Playlist
« Something just like this » The Chainsmokers
« I'm not calling you a liar » Florence + The machine
« We could be beautiful » Warbel
« I love you » Lily Wood and the Prick
« I believe » Alex Hepburn
« Issues » Julia Michaels
Chapitre n°22
Point de vue d'Aurore
Le jour s'est levé. J'ai le regard perdu dans la contemplation de l'horizon. New-York se réveille dans des tons orange pastels, sous un nouveau manteau blanc. Le froid s'intensifie et des nouvelles chutes de neige sont prévues dans la journée. J'aime regarder tomber les premiers flocons de la journée. Au moins quand il neige, il n'y a plus de bruit, les gens se comportent différemment et les enfants jouent à faire des bonhommes de neige ou à se faire des batailles de boules de neige. Tout est différent, une atmosphère enfantine plane et pour une fois, tout le monde s'y mêle. Rien ne peut perturber ces instants hormis les transports qui sont interrompus.
J'ai veillé sur Bella toute la nuit. La regarder dormir est presque apaisant, sa respiration est lente. Je comprends pourquoi Edward appréciait ce moment. Les humains ne bougent pas beaucoup pendant leur sommeil, leur respiration est saccadée et profonde par moment. Bella a un visage paisible. Elle semble rêver, imaginer des petits films agréables le temps de quelques heures. J'aimerai avoir le don de Matthéo pour pouvoir les lire parfois, même si c'est indiscret et impoli. La curiosité est un vilain défaut. Juste une seconde, si le rêve est trop étrange j'arrêterai. J'ai envie de pousser un peu plus mon envie de connaitre quelques secrets, notamment ceux des autres, c'est plus intéressants mais je pense que Bella le prendrait mal. Elle aurait raison.
Hier soir, c'était improbable. Je n'imaginais pas voir Bella en pleine nuit, dans le froid en train de me demander des informations concernant Céleste. Bella est apparu, le visage rouge par les températures glaciales de l'hiver new-yorkais, les yeux fatigués. Il valait mieux parler au chaud, une tasse de thé fumante entre ses doigts au cas contraire, elle aurait gelé sur place tel un bonhomme de neige humain. La voir dans cet état m'a fait comprendre à quel point la vulnérabilité des humains est forte. Je ne crains pas ce genre de chose, en tout cas moins parce que je ne le montre pas auprès des autres humains. Je suis obligée d'adopter des habitudes. Bella ne m'a pas demandé quoique ce soit sur le chemin du retour, en rentrant dans l'appartement si, on a pris le temps de discuter un peu avant que la fatigue ne la plonge dans le sommeil.
Je me demande ce que dormir procure. Je ne sais même plus ce que c'est. Se réveiller dans de bonnes conditions, en ayant l'air reposé, s'étirer avant de sortir de l'enveloppe confortable dans laquelle on a été pendant plusieurs heures d'affilées. Parfois, les attitudes humaines me manquent. Bella me les rappellent. Elle n'a pas de contraintes. Je suppose que l'idée de l'éternité la fascine, comme beaucoup de gens et je ne peux pas la blâmer pour le penser. Ce mot fait envie parce que l'on envisage tellement de choses: des projets à n'en plus finir, des études, une famille, des voyages. C'est évident que toutes ces choses sont envisageables mais les choses sont plus compliquées. Je me demande ce qu'elle pense de ce sujet si vaste qui fait aussi parler dans la littérature ou le cinéma. Pour moi, c'est une seconde vie, étant donné que la première a été gâchée entre les quatre murs blancs d'un hôpital.
