Merci pour tous vos gentils commentaires. Ne vous inquiétez pas, je vais beaucoup mieux maintenant ! :D
Chapitre vingt-huit : Le détail qui change tout
Profondément ennuyé, Edward laissa sa joue tomber contre son poing fermé alors qu'il s'accoudait au bureau de Keith McKollughan dans une des salles habituellement occupées par les cours d'histoire de la magie. Inconsciemment ou non, cette salle créait une envie irrépressible de dormir, et il sentait ses paupières s'alourdir un peu plus à chaque bruissement de feuille. Le Langue de plomb tourna une nouvelle page de son dossier d'au moins d'un quart plus épais qu'à leur dernière rencontre. Sûrement des arbres généalogiques qui ne verraient jamais ni son nom ni celui d'Envy apparaître.
Si ça pouvait lui faire plaisir de perdre son temps, grand bien lui fasse.
– Vous en aurez bientôt terminé ? soupira Edward en regardant vaguement Keith noter quelque chose dans sa marge.
– Si vous y mettiez un peu plus du vôtre aussi, maugréa l'employé ministériel. Si je résume tout ce que vous m'avez dit : Barty Croupton Junior a pris l'apparence d'Alastor Maugrey pendant toute une année. Vous l'avez démasqué une première fois le soir de votre agression, puis vous avez retrouvé la mémoire hier soir et en avez immédiatement fait part au professeur Dumbledore. Ensuite, Croupton Junior a fui et aurait massacré vingt-six Moldus dans un restaurant qui était autrefois le domicile de Nicolas Flamel et sa femme. Tout cela, il l'aurait fait pour voler des secrets sur les travaux de Flamel. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est pourquoi il aurait agi justement pendant sa fuite.
– Parce qu'avant, il n'avait pas eu accès à votre dossier sur Envy et moi, et quand il l'a eu, il a dû mener des recherches pour trouver les adresses de Flamel ou bien des noms de personnes à qui il a légué ses travaux, ronchonna Edward, irrité. Et pas après non plus parce qu'il savait que nous ne mettrions pas longtemps à comprendre qu'il pourrait passer à ces deux endroits en France pour récolter des informations. Et donc qu'on aurait pu y placer des pièges à son attention. Il n'y a rien de compliqué là-dedans, c'est même très logique. Quand il a su que j'avais retrouvé la mémoire, il savait que je rapporterais à Dumbledore qu'il cherche le secret de l'immortalité.
– On en revient donc à ce que vous m'aviez dit lors de notre dernière rencontre. Pour quelqu'un qui ne connaît pas ce secret, vous attirez beaucoup d'intéressés.
Même si Elric mentait, Keith pouvait bien comprendre son motif. Ce n'était pas un pouvoir que l'on criait sur tous les toits, au risque de s'attirer de graves ennuis. De plus, avec l'énorme fuite sur son dossier personnel ainsi que celui d'Alighieri qui avait résulté par l'immense le chaos qui secouait Poudlard et le ministère, il pouvait aisément comprendre son manque de confiance. Edward était un jeune homme raisonnable et censé, il ne pouvait pas lui en vouloir.
– Bon, alors je pense que j'en ai terminé pour aujourd'hui, conclut Keith à contrecœur. Vous pouvez partir. Il y a un Auror dehors qui vous raccompagnera jusqu'où vous devrez aller.
Avec un rictus, Edward le quitta dans la salle de classe qui commençait tout juste à s'illuminer avec les premiers rayons du soleil. Seul avec ses théories, Keith se laissa tomber contre son dossier avec un soupir lourd de frustration tandis qu'il passait ses deux mains dans ses cheveux. Cette affaire lui mettait les nerfs en pelote. Il ne supportait pas de ne pas comprendre tout ce qu'il se passait ! Et cet Elric de mes deux qui lui annonçait, comme ça, que Croupton répondait aux ordres de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ! Comme si c'était tout ce qu'il y avait de plus normal ! Si le Bureau des Aurors, qui enquêtait avec sérieux, avait écarté cette piste d'un tour de main, elle ne devait mener qu'à une impasse, non ?
Keith fronça les sourcils en laissant les pieds avant de sa chaise retoucher le sol. Et si le Bureau des Aurors cherchait à étouffer l'affaire ? Il fallait qu'il demande à lire leur rapport sur la mort de Croupton et sur son fils. Mais plus tard. Pour l'instant, ce qu'il voulait, c'était de comprendre le lien unissant Alighieri et Elric à la pierre philosophale et à l'arcade de la Mort. Les deux premiers avaient comme lien Nicolas Flamel. Mais ensuite, il ne savait pas comment lier Nicolas Flamel à l'Arcade... Il savait que le vieil alchimiste avait été l'un des premiers Langues de plomb et qu'il avait été présent lors de la mise en place de l'Arcade, néanmoins ça ne l'avançait pas à grand-chose puisque cela s'était déroulé des siècles plus tôt !
