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Chapitre dix-neuf : Trois menteurs pour le prix d'un
Un imposteur rôdait dans les couloirs de Poudlard. C'était la conclusion logique des recherches nocturnes menées par Edward. Le Polynectar, qui contenait divers ingrédients rares, dont ceux dérobés à Rogue cette année, servait à prendre l'apparence d'une autre personne, dès lors que l'utilisateur possédait des cheveux ou tout autre élément organique provenant de la personne à imiter. Tout le monde était suspect désormais.
Qui avait volé ces ingrédients ? Les seules personnes qui, à sa connaissance, étaient entrées dans le bureau de Rogue se comptaient sur les doigts de la main. Deux en tout. Alastor Maugrey et Barty Croupton. À ce stade, rien qu'en supposant que seuls ces deux hommes avaient pénétré les appartements de Rogue, les possibilités se multipliaient, toutes vraisemblables. Ce qu'il lui fallait, c'était des précisions sur la carte du Maraudeur afin de confirmer une hypothèse. Et comme ce jour-là, il rencontrerait Patmol — l'un de ses créateurs —, c'était une enquête simple qui se profilait à l'horizon.
Pendant la nuit, Envy, attiré par sa curiosité dévorante, vint lui rendre visite pour récupérer les informations directement au lieu d'attendre le lendemain matin. Apprendre que quelqu'un d'autre que lui jouait double-jeu et dissimulait son vrai visage le perturba un peu et immédiatement, sa méfiance s'accrut.
À huit heures, quand Edward frappa à la porte de la cabane de Hagrid, il se sentait déjà épuisé et découragé.
Vers huit heures et demie, Harry, Hermione et Ron descendaient pour prendre leur petit-déjeuner quand une silhouette familière passa en coup de vent devant eux, l'air pressé. Envy regarda à droite et à gauche, méfiant, et les sourcils froncés, puis il reprit sa route dans la direction opposée aux cachots. Ce comportement les intrigua.
Ni une ni deux, Harry — qui depuis une semaine ne sortait plus sans sa cape d'invisibilité — leur fit signe de le suivre. C'était leur chance. Envy partait déjà, le trio sur les talons. Ils longèrent les couloirs et quand ils furent surs de n'être vus par personne, se cachèrent sous la cape avant de suivre le Serpentard de loin. Il emprunta quelques raccourcis dont seuls les propriétaires de la carte du Maraudeur connaissaient l'existence, fit des détours inutiles qui faillirent bien perdre le trio, puis disparut dans une impasse sans laisser de trace.
Le Serpentard s'était envolé dans la nature.
Enfin pas exactement. Minuscule souris cachée dans le pied d'une armure, Envy scrutait l'impasse déserte. Il avait clairement entendu des bruits de pas derrière lui. Était-ce encore Harry, Ron et Hermione qui le suivaient ? Certainement. Ils devaient être là, sous la cape, éberlués de s'être fait avoir une nouvelle fois. La suite le lui confirma. Soudain, leurs trois têtes apparurent, suspendues dans le vide.
– Encore raté, grogna Ron, agacé. Ce type est une vraie anguille. C'est suspect.
– Ou un autre élément prouvant qu'il a appris à fuir ceux qui lui veulent du mal, rétorqua Hermione, encore plus irritée. Repartons prendre notre petit-déjeuner.
Harry les découvrit entièrement de la cape et la plia soigneusement avant de la mettre dans la sacoche qu'il gardait exprès pour elle. Ils firent demi-tour et Envy attendit patiemment que l'écho de leurs pas s'estompe avant de sauter hors de sa cachette et de courir de toutes ses petites pattes hors de l'impasse. La voie libérée, il reprit forme humaine et partit pour la tour d'astronomie. Un raccourci lui permit de l'atteindre rapidement. Edward était déjà arrivé et l'attendait en jouant distraitement avec une noise.
Quand il entendit la porte s'ouvrir et se fermer, il tourna la tête vers Envy et lui offrit un pauvre sourire.
– Hagrid vient de me dire que le calmar est en voie de rétablissement.
Envy se laissa tomber à côté de lui en tailleur. Le visage des mauvais jours qu'il affichait fit craindre à Edward que ce soit à cause de son froid avec le demi-géant. Il tenta de se montrer rassurant.
– Ne t'en fais pas, il te pardonnera.
– Tu es plutôt optimiste. T'as bien entendu ce qu'il m'a dit, il me considère comme un monstre maintenant.
– Ça ne veut rien dire. Moi aussi j'avais du mal avec toi au début. Regarde-moi aujourd'hui. J'suis là, à côté de toi, à essayer de te réconforter.
Envy détourna obstinément la tête à l'opposée de lui.
– C'est pas pareil. Toi t'es bizarre, t'acceptes tout le monde, même le pire des monstres. Comme moi.
