Chapitre dix-huit : La faute du calmar géant


Le temps imparti était largement dépassé et Harry ne remontait toujours pas. Hermione se rongeait les ongles et piétinait nerveusement sous toute la tente.

Tout à coup, il y eut enfin d'autres applaudissements et des cris euphoriques. Harry venait de sortir de l'eau avec Gabrielle et Ron. Après beaucoup d'agitation, ils furent tous les trois emmenés par les juges et Pomfresh jusqu'aux autres champions.

– Harry, bravo ! s'écria Hermione. Tu y es arrivé ! Tu as trouvé le moyen tout seul !

Harry sembla complètement perdu puis intrigué alors qu'il observait la table des juges. Envy suivit son regard et aperçut Karkaroff qui était le seul à ne pas avoir bougé en voyant Harry revenir sain et sauf avec les deux otages. Il voulut donner un coup de coude à Edward pour le lui désigner, mais il le fixait déjà avec des yeux plissés et soupçonneux.

Puis Dumbledore, accroupi sur le rivage, entra en grande discussion avec ce qui paraissait être le chef des êtres de l'eau, une sirène à l'aspect particulièrement sauvage et féroce. Envy se souvint l'avoir rencontré. La sirène l'avait d'ailleurs transpercé avec sa lance. Autant dire qu'il préférait ne pas s'approcher de trop près s'il lui venait l'idée de recommencer.

Il tendit l'oreille, espérant entendre leur conversation.

–… garder un tel monstre dans cette école. Il est très loin d'être humain, et il est maléfique.

Est-ce vrai que le calmar l'a attaqué ? questionna Dumbledore, mortellement sérieux.

Oui, c'est son rôle, après tout, de protéger le château et ses habitants. Il n'a fait que son devoir.

Dumbledore hocha la tête et remercia l'être qui replongea, avant de se tourner vers la tribune des juges.

– Je demande une réunion du jury avant de donner les notes.

Les juges se rassemblèrent aussitôt à l'écart des oreilles indiscrètes. Entre temps, Fleur entra en séance de remerciements très chaleureux envers Harry et Ron. Après quelques minutes, la voix amplifiée de Ludo Verpey résonna derrière eux. Dans les tribunes, la foule se tut aussitôt.

– Mesdames et messieurs, nous venons de prendre une décision. La sirène Murcus, chef des êtres de l'eau, nous a fait le compte-rendu détaillé de ce qui s'est passé au fond du lac. En conséquence, voici les notes, sur cinquante, que nous avons décidé d'accorder à chacun des champions. Miss Fleur Delacour, bien qu'elle ait fait un excellent usage du sortilège de Têtenbulle, a été attaquée par des Strangulots en approchant du but et n'a pas réussi à délivrer sa prisonnière. Nous lui accordons 25 points.

Des applaudissements s'élevèrent dans les tribunes, accompagnés d'une remarque pour une fois humble de la championne « C'est insensé, je méritais zéro ». Envy était bien d'accord.

– Mr Viktor Krum, reprit Verpey, a eu recours à une forme incomplète de métamorphose, qui s'est quand même révélée efficace puisqu'il a été le deuxième à ramener sa prisonnière. Nous lui accordons 40 points.

L'air très supérieur, Karkaroff applaudit de toutes ses forces. Lui jetant un regard noir en coin, Edward se mordillait le bout du pouce depuis le commencement du décompte. Envy sourit à cette vision. L'inquiétude d'Edward valait bien tous les points qu'on pouvait lui accorder.

– Mr Envy Alighieri, poursuivit Verpey avec une intonation différente, a également fait usage à une forme cette fois-ci complète et parfaite de métamorphose, et a été le premier à revenir avec son prisonnier. Malheureusement, la plupart des juges pensent que les événements survenus sous l'eau doivent le pénaliser. Il obtient donc 40 points.

Il y eut des plaintes dans les tribunes où se trouvaient les Serpentards, qui s'attendaient à la note maximale, et des applaudissements mitigés dans les autres. Tout le monde se demandait ce qu'il s'était passé entre le champion et le calmar, qui avait été emmené magiquement par les professeurs pour être soigné à l'abri des regards.

– Ça va, tu ne t'en es pas trop mal sorti, chuchota Edward.

Verpey reprit la parole, faisant taire les protestations et les encouragements.

– Mr Harry Potter a utilisé d'une manière très judicieuse les propriétés de la Branchiflore, poursuivit Verpey. Il est revenu le dernier et bien après la limite de temps. Toutefois, la sirène Murcus nous a informés que Mr Potter a été le deuxième à arriver auprès des prisonniers et que son retard est dû à la détermination qu'il a manifestée de ramener tous les prisonniers, pas seulement le sien.

