Trois chapitres aujourd'hui, parce que recevoir des reviews m'a motivé ! :D
Chapitre seize : Animagus non déclaré
Dès qu'Envy se sépara de son ami Serdaigle, il se métamorphosa en chat pour continuer sa route dans les couloirs sombres sans risquer de se faire prendre par Rusard. La paranoïa du concierge sévissait plus durement encore depuis l'arrivée d'élèves extérieurs à Poudlard dans l'enceinte du château. Pour l'éviter, il descendit l'escalier principal en restant complètement silencieux, le bruit de ses pas amorti par ses coussinets. Puis il longea une tapisserie située à mi-chemin afin d'emprunter un autre escalier plus étroit permettant de descendre deux étages d'un coup.
Il sentit un parfum familier dans le raccourci peu utilisé. S'il avait eu des sourcils, il les aurait froncés alors que sa truffe sensible se levait au ciel pour essayer de reconnaître l'odeur. Il dévala les dernières marches pour arriver dans un couloir principal où d'autres escaliers continuaient la descente vers les cachots.
Un bruit sourd et métallique lui fit hérisser le poil. Un objet lourd dévalait les marches dans un vacarme assourdissant.
Puis un chant qu'il connaissait bien se fit entendre. La chanson des sirènes.
Il longea le mur pour y rester dans son ombre et vit avec horreur un œuf d'or grand ouvert. Puis son regard tomba sur la marche piégée que chaque Serpentard avait pris l'habitude d'éviter. Que fabriquait Harry à cet endroit du château ? Il aurait dû directement retourner dans ses dortoirs dans la direction opposée à celle-ci !
– Peeves !
Pas de chance. C'était le cri de guerre de Rusard que la plainte suraiguë des sirènes avait dû attirer dans cette direction. Les pas précipités se firent entendre ainsi que la voix sifflante du concierge qui déboula bientôt dans le couloir.
– Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? Tu veux vraiment réveiller tout le château ? Cette fois, je vais te coincer, Peeves, je vais te coincer... Qu'est-ce que c'est que ça ?
Les pas de Rusard s'arrêtèrent net. Le chant des sirènes s'interrompit et le concierge se mit à murmurer d'un air triomphant.
– Peeves ! gronda-t-il en bondissant soudain au bas des escaliers, face à Harry. Tu as volé quelque chose !
Le concierge n'était pas seul. Miss Teigne l'accompagnait et immédiatement ses deux yeux semblables à des phares se vissèrent sur Envy. Les deux félins ne bougeaient plus, alors que Rusard montait lentement les marches. S'il bougeait, Miss Teigne partirait à sa poursuite et Rusard se cognerait contre Harry. Mais s'il restait immobile, le cracmol arriverait quoiqu'il arrive et buterait contre Harry. Comment l'aider ?
– Rusard ? Qu'est-ce qui se passe ?
La situation aurait-elle pu être pire ? se demanda Envy à l'entente de la voix de Rogue. Bien campé sur ses quatre pattes et la queue immobile entre ses pattes antérieures, Envy suivit le débat entre Rusard et Rogue concernant l'implication de Peeves dans l'incident et l'intrusion dans le bureau du professeur. Pour une fois, ce n'était pas lui le coupable, d'ailleurs.
– Rusard, je me fiche éperdument de ce misérable esprit frappeur, il s'agit de mon bureau qui a...
Clac. Clac. Clac.
Tout le château s'était donné rendez-vous dans ce couloir, la même nuit, la seule où Harry se coinçait une jambe dans une marche piégée. Vraiment, ce gosse n'avait pas de chance parfois.
La silhouette massive et claudicante de Maugrey apparut aux côtés de Rogue et Rusard. Il s'arrêta au pied de l'escalier, appuyé sur son habituel bâton. Son œil bleu vint se poser sur Harry. Ah oui, capable de voir à travers les capes d'invisibilité... Il ne manquait plus que ça. Maugrey parut surpris par l'étrangeté de la situation. Rusard serrant l'œuf d'or contre lui, Rogue en chemise de nuit et Harry coincé dans sa marche.
Heureusement Maugrey se reprit bien vite et referma la bouche.
– Est-ce que j'ai bien entendu, Rogue ? Quelqu'un s'est introduit dans votre bureau ?
– Aucune importance, répliqua froidement Rogue.
– Au contraire, grogna Maugrey. C'est très important. Qui donc chercherait à s'introduire dans votre bureau ? Peut-être celui qui s'est introduit sur le vaisseau de Durmstrang.
Ça, ça sentait mauvais pour Envy, qui baissa les oreilles. L'œil bleu de Maugrey capta le mouvement et il se rendit enfin compte de sa présence à lui aussi. Mais il ne pouvait pas savoir qui il était, par chance.
