Chapitre vingt-cinq : Le testament de Nicolas Flamel
Attablé dans un coin de la salle commune des Serdaigles qu'il ne quittait que pour aller dormir, Edward travaillait d'arrache-pied pour décoder les notes de Xenophilius Lovegood dans son roman d'amour. Trier les dialogues mielleux des informations intéressantes se révéla un exercice des plus stimulant lui faisant renouer agréablement avec son ancien lui. Que d'heures passées dans la bibliothèque de Central, Alphonse à ses côtés... Ou les visites opportunes de Hughes quand la pression avait besoin de redescendre. Tout était différent et complètement semblable. Seuls les acteurs avaient changé, pas les situations, ce qui l'encourageait à réussir, car s'il avait réussi une première fois, il le pouvait une seconde.
De plus, ce travail titanesque de déchiffrement le distrayait de l'enquête officielle du Bureau des Aurors qui n'avançait pas. Winky demeurait introuvable et Bertha Jorkins toujours recherchée. D'après Croupton, elle était morte par sa faute et Edward n'en doutait pas un instant. Depuis tout ce temps, elle ne pouvait qu'être morte en Albanie, tuée par Voldemort ou par l'imposteur, tout comme Croupton...
Edward appuya sur sa plume sans remarquer que ses gribouillis de sa réflexion avaient fini par percer le parchemin.
Barty Croupton Junior. Qu'avait-il voulu dire par : « mon fils... ma faute » ? Voulait-il dire dans son dernier délire de mourant que c'était de sa faute qu'il soit allé à Azkaban et soit mort là-bas ? Bien sûr que c'était de sa faute. Tout le monde s'accordait là-dessus. Alors, pourquoi le préciser ? Une dernière expression d'un vieux remord ? Car comment ne pas en éprouver pour un fils que l'on avait envoyé à la mort. Mais Edward ne pouvait s'empêcher de penser que le lien se trouvait autre part.
Envy n'avait cessé de lui répéter et répéter encore ce qu'il s'était passé, sur ses ordres, afin d'obtenir le plus de détails, même insignifiants. Et Envy avait bien démarqué une différence entre les moments de lucidité et de délire de Croupton. Il n'avait pas déliré en parlant de son fils. Il avait une importance dans le retour de Voldemort, mais comment ? Bien sûr, Edward savait pertinemment qu'à l'époque il était un Mangemort fidèle, mais mort, à quoi servait-il ici ?
Edward se mordit le pouce.
Tout serait tellement plus simple si Croupton Junior était encore en vie. Là, au moins, Edward n'aurait plus aucun doute qu'il soit l'imposteur.
Une goutte chaude tomba sur sa main, puis une autre tomba sur son parchemin, brouillant les lignes. Edward mit sa main en coupe sous son nez pour retenir le saignement puis partit à la recherche d'un mouchoir, Croupton Junior tout oublié.
Dans le même temps que ses recherches, les employés du ministère se firent plutôt discrets, après que Dumbledore se soit assuré de la tranquillité de ses étudiants et plus encore de ses deux protégés, surtout après l'entretien catastrophique avec Keith McKollughan. Envy demanda également au directeur de l'exempter d'une quelconque consultation d'un psychomage après la mort de Croupton et sa requête lui fut difficilement accordée. Finalement, Dumbledore décida de croire son élève sur parole quand il affirmait pouvoir s'en sortir par ses propres moyens. Harry et Viktor furent donc les seuls à devoir subir plusieurs séances durant la semaine à grand renfort de potions de Sommeil sans rêves données à foison par une Mrs Pomfresh inquiète. Elle se disputa d'ailleurs avec Dumbledore à propos d'Envy, mais il obtint gain de cause.
Une certaine paix s'installa dans l'école, malgré les rondes des Aurors et l'enquête en cours. Les rumeurs couraient dans les couloirs et les regards méfiants traînaient dans les recoins sombres, de peur de voir soudain un meurtrier apparaître. Personne n'avait laissé filtrer l'information concernant le Polynectar, afin d'éviter un mouvement de panique.
En dehors de cela, les paris sur les obstacles contenant le labyrinthe augmentaient au fur et à mesure que la date butoir approchait. Plus qu'un mois avant la troisième et dernière épreuve. Pour se préparer, Harry s'entraînait aux maléfices et sortilèges dans sa salle commune avec l'aide d'Hermione et Ron (qui servait plus de cobaye que de professeur), et Envy l'imitait, aidé par quelques élèves très enthousiastes. Il s'entraîna en priorité sur les sorts de désarmement et de stupéfixion, comme le lui avait conseillé Sirius, et y mit toute son énergie et son temps libre, négligeant les devoirs et les révisions. De toute façon, comme il adorait le répéter à ses amis malchanceux, lui n'avait à passer aucun examen. « Heureusement, sinon tu ne passerais jamais », rétorqua un jour Edward moqueusement.
