Chapitre trente : La peur de la mort
– Au fait, mes âmes s'agitent de nouveau ces derniers temps.
La bouche ouverte par la manière abrupte dont le sujet avait été mis sur la table alors qu'il ne s'y attendait pas, Edward en lâcha Greta qui tomba dans l'herbe en miaulant de surprise. Soudain rouge de colère, il voulut invectiver Envy, mais ce dernier avait prévu le coup et le bâillonnait déjà.
– Avant que tu t'énerves, je n'en ai pas parlé plus tôt parce que tu as eu ton accident en perdant la mémoire et après je n'ai jamais trouvé la bonne occasion.
– Hum ke hu humpf mu muh ?
– Je n'ai pas la moindre idée de ce que tu as dit, répliqua Envy en hochant la tête. Tu es assez calme pour que je te lâche ?
Edward roula des yeux avec irritation et Envy retira prudemment sa main avant d'attraper Greta de l'autre, alors qu'elle s'éloignait pour suivre une abeille.
– Tu m'agaces, grommela Edward en arrachant une motte d'herbe machinalement alors qu'il tentait de digérer la nouvelle. Ça a commencé quand ?
– À peu près à mon anniversaire.
– Il s'est passé quelque chose de particulier ?
Envy ne comprit pas l'enchaînement et pencha la tête sur le côté.
– Tu pourrais préciser, parce que là je ne suis pas sûr de bien te suivre...
– Selon ce que j'en devine, tes âmes ont commencé à s'agiter quand tu as commencé à devenir humain. À chaque progrès, tu deviens de moins en moins Homonculus, je crois qu'on peut se demander si ton corps « humain » ne supporte pas d'abriter plusieurs âmes.
– Si c'est le cas, mon état aurait dû beaucoup s'aggraver quand j'ai absorbé la Pierre de Flamel, argumenta Envy.
Edward haussa les épaules.
– Ce serait plus simple si j'avais un manuel du genre « Comment bien s'occuper d'un Homonculus », mais pas de chance, ça n'existe pas encore. Franchement, tu es un sacré bazar. J'ai du mal à m'en sortir...
Si seulement il fournissait quelques efforts en plus, pensa Envy avec amertume en se remémorant le rejet violent d'Edward concernant sa Jalousie. Il gardait une rancune tenace pour cette dispute et risquait bien de la garder pour un long moment. Jusqu'au jour où le nabot accepterait enfin.
– Tu as un comportement bizarre en ce moment, poursuivit Edward. C'est à cause de tes malaises ?
Envy déglutit difficilement et sa gorge s'assécha. Il aurait préféré que ce sujet en particulier ne soit surtout pas abordé. En plus, cet idiot affichait une moue intriguée qui auparavant aurait pu lui donner envie de le frapper et que désormais il trouvait tout à fait craquante. Foutu gamin.
– Non.
– C'est quoi alors ?
– Rien.
– Je rêve ou tu refuses vraiment de me le dire ?
– Humpf.
Edward resta ébahi un moment avant de se recoucher dans l'herbe, l'air pensif. C'était rare qu'Envy lui cache quelque chose, et c'était d'autant plus surprenant qu'il avait très souvent un comportement étrange... en sa présence uniquement. Il lui avait fallu du temps, mais il s'y était finalement intéressé de plus près. Il avait interrogé ses autres amis et plus particulièrement Viktor avec qui il passait le plus clair de son temps, et tout le monde lui avait affirmé qu'il n'avait jamais réagi ainsi en leur présence. Entre tous, Hermione était celle qui l'avait le plus intrigué. Quand il lui avait rapporté ce qu'il avait vu, elle avait d'abord pris son expression de réflexion, puis l'avait regardé fixement, avant de sourire timidement et de changer de sujet. Tout ça lui semblait bien mystérieux.
Envy, lui, avait l'impression prenante et terrifiante qu'Edward avait deviné ce qu'il tentait de dissimuler. Si c'était le cas... Il prendrait immédiatement ses jambes à son cou et ferait en sorte de ne plus jamais le croiser. Ce qu'il ressentait le perturbait trop. Et encore plus alors qu'il observait Edward à la dérobée tandis que Greta, roulée en boule sur son ventre, s'offrait en ronronnant à toutes ses caresses. Les yeux d'Envy ne pouvaient se détacher de cette vision, comme hypnotisés.
– C'est peut-être que mon plan a fonctionné alors.
– Quel plan ? questionna Envy, sur le qui-vive.
– Je me suis dit qu'un animal de compagnie pourrait éveiller des émotions en toi. Un peu comme la famille, tu vois ? Beaucoup de personnes s'attachent tellement à leurs animaux qu'ils en font partie intégrante après. Et comme tu n'en as jamais eu... c'est peut-être ça, non ?
Envy savait que ce n'était pas ça, même s'il ressentait un certain devoir envers ce petit être. Mais il se contenta de hocher la tête.
– Tu as sûrement raison. Après tout, c'est toi le génie.
