Playlist

« 3am » Halsey

« Our song » Anne-Marie et Niall Horan

« Look up to the stars » Shawn Mendes

« Un monde nouveau » Feu! Chatterton

« Still » Niall Horan

« Je suis fan » Alice et moi

Chapitre n°35

Point de vue de Matthéo

« Madame Whitlock Cullen » dit-je ému.

« Ça sonne bien ».

Aurore me regarde avec des étoiles dans les yeux.

Il faut que mon téléphone sonne dans ma poche pile à cet instant pour tout interrompre. Pour l'instant, je ne l'écoute pas tellement mes battements de cœurs sont forts dans ma poitrine. Un peu gêné de cette nouvelle interruption, je m'excuse.

En décrochant, je découvre le visage de mon frère Emmett, Jasper est à ses côtés le sourire aux lèvres. Je pense qu'ils savent au sujet de ma demande. Ma sœur Alice apparait au-dessus de l'épaule de Jasper en murmurant un « désolée » tout en haussant les épaules. Je sais parfaitement qu'elle ne l'est pas vraiment, elle l'avait prédit. Je suis heureux qu'elle soit si enthousiaste. On lui reproche parfois de montrer sa joie de manière spontanée, trop parfois mais je comprends.

Pendant bien trop longtemps, elle a été privée de joie.

Pendant trop longtemps, on l'a privée de vivre sa vie d'enfant, sa vie d'adolescente alors elle rattrape le temps perdu maintenant.

Elle doit vivre les moments importants dans une vie.

Quand on a décidé de célébrer Noël, elle a monté son enthousiasme immédiatement en décorant toute la maison, en cuisinant avec moi. Alice est une sœur géniale. Je vais me montrer plus présent et lui dire plus souvent à quel point, c'est une chance de l'avoir dans la famille.

« Félicitations » crie Emmett de l'autre côté de l'écran.

« Merci à tous. Emmett, heureux de vous voir ».

« Alors, elle a dit oui ? ».

« Tu en pose une question Rose, évidemment qu'elle a dit oui. Qui résiste à mon frère ? ».

« Bien entendu que j'ai dit oui, regarde ma bague » dit fièrement Aurore.

« C'est réciproque, Aurore m'a fait la surprise d'une demande mutuelle ».

« Ouiiiiiiiii, elle est sublime » s'exclame Alice.

« Tu le savais ? ».

« Évidemment, tu as déjà oublié les visions de ta sœur préférée ? Mais j'ai bien gardé le secret ».

« Pour une fois » lance Rosalie ironique.

« C'est pour ça que tu as récité l'hymne américain dans toutes les langues pendant une semaine ? ».

« Emmett a encore des choses à apprendre » ironise ma sœur en levant les yeux au ciel.

« Coucou » murmure une petite voix, celle de Céleste.

« Céleste » s'exclame ma belle fiancée. « Tu es installée à la maison ? ».

« Normalement c'était une surprise » dit Emmett.

« Il se trouve que le clan de Peter souhaite que Céleste prenne son envol ici, après tout elle te réclame Aurore » intervient Jasper.

« Tu aimerais tellement cet endroit Céleste ».

« Prends des photos pour moi ».

« On fera un album photos en rentrant à la maison ».

« Je suis vraiment heureuse pour vous » intervient Esmée. « Carlisle est aussi fier que moi Matt. Tu as choisi la bonne personne ».

« Merci, ça compte beaucoup maman » dis-je ému par ses paroles.

J'observe le visage de ma mère de manière attendrissante. Mon cœur fond. Je tente de refouler quelques sanglots en enfonçant mes mains dans les poches et en me mordant la lèvre.

« On vous laisse. Profitez bien. Sache que nous sommes très fiers » ajoute ma mère.

« Vous êtes beaux » ajoute Rosalie.

Une fois raccroché, je sens l'émotion qui monte. C'est une émotion particulière car j'ai partagé une magnifique nouvelle avec ma famille. Un nouveau tournant dans ma vie et dans celle d'Aurore. Elle entre officiellement dans la famille Cullen.

« J'ai envie de me baigner dans une source d'eau chaude » souffle t-elle.

Sa proposition me surprend un peu. Je jette un œil autour de nous, j'analyse sa proposition en une seconde.