Je me mets à penser qu'elle va se réveiller dans quelques minutes alors j'imagine qu'un petit déjeuner serait bien accueilli. Mes placards sont remplis d'ingrédients intéressants pour une recette de pancakes par exemple et je suis heureuse de cuisiner pour quelqu'un d'autre. Je ne cuisine pour personne d'habitude. Au moins à la maison, je sais que quelqu'un apprécie mes plats. Je regrette de ne pas avoir assez de place pour une cuisine plus grande. Même si je ne mange pas, j'aimerai cuisiner pleins de choses, les faire partager à des humains comme Bella et pourquoi pas sa propre famille. La mienne ne mange pas non plus. J'attrape les ingrédients et le nécessaire de cuisine en faisant le moins de bruit possible. Ma cuisine n'est pas très grande alors que c'est ma pièce favorite mais vu le prix des loyers new-yorkais, je ne peux me permettre de faire la difficile.
J'attrape le nécessaire et commence la recette. C'est ce qui me manque le plus je pense, faire des choses normales, humaines. J'essaye de le faire au maximum mais une maison pleine de vampires n'apprécient pas forcément les odeurs de cuisine et le fait de manger ne fait plus partie de notre quotidien depuis des siècles alors la présence de Bella dans la maison me rassure un peu. Sachant qu'en plus, elle est dans mon appartement, cela me fait sourire. Une fois la préparation faite, je verse un peu de pâte pour former le pancakes. L'odeur m'arrive directement aux narines mais l'idée de manger cela me révulse un peu. La nourriture humaine ne fait plus partie de ma vie, c'est pourquoi j'achète uniquement des denrées sèches et je les redonne à des associations caritatives.
J'entends un bruit au niveau du salon, je devine que Bella sort de son sommeil. Le canap grince un peu et les draps bougent. Elle est au calme. Au moins, personne ne peux la déranger donc si elle veut continuer à dormir, je n'y vois pas de problème. De toute façon, je ne dors pas. Pas besoin de se préoccuper du bruit dans l'appartement.
« Bonjour, bien dormi Bella ? ».
« Salut, oui merci et toi ? » me dit-elle naturellement avant de se rendre compte de son erreur. « Oh, je ne m'y habitues jamais, désolé ».
« Il est tôt, je pensais que tu voudrais encore dormir ».
« C'est bien ainsi » me sourit-elle.
« Tu as faim ? ».
« Comment tu sais que j'adore les pancakes ? C'est ce que je préfère le plus au monde, après Edward tout de même » dit-elle en sentant l'odeur en s'asseyant à la table de la cuisine.
« Mange tant que c'est chaud » dis-je en ne relevant pas sa remarque qui me fait rire.
« Tu veux un morceau ? » me demande t-elle en poussant un peu son assiette.
Ces questions humaines et ces gestes humains me font rire. Ceux de Bella en particulier. Elle agit comme si j'étais comme elle, une humaine, ce qui est le cas dans un sens mais dans un autre je suis différente. J'ai toujours une part d'humanité en moi mais mon apparence n'est pas identique. Elle n'a aucun jugement, quelque soit notre nature. Étant une créature dangereuse, elle ne me considère pas en tant que telle, au contraire elle me demande toujours comment je vais, ce que je souhaite manger mais elle se rattrape toujours à la dernière minute en réalisant que je suis immortelle donc je ne mange pas et je n'ai pas besoin de sommeil non plus lorsqu'elle monte se coucher. Bella est au courant que les vampires ne mangent pas de la nourriture dite classique, humaine est plus appropriée. C'est une fille que j'apprécie, outre le fait que nous soyons dans la même famille. C'est une amitié naissante.
« Non merci » riais-je.
« Rien ne va ce matin » rit-elle exaspérée. « Ta cuisine m'a manqué, j'ai bien fait de venir chez toi ».
« Vraiment ? ».
« Edward refuse de cuisiner pour moi, c'est triste alors que toi, tu as un vrai don ».
« Ça fera plaisir à Edward » riais-je. « Merci, j'apprécie tes compliments sur ma cuisine ».
Elle termine son assiette. Le temps qu'elle le fasse, je range les ustensiles et ingrédients non utilisés et lave ceux qui sont sales dans l'évier. Bella s'est réveillée avec l'odeur des pancakes directement en entrant dans la cuisine et je suis contente d'avoir provoquée une réaction positive en elle presque immédiatement. Cuisiner fait partie des choses que je préfère, en dehors de coudre des vêtements. Coudre me permet de m'exprimer autant que la cuisine, on fait passer de nombreux messages. C'est important pour moi de m'y tenir.
