Playlist
« Problems » The Tide
« What am I » Why don't we
« Flicker » Niall Horan
« Favorite place » All time low
« And I love her » Passenger
« Birds set free » Sia
Chapitre 29
Point de vue de Matthéo
Partie 1
« Bella ? ».
À ce moment-là, mes yeux ne croient pas à la vision qu'ils me donnent. La main de Bella saigne à nouveau. À croire que les soins apportés à l'hôpital n'ont pas suffit. Je connais le travail de Colin. Il n'a pas fait d'erreur. Cela m'intrigue et je me mets à repenser à la procédure simple de recoudre une plaie. Soit, il s'agit bien d'une erreur et dans ce cas, il aura un mot de ma part ou alors Bella a délibérément coupé les fils de sa main pour une raison inconnue. Dans ce cas, je ne comprends pas son attention. C'est inimaginable. Ma journée n'a pas été facile. J'ai perdu une patiente de son âge. Depuis des semaines, elle suivait un nouveau traitement à la lettre mais son corps a dit stop aujourd'hui. Je lui apportais un muffin de la cafétéria. Et tout était déjà terminé pour elle. J'ai vu son corps inerte. La pire vision qui soit pour un interne en médecine. Je sais que cela fait partie de la vie, du métier mais on ne s'y habitude jamais. C'est ce que je hais dans le métier. Étant un vampire, je sais ce que la mort de quelqu'un peut causer au sein d'une famille. Mes années au sein de l'armée avec mon frère m'ont montré des situations critiques mais ce n'est pas le moment de se plonger dans des souvenirs douloureux qui datent. Je me concentre à nouveau sur la situation.
Je viens à peine de rentrer qu'une nouvelle urgence s'annonce. Je viens à peine de discuter avec Aurore de cette journée interminable. Elle a pris la peine de m'écouter. À peine ai-je franchis la porte de l'appartement, que j'ai senti une tension. En tout cas, Bella n'allait pas bien et Céleste non plus. C'est atypique car j'entends des rires ou la respiration de Bella quand elle dort quand je rentre de mes gardes à l'hôpital. Ce soir non. Le visage de ma copine dans la cuisine ne m'a pas apporté de réponse. Son visage était fermé. De plus, je n'apporte pas la bonne ambiance dans la pièce. Je culpabilise un peu. Alors si je ressens une mauvaise atmosphère, j'utilise mon don pour apaiser tout le monde. Le visage de ma copine change. Elle ne sait pas quoi dire face à ma réaction étrange. À peine ai-je enlevé mes chaussures que mon don s'est appliqué auprès des trois personnes se trouvant à l'appartement. Je ne perds pas de temps. Je me vois mal ne rien faire pour elles. En plus, je n'ai même pas pris la peine d'embrasser ma copine. Je ne l'ai pas vue depuis ma garde. Excepté, tout à l'heure quand Bella s'est blessée à la main. Elle a été prise en charge rapidement par un autre interne alors ça va. Mais je n'ai pas eu beaucoup de temps avec ma copine.
Je ne termine même pas la conversation avec Aurore que je dois m'occuper de la main de Bella. Je n'aime pas ce type de situation. Nous sommes civilisés et notre régime alimentaire est différent qu'il y a quelques temps. Je sais très bien que personne ne lui fera de mal de manière volontaire. Nous avons nos instincts vampiriques qui ne demandent qu'à être mis en éveil. Depuis notre arrivée respective chez les Cullen, nous adoptons un régime alimentaire autre que l'hémoglobine humaine. Celle de notre amie doit être agréable au palet mais ce n'est pas le sujet du soir. Milles mots me traversent l'esprit. Et jusqu'où va la maladresse de Bella pour que quelque chose se produise à des moments improbables ? La blâmer ne serait pas convenable, à cette heure-ci encore moins.