Edward émit un reniflement amusé et l'Homonculus se força à se recoucher sur le dos pour ne plus le fixer comme un merlan frit. Trop de pensées d'un genre qu'il détestait le traversaient depuis tout à l'heure.
– Oh, comme c'est mignon, se moqua soudain Edward.
– De quoi tu parles ? dit Envy, affolé intérieurement.
En tournant la tête d'un geste brusque, Envy suivit le regard d'Edward jusqu'à remarquer Greta qui frottait sa petite tête velue contre son bras. Il ne l'avait même pas senti, trop concentré sur... bien d'autres choses. Distraitement, il câlina le chaton en changeant de position pour se coucher sur le côté. Sa nouvelle proximité avec ce... stupide nabot... lui serra la gorge et le rendit mal à l'aise. Pourquoi était-il si embarrassé, ça n'avait pas de sens ! Dès qu'il le voyait, il avait envie de s'approcher et de faire comme Mrs Weasley, ou comme certains amis entre eux qu'il voyait souvent dans les couloirs... et le prendre dans ses bras, pour voir ce que ça faisait. Il ne comprenait pas.
– Ah, ça fait du bien, se réjouit Edward
Il croisa les mains derrière sa nuque, ferma les yeux pour profiter du soleil et ne bougea plus. Intrigué par le phénomène, Envy le scruta en fronçant les sourcils. C'était rare de voir Edward inactif et seulement quand il y était contraint, pourtant, il semblait tout ce qu'il y avait de plus détendu à cet instant, alors qu'il attendait juste que le temps passe. Envy voulut l'imiter pour savoir de quoi il retournait et ferma les paupières en continuant à caresser Greta d'une main.
Il sentit immédiatement la différence, alors qu'il ressentait les vibrations des ronronnements du chat contre ses doigts, le soleil sur sa peau, le toucher de l'herbe sur laquelle il était couché et la chaleur d'Edward près de lui... Autour de lui, il entendait les remous lointains du lac, les rires des élèves qui se baladaient et la respiration lente d'Edward... À proximité, il sentait l'odeur de la verdure... Mais davantage celle d'Edward, mélange de poussière de vieux livres, de caramel ou de sucreries qu'il mangeait sans arrêt et cette dernière fragrance, si reconnaissable, mais qu'il n'arrivait pas à nommer... Comme l'odeur du pays.
– Alors ça ressemble à ça d'être humain ? marmonna Envy, en inspirant l'air tiède et doux.
– Comment ça ? baragouina Edward en retour alors qu'il se retenait de bâiller.
– Je ne sais pas... c'est calme, j'ai l'impression que tout est important, chaque instant, chaque détail. Avant, je ne vivais que pour Père et son but, je ne voyais que ça. Je me projetais toujours dans le long terme à cause de notre immortalité. Et je n'étais qu'un outil, je ne pouvais rien faire d'autre que ce que Père me demandait. Maintenant, j'ai l'impression de faire des choses pour moi. Je peux décider d'arrêter la mission pour prendre un peu de temps pour moi, puis de la reprendre quand je veux, de la manière que je veux, sans contraintes.
– Vaudrait mieux éviter quand même, répondit Edward. Mais en gros, c'est vrai. On pourrait arrêter. On n'a plus de comptes à rendre à personne. À part la Vérité, bien sûr. Mais quand ce sera terminé de tout ça, on vivra comme on l'entendra. Tu vas voir, ce sera super.
– Comment tu peux le savoir ? rétorqua Envy en rouvrant les yeux. Tu as vécu comme moi, enchainé par la promesse que tu as faite à ton frère de récupérer vos corps. Tu sais, Père m'envoyait souvent te surveiller, j'ai vu ce que tu as vécu pendant toutes ces années. Tu ne vivais que pour lui, tu étais aussi prisonnier que moi.
Ils échangèrent un long regard. Edward, perturbé, ne put s'empêcher de penser qu'il avait raison. Pendant toutes ces années, il n'avait jamais vraiment été libre. En fait, dès la mort de sa mère, il était tombé dans un cercle infernal qui s'était refermé sur lui après sa tentative de transmutation humaine. S'il n'avait jamais exécuté cette transmutation, sa vie aurait été bien différente, et aujourd'hui, il ne se retrouverait pas ici, dans un monde parallèle.
Il fronça les sourcils. S'il n'avait pas accompli tout ça, qui se serait occupé de détruire Voldemort ? Harry ? Il aurait été obligé de gâcher son adolescence avec des combats à mort contre les Mangemorts... Il aurait dû perdre des amis, des camarades... Peut-être... Était-ce mieux comme ça... De toute façon, Edward n'aurait rien pu faire pour changer sa vie. Son destin était écrit depuis longtemps, bien avant sa naissance. Nicolas Flamel en était la preuve. Il l'avait compris en lisant les notes qu'il avait laissées à son adresse.