« Je peux te poser une question ? ».
J'acquiesce positivement, les questions de Bella sont spontanées. Je suppose que c'est l'une des raison pour laquelle ma sœur Alice et elle sont de grandes amies. En arrivant à la maison la première fois, j'ai eu peur de briser cette petite bulle. Je me suis faite discrète en espérant ne pas m'attirer d'ennuis. Ce ne fut pas le cas, loin de là. Je me souviens que Matthéo une fois est venue me chercher, m'a amené dans le salon en tenant ma main, sous le regard attendri d'Esmée et Carlisle qui se trouvaient dans la cuisine. Même Rosalie a été étonnée et elle a regardé tendrement Emmet. Les gestes d'affections sont assez rares. Disons que je ne les exprime pas beaucoup mais Matt m'a aidé à le faire. Il m'a tenu la main sans crainte. Il a su me mettre en confiance et je l'en remercie. Bella a fait le premier pas en m'adressant la parole, me demandant ce que je faisais dans la cuisine et son regard a changé lorsque Esmée lui a parlé de ma passion pour la cuisine.
« Aurore, tu ne m'as jamais dit quel âge tu as ».
« On me pose rarement la question ».
« Quel âge as-tu ? ».
« Tu veux vraiment le savoir ? ».
« Oui ».
« Je me demande pourquoi ça t'intrigue autant ».
« J'en ai entendu une brève partie de ton histoire. Mon attention n'est pas de te faire mal, j'ai envie de te connaitre un peu plus » dit-elle en baissant les yeux.
« J'ai 95 ans ».
« Comment ? » dit-elle surprise.
« N'avale pas de travers, je n'ai pas envie de t'amener à l'hôpital » riais-je.
« Tu ne fais absolument pas ton âge, je n'aurais jamais deviné ».
Effectivement, Bella ne m'a jamais demandé mon âge. Ni même quoique ce soit de personnel pour être honnête et je suppose qu'elle n'osait pas. Je ne lui jette en aucun cas la pierre. Parler de choses futiles est un sentiment assez récent et drôle, je ne suis pas du genre à parler de moi. Je déteste parler de moi. On peut penser que c'est dû à une attitude hautaine, froide alors que pas du tout, il s'agit de la pudeur. Je n'aime pas attirer l'attention, aussi minime soit-elle. Mais je reste sociable malgré tout, je ne suis pas complètement fermée comme une huitre. Bella aime me poser des questions simples. Je ne pensais pas lui parler autant de Céleste hier soir. J'ai l'impression que son avis a changé sur moi. Elle est prête à m'aider à retrouver ce bébé alors qu'elle est une inconnue à ses yeux.
En attendant d'avoir des nouvelles des archives que j'ai de nouveau contacté, je n'ai pas pu me résoudre à rester sur ce premier échec. Par chance, on peut les consulter en ligne en dehors des horaires d'ouverture de la mairie. Je n'ai pas eu de réponse à mon message alors j'ai mis une alerte pour être au courant. Mais je doute que cela porte ces fruits, si du côté administratif je n'obtiens pas les informations suffisantes, je me vois mal errer dans Central Park tous les soirs. À un moment, Céleste va bien pointer le bout de son nez, non ? J'ai encore quelques mois de stage pour savoir. Au cas contraire, mes recherches n'auront servies à rien et Céleste sera oubliée. Hors, c'est ce que je refuse de faire. Il faut que je la vois, au moins pour savoir comment elle va physiquement, même de loin.
« Tu es incroyable » murmure t-elle.
« Pourquoi tu dis ça ? » demandais-je intriguée.
