Merci à E et So I'm dead pour leurs commentaires :)
NOTE : Il n'y aura plus de chapitres pendant une période qui pourrait aller d'une à trois semaines parce que je serai hospitalisée.
Chapitre vingt-six : Voyage en France
– Pourquoi tu ne veux pas nous dire ce qu'il s'est passé ? insista Ron.
– Dumbledore m'a fait promettre de n'en parler à personne, s'excusa Harry, en levant les paumes en signe de paix. Je ne peux rien dire... C'est trop...
Il ne supportait pas de ne rien pouvoir leur révéler. Il rêvait de pouvoir vomir ce flot d'information pour que ses amis puissent l'aider à comprendre ce qu'il se passait et qu'ils le rassurent. Mais Dumbledore s'était montré clair, et Harry refusait de mettre Edward en danger. La situation paraissait grave, et il ne comprenait pas à quel degré. L'absence de Dumbledore à la table des professeurs ne faisait que renforcer sa crainte. Et c'était sans compter le morceau de conversation qu'il avait surpris entre le directeur et le ministre de la Magie... Dumbledore pensait fermement que Voldemort revenait. C'était inquiétant. En plus, le ministère refusait de le croire.
– Tu n'as pas l'air bien, s'inquiéta Hermione, en face de lui.
Harry déglutit difficilement et se tourna vers l'autre bout de la pièce où Edward mangeait, complètement inconscient du danger qui pesait sur lui. Alors qu'il l'observait, la porte de la salle des professeurs s'ouvrit soudain dans un grand vacarme pour laisser entrer Rogue. La porte claqua derrière lui et il descendit l'estrade sous les regards intrigués de ses collègues et de nombreux élèves. Son regard noir scruta la foule puis, dans un mouvement de cape dont il avait le secret, il contourna la table de sa maison pour longer celle des Serdaigles.
Harry pâlit davantage et manqua de s'étouffer avec ses petits pois, sous les regards concernés de ses deux amis.
Rogue s'arrêta pile derrière Edward, qui leva le nez de son assiette avec un regard interrogatif. Ils échangèrent quelques paroles que Harry ne put bien évidemment pas entendre d'aussi loin, mais il remarqua sans peine les mines intriguées des élèves les plus proches de son ami. Ils le suivirent tous du regard alors qu'il se levait pour suivre le professeur de potion jusqu'à la salle des professeurs. Les murmures sur son passage se transformèrent en bavardages incessants alors que la porte se refermait derrière lui. McGonagall et Flitwick se levèrent pour prendre le même chemin qu'eux.
Blême, Harry se retourna vers son assiette, le ventre noué d'appréhension.
– Harry, que s'est-il passé avec Dumbledore ? demanda Hermione, soucieuse. Est-ce qu'Ed a quelque chose à voir là-dedans ?
Harry serra les dents.
– Je suis désolé. Je ne peux rien vous dire.
De plus en plus inquiets, ses amis l'observèrent en silence pendant de longues minutes, cherchant à percer son secret rien qu'en le regardant. Il détourna les yeux. Le repas reprit mollement, dans un silence gênant et plein d'appréhension.
Edward n'avait jamais vu Dumbledore porter un tel air de gravité. Rogue venait de les laisser seul à seul et s'occupait maintenant d'expliquer dans les grandes lignes aux professeurs McGonagall et Flitwick qu'il n'était d'aucune utilité qu'ils se dérangent pendant leur repas. Dans le bureau, Edward ne comprenait pas la raison de sa convocation. Il se doutait que c'était en rapport avec l'enquête en cours, et plus encore avec les investigations de McKollughan sur lui. Sinon, Dumbledore ne l'aurait pas fait venir pour discuter de sujets trop épineux pour un « si jeune garçon ».
– Je n'irai pas par quatre chemins, Edward, alors écoutez-moi bien, c'est extrêmement important. Il se trouve qu'un lien spécial unit Harry Potter à Lord Voldemort, et aujourd'hui, ce lien lui a permis d'assister à un souvenir du mage noir. Un souvenir très récent, de plus, d'une discussion entre lui, Pettigrow, et celui qui semble vraisemblablement être l'imposteur que nous recherchons.
Edward ouvrit la bouche, prêt à faire part de sa surprise, mais Dumbledore l'arrêta d'un geste.
– Ils n'ont discuté que de deux sujets : le meurtre de Mr Croupton par l'imposteur, et de vous.
– De moi ? ne put s'empêcher Edward.
– Voldemort a appris que vous entreteniez un lien spécial avec Nicolas Flamel et depuis, il semble fermement convaincu que vous connaissez le secret de l'immortalité. Ils sont à vos trousses, c'est certain. Mais ce n'est pas le sujet qui nous intéresse pour le moment. Après avoir eu recours à une séance d'identification grâce à l'aide de Harry, il a pu formellement identifier l'imposteur : Barty Croupton Junior.
Edward écarquilla légèrement les yeux avant de faire les cent pas.
– C'est impossible, il est mort.
Un pic de douleur prit Edward entre les deux yeux et il se stoppa net pour se prendre le front entre les mains.
