Playlist
« Cardigan » Taylor Swift
« Yesterday » Imaginary future
« The night we met » Lord Huron
« Loving you » Seafret
« Fix you » Canyon city
« Water » New hope club
Chapitre 31
Point de vue d'Aurore
Hier soir, j'ai bien cru m'être retrouvée dans un rêve.
Être avec lui était parfait.
Je ressens encore le contact de ses mains sur mon visage, entre les mèches de mes cheveux, sur ma taille et ses lèvres sur les miennes. C'était si agréable. Je suis un peu surprise que la soirée ait tournée ainsi mais je ne la regrette pas. C'était parfait pour moi. Je suis heureuse de lui avoir confié ma peur de l'orage et il ne m'a pas ri au nez. Je peux lui faire confiance à ce sujet.
Au moment des repas, nous étions réunis au réfectoire. Le bâtiment avait une grande hauteur sous plafond. Ainsi, le tonnerre résonnait dans le réfectoire. Ma hantise était que l'éclaire détruise le bâtiment et que nous nous retrouvions seuls, sous la pluie dans une atmosphère sombre, effrayante due aux cris des enfants et du personnel. Cela dit, je serais sans doute morte plus vite là-bas que de subir les souffrances de la transformation en vampire.
Isabelle, l'infirmière nous a offert à moi et Alice une nouvelle chance de vivre et de ne pas mourir entre ces murs froids. À ce sujet, je ne peux pas lui reprocher d'avoir agit pour moi et ma sœur. Comme beaucoup d'enfants de dix ans nous avions peur des orages, du tonnerre plus précisément car la lumière émise dans le ciel noir est belle, c'est le bruit qui est effrayant.
Dans la famille, personne ne peut nier les conséquences que cela a causé dans leur esprit et dans leur corps. Devenir un vampire a été douloureux pour nous tous. Si Edward est capable de lire dans les pensées, il a longtemps nié sa nouvelle Nature prétextant être devenue une erreur. Une erreur à éliminer car il ne survivrait pas à se nourrir d'hémoglobine pour le restant de sa vie. Emmett a été sauvé de la mort de justesse et cette vie éternelle le satisfait. Il est conscient de sa chance. Il allait terminer entre les crocs d'un grizzli. Maintenant c'est le contraire. Rosalie vivra à jamais avec le manque profond de ne pas devenir maman. Elle qui rêvait de fonder une famille. Carlisle n'a pas eu le choix non plus. Esmée a été sauvée par Carlisle. D'ailleurs, il se sent encore coupable d'avoir donné l'éternité à Edward et à Esmée. Jasper a subi aussi sa nouvelle Nature à cause de Maria. Il a été manipulé comme une marionnette. Son frère Matthéo a été aussi manipulé. Lucy s'est donné un malin plaisir à le faire souffrir et maintenant il culpabilise. Jasper a le don de changer les émotions des gens. Il joue avec. Quand son frère peut changer les rêves. Alice voit l'avenir et moi je regarde le passé en boucle.
Toute notre existence sera basée sur les dons que l'on a. Je me demande pourquoi seulement quatre d'entre nous en ont un. Alice, moi, Matthéo et Edward. Si on ne compte pas la beauté de Rosalie et la force d'Emmett.
Rien ne pourra changer ça. Et ce n'est pas maintenant que je vais éprouver des regrets. Aucun d'entre nous n'a eu le choix et c'est bien le problème.
Chacun d'entre nous porte les conséquences de sa nouvelle vie.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, hier soir je me suis sentie comme vivante dans les bras de mon vampire préféré. Nous étions un couple qui profitions de la soirée. Le restaurant était bon, nous avons dû aider les victimes de l'orage mais malgré tout, je me suis retrouvée à visiter l'hôpital où Matt travaille depuis des mois. Il a décidé de rester ici avec moi. Son cursus le lui a permis et je suis heureuse qu'il ait pu le faire. Je ne me voyais pas continuer à rester dans cette ville immense seule et le voir une fois par semaine quand c'était possible.