« Je ne sais pas si je devrais te le dire mais tant pis, je t'admire. Tu es incroyable. Pas que d'extérieur parce qu'il est évident que ta beauté est unique, tu es belle à l'intérieur. Une belle personne qu'il faut rencontrer dans sa vie. Tu prends soin des autres avant tout le reste. Jamais je ne t'ai vu laisser tomber quelque chose. Je suis certaine que c'est la raison, l'une d'elles pour laquelle Matthéo a craqué sur toi ».
« Wha, je ne m'y attendais pas » dis-je un peu troublée. « C'est gentil, merci beaucoup ».
Il est rare que l'on me complimente autant, pas d'une seule traite et je ne sais pas trop répondre car ce que me dit Bella est vraiment gentil. Cela me touche beaucoup. Rare sont les fois où ça m'arrive. J'ai envie de la serrer dans mes bras pour la remercier mais comme elle est enveloppée dans une couverture, une tasse de thé fumante entre les doigts je me dit qu'elle ne souhaite en aucun cas quitter cette place confortable. Alors je me résous à ne pas bouger, à la laisser tranquille. Il est rare que ce type de compliment déclenche quelque chose de positif car je n'y suis pas habituée. Pas à l'hôpital en tout cas. Je ressens une sensation de douce chaleur dans mon corps et c'est agréable. J'ai l'impression de rougir.
Je ne veux pas casser l'ambiance mais j'ai besoin d'annoncer le sujet principal de la présence de Bella chez moi. Elle a pris la fuite hier soir très tard en prenant le risque de se faire tuer par un vampire dangereux ou un humain dangereux de passage à Central Park. Je ne fais pas confiance aux grandes villes. Elles font vendre du rêve à des millions d'étudiants, des millions de personnes sans prendre le risque d'être prévenus des risques que cela engendre que de vivre dans une grande ville telle que New-York.
« Je veux t'aider dans tes recherches, tu n'es plus la même depuis quelques temps et je veux me rendre utile à tes côtés ».
« Non Bella, c'est dangereux ».
« Pas plus que pour toi ».
« Je... Non, ce n'est pas la même chose, tu es mortelle. Pas moi ».
« Je veux bien l'appeler demain matin mais je veux rester avec toi ».
« Ce n'est pas possible » dis-je sur un ton ferme.
Bella ne trouve plus à répondre. Sa présence ne fera qu'accentuer la crainte de Céleste. Si elle n'ose pas venir alors la présence de Bella n'arrangera en rien la situation. Je ne veux pas prendre de risque. Personne ne prendra de risque et elle ne doit pas rester chez moi. La négociation est close. Hors de question de mettre une humaine en danger et encore moins une personne qui fait partie de ma famille. Prendre des risques pour moi est insensé. Ce n'est pas à Bella de me protéger, je m'en charge. Tout ce qui m'importe est sa sécurité et la possibilité de retrouver Céleste. Je commence à perdre espoir sur ce sujet mais les prunelles vertes de l'autre soir lui appartiennent j'en suis certaine. Elles ne peuvent appartenir à personne d'autre. Ce bébé qui a grandi une année auprès de moi. J'ai hâte de la revoir. Sans qu'elle ne prenne peur évidemment.
Le reste de la journée se passe dans le calme. Bella est toujours dans le salon pendant que je suis partie prendre une douche. En sortant de la salle de bain, j'ai aperçue Bella en train de danser sur de la musique, cette image m'a fait rire et j'ai trouvé ça mignon. Elle a des manières humaines, ce qui est logique car elle est mortelle. Ce type d'attitude ne m'est pas interdite mais depuis ma transformation en vampire, j'ai perdu tant d'habitudes simples. Elles me manquent par moment, j'ai envie de les retrouver. Au final, la présence de Bella n'est pas une mauvaise chose. J'aurai été ravie de l'accueillir chez moi en temps normal, pas besoin d'excuses ou de prétexte particulier mais prise au dépourvu l'autre soir il fallait que je prenne soin d'elle. Danser n'est pas ce qu'elle préfère, je sais qu'il y a quelques années elle a toujours refusé d'aller sur une piste de danse. Ce n'est pas mon fort non plus. Je ne dis donc rien.