J'examine sa main et les fils n'ont pas tenu. Je ne comprends pas pourquoi. Colin n'a pas dû choisir les bons. Peut-être que par habitude, il a pris les premiers qui lui sont tombés sous la main ? Heureusement, j'ai une trousse à pharmacie dans la salle de bain et évidemment des kits de suture. Je me disais bien qu'en cas de nécessité, ils pouvaient servir à quelque chose. Non que je n'ai pas confiance en la capacité de notre amie Bella à se mettre dans des situations étranges. Se couper avec une lame de rasoir est un classique. Elle a de la chance que je sois là ce soir pour le faire, au quel cas Aurore aurait été soit obligée de revenir à l'hôpital ou de suivre mes instructions au téléphone. J'installe mes instruments sur la table de la cuisine, Bella assise en face de moi. J'enfile des gants, prépare les instruments nécessaires en une minute. J'ai conscience que le silence peut se révéler pesant. Il l'est autant pour elle que pour moi. Je ne suis pas le mieux placé pour lui donner une leçon de morale.
« Tu es fâché ? » me demande t-elle doucement.
Si je suis fâché parce que je ne dis rien. Non je ne suis pas en colère contre elle. À quoi bon ? Je suis surpris de sa maladresse tous les jours.
« Non » répondis-je.
Je suis concentré. Cette fois-ci, les fils doivent tenir. Colin aura un mot de ma part. Je ne suis pas du genre à faire des histoires mais il s'agit d'une procédure simple que les internes doivent savoir faire dès le début de leur internat. Je suis sûr que ma copine, petite amie, amoureuse (à vous de choisir) saurait le faire les yeux fermés. Je ne veux pas à avoir à repasser derrière un travail. Bella n'aurait pas dû se retrouver dans cette situation. Et moi je dois la recoudre dans la cuisine. Il est vingt heure trente. J'imaginais un autre jeudi soir.
« Tu m'en veux ? ».
« Non » répondis-je encore une fois.
J'ai l'impression de paraitre sec en sa présence. Je ne lui en veux pas. C'est une humaine mais c'est évident que contrairement à moi, ma santé n'a pas de problème. Mais ce serait égoïste de le lui dire. Comme si c'était de sa faute, sa nature humaine n'a rien demandé. La mienne a changé avant de devenir un vampire. Parfois, je l'oublie. Je l'oublie quand je travaille à l'hôpital et que des patients défilent sous mes yeux toute la journée. Alors je ne dois pas juger Bella. Je reporte mon regard sur elle. Disons que la situation me dépasse parfois et c'est difficile de l'admettre. Je suis certes capable de l'aider en cas de blessure mais dans plusieurs années lorsque nos chemins se séparent pour nos études supérieures respectives, ce sera différent. Encore une fois Matthéo, ne dit rien, pas de leçon de morale inutile. Concentre toi sur les fils qui doivent êtres solides.
« Je ne t'en veux pas » réussis-je à prononcer pour la rassurer.
Je lui envoie quand même une onde positive via mon don. La seule chose que je puisse faire de bien. Comment puis-je lui en vouloir ?
« Ton don fonctionne toujours ».
« J'espère ».
« Merci de t'occuper de ma main, je n'avais pas envie de retourner à l'hôpital ».
« Là, les fils tiendront » dis-je en terminant un nouveau point. Plus qu'un et le travail est terminé.
Je ne peux pas reporter mes craintes sur une autre personne que moi-même. Au risque de provoquer des réactions non voulues. Je ne peux pas tout apaiser avec mon don. Je le sais. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser le contraire de temps en temps. Bella doit trouver ma réaction ridicule. Je ne peux pas le lui reprocher.
Je termine donc le point de suture. Délicatement, je coupe le fils. Je retire l'aiguille, attrape du coton et du désinfectant pour nettoyer la plaie. Elle est encore rouge. Je sens le rythme cardiaque de Bella. Il est calme, elle n'est pas inquiète de savoir si je peux lui sauter à la gorge ou non alors je présume qu'elle m'accorde sa confiance. N'étant pas celui ou celle avec qui elle est le plus proche je m'estime chanceux qu'elle ne soit pas effrayée. Elle est entourée de vampires. Des créatures que l'on a toujours considéré comme dangereuses et imprévisibles (ce que nous sommes) mais nous ne voulons pas coller à cette image triste et pourtant bien réelle. Du moins, je m'estime un peu. Assez pour ne pas me donner une mauvaise conscience quand je me rends à l'hôpital pour mon internat. Je tiens à avoir une ligne de conduite respectable et à ne pas décevoir Carlisle qui a accepté que je suive la même voie professionnelle que lui.