– Non, c'est un élève, j'en suis convaincu, répondit Rogue dont une veine palpitait de colère sur la tempe. Cela s'est déjà produit dans le passé. Des ingrédients entrant dans la composition de certaines potions ont disparu de mon armoire privée... Des élèves qui essayaient de préparer des mélanges interdits, sans aucun doute.
– Et cette fois aussi, vous croyez qu'il s'agissait de voler des ingrédients ? interrogea Maugrey. Vous ne cachez rien d'autre dans votre bureau ?
La question intéressa tout particulièrement Envy.
– Vous savez très bien que je n'ai rien à cacher, puisque vous avez vous-même fouillé minutieusement mon bureau.
– Le privilège des Aurors, se réjouit Maugrey avec un sourire tordu. Dumbledore m'a demandé d'ouvrir l'œil... Et même s'il vous fait confiance, moi je dis qu'il y a des taches qui ne s'effacent jamais. Vous voyez ce que je veux dire ?
Envy ne voyait pas. Rogue saisit son bras gauche d'un geste convulsif. Rouge de fureur, il n'en attendit pas plus longtemps pour tourner les talons et disparaître dans le couloir par lequel il était arrivé. Étrange... De quelle marque parlait-il ?
– Et maintenant, Rusard, si vous voulez bien me donner cet œuf...
– Ah non ! protesta Rusard en serrant l'objet contre lui comme un trésor. Professeur Maugrey, c'est la preuve de la malfaisance de Peeves !
– Cet œuf est la propriété du champion à qui il l'a volé, objecta Maugrey. Alors, donnez-le-moi.
Rusard produisit un petit bruit avec ses lèvres pour appeler Miss Teigne qui lança un miaulement sonore alors qu'elle persistait à fixer Envy. Pendant quelques instants, elle resta immobile avant de suivre son maître en bas des escaliers. Ils passèrent à côté de la carte du Maraudeur sans la voir. Le cœur battant à vive allure dans sa petite poitrine, Envy entendit les pas de Rogue s'éloigner puis disparaître avant que Rusard tende l'œuf à Maugrey et s'en aille à son tour en marmonnant dans sa barbe.
Une porte claqua, puis le silence revint sur le couloir. Maugrey monta les quelques marches à l'aide de son bâton puis se pencha pour prendre la carte qu'il parcourut avec fascination. Il releva vivement la tête.
– Tu l'as échappé belle, Potter, murmura-t-il.
– Oui... je... euh... merci, dit Harry d'une voix faible.
– Toi aussi, Alighieri.
Harry émit un son de surprise et il y eut un choc alors qu'il se cognait violemment en se retournant. Envy jura intérieurement. Grillé. Edward n'allait pas être content. Il avait entendu un cours sur les Animagus l'an dernier, ce n'était pas quelque chose que l'on trouvait facilement, en plus il n'était pas consigné dans les registres du ministère. C'était un gros problème.
Bloqué, il n'avait pas le choix, alors il reprit forme humaine sous le regard qu'il imaginait éberlué de Harry.
– J'ai entendu l'œuf alors je suis venu voir ce qu'il se passait, expliqua-t-il en époussetant sa robe comme si de rien n'était. Vous avez vu mon nom sur la carte, j'imagine ?
– Très utile, je dois l'avouer, marmonna Maugrey en l'examinant sous tous les angles grâce à son œil magique.
Il n'ajouta rien d'autre sur son statut d'Animagus, comme si la carte captivait tout son intérêt. Envy en profita pour s'approcher de la marche piégée, tendit les mains pour rencontrer une résistance puis tâta à travers la cape pour prendre Harry par les épaules. Il le tira hors du trou sans effort et remit son ami invisible sur ses pieds.
– Merci Envy, j'ai vraiment cru que c'était la fin quand je suis tombé là-dedans.
– Par la barbe de Merlin, marmonna Maugrey qui contemplait toujours la carte. Ça... Ça, c'est une carte Potter !
– Oui, elle est... très utile, confirma Harry en lançant un regard en coin à Envy, qui portait un rictus crispé au coin des lèvres.
Il n'aimait pas savoir que quelqu'un d'autre connaissait l'existence de la carte du Maraudeur. Entre de mauvaises mains, elle pouvait devenir dangereuse autant pour Harry que pour Edward et lui.
– Potter, tu n'aurais pas vu par hasard qui s'est introduit dans le bureau de Rogue ? Sur la carte, je veux dire.
– Euh... si, j'ai vu... C'était Mr Croupton, bégaya Harry à la grande surprise d'Envy.
Croupton était en arrêt maladie depuis un moment maintenant. Il n'était même pas venu lui-même assister au bal de Noël et avait envoyé Percy à la place. Depuis, il donnait toutes ses instructions par lettres à son assistant. Jamais il ne serait venu à Poudlard pour fouiller un bureau, même si c'était celui d'un Mangemort.
Cependant, le plus étonnant n'était pas la révélation de Harry, mais la réaction étrange de Maugrey qui eut soudain l'air inquiet.
