Playlist
« If I could fly » One direction
« Between the stars » Canyon City
« I found » Amber Run
« 26 » Paramore
« All in my head » Fifth Harmony
« Magic » Sia
Chapitre n°34
Point de vue de Matthéo
La nuit dernière fut la plus étrange car elle a été riche en émotion.
Plus le temps passe, plus on découvre des facettes chez l'autre. En l'occurence, nos corps respectifs marqués par les traces indélébiles de l'armée pour moi et les traces indélébiles de l'hôpital pour ma belle Aurore. L'idée que l'on ai pu lui faire du mal me retourne l'estomac. Son âme est merveilleuse et je ne cesserai de le lui dire. Jamais elle n'aura à endurer la moindre souffrance, je veillerai à ce que ce soit le cas.
Quant elle m'a regardé hier soir depuis la piscine, mon cœur s'est fendu en deux. Son regard triste suite à ma réponse froide. Sans doute qu'elle se demandait la raison de ma présence face à elle. Bien sûr que j'avais envie de profiter de la piscine. Seul problème, mes cicatrices qu'Aurore n'avait jamais vu. J'ai toujours fait en sorte de les dissimuler. Les chemises, les vestes, le croisement de mes bras quand mes manches sont retroussées. Le regard des autres et celui de ma famille me rend nerveux sur mes... traces indélébiles. Sur ma peau dure et froide comme la glace. Ma peau qui garde toutes les traces. Je vais devoir vivre avec jusqu'à la fin de ma vie d'éternel. Un comble. Autant de cicatrices ne devraient pas exister sur un seul corps et pourtant sur le mien oui. Elles existent. Pourtant, j'ai osé les lui montrer. Il le fallait. Au risque de la perdre à un moment donné et il en est hors de question.
Le regard de ma future fiancée a été doux. Elle n'a pas pris la fuite. Je me suis mis la pression à ce sujet. J'ai eu peur des remarques négatives, qu'elle prenne peur. Au contraire, elle a effleuré ma peau marquée avec une telle délicatesse que j'en ai eu des frissons. Son regard vert s'est ensuite reporté sur moi. Ses lèvres ont capturé les miennes et autant dire que ce fut une surprise. Une belle surprise. Elle m'a prise dans ses bras.
Je me souviens encore de sa peau contre la mienne, de ses doigts dans mes cheveux, de ses lèvres sur les miennes. Je veux m'en souvenir toute ma vie.
Quand elle s'est effondrée en larmes dans la salle de bain, je me suis senti impuissant face à sa douleur. La voir ainsi m'a fendu le cœur. Pourtant, c'est elle qui en a recollé les morceaux. Je n'aime pas la voir souffrir. Quand c'est moi, c'est une autre histoire mais pas elle.
En l'allongeant sur le lit, j'espérais qu'elle aille mieux. D'ailleurs, quand elle a attrapé le col de ma chemise pour m'embrasser, je n'ai jamais ressenti ça de ma vie. C'était unique. J'ai déjà eu des fantastiques baisers avec elle mais celui-ci fut réellement unique pour moi. Tout était comme un puzzle enfin complet. Il y a eu une connexion supplémentaire. Son odeur de menthe, ses doigts qui ont effleuré ma peau, ses lèvres sur les miennes et ma réponse à son baiser.
Ce séjour est bénéfique dans le sens où l'on a pu nous mettre à nu si j'ose dire en évoquant un sujet douloureux pour chacun. Je me suis rendu compte de ma chance d'être auprès d'elle. Il m'aura fallu attendre un siècle. Je suis heureux avec elle.
Elle a paru surprise, étonnée quand je lui ai dit à quel point attirer une femme avec mes cicatrices m'a longtemps angoissé. C'est quelque chose de personnel. Pourtant, ma belle Aurore a compris. Sa souffrance fait écho à la mienne.
Nous avons regardé dans la même direction la nuit dernière.
Sa main dans la mienne, désormais tout est possible.
Elle est ma chance.
Elle est encore paisiblement dans mes bras et pour mon plus grand plaisir, je jette des coups d'œil pour la regarder.
Nous sommes restés dans les bras l'un de l'autre la moitié de la nuit.
On a discuté.
On s'est embrassé pendant de longues minutes et le gout sucré de ses lèvres est incroyable.
Je ne m'en lasserai jamais.
Elle a effleuré ma peau.
J'ai effleuré ses joues.
Elle a enroulé ses bras autour de mon cou.
J'ai effleuré ses cheveux.
J'ai effleuré sa colonne vertébrale de mes doigts.
Je n'ai pas osé enlever ma chemise devant elle cette fois-ci.