– Il faut que vous vous souveniez de l'identité qu'il a prise pour entrer au château. C'est primordial. Pour cette raison, j'ai pris l'initiative de faire appeler Mrs Pomfresh afin qu'elle pratique le contre-sort habituellement utilisé pour défaire les sortilèges d'amnésie.
Edward fronça les sourcils.
– Je croyais qu'elle refusait catégoriquement parce que ça pouvait laisser des séquelles.
– Elle est toujours de cet avis, mais la situation exige des réponses urgentes. Si vous ne tenez pas à courir le risque, alors je respecterai votre choix. Mais il m'a semblé comprendre que vous souhaitiez empêcher le retour de Lord Voldemort.
Edward haussa un sourcil. Quelque chose lui disait que le vieil homme ne respecterait pas du tout son choix, si jamais il décidait de préserver sa santé avant tout.
Durant sa réponse, Dumbledore s'était dirigé vers la porte de son bureau derrière laquelle se tenait Mrs Pomfresh, le visage pâle et belliqueux. Elle fusilla son collègue d'un regard effrayant de froideur avant de se tourner vers Edward. Son visage s'adoucit et elle vint se poster devant lui.
– Avant tout chose, sachez que je suis tout à fait contre la proposition du professeur Dumbledore. Vous devez avoir à l'esprit que vous pourriez très bien ne retrouver aucun souvenir et même régresser et revenir à votre état initial, c'est-à-dire incapable de penser ni même d'agir par vous-même.
– Combien y a-t-il de chances que le contre-sort fonctionne sur moi sans effets secondaires ?
– Je dirais que nous en sommes à une chance sur deux que vous vous en sortiez ou que vous sombriez, annonça Pomfresh comme si cela lui en coûtait de l'avouer.
– Ça tombe bien, répondit Edward avec un pauvre sourire en coin forcé. J'ai pas mal de veine d'habitude.
Pomfresh grinça des dents alors que derrière elle, Dumbledore affichait un air victorieux discret.
– J'imagine que cela signifie que vous souhaitez essayer ?
Edward acquiesça et l'infirmière poussa un soupir dépité silencieux alors qu'elle sortait sa baguette de la poche de son tablier.
– Vous en êtes sûr et certain ?
– Allez-y.
Pomfresh chercha une dernière fois l'approbation de son collègue qui hocha la tête pour l'inciter à procéder à l'opération.
– Asseyez-vous, dans ce cas. Je vous préviens, ça risque d'être extrêmement douloureux.
Edward obéit docilement et prit place dans un des fauteuils confortables du directeur, alors que Pomfresh s'asseyait en face de lui, sa baguette bientôt placée contre son front, la main ferme et décidée. Finalement, elle articula soigneusement la formule du contre-sort et une douleur aiguë frappa Edward là où la baguette le touchait.
Il s'évanouit presque instantanément.
Le dessert venait d'apparaître à toutes les tables, sans qu'Envy lui jette le moindre regard. Depuis le temps, son corps s'était accoutumé au fait de se nourrir et il y était contraint tous les jours régulièrement, au lieu de spasmodiquement, comme l'an dernier. Mais ce soir, avec le ventre noué comme il l'était, impossible d'avaler quoi que ce soit. Edward n'était toujours pas revenu, au contraire de Rogue, McGonagall et Flitwick. La chaise de Dumbledore demeurait vide depuis le début du dîner. Où se trouvaient-ils, tous les deux ?
Soudain, la réponse lui arriva. Il fixait les différentes portes depuis le départ d'Edward, et il ne manqua pas la silhouette qui sortit de la salle des professeurs et s'arrêta sur le pas de la porte. L'air préoccupé, Dumbledore tourna un long regard vers l'avant de la salle, par-delà les tables où dînaient ses étudiants.
Suivant son regard, Envy tourna la tête à son tour vers les grandes portes, et retint son souffle. Edward se tenait là. Parfaitement immobile, il semblait attendre quelque chose. Envy se crispa immédiatement, tous les sens en alerte. Ce n'était pas un comportement normal. Edward avait l'air trop attentif, trop en colère pour que tout aille bien. Qu'attendait-il ?
Tout à coup, il hocha faiblement la tête. Envy capta le signe discret qu'il échangea avec Dumbledore alors que celui-ci dépassait ses collègues un par un, lentement. Puis il dépassa sa propre chaise pour continuer sa route.
La réalisation frappa Envy. C'était un piège qui se refermait sur une proie. Dumbledore marchait droit sur une cible qui se dessinait de plus en plus clairement. Envy n'en supporta pas plus et se leva avant de longer sa table pour rejoindre Edward.
Un bruit de verre brisé fit se retourner Envy et de nombreux autres regards sur la table des professeurs. Maugrey s'était levé apparemment brusquement. Il descendit l'estrade lentement.
– Arrêtez-vous, ordonna Dumbledore, menaçant.
Le suivant de près, le directeur pointait sa baguette sur lui. Un mouvement de stupeur générale prit les élèves les plus proches avant que la rumeur se répande. Un silence de mort régnait dans la Grande Salle. Tous les regards étaient rivés sur les deux hommes. Un seul bruit brisait le silence, celui des bottes lourdes d'Edward qui s'avançait dans l'allée centrale. Maugrey tourna la tête dans sa direction et sa bouche tordue commença l'ébauche d'un sourire.