Je change de vêtement dans la chambre, habillée d'un haut bleu marine et d'un pantalon de la même couleur, je passe devant le miroir où mon reflet ne m'attire pas l'attention, d'habitude oui parce que j'évite de me regarder. C'est une habitude humaine que je n'ai pas eu non plus alors. Mais Alice a tenu a me faire comprendre que mon apparence était différente et qu'il fallait désormais l'accepter. Elle a vraiment pris du temps pour le faire mais ça n'a pas été facile pour nous deux et nos moments dans notre logement à Rome et Florence me manque. Le soleil italien me manque. Il a été brûlant mais revigorant aussi. J'aimerai y retourner un jour. Peut-être avec Matthéo et Alice, je pense qu'elle apprécierait de revoir nos souvenirs ensemble et les faire partager à Matt serait une bonne idée. Il apprendrait à mieux me connaitre, ce que je souhaite avec les années.
J'entends Bella au téléphone alors je fais le moins de bruit possible en arrivant dans le salon. J'espère que la personne au bout du fils est son prof. Nous sommes en fin d'après-midi, la nuit est tombée tôt. Les lumières de New-York règnent dans la nuit noire, ça donne des scintillements multicolores pas désagréables à regarder, un peu comme des paillettes ou des confettis parfois selon l'endroit où l'on regarde mais Bella s'en fiche. Ce n'est pas le genre de détails auxquels on prête attention ici.
« Je dois y aller, on va visiter un musée avec ma classe » m'annonce Bella en décollant son oreille du téléphone.
« Il est seize heure ».
« Oui, on a rendez-vous à seize heure trente ».
« Très bien, tu rentres à quelle heure ? ».
« Je t'appelle mais le prof veut te parler ».
J'acquiesce de la tête pour lui signifier mon accord. J'ai confiance en Bella, il faut lui laisser de l'espace quand même. Le prof a souhaité me parler avant et la négociation n'a pas été difficile. Il a approuvé tout de suite mon argument que de m'occuper de Bella pendant les trois jours où elle est à New-York, du moins pendant les deux jours restants et que je promettais de l'accompagner à l'aéroport avec le reste de sa classe. Le prof m'a recommandé de l'avoir à l'oeil mais ne doutais en aucun cas de ma parole à ce sujet. Il s'est montré compréhensif. Je n'ai eu qu'à lui expliquer que j'étais en stage ici et que Bella souhaitait rester à mes côtés. Pas grand chose de plus à raconter. Je ne me souvenais pas que berner une personne puisse être aussi facile. Il a été sensible à ma voix apparemment. Il m'a souhaité un bon séjour et une bonne continuation. Un peu surprise, je n'ajoute rien et raccroche. J'arrive ensuite dans le salon pour rendre le téléphone et annoncer la nouvelle à Bella.
« Tu as beaucoup de chance » dis-je.
« Personne ne résiste à ta voix ».
« Cet argument n'est pas valable ».
« La négociation n'a pas été très difficile ».
« C'est ce que je dis, tu as beaucoup de chance ».
Bella s'éloigne de moi, récupère son sac et avant qu'elle ne parte.
« Prends un double de mes clés au cas où tu rentres tôt, ne les perd pas ».
Une fois ma sœur partie de chez-moi, je m'installe sur le canapé et pour une raison que j'ignore j'allume la télévision. Les informations continues annoncent qu'une série de meurtres prend de plus en plus d'ampleur dans la ville. J'augmente le son pour être certaine de bien comprendre. J'écarquille les yeux. Ce type de nouvelle aurait dû faire la une des journaux. J'oubliais une chose, lire les journaux ne fait pas partie de mes habitudes. Ni regarder la télévision, il faut y remédier. Alors que je viens de laisser Bella sortir de chez moi sans protection, je sens une culpabilité qui est en train de me ronger. La prévenir serait la mettre mal à l'aise et potentiellement en danger, hors de question. Elle paniquerait. Elle voudrait aussi rentrer à l'appartement me rejoindre. Ce qui me rassure un peu, c'est qu'elle sera avec ses camarades de classe et le professeur au musée aujourd'hui. Je me concentre sur les informations qui sont diffusées, il semblait s'agir d'un règlement de compte mais je suis certaine qu'un vampire se cache derrière ces meurtres. Reste à savoir qui. Je ne me doutais pas qu'un autre vampire dangereux courant dans les rues de la Grosse Pomme. C'est inquiétant car il aurait très bien pu attaquer Bella ou moi lors de mes parties de chasse à Central Park. Évidemment il n'y a pas d'indices sur les scènes de crime, trop facile.