– Tu n'es pas un monstre, rétorqua Edward calmement en lui donnant un coup sur l'épaule pour le punir. Ou plutôt, tu ne l'es plus. Tu as changé, Envy, je m'en rends un peu plus compte chaque jour. Tu ne le vois peut-être pas, mais tu as énormément progressé.
– Pas la peine de te donner autant de peine, répliqua Envy, tranchant. Je connais tes combines, tu m'as bien appris comment réconforter les gens. Je sais que tu me dis seulement ce que je voudrais entendre.
– Tu as raison, mais en même temps, tu as tort. Parce que je te dis ce que tu veux entendre ce matin, c'est vrai. Seulement ce que tu veux aujourd'hui, c'est la vérité. Tu deviens plus humain chaque jour. Je le vois, ça se sent. Il suffit de voir la première impression qu'ont les gens que tu rencontres maintenant par rapport à ceux que tu as rencontrés plus tôt. Tu as même réussi à te faire un vrai ami. Et Viktor t'apprécie vraiment en retour. Tu ne trouves pas ça fantastique ? s'enthousiasma soudain Edward.
– Pour ce que ça vaut d'avoir des amis... À chaque fois qu'ils ont le moindre soupçon, ils nous lâchent tous, autant toi que moi. Encore tout à l'heure quand je suis venu ici, ils m'ont suivi pour m'espionner. Ça fait des jours qu'ils font comme si de rien n'était alors qu'ils nous filent partout où on va.
– On ne peut pas leur en vouloir. Il faut bien avouer que c'est un peu suspect.
– Et alors ? Tu n'arrêtes pas de me répéter que l'amitié c'est plus que ça, que les vrais amis voient au-delà des ragots colportés par la foule ! Et pourtant Ron a vraiment cru que Harry avait mis son nom, sans même essayer de le croire. Et l'an dernier, Harry et Ron ont fait la gueule à Hermione seulement parce qu'elle s'inquiétait pour Harry, à cause du balai envoyé par Sirius. Ou bien encore, Hermione leur a caché pendant toute une année pour son Retourneur de temps, alors que les amis sont censés se faire confiance et tout se dire. Ce sera quoi la prochaine fois, hum ? Tu n'arrêtes pas de me dire que je ne sais pas faire confiance et être à l'écoute, mais en attendant, ce n'est pas moi qui les ai rejetés à chaque fois qu'ils faisaient quelque chose qui ne me plaisait pas.
Edward garda le silence pendant plusieurs minutes.
– Tu voudrais tout leur dire dans ce cas ? dit-il avec sérieux. Oui, désolé Harry, désolé Ron et toi aussi Hermione, en fait on n'est pas exactement qui vous croyez. Mais ne vous inquiétez pas, on ne vous veut pas de mal. Sûr. Ils vont juste fuir en courant. Nous avons aussi notre part de responsabilité dans ce manque de confiance. Après tout, ils ne savent rien de nous, alors que nous savons presque tout d'eux. C'est équitable selon toi ? Personnellement je ne pense pas, mais nous n'avons pas le choix. Bien sûr, tu pourrais aller tout leur avouer, comme ça soit on sera internés à Ste Mangouste, soit poursuivis et tués par des Mangemorts. Qui sont déjà à nos trousses, je te signale. Quelle excellente idée !
L'éclat de voix d'Edward retentit comme un coup de canon aux oreilles de l'Homonculus. Le Serdaigle était furieux et il se releva d'un bond pour s'éloigner sur la terrasse et lui tourner le dos, fixant la porte close avec un visage déformé par la colère et la tristesse.
– Quand nous sommes arrivés ici, il fallait s'attendre à ce que ce soit difficile. On ne peut pas vivre en autarcie dans une école, c'est impossible. Nous allions forcément rencontrer des gens et lier des amitiés. C'est dur à supporter de cacher toute sa vie aux gens que l'on apprécie, mais c'est impossible autrement. Autant pour notre sécurité que la leur. Tout ce que l'on puisse faire, c'est continuer d'avancer sans regret et sans regarder en arrière.
– Sans regarder en arrière hein ? Parce que tu vas me dire que tu ne penses jamais à ton passé ? À tout ce que tu as abandonné ? Tu essaies de te rassurer en te disant que tu fais le bien en protégeant Harry de ce qui l'attend, mais en vérité, tu n'as aucun autre choix.
Edward reprit sa respiration bruyamment puis il tourna la tête vers Envy, interloqué. Les sourcils froncés, il fixait le Serpentard. Sa réaction étrange piqua la curiosité d'Envy. Au bout de longues secondes de silence, l'Homonculus distingua très nettement l'expression que le blond affichait quand il venait de comprendre quelque chose. Qu'avait-il compris ? Impossible à savoir, alors qu'il reprenait un air tout à fait neutre en se tournant complètement vers lui.
– Ça s'appelle avancer, clama-t-il plus fort que nécessaire. Je n'ai pas de regret. Désormais, Harry, Hermione, Ron et sa famille, Sirius, Hagrid, Poudlard, c'est ma nouvelle vie. Je ne les lâcherai pas. C'est mon choix.