Être avec lui me fait du bien. Je sais que je peux le voir quand je termine mes longues journées à travailler sur mes projets de couture. D'ailleurs, j'ai clôturé le mien et il va être évalué.
New-York est une ville impressionnante. Heureusement que je ne suis pas seule.
J'ai proposé aux filles d'aller à Central Park. L'appartement n'est pas loin. Je pense qu'elles ont besoin d'être rassurées. Je n'ai pas non plus penser à envoyer un message à Bella. Résultat, elles se sont inquiétées toute la nuit de notre absence. Je culpabilise un peu. Un peu parce que j'étais bien dans les bras de Matthéo. J'ai aimé sentir son odeur de menthe, toucher ses cheveux et l'embrasser. Je me mords légèrement la lèvre en y repensant.
Les filles ne m'en veulent pas. Elles s'inquiètent et c'est normal. Dire que dans très peu de temps, je rends mon appartement ici et je retourne vivre à Forks. Je suis sincèrement heureuse d'avoir vécue cette aventure new-yorkaise avec Bella, Céleste et Matthéo, comme une famille. J'ai appris à connaitre la ville, à connaitre la vie en couple avec mon vampire préféré et l'expérience s'est avérée très très positive.
Nous marchons toutes les trois dans le parc. Les températures sont moins glaciales qu'en hiver. Le printemps pointe son nez. D'ici peu de temps, je quitte cette ville. Je ne vais pas dire que venir ici a été un regret. Je suis heureuse d'avoir eu l'opportunité d'y faire un stage, d'y prendre des marques et de connaitre des cafés dans lesquels j'ai pu m'inspirer pour mes devoirs à rendre. Vivre de la couture est un rêve mais je ne me vois pas diriger une entreprise dans ce domaine. La mode, je préfère la porter finalement. Même si ma sœur en est accro. Elle serait enchantée de porter mes créations et de les mettre en ligne sur son blog. Mais je ne veux pas me restreindre à ça. Travailler avec elle me rendrais heureuse. J'ai l'éternité pour faire ce que je veux. L'un des avantages qu'elle donne est que je peux tout imaginer pour les prochains siècles à venir. Je peux faire toutes les études possibles et imaginables.
« À quoi tu penses ? ».
La question de Céleste me sors de ma rêverie. Je ne sais pas comment elle va réagir si je lui réponds « à ma chance de vous avoir dans ma vie » ou alors « si tu savais comment Matt embrasse bien » mais je vais trouver une autre réponse. Je crois qu'il est temps de profiter de nos derniers instants dans cette ville pour faire le plein de souvenirs avant de rentrer.
Je ne trouve rien à répondre dans l'immédiat car la soirée a si bien commencé, l'orage est arrivé mais Matthéo m'a aidé à oublier cet incident. Céleste me regarde avec un sourire sur les lèvres, signe qu'elle a déduit quelque chose. Quant à mon amie Bella, elle me regarde comme si mes joues étaient rouges. Je me sens un peu gênée d'un coup.
« Comment s'est passée votre soirée hier soir ? » me demande Bella.
« Très bien, l'orage était surprenant mais tout s'est bien terminé ».
« ET ? » s'impatiente t-elle.
« Il n'y a rien à ajouter, vous êtes trop curieuses les filles » dis-je pour me défendre et aussi pour noyer le poisson.
Je m'avance devant les filles pour éviter de croiser leurs regards complices. Elles ont bien compris que dans les bras de Matt, l'orage fut moins effrayant. Ce fut le cas. Il a pris soin de ne pas me juger et de me calmer. Cela fait longtemps que nous n'avions pas pris le temps de discuter tous les deux, nos emplois du temps ont fait que nos moments n'étaient pas aussi nombreux que je le souhaitais.
Les filles me suivent et je vois Céleste qui accélère le pas vers moi pour me prendre à nouveau dans ses bras. Nos contacts physiques sont rares mais je les aimes. Elle est sincère.
« Je ne te demande rien, simplement de faire attention à vous deux ».
