la douche, je me sèche et me rhabille. De toute façon, j'enfilerais des vêtements plus confortables en rentrant à la maison.

Je sors du vestiaire et Peter ouvre la porte cinq secondes après moi.

« On se voit la semaine prochaine ? » demandais-je.

« J'ai des partiels à ce moment là mais je passerai en début de soirée je pense ».

« Rentre bien alors ».

« Merci Matt et bon courage pour le lycée, j'espère vraiment que ça ira mieux ».

« Merci Peter ».

Je regagne ma voiture après avoir déposé mon sac de sport dans le coffre. Je démarre et me mets en route vers la maison. Il doit être aux alentours des vingt heures. Je rentre un peu tard mais Esmée ne s'y oppose pas tant que je l'a préviens si je reste travailler à l'hôpital par exemple ou quand elle sait que je vais à la boxe. Ce sport a changé ma vie sur quelques points. Premier point, je suis moins dans mon coin, second point je sais me défendre de manière plus sportive que militaire. Ce point n'est pas claire. Disons qu'être dans l'armée nous oblige à avoir un rythme de vie réglé à la minute et le sport en fait partie. La boxe me vide l'esprit lorsque je me sens mal dans ma peau, même après des années pour ne pas dire des siècles que je suis dans une peau de vampire. Rien n'est facile. Surtout lorsque l'on entre dans un lycée, des rumeurs me collent à la peau depuis deux ans. C'est de pire en pire mais depuis que j'en ai encore une fois parlé au directeur parce que ça va trop loin en ce moment, les choses vont aller dans le bon sens.

La radio est allumée et une chanson douce commence à raisonner dans l'habitacle. Dommage qu'Aurore ne soit pas là. Voilà que je me remets à penser à elle et aussi étrange que cela puisse paraitre, un sourire se dessine sur mes lèvres. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'au fond on est fait pour être ensemble. Wha, si mon frère Jasper m'entendait. Il me dirait que je suis devenue sentimental. Il peut parler. Il est pareil avec Alice.

Je gare ma voiture dans l'allée de la maison à côté de cette d'Edward. Je suppose qu'il n'y a pas de place dans le garage.

Le moteur éteint, je récupère mes affaires et ouvre la porte d'entrée. Je suis étonné de ne voir personne dans le salon mais de sentir une douce odeur de cuisine. À part Bella qui est la seule humaine de la maison, personne ne mange de la nourriture classique. Il n'y a que Bella et quand on va dans le réfectoire du lycée on ne prend quasiment aucune nourriture sur le plateau repas.

J'aperçois Bella assise à une table en train de manger. Elle me regarde comme si de rien n'était. Il n'y a personne d'autre que nous dans la pièce.

« C'est toi qui a cuisiné ? ».

« Aurore » me dit-elle entre deux bouchées. « Elle cuisine très bien ».

« Ça sent très bon effectivement ».

« Tu veux goûter ? Il en reste un peu ».

« Non merci » dis-je en riant.

Bella pique à nouveau sa fourchette dans son assiette. Elle sait que nous ne mangeons pas mais par politesse je me dois quand même d'essayer alors je prends une fourchette dans le tiroir.

« Tu te demandes où sont passés les autres ? ».

Je ne lui ai pas posé la question. Pour être honnête, je pense que Carlisle est à l'hôpital, Emmet et Jasper à un match de baseball, Edward au foot et Rosalie avec Esmée probablement au cinéma. Mais je n'en ai pas la moindre idée. Elle me répond la même chose. Je connais bien ma famille. Je prends ma fourchette et la plante dans la poêle. Chose rare car seule Bella mange dans la famille. On sait que pour les humains la nourriture est sacrée. Sous le regard de Bella, très intriguée par mon attitude improbable, je suis surpris d'apprécier la nourriture humaine. Bella a envie de rire mais ne se retient pas pour autant.

« Je ne pensais pas être drôle ».

Elle continue de rire. C'est exceptionnel. Oui, j'ai gouté de la nourriture humaine. Il faut bien essayer une fois ou deux. Mais je n'aime pas la sensation d'aliments dans la bouche. Je me demande comment font les humains. Personnellement, je trouve ça horrible je préfère l'hémoglobine. C'est plus nourrissant pour moi mais c'est additif. Une fois que l'on y a goûté on ne s'en passe plus.

« Attends » dit-elle en tentant de se calmer. « Tu n'es pas écœuré ? ».

« D'habitude oui mais il faut avouer que c'est bon » dis-je doucement.

« Une première, même Edward a toujours refusé de manger dans mon assiette ».

« Je le comprends, on n'est plus habitué à manger comme des humains et notre perception des goûts changent ».

« Tu rates quelques choses. Aurore aurait dû faire des études de cuisine, elle est douée et c'est une fille géniale ».

« Je sais » dis-je en souriant.

« Ça fait du bien de te voir sourire ».