« Étape par étape » m'a t-elle soufflé sans m'en vouloir une seconde alors qu'elle avait envie de continuer.
Alors je l'ai embrassé en retour, elle a passé ses doigts dans mes cheveux.
Des frissons.
Des doutes qui s'envolent le temps de quelques heures.
Jamais sans se lasser.
Je suis plus qu'heureux de l'avoir dans ma vie.
Vivre avec elle six mois à New-York fut une si belle expérience.
J'ai pu l'observer travailler jusqu'au lever du jour quand elle était encore sur ses projets et moi le nez dans mes livres de médecine. Un regard vers elle et je me disais que partir un peu en vacances tous les deux serait une bonne idée. Elle n'a pas compté ses heures. Elle s'est occupée de Céleste, Bella et je l'ai aidé comme j'ai pu aussi. Valait mieux que je travaille à l'hôpital près de l'appartement qu'à la maison loin d'elle. Être loin de ma belle Aurore me faisait déjà mal au cœur. Il fallait que je sois avec elle. Cette expérience me confirme définitivement qu'une partie de mon cœur lui appartient.
Le soleil est déjà sur le point de se coucher dans une heure.
Nous avons profité de la journée pour ne rien faire du tout.
Elle est retournée profiter de l'eau de la piscine. Je n'ai pas plongé le nez dans mes livres de médecine mais dans un mémoire que je dois écrire. Je connais par cœur le sujet. Grâce au savoir de Carlisle, mon travail avance. Seulement, je respecte les échéances données par l'hôpital et je surveille le rythme de production des autres. Pour ne pas éveiller de soupçon car à coup sûr, on va m'accuser de consommer des drogues alors que non. Mon mémoire avance bien plus vite que ceux qui y songent. Je n'y prête pas attention. Beaucoup de personnes jugent alors.
Mes documents sont un peu éparpillés.
Je n'ai pas pu me retenir d'emporter mes affaires pour travailler. Heureusement qu'Aurore ne l'a pas mal pris. Travailler en étant en vacances avec elle n'est pas forcément très raisonnable. Mon mémoire a légèrement pris du retard mais il me suffit d'écrire une partie de la nuit et ce sera rattrapé.
Si Aurore arrive mouillée, l'encre bavera partout. Je ne peux m'empêcher de la regarder de temps en temps. Elle est tellement belle et je ne parle pas que de son physique, elle a une âme merveilleuse. La voir heureuse me rend aussi heureux. Elle relève la tête de l'eau, son regard vert croise le mien. Elle me fait signe de venir.
Je range mes documents dans le carnet avant de me lever du transat sur lequel j'écrivais. Je suis encore de l'ancienne école à utiliser des carnets contrairement aux ordinateurs et aux tablettes utilisés par les autres. Eux préfèrent incontestablement la technologie. Moi non, rien ne remplace le papier à mes yeux mais mon âge explique en grande partie ce raisonnement que peu de personnes comprennent.
Elle me regarde un peu surprise, un mince sourire aux lèvres se dessine.
« J'ai le droit à un strip tease ? ».
« Non, on va s'arrêter là ma belle ».
« Oh dommage ».
Hors de question d'aller dans l'eau.
Même si ma peau semblable à la glace parait insensible, elle l'est. Déjà par l'eau chaude de la douche que je viens de prendre mais aussi par les doux contacts d'Aurore. Mon regard se pose sur elle. Elle semble apaisée ici. Être ici est une idée géniale car depuis New-York, nous n'avons pas eu le temps de souffler tous les deux.
Elle sort de l'eau et s'enroule dans un peignoir.
Un sourire se dessine sur mes lèvres de façon immédiate.
Elle éponge ses cheveux à l'aide d'une autre serviette.
« Tu es inspiré ? ».
« Mon sujet est inspirant et il avance. Tu es nettement plus inspirante que mon mémoire je te rassure tout de suite ».
« Heureuse de le savoir. J'aurais le droit de le lire ? » sourit-elle en passant ses bras mouillés autour de mon cou.
« Tu as envie de le lire ? ».
« Pourquoi pas, tu as bien lu le mien pour me donner ton avis ».
Un nouveau point pour elle.
Son travail était plaisant à lire. Sachant que je ne suis pas spécialiste de mode comme ma sœur à qui je pense aussi. J'ai aimé sortir de ma zone de confort en lisant son travail. Je lui ai donné mon avis, émis des suggestions.
« Si le sujets des valves cardiaques t'intéresse ».
« Autant que la mode mon cher ».
« Alors c'est d'accord ».
« Merci, j'ai hâte de le lire même si je n'y comprendrais pas grand chose ».
« Je t'expliquerais ».
