Yo !

Merci pour tous vos commentaires; ça m'a fait plaisir de les lire à mon retour :D


Chapitre vingt-sept : Quand les prévisions se concrétisent


Il faisait nuit noire quand Dumbledore, Rogue et Edward quittèrent le restaurant rue Montmorency pour transplaner directement dans une allée sombre, uniquement éclairée par quelques lointains lampadaires. Pour y remédier, Rogue et Dumbledore murmurèrent tous deux un Lumos qui éclaira leur chemin. D'après un morceau de texte sur une pierre tombale à côté de lui, Edward détermina qu'ils se trouvaient toujours en France.

– Suivez-moi, les pria Dumbledore en prenant la tête de cortège.

Sa silhouette, qui paraissait plus mince et plus grande que jamais ainsi cintrée dans l'uniforme coupé droit, les guida pendant qu'ils marchaient dans la nuit fraiche et humide. Edward se retint de ronchonner. Il n'avait aucune envie de creuser dans la boue et le froid. Par chance, il pourrait demander à Rogue de l'aider.

Déjà las, Edward poussa un soupir silencieux en se remémorant le jour où il avait déterré les restes de sa transmutation humaine. Il ne pensait pas avoir à le refaire un jour et pourtant, cette nuit, il comptait bien exhumer un autre corps. La vie se répétait-elle inlassablement ?

– Nous y sommes, les informa Dumbledore alors qu'ils arrivaient à la fin d'une allée. La tombe est...

Il s'interrompit de lui-même en observant les deux tombes profanées, celle de Nicolas comme de Pernelle. Béantes, les sépultures éventrées formaient deux trous noirs insondables.

– Croupton est déjà passé par là. Il doit être parti depuis longtemps, émit Rogue en se penchant. Il n'y a aucune trace de pas autre que les nôtres. La pluie a effacé les siennes. Croupton a eu la même idée que vous, Elric, il semble.

Edward s'accroupit au bord du gouffre sans réussir à distinguer quoi que ce soit.

– Pourriez-vous me prêter votre baguette, pour que j'aille voir là en bas ?

Il se releva pour observer les deux professeurs avant que Dumbledore lui tende sa baguette avec cérémonie. Dès qu'elle entra en contact avec sa paume, Edward fut électrisé par la puissance s'en dégageant. Il l'observa en silence, puis, un sourcil haussé, secoua finalement la tête en faisant demi-tour pour sauter dans la tombe dont la profondeur ne devait pas excéder les deux mètres, moins si l'on comptait l'épaisseur du cercueil. Edward atterit dans un craquement de bois sinistre. Il remarqua aussitôt que le couvercle en chêne avait été brisé puis replacé sans aucun soin. Alors Edward le souleva pour la seconde fois de la soirée. Il ne s'attendait pas à la vision qui l'accueillit. Pourtant, il aurait dû se douter que l'absence d'odeur putride d'un corps en décomposition devait signifier qu'il ne rencontrerait aucun cadavre squelettique, même si la pluie avait pu couvrir une partie de la puanteur. Il s'était plutôt attendu à ne trouver aucun corps, en fait.

Toutefois, Nicolas Flamel reposait bien là, figé dans un masque de pierre grise. Son visage paisible se superposa fugacement à l'image d'Hohenheim lors de sa propre mort. Edward avait toujours pensé que l'état de statue de pierre de son père était dû au fait qu'il ait été une pierre philosophale lui-même, cependant, il s'était trompé. De toute évidence, cet aspect n'était pas réservé qu'aux personnes comme son père, mais aussi à ceux qui cessaient de vivre après une existence d'immortalité donnée par la Pierre.

– Edward, tout va bien ? s'enquit Dumbledore.

– Il est là, répondit Edward en sortant de ses réflexions.

Il s'accroupit au-dessus du corps et l'éclaira de plus près, permettant aux deux sorciers restés plus haut de l'apercevoir. Des inspirations surprises répondirent à la vision étrange.

– Qu'est-ce que ce cela signifie ? C'est un leurre ?

– Non, expliqua Edward. C'est bien votre ami. Son aspect est dû à l'utilisation de la Pierre.

– Comment savez-vous cela ? interrogea Dumbledore.

– Ce n'est pas la première fois que je vois un immortel mourir. C'est plutôt impressionnant, c'est vrai. Une vraie statue, ajouta-t-il pour lui-même en se penchant.

Il s'agenouilla à califourchon sur le cercueil pour y prendre un meilleur appui et arracher un peu plus le couvercle. Un des deux bras était cassé en deux, séparé du reste du buste. L'œuvre de Croupton, à n'en pas douter, mais pour quel motif ?

– Il tenait quelque chose contre sa poitrine, commenta-t-il en passant les doigts sur le mouvement du vêtement sous le bras arraché. Un objet épais. Vu la forme qu'a prise la veste, c'est soit une boite rectangulaire, soit un livre. Sûrement ses recherches. Il n'a pas dû avoir le temps de détruire son travail avant que le pouvoir d'immortalité de la Pierre cesse de fonctionner et qu'il se fige. Il a seulement eu le temps de cacher sa Pierre et de prendre son livre pour être enterré avec lui. Croupton lui a brisé le bras pour prendre le manuscrit. Il n'y a rien d'autre.