Tout se passa très vite. La prothèse en bois frappa violemment Dumbledore dans le tibia, faisant résonner un craquement sinistre. Les élèves les plus proches se levèrent brusquement en criant alors que Dumbledore s'écroulait sur le sol. Les professeurs s'étaient levés et Maugrey atteignait le milieu de l'allée quand il reçut un coup de pied brutal en plein visage. Il s'écroula contre la table des Serdaigles alors qu'Edward lui envoyait un uppercut d'une violence inouïe.
Maugrey l'expulsa d'un sort avant de prendre la fuite en courant. Atterrissant sur la table des Poufsouffles qui s'étaient écartés, Edward se releva d'un bond, mais Envy ne vit pas la suite, déjà à la poursuite de l'imposteur. Car ça ne pouvait qu'être la raison de cette attaque. L'imposteur était découvert et c'était cet homme.
Maugrey courut vers les grandes portes en chêne, mais elles étaient fermées. Un sort fusa d'un couloir et toucha le sorcier de plein fouet, le bloquant un instant dans sa route. Pomfresh, armée de sa baguette et d'une franche détermination, l'avait attendu patiemment. Dumbledore et Edward l'avaient mené dans un traquenard.
Acculé, Maugrey se tourna pour voir Envy derrière lui. Il pointa sa baguette sur lui et lança un maléfice que l'Homonculus évita d'un bond sur le côté. Pomfresh répliqua d'un Stupéfix que l'imposteur dévia avant de provoquer une petite explosion en détruisant une armure. La diversion lui permit de s'enfuir dans les escaliers, mais Envy le poursuivit bien vite jusqu'au second étage. Là, il entendit des bruits de course derrière lui et sut que Pomfresh et d'autres professeurs devaient les suivre de près.
Envy sortit sa baguette et lança un des sorts qu'il avait appris récemment. Il manqua Maugrey de peu et mit le feu à une tapisserie. Les flammes l'arrêtèrent un instant, ne s'étant pas attendu à ce résultat. Quand il reprit sa course, Maugrey avait disparu. Envy bifurqua dans un couloir sur sa droite et faillit trébucher sur un objet qui traînait. Il reconnut la jambe de bois de Maugrey, juste avant qu'il y ait un fracas de verre brisé.
Il fit volte-face pour voir une fenêtre fracassée. Ni une ni deux, Envy courut jusqu'à elle et sauta à son tour par-delà les débris de verre, sans hésitation. Il se réceptionna dans l'herbe trois étages plus bas, plus souplement que l'imposteur dont le visage lui était totalement inconnu désormais.
– Croupton ! s'écria Edward, qui passait les Grandes Portes qu'on avait rouvertes.
Boîtant à cause de sa chute, Croupton se retourna à l'entente de la voix d'Edward et Envy en profita pour le rattraper et lui faucher les jambes. À terre, l'homme essaya de rouler sur le côté, mais Envy planta son pied au milieu de sa poitrine. C'était cette ordure qui avait attaqué Edward en traitre !
Les yeux d'Envy devinrent noirs alors qu'il sentait la fureur déferler sur lui. Il pesa de ton son poids sur le sternum de Croupton qui se mit à suffoquer.
Envy entendait des foulées approcher, bientôt, Edward arriva derrière lui, les professeurs accouraient eux aussi, mais gardaient un retard de quelques mètres.
– Non, Envy, ne le tue pas ! s'écria Edward. On a besoin de lui !
Envy ne détourna son attention qu'une seconde. Elle lui fut fatale.
– Avada Kedavra !
Le visage d'Edward se figea en une expression d'horreur. Envy tomba en arrière, raide. Edward sentit son cœur s'arrêter et il perdit connaissance un instant. Tout devint blanc. Puis noir. Lorsqu'il reprit ses esprits, Croupton s'était déjà relevé et courait dans le parc, en direction des grilles de l'école. Là-bas, il pourrait transplaner. Il pourrait retourner auprès de son maître. Personne ne pourrait entraver sa route et ses foulées enragées. Les sorts des professeurs le frôlaient, il se protégeait de la plupart. Sa volonté était bien supérieure à la leur. Il n'hésiterait pas à tuer.
Le groupe de sorciers passa à côté d'Edward et Envy sans y faire attention. Le Serdaigle était agenouillé à côté du cadavre de son ami et se remettait du choc d'être mort encore une fois.
– Par Merlin, suffoqua McGonagall qui s'était arrêtée près d'eux. Est-il... ?
Edward, abattu, ne put s'empêcher de penser qu'Envy avait encore perdu une âme en vain, gaspillée par sa faute. S'il ne l'avait pas interpelé, il n'aurait pas baissé sa garde.
– Envy, réveille-toi, allez...
Le corps resta immobile un long moment. Trop long. Les bras en croix, les paupières lourdes et foncées, le visage figé dans la colère et la surprise, il restait immobile. Pas un souffle, pas un mouvement. Puis les paupières du mort papillonnèrent enfin. McGonagall eut un sursaut choqué, une main sur le cœur.