– Croupton ? Tu... tu es sûr, Potter ?
Envy le fixait désormais avec méfiance. Seul un type de personnes réagissait ainsi à l'entente de ce nom. Un suspect.
– Absolument sûr, affirma Harry.
– En tout cas il n'est plus là, remarqua Maugrey sans détacher son œil de la carte. Croupton... Voilà qui est intéressant.
Il resta silencieux près d'une minute en continuant d'examiner la carte. Envy se rendait compte que ce que Harry venait de révéler avait un sens pour Maugrey et il aurait souhaité savoir lequel. Il voulut se pencher sur le parchemin, mais Maugrey le plia soudain, cachant son contenu à sa vue.
– Pourquoi Croupton aurait-il voulu fouiller le bureau de Rogue ? demanda-t-il en plissant les yeux, soupçonneux.
L'œil magique de Maugrey se fixa sur lui, comme s'il le jaugeait.
– Barty Croupton est obsédé par les adeptes de la magie noire, il essaie de les débusquer partout. Et c'est peu dire.
– Professeur Maugrey, l'apostropha Harry avec hésitation. Pensez-vous que... que tout cela pourrait avoir un rapport avec... peut-être que Mr Croupton pense qu'il se passe quelque chose...
– Quoi, par exemple ? dit sèchement Maugrey.
– Je ne sais pas. Il s'est produit de drôles de choses, ces temps-ci, non ? On en a parlé dans La Gazette du Sorcier...
– La Marque des Ténèbres pendant la Coupe du Monde, termina Envy avec conviction. L'attaque des Mangemorts. Ou bien encore la disparition d'un membre du ministère...
Le sous-entendu planait au-dessus d'eux et Envy guettait sa réaction. Maugrey demeura complètement hermétique. Si les accusations d'Envy le firent réagir, il n'en montra rien. Il se contenta de le dévisager de ses deux yeux fixes avant de les détourner, pensif.
– Il se peut que Croupton ait pensé la même chose. Très possible... De drôles de rumeurs ont circulé, ces derniers temps — relayées par Rita Skeeter, bien entendu. Beaucoup de gens sont inquiets.
Sa bouche se tordit en un sourire sinistre et Envy fronça les sourcils en se retenant de le questionner plus avant, afin de ne pas plus griller sa couverture.
– S'il y a une chose que je déteste, marmonna-t-il plus pour lui-même, c'est un Mangemort en liberté.
Envy vit son regard dériver sur la carte jusqu'aux cachots et il comprit qu'il parlait de Rogue. Quelque chose pourtant le dérangeait grandement dans le comportement de Maugrey. Son instinct avait allumé tous les niveaux d'alerte et il sut immédiatement qu'il ressentait enfin ce que Edward se tuait à lui répéter depuis qu'il avait au premier cours de Maugrey. Le nabot avait un sacré flair pour avoir senti ça depuis si longtemps.
– Et maintenant, je vais te poser une question, Potter, reprit Maugrey d'un ton qui était davantage celui d'un professeur.
Sur ses gardes, Envy se prépara à le sortir d'affaire si jamais il lui demandait la provenance de la carte ou toute autre question gênante.
– Est-ce que je peux t'emprunter ceci ?
Envy écarquilla les yeux et ouvrit la bouche, mais avant d'avoir pu objecter, Harry accepta, à sa plus grande peur. Nom d'un chien, c'était bien sa veine ! Avec la carte maintenant dans la possession de celui qu'il suspectait, il ne pourrait pas se promener comme il le voulait dans le château sans attirer son attention. Il allait être surveillé de près, s'il ne prenait pas ses précautions. Comment pourrait-il aller voir Edward dans cette situation ? Bien que le professeur semblait plutôt indulgent et laissait les élèves vagabonder, ce n'était peut-être que parce que Harry en faisait partie.
Envy retint un juron.
Maugrey avait assisté à sa crise. Il devait se douter de son immortalité. Maintenant, il savait qu'il était un « animagus ». Il se méfiait d'eux. Et s'il était l'ennemi qu'ils recherchaient depuis le début ? Il en savait bien trop sur eux pour qu'ils le laissent courir avec quelque chose comme la carte des Maraudeurs.
– Bon, allez vous deux, au lit maintenant.
Ils se trouvaient déjà dans les cachots, donc à côté des dortoirs des Serpentards. Ce qui signifiait que Maugrey serait seul avec Harry pendant un moment jusqu'à ce qu'il monte dans sa tour. Il dut les abandonner à contrecœur, ne pouvant pas les suivre discrètement étant donné que Maugrey lisait à nouveau la carte avec grand intérêt.
Il lança un dernier regard en coin au duo avant de disparaître dans le couloir menant à ses dortoirs en reprenant forme animale. C'est alors qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas pu demander à Harry de ne rien dire au sujet de sa forme « d'Animagus non déclaré ».