« Tu as des doigts de fées ».
« Merci ».
« Je n'ai rien sentie ».
« C'est l'objectif » dis-je.
Je prends le coton pour le brûler et ainsi éliminer toute trace de sang dans la cuisine. Il ne faut pas laisser ce genre de chose en évidence.
« Désolée d'avoir été maladroite, je ne contrôle pas ce genre de choses et tu es suffisamment patient avec moi pour… ».
« Ne t'excuse pas, ce n'est pas à toi de culpabiliser de quoique ce soit ».
« Mais… Pourquoi avoir accepté de t'occuper de ma main ? Le sang… ».
« Bella, c'est mon futur métier. Je m'occupe de beaucoup de gens tous les jours, pas que pour recoudre des plaies. La vue du sang ne me déstabilise plus autant qu'avant, le temps passe » dis-je d'un demi sourire.
« Comment ? ».
« L'expérience j'imagine ».
Il est vrai que je ne suis pas identique aux autres membres de la famille mais ce n'est pas un secret. Avec mon frère Jasper, nous sommes les seuls à avoir été dans l'armée. De ce fait, notre caractère s'est endurcit d'une certaine manière mais notre empathie s'est développée. C'est complètement contradictoire. L'un va difficilement avec l'autre. Nous étions pourtant intransigeant sur le terrain et emphatique en même temps lorsque nous devions sacrifier nos jeunes hommes à peine transformés par Lucie et Maria à l'époque. Elles n'avaient aucune pitié. Envers nous deux non plus. Je pense que notre Empathie a fait que nous ayons eu le déclic pour sortir de cette situation, de quitter l'armée, de fuir Lucie, de fuir Maria. De vivre. Avec Jasper, nous voulions vivre notre nouvelle vie, certes offerte sur un plateau d'argent. On peut voir ça d'un mauvais œil dans le sens où Lucie et Maria souhaitaient nous tuer sans doute par la suite. Elles ont eu ce qu'elles voulaient. Nous avons créer une armée de nouveaux-nés. Ils n'étaient pas assez forts et nous avons dû mettre fin à leur vie. Je me souviens des visages de chacun d'entre eux, de leur prénom. C'est quelque chose que l'on oublie pas et sur lequel on ne peut faire de croix. C'est pour ça qu'en arrivant chez les Cullen avec mon frère, notre personnalité calme a plu. Nous nous fondons dans la masse et au lycée; les regards se sont braqués sur nous. J'étais le seul célibataire avec Edward à l'époque. Et je suis le dernier à avoir eu une copine.
« Tu ne vois pas les choses de la mêmes façon que les autres. C'est ce que j'apprécie chez toi ».
« Oh merci » dis-je un peu surpris.
Je récupère la bande de tissus afin de finaliser l'opération. J'enroule une première bande avant de resserrer la seconde que j'enroule autour de sa main puis de recommencer une autre fois. Je veux que ça tienne cette fois.
« J'ai terminé » dis-je en coupant la bande et en posant un morceau de scotch.
Bella me remercie encore une fois avant de quitter la cuisine. Je range les instruments, les nettoient et les désinfectent dans l'évier. Il faut éliminer toutes les traces. Je connais la procédure. Je me lave aussi les mains.
En entrant dans la chambre, Aurore est en train de coudre. Son air concentré est imperturbable. Elle est adorable. J'ai beaucoup de chance. Sans elle, je n'aurais pas tenté autant de choses, notamment la médecine. Enfin si. Mais j'aime la savoir derrière moi, à me soutenir dans ma voie. À ne pas ne pas me dire que c'est un mauvais choix et à être présente quoiqu'il arrive. Elle a été patiente vis à vis de mon harcèlement. Elle a vu ça sans me juger non plus. Je me souviens du premier soir où elle m'a embrassé. Sa spontanéité m'a surpris au début. Mais si je suis vraiment honnête, je l'ai espéré. Si ce n'était pas elle, j'aurais craqué avant.