– On l'a raté encore une fois ce salaud, soupira lourdement Envy en se redressant, blasé. Tu m'étonnes qu'il t'ait mis dans cet état si même avec tout le château à ses trousses il arrive encore à s'échapper.
Edward haussa les épaules et Envy l'aida à se relever.
– Au moins, concéda Edward. Maintenant il est démasqué et son plan devrait être raté puisqu'il n'a plus accès à l'école. Harry est en sécurité dans ce cas. C'est déjà bien.
Se rendant compte qu'ils n'étaient pas seuls, ils tournèrent la tête vers McGonagall qui les fixait d'un air interdit. La bouche entrouverte et les rides lissées par la peur, Edward craignit un instant qu'elle s'évanouisse, pâle comme elle était.
– Il m'a loupé d'un cheveu, fanfaronna Envy en posant ses poings sur ses hanches, sûr de lui. Un peu plus et je passais l'arme à gauche !
Edward émit un rire nerveux en se frottant la nuque d'embarras face à la tentative maladroite pour détourner le sujet. Quel boulet.
– Il a réussi à passer le portail et à transplaner, assura Rogue avec hargne. Maugrey comme imposteur... Comment a-t-il pu passer aussi facilement entre les mailles du filet ?
À moitié allongé sur un des lits d'infirmerie, Dumbledore avait relevé sa robe pour découvrir sa jambe brisée afin que Pomfresh puisse y accéder pour la soigner. Les seules autres personnes dans l'infirmerie étaient Envy, Edward et trois élèves blessés pendant l'attaque de la Grande Salle. Ces derniers étaient d'ailleurs en train de partir. La porte se referma sur eux.
– C'était une négligence de ma part, avoua Dumbledore, coupable. Je ne voulais pas y croire et pourtant, Merlin sait combien de fois vous m'avez mis en garde contre lui, tous les deux. J'espère que vous m'excuserez pour ce manque clair de discernement. Je compte bien réparer mon erreur en permettant de le retrouver et de l'arrêter.
– Il a sûrement déjà rejoint Voldemort, s'immisça Edward en observant distraitement Pomfresh s'affairer en frissonnant à l'entente du nom du mage noir. À l'heure qu'il est, il doit chercher un moyen de revenir à Poudlard sans se faire prendre. Son plan n'est pas encore terminé. Il va revenir.
– Savez-vous de quel plan il s'agit ?
Edward secoua la tête.
– Je ne sais pas quel rôle Harry va jouer dans cette affaire. Croupton ne m'a pas parlé de ça quand je l'ai démasqué. Peut-être a-t-il même abandonné son plan de base qui visait Harry, parce qu'il me vise personnellement. Quand il a assisté à... ce qu'il s'est passé la nuit de Noël, il a cru que j'avais les capacités de faire revenir les morts à la vie.
– Mais c'est n'importe quoi, s'exclama Envy. Tu l'as détrompé j'espère ?
– Bien sûr que non, rétorqua sèchement Edward. Voldemort en est également persuadé maintenant et il m'a proposé par l'intermédiaire de Croupton de rejoindre les Mangemorts.
Rogue et Dumbledore fixèrent Edward avec grande intensité.
– J'ai refusé, arrêtez de me fixer comme ça, soupira Edward avant de reprendre. Comme ils sont persuadés que j'ai ce pouvoir, nous avons un avantage, parce qu'ils ne risquent pas de trouver ce qu'il s'est vraiment passé et Envy sera en sécurité.
– Je refuse que tu serves d'appât, grogna Envy, les bras croisés et le regard sévère. Et s'ils t'attrapaient pour t'extorquer des informations ? Quand ils découvriront que tu ne peux rien pour eux, ils te tueront.
– Non, ils ne le feront pas. J'ai encore une carte dans ma manche, rétorqua Edward, confiant. Professeur, qu'est-ce que Harry vous a rapporté dans son rêve ? Vous m'avez dit que Croupton a parlé de Flamel.
– Croupton a trouvé un endroit où consulter les travaux de Flamel et il a trouvé un lien entre lui et vous deux.
– Nous avons dit aux Langues de plombs que Flamel nous avait recueillis et Maugrey a pu avoir accès à ces informations en travaillant de concert avec les Aurors sur l'enquête.
– Est-ce la vérité ?
– Non. Désolé, vous n'êtes pas près de savoir, répliqua Envy, grognon. Et puis qu'est-ce que ça change que Voldemort pense qu'on a un lien avec Flamel ? Il croit que tu peux fabriquer la pierre philosophale ?
– Exactement, répondit Edward. Ils sont persuadés que c'est grâce à elle que je t'ai fait revenir à la vie.
– Si le Seigneur des Ténèbres se rend compte que vous ne savez pas la fabriquer alors que vous êtes entre ses mains, il n'hésitera pas à vous tuer, intervint Rogue. Si nous arrivons à faire taire cette rumeur, vous pourriez éviter d'être leur cible.
– Hors de question, affirma Edward. Je préfère qu'il me cible plutôt qu'Envy. Le secret de la Pierre est moins important que le secret de l'immortalité d'Envy. S'ils me demandent de leur fabriquer la Pierre, je leur dirais que je suis le seul à pouvoir — ce qui est sûrement le cas —, pour gagner du temps. Maintenant, j'ai une autre question à vous poser, professeur. Quand est-ce que Flamel a créé sa Pierre ?