« C'est ce que je lui dis » répond mon frère qui vient d'arriver à la maison et qui s'incruste dans la conversation.

« Merci » murmurais-je.

« Tu as une goutte de curry sur le coin des lèvres ».

« Oh » dis-je un peu gêné.

« Ça prouve que c'est bon ».

« Tu as terminé ? ».

« Oui, je vais mettre tout dans le lave vaisselle ».

« Comment était le match ? ».

« Intéressant » répond Emmet.

« Je vais vous laisser entre vous, je vais dans ma chambre ».

« Bonne nuit Bella ».

« Salut » dit une voix féminine que l'on reconnaît tous les trois.

« Ça sent très bon, c'est toi qui a cuisiné ? » demande Emmet.

« Oui, ça ne sent pas trop fort ? J'ai la main un peu lourde sur les épices ».

« Ce n'est pas grave ».

« Bella a adoré et j'ai goûté c'est très bon » dis-je.

« C'est sûrement la raison pour laquelle j'aime cuisiner » répond t-elle visiblement touchée par mes paroles.

Les doigts d'Aurore effleurent les miens et cela me fait sourire doucement. Rare sont les fois où l'on s'est touché la main en public on va dire que c'est nouveau. Mes frères le remarquent. Ils sont compréhensifs et heureux pour nous. Emmet affiche un sourire en coin qui signifie beaucoup de choses. Quand on connaît Emmet, on sait pourquoi. Mais je ne peux pas en dire plus. Je n'ajoute rien de plus et prend ma copine dans mes bras. Ce contact est réconfortant. Elle enfoui son visage dans mon cou et ne semble plus vouloir bouger de là. Je suppose que la position est confortable.

« Bonsoir les amoureux » répond Edward en la regardant.

Ce n'est pas pour autant qu'elle se retourne pour faire face à Edward qui vient de rentrer de son entraînement de foot. Il me fait un clin d'œil et monte à l'étage. Résultat, nous sommes que tous les deux dans le salon. Je me sens bien. Elle est dans mes bras alors. C'est tout ce qui compte.

J'entends le rire d'Aurore. Elle lève la tête vers moi et sourit.

Je peux me noyer dans ses iris verts. Ils sont incroyables.

Maintenant, j'ai envie de l'embrasser. Je me retiens parce que je n'ose pas. Je n'ai pas été élevé dans le but de conquérir le cœur d'une personne, de l'embrasser et de passer à autre chose. C'est ce que font les horribles garçons de mon lycée et je refuse d'en faire partie. Une fille doit non seulement être traitée avec respect mais aussi doit nous mériter, mériter notre cœur. Et je ne sais pas si Aurore mérite le mien. Je ne suis pas fier de moi. Mes cicatrices sur le corps, mon manque de spontanéité, ma timidité maladive, ma passion pour les livres d'histoire et mon implication dans mes études de médecine. Autrement dit, je n'ai pas le meilleur emploi du temps pour être avec une fille. Cela me frustre par moment. Bien sûr que j'ai envie de voir Aurore, de l'amener voir un film au cinéma, de discuter avec elle jusqu'au petit matin, de sortir dehors voir le lever de soleil dans la forêt, de chasser avec elle, de l'a regarder, de l'embrasser.

Elle quitte mes bras pour me dire qu'elle va monter dans la salle de bain. Une fois la porte fermée, je me dirige vers ma chambre. Pas besoin de prendre une autre douche, j'en ai déjà pris une tout à l'heure. Je range mon sac de sport dans le placard mais je décide quand même de changer de vêtements, pour des plus confortables. Mon t-shirt finira dans la corbeille à linge sale. Celui-ci enlevé, je constate les nombreuses cicatrices sur mon bras et je me remets à penser qu'elles ne sont pas visibles aux yeux des humains, encore heureux parce que sinon ce serait une nouvelle rumeur qui circulerait. Quoique si, il y en a deux de visibles aux yeux de tous. J'ai failli les oublier. Comme si c'était possible. J'ai dû inventer une histoire pour les « justifier ». Comme si elles étaient justifiables. Elles ne le sont pas.

Un bruit attire mon attention, en effet une silhouette se tient dans l'encadrement de ma porte. Aurore.

Je suis surpris de la voir ici. Moi qui pensais qu'elle allait écouter de la musique ou lire un livre. Mais non, elle se tient devant moi, un mince sourire aux lèvres comme si elle s'excuse d'être là.

« Oui ? ».

« Je peux entrer une minute ? ».

« Si tu veux ».

« Tu vas bien ? ».

« Oui et toi ? ».

« Je... Je ne sais pas comment l'exprimer, je ne suis pas préparée à subir les conséquences des rumeurs que tu reçois ».

« Oh, je suis désolé de l'apprendre mais j'en ai parlé au principal du lycée et les choses vont s'arranger, c'est en cours et bientôt ce sera terminé ».