Elle est assise sur le lit. Sans prendre conscience de ma présence. Mon odeur de menthe n'est sans doute plus perceptible à cause de l'odeur de l'hôpital mais la douche a normalement évacué cette odeur. Je me dis que c'est temporaire. Je ne peux pas non plus me plaindre de mes études, je me plais dans ce que je fais. Le sentiment d'utilité est ce qui me permet de continuer. Je sais que mes horaires sont atypiques et qu'ils sont contraignants. Carlisle m'a prévenu. Il m'a aussi expliqué qu'avec Esmée, il a eu peur de la laisser seule sans la voir plus d'une journée sans éprouver une once de culpabilité. Il a su s'adapter avec les horaires de travail à l'hôpital pour passer davantage de temps avec nous et avec Esmée. Il a privilégié notre famille pendant quelques années avant de reprendre le rythme à l'hôpital. Il essaie de rester avec Esmée quand nous partons à l'université. Le rythme change à nouveau quand on intègre un nouveau lycée. Je suis conscients de ma chance. D'ailleurs, je vais devoir arrêter la convention de stage à l'hôpital de New-York. Je sais qu'Aurore souhaite quitter cette ville un peu trop en effervescence car les études de stylisme sont en perpétuelles évolution, elle souhaite sans doute travailler à Paris ou Londres, Milan peut-être. Elle m'en a parlé il y a un mois. Et il lui reste peu de temps avant la fin de son stage.
Finalement, son visage se lève et un sourire se dessine sur ses lèvres que je meurs d'envie d'embrasser. J'ai beaucoup de chance. Beaucoup vont penser que je ne devrais pas avoir de problème avec les filles mais ce sont des rumeurs infondées. En réalité, j'ai passé plus de temps le nez dans les livres qu'à des fêtes étudiantes ou en ville. Je pense que j'ai toujours attendue « la bonne personne ». Je sais qu'Aurore est cette bonne personne. Elle est incroyable.
Je m'approche doucement d'elle, prend sa main dans la mienne et l'embrasse. Je lui envoie aussi une onde d'apaisement pour être sûr que tout aille bien. Elle lâche ses aiguilles, ses bobines de fils et son tissus qui je présume doit être de couleur bleu nuit ou vert sapin au sol. Elle avance doucement sur le lit avant de se redresser sur les genoux à côté de moi. Elle s'assoit sur moi et je l'embrasse doucement. J'en avais très envie. Mes heures de gardes me prennent un temps monstre et quand Bella était dans le hall je n'ai pas pris la peine d'embrasser Aurore. Je sais qu'elle ne me dit pas ce qu'elle pense réellement mais je culpabilise un peu aussi de ne pas rentrer tous les soirs à l'appartement. Même si je ne « dors » pas, je travaille la nuit sur les dossiers administratifs et je surveille les patients qui sont dans un état de santé critique. L'autre jour, j'ai surveillé la respiration d'une enfant en soin pédiatrique. Je regardais ses constantes. Et je travaillais les dossiers en même temps. Mes collègues ne me jettent pas la pierre heureusement. À la fin de certaines gardes, je reste à l'hôpital directement dans une des chambres vides qui sont à disposition. Je peux terminer très tard la nuit et commencer très tôt le lendemain alors si c'est pour rentrer à l'appartement pour trois heures et repartir, je préfère rester à l'hôpital. De plus, voir le visage d'Aurore triste en partant n'est pas ce que j'ai envie de voir. Je veux la voir sourire. Elle n'a pas à s'inquiéter pour moi. Les infirmières me font des clins d'œil mais ce sont des humaines. Je n'ai pas d'attirance pour elles. Je n'en ai que pour la belle vampire en face de moi. C'est elle qui fait battre mon cœur. Une partie de mon cœur lui appartient.