« Vraiment ? ».
Son sourire en dit long.
Je ne peux m'empêcher de déposer un baiser sur ses lèvres.
Ses bras dérivent vers ma taille qu'elle enlace.
À nouveau, ses doigts effleurent ma peau.
Ses doigts passent sous ma chemise ouverte sans aucune gêne de ma part alors je profite de ce moment d'accalmie. Je me surprends moi-même à ne pas fermer les boutons de ma chemise. Je laisse mes cicatrices à la vue de ma belle compagne. Son regard est doux, bienveillant alors je me laisse aller aussi. Nous sommes tous les deux dans un paysage lunaire unique. L'Islande est la destination parfaite. Isolée. Rester à l'intérieur tous les deux, elle à profiter de la piscine qui donne sur un paysage lunaire et moi à travailler un peu de mon côté sans la déranger.
La laisser faire. Ne pas la brusquer à ce sujet car elle tient compte de mon autorisation. Je la laisse faire son exploration. Jamais je n'ai laissé une femme me toucher comme ça, même si c'est bref. Elle adore effleurer mes cheveux, ça ne me pose aucun problème. Elle aime effleurer la peau de mes bras, mes épaules et son toucher est délicat. Je ne veux pas l'interrompre. Elle me connait maintenant sur le bout des doigts. Me confier à elle fut la meilleure décision du monde. Jamais je n'aurais pensé éprouver du plaisir sans songer une minute aux morsures douloureusement insupportables de ma créatrice.
Je me surprends à fermer les yeux pour apprécier le toucher de ma peau.
Ça parait improbable.
Quand je connais des vampires qui se laissent à l'exploration de leur nouveaux sens. Le plaisir prend le dessus. Je suis encore de la vieille époque. Sans regret, j'ai l'éternité pour ça. Aurore préfère prendre le temps qu'il faut. Passer le plus de temps possible avec elle me rend heureux. Je profite de ces moments. Elle est unique pour moi.
Elle cesse ses petites explorations.
J'ai envie que cet instant continue pour l'éternité. Être ici avec elle fut la meilleure idée.
« Je songeais à quelque chose. Aimerais-tu observer les aurores boréales ce soir ? La météo est favorable ».
« Vraiment ? Enfin ! Depuis le temps que j'en rêve ».
« Bien sûr, c'est une promesse ma belle. On peut en voir à cette période de l'année ».
« Tant que je peux les observer avec toi ».
Je remets une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille. Je me mets à songer à ma future demande, celle où je vais lui demander si elle est d'accord pour porter mon nom de famille: Whitlock Cullen. Mais ce sera pour plus tard, il faut se préparer pour voir ces beautés de la Nature.
« Avant d'aller observer ces belles lumières, j'ai envie d'inaugurer la cuisine ».
« Tu souhaites cuisiner ? Pour moi ? ».
« Qui d'autres ? Nous somme deux. Je n'ai pas tes talents mais tu ne connais pas encore les miens en cuisine ».
« C'est un défi ? ».
« Du tout ».
« Ne ris pas. Je suppose qu'il faut que je m'habille ».
« Tu peux rester en peignoir ».
« Vraiment ? En tête à tête ? ».
« Tu es belle en toute circonstances ».
Si ses joues pouvaient rougir aussi fort que les humains, ce serait le cas. Je perçois tout de même une légère nuance sur sa peau. Elle rougit.
« Flatteur ».
« Vérité ».
Je lie mes doigts aux siens. Sa peau contre la mienne. Son odeur de menthe.
J'embrasse la paume de sa main.
Cuisiner pour elle est un honneur.
Je m'éloigne à contrecœur d'elle mais avec l'idée d'un menu en tête à tête pour ce soir.
Dans la chambre, je fouille les placards à la recherche d'une chemise convenable pour ce soir. J'en trouve une susceptible de faire l'affaire. Une chemise blanche en dentelle devrait convenir avec un pantalon noir classique et mes chaussures habituelles. D'autant plus que je ne la porte pas souvent. Je sais que mes camarades internes seraient intrigués. Pour être honnête, elle a comme une valeur sentimentale pour moi car elle appartenait à ma mère. Un des seuls souvenirs d'elle. Elle ne fait absolument pas féminine pour autant et c'est ce qui m'a plu. En portant cette chemise que j'ai arrangé par ma sœur Alice, elle est ajustée à ma taille. J'ai l'impression d'avoir la présence de ma mère avec moi, comme si elle était « là » de part la chemise. Un peu étrange comme idée mais elle me convient.