« Je suis soulagée pour toi ».

« Merci » souris-je timidement.

Je vois les iris d'Aurore se fixer de temps à autre sur mon bras droit, celui qui est marqué le plus par mes cicatrices. Comme si les cacher avec les doigts de ma main gauche allait changer quelque chose et c'est pourtant ce que je fais. Tenter de les dissimuler par mes doigts ne changera absolument rien. Elles sont là. Présentes sur ma peau depuis un siècle, plus même car j'ai été dans l'armée lors de la guerre de Sécession qui a débuté en 1861 alors j'ai presque deux siècles. Le temps passe beaucoup trop vite mais là n'est pas la question.

Aurore est intriguée. Il y a de quoi. Ce n'est pas tous les jours qu'autant de cicatrices sont présentes sur la peau d'une personne. Sur la peau de Jasper c'est pire. Il en a sur les deux bras, davantage sur le gauche et point commun, nous avons deux marques dans le cou. Résultat, on a le corps abimé. Je ne m'en plains pas trop car d'autres de mes amis de l'armée sont marqués sur tout le corps. Hormis Peter, je n'ai plus de contact avec les autres et Jasper non plus. Le fait d'y penser me fait un peu peur. C'est une période de de ma vie précise et je suis passé à autre chose depuis.

Aurore s'inquiète donc de mon sort. Fait encore plus étrange pour moi. Seul ma famille s'inquiète pour moi. À l'époque, ce que je croyais des sentiments, Lucy les a balayé du revers de la main. Je suis surpris de recevoir de l'empathie, d'habitude c'est moi qui en ressens. Merci Jasper de m'avoir partager une partie de ton don. Aurore semble avoir un peu peur de ma réaction. Elle ne doit pas l'être. Je la prends dans mes bras pour l'aider un peu à atténuer son inquiétude. Elle dégage un parfum délicat de menthe. Ses doigts tracent mes cicatrices sur le bras. Personne n'a encore posé ses doigts dessus. En général, je suis réticent au moindre contact excepté lorsque Carlisle m'a demandé s'il pouvait les regarder. Elles l'intriguaient autant que celles de Jasper. Aurore est patiente. Elle ne cesse pas de tracer doucement les contours. Son regard croise le mien comme pour me demander l'autorisation de continuer. Je n'ai pas fait attention à ses yeux verts. Honnêtement , ils sont incroyables. Je n'ai jamais vu un vampire avec d'aussi beaux yeux et une âme aussi merveilleuse.

« J'ai peur ».

« De ? ».

« Que tu ne m'aimes pas ».

Je suis vraiment surpris. Il est clair que je ne suis absolument pas doué pour exprimer mes sentiments. Pas du tout et je me sens pathétique. Tout ce que je ne souhaite pas paraitre à ses yeux. Quelle triste image je renvoie. Alors pour couper cours à la discussion, je presse mes lèvres contre les siennes. Comme ça, de façon spontanée. J'en meurs d'envie depuis tout à l'heure. Elle est surprise car c'est inattendu et moi aussi un peu. Elle peut très bien me donner une gifle, me regarder ensuite avec horreur, dégout, s'enfuir dans sa chambre en fermant à double tour et ne plus me parler pendant trois jours. Cest vrai, qui souhaite développer des sentiments pour un vampire comme moi ? J'ai un passé compliqué. Alors tomber amoureux d'un vampire qui vous accepte est bien plus rare que l'on ne ne pense. Aurore si. Elle ne me repousse pas, au contraire elle se met sur la pointe des pieds pour intensifier mon geste. Elle glisse ses doigts dans mes cheveux blonds bouclés. J'ai dû mal à les accepter mais visiblement elle les adore, c'est l'un des héritages de mon frère. Aurore ne se gêne pas pour toucher mes cheveux. J'aime bien ce type de contact. Je trouve ça mignon. Mes mains sont placées sur ses hanches et non plus sur ses belles joues. Je suis très surpris mais dans le bon sens du terme. Je me pose trop de questions et se laisser guider parfois a quand même du bon.

« Est-ce que cela répond à ta question ? ».

« Pour être honnête, c'est ce que j'espérais » souris-elle.


Salut !

J'espère que le chapitre vous a plu, je rappelle que toutes les musiques sont disponibles dans une playlist Spotify: al lam (il y a un point entre les deux)

Toutes y sont répertoriées et tout est mis à jour régulièrement.

Trop de mignonneries (Ce mot n'existe sans doute pas mais il est cool) j'ai adoré l'écrire. Disons que je sors un peu de ma zone de conforte habituelle, si jamais vous avez connu les anciennes versions de cette histoire. En tout cas, je suis ravie de partager ça.

Merci aussi d'être plus en plus nombreux à lire cette histoire !

Bonne écoute et bonne lecture pour la suite de l'histoire ! ;)