« Maintenant ? ».

« On a toute la nuit ».

« J'en connais une à côté de la maison ».

« On peut passer à la maison récupérer un peignoir ? ».

« Nous avons un manteau et il faudra courir vite, tu es prête à faire ça ? ».

« À courir nue ? ».

« Non » dis-je dans un début de fou rire. « Je ne pensais pas à ça. Un fantasme non exhaussé ma belle ? ».

« Ose me rire au nez encore une fois et... j'ai simplement envie de me baigner. Avec toi. En étant seuls dans une source chaude ».

« Je n'oserais pas ma belle. Je songe à celle de Landmannalaugar, si ça te convient ? » dis-je en effleurant sa joue.

« Je te suis ».

Nous courrons aussi vite que possible, le vent nous fouette le visage et je me sens libre.

Courir dans ces étendues, sans personne autre que nous dans les environs. Courir à ne plus se rendre compte que la vie est loin d'être rose.

Cela fait un siècle et demi que j'attends de me sentir aussi libre comme l'air, de ne plus concevoir ma vie comme un calendrier.

Une source d'eau chaude est ouverte toute l'année alors une fois nos vêtements sur le sol, j'entre dans l'eau chaude. Je suis un peu surpris par la température mais je dois reconnaitre que c'est nettement plus agréable d'être ici que dans une piscine classique. Aurore me suit, s'assoit et souffle, signe de sa satisfaction à être ici.

Perdue en pleine nature, cette source chaude est entourée par les montagnes plongées dans le noir. Nous sommes seuls au monde. C'est ce que je veux. Profiter. Me sentir bien et en harmonie avec le décor. Venir ici est la meilleure idée du monde. Il n'y a que les rayons lunaires qui nous éclairent. J'ai l'impression que le spot n'illumine que l'eau. La peau d'Aurore ne brille pas autant qu'au contact du soleil. Elle ne fait pas attention à mon regard posé sur elle. Sa peau de marbre. Sa peau qui brille un peu.

Je passe une nuit magique à ses côtés. Cette demande mutuelle est la plus atypique que j'ai vécu dans ma vie et la plus belle.

J'en ai même oublié les aurores boréales au-dessus de ma tête.

Dire que ce rêve là est bien réel.

Combien de fois je l'ai rêvé plus jeune, dans ma tente lors de la guerre de Sécession entre 1861 et 1865 ? Une guerre civile entre les États-Unis d'Amérique et les États confédérés. Ce n'est pas mentionné mais ce fut une boucherie. Durant ces quatre ans, je n'ai songé qu'à m'en sortir et partir le plus rapidement possible si je devais mourir. Il a fallu que je tombe sur une immortelle pour tout faire basculer. Un souvenir amer.

Je ne veux pas gâcher ce moment entre ma fiancée et moi si elle voit une crispation sur mon visage.

Aurore me regarde tendrement.

Sa bague au doigt.

Ma bague au doigt.

Nous sommes désormais sur la même longueur d'onde. Je ne peux que me montrer reconnaissant et heureux.

Je n'ai pas spécialement envie de rentrer car ce moment est unique.

Dans l'eau, je me sens comme dans un cocon que l'on n'a pas envie de quitter.

Elle s'avance dans l'eau jusqu'à moi, pose sa tête contre mon épaule. Elle ferme les yeux une seconde. Sa main se lie à la mienne de manière naturelle.

« L'eau a des multiples vertus ici, grâce à la roche, au sol mais avec toi, c'est bien plus beau ».

« Tu es plus intéressant si je peux me permettre ».

« Ma belle fiancée l'est autant que les aurores boréales au-dessus de nos têtes ».

« Elles sont revenues ».

De nouvelles aurores apparaissent au-dessus de nos têtes.

Le ciel est dégagé, les nuages ont rebroussé chemin pour laisser place à ces lumières uniques.

Tout est tellement beau. Je ne veux pas quitter cet endroit.

J'ai l'impression de me sentir si petit face à elles.

De mon passé de soldat, vivre une vie paisible me semblait impossible.

Une bien triste perspective. Mais réelle à ce moment-là de ma vie.

Croire à autre chose relevait d'une utopie.