– Il l'avait déjà quand je l'ai rencontré pour la première fois. Il l'a toujours eue.
– Alors il y a une chance qu'elle soit impossible à fabriquer, marmonna Edward, songeur.
– Pardon ? Vous dites que s'il l'a créée, c'est qu'elle est impossible à fabriquer ? Ceci n'a aucun sens, riposta Dumbledore, déconcerté par la logique qui lui échappait. Il a fabriqué la Pierre et je l'ai vu de mes yeux quand elle était dans ce château !
– Tu as raison, Ed, approuva Envy, en comprenant son cheminement de pensée. S'il l'avait déjà alors c'est celle qu'il a été forcé de fabriquer au moment de sa disparition en 1615. Donc il y a une chance que plus personne ne puisse la fabriquer. Même si tu donnais la recette, Voldemort ne pourrait rien faire. Mais ça revient au même te concernant, puisqu'une fois qu'il s'en serait rendu compte, il te tuerait.
– Mais ça me donnerait du temps, parce que la préparation est longue. Cependant, ce n'est qu'une hypothèse. Il y a quand même un risque que Voldemort trouve le moyen d'obtenir la Pierre par un autre moyen. Et comme pour l'instant je ne suis plus à portée de main, il va tenter de trouver les réponses qu'il cherche autre part. Professeur, où se trouvent les travaux de Flamel que Croupton a dit avoir trouvés ?
– Tous ses biens se sont éparpillés à sa mort, expliqua Dumbledore, amer. Impossible de savoir à qui il les a donnés. Je ne sais pas quel lieu il a bien pu mentionner.
– Il faut aller vérifier chez lui, proposa Envy.
– Sa maison a été vendue à de nouveaux propriétaires et je crains que nous ne puissions pas entrer. Ses travaux n'y sont sûrement plus.
– Savez-vous si Flamel avait un laboratoire ? questionna Edward. Ou un endroit où il pouvait avoir rangé d'autres travaux ?
– Il travaillait chez lui et comme je vous l'ai dit, tous ses travaux ou effets personnels ont été distribués lors de la lecture de son testament. J'ai moi-même hérité de quelques ouvrages rares qu'il a accumulés au fil des siècles. L'or, les propriétés, tout est revenu à des amis, des écoles et des organisations caritatives moldues pour la plupart. Par contre, je serais bien incapable de vous révéler où ils sont allés exactement. Ce sont des informations confidentielles. Vous ne pourrez pas les retrouver. Par contre, je peux peut-être vous prêter les ouvrages qu'il m'a légué.
– Sur quoi portent ces livres ?
– Un peu de tout, surtout de science, je pense. Il m'a même laissé un livre de contes et un roman.
Edward hocha la tête en croisant les bras, prenant son menton entre deux doigts.
– S'il est impossible pour nous de retrouver qui a reçu ses manuscrits, Voldemort ne le peut pas non plus. Je dirais que s'il croit avoir trouvé un lieu tel qu'il le décrit, ce doit être l'ancienne demeure des Flamel.
– Entrer dans sa maison par la force ne le dérangerait sûrement pas, survint Rogue, sombre. Les habitants courent peut-être en danger. Il faut y envoyer des Aurors.
– Non ! rugit Edward, s'attirant les regards surpris des trois autres. S'il reste des informations sur la pierre philosophale, il ne faut pas qu'elles tombent entre de mauvaises mains.
– Parce que vous êtes de bonnes mains, vous ? objecta Rogue.
– Je connais déjà tout ce qu'i savoir sur la Pierre et je ne compte en aucun cas l'utiliser. Je veux seulement éviter des morts inutiles. La quête de la pierre philosophale cause un nombre conséquent de victimes à chaque fois qu'elle ressort de l'ombre. Même si vous pensez que les Aurors sont tous de bonne foi, je ne leur fais pas confiance. Il y a toujours une part sombre en nous et certains seront avides d'utiliser les pouvoirs de la Pierre pour eux-mêmes, quel qu'en soit le prix. De plus, si Croupton sait qu'il ne pourra pas m'atteindre, il pourrait très bien reprendre son rôle d'espion, mais cette fois au ministère en prenant la place d'un Auror chargé de l'affaire Flamel.
Le silence qui suivit fut chargé d'électricité.
– Allons-y avant tout le monde, persista Edward. Si je ne trouve rien dans sa maison, alors vous appellerez les Aurors pour qu'ils protègent ceux qui y habitent. S'ils vivent encore. S'il vous plaît, professeur, faites-moi confiance pour cette fois.
Muet, Dumbledore savait déjà ce qu'il devait faire. C'était son devoir d'agir, car personne d'autre ne le ferait à sa place. Qui, en dehors de lui, croirait le récit de ses deux protégés ? Il avait commis une erreur monumentale une fois en faisait trop confiance à son jugement au lieu de prendre celui d'Envy et Edward en compte, maintenant il s'en mordait les doigts. Si ces deux garçons lui demandaient d'agir ainsi, alors il devait les écouter. Ce n'était pas le moment de s'apitoyer. Tout le monde travaillait à réparer le château, à rassurer les élèves, à aider les Aurors. Il devait fournir sa part du travail lui aussi.