Envy ne comprit jamais que cette dernière tirade ne lui était pas destinée.
À midi, lorsqu'ils retrouvèrent les Gryffondors pour partir à Pré au lard, Edward ne lui avait toujours pas révélé que leur discussion avait été attentivement suivie par ceux qu'ils venaient de rejoindre. Il avait parfaitement entendu la réaction de surprise de Harry lorsqu'Envy l'avait mentionné en disant qu'ils le protégeaient. Aucun de leurs trois amis ne montra rien de leur nervosité d'être découvert et Edward prétendit ne rien remarquer. Ils n'avaient rien entendu de trop compromettant et il valait mieux attendre de voir comment évoluait la situation avant de dire quoi que ce soit. Autant éviter d'avoir une conversation gênante s'il le pouvait.
De plus, ce n'était pas urgent, car d'après Envy et ce qu'il en avait entendu, ils ne cherchaient pas à les incriminer, uniquement à découvrir s'ils couraient un danger. Pour l'instant, toutes leurs informations récoltées ne leur permettraient pas de découvrir la vérité. Qu'ils continuent à les voir comme des fugitifs innocents, ça arrangerait leurs affaires.
Lorsqu'ils arrivèrent à Pré au lard, le temps clément leur fit abandonner l'idée de porter leur cape qu'ils avaient jetée sur l'épaule. Edward et Harry portaient tous les deux un sac de provisions rempli de deux miches de pain, trois flasques de jus de citrouille, une dizaine de sandwichs soigneusement emballés et quelques gâteaux, le tout gracieusement donné par les elfes de maison serviables. Hermione ne mentionna pas la SALE. Tant mieux. Manifestement, ils cherchaient tous à éviter les conflits, remarqua Edward alors que leur conversation restait très détachée.
La seule exception survint quand Harry leur expliqua pourquoi il tenait à passer chez Gaichiffon pour acheter un cadeau à Dobby. Ce dernier avait fourni lui-même la Branchiflore à Harry après avoir surpris une conversation dans la salle des professeurs entre McGonagall et Maugrey. Cette information troubla Edward, qui demanda un petit éclaircissement que Harry s'empressa de lui donner évasivement avant de choisir une affreuse paire de chaussettes.
Alors comme ça, Maugrey savait depuis Noël quel lien spécial liait Harry à l'elfe de maison... En avait-il profité pour faire passer son message concernant la Branchiflore ? Maugrey avait-il su que Dobby accourrait chez Rogue pour lui dérober la Branchiflore avant de la donner à Harry ? Avait-il donné l'information sciemment ? Et si oui, pourquoi ? Il aurait simplement pu tricher et donner directement l'information à Harry, ou alors lui faire parvenir par un moyen détourné un livre de botanique qui contenait une description de la plante. Pourquoi utiliser Dobby de façon à ce que sa participation reste secrète ?
Edward secoua la tête. Il suspectait trop Maugrey et lui attribuait tous les vices sans preuve. S'il désirait se montrer honnête, il admettrait que le professeur avait simplement agi ainsi pour aider Harry à survivre sans se faire prendre en train de tricher, ce qui pourrait lui attirer des ennuis.
Mais il ne voulait pas être objectif. Maugrey représentait sa cible numéro un à abattre. Point barre.
– Maintenant Rogue pense que c'est moi qui ai volé la Branchiflore dans sa réserve, grommela Harry en ressortant de Gaichiffon. Et il croit qu'on veut préparer du Polynectar. Je ne sais même pas comment il a fait pour savoir que c'était nous la première fois.
– De quoi vous parlez ? demanda Edward, curieux d'en savoir un peu plus sur cette fameuse potion.
Le trio sembla gêné. Ils devaient se demander si c'était une bonne idée de leur parler d'un de leurs secrets. Finalement, Hermione prit la décision de les mettre au courant. Elle leur raconta comment, en seconde année, la Chambre des Secrets avait été rouverte, quels étaient leurs soupçons sur l'Héritier de Serpentard pétrifiant des élèves dans le château. Puis comment ils en arrivèrent à préparer du Polynectar pour interroger Malefoy dans la salle commune des Serpentards. Edward prit des notes mentales de la manière exacte de procéder. Arracher les cheveux, les mettre dans la potion, puis boire pour prendre l'apparence de la personne pendant une heure. Rien de plus simple.
Les réactions de la potion se reconnaissaient facilement. D'abord elle ressemblait à une sorte de vase épaisse, puis elle se couvrait d'écume. Par contre, la couleur différait selon la personne. Difficile donc de reconnaître la potion. Celle de Goyle avait été kaki, celle de Crabbe brunâtre et celle de Bullstrode jaunâtre. Edward garda à l'esprit que s'il trouvait un flacon rempli d'un liquide à l'aspect répugnant, il aurait de grandes chances d'avoir trouvé du Polynectar. Son odeur aussi était caractéristique, du chou trop cuit selon Harry.