Je sors de la chambre un peu nerveux mais heureux de cuisiner pour Aurore. J'espère que le menu va lui plaire. De plus, les amis de Carlisle m'ont conseillé un vin parfait pour ce soir. Ils ont la chance d'avoir une cave bien garnie et leur suggestion m'a été précieuse car mes connaissances en vins ne sont pas aussi grandes qu'eux. Pourtant, étant humain j'ai travaillé dans une cave à vin et je me suis senti un peu perdu parmi toute la collection de bouteilles.
Celle que j'ai choisi devrait faire le bonheur de nos papilles.
En cuisine, je prépare tout. La nourriture est sur le plan de travail. La poêle est en train de chauffer.
Il est temps de commencer.
Je me sens comme il y a quelques années en arrière où cuisiner avec ma famille aux périodes de fin d'année devenait un rituel. Jasper s'occupait du vin avec Carlisle. Emmett se mettait toujours en chasse pour le repas du soir et Rosalie levait les yeux au ciel face à la détermination de mon frère. Ces souvenirs-là sont précieux pour moi. Pas de mauvaise période, pas de conflits quelconques. Carlisle est rentré tard de sa nuit de garde, c'est fréquent qu'à cette période il soit difficile d'obtenir une soirée en famille mais il a réussi. Être un vampire facilite certaines choses dont la possibilité de travailler des heures successives et on se demandait bien comment Carlisle allait tenir le rythme. Il est un vampire. Les vampires ne ressentent pas la fatigue de la même manière que les humains puisque chez nous ça n'existe pas vraiment.
À part cuisiner pour ma famille une fois par an pour que les appareils électroménagers fonctionnent, on ne cuisine jamais. Alice apprécie de garder des habitudes humaines de ce type. Alors avec Carlisle, on a eu l'idée de faire la cuisine une fois par an, au moment des fêtes de fin d'année. Quand Edward a invité Bella, on s'est tous dit que c'est une raison supplémentaire d'utiliser la cuisine. Au moment de poursuivre mon internat six mois à New-York, j'ai pris plaisir à utiliser la cuisine minuscule de ma belle Aurore. Ce fut une expérience géniale.
Je me sens bien dans cette cuisine.
Je procède aux premières étapes.
Tout cuit.
Les odeurs de tomates flottent dans la cuisine.
Quand je vois Aurore descendre des escaliers autant dire que je retiens ma respiration.
Jamais je n'ai vu quelqu'un dégager autant de charme, d'aura dans une pièce.
Ses cheveux blonds virevoltent légèrement dans l'air. Son visage doux. Ses lèvres rouges que j'ai très envie de capturer contre les miennes. Son peignoir.
Son peignoir ?
Aussi étrange que cela puisse paraitre, j'ai l'impression de revivre ce moment où je l'ai vu ce fameux soir à Venise. Dans la foule, son regard vert a croisé le mien par le plus grand des hasards. Elle a cherché à nous retrouver sachant que je n'étais pas tout seul, Jasper et Alice étaient avec moi. Ne pas se retourner fut une torture. Mais je l'ai regardée juste une fois et elle était déjà si belle.
Je suis heureux que nos chemins se soient croisés.
Elle arrive jusqu'à moi, aussi belle qu'au premier jour où mes yeux se sont posés sur elle.
« Bonsoir, le tissu éponge te va à merveille » riais-je.
L'image d'un vampire qui cuisine doit être comique de son côté et elle est belle même en peignoir. Aurore a de l'humour. Je ne peux m'empêcher de rire de mon côté. Un sourire aux lèvres. Cela fait longtemps, avant sa rencontre que je ne me suis pas senti aussi léger de cette manière. Ici, c'est différent car nous sommes en dehors de la maison et nous sommes seuls en Islande. Personne aux alentours. On peut être tranquille et explorer les environs sans croiser d'humains et encore moins de vampires dans le secteur.
« Bonsoir » souffle t-elle. « Je soupçonne ma sœur d'avoir changé les vêtements dans ma valise ».
« Tu es resplendissante ».
Et c'est le cas de le dire.
J'ai l'impression que ma respiration s'est coupée tout le long.
Son élégance naturelle.
Elle effleure ses cheveux ondulés naturellement pour les remettre en place.
Je me surprends à ne plus rien dire.
Son peignoir n'y change rien. Dans l'atmosphère du lieu, illuminé par trois bougies allumées, elle rayonne quand même. Elle a ce quelque chose en plus parmi toutes les autres qui fait battre mon cœur et croyez-moi ce n'est pas une métaphore en l'air. Je crois que mes sentiments sont de plus en plus ancrés. Je le sais pertinemment mais ça se confirme de plus en plus aussi et je le ressens. Mon cœur est plus léger. Je me pose moins de questions. Je suis moins sur mes gardes. Pour une fois, je laisse mes études de médecine dormir un peu le temps de ce séjour et ça me fait du bien.