Je croise en même temps le regard de Bella.
« Ne vous inquiétez pas, ça va ».
« On t'aime Aurore » me souffle Céleste.
J'ai l'impression que Céleste s'inquiète pour beaucoup de choses et elle a peur de l'abandon mais je ne vais plus jamais la laisser tomber. Ses années difficiles sont derrières elle. Sa scolarité ne fait que commencer et on se reverra au lycée. Nos études supérieures ne vont pas durer une éternité. Nous allons déménager une nouvelle fois et intégrer de nouveaux établissements scolaires alors je vais toujours être aux côtés de ma Céleste.
Ma jolie Céleste me sert fort contre elle.
Son odeur de vanille me parvient. Cette odeur si douce. On dirait une enfant alors qu'elle a quinze ans. J'imagine qu'elle aurait très bien pu me rejeter mais c'est tout le contraire. Nous avons un lien spécial je trouve. Quelque chose qui ne peut plus se briser. Je suis sincèrement fière de ne pas avoir laisser tomber et d'avoir eu l'opportunité de recoller les morceaux avec elle. Céleste est chère à mon cœur. On dit souvent: « Loin des yeux, loin du cœur ». Mais pas pour Céleste et moi. Je peux percevoir ses battements cardiaques, même s'ils sont faibles comparés à ceux de notre amie Bella. Ceux de Bella sont bien plus perceptibles et sa respiration aussi. Son corps chaud vient se joindre au câlin de Céleste et je me dis que je suis sincèrement chanceuse de les côtoyer tous les jours. Les mains de Bella se joignent aux miennes. Céleste les attrape ensuite. Comme une sorte de pacte, je prononce quelques mots qui prennent du sens en cet instant précis.
« Moi aussi, vous n'imaginez pas à quel point » répondis-je aux filles.
La chaleur du corps de Bella est agréable. Nous ne produisons pas la même quantité de chaleur corporelle. Mais j'aime ressentir ça. C'est nouveau en quelque sorte.
Même si je ne regrette pas ma vie humaine car je n'en ai pas profité.
Au cas contraire, j'aurais été triste car la chaleur de Bella me rappelle la mienne.
Ce n'est pas le moment d'être nostalgique d'un temps révolu pour moi.
J'avance maintenant.
J'aime ce type de contact avec elles.
On s'apprivoise.
Je ne suis peut-être pas la meilleure pour exprimer mes sentiments mais je fais de mon mieux et c'est sincère avec ceux qui m'entourent. J'ai beaucoup de chance que Céleste ait envie de me connaitre et que Bella ne soit pas réticente à me côtoyer. D'ailleurs, les premiers jours où elle est arrivée ici, dans l'appartement avec moi j'ai été comme surprise car je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'apprécie autant. Je suis touchée de sa démarche et heureuse de voir que nous sommes devenues des amies.
Céleste se détache doucement de moi. J'effleure ses cheveux de mes doigts et embrasse le haut de sa tête. C'est un contact physique que j'essaie de conserver. Je le faisais quand elle n'était qu'un bébé adorable et non une jeune fille de quinze ans comme maintenant. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je me mets à penser que Céleste est une enfant alors qu'elle a quand même quinze ans et que la plupart tourneraient le dos mais pas elle. Elle se comporte comme une enfant en quête de réponses à son sujet et je comprends ça.
Je n'ai pas envie de me détacher d'elles car nos démonstrations d'affections sont plutôt rares et je les chéries quand ça arrive.
Avec elles dans ma vie, j'ai l'impression d'être dans un cercle familial. Alors que Céleste n'est pas ma fille biologique. Je considère Bella comme une sœur. De toute façon, je ne peux avoir d'enfant. Et même si j'étais parvenue à sortir vivante de cet établissement psychiatrique, mes chances d'avoir des enfants auraient été quasiment inexistantes voire inexistantes. Vu la dose de médicaments administrée, ça n'aurait pas été possible. Mais je ne peux pas revenir dans le passé pour modifier les choses. On va se dire que cette histoire est ainsi écrite. Je suis heureuse de compenser par l'amour de Céleste et de Bella, nous sommes amies avant tout même si j'ai encore un lien maternel envers Céleste.