– Nous irons tous les trois chez Flamel.
Rogue s'avança.
– Ce n'est pas prudent, laissez-moi vous accompagner.
– Vous étiez compris, précisa Dumbledore. Mr Alighieri ne peut pas venir à cause du contrat magique qui le lie à la Coupe de Feu. Il restera donc au château. Nous y irons vous, Edward et moi. Dès que ma jambe sera guérie, ce qui ne devrait pas tarder.
La main sur le bras de Dumbledore pour les faire transplaner, Rogue et lui, Edward observa la ruelle sombre dans laquelle ils étaient apparus. Il commençait à faire nuit dans les rues de ce quartier très animé de la capitale française. Des lumières incessantes et clignotantes rouge et bleu éclairaient les façades au bout de la ruelle et Dumbledore marcha dans cette direction. Des sirènes hurlaient et résonnaient dans la rue Montmorency du troisième arrondissement de Paris, des personnes criaient, des voix fortes essayaient de se faire entendre parmi le brouhaha. Edward craignait le pire.
La vision que la rue leur offrit lorsqu'ils y arrivèrent les figea sur place. Le 51, où se trouvait autrefois la maison de Nicolas Flamel, bouillonnait d'effervescence. Des voitures de police et des véhicules de secours moldu s'alignaient le long de la route où fourmillaient des dizaines d'hommes et de femmes en uniformes.
– Nous sommes arrivés trop tard, souffla Dumbledore, attristé, alors que trois brancards passaient devant eux, des corps inanimés recouverts d'un drap allongés dessus.
– Il faut y entrer pour vérifier, objecta Edward en s'engageant dans la rue noire de monde. Vous allez devoir m'aider avec les sortilèges de confusion comme je n'ai toujours pas de baguette.
Déterminé, il dépassa quelques policiers qui ne firent pas attention à lui, absorbés par leur tâche présente. Derrière lui, par contre, Rogue et Dumbledore ne passèrent pas inaperçus, chacun habillé de robes et de chapeaux de sorcier.
– Arrêtez-vous ! C'est une scène de crime, le périmètre est interdit au public !
Edward se retourna pour rejoindre ses deux professeurs qui faisaient face à un moldu méfiant quant à leur accoutrement et à leur présence.
– Nous habitons au 53, mentit Edward au policier mécontent. Que se passe-t-il ici ?
– Une fusillade, il semblerait. Dans le restaurant du 51.
– C'est affreux ! Le coupable a été arrêté ?
– Pas encore. C'est pour cette raison que vous ne pouvez pas encore rentrer chez vous, je le crains. Je vais vous raccompagner jusqu'au point de ralliement où se trouvent vos voisins. Veuillez me suivre, s'il vous plaît.
Il les invita d'un geste impatient à prendre la direction opposée au restaurant et, bien qu'ils n'aient pas compris un traitre mot de la conversation en français, Dumbledore et Rogue suivirent la direction indiquée, le policier sur les talons. Edward les rattrapa et s'incrusta entre eux pour parler à voix basse :
– Fusillade, selon eux. Tous les clients du restaurant doivent être morts et le tueur s'est enfui. Croupton, sans aucun doute. Il faut entrer pour vérifier s'il a trouvé quelque chose. Pouvez-vous nous transfigurer des costumes de policier pour nous permettre d'entrer ?
Dumbledore lui jeta un regard en coin puis hocha la tête. Ils arrivèrent à leur point de départ au même instant. Edward se retourna d'un bond, prit le moldu par la gorge pour l'entraîner dans la ruelle déserte. Le policier se débattit.
– Oubliet.
Le regard vide, le policier s'affaissa. Pendant de temps, Dumbledore en profita pour imiter son uniforme qu'il leur fit porter à tous les trois. Le résultat était étrange sur le vieux sorcier, dont la barbe paraissait encore plus longue que lorsqu'il portait sa robe de sorcier. Rogue, de son côté, le portait assez bien, ça lui donnait un côté moins ténébreux, mais faisait ressortir son air tyrannique.
Ils quittèrent tous les trois la ruelle pour se diriger vers le 51 plus discrètement que la première fois.
De nouveaux corps en étaient sortis et les premières ambulances partaient, le coffre chargé de cadavres. Au milieu de l'agitation, et dans leurs uniformes, le trio put cette fois accéder à la devanture du restaurant. La façade, sombre et austère, portait de nombreuses gravures et un bandeau en lettres gothiques qui disait : « Nous hômes et femes somes tenus chascun en droit sous dire tous les jours une pastenostre et un ave maria en priant Dieu que de sa grâce face pardon aux poures pescheurs trespassez. Amen. » Apparemment, d'après d'autres inscriptions, Flamel avait fait beaucoup de charité depuis son arrivée dans ce monde. Et voilà que, par son secret, il causait le massacre d'une vingtaine de victimes innocentes, trois ans après sa mort. Quelle ironie.