En prenant un peu de recul, il se dit que Flamel n'était peut-être pas le lien, mais que la pierre philosophale, si. Il pourrait parier qu'Elric connaissait le secret de sa fabrication et il se demandait sérieusement si Alighieri ne pouvait pas le connaître lui aussi. En se concentrant sur ce départ, les idées affluaient. À quoi servait la Pierre ? Transformer le plomb en or, donner de puissants pouvoirs, allonger la vie de son possesseur... Mais il y avait une autre légende. Selon elle, la Pierre pouvait faire revenir les morts à la vie.
Le voilà son lien ! Selon les mythes autour de l'Arcade, celle-ci formait un passage entre la vie et la mort. Donc si l'on admettait que ces deux histoires fantastiques se fondaient sur la réalité, une résurrection ou renaissance permise par la Pierre, ferait forcément réagir l'Arcade, puisque le procédé représentait une anomalie. Si l'on continuait en ce sens, à chaque réaction de l'Arcade correspondrait une utilisation de la Pierre pour faire revenir quelqu'un à la vie.
Si l'on mélangeait tous ces éléments, il ne pouvait qu'en arriver à une seule conclusion : les deux protégés de Flamel possédaient la pierre philosophale. Quelle autre explication pourrait-il en sortir à part celle-ci ?
S'il revoyait les différentes dates, que pouvait-il en déduire ?
15/07/1993, environ 10 h. Arrivée à Poudlard, pas d'incident connu. Flamel était déjà mort et leur avait hypothétiquement déjà donné la pierre philosophale. Première utilisation en essai ?
6/06/1994, 22 h 7. Cette date avait été la plus difficile à lier avec quelque événement que ce soit, mais finalement, en regardant la période dans son ensemble, il en était arrivé à une piste.
R. J. Lupin et oubli de potion Tue-loup. Nuit passée dans la Forêt interdite. Possibilité d'attaque sur E.A. ou E.E. Utilisation de la PP pour ressusciter la victime. Raison de la démission de R. J. L. ?
24/11/1994, 13 h 37. Cette fois, ça avait presque été trop simple, et c'était arrangeant. Première tâche du TTS. Selon témoins, E.A. brûlé vif. Deuxième utilisation de la PP.
25/12/1994, 23 h 5 19. Le plus grand mystère entre toutes ces dates. Envy ? Voix d'E.E. Réaction des témoins à l'évocation de cette date. E.E. fait lien avec le Département des Mystères grâce à cette date entre toutes les autres. Que s'est-il passé ?
Si toutes ces hypothèses paraissaient farfelues et tirées par les cheveux, tout changeait grâce à la toute dernière anomalie qui avait eu lieu la veille, pendant la fuite de Croupton Junior. En recoupant tous les témoignages des professeurs présents, il découvrit la première manifestation publique de l'utilisation de la pierre philosophale. Car la veille, tous les témoins de la scène avaient affirmé avec fermeté avoir assisté à la mort d'Alighieri, touché de plein fouet par un Avada Kedavra lancé par Croupton dans sa fuite.
Puis les Aurors chargés de l'enquête avaient demandé des comptes à Mrs Pomfresh pendant l'absence de Dumbledore afin de récupérer le corps de l'élève assassiné. Quand l'infirmière leur assura qu'il était toujours bien en vie, les enquêteurs en conclurent que dans le chaos de la fuite de l'imposteur, les témoins avaient cru qu'il avait été touché, mais qu'il avait évité le sort.
Keith avait une tout autre théorie.
31/05/1995, 19 h 15. Pdt fuite de Croupton JR, E. A. se fait toucher par le sortilège de mort. Sujet toujours en vie. Quatrième utilisation de la PP.
Tous ces événements n'étaient pas des coïncidences. On ne croyait pas au hasard au Département des Mystères et ce n'était sûrement pas lui qui allait commencer à y croire à ce stade de l'enquête. Il tenait l'affaire du siècle. Avec ça, il sortirait sans nul doute du lot et à lui la promotion !
Concentré, Edward observa avec fascination son souvenir s'accrocher au bout de la baguette magique de Dumbledore avant de s'étirer lentement de sa tempe. Tout aussi curieux que lui face au procédé, Envy observait de très près le long filament tomber doucement à la surface de la Pensine. Il avait l'impression d'avoir déjà vu quelque chose de semblable, sans se souvenir où exactement, c'était étrange. Tant pis, pensa-t-il en haussant les épaules alors qu'un petit tourbillon de couleur s'élevait de la bassine en pierre.
Tout à coup, une silhouette floue apparut au fond de la Pensine avant de devenir de plus en plus nette. Rogue, Dumbledore et Envy, qui n'avaient pas vécu la scène, reconnurent Edward. Vêtu d'un débardeur, d'un pantalon de pyjama et d'une paire de bottes qui n'avait pas été lacée, il courait dans un couloir de Poudlard, sa baguette au poing.
– Pourquoi n'avez-vous pas attendu le lendemain matin pour agir ? demanda Dumbledore alors qu'ils étaient tous les quatre penchés sur la Pensine.