Sans le savoir, son ami le « génie » avait mis le doigt sur son plus grand et nouveau complexe, lui qui en était déjà grandement pourvu. Il se sentait à la traîne. Même s'il arrivait à peu près au niveau standard, Envy ne trouvait que difficilement de l'intérêt dans ce que les professeurs déblatéraient et c'était encore plus laborieux de retenir leurs cours. Même Ron se débrouillait mieux que lui, et en plus il avait davantage de connaissances, étant un Sang-Pur. Envy ne se tenait à flot qu'à grand-peine et désespérait de quitter la queue de classe.
Edward, lui, était toujours le meilleur élève, ou se disputait la place avec Hermione ou quelques-uns de ses camarades de Serdaigles. Et encore, ce n'était que pour les matières pratiques comme enchantement ou sortilèges. Dès que la matière se théorisait et qu'il n'avait pas le problème de manque de puissance, il s'en sortait haut la main. Ces derniers temps, ses notes étaient descendues en flèche, mais on pouvait décemment lui accorder qu'il avait une très bonne excuse.
Pour compenser, Envy s'entraînait sans relâche. À force de pratiquer, il sentait la puissance de ses sorts augmenter. Encore une fois, la théorie d'Edward se confirmait. La Vérité ne leur permettait d'évoluer que par palier. Avide de faire ses preuves, Envy apprenait tout ce qu'il pouvait auprès des Serpentards désireux de le voir gagner le Trophée des Trois Sorciers. Désormais, il possédait un sacré répertoire dont il aimait se vanter. Seulement, la seule personne qu'il désirait impressionner ne lui montrait que peu d'intérêt.
Il avait envie qu'Edward soit fier de lui. Plus qu'avant encore. Le soir souvent, il quittait ses dortoirs et allait envahir ceux des Serdaigles pour partager ses progrès avec grand enthousiasme. La plupart du temps, Edward se montrait plutôt inexpressif et distrait, plus absorbé par sa lecture de ce stupide roman d'amour que par son discours. Il répondait par de laconique « hum hum » avant de tourner une page. C'était lassant et vexant. Pourtant, avec tous les autres, Envy captivait les foules ! Pourquoi Edward était-il le seul à être insensible à son charme ?
– Le maléfice de Réduction ? répéta Edward, en relevant enfin les yeux de son livre pendant quelques secondes avec un vrai regard appréciateur. C'est vraiment bien.
Heureux du compliment, Envy sourit alors qu'Edward baissait le regard sur sa lecture. Dès qu'il se laissait à la moindre remarque positive, l'Homonculus sentait son ventre se serrer, mais ce n'était pas désagréable. Loin de là. Par contre, les mains moites, il s'en passerait volontiers.
D'ailleurs, Envy essuya discrètement ces dernières sur son pantalon pendant qu'Edward avait le nez plongé dans son livre tout en se battant mollement avec Greta qui jouait avec ses pages, couchée sur le dos et taquine. Ennuyé, Envy l'imita en se couchant en travers du lit et prit une partie des notes d'Edward pour les lire. Il fronça des sourcils devant les morceaux incomplets de phrases brouillonnes, puis sourit en regardant la marge, dans laquelle Edward s'était laissé aller à quelques digressions en dessinant des choses qui n'avaient aucun sens. Même s'il savait depuis le temps qu'il ne savait pas dessiner, c'était impressionnant de nullité. Surtout quand on comparait ces gribouillages aux cercles alchimiques et symboles parfaits juste à côté.
Distrait, Edward avait croqué quelques cercles de transmutations simples dont Envy ne connaissait pas le sens. Il n'en connaissait que peu, en fait. Intrigué, Envy les tourna dans plusieurs sens, les bras tendus au-dessus de sa tête.
– Il y a quelque chose que je ne comprends pas.
– Comme si c'était une surprise, répliqua Edward du tac au tac.
– T'es toujours en train de me chambrer toi, commenta Envy avant de reprendre en se redressant pour se mettre en tailleur. On partage une Porte, tous les deux, OK ?
Cette fois, Edward baissa son livre sur sa poitrine, au-dessus du chaton qui miaula de protestation.
– Pour utiliser l'alchimie, il faut une Porte...
Envy envoya un long coup d'œil à Edward qui le fixait en agrandissant l'œil et avançant la tête dans une mimique qui signifiait clairement « J'attends, dépêche-toi d'accoucher ». Le Serpentard leva les yeux au ciel et montra les cercles de transmutation.
– Pourquoi tu n'arrives plus à l'utiliser alors ?
Edward releva son livre pour le fermer et libérer le chaton qui glissa dans son cou dans un petit bruit mat.
– Je ne sais pas. C'est sûrement pour la même raison que l'on n'a pas assez de puissance pour pratiquer beaucoup de magie. On doit partager une Porte et en plus tu es un Homonculus, et ils ne peuvent pas utiliser l'alchimie. Ça fait plein de raison pour que ce soit impossible.