– Remontez, Elric.

Tandis qu'il prononçait ces paroles, Rogue s'accroupit au bord du trou pour lui tendre la main. Edward accepta l'aide avec plaisir et agrippa le poignet avant d'être remonté difficilement. Arrivé sur la terre ferme, Edward rendit sa baguette à Dumbledore.

– Il suffit d'espérer que rien d'important ne se trouve dans ce bouquin, sinon on pourrait avoir de gros ennuis. Par chance, Flamel a dû coder ses recherches. Ça nous donne du temps, parce que s'il a bien travaillé, seul un alchimiste expérimenté pourrait déchiffrer ses notes. Mais bon... Vu la négligence dont il a déjà fait preuve, on peut s'attendre à tout.

– Si c'était le cas, combien de temps nous donneriez-vous avant que Voldemort sache précisément comment créer la Pierre ?

– Quelques jours, si ce n'est pas codé du tout. Si c'est un code connu, une semaine.

– Et si Nicolas a codé son travail de la bonne façon ?

– Personne ne devrait être en mesure de le décoder à part moi, répondit Edward. D'après mes recherches, les alchimistes ne courent pas les rues par ici. Voldemort devrait avoir le plus grand mal à en trouver un, et plus encore un qui soit assez doué.

Pourtant, la Vérité leur avait assuré qu'il reviendrait en fin d'année. Il ne leur restait que peu de temps avant cette date butoir et la Vérité ne se trompait jamais. Sans Croupton dans l'école, il ne pouvait pas mettre son plan à exécution. À moins que l'attention portée au Tournoi des Trois Sorciers et à Harry ne constitue qu'une diversion, mais là encore, le processus aurait été trop risqué. La participation de Harry devait avoir une grande importance.

– Voldemort va revenir cette année et ça ne fait que se confirmer avec tout ce qu'il s'est passé cette nuit. Son plan qui nécessitait le Tournoi des Trois Sorciers est peut-être compromis, mais le fait qu'il connaisse le lien entre Flamel, Envy, moi et l'immortalité change la donne. S'il découvre comment fabriquer la Pierre, ça ne signifiera pas que son retour en puissance, mais également la mort de milliers de personnes. Les meurtres de ce soir ne sont rien à côté de l'hécatombe qui nous attend...

Edward se tut, pensif. Son regard coula sur la pierre tombale de Flamel où était gravée son épitaphe. Curieux, il contourna le trou pour s'approcher au plus près de l'inscription. « De terre suis venu et en terre retourne. » C'était bien une phrase d'alchimiste, pour sûr. Par contre, Edward ne savait pas quoi penser du reste de la pierre tombale. Au-dessus de l'épitaphe se trouvaient un soleil, une lune et trois hommes qu'il ne connaissait pas, sculptés dans la pierre.

– Puis-je vous interroger sur un point ? demanda Dumbledore.

Edward acquiesça à peine, distrait par sa réflexion sur la signification des gravures. Le soleil signifiait l'âme, la lune l'esprit et la pierre tombale en elle-même représentait le corps. L'absence de cercle prouvait que ce n'était pas destiné à exécuter une transmutation humaine, même si tous les éléments étaient là. Il se demandait bien qui représentaient ces trois figures. Il ne reconnaissait aucune d'elles. Sûrement des personnages de ce monde-ci.

– Vous saviez déjà il y a longtemps que Voldemort reviendrait... Comment est-ce possible ?

– Il me semble que vous avez assuré à Envy que vous ne poseriez plus cette question, rétorqua Edward, loin d'être pris au dépourvu comme le directeur semblait l'espérer. Ça n'a vraiment pas la moindre importance, professeur. Ce qui compte c'est d'agir pour empêcher Voldemort de reprendre totalement le pouvoir comme il y a quatorze ans.

Edward se redressa pour rejoindre les deux professeurs qui l'attendaient.

– Il faut prévenir les Aurors pour la tuerie à Paris, intervint Rogue.

– Avant ça, il faut que l'on se mette d'accord sur certains points, prévint Edward. S'ils vous demandent ce que nous avons trouvé et pourquoi nous sommes venus ici en particulier, ne leur parlez pas de la Pierre. Dites-leur que la cachette était vide. Le seul lien qu'ils doivent connaître entre Flamel et Envy et moi, c'est le fait qu'étant ses protégés, des personnes malintentionnées peuvent penser que l'on sait fabriquer la Pierre. Détrompez-les.

– C'est plus prudent pour votre sécurité, en effet, accepta Dumbledore sans problème.

– J'aimerais également que vous me laissiez consulter tout ce que Flamel a pu vous laisser. Il savait que nous viendrions et qu'il allait nous confier à vous, alors il a dû vous donner les documents les plus importants en sachant que nous nous en occuperions.