Ron, Hermione et Edward jetèrent à Harry un regard où se mêlaient l'exaspération et la commisération. Il était bien le seul à avoir pris la menace de la chanson des sirènes au sérieux. Mais grâce à sa « grande force morale », il obtint les 45 points qui le placèrent premier à cette seconde épreuve. Les Serpentards huèrent, mécontents que le dernier arrivé ait gagné plus de points que le premier. Désormais, Harry et Envy partageaient la première place du classement. Sous la tente des champions, ses amis applaudirent aussi fort que la foule des spectateurs. « Bravo Harry, après tout, tu n'as pas été si idiot que ça, c'était de la force morale, tout simplement ! ». Il en entendrait sans aucun doute parler encore longtemps.

Ludo Verpey annonça la date de la dernière tâche pour le 24 juin au coucher du soleil, puis le spectacle se termina ici. Pomfresh rassembla les champions et les prisonniers pour les ramener au château et leur donner des vêtements secs. Néanmoins, Dumbledore retint ses protégés pour un instant.

– Soyez prudent la prochaine fois. Je ne pourrais pas vous protéger indéfiniment. Et les choses ne sont pas encore terminées. Beaucoup vont se poser des questions sur vous. Blesser un calmar de cette taille en étant seulement en quatrième année...

– Il va s'en sortir ? s'enquit Edward.

– Hagrid et le professeur Gobe-Planche s'occupent de lui en ce moment même et nous avons envoyé une demande d'aide à un soigneur expert des animaux aquatiques. Je pense par ailleurs qu'il serait bon que vous ne vous approchiez plus du lac, car les êtres de l'eau semblent bien décidés à vous attraper si jamais ils en avaient l'opportunité. Et je ne sais pas s'ils vous laisseront une chance de vous en sortir vivant, ajouta Dumbledore en regardant Envy par-dessus ses lunettes en demi-lunes. Faites bien attention à vous, Mr Alighieri. Et ceci est un avertissement autant qu'un conseil.

Il les laissa là, partant rejoindre le reste du jury qui se dirigeait vers le château.

– Tu as une chance incroyable.

Envy réprima son sourire.

– Bon, conclut Edward avec un soupir. Maintenant il te reste quatre mois de paix jusqu'à la dernière épreuve, ça nous laissera le temps de tasser tout ça.


Gwyneth McQueen observa son lointain collègue d'un regard incertain. Face à elle, le jeune Langue-de-plomb paraissait étrangement fébrile, alors qu'il attendait, accoudé contre son comptoir. En dix ans au service du recensement magique, jamais McQueen n'avait vu un tel engouement pour une même personne. Un an et demi plus tôt, le puissant sorcier Albus Dumbledore, directeur de Poudlard, était déjà venu soumettre la même requête que ce McKollughan. À une exception près, il ne demandait des informations que sur Envy Alighieri. On pouvait dire que ce garçon attirait beaucoup d'attention sur lui. Elle n'avait pas manqué sa nouvelle célébrité et ses passages dans la Gazette du Sorcier. L'article dans Sorcière-Hebdo avait également fait bavarder dans les couloirs du ministère. Gwyneth et ses collègues en avaient discuté à nombreuses de leurs pauses.

Bien sûr, étant soumise à une certaine mesure de discrétion, elle ne pouvait donner aucune information aux personnes non habilitées. Pourtant, elle savait mieux que quiconque au ministère à quel point les noms Alighieri et Elric étaient intimement liés. Rare étaient les fois où ils étaient mentionnés sans l'autre pour faire bonne mesure. Un jour, elle ne put s'empêcher de penser que les deux noms étaient peut-être bien aussi liés que celui de Harry Potter et de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Ce constat se confirmait avec l'article de Rita Skeeter sur la présence quasi constante d'Edward Elric auprès de son... elle-même ne savait pas vraiment. Même elle, au recensement, n'en avait qu'une vague idée. La banque de Gringotts lui avait bien évidement demandé confirmation de leur lien de parenté, mais n'ayant aucun arbre généalogique, elle n'avait pu que leur répondre qu'il s'agissait d'une possibilité.

Les fiches personnelles qu'ils avaient remplies à leur arrivée en Grande-Bretagne ne donnaient aucun lien de parenté. Les deux garçons s'étaient dits orphelins et sans lien avec quiconque. Comment pouvaient-ils attirer tant l'attention ? La Grande-Bretagne développait-elle un nouvel engouement pour les orphelins ? Harry Potter, Edward Elric, Envy Alighieri. Tous des célébrités.

Gwyneth avait maintenant le dossier complet de E. Alighieri entre les mains et hésitait à aller le donner à son collègue qui s'impatientait. La pochette en carton contenait le peu d'informations que le ministère possédait sur le garçon et elle craignait qu'il n'ait encore plus d'ennuis qu'il n'en avait déjà eus. Elle soupira et fit demi-tour avant de déposer le dossier devant Keith McKollughan. Ses yeux s'illuminèrent alors qu'il le prenait avec déférence avant de la remercier chaleureusement. C'était si rare qu'un Langue-de-plomb vienne de lui-même déposer une requête, il lui paraissait d'une race à part.