Envy resta pensif un moment.
– Donc théoriquement, quand je serai devenu humain, tu pourras la réutiliser ?
– Je n'y avais jamais pensé, avoua Edward, soudain pensif. Eh bien, je pense que c'est une possibilité, sans que je retrouve la même puissance qu'avant. Même toi tu devrais pouvoir l'utiliser, du coup. Mais je ne suis pas sûr que je veuille encore en faire. Ça fait partie du passé. À quoi ça pourrait me servir... ?
Il s'interrompit de lui-même en fronçant les sourcils. Un problème épineux auquel il était confronté depuis des mois venait peut-être de se résoudre. Et si, en revenant à Amestris après la fin de la mission, il avait retrouvé son alchimie ? C'était ça la solution pour échapper à son exécution ? Une simple transmutation et il se sauvait la vie ? À partir de là, il pourrait fuir. Aller à Xing avec Al, peut-être ? Recommencer une nouvelle vie...
Edward sentit le regard d'Envy posé sur lui alors qu'il restait figé en position statique face à lui en observant ses moindres tics du visage, comme il se surprenait à faire de plus en plus souvent. Cette nouvelle habitude le perturbait. Envy s'aperçut qu'il était pris en flagrant délit et il détourna le regard en se grattant derrière l'oreille par réflexe.
Cette nuit-là fut hantée par de nombreux démons qu'Edward aurait préféré ne pas connaître. Après avoir pensé à la possibilité d'un retour à Amestris, tous les scénarios valables s'étaient présentés à lui, mais aucun ne lui plaisait. Il s'était imaginé transmuter ses liens puis prendre la fuite en combattant contre tous les soldats présents à l'exécution publique. Il mourrait indéniablement. Puis il s'était imaginé transmuter le gibet contre lequel il était ligoté. Avec une diversion simple, il pourrait s'enfuir dans la foule, en espérant réussir à ne pas être attrapé et que l'armée n'oserait pas tirer sur des civils. Mais c'était quitte ou double. Il ne supporterait pas que dans un élan de panique, il devienne la cause de la mort d'innocents. En dernier, il s'était imaginé se libérer de ses liens puis transmuter un tunnel sous lui avant de quitter la ville de cette manière en comptant sur sa vitesse d'action et l'effet de surprise.
Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Il ne voyait pas. Et même s'il réussissait à fuir, où pourrait-il aller ? Milos, pour se réfugier chez Julia Crichton, Creta, comme réfugié politique, en République d'Aerugo, où il avait mené une mission diplomatique ? Même Drachma était une possibilité envisageable. Le choix le plus judicieux qui lui vint pourtant directement fut Xing, en toute logique. Il serait sous la protection de l'Empereur lui-même et vivrait aux côtés d'Al, Ling, Ran Fan et May. Mais cela ne menacerait-il pas la paix qui régnait entre les deux pays ? Même si le désert qui les séparait assurait une certaine tranquillité et une impossibilité technique à mener une guerre, pourrait-il prendre le risque de revenir juste pour son souhait égoïste ?
Las, Edward s'allongea, déprimé. Son espoir d'avoir trouvé la solution à son problème s'était vite évaporé. Il n'en était plus au même point qu'avant cette théorie de l'alchimie retrouvée, il se sentit encore plus pessimiste. Pourtant, il avait vraiment cru que la Vérité ne s'était pas moquée de lui.
Hanté par cette pensée déprimante, il avait veillé pendant des heures, incapable de fermer les yeux sans voir le sang, la guerre et la souffrance. Pour oublier ses cauchemars, il se remit au travail avec plus d'acharnement pendant deux nuits d'affilée, jusqu'à réussir à trouver la clé de code manquante. Celle-ci rendait tout le roman de Lovegood bien plus intéressant en donnant une vue d'ensemble du Département des Mystères. À l'époque de la rédaction du livre, il contenait quatre salles : celle aux douze portes, celle du Temps, celle du Futur et celle de la Mort.
En lisant les expériences menées dans toutes ces salles, il ne comprenait pas pourquoi faire tant de secrets. Mais il comprit bien vite que ce n'était sûrement que la face visible de l'iceberg. Après tout, Xenophilius n'avait pas eu un accès complet au service étant donné que cette œuvre était illégale, donc il n'avait pas dû pouvoir visiter les « laboratoires », si tant était que les sorciers en aient également. Cependant, même si ce n'était pas complet, c'était de source sûre et de plus, Edward pensait avec conviction que McKollughan travaillait dans la toute dernière salle : celle de la Mort.