– Je n'y vois pas d'inconvénient. En échange, j'aimerais que nous ayons une très longue conversation sur certains points importants pour la suite.

Edward hocha la tête.

– Maintenant, il est temps de retourner au château, mais avant cela...

D'un mouvement de baguette, Dumbledore leur rendit leurs robes et capes de sorciers. Soucieux, Edward vérifia que la fiole de Flamel se cachait encore dans sa poche. Il referma sa main dessus, puis prit le bras de Dumbledore avant qu'il les fasse transplaner à Poudlard.

– Ouvrez la porte ! Dumbledore, pour l'amour de Merlin, ouvrez-nous !

Immédiatement assailli par les cris et les coups contre la porte du bureau de Dumbledore, le trio échangea un regard avant que le directeur déverrouille sa porte. Aussitôt, elle s'ouvrit en fracas et déversa un flot de professeurs qui s'entassèrent dans la petite pièce, des expressions inquiètes ou mécontentes gravées sur le visage. Que ce soit McGonagall, Chourave, Flitwick ou même Hagrid, chacun harcela le vieil homme de questions dans un bruit infernal. Entre quelques reproches, Edward saisit à la volée que les Aurors en charge de l'enquête avaient fouillé le bureau de « Maugrey ».

Edward n'entendit aucune mention de la carte du Maraudeur. Croupton devait l'avoir sur lui quand il avait fui. Il allait falloir protéger les passages secrets pour qu'il ne puisse plus pénétrer dans l'enceinte de Poudlard d'ici la fin de l'année. À part ça, ils y avaient retrouvé la baguette d'Edward, mais également le véritable Maugrey, enfermé dans sa propre malle. En ce moment même, l'Auror dormait à l'infirmerie, aux bons soins de Mrs Pomfresh. Confus et en mauvaise santé, il affirmait que Voldemort avait manigancé toute cette affaire et que Croupton Junior n'était qu'un pion. Il disait aussi qu'ils avaient un plan pour rendre Voldemort plus puissant et qu'ils allaient le mettre en oeuvre pendant la dernière épreuve du tournoi.

– Que devons-nous faire ? demanda McGonagall, à bout de nerfs. La dernière épreuve doit être annulée pour la sécurité des champions !

– C'est impossible, rétorqua Dumbledore. Le contrat magique les en empêchera. Il faut renforcer la sécurité. Où est Gurdjieff ?

– Il n'est plus responsable de l'enquête, indiqua McGonagall en secouant la tête. Le chef des Aurors lui-même a repris les rênes de l'affaire sur ordre du ministre de la Magie. Rufus Scrimgeour en personne !

– Il est dans leur QG provisoire, dans la salle d'histoire de la magie, informa Flitwick. Il se prépare à passer dans chaque salle commune pour faire passer des tests aux élèves afin de vérifier que Croupton ne se trouve pas parmi eux.

– C'est insensé, Mr le directeur !

– Croupton a quitté le château, effectivement, annonça Dumbledore d'une voix forte pour demander le silence. Nous sommes partis à sa poursuite, mais l'avons raté de peu.

Les regards dérivèrent sur Edward qui les ignora.

– Maintenant j'aimerais que vous vous occupiez de renforcer les défenses autour du château, s'il vous plaît. En attendant, je vais aller voir de quoi il retourne auprès de l'équipe d'enquêteurs.

Obéissants, les professeurs désertèrent le bureau sans attendre. Lorsque la porte fut refermée, Dumbledore se pencha sur son bureau pour écrire quelque chose sur un bout de parchemin avant d'y apposer sa signature, puis il s'adressa aux deux derniers présents en tendant le mot à Rogue :

– Severus, Edward, pourriez-vous aller interroger notre ami Alastor à l'infirmerie ? Ensuite, revenez dans mon bureau avec Envy. Je vous rejoindrai dès que j'en aurais terminé avec les détails administratifs.

– Bien. Nous y allons immédiatement, informa Rogue en poussant Edward dans le dos vers la sortie. Plus vite ce sera fait, plus vite cette nuit de folie se terminera enfin.

Edward ne pouvait qu'approuver. Lui-même rêvait de son lit douillet et chaud où il pourrait s'entortiller à loisir pour dormir tout son saoul. Rien que le fait d'avoir brisé le sortilège d'amnésie l'avait vidé de toute énergie. Il se serait bien passé de la course-poursuite de Croupton puis des nombreux transplanages pour voyager en France avant de revenir. Surtout que les voyages magiques lui avaient donné la nausée.

Heureusement, il faisait plutôt frais dans les couloirs du château à cette heure avancée de la nuit et il put laisser la pression diminuer. Croupton ne risquerait pas de revenir ce soir. Donc le territoire était majoritairement ami ici. Même Rogue, malgré sa méfiance, l'acceptait mieux depuis les très récents événements. Ça ne l'empêchait pas de rester parfaitement silencieux alors qu'ils marchaient en direction de l'aile où se trouvait l'infirmerie. Dans le même silence, ils arrivèrent très vite, mais l'entrée était gardée par deux Aurors en faction.