Le lendemain matin, Envy n'attendit pas plus longtemps, n'ayant pas fermé l'œil de la nuit. Il partit d'un bon pas pour faire le pied de grue devant le portrait de la Grosse Dame, qui le scrutait du coin de l'œil, méfiante. Elle devait le soupçonner d'attendre ici pour voler les secrets du champion de Gryffondor. Comme si ça pouvait l'intéresser ! Harry venait à peine de passer le premier stade de l'énigme et vu sa propension à toujours tout remettre au lendemain, il l'aurait décodé en entier dans plusieurs années, sinon plus.
Le portrait s'ouvrit plusieurs fois, laissant toujours passer d'autres élèves, mais jamais celui qu'il cherchait. Et s'il avait déjà tout raconté à Hermione et Ron ? Ce n'était pas qu'il ne leur faisait pas confiance, mais moins de personnes sauraient pour son secret, mieux ça vaudrait pour lui.
Enfin, il entendit la voix enthousiaste de Harry avant qu'il apparaisse dans l'entrebâillement de la porte. Quand il remarqua la présence du Serpentard, il se figea, bloquant le passage de Ron qui se le prit de plein fouet. Envy ne s'embarrassa pas de lui expliquer quoi que ce soit et prit Harry par le bras pour l'éloigner.
– Discussion entre champions, donna-t-il pour seule explication à Hermione et Ron avant de reprendre à voix basse, loin des autres. Tu as parlé d'hier soir à quelqu'un ?
– Je... Non, je n'ai pas encore eu le temps. C'est à propos de ta forme Animagus ?
Envy hocha la tête.
– Pourrais-tu garder ça pour toi ? Le reste, je m'en fiche, dis-leur ce que tu veux, mais garde ça pour toi. Considère ça comme un Échange équivalent pour le coup de pouce que je t'ai donné pour l'œuf.
– C'est Ed qui me l'a donné.
– Ça revient au même. Il te demanderait la même chose dans ma situation.
Harry fronça les sourcils, déconcerté.
– Tu agis comme un Serpentard...
– J'en suis un aux dernières nouvelles, précisa Envy. Alors ? Marché conclu ?
Visiblement soumis à un dilemme interne, Harry mit du temps à répondre.
– D'accord, conclut-il. Je ne dirai rien.
La respiration de l'Homonculus se libéra.
– Merci, Harry.
– Au fait, Ed est au courant de ça aussi ?
– Il sait toujours tout celui-là, répondit Envy, blasé. Quelle surprise.
Karkaroff... Rogue... Croupton... Maugrey... Qui agissait de la manière la plus suspecte ? Le premier avait noté l'emplacement où devait se trouver Voldemort, le second voulait couvrir le premier, le troisième feignait la maladie pour espionner le second, puis le quatrième surveillait tout ce petit monde. Les choses se compliquaient et Edward ne trouvait aucun lien qui pouvait lier leurs mobiles entre eux.
Pourquoi Karkaroff voudrait-il que Harry participe au tournoi ? Pour le tuer, peut-être, mais pas vraisemblable, s'il s'attendait à ce que les tâches l'achèvent. En plus, un lâche tel que lui ne risquerait pas sa couverture pour tuer un simple adolescent, même s'il était le Survivant. Il semblait bien trop craindre le retour de Voldemort pour agir sous ses ordres.
Pourquoi Rogue voudrait-il que Harry participe au tournoi ? Parce qu'il le détestait ne constituait pas une raison valable. À moins que les deux Mangemorts innocentés ne soient encore de fervents partisans de Voldemort et veuillent soit le venger, soit le faire disparaître du décor avant son grand retour. Mais on en revenait au problème de la peur tenace de Karkaroff.
Pourquoi Croupton voudrait-il que Harry participe au tournoi ? Pour attirer des Mangemorts et continuer sa chasse. Ça n'avait pas de sens. Il aurait voulu réinstaurer le Tournoi des Trois Sorciers uniquement pour cette raison ? C'était insensé. Était-ce la mort de son fils à Azkaban puis de sa femme qui l'avaient rendu fou ? Il y avait de quoi, surtout en sachant que c'était de sa faute si son enfant était mort dans d'atroces souffrances, entouré de Détraqueurs. Sa folie n'aurait-il pas dû se manifester plus tôt, cependant ?
Pourquoi Maugrey voudrait-il que Harry participe au tournoi ? Il était tenté de penser que l'Auror ne verrait pas d'inconvénient à l'utiliser lui aussi comme appât pour attirer les Mangemorts. Peut-être afin de se faire réhabiliter et quitter sa retraite forcée ? Ou alors pour une grande mise en scène visant à montrer que ses théories du complot ne sortaient pas tout droit de son imagination ?