D'après la description disséminée au fil des pages, cet endroit ressemblait à une grande salle circulaire qui faisait grandement penser à la Cour de Justice où Envy et lui étaient passés l'an passé. Le plus intéressant, pourtant, était la présence d'une arcade au centre de cette pièce. À quoi pouvait-elle bien servir ? Xenophilius ne le savait pas exactement, mais il précisa qu'à proximité de l'arcade, des murmures s'en faisaient entendre. D'après ce qu'il avait récolté comme informations, une légende disait que c'était un « passage vers la mort ».
Bingo.
Edward en était certain, c'était cette arcade qui communiquait avec la Vérité et c'était parmi ces murmures que McKollughan avait entendu sa voix. Mais que devaient-ils en faire ? La protéger... ou la détruire ? Et si c'était cette dernière option, alors pourquoi avoir créé l'arcade en premier lieu ? À moins que le Vérité n'ait eu aucun choix et que les sorciers l'avaient fabriqué sans savoir ce qu'ils créaient vraiment ? Dans ce cas, Envy et lui joueraient le rôle des nettoyeurs, en quelque sorte, des erreurs des sorciers ? Il commençait sérieusement à se demander si de la mission confiée par la Vérité, Voldemort n'était pas qu'un prétexte et que le réel objectif était d'empêcher qui que ce soit d'autre — lui compris — de soumettre la Mort, alias la Vérité.
– Dumbledore, j'ai bien peur de ne pas voir le rapport entre les deux, je ne le vois même pas du tout ! dit Cornélius Fudge. Ludo dit que Bertha est parfaitement capable de se perdre toute seule. J'admets que nous aurions dû la retrouver à l'heure qu'il est, mais nous n'avons pas la preuve pour autant qu'il se soit passé quelque chose de louche, Dumbledore, pas la moindre preuve.
– Croupton a explicitement dit que Bertha était morte par sa faute. Que faites-vous des dernières paroles qu'il a prononcées avant d'être assassiné ? Nous avons toutes les preuves qu'il nous faut !
– Excusez-moi, mais le témoignage d'Alighieri ne me convaic pas.
– Pour quelle raison, je vous prie ? Sa parole revêt autant de poids qu'une autre. Il nous a tout rapporté avec le maximum de fidélité ce que Mr Croupton a dit, et cela concernait clairement Bertha Jorkins et Lord Voldemort, asséna Dumbledore en ignorant le violent frisson de Fudge, une protestation au bout des lèvres. Nous ne pouvons pas ignorer cette menace. Vos Aurors ont bien trouvé des preuves à son domicile prouvant qu'il se serait échappé d'une longue séquestration et tout cela dans le but de me prévenir du danger.
– Il était complètement confus ! Sinon, il serait directement venu au ministère pour prévenir les autorités compétentes au lieu d'errer dans la forêt pendant des jours !
– À moins qu'il se doute que vous ne le croiriez pas et qu'il ait préféré aller frapper à une autre porte.
– Qu'insinuez-vous par là ? s'emporta Fudge en bondissant de son fauteuil, le visage rouge de fureur.
– Les signes sont là, je ne fais qu'exposer des évidences. Lord Voldemort pourrait revenir, cela a toujours été une possibilité, et aujourd'hui, trop de choses étranges ont lieu. La mort de Frank Bryce — en lien avec la famille Jedusor —, la disparition de Bertha Jorkins, la séquestration et l'assassinat de Barty Croupton, le nom de Harry Potter jeté dans la Coupe de Feu, la violente agression qu'a subie Edward Elric... Tout est d'une façon ou d'une autre lié à Voldemort. Il a des alliés, soyez-en sûr. Et nous avons la conviction que l'un d'eux s'est introduit à plusieurs reprises à Poudlard grâce à du Polynectar.
– On m'a déjà mis au courant de cette absurde théorie et je ne peux que fermement vous contredire. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est mort, détruit il y a plus de treize ans ! Il ne revient pas, ce ne sont que des théories farfelues et des coïncidences.
– Vous refusez la réalité parce qu'elle vous fait peur !
– Comment osez–
On frappa trois coups timides à la porte qui firent s'interrompre la conversation houleuse.
– Entrez.
La porte du bureau de Dumbledore s'ouvrit et Harry Potter s'avança, l'allure incertaine. Dès qu'il vit le visage pâle de son élève, Albus craignit le pire. Le garçon ne serait pas venu jusqu'ici sans une excellente raison.
– Harry ! dit Fudge d'un ton jovial forcé en s'approchant de lui. Comment vas-tu ?
– Très bien, répondit Harry d'une petite voix.
– De quoi as-tu besoin, Harry ? s'enquit Dumbledore en se levant pour s'approcher. Tu devrais être en cours, il me semble.