Ses doigts se lient aux miens sans que je ne proteste car en vérité, j'aime bien ses démonstrations affectives discrètes.
Dans les yeux de Matt, je me sens unique. Il a pourtant connu d'autres femmes dans sa vie et il est avec moi. C'est à moi qu'il a donné son amour. Alors si nous avions été humains tous les deux, nous aurions sûrement pu fonder un foyer. Mais il aurait fallut que nos histoires respectives se soient rencontrées. Je pense que les choses auraient été bien différentes. Un soldat et une jeune fille. Peut-être que j'aurais prétendue être infirmière pour pouvoir l'approcher un peu plus.
Il est rentré depuis dix minutes et je ne cesse de le regarder défaire les boutons de son manteau. J'aurais préféré que ce soit ceux de sa chemise mais pas devant les filles.
Je me sors de mes pensées agréables à contrecœur car l'assiette de Bella risque de brûler. Hors de question de lui servir un repas brûlé.
J'ai hâte de me réapproprier la cuisine à la maison. J'ai besoin de retrouver une atmosphère différente que celle de New-York. Les odeurs des épices ramenés de voyage me manquent, les discussions de Rosalie et Alice dans la cuisine, les regards tendres entre Carlisle et Esmée. La musique qui résonne dans la maison grâce à Edward qui joue du piano dans le salon. J'aime regarder Céleste lire un livre sur le canapé ici, l'entendre rire avec Bella. J'aime entendre la porte de l'appartement s'ouvrir sur mon vampire préféré qui vient m'enlacer dans la cuisine.
Et c'est réellement le cas.
Ses bras entourent les miens, mes doigts se lient aux siens tout de suite. Je me retourne pour lui faire face, il me sourit. C'est le type de relation que je suis heureuse d'avoir. Il enlève une mèche qui menace de tomber sur mes yeux, embrasse mon front avant de porter son attention à mes lèvres qu'il embrasse délicatement aussi. J'ai envie de prolonger le moment. Le regard de Bella se pose sur moi et elle me sourit.
Pendant qu'elle plante sa fourchette dans son assiette, Matt décide de prendre la parole.
« Demain, j'ai prévu une visite guidée de la ville. Et pour Bella, on visitera le Planétarium car je t'ai promis d'y retourner ».
« Oh génial, merci Matt » s'enthousiasme t-elle sous nos regards amusés et sous le regard intrigué de Céleste.
« Tu vas adorer Céleste » dit Matt.
« C'est quoi un Planétarium ? ».
« C'est un musée qui exposent tout un tas de choses sur l'espace, des explications sur l'univers en général, c'est magnifique » explique Bella.
Notre amie termine son assiette, la débarrasse et commence la vaisselle.
Chacun d'entre nous va dans sa chambre. Je suppose que Bella a besoin d'heures de sommeil.
Matt invite Céleste à venir chasser. Il se dit que c'est bien de passer un peu de temps avec elle. Je suis heureuse qu'il le fasse. Mine de rien, depuis qu'elle est avec nous, elle passe plus de temps avec Bella et je ne lui en veut absolument pas. Je suppose que l'âge joue, elles sont plus proches de moi et Céleste par exemple. Même si Céleste est un vampire comme moi et Matt. Je ne veux pas paraitre jalouse. De plus, Céleste se montre plus affectueuse avec moi. Elle n'hésite plus à effleurer ma main, une mèche de cheveux quand je m'assois sur le canapé et je la laisse faire. Ses contacts sont agréables et elle me fait confiance, c'est la plus belle chose qu'elle puisse me donner. Nous avons été séparées pendant si longtemps que je me sens chanceuse de sa bienveillance envers moi et de savoir que ça va. C'est une jeune fille vraiment géniale.