Edward sentit sa gorge se serrer sous le poids qui lui pesait sur les épaules. Son destin... Il n'aurait pas pu le modifier. La Vérité savait depuis toujours qu'il finirait ici, elle lui avait fait croire qu'il avait le choix, qu'il possédait un libre arbitre, mais c'était faux. Quand la Vérité leur avait dit qu'elle avait pris des dispositions pour leur arrivée, Edward avait déduit qu'elle avait trouvé un moyen de communiquer avec Flamel pendant la quête d'Edward pour retrouver Envy, mais non, il s'était lourdement trompé. Le seul moment auquel la Vérité et Flamel avaient pu communiquer était... à l'arrivée de Flamel par la Porte, après la transmutation humaine de Père pour créer la Pierre. Soit il y avait plus de 300 ans. Il n'aurait eu aucune chance de changer quoi que ce soit à sa vie. La transmutation, l'armée, la pierre philosophale, le Jour promis, épargner Envy, le sauver, partir dans ce monde. Tout était prévu depuis des siècles. Il n'avait jamais été maître de son destin. Et il ne le serait peut-être jamais.
Pourrait-il un jour retourner à Amestris ? Il en était maintenant presque certain. La Vérité savait tout dès le départ, elle lui avait promis qu'il réussirait, alors c'était le cas... Pourtant... Il se souvenait qu'elle lui avait signifié qu'il pourrait changer d'Échange équivalent, s'il le souhaitait. Pourquoi souhaiterait-il changer ? Pour rester ici ? S'il était complètement honnête avec lui-même, il préférerait ce choix. Même si la peur de tout recommencer à zéro le paralysait, il avait conscience qu'il avait déjà commencé...
– Dis-moi, Envy, si on vient à bout de cette mission, est-ce que... on restera ensemble ?
Envy tourna vers lui de gros yeux.
– C'est pas toi qui m'as envoyé me faire voir à Noël en me disant que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec moi après notre mission ?
– Je... ne l'ai pas dit exactement de cette manière.
– Si tu le dis, rétorqua Envy, irrité par le sujet. En tout cas, je pense qu'on verra bien quand ce sera le moment.
Il jouait peut-être l'indifférent, mais il était loin de l'être. Tout ce qu'il désirait pour sa future vie, c'était de vivre avec lui et de devenir le meilleur possible. Sans Edward, il savait qu'il n'y parviendrait pas. Il avait besoin de lui comme repère et comme guide. Il représentait sa seule famille. Savoir que son ami pourrait disparaître de sa vie dans quelques années le torturait et il redoutait plus que tout qu'il meure avant lui.
Tout à coup, une brusque douleur vint dans sa poitrine. Il ferma les yeux et se recroquevilla légèrement, en crispant ses mains sur l'endroit douloureux. Aussitôt, Edward se redressa et s'assit à genou face à Envy qu'il surplomba.
– Envy ? Envy, tu as encore mal ?
– Non, sans blague ? grogna l'Homonculus, crispé. T'en as d'autres des comme ça ?
– À quoi tu pensais ?
– De quoi tu parles ?
– Avant d'avoir mal, précisa Edward, l'air curieux et sérieux.
– Pourquoi tu me demandes ça ? répondit Envy, sur la défensive.
Edward l'observa, l'air intrigué et Envy se reprit immédiatement en levant les yeux au ciel.
– Hm... D'accord, céda-t-il en évitant consciencieusement le regard de son ami. Je pensais à... à ta mort.
– Eh bah merci ! Tu souhaitais ma mort ?
Perplexe, Edward fronçait les sourcils.
– Non... j'avais... peur de ta mort.
Cette fois, Edward écarquilla les yeux et ouvrit la bouche d'étonnement avant de la refermer.
– Ah... Euh... C'est... inattendu. Ça vient sûrement de là alors, non ? Tu commences à penser à la mort des autres. C'est le prix à payer pour être humain... Abandonner l'immortalité et accepter que les gens que tu connais puissent mourir d'un moment à l'autre.
– C'est... difficile.
– Je ne dis pas le contraire. C'est pareil pour tout le monde. Sinon, pourquoi Alphonse et moi on aurait essayé de faire revenir notre mère ? Et pourquoi y aurait-il tant d'alchimistes qui auraient tenté des transmutations humaines ?
Après tant d'années, Envy comprenait enfin. C'était donc ça, ce sentiment insupportable qui avait mené tous ces sacrifices humains à agir dans leur sens...
– Eho ! On vous trouve enfin ! s'écria Ron à une dizaine de mètres alors qu'il courait vers eux, suivi plus calmement par Hermione et Harry.
Quand il arriva à leur hauteur, il se laissa tomber à côté d'Edward en soupirant de soulagement. Harry et Hermione, eux, n'osèrent pas s'asseoir immédiatement et les observèrent bizarrement. Hermione retint un rougissement en regardant leur position, Edward penché un peu au-dessus d'Envy qui était couché dans l'herbe. Ça ressemblait à s'y méprendre à un tableau romantique en plein air.
– On interrompt quelque chose ?