– Qui va là ?

– Le professeur Severus Rogue et l'élève Edward Elric, infirma Rogue en s'approchant. Le directeur nous a envoyés ici pour voir le professeur Maugrey.

– Personne n'a le droit d'entrer pendant l'enquête, rétorqua l'Auror.

– Nous avons une autorisation écrite et signée par Mr Dumbledore en personne.

Les deux Aurors se penchèrent sur le parchemin pour en vérifier l'authenticité. Avec un regard de méfiance et beaucoup de mauvaise volonté, ils libérèrent le passage et refermèrent les portes derrière eux. La salle était vide, à l'exception d'un lit caché derrière un paravent tout au fond. Mrs Pomfresh quitta le chevet de son patient si spécial et parut soulagée en les reconnaissant. Elle vint à leur rencontre.

– Je m'inquiétais pour vous, j'espérais que vous reviendriez bientôt. Où est Albus ?

– Il s'occupe des Aurors, répondit Rogue. Il nous a demandé de venir interroger Maugrey en attendant.

– Vous tombez mal. Il vient de se rendormir. J'aimerais que vous le laissiez se reposer. Il en a vraiment besoin.

– Vous connaissez la valeur que revêt son témoignage. Nous devons lui parler dès ce soir pour agir en conséquence s'il nous apprend quelque chose d'utile.

Rogue n'attendit pas son assentiment pour se diriger vers le lit qu'occupait Maugrey. Il traversa toute l'infirmerie, Edward le suivant de près sans se soucier plus que lui de l'avis de la sorcière. L'ex-Auror était allongé sous les draps, le teint cireux, il paraissait au plus mal, et Edward ne put s'empêcher de remarquer les trous sur son crâne dont les cheveux devaient avoir été arrachés pour la fabrication du Polynectar. Son œil magique avait été retrouvé là où Croupton avait dû le jeter en même temps que la prothèse en bois pendant sa fuite. La jambe, par ailleurs, était posée contre le mur. La ressemblance entre le faux et le vrai Maugrey ne comportait pas le moindre défaut. Cette potion de changement d'apparence frôlait le génie.

– Je vais chercher de quoi le réveiller, soupira Pomfresh, défaitiste. Et ça ne devrait pas vous faire de mal à vous non plus, d'ailleurs.

Elle tourna les talons pour aller chercher des potions dans son bureau alors que les deux ânes bâtés contre qui elle grommelait restaient obstinément bloqués au pied du lit. Très vite, elle revint avec trois flacons de Pimentine qu'elle distribua — Rogue et Edward les burent cul sec et de la fumée leur sortit aussitôt des oreilles — avant d'en donner à boire à son patient endormi. Celui-ci entrouvrit difficilement son œil valide en remuant faiblement.

– Toutes mes excuses, professeur, j'aurais voulu vous laisser vous reposer, mais le professeur Dumbledore a besoin de quelques réponses.

– Albus, murmura Maugrey en tournant la tête. Albus...

Rogue poussa Edward en direction du blessé pour qu'il l'interroge lui-même. Edward comprit pourquoi il avait accepté si facilement qu'il l'accompagne. Apparemment, ce n'était pas l'amour fou entre l'ancien Auror et lui. Puéril. Blasé, il roula des yeux sous le regard meurtrier de Rogue puis s'avança pour prendre la place de Pomfresh.

– Nous sommes là sur sa demande de Dumbledore, expliqua-t-il en se penchant. Je suis celui qui a démasqué celui qui avait pris votre place, Barty Croupton Junior.

Maugrey plissa son œil vitreux pour tenter de discerner les traits de son visage, mais il parut ne pas y parvenir.

– Je sais que vous avez déjà dû tout dire à vos anciens collègues, mais j'aurais besoin que vous répétiez votre version de l'histoire.

– Albus m'a demandé... une faveur... le poste de défense contre les forces du Mal... pour garder un œil sur Potter... La veille de la rentrée... Ils sont venus... Ils m'ont attaqué... Depuis, j'étais enfermé dans ma malle...

– Mais vous les avez entendus. Vous avez entendu des choses, n'est-ce pas ?

– Une seule fois, répondit Maugrey, la voix pâteuse. Quelque chose... de terrible... va se passer lors de la troisième tâche... du Tournoi des Trois Sorciers. Vous-Savez-Qui va revenir...

– J'imagine que les Aurors ne vous ont pas cru, soupira Edward.

Tout à coup, la main raide de Maugrey se referma sur son bras, pour le tirer vers lui.

– Il faut me croire, bredouilla-t-il, l'œil étrangement lucide à nouveau. Il est de retour. Voldemort est de retour. Il attend. Potter est la clé. Potter est en danger. Un très grave danger.

– Nous vous croyons, le rassura Edward. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir. Mais pour ça, il nous faut plus de détails. Avez-vous entendu autre chose ? Quand Croupton venait prendre vos cheveux, il n'a jamais rien dit sur Harry Potter ?