Se balançant légèrement d'un pied à l'autre, Harry avait les bras croisés nerveusement et jetait de fréquents coups d'œil vers Fudge. Dumbledore comprit le message et se tourna vers le ministre de la Magie pour lui signifier que leur entretien était terminé, avant de lui permettre de piocher une grande poignée de poudre de cheminette. Fudge annonça distinctement sa destination avant de disparaître en une gerbe de flammes vertes. Pendant ce temps, Harry était resté debout près de la sortie, la main tâtant distraitement sa cicatrice de temps en temps. Elle avait enfin cessé de lui faire mal et maintenant qu'il se trouvait ici, il se sentait bien plus calme, sachant qu'il pourrait bientôt raconter le rêve qu'il venait de faire.
– Alors, Harry, reprit Dumbledore d'une voix douce lorsqu'ils furent seuls. Tu voulais me dire quelque chose ?
– Oui, répondit Harry. Professeur, j'étais au cours de divination et euh... je me suis endormi...
Il hésita en se demandant s'il allait s'attirer une réprimande, mais Dumbledore se contenta de sourire avec indulgence.
– Alors, j'ai fait un rêve, poursuivit Harry. J'ai rêvé de Voldemort. Il s'en prenait à Pettigrow... Parce qu'il avait commis une erreur. Mais un autre homme est arrivé, je ne sais pas qui c'est, et il a dit qu'il avait réparé l'erreur en... tuant Mr Croupton.
Aussitôt, Dumbledore eut un sursaut, pendu à ses lèvres. Il se retint à grand-peine d'interroger son élève sur l'inconnu. Se pourrait-il qu'il ait vu l'imposteur en rêve ?
– Ensuite... Voldemort a dit que Pettigrow ne serait pas livré au serpent qui se trouvait à côté de son fauteuil. Il disait... Il disait que c'était moi qu'il allait donner à manger au serpent...
– Et l'autre homme, celui que tu ne connais pas, a-t-il dit quelque chose d'autre ?
Harry se tordait les mains, les yeux fuyants et l'air effrayé. Plus effrayé encore que par la menace qui pesait sur lui.
– Il a... Il a parlé d'Ed... d'Edward, je veux dire. Elric. Je n'ai pas bien compris tout ce qu'ils ont voulu dire, mais il parlait du secret de l'immortalité. Il a dit qu'il avait découvert où trouver des travaux de Flamel... et que s'il n'y trouvait rien, il a dit qu'il y avait un autre moyen... Parce qu'il a eu accès au rapport d'enquête des Aurors qui dit qu'Ed et Envy Alighieri étaient proches de Nicolas Flamel avant sa mort... et qu'Edward savait sûrement comment fabriquer la pierre philosophale... Mais ça n'a pas de sens, ajouta immédiatement Harry. Quand on a discuté de la pierre philosophale avec eux, ils ne savaient pas que Mr Flamel en avait fabriqué une. Voldemort fait erreur et va s'en prendre à eux pour rien !
Perplexe, Dumbledore fronça légèrement les sourcils devant l'information délivrée par Harry.
– Quand avez-vous eu cette discussion à propos de la Pierre ?
– Euh... C'était après le meurtre de Mr Croupton, Hermione pensait que l'immortalité dont il parlait avait un rapport avec la pierre philosophale. Ed et Envy semblaient vraiment surpris qu'on parle de ça.
Harry se tut, inquiet et curieux. Face à lui, Dumbledore paraissait plongé dans d'intenses réflexions, les doigts croisés devant son visage fermé.
– Dans ton rêve, que s'est-il passé d'autre ?
– Le troisième homme a dit qu'il fallait enlever Ed-Edward comme il n'allait pas coopérer... Vous pensez qu'ils vont s'en prendre à lui ?
Dumbledore secoua la tête, défaitiste.
– Je crois que c'est déjà fait, malheureusement. Tout ceci explique l'agression dont Mr Elric a été victime. Il est devenu une cible privilégiée, il semblerait.
Harry pâlit davantage à ce constat, et Dumbledore ne dit rien pour le rassurer, préférant se plonger dans ses réflexions. Ce qui l'intriguait, c'était la raison pour laquelle Voldemort ne s'intéressait qu'à Edward et non à Envy. Pourtant les deux garçons partageaient les mêmes secrets et étaient tous deux les protégés de Nicolas. L'explication devait se trouver dans la confrontation qui avait opposé Edward à l'imposteur quelques semaines plus tôt. Peut-être que le garçon avait fait croire à l'imposteur qu'il était le seul à connaître le secret ? Connaissant les instincts protecteurs d'Edward, cette possibilité ne l'étonnerait guère et lui semblerait même la plus probable.
Si seulement il pouvait défaire ce sortilège d'amnésie et découvrir tout le pot au rose ! Malheureusement, les médicomages avaient été formels : les dégâts sur le système nerveux du blessé étaient trop conséquents pour utiliser les méthodes traditionnelles afin de lui faire recouvrer la mémoire. Seul le temps le permettrait, avec de la chance. Jamais Pomfresh ne le laisserait pousser le processus en mettant la santé de son patient en danger.