Keith tourna les talons, le précieux dossier sous le bras. D'après le recensement, cet Envy était le seul de Grande-Bretagne. Étant donné son prénom peu commun, il lui était apparu évident que c'était le cas bien avant de faire sa demande officielle. Maintenant, il allait devoir se plonger dans de longs jours de lecture. Cet Alighieri aimait faire du grabuge, c'était une autre évidence à son propos. La Tour du cauchemar — il avait gardé en tête le surnom ridicule donné par Skeeter —, l'attaque et l'apparition de la Marque des Ténèbres, le Tournoi des Trois Sorciers...

Il dénicherait forcément quelque chose.


Une des conséquences plus ou moins positives de la deuxième tache pour Envy fut l'intérêt prononcé des élèves de Durmstrang, qui était connu pour ses cours de magie noire. Pire, on semblait désormais lui vouer un culte chez les Serpentards, car il inspirait la crainte et le respect parmi les élèves. Une grande part provenait du fait qu'un quatrième année ait réussi une métamorphose complète et parfaite, ce qui n'apparaissait pas au programme avant la septième année au moins. Tout le monde le harcelait de questions pour découvrir son secret. Et encore plus pour savoir en avant-première ce qu'il s'était exactement passé dans le lac.

C'était l'un des plus grands mystères de Poudlard et personne ne doutait que cet événement entrerait dans la légende. Ils vivaient l'Histoire et l'euphorie de la maison de Salazar Serpentard ne semblait plus vouloir s'arrêter. Envy les rendait extrêmement fiers. Seul leur directeur de maison ne semblait pas emballé. Il restait froid et étonnamment rude avec son champion. Habituellement, en gagnant tellement de popularité contre Gryffondor, il ne se gênerait pas pour manifester leur supériorité. Cette fois, il ne disait rien, alors que même ses collègues admiraient la performance — une seconde fois — incroyable de l'élève qu'ils connaissaient pour être médiocre, voire mauvais dans certaines disciplines.

Leur admiration n'était ternie que par le fait qu'ils savaient dans quel état se trouvait le calmar, toujours en soins intensifs dans une partie du château spécialement aménagée pour lui. C'était monstrueux. La rumeur restait dans le cercle professoral, sur ordre direct du directeur de l'école. « Laissons-les savourer cette victoire sans ombrager la réputation déjà entamée de ce garçon ».

En dehors des professeurs de Poudlard, Igor Karkaroff montrait un certain intérêt pour les talents cachés du concurrent de son protégé. Dès qu'il se trouvait dans la même pièce que lui, il ne le quittait pas une seconde des yeux, cherchant à percer son secret. Edward souhaitait qu'Envy saute sur l'occasion et rôde le plus souvent possible dans le sillage du Mangemort afin que sa curiosité le pousse à ouvrir le dialogue avec l'Homonculus. Pour l'instant, Karkaroff n'avait rien tenté, mais Viktor avait semblé embarrassé un matin en venant à la table des Serpentards et en abordant son ami. Nul doute que son directeur avait dû lui donner des instructions pour réunir des informations sur son adversaire.

Edward avait confiance en Viktor et savait qu'il ne trahirait pas Envy. Le principal concerné en doutait. Karkaroff exerçait une grande influence sur son élève et savait manipuler. De ce fait, Envy resterait sur ses gardes et continuerait cependant à maintenir son amitié avec le bulgare qui en avait bien besoin depuis qu'Hermione avait appris qu'elle était ce qu'il avait de plus cher au cœur. Elle avait fait l'objet de tant de moqueries que son humeur s'en ressentait. Constamment de mauvaise humeur, elle évitait soigneusement Viktor depuis, de façon tellement évidente que c'en était blessant.

Envy bâilla largement. L'œil bleu de Maugrey s'attarda aussitôt sur lui alors qu'il continuait à s'adresser à la classe pour son explication générale sur la magie noire. Envy le voyait de plus en plus rôder autour d'Edward. Que Maugrey surveille le champion pour sa démonstration de force pendant la deuxième tâche, il pouvait le comprendre. Mais pourquoi Edward ? Il n'aimait pas cette idée.

Fait plutôt étrange, depuis l'épreuve, il s'inquiétait pour un rien dès que ça concernait le blond. Il s'assurait toujours de l'avoir dans son champ de vision, et quand c'était impossible, il attendait fébrilement la fin de son cours pour aller le rejoindre. Il ne comprenait vraiment pas ce qui lui arrivait. Il avait un pressentiment. Dès qu'il voyait son ami, Envy avait l'impression qu'il allait le laisser derrière. Comme tous les autres... Car si sa nouvelle réputation offrait de bons côtés, elle en avait aussi de mauvais. Lorsqu'Envy était venu chez Hagrid pour avoir des nouvelles du calmar, le demi-géant avait formellement refusé de lui adresser la parole et l'avait même presque chassé de chez lui. Edward avait bien essayé de le raisonner, mais rien n'y avait fait. Hagrid avait même réussi à semer le doute dans l'esprit du trio de Gryffondor en leur racontant l'étendue des dégâts causés au calmar. Il leur répétait sans cesse qu'Envy était monstrueux, que ce qu'il avait fait était inhumain.