Edward se redressa complètement et l'image se brisa.
– Non, pas du tout. Venez donc.
Puis ils commencèrent à s'entraîner au sort des Quatre-Points, une utile découverte d'Hermione leur permettant de s'orienter dans la bonne direction dans le labyrinthe. Quand le sort fut maitrisé, Hermione consulta sa liste et raya le sortilège.
– Vous verrez, il y en a plusieurs qui vous serviront beaucoup.
– Regardez voir ça, s'exclama alors Ron. Vous avez vu Malefoy ? Qu'est-ce qu'il fabrique ?
Les quatre autres se tournèrent dans la bonne direction pour voir Malefoy, Crabbe et Goyle à l'ombre d'un arbre. Crabbe et Goyle semblaient faire le guet en ayant l'air de ricaner pendant que Malefoy parlait dans sa main qu'il tenait à hauteur de ses lèvres.
– On dirait qu'il parle dans un talkie-walkie, commenta Harry, intrigué.
– Les appareils moldus ne peuvent pas fonctionner à Poudlard, dirent Hermione et Edward à l'unisson.
– Vous faites vraiment peur, répondit Harry.
– C'est le syndrome de « l'Histoire de Poudlard », commenta Ron.
– Je vais voir, se réjouit Envy qui se leva d'un bond en s'étirant comme un chat. Ca fait longtemps que j'ai pas martyrisé du Malefoy.
– Ne fais pas de connerie, demanda Edward en prenant Greta qui avait fait mine de vaillamment suivre son maître. Et toi tu restes là. Ton stupide maître va encore faire des bêtises.
Envy fit mine de ne pas l'avoir entendu et se dirigea vers le trio de Serpentards. Il se faufila discrètement entre les autres élèves qui paressaient ou qui chahutaient sous les regards scrutateurs des surveillants. Arrivé à quelques mètres de ses cibles, Goyle le vit, et prévint Malefoy qui parut paniqué en fermant brusquement les mains. Envy sprinta, mais déjà Drago jetait ce qu'il tenait dans un buisson. Envy sourit à cette vision.
– Eh bien, ça a l'air marrant ce que vous faites ici. Je peux vous rejoindre ?
Ils avaient l'air plus que mal à l'aise d'avoir été surpris et ça ne fit qu'enchanter Envy qui se pencha et fouilla le buisson, mais il n'y avait rien. Drago émit un rire nerveux qu'il voulait sûrement narquois et supérieur.
– Dommage, n'est-ce pas ?
Envy haussa un sourcil en souriant en coin. Il se redressa et surplomba Drago.
– J'espère pour toi que tu n'as pas préparé un nouveau mauvais coup.
Le visage de Drago se vida de toute substance tandis qu'il essayait de garder une certaine neutralité. Ça sentait très mauvais pour lui.
« HARRY POTTER "PERTURBE ET DANGEREUX » paraissait trois jours plus tard dans la Gazette du Sorcier, le 24 juin.
« Le garçon qui a vaincu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est instable et potentiellement dangereux. Des témoignages alarmants (...) font douter de sa capacité à participer à une compétition aussi exigeante que le Tournoi des Trois Sorciers. On peut même se demander s'il est véritablement apte à fréquenter l'école Poudlard. »
« (...) Potter est sujet à des évanouissements réguliers et (...) on l'entend souvent se plaindre de douleurs à la cicatrice qu'il porte au front »
« Lundi dernier, en pleine leçon de divination, l'envoyée spéciale de La Gazette du sorcier a vu Potter quitter la classe en toute hâte en affirmant que sa cicatrice lui faisait trop mal pour qu'il puisse continuer à suivre le cours. »
Edward arrêta sa lecture d'un seul coup. Comment Rita Skeeter aurait-elle pu assister à cette scène qui avait eu lieu au sommet de la tour nord ? C'était impossible, à moins d'avoir été présente dans la salle, soit sous cape d'invisibilité, soit de Polynectar, mais encore une fois, c'était invraisemblable. Maugrey — ou plutôt Croupton — leur avait assuré à l'époque qu'elle n'était jamais venue sous cape et la carte du Maraudeur l'aurait forcément montrée. Alors il restait une possibilité à laquelle Edward n'avait jamais pensé jusque là. Après tout, qui d'autre parvenait à pénétrer dans des tours sans utiliser ni Polynectar, ni balai volant, ni cape d'invisibilité ? Envy se contentait de prendre une forme animale quelconque, en prétextant un don en métamorphose Animagus.
Il se leva d'un bond pour contourner les tables des Serdaigles et celles des Poufsouffles jusqu'à arriver près du trio de Gryffondors qui lisait lui aussi l'article nouvellement paru.
– Ta voix n'aurait pu porter jusque dans le parc, fit remarquer Hermione.
– C'est toi qui es censée mener des recherches sur les méthodes magiques pour écouter aux portes ! répliqua Harry. Si on ne peut pas poser de micros à Poudlard, c'est à toi de me dire comment elle fait pour cafarder dans son journal.