Je ne rêvais que d'être en dehors du camp où nous étions avec Jasper. Rien que pour respirer ailleurs, marcher dans la rue sans une once de conflit, écouter la musique des résonner des états du Sud dans les bars le soir. Peter m'a proposé de venir dans un bar un soir. Notre seule escapade. Nous en avions bien profité même si ce fut court.

Aurore se place face à moi, me regarde de ses beaux yeux verts, colle son oreille contre ma poitrine. Je crois qu'elle essaye d'écouter les battements de mon cœur. Il ne bat pas aussi vite que les humains bien entendu, le son est si faible. Je ne sais pas pourquoi elle aime bien le faire de temps en temps. Je la laisse faire. Son contact me donne l'impression qu'elle s'inquiète et je ne veux pas qu'elle soit inquiète. Sa tête se redresse et ses douces lèvres effleurent ma joue. Ses mains se placent autour de ma taille, remontent petit à petit le long de mon corps jusqu'aux épaules. Le toucher est des plus agréables sur ma peau de marbre et je pourrais en profiter des heures. Sa peau contre la mienne. Ses lèvres sur ma peau. Mes bras autour d'elle.

« Tu as entendu ? ».

Aurore me regarde un peu surprise. Je n'ai pas fait attention à la présence de quelqu'un d'autre que nous. Quelqu'un susceptible de gâcher ce merveilleux moment. Je regrette de devoir interrompre ma fiancée dans ses explorations sur ma peau.

« Plonge ».

C'est ainsi que nous avons plongé dans l'eau. Des éclaboussures ont sans doute attiré le bruit en question. À ce que je sache, aucun humain n'est présent dans les alentours. Je ne comprend pas. Je ne réalise pas comment on en est arrivé là. Nous sommes des vampires et la discrétion est notre point fort numéro un. Impossible pour un humain de se rendre compte de notre rapidité. Et s'il y avait un autre vampire dans les parages ?

Je plaque ma main sur sa bouche. Je reste silencieux. Elle aussi. Je pense qu'elle panique de l'intérieur en se demandant quel humain est assez fou pour se promener aussi tard. Il est évident qu'il n'a pas conscience de la présence de vampires dans les environs. Je veux éviter tout conflit. Je reste dans la même position. Je peux lire sur le visage d'Aurore son inquiétude. Elle est désolée. Désolé que ça se passe ainsi mais je me dis que ce sera une anecdote de plus à raconter. Je sais qu'Emmett adore ce genre d'anecdote, celles qui tournent au drame dans une source chaude islandaise où deux amoureux se baignent. Je n'ai pas envie de la lui raconter tout de suite.

« Il n'y a personne, viens ».

« On va tomber ».

« Pas si tu cours vite, on a la source d'eau chaude à nous tout seul ».

« Toute la nuit ? ».

Deux humains aventureux et amateurs de sensations fortes. Je peux percevoir leur odeur. Quelle idée. Mon instinct de chasseur s'est endormi suite à au changement alimentaire des Cullen. Les odeurs humaines peuvent s'avérer alléchantes.

Il a fallut qu'ils viennent pas loin de nous. Je me surprends à serrer les poings et à mordre mes lèvres. Cette sensation de proximité avec eux me gêne. Rien que dans l'eau, je sens leurs odeurs, je devine leurs mouvements, leurs pensées aussi. J'ai envie de les effrayer, de les faire fuir loin d'ici dans une position inconfortable car ils n'auront pas le temps de se rhabiller en sortant de l'eau. Nous si.

Je tire Aurore par la main et on remonte ensemble à la surface. On prend le temps d'attraper nos affaires avant de courir aussi vite que le vent vers la maison.

Les humains sont surpris par un grand plouf et je crois que la fille a crié. Aurore et moi avons surgit hors de l'eau. Comme l'effet d'un geyser. Ils ont eu peur. Ma belle vampire n'a pas rit mais j'ai esquissé un mince sourire en voyant leur visage surpris et apeuré. Non, il n'y a pas de serpent dans l'eau. Pire que ça. Deux prédateurs vous surveillent. Nous sommes prêts à vous faire fuir le plus loin possible mais Aurore en a décidé autrement. Main dans la main avec Aurore qui est aussi inquiète, je retiens ma respiration pour ne pas me retourner et aller effrayer les humains venus gâcher notre moment pour leur faire une peur bleue supplémentaire. S'ils font une attaque, ce sera de ma faute.