Hermione conclut son récit après la découverte que Malefoy n'était pas l'Héritier. Il était une heure et demie et ils venaient de passer devant Derviche et Bang. Ils poursuivirent leur chemin vers la sortie de Pré au lard. Les maisons s'y éparpillaient de façon plus clairsemée et la campagne s'ouvrait à eux. Edward et Envy étaient déjà venus pendant les vacances d'été pour escalader la montagne dominant le village. Ils savaient où Sirius souhaitait les rencontrer et ils y arrivèrent bientôt. Au bout de l'allée, un gros chien noir aux longs poils les attendait, les pattes posées sur la plus haute barre de la clôture. Il portait des journaux dans sa gueule.
– Bonjour, Sniffle, salua Edward.
L'Animagus flaira leurs sacs avec avidité, remua la queue puis fit volte-face et traversa d'un bon pas l'étendue broussailleuse qui montait en pente douce vers la montagne. Ils passèrent tous les cinq par-dessus la clôture et le suivirent. Sirius les conduisit au pied de la montagne, sur un terrain couvert de pierres et de rochers. Avec ses quatre pattes, il n'avait aucun mal à avancer. Edward et Envy de leur côté se débrouillaient comme à leur habitude, mais Harry, Ron et Hermione furent bientôt hors d'haleine. Le Serpentard débarrassa Harry de son sac et ils reprirent le chemin pendant près d'une demi-heure à escalader un sentier tortueux et escarpé.
Soudain, Sirius disparut. Envy aperçut l'étroite fissure par laquelle il s'était glissé et fit signe aux autres de s'y faufiler. La caverne conservait une fraicheur et une pénombre bienvenues. Les Gryffondors s'assirent lourdement avec soulagement, le souffle court, après avoir poliment salué Buck. Envy se tint à l'écart, connaissant les sentiments négatifs que l'hybride nourrissait à son égard. Pendant ce temps, Sirius reprit forme humaine. Il était vêtu d'une robe bleu nuit en passablement bon état, sûrement prêtée par Dumbledore en même temps que la maison dans laquelle il le cachait. Il avait repris du poids et ses cheveux avaient perdu leur aspect sale et hirsute des premiers mois de sa fuite.
Edward et Envy lâchèrent leurs sacs à ses pieds et il les ouvrit avec empressement, affamé. Il les remercia pour l'effort et dévora son premier sandwich. Edward proposa qu'Envy passe régulièrement lui apporter des provisions en passant par le passage secret de Honeyduke et Sirius accepta volontiers en leur racontant que jusqu'à maintenant, il s'était surtout contenté de manger des rats.
– Je tiens à être près de Poudlard cette année. Vos dernières lettres m'ont donné du souci. Je n'aime pas ce qu'il se passe par ici en ce moment. Et apparemment je ne suis pas le seul si je me fie à ce que j'ai lu dans la Gazette.
Il montra d'un signe de tête les numéros jaunis qu'il avait volés depuis son arrivée.
– Et si quelque te voit ? Si tu te fais prendre ? dit Harry avec inquiétude.
– Je fais semblant d'être un gentil chien errant. Personne à part Remus, Dumbledore et vous ne sait que je suis un Animagus, répondit Sirius en continuant à manger. Alors... Dites-moi quelles nouvelles vous avez pour moi.
Il y avait définitivement trop de manques et d'incohérences dans la biographie d'Envy Alighieri. Keith McKollughan ne put venir qu'à cette certitude, au milieu de tant de suppositions. Rien n'était sûr concernant ce garçon, à part qu'il incarnait le plus grand mystère de ce Département. Son âge paraissait impossible à définir, car Keith ne doutait pas un seul instant que la date sur sa fiche personnelle soit incorrecte, tout comme le reste des informations qu'il y avait noté — même la couleur des yeux ne correspondait pas aux photographies dans Sorcière-Hebdo ! Sa corpulence et son visage dénotaient une certaine jeunesse, c'était évident. Sur la première photo d'identité qu'il avait donnée fin 1993, il lui donnait quatorze ans à tout casser, comme l'âge qu'il devrait avoir dans la classe qu'il avait investie à Poudlard.
Se serait-il vieilli pour obtenir quelques avantages ? C'était suspect, en plus d'illégal.
Pourquoi s'être donné la majorité ? Pour obtenir une certaine indépendance ?
Puis il y avait le procès contre Malefoy. Agression, tentative de meurtre et subornation de témoin. Le récit fait par Drago Malefoy et le déroulement du procès le déconcertaient. Riche en retournement de situation, la lecture du rapport du greffier lui avait donné l'impression d'une pièce de théâtre dont chaque acte était calculé avec minutie. Tout arrivait à point pour sortir Alighieri des ennuis et humilier son adversaire en plus de lui faire perdre la face. L'affaire, qui au début avait semblé toute prête pour une victoire facile et rapide des Malefoy, s'était soldée par un échec cuisant.