– J'ai essayé, assura Hermione.
– Harry, tu es un génie ! s'exclama Edward.
Ses trois amis le remarquèrent enfin et l'observèrent avec étonnement. Puis le visage d'Hermione prit soudain une étrange expression, un peu lointaine. Elle leva lentement une main et passa les doigts dans ses cheveux.
– Vous êtes bizarres tous les deux tout à coup, s'inquiéta Ron en fronçant les sourcils.
Edward hocha vivement la tête en direction d'Hermione. Elle aussi avait compris. Elle passa une nouvelle fois les doigts dans les cheveux puis elle mit sa main devant ses lèvres, comme ils avaient vu Malefoy le faire quelques jours plus tôt. Même s'il n'était pas cité dans l'article, les témoignages portaient sa signature. Ils reconnaissaient sa manière de mettre son grain de sel partout, maintenant.
– Personne n'aurait pu voir... Même pas Maugrey, ou Croupton, marmonna-t-elle, le regard vague tourné vers Edward en attente de son approbation.
– Elle aurait pu se mettre sur le rebord de la fenêtre, ou encore dans les mains de Malefoy, ou encore dans tes cheveux. Elle peut être n'importe où.
– Mais elle n'a pas le droit... Elle n'a absolument pas le droit...
– On la tient, affirma Edward.
Hermione prit son sac et Edward par le bras avant de se précipiter hors de la Grande Salle.
– Attendez ! leur cria Ron. On a examen d'histoire de la magie dans quinze minutes ! Alors ça, ajouta-t-il en se tournant vers Harry. Je me demande bien comment ils font pour toujours tout comprendre avant tout le monde.
– Eh ! les interpela une voix connue près des Grandes Portes. Ils sont partis où ?
Pressé et débraillé, Envy arriva près d'eux en rentrant sa chemise dans son pantalon à la va-vite. Quand il eut les mains libres, il prit un toast dans le plat près de Ron et le tartina généreusement avant de l'enfourner.
– Ils croient avoir découvert comment Skeeter fait pour tout espionner sans être prise, expliqua Harry en ramassant la cravate d'Envy qui venait de lui glisser de l'épaule pour s'échouer par terre. Je pense qu'on peut leur faire confiance pour avoir réellement trouvé.
– Ils ont eu la même idée en même temps ? demanda Envy, intrigué, en s'asseyant à califourchon sur le banc.
– C'est à cause du nouvel article de Skeeter paru ce matin, expliqua Ron en lui donnant le journal.
Envy le parcourut avidement, à la recherche de la moindre mention de Voldemort ou de Croupton, mais ils étaient tous deux absents (à part pour des mentions au passé pour Voldemort). Une partie importante de l'article portait sur le don de Harry et attira son intérêt. C'est vrai, Dumbledore leur avait dit que Harry pouvait parler aux serpents, il avait complètement oublié ce détail.
– Tu es Fourchelang ?
Harry se crispa, sa fourchette d'œufs brouillés arrêtée à hauteur de la bouche. Il avait complètement oublié que ni Edward, ni Envy ne savaient pour cette capacité et qu'elle était plutôt mal vue par la communauté sorcière. Combien d'élèves l'avaient regardé de travers en l'apprenant pendant le club de duel de Rogue et Lockhart ? Contrairement à eux, Envy ne semblait pas effrayé, mais plutôt très curieux du sujet. Harry ne devrait même plus s'étonner de la capacité de ses deux amis à l'accepter dans toutes les situations possibles.
– Oui, je l'ai appris en deuxième année. Mais ce qu'on dit dans cet article est complètement faux ! Je n'ai pas poussé le serpent à attaquer qui que ce soit, je voulais seulement le faire reculer pour qu'il ne blesse personne.
– Si ça avait été Malefoy, je t'aurais encouragé à le pousser à attaquer, ricana Envy en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule pour voir Drago vite avaler son petit-déjeuner pour fuir à toute jambe. On peut dire que tu sais faire parler de toi.
– C'est toi qui dis ça ? rétorqua Ron, déconcerté, avant de vérifier l'heure. Je vais bientôt devoir y aller. Vous allez faire quoi aujourd'hui ?
– Sûrement réviser d'autres maléfices pour ce soir, suggéra Harry.
Étant champions du Tournoi des Trois Sorciers, Harry et Envy étaient tous les deux dispensés d'examens et, pendant que leurs amis sueraient sang et eau sur leurs copies, ils resteraient désœuvrés, ou alors s'occuperaient à s'entraîner. Envy avait plutôt prévu de rejoindre Viktor pour passer l'une de leurs dernières journées ensemble avant que le bulgare doive retourner dans son pays d'origine. En prévision de ce départ prochain, Viktor lui avait déjà donné une adresse à laquelle envoyer ses lettres.
Du coin de l'œil, Envy aperçut McGonagall s'avancer vers eux avant d'arriver à portée de voix.