Sombre, Dumbledore expira bruyamment en baissant la tête vers Harry, qui gigotait sur place.
– Est-ce tout ?
Apparemment soulagé d'avoir à nouveau la parole, Harry déballa la fin de son récit en un souffle.
– À la fin, Voldemort a jeté le sortilège Doloris à Pettigrow pour le punir de son erreur et ma cicatrice s'est mise à me faire si mal que je me suis réveillé. C'est tout, conclut Harry en se frottant instinctivement le front.
– Je vois... Est-ce que ta cicatrice t'a fait mal au cours de l'année, à part le jour où elle t'a réveillé, cet été ?
– Non, c'est la première fois, répondit Harry qui ne se demanda même pas comment il pouvait savoir pour cet été, c'était sûrement Sirius qui le lui avait dit.
Dumbledore se leva et ouvrit la petite armoire derrière son bureau pour accéder à sa Pensine afin d'y déposer le souvenir de cette discussion. Le long fil argenté tomba dans la bassine en pierre avant d'y tournoyer doucement, rejouant silencieusement le discours de Harry Potter sur les nouveaux desseins du Seigneur des Ténèbres.
La pierre philosophale... Encore ce fléau. Même détruite, elle fascinait toujours autant. Voldemort n'avait pas compris son échec et souhaitait repartir à sa recherche, de toute évidence. Comme il l'avait craint, Edward et Envy deviendraient des cibles à cause de ce savoir qu'ils possédaient bien malgré eux. L'imposteur avait déjà informé son maître de tout cela, et à cause de l'enquête officielle qui pesait sur ses deux protégés, ils seraient encore plus en danger, car il semblait y avoir des fuites au ministère.
– Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry.
– Ça ? dit Dumbledore en sortant de ses pensées. C'est ce que l'on appelle une Pensine. Il m'arrive d'avoir l'esprit bousculé par un trop grand nombre de pensées et de souvenirs, alors j'y ai recours. Il suffit d'extraire les pensées inutiles de son esprit et de les déverser dans cette bassine pour pouvoir les examiner plus tard. Il devient alors plus facile de distinguer les structures et les liens qui les unissent lorsqu'elles se trouvent sous cette forme.
Pourtant, il n'avait toujours pas réussi à démasquer l'imposteur.
Intrigué, Harry s'approcha pour voir la Pensine de plus près.
– Vous voulez dire que... ce qu'il y a là-dedans, ce sont vos pensées ?
– Bien sûr, répondit Dumbledore, distraitement.
Trop de sujets d'inquiétude le prenaient depuis tout à l'heure. Qui était le troisième homme ? Était-ce l'imposteur ? Rôdait-il encore à Poudlard ? Sinon, quand était-il revenu au château ? Était-il un Auror, et dans ce cas, cela expliquait qu'il ait pu avoir accès à leur rapport d'enquête ? Il était si proche de la vérité ! Il suffisait qu'il connaisse le visage qu'Harry avait vu pour connaître son identité puis mieux mener les recherches. En plus, ce serait une preuve tangible de l'existence de ce mystérieux imposteur.
Par malheur, la loi lui interdisait de prendre un souvenir à un mineur sans le consentement d'un responsable légal. Il lui faudrait utiliser des moyens détournés.
– Harry, dis-moi à quoi ressemblait cet homme, dans ton rêve.
Le garçon baissa les yeux dans un coin, cherchant dans sa mémoire.
– Il était blond... Avec des taches de rousseur. Il avait un tatouage, sur le bras gauche... Ça représentait la Marque des Ténèbres. Je n'ai pas vu grand-chose d'autre.
S'il portait déjà la Marque, alors c'était obligatoirement un Mangemort de l'époque de la guerre, donc la liste des suspects s'amenuisait considérablement. Nombreux étaient enfermés à Azkaban, d'autres étaient morts, peu étaient en liberté. Ceux-là s'étaient rejoints pendant la Coupe du Monde de Quidditch en un groupe de dix personnes, sûrement les derniers jugés innocents ou n'ayant pas été inquiétés par la justice. Parmi eux se trouvait peut-être l'imposteur, à moins que ce soit lui qui ait fait apparaître la Marque des Ténèbres dans le ciel. Tant de possibilités...
Dumbledore effleura sa tempe du bout de sa baguette pour en ôter ses pensées et les déposer dans la Pensine. Harry serait peut-être capable de reconnaître l'inconnu parmi ces quelques suspects. Tous les procès de Mangemorts se trouvaient dans sa Pensine, il avait assisté à tous, sans exception, même si certains s'emmêlaient plus que d'autres. Le temps causait des ravages inévitables.
Les sourcils légèrement froncés, il remua les pensées, aussitôt, une salle floue apparut au fond de la bassine.