Edward ne restait pas objectif dès que ça le concernait. Maugrey n'était pas fou ni psychotique. Il n'affabulait pas ni ne cherchait la célébrité. Il était plus du genre justicier de l'ombre.
– Mr Elric !
Edward leva les yeux de son chaudron pour accorder son attention à son professeur de potion qui le fixait d'un regard noir. Une œillade à sa préparation lui confirma qu'il avait suivi les instructions à la lettre et que la potion présentait la texture et la couleur attendue. Ce n'était donc pas en rapport avec le cours. Sa fuite à Pré-au-lard vint s'illuminer au-dessus de sa tête. Pourtant, il avait déjà présenté ses excuses en début d'heure.
Mélangeant précautionneusement sa potion dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, il lut la prochaine étape en attendant que Rogue poursuive. Au lieu de cela, il persistait à le scruter en silence. Comme si une tentative si minable allait le perturber. La seule chose qui le perturbait en dehors de ses quatre suspects, c'était bien l'avenir de la carte du Maraudeur. Désormais entre les mains de Maugrey Fol Oeil. Tout ça parce que cet idiot de palmier ne savait pas improviser quand il le fallait. Trop habitué à être guidé et commandé. Aucune initiative personnelle intelligente. Quelle galère.
Comment comptait-il utiliser un tel outil ouvrant tellement de possibilités ? Maugrey était le maître du château avec elle. Il pouvait surveiller qui il voulait, sortir et entrer dans l'enceinte de Poudlard sans que personne n'en sache rien et il pouvait démasquer Envy, qu'importe la forme qu'il prenait. S'il lui venait l'idée de dénoncer l'Homonculus pour sa forme non déclarée... Ils seraient dans de beaux draps. N'importe quel sorcier du ministère comprendrait que ce n'était pas une forme Animagus, mais autre chose qui les terrifierait. Par chance, quand Maugrey l'avait surpris, il n'en avait pas fait cas. Peut-être trop absorbé par la carte, ou par Harry, ou par toute autre chose, il n'avait pas remarqué la différence entre sa transformation et celle d'un changeur de forme commun.
Au moins, maintenant Envy partageait de son avis. Maugrey était louche. Même le cuisant « Je te l'avais bien dit » qu'Edward sortit ne le soulagea qu'à peine de sa frustration. Ils avaient perdu un temps précieux, mais il comptait bien le rattraper en s'attelant à garder cette fois les deux yeux sur Maugrey. Par sa correspondance avec Xenophilius, il apprit tout ce qu'il y avait à savoir sur son professeur de défense contre les forces du Mal, en plus de réussir à le convaincre de ne pas se rendre en Albanie. C'était un grand soulagement. Il n'aurait pas supporté le poids d'avoir créé une seconde Elysia, orpheline de son père pour sauver le pays.
– Le temps est écoulé, annonça Rogue depuis l'avant de la classe. Versez une louche de votre préparation dans une fiole que vous poserez sur le bord de votre paillasse...
Les élèves firent comme demandé, évitant d'en renverser à côté. Edward vit qu'ils étaient nombreux à avoir réussi chez les Serdaigles. Les Poufsouffles avaient eu davantage de mal, mais avaient quand même atteint les dernières étapes de la préparation. Ainsi, de nombreuses potions exhibaient le bleu nuit prévu, et celle d'Edward en faisait partie.
– ... Sauf Mr Elric. Vous allez nous servir de cobaye aujourd'hui. Nous allons ainsi assister à un exemple concret des effets d'une potion de Sinceritatis Sucus réussie.
Edward repensa à ce qu'il avait lu sur sa préparation pour ce cours. Cette potion était utilisée dans les asiles ou plus souvent dans les hôpitaux pour les services des psychomages afin de soigner les amnésiques ou les mythomanes chroniques. Mais le plus souvent, elle était utilisée par les Aurors lorsqu'ils n'avaient pas le temps d'obtenir une autorisation écrite du ministre de la Magie pour utiliser du Veritaserum sur un suspect et devaient vraiment obtenir des réponses rapidement. Cette potion provoquait bien moins de polémique, car ses effets fonctionnaient plus aléatoirement que le Veritaserum.
Il aurait dû se douter de quelque chose quand Rogue leur avait donné la recette à suivre en début d'heure. Mais l'esprit trop pris par ses problèmes personnels, il n'y avait pas fait attention. De toute évidence, Rogue avait une idée derrière la tête et comptait se venger par la même occasion.
Par chance, le Sinceritatis Sucus comme le Veritaserum ne l'affectait pas, comme tout ce qui pouvait lui faire avouer la moindre information sur la Vérité.
– Venez à l'avant de la classe avec votre chaudron, s'il vous plaît, le pria Rogue avec une fausse amabilité.