Je me souviens encore de ses yeux verts qui m'ont fixé à Central Park. C'était son terrain de chasse. Elle a quand même pris des risques en venant ici seule dans le but de me retrouver et sa démarche m'a touché. Sans elle, je ne sais pas comment nos chemins aussi différents soient-ils auraient pu se croiser et surtout dans quelles conditions. On ne sait pas si un vampire autre que nous traine dans le coin. Je ne veux pas que Céleste cours le moindre danger, ici ou ailleurs. Elle doit être en sécurité avec nous. Idem pour Bella qui est encore humaine et fragile, comparé aux vampires qui eux sont forts et imprévisibles.
J'espère que ça ira encore entre nous durant les prochains siècles.
Céleste n'est pas une adolescente comme les autres puisqu'elle a la vie éternelle. Rien ne peut l'arrêter. Savoir qu'elle ne profite pas des excès est quelque chose qui me rassure. Elle ne prend pas de risques à rester auprès de moi et en tenant ce discours j'ai l'impression d'être une mère de famille. Mais je ne suis pas une mère de famille. Esmée oui. Elle est habituée à ça alors que pour moi c'est nouveau.
J'ai beau eu avoir un bébé aussi adorable et mignon que Céleste à sa première année mais ce n'est pas mon bébé biologique. Un vampire ne peut pas avoir d'enfant mais notre lien est comme maternel. J'aime bien y repenser parfois. Son doux parfum de vanille. Ce souvenir me fait sourire. J'imagine encore son visage de bébé, ses petites mains qui s'agitent et une mèche de mes cheveux qu'elle attrape. Un sourire se dessine sur ses lèvres ainsi que sur le mien. Ce bébé a changé ma vie.
Dans les yeux de quelqu'un, je n'étais pas un monstre assoiffé d'hémoglobine humaine. Je crois que c'est ce qui m'a le plus effrayé à cette époque. J'avais la vie de Céleste entre les mains. Elle était encore humaine. Maintenant qu'elle est immortelle comme moi et Matt, je trouve que le hasard ou le destin est très étrange. Sa vie a été volée. Je pense que j'aurais pu entendre ça. Bien sûr que ça m'aurait fait mal de savoir que sa vie fut courte comparée à la mienne mais elle aurait vécu sa vie humaine dans sa totalité. Elle aurait grandit comme les autres enfants de son âge, elle aurait vécu son adolescence et entreprit une vie de jeune femme jusqu'à l'apparition de cheveux blancs pour terminer aux côtés de quelqu'un qui l'aime, peut-être même entourée de petits enfants.
Face à cette réflexion, je me dis que c'est exactement comme Rosalie. Elle aurait aimé vivre cette vie.
Mais c'est enfouie dans un coin de sa mémoire.
Un coin qu'elle ne dévoile pas à n'importe qui.
Je peux alors me sentir chanceuse d'avoir pu entendre cette partie douloureuse de sa vie.
Et je me rends compte qu'au fond de mon cœur, je souhaitais la même chose que Rosalie. Avoir Céleste à mes côtés pendant sa première année de vie humaine a été un déclic, sans connaitre Rosalie à cette époque. Comme quoi, le monde est petit.
Mais Céleste est avec moi. On ne se quittera plus jamais de manière aussi brutale que le soir où j'ai dû la déposer dans un dispensaire pour qu'elle puisse être soignée de sa pneumonie.
Elle évolue sous mes yeux, en parfaite santé et c'est le plus important pour moi.
Je n'entends pas tout de suite Matt entrer dans la chambre car ma concentration sur mon livre est maximale.
« Comment s'est passée ta journée ma belle ? » me demande t-il en embrassant ma joue.
Le contact de sa peau et de la mienne est comme électrisant. J'aime quand il prend ma main dans la sienne, qu'il lie nos doigts ensemble, qu'il embrasse ma joue et mon front.
« Bien, je suis allée à Central Park avec les filles et la tienne ? ».
« Longue » répond t-il dans la salle de bain. « Journée chargée mais je suis heureux d'être rentré ».
« Il s'est passé quelque chose ? ».