– J'étais très inquiet, répondit Edward. Quand je n'ai réussi à joindre aucun de vous deux, j'ai décidé d'attendre, mais...
Il haussa les épaules et leur fit signe de plutôt regarder pour comprendre. Très vite, Peeves apparut en menaçant de dénoncer l'élève hors des dortoirs avant qu'Edward lui ordonne de prévenir Envy de la situation urgente. En voyant l'impassibilité de l'esprit frappeur, Envy grinça des dents. Il savait déjà que Peeves avait une certaine responsabilité dans le fiasco de cette nuit-là, mais c'était encore plus frustrant d'assister à la scène sans rien pouvoir faire. Ce fut encore pire pour Dumbledore quelques minutes plus tard lorsque son protégé, désespéré, vint le réclamer à son bureau et qu'il se fit renvoyer.
Ensuite, ils virent facilement, et sans les commentaires d'Edward, qu'il avait décidé de ne pas confronter Maugrey et qu'il comptait faire demi-tour, jusqu'au moment où quelqu'un approcha. Edward éteignit sa baguette et se cacha dans l'ombre d'une armure. Action inutile, puisque Croupton voyait parfaitement tout grâce à l'œil magique de Maugrey.
– Il a dû utiliser un passage secret pour faire tenir son alibi pendant l'attaque, grogna Envy, qui s'en voulait d'avoir lâché si facilement cette piste.
La suite leur rapporta en détail le dialogue entre Edward et l'imposteur qui se savait déjà démasqué. Puis l'élève leva sa baguette pour la pointer sur Croupton.
– Tu as déjà fait des choses plus malignes dans ta vie, commenta Envy, blasé.
Edward lui lança un regard noir en coin. Sur le moment, il n'avait pas pensé que la situation puisse dégénérer à ce point. Le court combat qui suivit n'était pas prévu et il s'en serait bien passé.
– Vous êtes d'une violence inouïe, commenta Rogue, neutre.
– Attendez de voir la suite, ça va vous plaire, grommela Edward en poussant un lourd soupir d'agacement.
Il se vit être tiré par les cheveux par Croupton et se frotta la tête au souvenir de cette sensation désagréable. Sur plusieurs mètres, l'imposteur le traîna de cette manière avant de le prendre sous le bras pour le tirer jusqu'à son bureau, quelques couloirs plus loin. Il prit grand soin d'éviter tous les tableaux et préféra se déplacer dans le noir complet et dans le plus grand silence. Dès qu'ils furent enfermés dans le bureau du professeur, celui-ci fit apparaître des cordes qu'il fit se nouer autour des poignets de son prisonnier qu'il défigea ensuite d'un Enervatum.
L'attention des trois spectateurs s'accrut alors que Croupton commençait à monologuer face à un Edward au regard acéré qui passait sur chaque arme à sa portée. Le discours du Mangemort les troubla, sans les éclairer. Difficile de saisir ce qu'il cherchait et les yeux des trois témoins se tournaient davantage vers les mouvements discrets d'Edward derrière son dos pour desserrer la corde le retenant prisonnier.
Rogue, qui pendant la Première Guerre avait à de nombreuses reprises fait face à des situations périlleuses, ne pouvait s'empêcher d'admirer le flegme de son élève face au danger qui le guettait. Malgré la menace et son infériorité, il ne montrait aucune peur et cherchait déjà à établir une stratégie d'attaque. Il se demandait si Elric en était déjà venu à la phase de supplication un jour. Sûrement pas.
Son regard passa sur le profil de son élève qui observait la scène jouée dans la Pensine d'un œil analytique.
– « Mais Alighieri est naïf, idiot et manipulable. Je me demande bien ce qu'il deviendrait sans qu'on le pousse sans arrêt ».
Envy grogna à l'insulte proférée par Croupton, puis se figea au changement d'ambiance du souvenir. Ce salaud s'intéressait au nabot d'une façon qui ne lui plaisait pas du tout. Décidément, s'il l'attrapait, il lui arracherait les yeux et les lui ferait avaler pour lui apprendre le respect.
Quand Croupton lui proposa de rejoindre le camp de Voldemort et qu'il lui promit richesse et pouvoir, Rogue comprit cette fois qu'Edward était bien supérieur à lui au même âge. Lui n'avait pas eu le courage de choisir la voie du Bien et avait choisi celle de la facilité sans être soumis à une quelconque forme de pression. Au contraire, Edward avait résisté à l'offre sous la menace. La force de caractère d'Edward inspirait le respect.
Si leur relation avait commencé dès le départ sur ces bases, Rogue se serait montré bien moins méfiant et ne leur aurait pas mis autant de bâtons dans les roues. Dumbledore semblait avoir raison sur Elric. Pour une fois son jugement semblait fondé sur des preuves solides. À partir de maintenant, Rogue décida d'accorder une chance à Edward et à lui prêter plus de crédit. Par contre, il réservait encore son avis sur son Serpentard.