Penser qu'il s'agit de Victoria ne m'étonne pas. Elle a fait pas mal de dégâts il y a peu avec une vague de meurtres à Seattle. Pour ne pas changer la situation, Bella en a été la cible. Je ne veux en aucun cas la mettre en danger. Si elle venait à l'être, je... Je m'en voudrais jusqu'à la fin de ma vie. Elle fait partie de ma famille, m'a accepté telle que je suis sans jugement et elle est quand même venue me voir moi à New-York. Sa confiance ne doit pas être trahie. Je ne suis pas certaine de répondre à sa sécurité sans qu'Edward ne s'en mêle. Il me fait aussi confiance. Je m'inquiète trop.
Victoria a déjà créer une armée de nouveaux-nés. S'il pourrait ne serait-ce qu'une seconde s'agir de Céleste, je m'en voudrais aussi. Personne ne touche à un seul des cheveux de Céleste. J'agis envers elle comme une mère le ferait. Ironique sachant que je ne suis pas à ses côtés. Mais c'est une autre histoire. Je reprends mon souffle en contenant comme je le peux mes sanglots. Parler d'elle ravive certaines choses. Toutes mes angoisses, inquiétudes à son sujet ont une explication. Il faut que Céleste les comprennent, si possible. Je veux qu'elle sache. N'ayant aucune trace d'elle, il va falloir attendre encore. Aller à Central Park semble une idée judicieuse, traquer sa présence jusqu'à ce qu'elle pointe le bout de son nez, lui parler si elle le souhaite.
C'est ainsi que j'attends dans ce fameux parc où j'ai mes habitudes depuis deux semaines, troisième maintenant où j'attends des heures la venue d'une jeune fille aux pupilles vertes. Tout ce que j'espère est qu'elle pointe rapidement le bout de son nez. Une sonnerie retentit dans l'air et capte mon attention en lisant le nom, ma sœur Alice.
« Salut, me croirais-tu si j'avais une très très bonne nouvelle à t'annoncer ? ».
« Tu vas te marier ? Tu es enceinte ? ».
« Je suis déjà mariée. Pense à te reconvertir en humoriste » rit-elle.
« Merci de penser à ma future carrière ».
« Tu es de bonne humeur ».
« Bella est chez moi ».
« Comment ? Elle n'est pas avec sa classe ? ».
« Aujourd'hui oui, elle a dormi chez moi hier soir. Je chassais à Central Park et aussi j'espérais voir Céleste quand Bella a débarqué. Elle a eu peur en pensant que j'allais me jeter sur elle par surprise ».
« Elle aurait pu m'appeler. Tu as eu son prof au téléphone ? ».
« Oui ce matin et il n'a pas été en colère, au contraire il est optimiste quand à la présence de Bella chez moi. Le convaincre qu'elle reste chez moi n'a pas été difficile ».
« Ta voix » me dit Alice.
« Je ne comprends pas ».
« Elle est mélodieuse, on a envie de t'écouter ».
« Mon égo va s'habituer » dis-je en riant afin de détourner la conversation.
« Étant d'humeur joyeuse, je suis ravie de t'annoncer que je sais où est Céleste ».
« Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt ? ».
« Figure toi qu'elle est bien à New-York. Tu n'as rien trouvé dans les archives simplement parce que tu n'es pas allée dans le bon côté et que la moitié des documents ont été effacés au profit du numérique, aussi pour faire de la place. Donc, Céleste existe bel et bien. Elle est morte quinze ans plus tard après que tu l'aies déposée au dispensaire. Elle a été transformée ».