J'embrasse doucement ses lèvres. Elles sont douces et elles m'ont manqué. En vérité, je ne suis pas doué pour les démonstrations d'affections en public. La voir dans les couloirs avec Bella m'a fait plaisir, même si c'est dans un lieu atypique. Je n'ai même pas osé l'embrasser. Fichue timidité. Fichue règlement aussi. Je n'ai pas envie d'avoir des remarques. Mes mains viennent se perdre dans ses cheveux blonds comme les blés. Je me rends compte que je me laisse aller. Pas que je ne sois gêné par un autre vampire de quinze ans qui « dort » dans la chambre d'à côté et d'une humaine qui dort profondément. En tout cas, elle ne semble pas inquiète. Elle enroule ses bras autour de mon cou. Je descends mes mains autour de sa taille. Son parfum de menthe me noie aussitôt dans une autre atmosphère. Je n'ai plus rien d'autre qu'elle dans mon esprit.
« Il était temps » dit-elle en me regardant.
« J'en avais très envie aussi ».
Je l'embrasse à nouveau, cette fois-ci de façon plus passionnée qu'avant. Je me montre toujours prévenant au cas où elle ne réponde pas. Cette journée a été longue. Elle m'a manqué. Elle lie ses doigts aux miens. Comme pour signifier que nous sommes ensemble. C'est le cas. Elle me sourit ensuite et s'allonge sur mes jambes. Elle lie à nouveau ses doigts aux miens.
Je suis toujours allongé sur le lit dos au mur, elle la tête sur mes jambes et nos doigts liés ensemble.
« Pourquoi j'ai senti une ambiance tendue en rentrant ? ».
Je jette la question dans le vide. D'un coup, sans prévenir. Je n'aime pas ressentir de la tension dans l'air. Même quand personne ne prononce un mot, je sais interpréter une atmosphère et encore plus quand elle est tendue. C'est rare. Je n'imagine personne ici élever la voix.
« Bella s'est disputée avec Céleste ».
« À propos de quoi ? ».
« Céleste n'a pas apprécié la remarque de Bella au sujet de manger de la nourriture humaine. J'ai proposé à Céleste de goûter le repas parce qu'elle semblait intriguée. Bella a affiché une mine un peu trop surprise et lui a demandé si elle n'était pas écœurée ».
« Si ce n'est que ça ».
« Tu n'as pas l'air surpris ».
« Bella n'est pas du genre à blesser quelqu'un d'autre ».
« Je sais. Disons que Céleste a mal pris le fait que nous sommes certes des vampires mais que ce n'est pas une raison de dire que nous ne pouvons plus apprécier certaines choses connues dans le passé ».
« C'est maladroit ».
« Mais pas gravissime ».
« Ça a une importance pour Céleste » dis-je.
« Elles doivent en discuter toutes les deux même si ton don leur a été bénéfique et utile ».
« Tu penses que j'ai bien fait de l'utiliser ? Je l'ai utilisé pour toi aussi ».
« Avant même que tu n'aies enlevé ton manteau alors que tu as passé une journée compliquée » ajoute t-elle en complétant mes propos.
Je replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille et embrasse sa main, toujours liée à la mienne.
« Oui ».
« Tu penses aux autres avant tout Matt. C'est une dispute comme il y en aura d'autres à l'avenir ».
« Tu lis l'avenir ? ».
« Non mais je suppose que les disputent font partie de la vie. Connaissant Bella et Céleste, ce sera une histoire ancienne bientôt ».