Maugrey secoua mollement la tête de droite à gauche avant de relâcher sa prise. Il s'affaissa dans son oreiller en fermant son œil.

– Allez, maintenant ça suffit, les houspilla Pomfresh en les poussant plus loin. Laissez-le dormir et allez faire de même, ça vaudra mieux.

Malheureusement, ce n'était pas encore au programme, pensa Edward en réprimant un bâillement.


Après cette visite éclair, ils partirent chercher Envy dans la salle commune des Serpentards. Certains assaillirent leur directeur de maison pour obtenir des informations sur ce qu'il se passait et il les fit aller se coucher. Edward fut regardé de travers par la plupart des élèves qui n'aimaient pas qu'un intrus s'introduise dans leur tanière. Dès l'Homonculus récupéré, ils partirent dans le bureau de Dumbledore où ils s'installèrent en l'absence de son propriétaire.

En attendant que Dumbledore revienne comme convenu, Envy les interrogea pour savoir ce qu'il s'était exactement passé en France et Edward lui donna tous les détails pour le rassurer et l'informer au mieux. Rogue, ennuyé de leur compagnie, se mura dans un silence morne, assis dans un fauteuil confortable. Après le compte-rendu exhaustif du déroulement des événements, Edward s'enfonça dans un fauteuil à son tour pour piquer un petit somme malgré la Pimentine qu'il avait bue une heure plus tôt.

Assis sur le bureau de Dumbledore, la seule place encore libre, Envy prenait appui sur ses bras tendus sur le sous-main, tout en observant Edward dans son sommeil. Pelotonné dans son fauteuil, il avait posé son menton contre ses genoux et avait l'air paisible, sans la mine soucieuse et le froncement de sourcil qu'il portait depuis des heures. Envy soupira sans détourner les yeux de cet idiot qui lui servait d'ami.

Préférer que Voldemort le cible à sa place, lui, l'Homonculus presque immortel... Il n'y avait qu'Edward pour décider une chose aussi absurde et irrémédiablement humaine. Edward avait peut-être l'habitude de protéger, mais il était le plus vulnérable d'eux deux. Trop fier, il refusait de l'admettre. C'était le rôle d'Envy de le protéger désormais. Il voudrait bien que son ami se repose davantage sur lui, mais c'était peut-être trop demander. Pour l'instant... Il devait veiller sur lui dans l'ombre.

– Vous feriez mieux de vous inquiéter pour votre propre sécurité avant de vous soucier de lui.

Envy croisa le regard sombre de Rogue posé sur lui depuis tout à l'heure.

– Si je ne le fais pas, qui le fera ?

– Il en a bien assez avec Potter et sa clique.

– Ils ne savent pas le quart de ce qui se passe en dehors de Poudlard, répliqua Envy.

Rogue ne répondit rien et le dialogue ne reprit pas avant le retour de Dumbledore trente minutes plus tard. Paraissant vingt ans de plus, Dumbledore traversa la pièce pour s'asseoir derrière son bureau tandis qu'Envy sautait de son perchoir pour aller secouer l'épaule de son ami. Edward se réveilla en sursaut et se redressa vivement à la vue de Dumbledore.

– Tous les élèves ont été vérifiés par les Aurors et ils en ont enfin conclu que Croupton avait définitivement fui le château. Ils ont déjà mis une équipe de recherche sur l'affaire et Cornélius Fudge reste en liaison constante avec le Premier ministre moldu pour l'informer du danger encouru.

– Et pour la tuerie de Paris ? demanda Rogue.

– Pour l'instant, ils disent avoir d'autres priorités. Pius Thickness, le directeur du Département de la coopération magique internationale par intérim est en liaison directe avec son homologue français afin de tirer l'affaire au clair et de décider si oui ou non un citoyen britannique est derrière tout cela ou non. Nous en saurons davantage demain. En attendant, j'aimerais que notre discussion soit rapide et efficace. Edward, avez-vous toujours la pierre philosophale avec vous ?

Il la sortit de sa poche intérieure et la soupesa un moment dans sa paume avant de la tendre à Envy pour qu'il l'examine à son tour, sous le regard méfiant de Rogue.

– Ne jouez pas avec ça.

Dédaignant son professeur, Envy prit la fiole et la fit doucement tourner à hauteur de son regard.

– Elle est presque épuisée, commenta-t-il pensivement. Pas plus de deux...

Âmes, comprit Edward en hochant la tête.

– Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut éviter à tout prix afin qu'elle ne tombe entre les mains de Voldemort ou d'aucun Mangemort, commença Dumbledore. Le problème est de savoir ce qu'il convient d'en faire. Vous nous avez expliqué tout à l'heure qu'aucune magie ne pouvait la détruire et vraisemblablement, aucun moyen moldu non plus.

– Gringotts pourrait se révéler un choix judicieux, proposa Rogue.