Tous leurs beaux discours n'étaient finalement que du vent.

Hagrid ne croyait que ce qu'il voulait bien croire et ne cherchait pas plus loin. Il se fichait bien de savoir qu'Envy s'était défendu. Il avait blessé une créature et c'était plus important que tout le reste. Si Edward ou lui avaient été sérieusement blessés, Hagrid se serait-il préoccupé d'eux ou du calmar ? La réponse lui apparaissait clairement et le rendait amer. L'amitié ne tenait donc pas à grand-chose. Et si Edward l'abandonnait à son tour ?

Jetant un coup d'œil par en dessous sur son voisin direct, Envy observa son air concentré alors qu'il prenait des notes très détaillées sur le cours.

Sa Pierre crissa et il posa sa main sur le côté gauche de sa poitrine. Sa paix avait été de courte durée. Dès qu'il posait les yeux sur Edward, sa pierre philosophale s'emballait, c'était à n'y rien comprendre en plus de l'embarrasser. Pourquoi lui ?


– Ils nous cachent quelque chose, affirma Harry catégoriquement.

– Envy est carrément suspect, oui ! s'exclama Ron avant d'être mis au silence par Hermione.

– Pas si fort !

Assis dans un coin de la cour, ils s'étaient mis à l'écart pour discuter entre eux de leurs deux amis qu'ils évitaient souvent depuis la deuxième tâche, quelques jours plus tôt. Hermione se sentait coupable d'accorder autant de crédit à Hagrid qui était bouleversé par l'accident du calmar. Les jours de ce dernier étaient saufs, mais il récupérerait difficilement de l'attaque. Ils venaient d'obtenir l'information du garde-chasse en personne.

– Ne me dis pas que tu n'es pas d'accord avec nous, rétorqua Ron. Tout le monde se demande comment il a fait et il ne répond à personne. Il cache quelque chose de sérieux.

– En plus on l'a tous entendu la dernière fois après l'article de Skeeter sur Hagrid. Il a dit qu'il le comprenait parce des gens ont même essayé de le tuer pour ce qu'il est !

– Tu m'étonnes, s'il est aussi dangereux, ils ont dû avoir les chocottes !

– Ronald Weasley ! s'indigna Hermione avec de grands yeux choqués. C'est abominable !

Ron eut la décence de paraître honteux. Il était peut-être allé trop loin.

– Je ne voulais pas dire... que ça aurait été une bonne chose... C'est que... s'il a déjà fait quelque chose comme ça, des gens ont dû avoir peur et... ils n'ont pas essayé de comprendre pourquoi il aurait agis... si violemment...

– C'était de la légitime défense, ajouta Hermione avec fermeté.

– Peut-être, admit Harry. Mais le calmar n'aurait pas attaqué si Envy ne représentait aucun danger.

– Vous savez bien à quel point Hagrid est chamboulé par cet accident, il exagère un peu.

– D'habitude c'est lui qui nous ramène des créatures dangereuses en cours, répondit Ron avec une grimace. Et pourtant il n'a jamais rien dit de tel sur elles contrairement à Envy. Vous vous souvenez de ce qu'il a dit tout à l'heure ? « C'est l'œuvre du Mal » ! Il a dit que c'était pire que ce que les Mangemorts faisaient à l'époque !

– C'est bien ce que je dis, le contredit Hermione. Il exagère. Comment Envy pourrait être pire qu'eux ?

– Il en sait tellement sur eux, peut-être qu'Envy cherche à suivre leurs traces.

– Harry James Potter ! s'écria Hermione, rouge de fureur. Serais-tu devenu complètement fou ?

– Je ne faisais qu'émettre une hypothèse. On ne sait jamais rien de précis sur Envy. Il nous cache tellement de choses.

– Il a peut-être une bonne raison à ça. Vous savez bien qu'Ed et lui ont des ennuis là d'où ils viennent. C'est pour leur propre sécurité qu'ils sont prudents.

– Moi ils me paraissent seulement de plus en plus louches, intervint Harry. Le malaise d'Envy à Noël, ce n'était pas normal ! Les professeurs sont inquiets quand ils sont en présence d'Envy. Tu te rends compte ? Eux ils savent ce qu'il s'est passé et ils ont peur de lui ! Et tout ça, c'est sans compter tout le reste. Pourquoi Envy n'a pas déclaré sa forme Animagus au ministère s'il n'a pas de mauvaises intentions ? C'est très —

– Quoi ?

Il venait de se trahir et ses amis le fixaient avec des yeux ronds comme des billes. Il leur raconta tout ce qu'il s'était passé le soir où Maugrey avait pris la carte et découvert Envy. Puis il poursuivit avec le marché passé avec Envy pour qu'il ne révèle rien sur sa transformation à personne.

– Un chat n'aurait pas pu blesser le calmar géant comme il l'a fait, affirma Hermione, sure d'elle.

– Peut-être est-il un Animagus de plusieurs formes, proposa Harry.