– Potter et Alighieri. Les champions doivent se réunir dans la salle du fond juste après le petit-déjeuner.
– Mais la tâche n'a lieu que ce soir ! s'affola Harry en recrachant son jus de citrouille.
– Je le sais bien, Potter, mais les familles des champions sont invitées à assister à la dernière tâche. Il s'agit simplement d'aller leur dire bonjour.
Elle s'en alla, laissant Harry bouche bée et Envy perplexe. Comment voulait-elle qu'il dise bonjour à une famille qu'il n'avait pas ? Edward était en pleine épreuve écrite, après tout. Il n'allait pas être dispensé d'examen uniquement pour cette raison.
– Elle n'imagine quand même pas que les Dursley vont venir ici, non ? demanda Harry à Ron, l'air interloqué.
– Je ne sais pas, répondit Ron. Excuse-moi, il faut que je me dépêche, je vais être en retard chez Binns. À tout à l'heure.
– Tu parles, commenta Envy, blasé. Qui pourrait bien venir me voir ? J'ai aucune famille. La vieille McGo a pété un boulon.
Les deux orphelins terminèrent leur petit-déjeuner en prenant tout leur temps, échangeant leurs progrès les plus récents en matière de sortilèges et maléfices ainsi que leurs théories sur les obstacles qui les attendaient dans le labyrinthe en fin de journée. Loups-garous, acromentules, Détraqueurs, plantes vénéneuses, ils ne savaient pas à quoi s'attendre (enfin Harry pensait qu'Envy ne le savait pas) et ne prêtèrent que peu d'attention à la salle qui se vidait. Bientôt, les deux autres champions traversèrent l'allée centrale pour se rendre dans la salle du fond. Aucun d'eux n'avait la moindre envie d'aller là-bas et de se retrouver sans personne. À quoi bon ?
Au moment où ils se levaient avec l'objectif bien en tête de se rendre à la bibliothèque pour réviser un peu leurs formules magiques, la porte du fond s'ouvrit et Viktor passa la tête par l'entrebâillement.
– Envy, Potterr, ils vont attendent !
Stupéfaits, Harry et Envy échangèrent un regard avant de se diriger vers la petite salle dont Viktor avait laissé la porte ouverte. Le Serpentard la poussa et entra. Viktor se trouvait à l'autre bout de la pièce et parlait en bulgare avec sa mère, une petite femme replète aux cheveux bruns, et son père dont il avait hérité l'air renfrogné. De l'autre côté, Delacour bavardait avec sa mère qui tenait par la main sa petite sœur. Elle adressa un geste de la main à Harry qui le lui rendit avec un sourire timide. Enfin, ils virent Mrs Weasley et Bill debout devant la cheminée. Le visage rayonnant, ils s'avancèrent vers eux avec un grand sourire.
– Surprise ! s'exclama Mrs Weasley, l'air surexcité. On a pensé que ce serait une bonne idée de venir vous voir, tous les deux !
Elle leur prit le visage en coupe chacun leur tour pour leur claquer deux grosses bises sur les joues avant de vérifier leur état de santé et de nutrition, sous le regard amusé de Bill qui les salua d'une poignée de main. Il leur expliqua que Charlie aurait bien voulu venir aussi, mais qu'il n'avait pas trouvé l'occasion dans son emploi du temps.
– ... il n'arrête pas de répéter à quel point vous avez été fantastiques tous les deux, face à vos dragons. Ça en devient lassant, mais on regrette tous de ne pas avoir pu assister au spectacle, même si on a vu quelques photos.
– À propos de photo... reprit Envy, une aura sombre autour de lui tout à coup. J'imagine que ça t'a fait plaisir de me vendre...
Bill rit au souvenir de sa participation au cadeau commun pour l'anniversaire de l'Homonculus et Mrs Weasley sauta sur l'occasion pour proposer un nouveau petit rafraichissement. Surprise, elle remarqua pourtant que ses cheveux n'avaient pas poussé d'un centimètre depuis les vacances d'été. Envy retint une grimace face à son erreur. Il n'avait jamais pensé à faire paraître une certaine croissance à part sa taille qu'il changeait régulièrement par rapport à Edward pour tâcher de toujours le surplomber, ne serait-ce que de quelques centimètres. C'est fou d'ailleurs comme il grandissait sans arrêt, ce nabot ! Il espérait bien qu'il arrêterait avant d'avoir atteint les trois mètres de hauteur.
– Vous nous faites faire un tour ? dit Bill, apparemment nostalgique de sa scolarité à Poudlard.
Ils se dirigèrent vers la Grande Salle et passèrent devant la famille Krum dont Viktor arrêta Envy un instant pour le présenter à ses parents comme l'ami dont il parlait apparemment souvent dans ses lettres. Ce fut bizarre à apprendre pour Envy qui échangea quelques politesses en langue slave avec la petite famille avant que Mrs Weasley l'appelle pour qu'ils y aillent. Envy salua son ami avant de se séparer de lui, content de cette rencontre et encore plus du fait qu'il soit si important aux yeux de Viktor pour qu'il ait parlé de lui à sa famille.