Les dernières semaines ont été difficiles et je sais qu'il y a quelques patients qui n'ont pas survécu à des opérations délicates. L'hôpital est un lieu de soin et parfois, les soins ne sont plus suffisants. Cela m'attriste quand je sais que les vampires n'ont pas ce soucis. L'éternité nous est offerte sur un plateau d'argent. Nous avons de la chance. La seule fois où j'ai mis les pieds à l'hôpital ces derniers temps, c'était pour Bella. Heureusement que c'était une blessure superficielle.
Matt ne me raconte pas beaucoup ce qu'il peut se passer à l'hôpital. J'imagine qu'il ne veut pas me faire de peine car j'y ai vécu une partie de ma vie. Je vivrai avec ces tristes souvenirs jusqu'à la fin des temps alors je peux entendre quelques discours de sa part. Il n'a pas à se sentir gêné de me raconter ses journées, même si certaines sont plus difficiles qu'une autre car ça fait partie du métier. Aussi triste soit-il. Je n'imagine pas Matt faire médecine sans avoir de la compassion pour des patients. Son empathie le rend humain et accessible. C'est ce que j'aime chez lui.
« Les urgences habituelles. Quand tu es partie, il y a eu des bras cassés, des blessures domestiques. Des blessures légères ».
Il dit ça sur un ton détaché. Il n'est plus humain depuis un peu plus d'un siècle mais il en voit tous les jours. Il ne côtoie pas beaucoup de vampires ici, sauf moi et Céleste. Il voit des blessures humaines qui semblent superficielles en apparence.
Les vampires sont plus affectés par les blessures intérieures. Celles-ci peuvent durer des siècles si rien n'est fait pour les apaiser. Je ne dis pas avoir une solution. Les miennes s'apaisent depuis que je suis chez les Cullen, depuis que j'ai rencontré Matt. Je peux parler de mes peurs, sans être jugée comme dans mon ancienne vie. Je peux avancer. Grâce à eux, ma vie a totalement changé. La preuve, je suis à New-York entourée par Matt, Bella et Céleste. Je ne peux pas rêver mieux.
« Tu dis ça parce que tu n'es plus humain ».
Il est plus fort qu'un humain.
Les vampires ne peuvent rien se casser.
On peut mourir de chagrin par contre et la douleur peut durer des siècles.
Les patients de l'hôpital sont courageux. Il travaille dans la partie des enfants et des adolescents la plupart du temps. Je me souviens m'être arrêtée devant la pouponnière, la vitre donnait sur des dizaines de berceaux. Je me suis souvenue de Céleste. Si adorable. Les bébés dormaient profondément. Je n'entendais que les respirations et le bruit des machines qui surveillaient certains d'entre eux un peu plus fragiles. Leurs visages endormis étaient apaisants à regarder.
Quand Matt a remarqué mon visage, il est venu à côté de moi, a pris ma main et m'a prise dans ses bras. Il m'a aussi rassuré. Si je ne me sentais pas bien, on pouvait aller ailleurs mais je lui ai un peu expliqué le caractère de Céleste aussi jeune. Il a rit. On a échangé un regard et on est partie de la pouponnière.
C'est à ce moment-là que j'ai su que j'avais un point commun supplémentaire avec Rosalie. Un bonheur inaccessible.
Mes flashback me transportent ailleurs.
Ce n'était pas si douloureux cette fois. Ces bébés ont une famille.
Je me suis contentée de les regarder dormir.
La voix de Matt me ramène sur la Terre. Sa voix grave qui me rassure, il se met à rire aussi.
« C'est vrai que tu ne verras jamais un vampire se casser une jambe ».
« Non c'est vrai, on est immunisé ».
« J'ai échangé ma garde de demain car j'ai prévu une surprise » pense t-il très fort en élevant son t-shirt pour un autre propre.
« C'est le cas de le dire » rit-il.
Je suis heureuse de passer la journée de demain avec lui et les filles.