Je peux sois prendre la situation comme désastreuse ou en rire. Je choisi la seconde option. Je me suis inquiété un peu trop vite. Je lui ai prise la main et nous courrons emmitouflés dans nos affaires enfilés rapidement dans la nuit. Son rire prend le dessus.

Je me sens comme libre en réalité.

Plus on cours, plus les odeurs des deux intrus ne flottent plus dans l'air.

Quand on arrive enfin devant la maison, le regard de ma fiancée se pose sur moi.

« Je suis sincèrement désolé... je ne voulais pas que ça se passe ainsi ».

« C'était drôle » dit-elle sincèrement.

« Drôle ? ».

« Atypique et tu es aussi beau trempé que bien habillé » dit-elle en me rapprochant de moi.

« Tu... ».

« Mon maquillage est waterproof si tu veux savoir. Tu te mets trop de pression, c'était amusant de voir leurs têtes effrayées, ils vont se rappeler de ce bain autant que nous. J'ai besoin d'une douche maintenant ».

Le plafond, le lit moelleux, l'odeur de menthe qui émane dans la pièce, mon calme. Tout est bien réel. Je ferme les yeux une seconde pour le réaliser. C'est réel. Je suis en Islande avec elle et nous avons tous les deux faits notre demande mutuelle pour se fiancer. Ce moment magique me fait sourire. J'admire ma bague au doigt. Elle brille et je suis sûre que mes yeux brillent aussi. Je regarde ma fiancée de l'autre côté de la pièce.

« J'ai envie que cette nuit ne se finisse jamais » murmure t-elle.

Le sourire d'Aurore est interrogatif sur le moment. Après les émotions vécues quelques heures plus tôt, j'ai envie de passer le reste de ma nuit dans ses bras.

« Moi non plus ma chère fiancée, future Madame Cullen ».

« Une nouvelle madame Cullen » précise t-elle.

« Une nouvelle oui et la dernière puisque je suis le dernier à m'engager ».

« Il était temps » rit-elle en s'installant à mes côtés.

Aurore me prend la main et embrasse doucement ma bague. Elle a fait un très bon choix.

« Attendre un siècle valait le coup ».

« Tu ne t'ai pas lassé d'attendre aussi longtemps ? ».

Attendre.

À l'époque, je n'avais pas l'éternité devant moi comme maintenant.

Devenir un vampire m'a au moins permis de rencontrer Aurore. Sans ça, jamais je n'aurais croisé sa route. Pas coincée dans un conflit civil en tout cas. M'enfuir avec Jasper ? Oui pourquoi pas. J'en aurais rêvé. Au moins, j'aurais pu rêver d'une évasion. Quand on a prit la fuite après la fin du conflit, nous avons pris un premier train pour aller le plus loin possible sans se poser de questions sur la destination.

Encore une fois, je touchais à un rêve inaccessible. L'éternité m'a offert une autre vie et je veux garder cette vision là. Elle m'a offerte une famille, un foyer, des études, une amoureuse. Tout ce dont ma vie humaine m'a privé. Il est clair que je fais une différence. Je ne peux pas me permettre de la regretter. Surtout depuis que je suis en Islande avec Aurore, la belle vampire allongée sur le lit en face de moi. Impossible. Comment puis-je croire qu'une femme comme Aurore, puisse s'intéresser à moi ? À l'époque, nous étions si différents. Avec des perspectives différentes aussi, je suis allé à l'armée tandis qu'elle dessinait des croix sur les murs.

Quand je la regarde, c'est un vampire incroyable, courageuse que je vois. Pas celle enfermée entre des murs blancs et moi dans un camp de soldats, j'étais voué à un destin funeste.

« Les livres étaient davantage dans ma vie que les femmes. Un peu étrange pour un homme de mon âge à l'époque. D'ailleurs, « m'amuser » comme mes camarades me l'ont tant de fois répété ne me correspondais pas et encore maintenant un siècle plus tard. J'envisageais déjà autre chose après l'armée. Sauf que j'ai été rattrapé par... ma créatrice. Tu connais la suite ».