Confiant, le blond se leva de sa paillasse et empoigna son chaudron à deux mains avant de marcher jusqu'à l'avant de la classe, sa potion remuant à chaque pas. Il aperçut un espace libre sur le bureau du professeur et il y déposa précautionneusement son chaudron. Avec un regard de défi, il prit la petite louche que lui tendait Rogue et la plongea dans le liquide sombre et légèrement fumant. L'odeur capiteuse lui agressa les sinus, très florale, comme s'il devait avaler un énorme bouquet de roses agrémenté d'une bonne dose de sauce pimentée. Ça allait avoir du mal à passer, pensa-t-il distraitement en ressortant la louche pour la lever à hauteur de bouche.
Face à lui, il sentait tous les regards impatients et pleins d'appréhension. Ils se demandaient tous quel lourd secret il allait révéler, car c'était bien cela l'effet de la potion. Sa durée se limitait à peine à quelques minutes, mais c'était suffisant pour révéler bien plus de secrets honteux que la plupart des élèves le supporteraient. Ils devaient tous être soulagés de ne pas avoir été désignés.
– Nous attendons, statua Rogue d'un ton neutre.
Il sentait sa jubilation. Rogue pensait réellement qu'il allait lui révéler l'un de ses lourds secrets... Pauvre imbécile. Edward sourit et prit les trois gorgées que contenait la louche. Puis il la reposa dans le chaudron et grimaça. Le goût ne correspondait pas du tout à l'odeur. C'était comme avaler un seau de betteraves à la moutarde qui avait la consistance du sable. Il se demandait bien quels patients acceptaient de boire ça dans les hôpitaux sorciers, sincèrement.
–Ugh.
Edward se crispa. Il écarquilla les yeux. La potion faisait effet ! Il la sentait dilater sa gorge et émettre un doux ronronnement dans sa poitrine et son ventre. Ce sentiment était si fort, si puissant... Il mourrait d'envie de leur dire... de leur avouer... Ce n'était pas en rapport avec la Vérité... Elle ne le protégeait pas...
Ses poings se serrèrent si fort qu'il en trembla, le regard fiché dans celui triomphant de Rogue.
– Allez-y, Mr Elric, faites-nous savoir ce que vous mourez d'envie de révéler au monde entier...
La lueur dangereuse et vicieuse dans ses yeux sombres s'intensifia et fit enrager Edward qui se mordait la langue pour retenir ses secrets derrière ses dents. Il ne tint pas longtemps avant d'exploser.
– Ma mère me manque ! s'écria-t-il, à bout. J'en veux à la terre entière qu'elle soit partie si jeune et j'envie tous ceux qui ont une famille alors qu'on m'en a privé. J'enrage de ne plus voir son sourire, j'ai envie de crier dès que je pense à mon père qui l'a abandonné et l'a fait mourir de chagrin !
Plus personne ne bougeait dans le cachot. Le temps s'était comme figé pendant son éclat et son cri semblait se répercuter sur les murs de pierre. Haletant, Edward maudit Rogue pour ce qu'il avait provoqué. Ce dernier avait perdu son assurance et le regardait, interdit. Il devait s'attendre à un autre genre d'aveu. Edward lui-même s'était attendu à autre chose. Il n'avait même pas eu conscience de ce « secret » avant de le révéler. Il ne lui arrivait que rarement de penser à sa mère en réalité. Mais maintenant qu'il avait craché tous ses remords en public, il était pris d'un tel coup au cœur qu'il craignit un instant de fléchir.
Las, il passa sa main sur son visage avant de tourner les talons et d'aller emballer ses affaires avant de quitter la salle, accompagné d'un silence quasi religieux. La cloche sonna quelques secondes plus tard à peine, déversant un flot d'élèves au visage morne de la classe de potion.
Durant le reste de la journée, Rogue dut comprendre son erreur de s'en être pris de façon aussi basse à Edward. En effet, depuis le cours à la conclusion catastrophique, les Serdaigles ne cessaient de le fusiller des yeux et toute trace de respect qu'ils auraient pu avoir pour le professeur le plus détesté de l'école disparut complètement. Edward avait déjà reçu de nombreux témoignages de soutien de ses camarades et même de certains des Poufsouffles qui avaient assisté au cours. L'information — pour une fois — resta dans un comité restreint. Les deux maisons n'étaient pas connues pour diffuser les rumeurs en premier lieu.
Même Envy n'en sut donc rien, et c'était tant mieux. Par contre, l'information avait atteint Flitwick qui, en tant que directeur de la maison Serdaigle, le prit à part pendant le cours d'Enchantements qui suivit plus tard dans la journée. Cette fois-là, ils devaient apprendre le sortilège d'Expulsion. Afin d'éviter tout risque d'accident, le professeur leur avait donné une pile de coussins qu'ils pouvaient faire voler à travers la salle sans blesser personne en cas d'erreur de trajectoire. Apparemment, un élève de Gryffondor avait déjà expulsé le professeur lui-même plus tôt dans la journée.