– C'est impossible, réfuta Hermione. C'est déjà très difficile de devenir un Animagus d'une seule forme et peu de personnes y arrivent, mais plusieurs ? Non, c'est impossible. En plus il faut des années pour y arriver. Envy n'a que... 18 ans. Il n'a pas l'expérience qu'une telle magie demande.

– Pourtant il a réussi, selon les juges, une métamorphose parfaite et complète ! Qui à part un Animagus ou un sorcier puissant pourrait réussir ça ? C'est censé être impossible ça aussi ! Je te le dis, Hermione, ajouta Ron avec forte conviction. Je connais beaucoup de sorciers adultes et aucun n'arrive à réaliser une métamorphose complète. C'est presque aussi rare qu'un Animagus. Ça demande de la pratique pendant des dizaines d'années, une puissance magique que la plupart des sorciers ne possèdent pas et surtout, il faut au moins avoir eu des cours explicatifs ! Envy n'entre dans aucune des catégories. Même moi j'ai plus de puissance magique que lui. Et comme on l'a dit plus tôt, il n'a pas eu un seul cours à Poudlard là-dessus.

– Il aurait pu les avoir autre part... avant Poudlard, tenta Hermione, ébranlée.

– Il n'a pas le niveau, répliqua Ron. Tu sais aussi bien que moi qu'il est plutôt mauvais en cours.

– C'est parce qu'il ne fait pas d'efforts... Parce qu'il est un peu paresseux... Mais quand il travaille, il y arrive bien...

– Ce qui prouve bien qu'il pourrait nous cacher sa vraie puissance magique, s'acharna Harry, approuvé par son meilleur ami. Dis-moi, théoriquement, un sorcier très puissant comme Dumbledore pourrait se transformer comme Envy ?

Ron hocha la tête. Hermione aussi, mais avec plus d'hésitation.

– Dans ce cas, j'ai une autre théorie. Envy n'est pas du tout un Animagus comme il me l'a dit. Il ne fait que se métamorphoser comme il le veut grâce à une magie dont il cache l'étendue. Vous me suivez ?

– Je suis complètement d'accord avec cette théorie, lui confirma Ron.

– Pourquoi t'aurait-il dit de garder son secret comme quoi il est un Animagus s'il n'en est pas un ? tenta Hermione. Si ça venait à se savoir qu'il en était un, le ministère pourrait lui causer des ennuis et l'envoyer à Azkaban pour fraude parce qu'il ne se serait pas déclaré. Alors que s'il ne fait qu'utiliser la métamorphose, c'est complètement légal !

– Mais une telle puissance magique attirerait forcément l'attention d'un tas de gens malintentionnés, contra Ron. En plus de la jalousie de beaucoup de familles de Sang-Pur.

– Alors c'est ça ! s'exclama Hermione, ravie. Envy a eu ce problème exactement et Ed l'a aidé à s'enfuir et maintenant ils se sont réfugiés à Poudlard sûrement sous une fausse identité pour le protéger. En plus, Mrs Pomfresh n'a-t-elle pas dit pendant son malaise qu'il faisait une fièvre magique ? C'est ce qui arrive quand un sorcier a pratiqué au-dessus de ses forces, donc sûrement pas le cas d'Envy qui comme on l'a dit est paresseux, donc ça veut dire qu'il contient alors trop de magie en lui. Ça se tient !

Cette fois c'était au tour des deux garçons de rester sans arguments face à la logique de leur amie.

– Le passé trouble dont Skeeter a parlé, le fait qu'Ed ne puisse plus voir son frère, qu'il ait tout abandonné pour Envy ! Tout prend sens avec ce lien. On connaît bien le sens aigu de l'amitié qu'Ed a, si son cousin rencontre un problème aussi grand, je l'imagine parfaitement tout laisser derrière lui pour l'aider à se mettre à l'abri quelque part.

– Tu oublies le fait qu'ils se détestaient quand ils sont arrivés ici, fit remarquer Harry.

– Ils ont des caractères bien trempé tous les deux, le voyage jusqu'ici et la fuite en elle-même a dû bien les changer. Vous avez bien vu l'effet qu'elle a eu sur Sniffle. Il était complètement différent.

Ils gardèrent le silence pendant un long moment, chacun plongé dans ses pensées. Un élément revint à l'esprit de Harry et ne donna que plus de poids à la théorie convaincante d'Hermione.

– Alors quand ils disent qu'ils ont appris à se battre à la guerre... Tu penses que c'est aussi une espèce de déformation pour dire que c'est pendant leur fuite... ou bien...

– Peut-être que c'était avant leur fuite, suggéra Hermione, pensive. Quand sa famille a remarqué qu'Envy avait des prédispositions, des personnes mauvaises comme Ron l'a dit ont pu s'intéresser à lui et vouloir lui faire du mal. D'où ce qu'il a dit sur des gens qui ont voulu le tuer ! Mais oui ! Alors ils ont appris à se défendre comme ils l'ont pu... c'est possible.