Tout était arrivé par étape. En premier lieu, le discours accablant de Drago, puis l'opposition d'Envy disant que tout n'était qu'un tissu de mensonges et sa déposition de plainte pour faux témoignage.
Bien trop gros pour passer, semblait-il alors à tous les témoins du procès. La suite apparaissait alors prévisible après une contradiction pareille. Le Veritaserum. Envy avait bien attendu que toute l'accusation soit prouvée avant de demander à être soumis exactement au même traitement et de révéler sa propre vérité, qui ne correspondait en aucun point à celle du plaignant.
Résistance au Veritaserum ou supercherie avec complice au sein du ministère ?
Puis la théorie loufoque du cauchemar de Drago entrait en jeu, soumise par Albus Dumbledore. C'était parfait, incontestablement. Finement joué, car elle expliquait tout, et seul un examen par Pensine aurait pu la nier, sauf que ce n'était pas un moyen sûr et il était trop controversé pour être utilisé par la justice magique.
Était-ce vraiment un rêve ? Rubeus Hagrid et E. A. semblent être liés par l'amitié. Aurait-il agi pour sauver l'hippogriffe Buck ?
Voilà le témoin qui arrivait. Edward Elric. Ce nom revenait sans cesse. Tantôt amant, tantôt oncle, tantôt cousin, tantôt ami, qui pouvait se targuer de savoir quel vrai lien les liait ? Sûrement peu de personnes. À ce stade du procès, on sentait la contrariété atteindre un pic. Cette mascarade en avait ennuyé plus d'un et les impatientait, ce qui expliquait le total cafouillage qui en suivit. Jamais il n'avait vu un interrogatoire si mal mené. Si les interrogateurs Fudge, Ombrage et Bones avaient mieux posé leurs questions et avaient approfondi quelques aspects obscurs, ils auraient obtenu un résultat sûrement différent.
E.E., sujet non objectif. Complice établi. Manipulateur.
Ce dernier était malin et très intelligent. Il avait utilisé une technique qu'ils affectionnaient au Département des mystères : la désinformation. En sous-entendant une liaison homosexuelle dans un contexte aussi guindé qu'un procès dirigé par le ministre de la Magie lui-même et en présence d'une noble famille, il s'assurait de ne pas être interrogé plus avant. Il n'avait même pas explicitement dit quoi que ce soit ! Tout reposait sur l'intonation et l'association d'idées, comme le prouvait un autre document daté que quelques semaines après ce procès.
E.E. est-il le cerveau dans le partenariat avec E.A. ?
La bridage des mœurs sorcières et la Protection de l'enfance magique étaient venues l'interroger ainsi que Alighieri, séparément, afin de tirer tout cela au clair. Edward avait alors presque formellement avoué avoir manipulé ses interrogateurs. Il était revenu sur toutes ses affirmations en disant qu'il n'avait jamais dit avoir entretenu la moindre relation charnelle avec son ami. Il savait pertinemment que l'affaire ne serait pas rouverte. C'était trop tard pour les Malefoy qui avaient dû payer une amende plutôt salée.
Première apparition d'E.A. dans la presse.
Ensuite, sa scolarité s'était enchainée de façon tout à fait anonyme.
Ne semble avoir aucun lien direct avec l'événement du 06/06/1994.
Sa deuxième apparition survenait pendant les vacances d'été. Il était apparemment passé au ministère afin de se rendre aux Archives de la Cour de justice magique. Encore une fois, Elric l'accompagnait. Après un interrogatoire de la responsable du lieu, Euphegenia Cunningham, il en avait conclu que c'était Elric qui avait posé une requête pour consulter archives. Le procédé était légal (selon le type de documents consultés) et il ne pouvait pas convoquer les deux garçons pour cette raison. Il avait également interrogé l'apprenti de l'archiviste principale, mais lui non plus ne sut lui dire quels documents ils avaient consultés. Elric et Alighieri s'étaient montrés soigneux et respectueux des documents et avaient tout rangé avant de partir.
Résultat, il n'avait qu'une vague idée du rayonnage qu'ils avaient utilisé, celui des procès de la période des années soixante-dix et quatre-vingt.
E.E. : cerveau du duo. Chef probable.
Ils n'étaient passés qu'une seule fois au ministère de leur plein gré. La seconde fois, c'était quelques semaines à peine plus tard, après l'incident de la Coupe du Monde de Quidditch. Avec son habilitation très large sur le ministère, McKollughan avait pu sans mal mettre la main sur le rapport d'enquête et les dépositions du duo. Contrairement au compte-rendu erroné et très incomplet de la Gazette du Sorcier, il eut enfin droit à une vision plus véridique du déroulement de l'attaque Mangemort.