« Merci et si tu te poses la question, non je ne suis pas nue sous le peignoir » rit-elle.
« Oh, une vision dont je n'aurais pas connaissance ? ».
« Pour une fois non ».
C'est ce que je pensais.
Une belle soirée en perspective.
Elle me regarde avec bienveillance.
Son rire résonne dans la pièce. Je crois que c'est le rire que je préfère entendre.
« Que tu sois nue ou non ça ne change rien ma belle ».
« Dommage ? » rit-elle.
« Tu es belle dans n'importe quelle tenue ».
Mes doigts effleurent sa joue. Sa peau douce. Son odeur de menthe. Elle est merveilleuse à mes yeux.
« Merci » dit-elle en fermant les yeux une seconde. « Je ne connaissais pas cette chemise élégante, elle est très belle ».
« Je la porte rarement, que pour des occasions spéciales ».
Son sourire en dit long.
Ses yeux aussi. Ils semblent briller d'une certaine manière. Je suis heureux de la voir aussi bien.
Je ne peux pas rêver comme les humains, mon don ne me sert qu'à les modifier mais le rêve éveillé que je vis avec Aurore est unique. Il est l'un de ceux que je veux garder avec elle toute mon éternité.
À cet instant, je veux graver cette image.
J'ai envie de l'embrasser.
Cela serait contraire aux manières de mon époque avant de l'épouser mais j'en meurs d'envie. Pour ça, il fallait être mariés. Je rêve de lui offrir la bague tant convoitée qui d'ailleurs, attend patiemment dans ma poche. Je suis un peu nerveux mais impatient de connaitre sa réponse. Je sais que nous avons des siècles à vivre ensemble et qu'un engagement comme celui-ci n'est qu'une formalité mais à mes yeux non. L'engagement entre deux personnes représentent bien plus qu'une formalité, je lui donne une partie de moi à travers ce bijoux.
« Je suis spéciale à tes yeux ».
Aurore attrape ma main et l'effleure de ses lèvres. Sa peau contre la mienne.
Je surveille mon plat histoire que cela ne se termine pas mal. Cette recette est issue de ce que j'ai appris. Ma mère m'a appris quelques recettes avant de partir définitivement alors il a fallu apprendre avec Jasper. Lui maitrise mieux les recettes dans la théorie mais la pratique c'est moi.
Cuisiner pour quelqu'un d'autre que ma famille est spécial pour moi.
Aurore est spéciale.
Nous sommes des vampires certes. J'ai eu envie d'innover un peu. Emmett serait en train de me rire au nez sans gêne.
Et pour être honnête, cuisiner me vide l'esprit. Je me concentre sur autre chose. Je surveille les cuissons, je surveille le temps. Tout est précis. Je me sens bien. Peut-être qu'après l'armée, j'aurai pu envisager de me reconvertir dans ce domaine.
« Disons que là où j'étais, c'était différent. Nous n'avions pas l'autorisation d'aller dans les cuisines de l'hôpital » reprend t-elle.
Je perçois de la peine dans sa voix quand elle évoque ses tristes souvenirs qui restent encore dans sa mémoire. Je peux comprendre. Rare sont les fois où elle l'évoque mais j'en suis heureux quand même, elle me fait part de certaines peines. Elle m'a déjà entendu parler de mes années passées à l'armée.
Plus on passe de temps tous les deux, plus on se découvre et plus je me sens bien.
« C'est de l'histoire ancienne » dis-je en effleurant sa joue.
« Heureusement. Mais tu sais, sans cette immortalité je ne t'aurais jamais rencontré de ma vie » dit-elle en se mettant dans mes bras, comme si sa place était prête.
« Ou alors dans des circonstances différentes, ne jamais dire jamais. » dis-je en la serrant un peu plus fort dans mes bras.
« Tu crois ? Je ne pouvais pas sortir à moins de faire le mur, je t'aurais vu en ville discrètement. Toi assis à une table avec tes camarades. S'observer en silence. On n'est pas dans Cendrillon ».
« Concrètement oui. Avec un peu de chance, nous aurions échangé des lettres. On aurait inventé un code pour se comprendre. L'échange aurait duré un moment avant que je ne quitte l'armée. Nous aurions monté un plan pour te sortir de là ».
« Digne d'un film » rit-elle. « Au moins, le destin aura fait son job. Je suis avec toi. Je suis si bien avec toi ».
« Moi aussi je suis bien ma belle. Je n'ai pas envie de changer de place. Pour rien au monde » pensais-je très fort sans qu'elle ne puisse lire dans mes pensées.