– Pourquoi se battre de façon moldue ? Un enfant puissant peut exécuter de la magie involontaire pour se défendre. Un peu comme Harry quand il a lâché le python sur son cousin.

– Ou quand j'ai atterri sur un toit quand Dudley m'embêtait avec ses copains, ajouta Harry. Ça m'arrivait tout le temps.

Quelque chose s'alluma dans le regard d'Hermione.

– Et s'il était comme toi... plus qu'on le croit ?

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– Et s'il ne savait pas qu'il était un sorcier avant ses onze ans, ou un certain âge ? On peut se demander si la situation de Harry n'est pas unique, ce qui ne m'étonnerait pas. Mais au lieu d'avoir un horrible cousin comme Dudley, il aurait Ed, qui avec son tempérament n'hésiterait pas à utiliser ses poings pour défendre Envy.

– Je veux bien qu'un enfant puisse ignorer qu'il est sorcier, mais deux dans la même famille ? dit Ron en secouant la tête.

– Bien sûr que si ! On peut imaginer que comme ils sont orphelins, ils ont été recueillis par une famille lointaine moldue ou cracmolle, ou par des Moldus inconnus. Mais... il y a des choses qui ne collent pas, c'est vrai. Le petit frère d'Ed par exemple. Était-il moldu ? C'est pour ça qu'il l'aurait laissé derrière ? Et il a dit qu'ils avaient été recueillis par une amie, il me semble, non ? Elle devait forcément savoir...

Hermione poussa un grognement de frustration en s'attrapant les cheveux.

– C'est trop emmêlé ! Sans leur version, on ne pourra jamais savoir ce qu'il s'est passé exactement. C'est tellement frustrant... Il faut qu'on sache !

– Tu penses réellement qu'on peut venir les voir et leur demander tout simplement : « Eh Envy, Ed, est-ce que par hasard vous êtes ici pour vous protéger de gens fous furieux qui en veulent à vos vies ? » Bien sûr, si c'est vrai, ils vont juste disparaître dans la nature en ayant encore plus d'ennuis qu'avant, et si c'est faux, ils vont juste nous rire au nez. En plus si c'est faux et qu'ils sont là avec de mauvaises intentions, ils vont se méfier de nous et peut-être qu'ils pourraient se débarrasser de nous.

– Ron ! Ils ne sont pas des assassins !

– Ca, tu n'en sais rien !

Harry soupira, en pleine réflexion. Il venait d'avoir une idée.

– Et si on faisait comme avec Crabbe et Goyle en seconde année ?

– Du Polynectar ? demanda Hermione en s'arrêtant de crier. C'est trop risqué, et puis tu sais bien que la préparation est longue et difficile, on ne trouvera jamais le temps d'en préparer avant la fin de l'année. En plus tu nous as dit que quelqu'un était entré dans le bureau de Rogue. Il doit se méfier encore plus qu'avant.

– Alors quoi ? répliqua Ron.

– Hum...

– La cape d'invisibilité !


Au cours des jours suivants, ils tentèrent plusieurs filatures toutes vouées à l'échec. D'abord, ils essayèrent de surprendre une conversation entre Envy et Edward en restant cachés dans des rayonnages à la bibliothèque, mais ils parlaient tellement bas que c'était impossible de les écouter en restant assez discret pour tromper leur vigilance constante. Puis, ils essayèrent d'aller dans les dortoirs des Serpentards, mais ils ne réussirent même pas à entrer dans la salle commune. Ensuite, ils les suivirent à tour de rôle pendant la journée, mais leurs conversations banales avec Krum ne présentaient aucun intérêt. En plus, Edward semblait doté d'un sacré instinct et Harry craignit plusieurs fois qu'il voie au travers des capes d'invisibilité lui aussi. Heureusement ce n'était pas le cas et même si son regard passa plusieurs fois sur l'un des trois Gryffondors, il ne s'y attarda jamais.

La première semaine du mois de mars se déroula de cette manière, entre espionnage et élaboration de théories farfelues au coin du feu le soir dans leur salle commune. Le vendredi matin, le hibou que Harry avait envoyé à Sirius revint enfin, retardé par les bourrasques qui soufflaient sur le pays. Sa lettre était presque aussi brève que la précédente.

« Trouve-toi devant la clôture, au bout de la route de Pré au lard (après Derviche et Bang) samedi après-midi à deux heures. Apporte autant de provisions que tu le pourras. Emmène Envy et Ed ».

Cette dernière mention mit Harry dans l'embarras. Il ne savait plus s'il pouvait faire confiance aux deux garçons et maintenant Sirius lui demandait de les amener avec lui. Le pire demeurait cependant que Sirius soit revenu à Pré au lard alors qu'il risquait tellement en quittant sa cachette. Dumbledore savait-il que le fugitif avait échappé à sa protection ? Harry en doutait. Cependant, s'il voulait se montrer honnête avec lui-même, il devait reconnaître qu'il était ravi de revoir Sirius. Il se sentit donc d'une humeur beaucoup plus joyeuse qu'à l'ordinaire lorsqu'il descendit les marches du sous-sol pour assister au dernier cours de l'après-midi.