– Une banque ? ricana Envy. Vous plaisantez, j'espère ?

– Il est hors de question de la garder à Poudlard et de risquer la sécurité de tous les élèves, contre-attaqua le directeur des Serpentards. La dernière fois que nous l'avons fait, Potter a trouvé intelligent de manquer de se faire tuer. Qui sait quelle idée stupide lui et ses amis pourraient encore avoir ?

– Severus, s'il vous plaît, soupira Dumbledore. Rapide et efficace. Ne nous énervons pas. Edward, que proposez-vous ? La cacher ?

– L'utiliser. C'est le seul moyen de l'épuiser pour qu'elle devienne inutilisable. L'avantage, c'est que comme l'a dit Envy, elle est déjà très faible. Flamel était proche du but, mais il n'a plus eu assez de temps pour terminer ce qu'il avait commencé.

– Alors vous comptez finalement la garder pour votre usage personnel en agissant « pour le bien de tous » quelques bonnes actions, c'est cela ? railla Rogue.

– Faites-nous confiance.

– Vous savez sûrement mieux que nous ce qu'il convient de faire, concéda Dumbledore, incertain. Cependant, je souhaiterais plus de précisions. Que comptez-vous en faire ?

Edward avait déjà une idée très précise en tête depuis qu'il l'avait trouvée dans la cave de l'ancienne demeure de Nicolas Flamel. Toutes ses pensées étaient directement allées à Envy, qui suite à la fuite de Croupton, ne possédait plus que quatre âmes. Selon son appréciation quelques minutes plus tôt, l'Homonculus pourrait regagner deux âmes supplémentaires en absorbant cette Pierre. C'était un bien inespéré et Edward se demandait si Flamel ne l'avait pas laissé derrière lui exprès. Après tout, ce n'était pas la première fois que la Vérité prévoyait des détails de ce genre sans le leur avoir dit. En tout cas, il ne voyait aucune autre utilité à cette Pierre.

– Envy...

L'Homonculus hocha la tête et dévissa le bouchon avant de porter la fiole à ses lèvres.

– Vous êtes fou !

Déconcertés, Rogue et Dumbledore bondirent en avant. Trop tard, car Envy avalait déjà l'Élixir de longue vie. Il déglutit bruyamment a^rès avoir rejeté la tête en arrière avec un sourire satisfait.

– Voilà, conclut Edward. Personne ne pourra plus l'utiliser à de mauvais desseins.

– Quelles vont être les conséquences de ce que vous avez fait ? interrogea Dumbledore, le coin de la bouche crispé par la désapprobation.

– Je vivrais peut-être un peu plus longtemps que prévu, répondit évasivement Envy. Mais vu comme j'attire les tarés, ça ne va pas changer grand-chose à ma durée de vie au final.

– Désormais, nous dépendons tous de ce que Flamel a laissé dans son manuscrit, ajouta Edward. Et il faut espérer que les Aurors retrouveront Croupton avant qu'il ait pu faire plus de mal.

Fatigué, Dumbledore se lissa machinalement la barbe en observant Envy avec intérêt. Ça faisait longtemps déjà qu'il savait qu'il n'était pas humain — ou du moins pas totalement — et ce qu'il venait de se passer ne faisait qu'en témoigner. Nicolas lui avait déjà dit par le passé qu'un être vivant, quel qu'il soit, ne pouvait pas absorber la Pierre non diluée sans dommage ou sans mutation. Pourtant, Envy semblait parfaitement dans son état habituel.

– Bien. La nuit a été particulièrement longue et épuisante, je propose donc que nous la terminions chacun dans notre lit avant de nous revoir demain matin pour une discussion plus poussée sur de nombreux faits qui restent des mystères. Je pense que nous sommes tous d'accord, dit-il en recevant plusieurs regards approbateurs et soulagés. Severus, pouvez-vous les raccompagner dans leurs dortoirs, s'il vous plaît ? Je crains que la fatigue ait eu raison de mes forces.

Rogue hocha sèchement du menton avant de s'engouffrer dans les escaliers, ses deux élèves derrière lui.


– Vous vous posez beaucoup de questions, je le sais et je le comprends, annonça Dumbledore le lendemain matin de bonne heure à toute son équipe professorale qu'il avait rassemblée pour une réunion de grande importance. Le chaos qui a régné hier soir en a ébranlé plus d'un, surtout en constatant la rapidité des événements. Le bilan officiel est le suivant : Barty Croupton Junior s'avère en vie et en liberté. Il a tué son père, le directeur du Département de la coopération magique internationale, il y a une semaine. Bien sûr, je ne vais pas vous mentir. Même si le Bureau des Aurors venait à donner cette version — ce qu'il refuse pour le moment —, elle ne représente qu'une infime part de la vérité.

Debout devant la cheminée de la salle des professeurs, Dumbledore y prit appui et lança un regard par-dessus ses lunettes à la silhouette qui venait de se faufiler par la porte de derrière. Rogue hocha la tête dans sa direction avant de s'adosser contre le mur du fond.