Son regard adorable.
Je ne peux qu'exprimer un sourire.
Elle sourit.
Son visage s'illumine à nouveau.
Encore une fois, mes sentiments dansent.
Elle est vraiment unique.
J'ai toujours rêvé de ça. Vivre une vie classique avec une personne qui me rende heureux. Et le fait que ce soit Aurore est un honneur.
Au fur et à mesure que mes trois pauvres bougies dansent dans la pénombre, je prends deux fourchettes dans le tiroir et deux assiettes. Aurore prend la sienne et sert nos deux assiettes. La fumée qui s'en échappent est assez agréable. Manger de la vraie nourriture n'est pas une première et j'ai eu envie d'innover un peu.
« Tu m'aides ? À enlever mon peignoir ».
« Oui » dis-je en prenant le peignoir avant de le jeter contre un fauteuil.
« Je n'allais pas le garder toute la soirée ».
Sous le peignoir se trouve une belle jeune femme vampire vêtue d'une robe argentée aux manches longues dont les extrémités sont des volants resserrés aux poignets. Ses cheveux bouclés pour la soirée sont en parfaits accord. Elle est encore plus belle à chaque seconde. Son dos est quasiment tout en dentelle fine. Elle me regarde de ses yeux verts. Je me sens comme captivé par son aura. Je laisse ma fourchette de côté et me concentre uniquement sur l'instant présent. Cela semble naturel pour elle mais pour moi, c'est une nouveauté. Je ne vais pas m'étaler mais quand je lui ai confié qu'attirer des femmes n'était pas facile pour moi, c'est bien la vérité. Mes livres m'ont tenu compagnie très longtemps. Ce n'est pas un regret. Mais quand je suis en présence d'Aurore, il est évident que je l'ai attendue tout ce temps.
Je me perds un peu dans son regard.
Mon visage d'approche un peu plus du sien. Un baiser sur son front.
Par contre, je n'avais pas prévu ça. Qu'un bruit inattendu m'interrompe de mon nuage.
« Ne me dis pas que » soufflais-je.
« Si » rit-elle.
« Oh non » soupirais-je.
« Ce n'est pas grave, on va allumer d'autres bougies ».
D'autres bougies ?
S'il y en a d'autres je n'ai aucune d'idée où elles sont rangées car je n'en ai trouvé que trois histoire de donner un contexte intime à la pièce.
Des bougies.
La panne d'électricité n'était pas prévue.
À la recherche des bougies.
Je vais regarder le compteur électrique pour être sûr. Ça a disjoncté pour une raison inconnue, ça va revenir. Je suis plutôt soulagé car je n'ai pas envie de faire des travaux d'électricité dans cette maison. Une simple surconsommation sans doute due à l'utilisation de plusieurs appareils électriques en même temps. Possible.
« Rien à signaler au compteur électrique ».
De retour dans la cuisine, des petites flammes scintillent et dansent ensemble. Les mouvements sont apaisants. Elle a trouvé des chauffe plats. Elles dégagent une faible source de chaleur. Aurore termine d'en allumer une avant de lever la tête vers moi. Il y en a au moins une vingtaine.
« J'ai trouvé quelques bougies » dit-elle satisfaite.
« Quelques unes » dis-je en riant.
Cela forme comme une constellation géante.
Aurore s'approche de moi, un sourire aux lèvres et enroule ses bras autour de mon cou.
« Je... ».
Ses lèvres captures les miennes comme ça, de manière spontanée. Rien que nous deux dans une maison privée d'électricité au milieu de l'Islande. Autrement dit, je ne vais certainement pas me plaindre.
Aurore enroule ses bras autour de mon cou de manière si délicate. Elle ressert un peu son étreinte. Ses lèvres se complètent aux miennes comme si c'était la suite logique des choses. Embrasser une femme comme Aurore n'a jamais été aussi explosif au niveau des sentiments. Avec elle, c'est le cas. Je veux passer le reste de mon éternité avec elle. C'est évident. Après tout, je me sens prêts et totalement apaisé en cet instant, plus que je ne l'ai été en un siècle d'existence. Je ressers légèrement mes mains autour de sa taille. Ses doigts effleurent mon cou et je sens déjà des frissons, pas que pour mes marques mais elle a le don d'être douce puis elle effleure mes cheveux. Son toucher est délicat. Je sais qu'elle fait attention.
Notre doux et bel échange prend fin. Un peu avec nostalgie mais les aurores boréales sont de sorties et il est temps d'aller les admirer.
J'ai une demande à faire.
J'espère de tout mon cœur que sa réponse sera positive. J'ai envie qu'elle le soit. Elle est désormais toute ma vie. Je ne me vois pas avec quelqu'un d'autre.