Elle dénoue ses doigts des miens pour les mêler à mes cheveux. Elle aime les toucher de plus en plus j'ai l'impression. Je continue de la regarder avec un sourire dessiné sur les lèvres. Je suis chanceux de l'avoir. Elle est incroyable. J'embrasse le dos de sa main avant et elle embrasse le mien. La sensation de ses lèvres sur ma peau me provoque un frisson. Elle a ce don. Je me sens bien en sa présence, comme si tout était mis sur pause. Ses lèvres effleurent mon poignet gauche. L'endroit où se trouve mes cicatrices. J'en ai un peu partout sur le corps pour être honnête. Mais elle ne sait pas que j'en ai une autre plus conséquente sur le torse. Lucy a pris un malin plaisir à me l'infliger. C'est ce qui m'a plongé dans un monde silencieux pendant un certain temps avant de me réveiller dans un corps qui me paraissait étranger. C'est la raison pour laquelle je porte toujours une chemise, un t-shirt. Pour éviter que les gens ne s'y attardent. Elle n'y prête pas attention pour l'instant mais par inadvertance, à la piscine ou à la plage (les vampires n'y vont pas mais je suppose que l'on va accompagner Bella un jour là-bas et peut-être que Céleste voudra essayer). Ma belle vampire embrasse à nouveau ma peau froide comme la glace. Ses yeux verts rencontrent les miens une nouvelle fois. À son contact sur ma peau, j'hésite à retirer mon bras. Évidemment que je l'aime mais mes cicatrices sont encore un sujet sensible que je ne l'ai pas encore abordé avec elle. Je sais qu'elle se pose des questions. Des questions qu'elle n'ose pas poser au risque de me faire mal de manière intentionnelle. Je ne devrais pas m'inquiéter à ce sujet. Elle ne sera jamais maladroite. Après tout je lui fais confiance.
« Ça ne va pas ? ».
Elle cesse les doux baisers sur mon poignet, qui comporte la plupart de mes cicatrices. Un passé compliqué. J'ai l'impression de vivre dans une bulle de bonheur avec ma famille, Aurore et une autre bulle compliquée liée à mes cicatrices qui ne disparaitront jamais de ma peau froide et dure comme la pierre.
« Si » dis-je pour simple réponse.
Ridicule réponse.
Je me mets à effleurer son poignet, encré d'un numéro noir. Cette trace de son passé qui ne va jamais disparaitre non plus. Je me mets à l'embrasser doucement aussi. Je n'ai pas le droit de me plaindre. Elle est à mes côtés. Je suis heureux d'avoir eu la possibilité de rester à New-York avec elle. De plus, ce numéro gravé est un horrible souvenir de sa vie. Jamais elle ne pourra l'oublier. Dès qu'elle regarde sa peau, il ressurgit. Je me demande si elle a pensé à l'enlever. Des techniques au laser existent et pourraient l'aider. Je ne lui ai pas suggéré l'idée. La brusquer est l'une des choses que je souhaite éviter.
« Ta réponse est évasive ».
« Je… Je n'ai pas l'habitude que mes cicatrices soient embrassées. Tu es la première personne à le faire et à ne pas en être dégoutée ».
La bombe est lancée. Je ne sais pas si c'est le bon moment ou une bonne idée pour le dire. À mon avis non et il n'y a sans doute pas de « bon » moment ou de « mauvais » moment. Je pense qu'il faut être prêt à le dire. Ce soir je le suis. Nous avons confiance l'un en autre alors je me dois de ne pas avoir de secret. Elle n'en a pas envers moi. Son histoire n'est pas identique loin de là mais elle me rejoint sur quelques points et je pense que les cicatrices en font partie. Elle a une trace sur son corps lors de sa transformation et un numéro encré sur le poignet à vie. Mes morsures sont indélébiles aussi. C'est un complexe dans le sens où ce n'est pas logique d'en trouver autant sur un corps. De plus, les vampires ne sont pas censés être des créatures non attirantes. Dire ça est vraiment égocentrique. Sachez que ce n'est pas mon objectif de le penser. Jamais. Juste que les vampires ne sont pas censés avoir de défaut. Et j'ai l'impression de ne pas être dans cette case. Vous voyez, c'est stupide. Vous me direz que ça fait partie de ma vie, de mon passé et que je dois les accepter pour de bon. Plus facile à dire qu'à faire et j'espère y arriver un jour. D'après Carlisle, je ressemble beaucoup à Jasper. Nous avons les mêmes craintes à ce sujet. Je suppose qu'en parler à Aurore doit être fait de manière naturelle et sans préjugé. Quand je suis en compagnie de ma charmante vampire, je commence à me poser des questions. Je sais très bien qu'elle est inquiète au sujet que nous n'allons pas plus loin. Évidemment que j'ai deviné. Je me noyais dans le travail à l'hôpital pour ne pas me confronter à la réalité des choses. Pathétique de ma part. Rentrer à l'appartement après mes longues journées mêlées aux nuits gardes qui suivent me permettaient de penser à autre chose. Ainsi je ne « décevais » personne. Encore une fois, vous avez le droit de rire. En attendant, je vais me cacher dans un trou de souris.