Envy y était, aussi nonchalant qu'à l'ordinaire. Il fixait Malefoy, Parkinson, Crabbe et Goyle avec ennui alors qu'ils ricanaient bruyamment. Quand ils virent le trio, Pansy s'exclama, surexcitée : « Les voilà ! Les voilà ! » et c'est alors qu'ils virent le magazine Sorcière-Hebdo qu'elle tenait. Elle le jeta à Hermione qui l'attrapa au vol, surprise, tandis que Rogue ouvrait la porte de la classe et leur faisait signe d'entrer.

Envy avait déjà lu l'article de Skeeter, soucieux d'apprendre si Edward y était encore mêlé, ce qui n'était pas le cas — à part une mention implicite disant que c'était la nouvelle mode des opportunistes à Poudlard. Hermione pour sa part en avait pris pour son grade, même si la journaliste s'était montrée plus modérée dans ses propos qu'avec le Serdaigle.

Avec un regard à l'arrière de la salle, Envy aperçut Hermione sourire aux Serpentards moqueurs. Elle ne l'avait pas trop mal pris, cette réaction ne l'étonnait pas. De toute manière, qui pourrait accorder le moindre crédit à cet article qui n'était qu'un remâché de celui paru quelques mois plus tôt ? Rogue, apparemment. Il ne put s'empêcher, quand il rappela le trio bavard à l'ordre et trouva l'exemplaire du magazine, de lire à haute voix le texte entier, sous les rires des Serpentards avides d'humiliation.

– « Les admiratrices de Harry Potter devront espérer qu'à l'avenir il saura mieux choisir l'élue de son cœur ». Voilà qui est très émouvant, commenta-t-il en refermant le magazine dans l'hilarité générale des élèves de sa maison. Je crois que je ferais bien de vous séparer, tous les trois, pour que vous puissiez vous concentrer sur vos potions plutôt que sur la complexité de votre vie sentimentale. Weasley, vous restez ici, Miss Granger, vous allez là-bas, à côté de Miss Parkinson et vous, Potter, à la table qui se trouve devant mon bureau. Allez, dépêchez-vous.

Harry s'assit à la table, en diagonale d'Envy qui se trouvait également seul à sa paillasse. Rogue s'assit à son bureau et regarda le Gryffondor préparer son chaudron et ranger ses affaires avant de recommencer à piler les scarabées. L'imitant sans entrain, Envy était tendu, toute son attention fixée devant lui.

– L'attention de la presse semble avoir fait enfler votre tête déjà très volumineuse, Potter, siffla Rogue à voix basse.

Vaine tentative de provocation, Harry n'y répondit pas et continua soigneusement d'exterminer ses scarabées, déjà en poudre très fine.

– Vous faites tous les efforts possibles pour vous donner l'illusion que le monde de la sorcellerie a les yeux tournés vers vous, poursuivit Rogue. Mais peu m'importe combien de fois votre photo apparaîtra dans la presse. Pour moi, Potter, vous ne serrez jamais qu'un petit voyou qui se croit au-dessus des règlements.

Toujours imperturbable, Harry versa la poudre dans son chaudron et suivit l'étape suivante.

– Alors, je vous avertis loyalement, Potter, malgré votre célébrité de pacotille, si jamais je vous reprends à fouiller mon bureau...

– Je ne me suis jamais approché de votre bureau !

– Ne mentez pas, siffla Rogue. Peau de serpent d'arbre, Branchiflore. Ces deux ingrédients proviennent de mon armoire personnelle et je sais très bien qui me les a volés.

Envy fronça les sourcils. Il semblait bien sûr de lui en affirmant que Harry avait volé ces ingrédients. Pourquoi lui en particulier ? Faire tomber la responsabilité sur Envy paraissait plus logique, connaissant la méfiance que le professeur avait à son égard. Ou même sur Maugrey, pourquoi pas, puisqu'il avait fouillé son bureau et qu'ils paraissaient tous deux se détester cordialement.

– Je ne sais pas de quoi vous parlez, répondit Harry.

– Votre performance dans le lac. De la Branchiflore, ingénieux, n'est-ce pas ? Une plante plutôt rare. On ne la trouve pas dans le premier jardin venu, expliqua Rogue avant de plonger la main dans une poche de sa robe pour en sortir un petit flacon de cristal rempli d'une potion claire comme de l'eau.

Du Veritaserum, sans aucun doute.

– Savez-vous ce qu'est ceci, Potter ?

– Non.

– C'est du Veritaserum. Un sérum de vérité si puissant que trois gouttes suffiraient à vous faire révéler vos secrets les plus intimes devant cette classe tout entière. L'usage de cette potion est soumis à un règlement très strict du ministère. Mais si vous ne surveillez pas votre conduite, il se peut très bien que ma main glisse par inadvertance au-dessus de votre jus de citrouille. Et alors, Potter... nous saurons enfin si, oui ou non, vous vous êtes encore introduit dans mon bureau.