Envy passa une matinée très agréable dans le parc ensoleillé en compagnie de Bill, Harry et Mrs Weasley à qui ils montrèrent le carrosse de Beauxbâtons et le vaisseau de Durmstrang. En échange de quoi Molly leur partagea quelques anecdotes amusantes sur ses études à Poudlard.
– Comment va Percy ? s'enquit Harry alors qu'ils faisaient le tour des serres.
– Pas très bien, dit Bill.
– Il est dans tous ses états, poursuivit Mrs Weasley à voix basse en jetant un regard autour d'elle. Il a passé plusieurs jours en cellule au Bureau des Aurors et ils l'ont interrogé sur les instructions que Mr Croupton lui envoyait. Les enquêteurs sont même venus au Terrier pour une perquisition. Nous avons à peine eu le temps de cacher la collection d'objets moldus d'Arthur chez les Lovegood avant qu'ils fouillent la maison de fond en comble.
– Ed nous en a parlé, confirma Harry en hochant la tête.
– Bien sûr ils n'ont rien trouvé et ils ont dû libérer Percy, reprit Mrs Weasley. Il a été innocenté après qu'il ait été trouvé que les lettres étaient bien de la main de Mr Croupton, même si elles étaient écrites sous la contrainte.
– Bien entendu, rien de tout ça n'a été prononcé officiellement, ajouta Bill.
– On l'a bien vu dans les journaux, dit Envy, les mains dans les poches, irrité. Personne n'en a jamais parlé excepté quelques petites annonces disant que Croupton était mort. Même Croupton Junior n'a jamais été mentionné. À part pour nous discréditer, Ed et moi.
– Ils veulent étouffer l'affaire, soupira Mrs Weasley.
– Pourtant le vrai Maugrey pourrait dire la vérité, non ? intervint Harry.
– Pour le moment, il est à Ste Mangouste et son témoignage n'est pas pris au sérieux concernant Vous-Savez-Qui. Arthur ne peut rien me dire, mais de toute évidence, le Bureau des Aurors travaille en ce moment avec le Département de désinformation et le Département des Mystères pour classer l'affaire et la rendre complètement hermétique.
– Ils vont inventer des mensonges pour couvrir les erreurs de Croupton, grogna Envy. Ils pourraient tout aussi bien se désolidariser complètement de ses actions passées et accepter la vérité à propos de Voldemort pour au moins —
– On ne dit pas son nom, lui reprocha Molly d'un air sévère. Et puis ce sont des affaires bien sérieuses qui ne sont pas de votre âge. Aujourd'hui n'est pas le jour pour s'inquiéter de tout ça. Dumbledore s'en occupe déjà. En tout cas, ils n'ont pas voulu que Percy représente Mr Croupton ce soir pour juger le tournoi. C'est Cornélius Fudge qui va prendre sa place.
Suite à cela, le sujet fut définitivement clos. Envy aurait voulu s'en irriter, mais grâce à Dumbledore qui leur donnait les moindres informations sur l'avancée de l'enquête, ils savaient déjà la plupart de ces détails. En ce moment, Dumbledore restait autant en contact avec Maugrey que possible afin d'empêcher le ministère de faire disparaître les preuves et de taire toute la vérité. Edward s'était beaucoup indigné en apprenant que sous couvert d'enquête en cours, tous les journaux avaient été interdits de publier sur les Croupton ou sur Maugrey. L'article de Skeeter sur Edward et Envy constituait une exception, et servait de toute manière les intérêts du ministre de la Magie qui cherchait par tous les moyens à étouffer ce qui le gênait – malgré le début de désaccord qui opposait Fudge aux Aurors sans qu'il le sache.
Même le Chicaneur, qui se caractérisait par une grande liberté d'écriture, n'avait pas encore pris le risque de publier la moindre ligne sur le sujet. Pourtant, Xenophilius avait prononcé le vœu de parler, mais Edward l'en avait dissuadé en attendant que la situation évolue et que Croupton Junior soit retrouvé. Ses arguments étaient simples, mais efficaces : le Chicaneur devait faire profil bas, afin de ne pas être interdit avant d'avoir pu annoncer le retour de Voldemort quand il serait revenu très prochainement. Les Lovegood n'avaient pas pensé une seule seconde à contredire ses affirmations et à douter de lui lorsqu'il annonçait le retour du mage noir. Si Edward le disait, alors c'était vrai. Encore une fois, Envy s'étonnait du talent qu'avait son ami de s'entourer de personnes qui pouvaient paraître bizarres, mais qui s'avéreraient être des armes politiques majeures plus tard.