E.E. y est plus intimement lié que ce que la presse en laisse voir. Absent des articles. Choix ou oubli ? Pourquoi les Mangemorts se sont-ils acharnés sur E.E. et E.A. ? Hasard ou vengeance visée ? Famille Malefoy ?
Avec cette déposition suivait très vite le second article de Rita Skeeter dans la Gazette du Sorcier. La déclaration de guerre du jeune Alighieri avait fait souffler un vent de panique et d'incrédulité au ministère. Mais ils avaient décidé, malgré la performance d'Alighieri (et Elric) de se débarrasser des fauteurs de trouble, qu'il ne fallait pas prendre l'interview au sérieux. Pourtant, Keith estimait que les Mangemorts ne l'avaient certainement pas pris à la légère, en tout cas pour ceux qui s'étaient fait battre. Elric devait le savoir et en avait profité. Il ne doutait pas un seul instant que cette idée vienne de lui.
E.A. se fait-il vraiment manipuler pour servir les intérêts d'E.E. ou suit-il les instructions de son plein gré ?
À peine deux mois plus tard surgissait la sélection des champions du Tournoi des Trois Sorciers. Bien entendu, Alighieri se mêlait à la fête. Un très court passage de l'article résumé de la Gazette du Sorcier le mentionnait de façon élogieuse et félicitait sa participation. Avec son ancienne publicité qui lui collait encore à la peau, les paris sur la victoire du champion de Poudlard grimpèrent en flèche. Avec ça, en plus de la somme reçue lors du procès contre les Malefoy, Keith s'était demandé si l'objectif final constituait à amasser le maximum d'argent possible par des moyens détournés et tapageurs. Mais il n'avait trouvé aucun pari déposé par Elric ou l'un de leurs proches. Enfin, pas un pari légal et officiel. Les parieurs au noir étaient nombreux et il avait abandonné cette piste trop large.
Ouverture d'un coffre commun E.E/E.A. De qui est l'initiative ? Pour quel motif ? En prévision d'un bénéfice prochain ? Pari au noir ? 1000 Gallions de récompense du Tournoi des Trois Sorciers ?
Dans la mesure de ses moyens, il gardait un œil attentif sur le coffre et l'argent qui y entrait ou en sortait. Cependant, les Gobelins le surveillaient de près, n'appréciant pas qu'on s'approche de leurs affaires. De toute façon, d'après ce qu'il en savait, depuis la rentrée scolaire les sorties d'argent se raréfiaient. La seule qu'il y eut s'adressait à une animalerie située à Pré au lard en vue d'une réservation pour l'adoption d'un animal de compagnie. Rien de très suspect. C'était même normal, selon une collègue à qui il avait demandé l'avis, car un détail qu'il n'avait pas vu avait immédiatement sauté aux yeux de la Langue de plomb plus expérimentée.
Achat d'un cadeau d'anniversaire. Relation sincère ou jeu de rôle pour maintenir les apparences ?
Il ne savait pas encore. Le personnage d'Edward Elric lui paraissait trop flou. Pour l'instant, il n'en avait qu'une idée imprécise et le portrait qu'il avait de lui dressait une liste de suppositions. À la fin de toutes ces recherches, il en était arrivé à une nouvelle conclusion. Pour résoudre le mystère Alighieri, il fallait le prendre dans sa globalité. Et sans Elric, il ne possédait que la moitié de la clé menant à la vérité.
Ce soir-là, Edward se glissa dans ses draps agréablement tièdes qui lui donnaient de bonnes perspectives d'un sommeil long et réparateur. Cependant, il n'avait pas l'esprit à ça. Sa visite à Sirius durant l'après-midi lui avait laissé un arrière-goût amer et une migraine impossible à gérer.
Quelque chose clochait. Un élément mis en avant par Sirius lui avait mis la puce à l'oreille, mais ce n'était qu'une étincelle qu'il avait perdue aussitôt apparue. Une idée si lointaine, si vague... Une impression qui ne le quittait pas. Il ne cessait d'y penser et il se repassait encore et encore tout ce qui s'était dit durant l'après-midi.
« Résumons-nous. D'abord vous avez vu l'elfe dans la tribune officielle. Elle gardait une place pour Mr Croupton, d'accord ? Mais Croupton n'a pas assisté au match ? »
Il n'y a pas assisté. Donc la place était vide, logiquement.
Où se situait le problème dans cette affirmation ? Quel élément lui avait sauté aux yeux avant de vite repartir pour le torturer pendant des heures ?
Il n'était pas venu. Son siège était resté vide.
Mais... peut-être pas finalement.
Edward haussa un sourcil. Il venait d'avoir une toute nouvelle idée. La réponse était-elle là depuis le début, juste sous son nez ? Il se souvenait du match, de son impression alors que Croupton ne venait pas, de la bousculade dans le vide, de l'air effrayé de Winky.