« Pourquoi le serais-je ? ».
« Ce sont… ».
« Je ne suis pas dégoutée, elles font parties de toi maintenant » dit-elle en reliant nos doigts ensemble.
« Tristement oui ».
« Il n'y a pas de honte à avoir. Je n'ai pas abordé le sujet des miennes non plus, j'en ai quelques unes qui se comptent sur le doigt d'une main ni du numéro que tu as effleuré de tes lèvres ».
« Nous sommes à égalité alors ».
« Nous le sommes sur quelques points ».
J'ai aussi envie d'effleurer ses douces lèvres.
À chaque fois, c'est une sensation différente. Une sensation que je ne peux pas oublier.
J'attrape son poignet pour l'attirer vers moi et embrasse ses douces lèvres de manière plus passionnée. Je sens son odeur de menthe mêlée à la mienne dans la pièce. Je me torture l'esprit pour pas grand chose. Elle est capable de me rassurer avec quelques mots. J'envoie une onde apaisante à ma charmante amie. Je pense que cela devient un réflexe. Il va aussi falloir que je songe à l'inviter dans un joli petit restaurant un soir. Pour avoir un tête à tête ensemble et pour passer davantage de temps car nous en avions pas eu l'occasion. Je pense que c'est ma plus belle relation. Ma plus belle raison de m'améliorer chaque jour et enfin quitter cette triste image de vampire auprès des autres; je veux devenir un médecin respecté auprès des humains que je pourrais aider du mieux possible et donner un sens à mon éternité. Je ne veux pas paraitre vieux jeu mais c'est vrai et c'est ce que je pense toujours, depuis que j'ai mis les pieds dans cet hôpital. Je veux me sentir utile.
Elle ne se détache pas la première.
Il a fallut qu'un coup soit donné à la porte pour interrompre ce moment. Il s'agit de Céleste. Elle affiche un air désolé sur le visage, comme si elle se reproche quelque chose. Je suppose que c'est en lien avec la dispute avec notre amie humaine.
« Je… Je suis désolée ».
« Tu veux venir ? » demandais-je.
Céleste s'installe sur le côté du lit sans oser approcher davantage. Aurore la regarde avec tendresse. Cette lueur dans ses yeux est unique, comme quand on regarde un bébé.
Les yeux verts de Céleste ne s'attarde pas trop sur nous. Je vois ses doigts chercher ceux de ma charmante amie. Elle les attrape directement et elle lie les autres de sa main libre aux miens.
« Comme une famille » sourit-elle.
Je suis heureux de constater que les choses prennent une autre tournure et qu'il est temps de profiter de ces moments. Je pense qu'une visite guidée de la ville devrait lui faire plaisir. Elle a besoin de découvrir autre chose que les murs de cet appartement avant de rentrer à la maison. Je suppose que Bella sera d'accord. Elle adore visiter les musées, les galeries d'art. C'est une chance pour moi.