– Je ne suis pas —

– Potter ! le coupa Rogue, les yeux lançant des éclairs. Quel est l'effet produit par une potion contenant une peau du serpent des arbres et de la poudre de chrysope, qui ont disparu de ma réserve ?

– Je ne sais pas —

– Vous et vos petits amis préparez encore du Polynectar croyez-moi, j'en découvrirai la raison.

Du Polyquoi ? Envy ne suivait plus l'échange à ce stade. En face de lui, les deux sorciers semblaient se comprendre et il sut qu'il passait à côté de quelque chose. Envy arracha un petit morceau de parchemin sur lequel il marqua le nom de la potion, afin de demander l'avis d'Edward plus tard. Ensuite, il le glissa dans sa poche et le cours reprit un déroulement habituel.

Jusqu'à ce que quelqu'un frappe à la porte du cachot.

– Entrez.

Karkaroff apparut dans l'encadrement de la porte. Envy plissa les yeux en suivant sa progression entre les rangs avant qu'il arrive devant le bureau du second Mangemort. L'homme tortillait l'extrémité de son bouc autour de son index, visiblement nerveux. Quand il vit Envy au deuxième rang, son visage pâlit davantage.

– Il faut que nous parlions, déclara-t-il en quittant difficilement l'Homonculus du regard.

– Nous parlerons après mon cours, murmura Rogue en retour.

– Je veux que nous parlions maintenant, Severus, sinon tu vas encore te défiler. Tu essaies toujours de m'éviter.

– Après le cours, répliqua sèchement Rogue.

Pendant le reste de l'heure, Karkaroff resta près du tableau noir à attendre. L'intérêt d'Envy était définitivement attisé par cette angoisse palpable que dégageait le Mangemort. Deux minutes avant la fin du cours, il prit sa décision. Quand la cloche sonna et que tous les élèves se levèrent d'un même ensemble pour fuir au plus vite, Envy profita de l'agitation pour se pencher sous sa table et rétrécir jusqu'à prendre la forme d'une souris au pelage sombre. Tant pis pour ses affaires. De toute manière, il n'avait pas apporté grand-chose et c'était habituel pour lui d'oublier son chaudron ou ses manuels quand il sortait trop vite de ses cours ennuyeux.

La classe se vida intégralement. Harry sortit en dernier, ayant apparemment voulu entendre lui aussi ce que les deux professeurs voulaient se dire, sans y parvenir.

– Qu'est-ce qu'il y a de si urgent ? demanda Rogue entre ses dents.

– Ça, répondit Karkaroff.

Remuant la truffe de derrière le pied de sa table, Envy observa Karkaroff remonter la manche gauche de sa robe et montrer son tatouage à Rogue. La Marque des Ténèbres. Envy ne comprenait pas très bien. Qu'avait-elle de particulier ?

– Alors ? dit Karkaroff. Tu as vu ? Elle n'a jamais été aussi nette depuis...

– Cache ça ! lança Rogue, ses yeux noirs balayant la classe.

Bien entendu, il ne remarqua pas le petit rongeur aux yeux violets qui enregistrait toute la scène avec beaucoup de zèle.

– Enfin, tu as dû remarquer... commença Karkaroff d'une voix fébrile.

– Nous en reparlerons plus tard !

Rogue coupa ainsi court à la conversation et Karkaroff tourna les talons, l'air inquiet et furieux. À cette vision, Envy ne put s'empêcher de remettre en question toutes ses certitudes. Quand plus tard, il raconta tout cela à Edward, ce dernier partagea son avis. La lâcheté caractérisait Karkaroff, ils le savaient déjà, et son angoisse croissante depuis Noël pouvait très bien signifier qu'il n'était pas impliqué dans leur affaire. Ils gardaient cependant une réserve pour n'exclure aucune possibilité.

– Au fait, Harry m'a dit que Sniffle voulait nous voir demain à Pré au lard, l'informa Edward. On doit se retrouver à midi.

Envy hocha la tête et fit mine de le saluer pour la nuit, mais il se souvint soudain de la seconde conversation qu'il avait surprise, entre Rogue et Harry.

– J'allais oublier. Pendant le cours, Rogue a parlé avec Harry. Il l'accusait de s'être introduit dans son bureau — tu sais, la nuit où Croupton est venu — et de lui avoir volé de la Branchiflore et quelque chose d'autre, un ingrédient qui sert à faire du...

Envy prit le parchemin déchiré de sa poche et le déchiffra.

– Du Polynectar. Apparemment Harry, Hermione et Ron en ont déjà fait en volant des choses dans la réserve de Rogue. Et la personne qui est entrée dans son bureau lui en a aussi volé récemment. Tu connais cette potion ?

– Ça me dit vaguement quelque chose. Ça ne doit pas être au programme. Mais je vais rechercher ça dès ce soir. Demain matin on se retrouve à neuf heures à la tour d'astronomie pour que je te dise tout ça, après que j'ai rendu visite à Hagrid pour avoir des nouvelles, d'accord ?

Envy acquiesça puis ils se séparèrent.