Oui... La bousculade... Il reconnaissait cette impression maintenant qu'il y repensait. C'était la même que celle qui ressentait depuis bientôt une semaine alors que le trio les suivait sous une cape d'invisibilité. C'était donc ça, ce pressentiment ! Quelqu'un avait assisté au match caché sous une cape et ce n'était pas Croupton, sinon il serait venu sans déguisement, le contraire n'aurait pas de sens. Ce qui signifiait que tout ce temps, quelqu'un avait été assis à côté de lui. Winky avait été terrifiée autant par sa peur du vide que par le coup involontaire d'Edward donné à son accompagnateur. Elle savait qu'il se tenait là, invisible, donc Croupton aussi savait. Il lui avait donné l'ordre d'accompagner cette personne !
Curieux, Edward se redressa dans son lit pour creuser cette piste qui l'intriguait. Pourquoi Croupton n'avait-il pas invité officiellement la personne qui se cachait sous la cape ? Quelqu'un de si haut placé aurait pu inviter n'importe qui, même une maîtresse, sans que ça paraisse louche. Il n'avait aucune raison de vouloir cacher l'identité de son invité. Donc, Edward en venait à une réponse logique : La personne ne devait surtout pas être vue. Pour quelle raison ? Edward voyait deux possibilités : soit la personne était une célébrité qui ne voulait pas être harcelée (et même dans cette situation, des gardes du corps auraient suffi), soit c'était une personne qui aurait paru suspecte dans la tribune officielle. En vérité, il y avait une troisième hypothèse qui complétait les deux premières : la personne restait sous la cape parce qu'elle était célèbre de la mauvaise façon.
Néanmoins, Croupton incarnait l'image de l'intégrité et aider une personne telle que celle qu'il s'imaginait n'était pas son genre. En plus, une personne de mauvaise réputation n'était pas forcément toujours une mauvaise personne tout court. Dans quelle catégorie cet inconnu entrait-il ? Bonne ou mauvaise personne ? Présente pour assister au match ou pour semer le trouble ?
Edward fronça soudain les sourcils. Voilà l'élément qui l'avait fait tiquer !
« Harry, est-ce que tu as vérifié si ta baguette était toujours dans ta poche quand tu as quitté la tribune ? »
Comme il l'avait pensé, l'inconnu sous la cape était de mauvaise réputation. Il avait pris la baguette de Harry à ce moment-là. Plus tard, il avait lancé la Marque des Ténèbres pour signifier le retour prochain de son maître... quand il aurait terminé son œuvre à Poudlard cette année, son identité protégée par le Polynectar... Les coïncidences pouvaient-elles décemment être si nombreuses ?
Serait-il possible que l'imposteur de Poudlard soit l'inconnu sous la cape ? Mais pourquoi Croupton, le célèbre chasseur de mages noirs, en aurait caché un ? Était-il sous influence d'un maléfice ? Si c'était le cas, il ne comprenait pas beaucoup l'intérêt de lui avoir gardé un siège si ce n'était pas pour tuer quelqu'un dans la tribune officielle. Ça voulait dire que le Mangemort sous la cape désirait assister au match. Il aurait pu venir plus simplement et facilement avec moins de risques d'être pris d'une autre manière que de manipuler un membre important du ministère. Car après tout, peu de Mangemorts avaient échappé à Azkaban et la plupart étaient de bonne réputation désormais (il pensait à l'exemple des Malefoy, mais ils avaient un alibi). C'était peut-être un mage noir censé être à Azkaban et qui se serait échappé.
Il y avait une autre possibilité, qui ne niait pas la précédente :
Barty Croupton avait sciemment et volontairement invité l'inconnu à venir assister au match pour se divertir. Et à partir de là, Edward ne pensait plus qu'à une seule personne pour coller avec le caractère et l'entourage de l'homme. Bartemius Croupton Junior vivait. Hors d'Azkaban. Le chasseur de mage noir s'était adouci avec le temps. Au moins pour son propre fils. Ça lui paraissait complètement hors caractère, mais en même temps, la froideur de cœur de l'homme lui avait toujours paru trop exagérée. Aucun père ne pouvait faire subir un tel sort à son enfant sans ressentir de terribles remords un jour ou l'autre. Voyant sa famille mourir à petit feu, il aurait voulu arranger les choses comme il le pouvait en sauvant son fils. Cette théorie fonctionnait.
Mais quand Barty Croupton Junior aurait-il eu l'occasion de s'échapper d'Azkaban et comment ce fait aurait-il pu rester secret si longtemps ? Dix années en liberté et jamais découvert par personne ? Aurait-il usé d'un stratagème semblable à celui de Peter Pettigrow en prenant une forme Animagus pendant tout ce temps ? Ou bien s'était-il barricadé chez les Croupton pour que jamais personne ne le reconnaisse ? Comment avait-il pu simuler sa mort ? Les gardiens d'Azkaban avaient bien dû trouver un corps, puisqu'ils l'avaient enterré dans les champs qui entouraient la prison.
À moins que...