Céleste se relève du lit, remet une mèche de ses cheveux blond derrière l'oreille. Au vu des traits de son visage, elle semble un peu nerveuse. Je lui envoie une onde d'apaisement pour changer son humeur anxieuse à une humeur plus apaisée. Céleste fait partie de la famille et comme dans une famille, on se soutient. Je ne serais pas là sans l'aide précieuse des Cullen. Alors je me dis qu'il est bon d'aider Céleste dont Aurore s'est occupée plus jeune. Quand on apprend à la connaitre, on se rend vite compte que c'est une jeune fille vraiment drôle. Elle est intelligente et je suis certain que de grandes études l'attendent mais elle devra se contenter du lycée. Je suis pour lui donner tous mes cours de médecine en cas de besoin. Si avec tout ça plus les cours d'histoire de Jasper, les cours de droits de Rosalie et les cours de stylisme de ma copine, elle n'a pas assez pour s'instruire pendant des années je ne comprends pas.
De toute manière, nous changerons de ville dans quelques temps et nous recommencerons le cycle du lycée tous ensemble. Pendant l'éternité. Je ne vais pas me plaindre de ce train de vie. Au moins, nous pouvons envisager un avenir. Nous pouvons envisager une vie familiale et sans les Cullen, je ne serais pas à travailler au sein d'un hôpital réputé. Merci Carlisle pour ses conseils et sa patience envers moi car il a été suffisamment généreux pour m'accueillir à l'hôpital de Forks. Il a aussi accepté que je fasse une partie de mon internat à New-York afin de ne pas être loin de ma copine. Je dois avouer que j'aurais fait l'aller-retour New-York Forks tous les week-end pour la voir. Jamais une personne ne m'a autant manqué que ma copine.
Je me re concentre sur l'objet que me tend Céleste. Elle me tend une enveloppe. Non que je n'ai pas confiance mais c'est un drôle de cadeau. Je la prends en la remerciant.
« Merci de t'occuper de moi et ce n'était pas…Tu prends soin de tout le monde ici. Je ne pensais pas te donner ça dans ces circonstances mais j'imagine que Bella ne me parlera plus alors… ».
« Une enveloppe ? Pourquoi… ».
« Ouvre » murmure t-elle avant que je ne poursuive. « Tu travailles dur Matthéo. Euh Matt pardon. Je sais que tu préfères… ».
« Appelle-moi comme tu veux » dis-je pour la rassurer sur ce point.
Elle peut m'appeler par mon prénom comme par mon surnom, c'est comme elle veut.
En déchirant le papier, je découvre une invitation. Deux invitations. C'est une table réservée dans un restaurant en haut de l'Empire State building. Je n'en reviens pas d'avoir un document de leur part. Je sais que le restaurant offre une vue imprenable sur New-York et obtenir une réservation n'est pas chose facile en ce moment. J'ai eu cette première idée en tête avant de porter mon choix sur un autre restaurant. Je ne sais pas quoi répondre face à ce cadeau. C'est une belle attention de leur part à toutes les deux. Je suis surpris. Comment ont-elles eu cette brillante idée ?
« Merci beaucoup » dis-je en premier. « C'est parfait. Comment as-tu eu… ».
« En appelant. Souvent. Très souvent ».
« Tu seras capable de rester ici ? Avec Bella ».
« Je ne suis plus une enfant ».
« Excuse-moi, j'ai pris cette habitude alors que tu as quinze ans ».
« J'espère que vous passerez une bonne soirée ».
« Merci Céleste » souffle ma charmante vampire en la prenant dans ses bras.
« Céleste, tu n'aurais pas dû te donner autant de mal » dis-je sans savoir quoi dire.
« Tu le mérites Matt, tu travailles dur pour nous et je vois bien que l'hôpital te chamboules parfois alors avec Bella, on a eu l'idée de vous changer les idées à tous les deux. Un dîner en amoureux semblait la meilleure idée ».
« Merveilleuse idée » soufflais-je.
Hey !
J'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre et merci d'avoir patienté car j'ai eu dû mal à écrire la fin et j'en ai profité pour travailler sur le chapitre suivant pour m'avancer un peu.
Merci pour les milles vues ici c'est fou ! Ceci peut paraitre anodin pour beaucoup de gens mais pas pour moi car cette histoire existe depuis longtemps certes mais il y a toujours eu des lecteurs. Alors merci beaucoup pour ça, pour continuer à la lire depuis longtemps ou peu de temps !
Merciiiiiii !
Bonne lecture ;)