– Harry, j'aimerais te montrer quelques souvenirs, pour que tu me dises si tu reconnais l'homme de ton rêve, si tu veux bien.
Harry hocha la tête obligeamment et s'approcha de la Pensine avec une lueur d'intérêt dans les yeux. Un par un, Dumbledore passa plusieurs extraits épars qu'il avait des Mangemorts de l'époque. Malgré sa concentration et toute la bonne volonté qu'il y mit, Harry n'en reconnut aucun. Il sortit la tête de la Pensine avec une moue penaude, s'excusant auprès du directeur.
Dumbledore ferma les yeux, oppressé par un sentiment d'urgence qu'il ne comprenait pas. Edward Elric, sans aucun rêve, sans aucune Pensine, sans avoir connu la Première Guerre... Il avait découvert l'identité de cet imposteur. Sans rien d'autre que son cerveau. Et son instinct. Il fallait qu'il écoute son instinct, se morigéna Dumbledore, appuyé sur le rebord de la bassine de ses deux mains crispées. Que lui disait-il ?
Parfaitement immobile et toutes ses pensées tournées vers ce que ses sens lui dictaient, il se coupa du monde, oubliant son bureau, Harry, et tout son environnement. De quoi Sirius Black avait-il pu parler qui aurait mis la puce à l'oreille d'Edward ? Quel lien aurait-il pu trouver rien qu'avec cette courte discussion ?
« Mon fils... Ma faute... »
Soudain, tout lui parut aussi clair que de l'eau de roche. Il rouvrit les yeux et les posa sur la surface qui ondulait avant d'y plonger sa baguette.
– Harry... S'il te plaît.
Le garçon le fixait d'un air concerné et finit par plonger la tête pour assister au procès de Barty Croupton Junior. Tout à coup, Harry bondit en arrière.
– C'est impossible ! Sirius a dit... Sirius a dit qu'il était mort ! bégaya Harry, perdu. Comment ai-je pu rêver d'un homme mort que je n'avais jamais vu avant ?
– Qui, demanda Dumbledore en prenant Harry par l'épaule. Qui est l'homme de ton rêve ?
– Le fils de Barty Croupton, monsieur, bredouilla Harry. Mais c'est impossible...
Choqué, Dumbledore prit Harry par les deux épaules pour l'obliger à lui faire face et le regarder droit dans les yeux.
– Ne parle de ton rêve à personne. Pas même à Mr Weasley ou Miss Granger. Ni à aucun professeur, tu comprends ?
Harry hocha la tête, les yeux écarquillés.
– N'en dis pas un mot non plus à Sirius. Je compte sur toi. Me promets-tu de garder le silence ?
À nouveau, Harry ne put qu'acquiescer, enfin, le directeur le lâcha. Le cœur au bord des lèvres, Dumbledore resta longtemps penché sur sa Pensine, tentant de mettre de l'ordre dans ses réflexions. Cette révélation ne faisait que renforcer son impression que quelque chose approchait. Durant toutes ces années, le fils de Croupton avait été en vie, par quel moyen, il se le demandait encore, mais ce n'était pas le plus important. Ce qui comptait était que depuis la remise en place du Tournoi des Trois Sorciers, il pouvait être en train de tirer les ficelles.
Il sentait au fond de lui que le piège se refermait, et qu'il n'avait aucun moyen de l'éviter. Voldemort avait trouvé un moyen de revenir. Que ce soit grâce à Edward Elric ou Envy Alighieri ou Harry Potter, il reviendrait. L'un de ses sbires se cachait ici, à Poudlard, et agissait impudemment. Dumbledore avait pourtant gardé un œil, ainsi que Rogue et Maugrey, sur tous les individus suspects, sans résultat. Karkaroff semblait vouloir fuir à tout prix son ancien maître qui ne manquerait pas de se venger en le tuant. Madame Maxime n'avait aucun intérêt dans le retour de Voldemort, ou du moins il n'en connaissait pas. Mr Croupton n'était qu'une victime de ce complot. Ludo Verpey était hors de cause, depuis qu'ils avaient découvert la raison qui le poussait à tricher. Qui restait-il à soupçonner ? Fudge ? Les Aurors ? Des élèves ?
Si Barty Croupton Junior était en vie et utilisait du Polynectar comme Envy ne cessait de le soutenir, il pouvait se dissimuler sous les traits de n'importe qui ! Comment deviner l'identité qu'il avait usurpée ?
Mais oui ! Le nom écrit sur le bureau d'Alastor ! Edward n'avait pas désigné Barty Croupton Senior, mais son fils. Il savait que l'imposteur était cet homme censé être mort depuis presque vingt ans. Après avoir confronté Croupton Junior, il devait forcément savoir quel visage il arborait lorsqu'il venait au château.
Dumbledore lâcha ses pensées dans la Pensine. Il savait qu'il manquait quelque chose d'essentiel. Mais le choc de la nouvelle le clouait sur place et il ne parvenait plus à réfléchir posément.