Le ricanement d'Edward dans la Pensine sonna grinçant à leurs oreilles avant qu'il n'attaque à toute vitesse, délivré de ses liens qu'il enroula autour de la gorge de Croupton. La scène était insupportable. Le visage rouge de suffocation du Mangemort et l'air de franche détermination d'Edward tranchaient avec ce qu'ils avaient imaginé de l'attaque à l'époque. Il s'était très bien défendu. Jusqu'au coup de griffe de la jambe en bois. La lutte était d'une rare violence que ni Rogue ni Dumbledore n'avaient jamais vue habitués aux duels de magie « propres » et non au corps à corps. Son statut de combattant n'était plus à prouver après cette lutte qu'il aurait gagné contre un moldu, ou même contre un autre sorcier que Croupton. Ce n'est que par l'utilisation surprise de la baguette magique d'Edward que le garçon fut mis au tapis, propulsé sur le bureau.
Rogue grimaça en voyant les débris de verre de l'encrier s'enfoncer dans la nuque d'Edward. Puis... alors qu'il semblait vaincu... Ils l'observèrent avec une certaine satisfaction tremper ses doigts dans l'encre... Avant de lentement tracer les lettres capitales : CROUPTON JR. Ensuite, il tritura ses cheveux où s'y était emmêlée une plume et parvint à temps à l'en extraire pour la cacher derrière sa main, le bout coincé entre son majeur et son index. Un simple « tour de magie » moldu.
– Tu n'y es pas allé de main morte, fit remarquer Envy lorsque Croupton cria de douleur alors que la pointe acérée de la plume lui trouait la gorge. T'es plein de ressource, je n'en doutais pas, mais là c'est carrément impressionnant.
Edward roula des yeux alors que son double dans la Pensine tombait sous les fracas de verre brisé puis était touché par un sortilège qui le plongea dans l'inconscience. Le souvenir s'arrêta là, dans un noir et un silence complet dans le bureau de Dumbledore, le temps qu'ils digèrent ce qu'ils venaient de voir.
Au bout d'un moment de réflexion, Envy recula pour s'appuyer contre le bureau derrière lui, tout en croisant les bras.
– On peut dire que tu lui as tapé dans l'œil, à ce Croupton.
– C'est vraiment tout ce que tu as retenu ? rétorqua Edward, de mauvaise humeur que ce sujet en particulier soit abordé.
– Au contraire, je pense qu'Envy a raison de souligner cet élément, objecta Dumbledore en faisant tourner sa baguette dans le liquide brumeux pour en attraper le souvenir. Cet attachement — bien qu'inattendu, je dois l'admettre — pourrait très bien vous sauver la vie dans un combat contre Croupton, puisqu'il pourrait hésiter à vous tuer.
– De toute manière, il a besoin de moi pour la Pierre, répliqua Edward. Ça ne change rien, je suis toujours primordial pour lui comme pour Voldemort. Mais on en a déjà discuté. Ce qu'il m'intéresse de savoir, c'est si vous avez des nouvelles de ma baguette.
– Pour le moment, elle est considérée comme une pièce à conviction et ne vous sera rendue qu'en temps voulu.
– Génial...
– Réjouis-toi, tu n'auras pas à passer les examens pratiques ! plaisanta Envy en recevant un regard d'avertissement de Rogue.
– Je ne m'attendais à aucune remarque plus spirituelle de votre part, Alighieri.
– Alors pourquoi afficher cet air déçu ? se moqua Envy.
À l'écart, Edward et Dumbledore échangèrent un regard dépité avant d'aller s'installer de l'autre côté du bureau, devant une tasse de thé et des biscuits au citron. « Laissons-les s'amuser entre eux », semblait dire le directeur alors que Rogue et Envy échangeaient des piques venimeuses.
– J'aimerais que nous abordions un tout autre sujet, annonça Dumbledore bien plus serein après une nuit de sommeil. Harry Potter. Je ne sais pas exactement quoi penser de son rôle.
– On en a déjà beaucoup discuté avec Envy, mais on n'en est arrivé à pas grand-chose d'autre que des hypothèses. En tout cas, Voldemort le veut vivant, sinon Croupton ne l'aurait pas aidé à passer toutes les épreuves.
– Que voulez-vous dire par là ?
– Pour la première épreuve, c'est lui qui lui a donné l'idée de voler. Pour la seconde, il a fait en sorte que Dobby l'entende parler de Branchiflore avec le professeur McGonagall dans la salle des professeurs. À mon avis, il a dû faire bien d'autres choses avant d'en arriver à ce résultat, mais c'est tout ce que j'ai pu rassembler comme infos. Au début, j'ai pensé que c'était seulement un moyen discret pour l'aider à survivre comme il était trop jeune pour être embarqué là-dedans.
– Étant donné le peu d'information que j'ai laissé filtrer à propos du rôle qu'aurait dû tenir Alastor cette année, votre erreur est compréhensible. C'est en effet ce que j'aurais pu lui demander... Et en quelque sorte ce que j'ai fait, puisque je lui ai demandé de veiller sur Harry. Si j'avais su que je mettais sa sécurité entre les mains de celui qui lui voulait du mal...