Quand ils retournèrent au château pour déjeuner, Ron les rejoignit aussitôt, surpris de voir son frère aîné et sa mère à Poudlard. Les jumeaux et Ginny vinrent également s'asseoir à côté d'eux et Envy fut englouti dans une foule de Gryffondors bruyants qui lui donnèrent soudain l'impression d'être revenu au Terrier. Il ne pensa alors plus à Croupton, au ministère ou même à la troisième tâche. L'arrivée d'Hermione et Edward, au milieu du déjeuner, lui rappela qu'ils avaient trouvé comment Rita Skeeter procédait pour tous les espionner depuis le début d'année.
Harry aussi sembla s'en souvenir et voulut les interroger, mais ils le firent taire en secouant vigoureusement la tête en jetant un coup d'œil nerveux à la foule.
– Bonjour Hermione, salua Mrs Weasley d'un ton beaucoup moins chaleureux qu'à l'ordinaire. Bonjour Edward.
– Bonjour ! salua Hermione.
Son sourire s'évanouit en voyant l'expression glaciale de la sorcière et Edward parut gêné. Harry les regarda puis décida d'intervenir.
– Mrs Weasley, j'espère que vous n'avez pas cru les bêtises de Rita Skeeter dans Sorcière-Hebdo ? Ed et Hermione n'ont jamais rien fait de tel.
– Ah ? Euh... Non, bien sûr, je n'en ai pas cru un mot !
Mais à partir de cet instant elle devint bien plus cordiale avec eux et Edward en profita pour s'asseoir entre Bill et Envy, sur les genoux de qui il déposa Greta. Le chaton, parfaitement éveillé et mécontent d'avoir été trimballé, tenta de sauter sur la table qui malheureusement se révéla trop haute pour lui.
– Tu devrais mieux la surveiller, elle m'a suivi pendant mon épreuve d'histoire.
Envy et Harry passèrent l'après-midi à s'entraîner avec l'aide de Bill tandis que Mrs Weasley les observait en s'inquiétant de la troisième épreuve qui approchait à grands pas. En effet, ils revinrent bientôt dans la Grande Salle pour le banquet qui avait lieu ce soir-là.
Ludo Verpey et Cornélius Fudge avaient pris place à la table des professeurs et paraissaient tous les deux graves en ne parlant à personne. Ils n'étaient pas les seuls dans le même cas, les trois autres juges ayant la même expression, mais pour Verpey, c'était plutôt inhabituel. Edward ne put s'empêcher de le fixer avec suspicion à ce constat. Quand une tâche avait lieu, il affichait habituellement une très bonne humeur, surtout que Harry était premier (même s'il partageait sa place avec Envy), donc il avait encore plus de raisons de se réjouir. Ses paris avaient dû être révélés au grand jour. À moins que ce soit autre chose.
Tous les sens en alerte, Edward scrutait la salle d'un regard circulaire. Rogue, Dumbledore et lui étaient les seules personnes présentes à savoir que toutes les boissons et tous les plats proposés contenaient une anti-potion de leur invention. Aucune personne présente dans le château ne pourrait éviter d'en ingurgiter. Même les Aurors, qui s'étaient nourris plus tôt, en avaient tous ingurgité à leur insu, surveillés par Rogue qui avait veillé à ce que personne n'échappe au contrôle. Si Croupton était présent, même s'il savait qu'ils recourraient à un tel subterfuge, il ne pourrait pas déceler la moindre odeur ni le moindre goût suspect. Ils avaient bien travaillé.
Il suffisait d'attendre désormais. Edward trépignait d'impatience et de nervosité à l'idée que quelque chose échappe à leur contrôle ce soir. Tant de vies étaient en jeu avec cette dernière tâche... Et plus encore, deux vies auxquelles il tenait énormément.
En fin de festin, le ciel bleu qui s'étendait autrefois sous la voûte du plafond magique s'était empourpré à l'arrivée du crépuscule. Le moment était venu. Dumbledore se leva et la Grande Salle plongea aussitôt dans le silence le plus complet.
– Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, dans cinq minutes, je vous demanderai de vous rendre au terrain de Quidditch pour assister à la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Les champions sont priés de suivre Mr Verpey qui les accompagnera sur place escorté par une équipe d'Aurors.
Harry et Envy se levèrent, les Gryffondors applaudirent le premier pendant que les Serpentards encourageaient le second. Les professeurs, Serdaigles, Poufsouffles et élèves de Durmstrang et Beauxbâtons applaudirent solennellement. Ces félicitations avaient un arrière-goût d'adieux. Edward n'aimait pas ça, mais il ne dit rien et s'ajouta à la famille Weasley pour souhaiter bonne chance à ses deux amis. Avant qu'Envy puisse se diriger vers les grandes portes, Edward le retint par le bras.
– Garde l'œil ouvert. Surveille bien Harry, on ne sait toujours pas si nos mesures de sécurité ont fonctionné. Et surtout... Fais attention à toi.
Envy hocha lentement la tête sans le lâcher des yeux pendant un long moment.
Harry les ramena à la réalité en se raclant bruyamment la gorge.
– On doit y aller, Envy.
Alors ils se séparèrent et Envy partit avec les champions, un goût amer dans la bouche.