C'était l'ambiance idéale pour avoir une conversation privée. Les autres s'amusaient tellement qu'ils ne leur prêtaient aucune attention. Le petit professeur se fraya difficilement un chemin entre les tables jusqu'à arriver au fond de la classe où Edward bayait aux corneilles, ayant déjà réussi son sortilège à chaque essai.
– Puis-je ? demanda le professeur en désignant la chaise à côté d'Edward.
Il l'observa en haussant un sourcil. Pouvait-il vraiment refuser quoi que ce soit à un professeur sans se faire taper sur les doigts ? Toutefois, Flitwick paraissait tenir à son accord et il hocha la tête pour lui faire plaisir. Avec sa petite voix fluette et un sourire aimable, le professeur entama une conversation — presque un monologue — sur divers sujets. Edward ne voyait que trois explications à son comportement familier. Soit il était en manque de compagnie, soit il pensait que Edward était en manque de compagnie, soit il avait entendu parler de ce qu'il s'était passé en potion dans la matinée.
Quand il y eut un blanc dans le discours enthousiaste du professeur, il se pencha au bord de sa chaise pour s'approcher de son élève, qui contemplait à nouveau le paysage par la fenêtre.
– J'ai entendu parler de l'expérience maladroite du professeur Rogue sur vous... Si vous avez besoin de parler de quoi que ce soit, vous savez bien évidemment que ma porte vous est grande ouverte.
– Merci, marmonna Edward sans quitter le lac des yeux. Je m'en souviendrai.
Ce n'était pas exactement la réponse que Flitwick attendait, mais il respecta son choix et partit conseiller des élèves qui montraient des difficultés à réaliser le sortilège.
Il avait l'habitude de tout garder pour lui, depuis le temps.
Dans les jours qui suivirent, Edward ne croisa que rarement ses amis. Les Gryffondors fréquentèrent la bibliothèque plus que jamais, cherchant désespérément un moyen pour que Harry survive à une heure d'apnée. Dans le même temps, Envy passait beaucoup de ses pauses avec Viktor pour nager dans le lac gelé. Il avait bien essayé de persuader Edward de les accompagner, mais il avait toujours fermement refusé. Jusqu'au jour où Edward s'ennuyait tellement un samedi matin qu'il vint les rejoindre.
Le froid de février faillit lui faire faire demi-tour dès qu'un vent faible vint le faire renifler. Cependant, il pensa à la salle commune pleine à craquer et continua sa route pour ne pas avoir à y retourner et y ruminer. Quand il eut traversé le parc et arriva sur la rive, les têtes sombres d'Envy et Viktor lui apparurent par intermittence entre chaque vague que leurs grands mouvements énergiques créaient. Il se demanda à combien de longueurs ils étaient. À en juger par les joues et le nez rougi de froid des groupies de Krum qui les observaient, assises dans l'herbe et pelotonnées les unes contre les autres, ce nombre devait s'élever plus que les groupies ne pouvaient le supporter.
Edward les dépassa et s'engagea sur le ponton en bois. L'écho de ses pas attira l'attention des quelques filles qu'il ignora superbement. Elles pouvaient bien le fusiller du regard ou le fixer comme un casse-croute, il s'en fichait éperdument.
– Je vois que vous êtes en pleine forme ce matin !
Une des deux têtes se stoppa et resta en position stationnaire au milieu du lac. Deux mains blanches plaquèrent de longs cheveux en arrière et le visage agréablement étonné d'Envy apparut. Il fit quelques mouvements amples de brasse dans sa direction jusqu'à être à portée de voix pour éviter de crier.
– Tu es venu avec une collation au moins, j'espère !
– Je pensais plutôt vous rejoindre, si le lac est assez grand pour trois.
Un grand sourire narquois aux lèvres, Envy s'approcha encore et s'accouda au ponton, la tête levée pour pouvoir regarder Edward dans les yeux. Trempé et dans le vent frais, rien ne semblait l'atteindre. Même le nuage de condensation à chaque expiration ne le dérangeait pas outre mesure.
– Viens, elle est bonne.
– Je ne suis pas sûr qu'on ait la même définition de « bonne », commenta Edward en ôtant son manteau qu'il posa à côté des affaires de Krum et d'Envy avec ses chaussures et ses chaussettes.
Quand son gros pull en laine rejoignit le reste, il frissonna et se dit qu'il était sérieusement atteint pour avoir eu l'idée de venir nager par ces températures. Il déboutonna son pantalon puis le retira sous les rumeurs plus fortes des groupies. Son rougissement s'étala de son front jusqu'à son cou, embarrassé. Pourtant à une époque, il avait l'habitude de finir en sous-vêtements tout bout de champ à cause de Winry...
Il ne prit pas garde au bruit d'essorage alors qu'Envy se hissait sur le ponton. Mal lui en prit.
Soudain, un glaçon se colla contre le flanc d'Edward.
– Argh !