Edward haussa les épaules.
– En tout cas, il n'aura peut-être rien pu préparer pour la troisième épreuve. Un labyrinthe, hum... Je sais que c'est contraire à l'esprit du tournoi, mais pourriez-vous contourner le règlement et le fair-play pour nous donner des détails sur le déroulement de l'épreuve ?
– Je pense qu'il serait bon que nous nous mettions d'accord sur quelques mesures de sécurité, c'est vrai. Messieurs, pourriez-vous vous joindre à nous ?
Tous les deux appuyés contre le rebord du bureau de Dumbledore, les bras croisés et des visages irrités, Rogue et Envy les écoutaient déjà depuis un moment, vexés d'être mis de côté. Comme deux enfants boudeurs, ils vinrent les rejoindre, Rogue sur un fauteuil qu'il transfigura et Envy assis en tailleur au plus près de l'assiette de gâteaux sur la table basse. Brisant toutes les règles fixées par le Département de la coopération magique internationale et celui des jeux et sports magiques, Dumbledore leur révéla tous les détails du déroulement de l'épreuve, que ce soit des obstacles prévus par Hagrid, Flitwick, McGonagall ou même Rogue. Sphinx, énigmes, acromentules, Cerbères, pièges en tous genres, Envy apprit tout ce qui l'attendait. Dans ces circonstances de prémices de guerre, le tournoi passait bien en dernier plan. Ce qu'ils désiraient tous, c'était la sécurité de Harry et plus généralement celle de la communauté britannique.
Envy se proposa pour suivre Harry quand ils se retrouveraient seuls dans le labyrinthe. Il assura que grâce à la Pierre qu'il avait absorbée, il pourrait tenir si jamais — par un moyen quelconque — Croupton ou d'autres Mangemorts les attaquaient. Le plus gros du travail se déroulerait pourtant autour de l'épreuve, avec la surveillance du labyrinthe et du château. Malheureusement, les professeurs n'étaient pas assez nombreux pour assurer à eux seuls une protection optimale des environs, ce qui obligerait Dumbledore à accueillir des Aurors pour assurer cette tâche. Il promit à Edward qu'il veillerait personnellement à ce qu'ils soient triés sur le volet. Nul ne doutait que Croupton puisse essayer d'infiltrer l'escouade.
– Je vous laisserai un droit de regard sur les recrues, ajouta finalement Dumbledore en s'adressant à Edward. En toute discrétion, bien sûr. La participation d'un élève à une telle tâche pourrait ne pas plaire à tout le monde au ministère. Parmi l'équipe professorale non plus, à vrai dire, cependant je les ai prévenus de votre rôle spécial dans les grandes lignes, sans donner trop de précisions qui pourraient vous causer du tort. Je ne peux malheureusement pas empêcher les fuites venant du Bureau des Aurors. Par contre, j'ai réussi à faire promettre à Mr Potter de ne rien révéler de son rêve.
– Il ne tiendra pas, maugréa Rogue, sûr de lui. Miss Granger et Mr Weasley doivent déjà en connaître les moindres détails.
– Je pense qu'au contraire il tiendra sa parole, au moins pour cette fois. Il a bien compris le danger qui pesait sur son ami Edward et je crois sincèrement qu'il ne ferait rien qui pourrait le mettre dans une position délicate.
– Au fait, intervint Envy en levant la tête pour pouvoir regarder le directeur dans les yeux. Je n'ai pas bien compris cette partie-là. Comment Harry a-t-il pu rêver de quelque chose que Voldemort a vécu ?
– C'est là tout le mystère qui entoure Harry Potter et la chute de Lord Voldemort en 1981, admit Dumbledore en baissant la tête pour croiser le regard de son protégé. Un lien très spécial les unit depuis cette nuit tragique.
Il laissa un furtif regard en direction de Rogue qui se tenait plus raidement que de coutume, les genoux serrés et le dos droit, il fixait d'un regard lointain les motifs du tapis sous leurs pieds. Ce comportement intrigua Edward qui l'oublia bien vite, lui aussi intéressé par le récit de Dumbledore.
– En effet, comme vous avez peut-être pu l'entendre avec les rumeurs qui traînent dans une école, Harry est un Fourchelang, comme Lord Voldemort l'était et l'est toujours lui-même, expliqua Dumbledore qui ne reçut aucune réaction notable de son public. Ce lien se manifeste aussi fortement lorsqu'il se trouve en présence du mage noir ou qu'il ressent ses accès de colère particulièrement violents.
– Comment c'est possible ? demanda Edward. Une sorte de transfert ?
Il pensa furtivement à un jour lointain durant lequel Envy avait ressenti l'une de ses émotions ou plus récemment lorsque lui-même avait senti la mort d'Envy arriver. Voldemort et Harry pouvaient-ils partager une Porte, pour quelque raison que ce soit ?
– Je n'en ai pour le moment qu'une vague idée, répondit évasivement Dumbledore.