« Étant donné la position importante de Croupton dans la hiérarchie du ministère, lui et sa femme ont été autorisés à lui rendre une ultime visite sur son lit de mort »
« C'est la dernière fois que j'ai vu Barty Croupton »
« Croupton Senior n'est jamais venu demander le corps de son fils »
« Mrs Croupton est morte peu après »
Les paroles de Sirius prenaient tout à coup un sens bien différent.
Était-il vraisemblable de penser que — par un subterfuge dont il n'avait encore qu'une idée vague — l'évasion du Mangemort se soit opérée ce jour-là et que depuis lors il vivait en liberté, sous la protection de son père ? Pendant toutes ces années... Barty Croupton aurait caché ce terrible secret ? Avec l'aide de Winky, sa fidèle elfe de maison, qu'il avait renvoyée après qu'elle ait laissé son jeune maître s'enfuir et faire apparaître la Marque des Ténèbres.
« Quand la Marque des Ténèbres est apparue et que l'elfe a été découverte avec la baguette de Harry, qu'est-ce qu'a fait Croupton ? »
« Il est allé voir dans les sous-bois. Mais il n'y avait personne. »
Personne de visible. Croupton Junior avait dû être stupéfixié et son père avait vérifié qu'il était bien caché pour aller le rechercher plus tard quand il n'y aurait plus aucun témoin. À moins que le Mangemort n'ait réussi à s'enfuir ?
Était-ce là l'explication de l'étrange maladie frappant Barty Croupton ? Pourquoi s'absentait-il sans cesse ? Partait-il à la recherche de son fils ? Pourquoi n'apparaissait-il plus en public ? Les lettres que Percy recevait étaient-elles réellement de sa main ? Le fils avait-il pris le contrôle de la vie de son père ? L'avait-il tué ? Il pouvait très bien être en train de tirer les ficelles dans l'ombre depuis tout ce temps sans que personne ne se doute de rien. Encore moins Percy, qui ne connaissait pas encore assez bien son supérieur pour savoir que c'était bien lui qui lui écrivait régulièrement. Pourtant, le frère de Ron était intelligent, très, mais bien trop imbu de sa personne pour faire attention aux détails. Il était fier de travailler à un poste important et ne regardait rien d'autre. Cette erreur pouvait se comprendre. Mais ça ne réglait pas le problème de la maladie de Croupton qui faisait couler tant d'encre dans la presse. Quand avait-il été vu en vie pour la dernière fois ? En novembre, d'après les journaux.
« Toutes ces absences de Barty Croupton... Il prend la peine de demander à son elfe de lui garder une place pour la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, mais il ne vient pas regarder le match. Il travaille avec acharnement pour faire renaître le Tournoi des Trois Sorciers, mais il ne vient pas non plus y assister... Ça ne ressemble pas à Croupton. »
Alors, avec grande horreur, les pièces du puzzle se mirent en place d'elles-mêmes.
« Ça ne ressemble pas à Croupton ».
Le sortilège d'Impérium. Il n'était ni mort ni malade. Il était soumis à la volonté de son fils, ou d'un quelconque autre Mangemort.
Edward avait déjà assez vu cet Impardonnable à l'action sur ses camarades et en particulier sur Envy pour en connaître les effets. Comme il l'avait craint, Croupton Junior tirait les ficelles depuis tout ce temps. Il savait que son père travaillait sur le tournoi, et il en avait profité pour préparer son plan. Puis il avait jeté le nom de Harry dans la Coupe de Feu. Tout ça grâce à l'apparence qu'il avait prise avec le Polynectar pour pénétrer dans Poudlard sans être reconnu. Comme Sirius l'avait dit, Croupton Senior avait réservé une place pour la Coupe du Monde, mais c'était son fils qui s'y était rendu. Ne serait-ce pas la même chose pour le tournoi ? Croupton Senior organisait les festivités, puis c'était son fils qui y assistait. Mais cette fois, il n'utilisait pas une cape d'invisibilité, mais du Polynectar.
Il se dissimulait là, tout proche. Il semblait peut-être inaccessible, mais Edward avait une longueur d'avance. Son ennemi avait commis une grossière erreur.
La carte du Maraudeur.
Avant de quitter Sirius plus tôt dans la journée, Edward lui avait demandé si une personne camouflée ou transformée par Polynectar voyait son vrai nom apparaître. Patmol lui avait répondu par l'affirmative, un peu déconcerté par la question. Il venait de résoudre le mystère grâce à ce détail. Minuscule détail qui résolvait cette situation.
Car si le vrai nom du Mangemort sous couverture apparaissait clairement, l'actuel propriétaire de la carte ne pouvait pas l'ignorer. Maugrey avait vu ce nom et le voyait toujours à la place d'une autre personne. Pourtant, il n'en disait rien à personne.
Il y avait deux explications possibles.
Soit il était le complice de Barty Croupton Junior... Soit il était Barty Croupton Junior en personne.