Envy éclata d'un rire méchant. Visiblement, le glaçon, c'était ses mains.
– Alors nabot, tu veux peut-être faire la course ? proposa-t-il en mettant les poings sur les hanches avec un grand sourire.
Prenant son courage à deux mains, Edward ne tergiversa pas plus longtemps et plongea, laissant Envy seul sur le pont.
– Eh !
Mais Edward nageait déjà au loin, en direction de Viktor. L'eau était glacée ! C'était insupportable, proprement horrible. C'était comme être transpercé de part en part par une nuée de fines aiguilles. Impossible de se réchauffer, même en s'activant. Pourtant Viktor paraissait tout à son aise alors qu'il faisait une pause, couché sur le dos et flottant à la surface. Quand il le vit arriver droit sur lui, il se redressa pour le saluer.
– Je pensais que tu ne voulais pas venirr.
– Je m'ennuyais et puis c'est drôle de battre Envy à la course.
– Tu rêves ! Tu m'as pas battu ! rétorqua Envy en arrivant par-derrière pour lui enfoncer la tête sous l'eau.
Edward leva les bras au ciel alors qu'il buvait la tasse, pris par surprise. Puis la pression se relâcha et il sortit la tête pour cracher l'eau qu'il avait avalée et inspirée. Autour de lui, ses deux amis riaient de son visage furieux, dont l'effet était grandement amoindri par l'air misérable que ses cheveux en plein visage lui donnaient. S'en suivit une bataille sans merci entre Envy et Edward. Prudent, Viktor s'éloigna et reprit ses longueurs à une distance de sécurité.
Une demi-heure plus tard, frigorifié, Edward déclara forfait et nagea sur place en espérant gagner un peu de chaleur. Imitant Viktor plus tôt, Envy faisait l'étoile, le visage tourné vers le ciel bleu clair, vide de tout nuage, à part l'amoncellement autour du soleil.
– Tu la sens comment cette deuxième épreuve ? demanda Edward avec curiosité en nageant autour de son ami, sa tresse flottant derrière lui.
– Je vais tous les battre à plate couture. Tu verras, je vais être grandiose.
Cette expression venant d'Envy lui faisait présager le pire. Il allait encore en faire trop.
– Ne meurs pas, s'il te plaît.
– Tu pourrais demander ça avec un peu plus d'émotion, fit remarquer Envy. Mets-y un peu de dramatique et je voudrais bien faire un effort.
– Tu veux que je te supplie ? Hors de question.
– Même pas un petit peu ?
– Non.
Envy se redressa puis suivit les tours d'Edward autour de lui en pivotant sur lui-même.
– Et si je te dis que j'ai trouvé une forme si géniale que je n'aurais qu'à foncer dans le tas jusqu'au « trésor » ? lança-t-il l'air de rien avec un sourire narquois.
– Alors je te répondrais seulement que tu es stupide et que si tu te fais embarquer par les Aurors, je nierais jusqu'à ton existence.
– Cruel ! s'apitoya faussement Envy en bougeant exagérément les bras dans tous les sens. Moi qui croyais que tu m'appréciais rien qu'un peu !
Edward lâcha un reniflement dédaigneux. Envy se jeta sur lui pour le couler en représailles.
– Avoue ! Avoue que tu m'aimes bien ! s'écriait Envy alors qu'Edward se débattait et appelait Viktor à l'aide.
Celui-ci arriva bientôt et assista à la scène avec une grande perplexité. Finalement, il intervint pour soustraire Edward au mauvais traitement. Il le tira derrière lui en tenant Envy à distance.
– Alorrrs, qu'est-ce que vous faites ? Vous barrrbotez ? Je croyais que tu étais plus endurant que ça, Envy.
Son sourire moqueur fit aussitôt réagir l'Homonculus.
– Ha ! Tu vas voir, je vais te foutre la raclée !
Edward roula des yeux. C'était si facile de manipuler Envy. Pire qu'un Gryffondor. Edward profita de la diversion pour nager jusqu'au ponton.
– Eh, tu t'en vas déjà ?
– Je me les caille, on se revoit au déjeuner !
Edward grimpa bientôt sur le pont, dégoulinant d'eau de la tête aux pieds, puis se sécha d'un sort avant de se rhabiller de la même manière, enfilant avec une joie manifeste chacun de ses vêtements chauds. Battant des jambes pour rester à la surface, Envy continua de le fixer jusqu'à ce qu'il disparaisse vers l'entrée du château.
– C'est la Saint-Valentin le week-end prrochain, annonça Viktor derrière lui.
– La quoi ? demanda Envy, un sourcil haussé.
– Tu devrrais offrrirr un cadeau à Edwarrd.
Déconcerté, Envy fronça les sourcils.
– Je ne comprends pas...
– C'est une coutume, répondit Viktor avant de recommencer à nager. Alorrs, cette rraclée ?