« Tu... Tu veux dire qu'elle est vivante ? ».
« Un vampire est le mot approprié » m'annonce Alice.
« Oh » dis-je surprise. « Donc elle réside ici ou c'est un pur hasard ? ».
« Elle réside officiellement pas loin de la maison, chez Peter. Elle a été retrouvée affaiblie près de son clan et depuis elle est en résidence permanente. Elle est à New-York pour un petit voyage personnel. Il se trouve qu'elle a cherché à savoir pourquoi elle a été placée si jeune dans une famille. Ses recherches sur ses origines commencent à faire du bruit ».
« Elle souhaite connaitre la vérité » soufflais-je.
« Tu la lui apporteras, elle chasse près de Central Park d'après mes visions et elle serait ravie de te trouver ».
« Il me reste donc une chance ? » dis-je prise par les sanglots.
« Oui » souffle Alice.
J'ai cessé d'y croire je ne sais combien de fois. Alice coupe la conversation en m'embrassant et en me disant des paroles réconfortantes. Je n'en reviens pas. Il me reste une chance. Aussi infime soit-elle, l'espoir m'a quand même permis de ne pas abandonner mes recherches. Céleste. Si elle est dans la même ville que moi comme je pense depuis quasiment le début, je peux la retrouver facilement. Si les visions d'Alice sont exactes, pourquoi ne pas m'y fier. Je ne risque pas grand chose hormis un rejet, ce que je refuse parce que ça me ferait mal.
Je décide de rentrer chez moi mais m'arrête dans un café à proximité pour emporter un café. Les odeurs de cafés me calment un peu et je repense à la conversation avec ma sœur avant de rentrer à l'appartement.
Je m'installe sur le canapé, la tête arrière reposée sur le dos de celui-ci. La tête encore dans mes pensées, à croire que je vais m'y noyer. D'un côté ce ne serait pas plus mal parce que je me sens un peu perdue. Je fais des études qui me plaisent mais savoir que Céleste est près de moi sans avoir la possibilité de la rencontrer me rend malade. De plus, je suis seule dans cet appartement. Je ne dis pas que Bella me gêne, je suis heureuse de la voir et c'est bien qu'elle soit là car je n'imagine pas ma sœur toute seule dans la ville. Savoir qu'elle est avec sa classe me rassure.
Je suis surprise qu'Alice ne m'ait pas parlé de Victoria au téléphone. À ce sujet, je décide de lui envoyer un message pour en savoir un peu plus.
« As-tu regardé les informations ? On parle d'une série de meurtres à New-York. Ces événements me rappellent ceux de Victoria à Seattle. Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé au téléphone ? ».
« Oui mais je ne voulais pas t'inquiéter davantage ».
« Bella est chez moi, Céleste est dans les environs j'ai de quoi être inquiète. J'ai lutté pour ne pas rattraper Bella dans la rue, la savoir avec sa classe m'en a empêché. Je refuse aussi de croire que Céleste y soit de la partie ».
« Moi non plus si ça peut te rassurer un peu, c'est déstabilisant. Heureusement que tu es là pour la protéger si jamais il se passe quelque chose ».
« Laisse moi en douter, je ne peux être partout Alice. Tiens moi au courant la prochaine fois ».
« Passe le bonjour à notre rouquine préférée si tu l'aperçois ».
« Crois-tu que c'est le moment de faire de l'humour ? ».
« Oh tu esquisses au moins un sourire devant l'écran de ton téléphone en lisant ce message ».
« Tu me connais trop bien mais je m'inquiète vraiment ».
« Mes visions m'auraient averties s'il se passait quelque chose avec Victoria et tu aurais été mise au courant à la seconde ».
« Merci ».
« Retournes-tu à Central Park ce soir ? ».
« Oui, j'espère voir Céleste. Je te tiens au courant grande sœur xx ».