Je l'entraîne par la main vers l'extérieur. Par chance, nous n'avons pas à nous aventurer trop loin de la maison. Heureusement le ciel est dégagé et des bribes lumineuses apparaissent dans le ciel nocturne. Le spectacle en vaut la peine, c'est tout simplement magnifique.
Ce n'est pas une impression mais mon cœur bat bien plus vite que la normale.
Aurore me regarde un peu surprise mais les lumières des aurores la captivent déjà. Et c'est bien normal, ce phénomène unique en son genre est incroyable. Dire que ce sont des rayons solaires. J'ai eu l'occasion d'en observer dans ma vie mais avec Aurore, ça prend une autre dimension. J'ai l'impression d'être un enfant à un matin de Noël face aux aurores boréales. Des lumières vertes prennent de plus en plus d'ampleur dans le ciel. Le ciel s'illumine, on dirait une guirlande lumineuse qui s'étire de tout son long pour apporter une atmosphère totalement différente. Des nuances de verts apparaissent de plus en plus et je suis subjugué par la couleur incroyable que le soleil est capable de faire. Pas autant que ma belle Aurore en tout cas. Ses yeux s'illuminent. Être ici est une vraie chance. D'autant que ma moitié est à mes côtés pour vivre ce moment.
« Je n'en reviens pas, c'est si différent des livres » dit-elle captivée.
Main dans la main avec elle.
« Oui » dis-je sans rien savoir quoi ajouter d'autre.
Le spectacle dure depuis quelques minutes et j'ai l'impression de ne pas pouvoir quitter le ciel des yeux. Je suis hypnotisé.
« Les particules solaires entrent en contact avec la Terre. Son champs magnétique fait que les particules en question nous offrent ces sublimes couleurs » expliquais-je.
« C'est fascinant, jamais je n'aurais pensé en voir dans ma vie » souffle t-elle.
« Est-ce que c'est l'origine de ton prénom ? ».
« De ? Les aurores ? ».
« Oui, les aurores. Je me suis toujours posé la question ».
« Oh, aucune idée. C'est mentionné nulle part ».
Je suis un peu étonné et triste de cette réponse.
La seule chose qu'elle ait gardé de sa vie humaine, c'est son dossier médical. Il est rangé dans le bureau de Carlisle avec les nôtres car elle fait partie de la famille et elle lui fait assez confiance pour le conserver en sécurité. Nos dossiers sont renouvelés de nouveaux documents mêlés aux plus anciens datant de quasiment un siècle ou plus concernant mon père. Je n'ai pas conservé grand chose non plus, mes livres d'histoire. Le reste a été détruit ou perdu. Il vaut mieux parfois effacer certains éléments ou souvenirs pour démarrer une nouvelle vie. Même si le fait d'avoir eu une éternité servie sur un plateau dans des souffrances encore douloureuses n'est pas l'idéal. Je ne vais pas remercier ma créatrice non plus car j'ai des marques indélébiles sur le corps mais cette éternité m'a permis de rencontrer la belle vampire à mes côtés qui fait aussi battre mon cœur à nouveau. Quand je dis qu'Aurore est incroyable.
Je pense qu'il est temps de me lancer.
La petite boîte au fond de ma poche.
Mon cœur se met à battre un peu plus fort. Un comble pour un vampire. Mais je me sens prêt.
Les lumières dans le ciel s'estompent un peu plus alors je crois que le moment est venu.
« Hum... ».
Première étape pour capter sa curiosité.
Pas le meilleur moyen je suis d'accord.
C'est ma première demande de fiançailles.
Ma première demande d'engagement aussi importante à mes yeux.
« Aurore » dis-je de nouveau.
Son regard croise le mien.
Un sourire se dessine sur ses lèvres. Elle semble un peu nerveuse aussi.
Elle s'est retournée en ayant ce sourire aux lèvres qui signifie tout à mes yeux.
« Je t'aime ».
« Moi aussi ».
« Mon amour.
Te poser la question est évidente. Sur le papier mais te la poser directement est particulière. Longtemps, j'ai songé que ce n'était pas possible et au final, si. Avec toi oui. Passer le reste de mon éternité avec toi est évident. Venir à New-York fut la meilleure décision. Je n'ai pas été présent autant que je l'aurais voulu. Après mes études, ça sera différent. Te voir heureuse me rend heureux aussi. Je ne me vois pas passer le reste de mon éternité sans toi Aurore. Je suis amoureux de toi depuis le premier jour. Mon cœur se met à battre. C'est une image un peu étrange mais bien réelle. J'ai longtemps songé à ce que je serais devenu dans la vie sans toi et je n'ai pas la réponse. Être ici, sous les aurores boréales est l'occasion parfaite pour te poser une question. La question qui me hante depuis quelques temps et que je meurs d'envie de te poser ».