Edward fit signe à ses deux « collègues » de le suivre à l'intérieur. Le carnage s'offrit aussitôt à leur vue. Les tables étaient saccagées, les murs détruits, toutes les personnes présentes pataugeaient dans le sang. La nourriture qui s'était répandue sur le sol pendant l'attaque commençait déjà à embaumer la salle d'une odeur désagréable. Ces Moldus n'avaient eu aucune chance de s'en sortir contre Croupton et sa précipitation pour retrouver le secret de Flamel. Ils étaient morts dans la peur et la souffrance, pour ceux qui n'avaient pas eu la « chance » de subir un Avada Kedavra.
Edward serra les mâchoires en voyant une chaise haute renversée sur le sol, des crayons de couleur étalés tout autour. Croupton était fou à lier. Si son père n'avait pas eu un sursaut de conscience paternelle, jamais tout cela ne serait arrivé. C'était un véritable massacre. La pierre philosophale avait finalement à nouveau engendré des victimes collatérales.
– Le laboratoire de Nicolas se trouve au sous-sol, informa Dumbledore d'une voix blanche.
Edward hocha la tête et enjamba les débris d'une chaise. Prudents, ils se faufilèrent entre les enquêteurs jusqu'à atteindre les coulisses du restaurant, soit les cuisines, où plusieurs policiers prenaient des photographies des cadavres de cuisiniers et de serveurs. Figés dans un masque de terreur, leurs visages pâles firent frissonner Edward avant qu'il détourne le regard pour se diriger vers une porte en chêne menant vraisemblablement à la cave. Dès qu'ils en passèrent le seuil, l'air s'allégea et se rafraîchit. Rogue referma la porte derrière eux, les coupant des bruits assourdissants de l'activité policière.
– Tout est de ma faute.
Edward et Rogue se tournèrent vers Dumbledore qui affichait un air de profond deuil.
– Vous n'avez pas tué tous ces gens, rétorqua Edward en descendant les escaliers en colimaçon. Croupton l'a fait. Nous sommes venus aussi vite que nous avons pu.
– Si nous avions envoyé les Aurors — tenta Rogue, d'un ton de reproche.
– C'était déjà trop tard. Croupton a dû directement transplaner ici. Il devait déjà avoir ce plan en tête au cas où il serait démasqué. Il est peut-être fanatique, mais il est aussi lucide et intelligent. Il avait prévu que je puisse le démasquer il y a quelques mois et avait tout prévu avec la carte du Maraudeur pour me surprendre. Il sait ce qu'il fait.
Ils arrivèrent au bas de l'escalier, dans ce qui ressemblait à une cave à vin. Ici aussi, tout était ravagé. Les bouteilles par dizaine étaient toutes brisées et les murs avaient été attaqués. Pataugeant dans le vin rouge, Edward s'approcha d'un coin de la pièce pour dessiner le contour d'un trou dans le mur qui avait été fait par un sortilège violent.
– Il a cherché une cachette secrète.
– Il a forcément dû trouver ce qu'il cherchait dans ce cas, déclara Rogue en observant les ravages.
– Non, sûrement pas, contredit Edward en commençant à faire le tour de la pièce en longeant les murs pour en examiner chaque détail. S'il l'avait trouvé, il n'aurait pas tout détruit sur son passage et ce serait arrêté pour fuir dès qu'il aurait eu ce qu'il cherchait. Ce qu'il a fait ici, c'est la preuve qu'il a perdu tout sang froid. Il s'est acharné par frustration.
Mouché, Rogue ne chercha pas à chicaner, tandis que Dumbledore essayait divers sortilèges visant à révéler des cachettes dissimulées. C'était une pure routine, mais inefficace. En premier lieu, Croupton l'aurait sûrement aussi utilisé, et en second lieu, Flamel aurait certainement mis des protections contre cette possibilité.
– Il n'y a rien, annonça le directeur.
Minutieux, Edward ignora la discussion qui s'ouvrit entre les deux professeurs. De son côté, il passa ses doigts entre chaque interstice, vérifia chaque dalle de pierre, chaque fissure, dans l'espoir de trouver un signe qui pourrait le mettre sur une piste. Entre les débris qu'il lui fallait pousser et la poussière qui lui piquait les yeux, l'exercice se révélait ardu.
– Les Moldus vont nous voir, prévint Dumbledore inquiet. Il faut partir.
– Laissez-moi encore quelques minutes.
– Vous voyez bien qu'il n'y a rien ici, s'impatienta Rogue. Croupton a fait tout ça pour rien. Flamel n'a rien laissé derrière lui.
Edward grinça des dents. Si, Flamel avait forcément laissé quelque chose. Ça ne pouvait pas en être autrement. Tous ses gens ne pouvaient pas être morts pour rien. C'était trop injuste. Il refusait que Croupton ait provoqué un massacre irraisonné.
Tout à coup, sa main passa sur une excroissance si fine qu'il faillit passer à côté. Il scruta la marque de plus près et n'en crut pas ses yeux. Une trace de transmutation, ici ! Ses doigts dévalèrent la marque avec nostalgie pour en découvrir une deuxième, puis une troisième, et encore une autre. Flamel était encore un alchimiste dans ce monde ! Ce qui voulait dire que si Voldemort trouvait comment fabriquer la Pierre, il pourrait sûrement réussir à la fabriquer en trouvant un alchimiste. C'était fâcheux, mais au moins, Croupton n'avait pas trouvé cette cachette.