Suis-je en train de jeter un coup d'œil vers lui sans qu'il ne s'en rende compte ? Je crois que la réponse est oui. Il faut dire que c'est rare. C'est rare quand je peux le voir sans son t-shirt, sans chemise quelques secondes. Il est un peu pudique je suppose alors je n'insiste pas. Mais il ne faut pas qu'il soit gêné avec moi. Son corps est beau quand même et ses cicatrices le complexent je le sais. Il a un beau corps. Le sien est certes semé de cicatrices mais ce n'est pas ce qui m'importe. Malheureusement, elles ont été causées par un autre vampire. Elles auraient pu le tuer avant que sa transformation n'est pu opérer.
Plus le temps passe et plus je n'imagine pas mon monde sans lui à mes côtés. Je crois que mes sentiments prennent une autre tournure, celle où je me vois bien avec une bague au doigt. Je vais éviter de le lui dire à voix haute, s'il panique, je ne pourrais plus le regarder en face.
Je détourne le regard vers la page de mon livre qu'il me reste à terminer.
« Tu m'espionnes ? » dit-il en revenant à côté de moi.
Ses doigts effleurent ma peau du visage, mes cheveux ensuite et son contact est vraiment agréable. Je me souviens de la soirée d'hier où je l'ai touché un peu partout aussi. J'ai aimé toucher sa peau. Il peut penser qu'il n'est pas nécessaire de le faire car elle est dure et froide comme la glace. Mais la mienne aussi est dure et froide comme la glace. Ce n'est pas grave pour moi. J'ai aimé toucher sa peau. Elle est douce. J'ai pu avoir cette satisfaction, que je souhaite avoir à nouveau. Je ne vais pas le lui dire tout de suite, si ?
« Du tout » dis-je en niant les faits mais il a deviné.
« Je t'ai vu » me sourit-il.
« Si j'étais infirmière, je soignerai tes blessures » tendais-je de dire en prenant sa main dans la mienne avant de l'embrasser doucement.
« Il m'aurait été difficile de me concentrer avec toi ».
Il me sourit comme s'il avait prévu ce que j'allais dire. Évidemment. Il m'envoie ensuite une onde positive pour changer la situation.
Je laisse mon livre de côté pour ce soir. J'ai autre chose de plus intéressant sous les yeux.
« Tu as prévu une surprise ? ».
Matt me regarde surpris par ma question. J'ai lu dans ses pensées. J'ai envie de savoir. Vu son air déterminé à ne rien me dire, je ne vais pas insister. Même si j'ai envie de savoir, j'ai aussi envie de laisser les choses se faire.
« Tu as lu dans mes pensées ? ».
« Je l'ai deviné » dis-je en levant les yeux vers le plafond.
« Vraiment ? ».
« Je ne peux pas t'arracher les mots de la bouche » dis-je en poussant mon livre sur le côté du lit et tant pis si la page est perdue.
« On peut changer ça » dit-il en embrassant ma joue.
Il s'est penché sur le lit pour presser ses douces lèvres sur ma peau.
Son contact sur ma joue est quelque chose d'électrisant.
Je ne peux jamais me lasser de ça.
J'ai envie que cela dure encore et encore. Ce n'est qu'un baiser sur ma joue pourtant. Venant de Matt, c'est plus que ça. Même si nous avons l'éternité pour vivre ensemble d'amour et d'eau fraiche, j'aime à pense que nos moments présents sont les plus importants. Construire une relation prend du temps. Je veux que chacune des briques soient posées solidement, qu'elles puissent tenir des siècles les unes sur les autres sans que les intempéries ne les détériorent.
Le coup de foudre opère encore.
J'aime Matt du plus profond de mon cœur. Mes sentiments évoluent tous les jours. Vivre mon stage à New-York avec lui me fait comprendre que je veux renouveler l'expérience indéfiniment. Pas à New-York mais dans d'autres villes. Je veux vivre partout avec lui.