Ses yeux semblent comprendre le sens de mon discours.
D'un coup, ses lèvres se plaquent contre les miennes sans que je ne me rende compte de quoique ce soit. Elle a compris. Elle passe ses bras autour de mon cou. Intensifie ce doux contact encore une seconde et colle son front contre le mien.
« Veux-tu te fiancer avec moi ? » murmurais-je finalement.
Son regard croise le mien. Elle met un doigt sur ma bouche.
Un mince sourire se dessine sur son visage.
Je n'arrive pas à savoir pourquoi dans sa tête, elle récite autre chose dans un débit si rapide et dans une autre langue.
Bien joué.
Je suis encore plus nerveux qu'il y a quelques secondes car elle me prend vraiment par surprise. Elle réussi à me surprendre avec une facilité déconcertante. Jamais je n'ai ressenti une telle émotion. Le vampire centenaire que je suis est déstabilisé.
Je me trouve en Islande avec des aurores boréales au-dessus de la tête dont j'ai oublié la couleur et c'est non seulement le plus atypique mais aussi le plus merveilleux ressenti de mon siècle d'existence.
J'aperçois une petite boite entre ses doigts fins.
Autant dire que je suis complètement déstabilisé.
Comment a-t-elle eu la même idée que moi sans avoir d'indices chacun de notre côté ?
Personne de la famille ne m'en a parlé non plus. Je découvre une nouvelle surprise ce soir.
Quand je dis que cette femme est incroyable.
Quand je dis que je suis amoureux de cette femme.
Je me retiens de ne pas l'interrompre pour l'embrasser. Je me rappelle de son merveilleux baiser la nuit dernière dans la chambre, de celui d'il y a quelques secondes et de tous les autres que nous avons échangés. Ces douces images me donnent des frissons.
« À condition que tu acceptes ma demande Matthéo Cullen » souffle t-elle.
Aurore me tend une petite boite.
Nous avons eu la même idée.
Je ne réalise absolument pas.
Alors, je prends la boîte, l'ouvre et découvre un anneau doré qui brille devant mes yeux. La bague est tricolore. Grise, jaune et or rose. Cette alliance est très belle.
Je ne sais que répondre tellement je suis surpris dans le bon sens du terme.
Aurore s'approche pour me mettre la bague au doigt.
« Comme toi, je prépare ma demande depuis un bout de temps » sourit-elle. « Moi non plus, je n'imagine pas mon éternité sans toi. Jamais. Alors veux-tu toi aussi devenir mon fiancé ? ».
« Oui Aurore Brandon Cullen, je serais le vampire le plus chanceux de devenir ton fiancé ».
« J'espère que c'est ta taille. J'ai hésité. La boutique peut la faire ajuster. Les conseils de Jasper ont été bons ».
« Tu... La taille est parfaite » dis-je en bégayant un peu. « La réponse est oui, évidemment que oui ».
Je regarde l'anneau tricolore à mon doigt.
De mon côté, j'ai opté pour un solitaire orné de diamants et le modèle s'appelle « destinée ». Un nom parfait pour la bague parfaite pour ma fiancée parfaite.
« Dans ce cas, c'est un oui Matthéo Whitlock Cullen ».
Hey !
Une demande mutuelle (de plus sous les aurores boréales est quelque chose qui me fait rêver haha) me semblait une bonne idée, intéressante car je pensais n'en faire qu'une. Je me suis dis que Matt en avait secrètement envie et que c'était l'occasion parfaite pour eux deux finalement. L'écrire m'a procuré une joie.
J'ai réécris plusieurs fois une partie du chapitre pour retranscrire que je voulais. J'ai relu des anciens commentaires (merci les captures d'écrans car ça me fait tellement plaisir de les relire) sur une autre plateforme où j'ai supprimé mon compte, dont un me disait que ma fiction en question se lisait comme un scénario et sincèrement c'est non seulement le meilleur compliment pour moi et aussi parce qu'au fond c'est l'objectif. Et c'est énorme de lire ça, je suis juste trop contente. Je suis curieuse de savoir si vous ressentiez la même chose en lisant cette fiction-ci. C'est vrai ?
Ce message dure trois mille ans mais sachez que je suis très contente que cette fiction-là soit ajoutée dans vos listes de lectures. C'est juste énorme. MERCI cent cinquante fois pour ça. J'espère qu'elle vous plaira du premier chapitre au dernier. Bonne lecture !
Bref, merci !