– La vérité, telle que nous sommes peu à la connaître et que le ministère refuse de divulguer... C'est que Lord Voldemort semble souhaiter revenir dans le monde. Pour cela, il s'est entouré de deux fidèles partisans. Je dois vous le dire... les temps sont durs. Barty Croupton Junior est en fuite et très dangereux. En plus de Mr Croupton Senior, il a également assassiné Bertha Jorkins du Département des jeux et sports magiques. Cette dernière connaissait un nombre incalculable d'éléments liés à la mise en place du Tournoi des Trois Sorciers et selon le véritable Maugrey, qui comme vous le savez a été retrouvé et libéré de sa captivité, Voldemort agira lors de la troisième tâche.

Dumbledore fit un signe d'apaisement de la main dès que les questions fusèrent. Le silence revint, plus lourd encore.

– Nous ne savons pas ce qu'il a prévu, ni comment il compte le mettre en place. Ce projet peut avoir été finalisé comme il peut avoir été abandonné définitivement. Ce que je vais vous demander, pour le mois restant à Poudlard, est de rester sur vos gardes. Notre ennemi est redoutable et possède des capacités d'infiltrations telles qu'il nous a bernés pendant toute une année. Barty Croupton Junior n'est pas à prendre à la légère. Cette nuit, en plus d'avoir attenté à la vie d'un élève, il a tué une vingtaine de Moldus pour le compte de Lord Voldemort. Il est fanatique et déterminé. Si vous avez le moindre soupçon sur qui que ce soit se promenant dans le château, je vous demanderai de ne pas craindre de venir m'en faire part. Aucun innocent ne sera incriminé tant que sa culpabilité ne sera pas certaine.

– Que préconisez-vous pour la troisième tâche ? interrogea McGonagall.

– Elle aura lieu, répondit Dumbledore. Le tournoi ne peut pas être annulé et les champions seront forcés de concourir.

– Mais ils risquent leur vie !

– Toutes les mesures nécessaires seront prises avec le plus grand sérieux dans les temps à venir, en accord avec le ministère et avec son aide. Harry Potter et Envy Alighieri connaissent déjà la menace qui pèse sur eux et se montreront prudents. Ludovic Verpey s'occupe de prévenir les directeurs de Durmstrang et de Beauxbâtons afin de leur permettre de se préparer au moindre risque encouru par leurs champions respectifs, précisa Dumbledore avant de marquer une courte pause. Les mesures de sécurité seront renforcées. Tous les élèves qui désireront quitter l'école sur la demande express de leurs parents devront être emmenés sous bonne garde jusqu'à la gare de Pré au lard. En attendant des nouvelles de l'enquête, toutes les cheminées seront sous surveillance constante et aucun trajet ne pourra s'y effectuer en dehors de mon bureau.

Des murmures de désaccord s'élevèrent de plusieurs endroits.

– Je sais que c'est une grave atteinte à vos droits et à votre liberté, cependant j'en appelle à votre indulgence et votre compréhension. Cette situation nous échappe à tous, et des mesures doivent être prises en conséquence. Vous avez déjà tous été soumis à un interrogatoire des Aurors, et ce ne sera pas la dernière fois, je le crains. Le ministère prend cette affaire très au sérieux, malgré les grandes lacunes dans leurs rangs. Soyez le plus coopératif possible pour que la cohabitation se déroule sous les meilleurs auspices.

Rogue s'approcha en se faufilant dans la foule jusqu'à lui. Il se pencha à son oreille :

– Les Langues de plombs ont emmené Elric pour un interrogatoire à propos de notre passage en France.

Dumbledore rendit un regard agacé à son professeur de potion. Le Département des Mystères ne lâcherait-il donc jamais l'affaire ?

– Je vais devoir vous quitter, annonça-t-il à l'assemblée. Si vous avez des questions...

– Quel rôle jouent Edward Elric et Envy Alighieri dans toute cette affaire ? demanda Mrs Bibine, approuvée par ses collègues. Nous savons tous qu'ils ont participé activement à la poursuite de Croupton Junior hier soir.

– Je sais que vous vous interrogez depuis leur arrivée. Malheureusement, je crains de ne pas pouvoir vous révéler grand-chose à part qu'ils enquêtent à nos côtés sur la menace pesant sur le château. Si vous avez la moindre information et que le professeur McGonagall ou moi-même étions indisponibles, je vous prierai de vous adresser directement à eux. J'ai conscience que c'est une situation très inhabituelle et des plus déconcertante, mais je me porte garant de leur intégrité. Cette information ne doit bien évidemment pas quitter cette pièce, je vous fais confiance.

– Mr le directeur, vous n'êtes pas sérieux ? s'étouffa Chourave. Ces deux garçons, engagés sur une enquête pour divers meurtres ? C'est insensé !