Ce qui me fait rire est qu'il détourne mon attention. Bien sûr que j'ai compris le petit jeu installé entre nous. Mais j'aime bien. Vu de plus près, je détaille son visage du regard. Il est encore penché vers moi et je continue de le regarder puis de regarder ses lèvres. Matt regarde ensuite mes lèvres et j'ai envie de briser cette séparation entre nos lèvres respectives. Il ne m'a pas embrassé depuis hier et ce doux contact me manque. Hier soir, c'était bien, j'ai eu l'impression d'être dans une bulle avec lui. Une bulle unique même si ce n'est rien d'exceptionnel pour beaucoup de personnes mais pour moi ce fut une belle parenthèse. Il a su transformer une soirée compromise par un orage en une promiscuité intéressante dans une salle de garde à l'hôpital. Je ne lui en veux pas de m'avoir stoppé dans ma démarche de vouloir aller un peu plus loin qu'une session de baisers. Étant donné qu'il vient d'une autre époque, je comprends mieux ses manières anciennes.
« Arrête de me regarder comme ça ma belle, j'ai envie de t'embrasser ».
C'est décidé, je sépare cette distance trop grande pour moi entre nos visages. Je me redresse sur les genoux pour arriver à sa hauteur afin que mes lèvres se plaquent sur les siennes. J'aime encore sentir sa surprise. Il s'attend toujours à ce que ce moment dure un peu, que je regarde ses lèvres encore un moment qui me semble trop long. J'ai envie de le faire taire de la meilleure manière qui soit. Il se laisse faire. Ses mains se placent sur ma taille et les miennes autour de ses joues. Nos souffles se coupent et se reprennent. Pour une fois, qu'il ne coupe pas le baiser pour me dire quelque chose, il a compris que j'en avais envie. Je ne me détache pas de lui en première.
« Moi aussi » dis-je mentalement.
Pour être honnête, je suis heureuse de passer un peu plus de temps avec lui. Son emploi du temps était très chargé. Je ne peux pas lui en vouloir, faire médecine est sa vocation. Il a de la chance d'être immortel car quand je vois son emploi du temps, je ne serais pas capable de tenir. Le rythme est soutenu et l'afflux de patients ne désempli pas non plus. C'est sa vocation. Carlisle est heureux que Matt ait la même voie professionnelle que lui.
La dernière fois, j'ai été surprise par le temps d'attente car je m'attendais à passer une bonne partie de la nuit dans les couloirs avec Céleste et Bella. Mais j'ai beaucoup de chance qu'il soit aussi attentionné, même quand il rentre tard, tôt le matin par exemple il prend la peine de préparer un petit déjeuner pour Bella ou le repas du soir quand c'est possible. Je suis tombée sur quelqu'un de génial et je suis heureuse de faire partie de sa vie. Cette expérience New-yorkaise nous a rapproché et je me sens prête à renouveler l'expérience de manière définitive. Lui et moi dans une maison.
Je continue de capturer ses lèvres sans m'en lasser une seconde. Ce doux contact est le meilleur du monde. Je ressers mon étreinte.
« Je ne m'en lasse jamais » murmurais-je.
« Moi non plus tu sais » me sourit-il. « T'embrasser est merveilleux ».
S'il continue on aura jamais terminé. Je me relève un peu pour capturer ses lèvres une nouvelle fois. Autant dire que c'est addictif.
Je crois que nous sommes d'accord sur ce point. Ses mains sont toujours autour de ma taille, les miennes sur son visage. Il décale ses mains sur mon visage et je glisse mes doigts entre ses mèches de cheveux blonds.
Je veux capturer ce moment dans ma mémoire.
Pour l'éternité.
Lui et moi, c'est tout ce qui compte.
Hey !
Nouveau chapitre publié aujourd'hui.
Oh mon dieu, je sens que la fin approche déjà et écrire cette phrase est étrange pour moi étant donné que cette fiction est depuis très longtemps dans mes tiroirs; qu'elle a connu des péripéties (j'écrirai une note de fin) mais j'ai hâte et j'ai envie de mettre un point final.
J'espère que ce chapitre vous plaira !
Bonne lecture les amis ! ;)