– Est-ce que vous savez comment ça s'est passé cette nuit-là ? Je n'ai pu lire que des livres fantaisistes de personnes qui n'ont certainement jamais demandé sa version à Harry.
– Nous avons bien essayé de les en empêcher, mais c'était un vrai imbroglio administratif... La version suivante se rapproche le plus de la vérité : Lord Voldemort est venu à Godric's Hollow dans le but de tuer la famille Potter et plus particulièrement Harry. Il a d'abord assassiné James Potter, puis Lily Potter s'est interposée entre Harry et Voldemort. Quand il a tenté de tuer Harry, le sort a ricoché pour frapper l'attaquant.
Edward fronça les sourcils.
– Attendez, je ne crois pas avoir tout saisi. Voldemort visait Harry en particulier ? Pourquoi ?
– Severus... ?
Rogue poussa un long soupir silencieux, l'air plongé dans quelques souvenirs douloureux.
– Il y a quinze ans, expliqua-t-il d'un ton sinistre. J'étais un Mangemort au service de Voldemort. Lors de cette période, j'ai été amené à espionner l'ennemi, soit Dumbledore et l'Ordre du Phénix, pour son compte. Pendant l'une de ces missions, j'ai entendu une partie d'une prophétie qui a mené Voldemort à traquer les Potter.
– Quelle blague, commenta Envy sans aucun tact. Vous croyez vraiment à ce genre de conneries ?
– Ce qui importe n'est pas de savoir si elle est vraie, mais ce que Voldemort a cru, rétorqua Edward avec un regard torve. Quel était le contenu exact de cette prophétie ? Où pouvons-nous la trouver dans son intégralité ?
– Une copie se trouve aux archives du Département des mystères, leur apprit Dumbledore. Et il y a de grandes chances qu'il cherche prochainement à la récupérer pour connaître le moyen de détruire Harry Potter. Mais la prophétie elle-même m'a été faite personnellement. Laissez-moi d'abord vous expliquer le contexte opposé à celui de Severus. Il y a quinze ans, je suis allé dans une chambre au-dessus du bar de La Tête de Sanglier à Pré au lard afin d'y rencontrer une candidate au poste de professeur de divination. Je vous passe les détails de l'entretien, qui ne s'est pas très bien passé, et alors que je m'apprêtais à prendre congé, elle m'a fait cette prophétie que je m'en vais vous montrer.
Dumbledore appela la Pensine à eux afin qu'elle se pose en douceur au milieu des plateaux de thé et de gâteaux. Ensuite il leva l'extrémité de sa baguette magique vers sa tempe d'où il retira de longs filaments, puis les déposa dans le récipient. Instantanément, une silhouette s'éleva du fond de la Pensine, enveloppée de châles, les yeux énormes derrière ses lunettes, les deux élèves reconnurent le professeur de divination qu'ils ne croisaient que rarement.
– « Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois... »
– Un pouvoir que Voldemort ignore ? répéta Envy, perplexe. Qu'est-ce que ça veut dire ?
– C'est la force à la fois plus merveilleuse et plus terrible que la mort, que l'intelligence humaine, que les forces de la nature. Ce pouvoir, Harry le possède au plus haut point, alors que Voldemort en est totalement dépourvu. L'amour. C'est l'amour qui triomphera sur Voldemort, quand le moment sera venu.
Incrédule, Envy éclata d'un rire désagréable dans le silence qui s'épaissit sensiblement.
– L'amour ! L'amour ne fait pas gagner les guerres, les armes et le pouvoir, si. L'amour, c'est bien la plus grande faiblesse des humains.
– Je pense au contraire que c'est la plus grande force de l'homme, répondit Dumbledore patiemment.
– Parce que vous êtes sérieux ? s'étrangla Envy en dévisageant les trois humains à tour de rôle. Ed, toi, tu es de mon avis aussi, n'est-ce pas ?
– Pas du tout.
Envy haussa un sourcil devant la réponse catégorique et définitive. Il sentait que la leçon de morale d'Edward ne tarderait pas, quand ils seraient en privé. En attendant, son ami semblait soucieux et avait retrouvé son air penseur qu'il avait à chaque fois qu'il réfléchissait à une énigme très coriace.
– Je comprends bien que Voldemort ait pu croire cette prophétie. Tout mégalomane a toujours peur de perdre sa place quand il est au sommet. Mais les prophéties, ça n'existe pas réellement, si ? Parce que si l'on en croit ce qu'a dit Trelawney, l'un d'eux devra mourir, que ce soit Voldemort ou Harry.
– C'est un phénomène très particulier, répondit Rogue en secouant la tête. Dès l'instant où une personne accorde du crédit à une prophétie, celle-ci devient, disons plus... concrète. Une prophétie oubliée ne se réalisera pas forcément, car personne n'en a connaissance. Dès que l'objet de la prophétie croit à celle-ci, il met inconsciemment tout en œuvre pour la réaliser. C'est exactement ce qu'il se passe avec celle-ci. Comme vous l'avez très justement fait remarquer, Voldemort craignait la moindre menace qui pourrait entraver sa route. Il a aussitôt donné tout le crédit qu'il fallait à cette prophétie et l'a enclenchée en essayant de tuer Potter.