– Professeur ? l'interpela Harry à voix basse, au bout d'un long moment de silence.
Reprenant conscience de son environnement, Dumbledore tourna un regard d'excuse à son élève.
– Excuse-moi, le pria-t-il en se rasseyant derrière son bureau, exténué.
– Est-ce que... est-ce que vous savez pourquoi ma cicatrice me fait mal ?
Cette question le taraudait depuis bien longtemps, et il ne possédait que quelques débuts de réponse, tous plus inquiétants les uns que les autres. Il se demandait bien ce qu'Edward Elric en conclurait.
– J'ai une hypothèse, rien de plus, admit-il enfin. Je crois que ta cicatrice devient douloureuse lorsque Lord Voldemort se trouve à proximité ou qu'il est pris d'un accès de haine particulièrement violent.
– Mais... pourquoi ?
– Parce que toi et lui, vous êtes liés par le sort qu'il t'a jeté et qui a raté. Il ne s'agit pas d'une cicatrice ordinaire.
– Alors, vous pensez que... ce rêve... Ça s'est vraiment passé ?
– C'est très probable. Harry... As-tu vu Voldemort dans ton rêve ?
– Non. Seulement le dos de son fauteuil. De toute façon, il n'y aurait rien eu à voir, n'est-ce pas ? Puisqu'il n'a pas de corps... Pourtant... Il tenait sa baguette... comment faisait-il ? dit lentement Harry.
– Oui... comment faisait-il ? murmura Dumbledore pour lui-même. Comment faisait-il ?
Le silence retomba comme une chape de plomb sur la pièce. Des années qu'il se doutait qu'un jour, Lord Voldemort reviendrait... Des années qu'il cherchait comment il aurait pu survivre... Et maintenant, Harry assistait à une scène vécue directement par Voldemort. À quel point étaient-ils liés ? Était-ce possible que ce soit par ce lien si spécial qui les unissait que Voldemort avait pu survivre jusqu'ici ? Dumbledore n'avait jamais entendu parler d'un tel phénomène, à part peut-être avec des rituels de magie particulièrement noire, ou de la nécromancie.
– Professeur, apostropha timidement Harry, brisant sa réflexion. Croyez-vous qu'il est en train de retrouver des forces ?
Dumbledore scruta son élève avec attention. Il aurait souhaité nier, le rassurer et lui dire que Voldemort ne reviendrait jamais. Mais Harry était intelligent. Il avait déjà compris tout cela. Il savait que des choses étranges se passaient cette année. Et il n'était pas le seul. Après tout, Envy lui avait assuré que Voldemort reviendrait. Il l'avait dit avec une telle conviction, que Dumbledore ne pouvait douter qu'il savait exactement ce que l'avenir leur réservait. Avec cette certitude, il fallait qu'il agisse.
– Une fois de plus, Harry, je ne peux exprimer que des soupçons.
Il soupira et parut plus vieux, plus las que jamais. Harry jeta un regard incertain vers la porte avant de regarder son professeur à nouveau.
– Euh... Vous savez, le procès du... fils Croupton, il a été envoyé à Azkaban, n'est-ce pas ? Sirius m'a dit qu'il était mort, alors comment pourrait-il être en liberté aujourd'hui ?
– Je n'en ai aucune idée, avoua Dumbledore en secouant la tête. Maintenant, je pense qu'il est temps que tu ailles prendre ton dîner dans la Grande Salle. Il est bientôt l'heure.
Harry comprit que l'entrevue était terminée et se dirigea vers la porte. Avant qu'il ait pu l'ouvrir, Dumbledore le retint encore un instant.
– Harry, ajouta-t-il. N'oublie pas ta promesse. Ne parle de ton rêve à personne ni de ce que tu as découvert aujourd'hui.
– Je ne l'oublierai pas, professeur, promit Harry en ouvrant la porte.
Elle se referma derrière lui et Dumbledore se releva pour atteindre sa Pensine où ses pensées se bousculaient en un grand tourbillon de mille couleurs. Pour le moment, la cicatrice de Harry n'était pas le plus urgent, mais Croupton Junior, lui, l'était. Et Dumbledore ne connaissait qu'une seule personne qui pourrait l'aider à répondre aux questions qu'il se posait.
Edward Elric.
La tentation se renforça, et le regard de Dumbledore se dirigea vers sa cheminée, où un faible feu grésillait. Son hésitation ne dura pas longtemps, même si son choix l'emplit de culpabilité. Sa main plongea résolument dans le sac de poudre de cheminette accroché au manteau de la cheminée. Alors il jeta sa poignée dans l'âtre et s'agenouilla au-dessus des flammes vertes.
– Bureau de Mrs Pomfresh !
C'était pour le plus grand bien. Du moins tenta-t-il de s'en persuader.