– C'est pourtant Mr Elric qui a permis de découvrir la véritable identité de Croupton parmi nous non pas à une, mais à deux reprises. Il n'a pas hésité une seule seconde à mettre sa vie en danger pour venir me prévenir avant d'être attaqué en avril dernier. Hier soir, il a encore une fois risqué des dommages conséquents et irrémédiables pour sa santé afin de démasquer la menace une seconde fois et a peut-être permis d'éviter de nouvelles morts au château. Ce sera tout à ce sujet, poursuivit-il en prenant le chemin de la sortie. Je pense que les élèves vous attendent avec impatience dans leurs salles communes. Bonne journée.

Dumbledore quitta la salle des professeurs en pleine effervescence pour traverser la Grande Salle déserte et silencieuse à cette heure matinale. Rogue le rattrapa pour marcher à sa hauteur.

– Le Bureau des Aurors français a envoyé des Oubliators chez Flamel au cas où il y aurait des témoins, mais tout comme le ministère britannique, ils refusent de voir le lien entre Croupton et la tuerie. Ils pensent que c'est l'acte isolé d'un sorcier fou et ils vont vite boucler l'affaire dès qu'ils trouveront un bouc émissaire adéquat. Il semblerait qu'Elric ait eu raison sur certains points. Ça n'aurait servi à rien dont nous prévenions les Aurors directement, ils n'y seraient pas allés de toute façon.

– Et pour la profanation de la tombe des Flamel ? se renseigna Dumbledore.

– Ils refusent de s'en occuper. Ils disent que c'est l'œuvre de vandales moldus.

– Que font-ils de l'aspect des corps ? Ce n'est pas une mort comme on en voit souvent.

– Ils ont fait intervenir le Comité des inventions d'excuses à l'usage des Moldus pour trouver une explication rationnelle qui conviendrait aux éventuels curieux.

– Si les Bureaux des Aurors français et britannique ont déjà classé les deux affaires, pourquoi donc le Département des Mystères tient-il à interroger Mr Elric ?

– La mention de la pierre philosophale les a visiblement fait saliver. Encore une fois, Elric est presque devin. Il savait déjà ce qu'il se passerait dès que le travail de Flamel sortirait de l'ombre.

– Il connaît davantage la nature humaine que la divination, soupira Dumbledore évasivement. Où est Mr Alighieri en ce moment ?

– Dans votre bureau. Il a une requête importante à vous transmettre de la part d'Elric, d'après ce que j'en ai compris.

– Voyez-vous ça...


– Il m'a passé ce mot avant d'être demandé par les Langues de plombs, expliqua Envy en tendant un morceau de parchemin arraché. Mais je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire. Vous devez déjà vous en être occupé depuis longtemps...

Pssges secrets ! Urgent !

Dumbledore lut rapidement le message en haussant un sourcil. Contrairement à l'avis d'Envy, il n'en avait jamais pris affaire, n'en connaissant même pas l'existence.

– Comment a-t-il pu vous faire passer ce papier alors que vous étiez tous les deux dans vos dortoirs respectifs ? demanda Rogue, déjà énervé sans même avoir eu la réponse.

– J'ai voulu passer dans sa salle commune, répondit Envy sans complexe. Quand il m'a vu à la fenêtre, il a rapidement écrit ça avant de le glisser dans l'entrebâillement.

– Par la fenêtre ? Vous vous fichez de moi ! Les Serdaigles sont dans une tour !

– Et alors ?

– Ça suffit tous les deux, les coupa abruptement Dumbledore, qui se sentait pris dans une querelle entre deux adolescents. Que veut-il dire par « passages secrets » ? Il n'y en a qu'un seul à ma connaissance et je l'ai déjà inclus dans les barrières de protection du château.

Envy lui lança un regard dépité puis roula des yeux. Ce devait donc être de cette façon que Croupton Junior avait pu aller et venir quand Edward avait été attaqué. S'il avait su à l'époque que Dumbledore ne connaissait pas ces passages, tout aurait pu se passer très différemment.

– Alors il avait raison... Le passage du Saule cogneur à la Cabane hurlante n'est de loin pas la seule issue qui existe entre Poudlard et l'extérieur. Il y a aussi celui de la Sorcière borgne qui est le plus pratique et qui mène à Honeydukes, puis encore six autres. Ils apparaissent tous avec les mots de passe sur la carte du Maraudeur que Croupton a encore et Ed doit craindre qu'il décide de les utiliser pour entrer. Plus vite ils seront protégés contre les intrusions, mieux ça vaudra pour la sécurité du château.

– Très bien. C'est une alternative à laquelle je n'avais pas pensé. Vous accompagnerez le professeur Rogue à l'entrée et la sortie de chaque passage afin qu'il puisse élargir les barrières qui entourent le château. J'attends de vous un travail d'équipe sans chamailleries, si ce n'est pas trop demander.

Rogue fusilla Envy du regard alors que celui-ci lui lançait un clin d'œil malicieux. Face à cette scène, Dumbledore se retint de lever les yeux au ciel pour prier Merlin.

– Revenez dès que vous en aurez terminé. D'ici là, les Langues de plombs devraient avoir relâché Edward.