– Donc elle se réalisera ?
– Oui, confirma Dumbledore gravement. C'est tout à fait possible.
– Et si quelqu'un d'autre tuait Voldemort ? insista Edward. Si quelqu'un d'autre prenait le rôle de Harry ? Il n'est pas le seul à pouvoir ressentir de l'amour, il n'est pas obligé de combattre. Comment pourrait-on mettre un fardeau si lourd sur ses épaules ? Il est trop jeune pour tuer. Harry est courageux, certes, mais tuer n'est pas facile. Il n'a que quatorze ans !
– Vous avez le même âge, lui rappela Rogue avec un regard entendu. Pourquoi ce fardeau qui incombe à Potter devrait vous revenir ? Vous n'êtes pas obligé de combattre non plus.
– Si, je le suis, rétorqua Edward, impatient. Je refuse de laisser des massacres avoir lieu sous mes yeux en restant inactif. Harry est mon ami, je veux le protéger et si je dois tuer Voldemort de mes propres mains pour lui éviter ça, alors je le ferai !
– Ne t'emballe pas, intervint Envy avec ennui. Tu ne vas pas faire tout le boulot tout seul, je te rappelle. Et tu n'as pas intérêt à faire ton Gryffondor qui fonce dans le tas.
Le poing encore levé avec enthousiasme dû à sa tirade, Edward perdit toute sa superbe en se laissant retomber dans son fauteuil.
– Eh bien pour une fois j'approuve Alighieri, répondit Rogue, sous l'expression moqueusement béate d'Envy qui fit aussitôt regretter ses paroles au professeur. Nous combattrons le Seigneur des Ténèbres tous ensemble.
Malgré le fait que l'état d'urgence constant à Poudlard soit devenu une routine pour les élèves, l'attaque de la Grande Salle effraya de nombreux parents qui retirèrent leurs enfants de l'école dans la matinée. Certains autres furent du même avis lorsque parut un article de presse incendiaire sur les failles de sécurité à Poudlard et l'impuissance de Dumbledore à assurer la protection de ses élèves. Rita Skeeter avait encore frappé et les détails qu'elle donnait témoignaient de sa présence sur les lieux lors de la fuite de Croupton, mais personne n'y prêta attention. La panique prenait largement le dessus et ce genre de détail ne les intéressait pas, contrairement à Dumbledore qui décida cette fois qu'il fallait absolument agir avant qu'elle détruise l'institution de Poudlard. Entre « Failles de sécurité à Poudlard », « Professeurs tueurs » ou encore « Faute professionnelle et début de sénilité ? », le vieux mage en prenait pour son grade.
Toutefois, ce n'était pas ce qui l'avait décidé avec le plus de fermeté à agir, mais la sous-partie entière consacrée à ses deux protégés. Que ce soit Edward comme Envy, elle détailla leur implication exacte dans l'affaire Croupton et sortit des informations qui auraient dû rester secrètes, ainsi que d'autres, encore issues de son imagination fertile. Autant dire que les élèves encore présents à Poudlard lurent ces pages avec grande attention jusqu'à s'en imprégner complètement et faire naître les rumeurs les plus folles. La grande favorite était celle des espions venus d'un pays ennemi.
« Dumbledore tire les ficelles ! par l'envoyée spéciale Rita Skeeter.
Ce n'est pas la première fois que les yeux de la communauté magique de Grande-Bretagne se posent sur les deux fautifs de débordements à l'école de sorcellerie Poudlard. En effet, tout commença avec le procès de la Tour du cauchemar en avril 1994 qui faisait état d'une agression d'E. Alighieri sur son camarade de dortoir Drago Malefoy dont le verdict semble de toute évidence avoir été rendu de façon précipitée et faussée, car selon des sources proches de l'affaire, ce procès n'aurait qu'une excuse : salir la réputation de la noble famille Malefoy dont le nom a été à tort associé à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Cette obsession presque malsaine pour les Mangemorts prit une nouvelle mesure lors de l'attaque de la Coupe du Monde de Quidditch, lors de laquelle E. Elric et E. Alighieri ont très largement participé, allant même jusqu'à manquer de tuer plusieurs sorciers et Moldus dans la bataille qui les opposa au groupe de prétendus Néo-Mangemorts. Suite à cette nuit de panique, le duo suspect donna une interview pour déclarer la guerre au groupe extrémiste dont voici quelques extraits particulièrement parlant : ''Les Mangemorts sont une organisation obsolète et faible (…) ils ne représentent plus rien qu'un groupe de criminels de petite envergure, rendu imbéciles par l'alcool et impuissants par la vieillesse (…) Maintenant, ils savent qu'ils ont des ennemis imprévisibles desquels ils n'attendaient aucune résistance.''