– Par ici ! s'exclama-t-il à l'adresse des deux autres. J'ai trouvé quelque chose !
Edward colla son oreille au mur et tapa deux coups qui sonnèrent creux. Arrivant à ses côtés, Dumbledore et Rogue se penchèrent pour observer le mur qui leur paraissait tout à fait normal.
– Regardez ici, ce sont des traces de transmutation. Flamel a caché quelque chose là derrière.
Dumbledore n'attendit pas une seconde de plus pour le pousser en arrière avant de lancer un sort sur la pierre. Le sortilège rebondit et Edward faucha les jambes de Rogue à temps avant qu'il ne soit touché. Assis les fesses dans le vin, Rogue lui lança un regard noir entre le remerciement ingrat et la colère. Finalement Edward lui tendit une main secourable pour l'aider à se relever.
– Bien sûr, Flamel a pensé à protéger la cachette contre la magie, poursuivit-il avec un regard dépité en direction de Dumbledore. Pourriez-vous me transfigurer un objet en métal qui puisse me permettre d'ouvrir une brèche ? Un gourdin, une pelle, ce que vous voulez.
Serviable, Dumbledore lui fit apparaître une pioche à l'allure solide qu'Edward attrapa au vol avant de frapper les briques à grands coups — Rogue avait placé un sort d'insonorisation dès leur arrivée, au cas où, et il avait bien fait. Les éclats de pierre giclèrent tout autour de lui à partir des différents points d'impact. Rogue et Dumbledore reculèrent prudemment pour éviter les retours de pioche qui menaçaient de les atteindre à chaque assaut puissant de leur élève qui y mettait toute sa force. Il faisait preuve d'une puissance impressionnante pour sa carrure qui, loin d'être aussi dégingandée que certains adolescents, n'était pas celle d'Hagrid. Pourtant, bientôt il brisa une première brique qui se craqua en deux avant de continuer avec plus d'acharnement.
Quand le mur fut assez entamé, Edward lâcha la pioche pour venir déloger les briques cassées. Il les laissa tomber une à une derrière lui, chacune allant se briser en poussière et éclats aux pieds des deux professeurs qui attendaient patiemment qu'il ait terminé son œuvre. Le passage s'élargit bientôt assez pour qu'Edward puisse regarder à l'intérieur.
Il écarquilla les yeux et recula brusquement pour mieux plonger son bras dans l'ouverture étroite, la joue écrasée contre le mur.
– Qu'y a-t-il là-dedans ? demanda Rogue.
Il s'approcha par-derrière et aperçut la fiole que tenait précieusement Edward dans son poing.
– Est-ce...
– Vous m'aviez dit que Flamel avait détruit la pierre philosophale, constata-t-il d'un ton froid sans se retourner.
– Il l'a fait, lui assura Dumbledore. Dès qu'il a eu vent de ce qu'il s'est passé avec Voldemort qui a tenté de la dérober, il a promis de la détruire.
– Je me disais bien que c'était trop beau pour être vrai, marmonna Edward avant de se retourner pour fixer Dumbledore. Pour les alchimistes, la pierre philosophale représente la perfection, elle donc impossible à détruire. Je me suis dit que Flamel avait peut-être pu effectivement s'en débarrasser grâce à la magie, mais cela semble aussi impossible à faire.
Edward leva la fiole à hauteur des yeux pour la montrer aux deux hommes.
– Parce que la voilà.
– Ce n'est pas la Pierre, objecta Dumbledore. Celle qu'il m'avait confiée était une pierre solide. Je l'ai vu de mes propres yeux.
– « Pierre » n'est qu'un nom qu'on lui donne pour la qualifier, mais ce n'est qu'une seule de ses formes possibles. Regardez plutôt...
D'un tour de main, Edward dévissa le bouchon et fit couler le liquide rouge dans sa paume. Aussitôt, il prit une forme ronde et lisse qu'Edward fit tourner dans sa main sous les regards ébahis de Dumbledore et Rogue. La démonstration terminée, la Pierre reprit sa place dans la fiole en redevenant liquide et Edward la rangea dans la poche intérieure de son uniforme.
– Donnez-la-nous, commanda Rogue en tendant la main.
– Non, elle sera plus en sécurité avec moi. Ce n'est pas négociable.
Dumbledore fit un signe de paix envers son collègue pour qu'il cesse la dispute et lui demanda de reporter cette conversation à plus tard.
– Voldemort n'a pas trouvé cette Pierre et c'est tant mieux, annonça Edward. Mais s'il trouve ses travaux, ça peut toujours être problématique. Ou s'il trouve Flamel... Je sais, il est mort. Mais s'il a menti à propos de la Pierre, il peut très bien avoir simulé sa mort. S'il est immortel, il n'aura qu'à ressortir de sa cachette quand plus personne ne se souviendra de lui pour reprendre son existence.
– Nicolas n'aurait jamais...
– Maugrey non plus « n'aurait jamais », rétorqua Edward, sèchement. Prenons toutes les précautions possibles.
– Comment voulez-vous prouver qu'il est toujours en vie ? demanda Dumbledore, blessé dans son amour propre.
– Je veux vérifier sa tombe.