Cette déclaration de guerre qui a fait couler tant d'encre était-elle plus sérieuse que nous avons pu le croire ? Manifestement, les deux garçons semblent convaincus qu'une réelle menace pèse sur le monde sorcier. Paranoïaques ou déséquilibrés mentaux, les avis des spécialistes divergent : ''Il est possible que des traumatismes survenus dans leur jeunesse trouble les ait poussés à inventer cette menace et de profiter de toutes les occasions pour essayer de prouver leurs dires.'' nous révèle un expert psychomage. ''Ce comportement paranoïaque n'est pas sans nous rappeler celui de l'ex-Auror célèbre, Alastor Maugrey. La porte de mon cabinet est grande ouverte pour ces deux jeunes hommes déséquilibrés s'ils désirent être aidés''.
Mr Alighieri et Elric semblent voir des liens là où il n'existe rien d'autre que des coïncidences et de malheureux hasards, comme nous le démontre leur théorie la plus loufoque prétextant que Barty Croupton Junior, le fils du directeur de Département de la coopération magique internationale jugé il y a treize ans pour des faits de guerre dans le camp des Mangemorts et mort à Azkaban, serait encore en vie et en fuite, après avoir tué son propre père, il y a une semaine dans l'enceinte de Poudlard !
Ils prétendent également que ce Mangemort serait à l'origine de la disparition de Bertha Jorkins du Département des jeux et sports magiques, ainsi que de la tuerie perpétrée chez nos voisins français hier soir par un sorcier fou qui a tué une vingtaine de moldus (plus de précisions dans la rubrique "faits divers" en page 15 deuxième colonne) ou bien encore de la participation dite ''forcée'' de Harry Potter au Tournoi des Trois Sorciers. Pourquoi pas la défaite de l'équipe de Quidditch de Bulgarie face à l'Irlande tant que nous y sommes ! Tous les maux du monde semblent peser sur cette ''menace inexistante'' selon le communiqué du porte-parole du Bureau des Aurors, Mr V. Parlphor qui ajoute qu'un portrait du suspect est en cours de confection d'après les témoignages plus crédibles des autres témoins des événements d'hier soir. (...)
Scène "impressionnante", "ahurissante" ou encore "effrayante" selon certaines sources. En plus d'avoir ravagé le château dans sa fuite, le suspect, qui avait pris l'apparence d'Alastor Maugrey pendant une année, s'est vu poursuivre avec une violence inouïe par E. Elric et E. Alighieri, qui ont fait plusieurs blessés parmi leurs camarades de classe.
Jusqu'où le directeur de l'école Albus Dumbledore les laissera-t-il aller avant d'agir ? Suite à la seconde tâche durant laquelle le champion de Poudlard a manqué de peu de tuer le calmar géant qui protège le lac de l'école, a déclaré à Mr Dumbledore : "Je vous avais prévenu qu'il pourrait être dangereux et vous avez accepté ce risque". Ce constat froid et décisif ne peut que provoquer l'inquiétude des parents qui scolarisent leurs chères têtes blondes dans cet établissement, sachant que son directeur y accepte de dangereuses menaces. »
– Cette femme ! pesta Hermione en refermant brusquement son exemplaire de la Gazette du Sorcier. Quelle mégère ! Si je l'avais sous la main, je lui tordrais bien le cou pour tout ce qu'elle raconte comme bêtises.
– Tu l'as déjà dit, soupira Ron alors qu'ils sortaient de leur cours commun de potion auquel Envy ne s'était pas présenté. Il faudrait penser à changer de disque. Tu ne vas quand même pas t'énerver pour ça toute la journée, si ?
– Mais c'est grave ! s'exclama Hermione, s'attirant des regards étonnés de leurs camarades qui prenaient également le chemin de la Grande Salle accompagné d'un Rogue très sombre. Le ministère essaie d'étouffer l'affaire en détournant l'attention du public sur Ed et Envy en les faisant passer pour des... fous furieux tout juste bons à être enfermés dans le service psychiatrique de Ste Mangouste !
– Sans compter qu'ils refusent de mentionner Voldemort sérieusement, commenta Harry à son tour, approuvant Hermione. Pourtant, on sait bien que Mr Croupton a parlé de lui avant de mourir. Et puis...
Il se tut en pensant à son rêve, dans lequel Voldemort et Croupton Junior étaient apparus. Il avait tenu sa promesse de ne pas en parler à ses deux meilleurs amis, mais il doutait réussir à résister longtemps au véritable harcèlement dont il était victime de leur part.
– Et puis je les crois, termina-t-il en hochant vigoureusement la tête. S'ils disent que Croupton Junior est vivant et qu'il a fait tout ça, alors c'est vrai.
– Mais Sniffle a dit qu'il était mor —
– Il faudra demander comment ils ont découvert tout ça, le coupa Harry.
– Encore faut-il qu'Ed et Envy réapparaissent... souffla Hermione, visiblement inquiète. Ils étaient déjà absents au petit-déjeuner et à tous nos cours de ce matin... J'espère que tout va bien pour eux depuis ce qu'il s'est passé hier soir.