« Les choses changent. Le passé est révolu » dit-elle en prenant ma main et en la collant contre sa joue.

« Crois-moi que sans toi, ça aurait été bien différent j'en suis certain. Te rencontrer est la plus belle chose qui me soit m'arrivé ».

« Je ne sais pas, je ne lis pas l'avenir. J'aurais pu demander à ma sœur, ça aurait été étrange n'est-ce pas ? Jasper est tomber amoureux d'elle avant de la connaitre réellement, c'était une évidence. Je me dis qu'Alice aurait pu répondre à mes questions si je les lui avaient posées ».

« De la même manière dont je suis tombé amoureux de toi ma belle ».

Aurore m'effleure la joue délicatement. J'ai envie de me rapprocher.

« Est-ce que tu m'as vu ce soir-là ? ».

« Quel soir ? ».

« À Rome ».

« Oui » souriais-je.

« Vraiment ? ».

« Je t'ai vu du coin de l'œil. Pour être honnête, je regardais ailleurs quand mon frère a attiré mon attention. En tournant la tête, j'ai vu que tu nous observais ».

« Je ne l'ai jamais su et Alice ne m'a rien dit ».

« Je ne révèle jamais mes secrets et Alice non plus ».

« Tu as lu dans nos pensées ? Tu as « senti » notre présence ? ».

« Je modifie les rêves, mon frère ressent absolument tout et nos compétences font des miracles ensemble ».

« Aucun doute, les miennes ont ressassé cette image de toi pendant très longtemps ».

« De mon bon profil, j'espère ? ».

« J'ai envie que tu m'embrasses toute la nuit ».

« Avec plaisir, Madame Whitlock Cullen ».

Porter mon nom de famille me semblait inaccessible.

Auparavant, j'avais une idée du mariage.

Sauf que ça me paraissait loin.

Je me suis imaginée un tas de scénarios mais sans jamais y croire dur comme fer.

Une fois devenu vampire, tout était différent. J'avais désormais l'éternité pour y songer. Et encore, l'éternité permet de ne pas avoir cette pression sociale sur les épaules à partir d'un certain âge.

Il m'a fallut beaucoup de temps pour comprendre qu'en tant que vampire, je me suis défait de la Société classique. L'éternité m'était proposée sur un plateau.

Dans les bras d'Aurore Whitlock Cullen.

Je l'embrasse d'abord délicatement, en repoussant ses mèches de cheveux. Je ne veux pas quitter ses lèvres de la nuit. Pour reprendre notre souffle, nous regarder dans les yeux une seconde exceptionnellement. Dans ses bras, je me sens très très bien. Maintenant, j'ai envie de laisser mes angoisses. Il est temps de passer à autre chose. Mon image est différente de ce qu'elle était. Quant j'ai eu le courage de lui montrer mon corps abîmé, l'image m'est restée en tête après jusqu'à ce que je la retrouve dans la salle de bain et pleins d'images de mon corps d'avant mon immortalité me sont revenues en tête. Les voir m'ont fait mal. Je sais que ma centaine de croissants de une est difficile à regarder et je suis le premier surpris de lui avoir montré. Voici la raison pour laquelle je ne montre pas ma peau et la raison pour laquelle je me crispais quand elle me touchait la peau, aussi amoureusement soit son geste. Je l'ai prise dans mes bras, déposée sur le lit et j'ai pris soin d'elle. Mon cœur s'est réchauffé. Je n'ai pas daigné à autre chose que de la prendre dans mes bras, à lui murmurer des mots rassurants et à embrasser son front, ses joues, ses lèvres.

Je prends son menton entre mes doigts. Je passe mes mains dans ses cheveux dorés.

Ma belle vampire me laisse faire quand ses mains dérivent vers mon cou puis vers mes épaules où des cicatrices sont présentes. Ses mains viennent jusqu'à ma taille. Son cœur contre le mien. Nos battements de cœurs sont en synchronisation j'ai l'impression.

Elle ignorait que ses cicatrices me donnaient tant d'anxiété jusqu'à ce que je les lui montrent. Je suis heureux d'avoir franchi le pas d'ôter ma chemise. À sa place, je ne sais pas si j'aurais osé le faire. Déjà que mon reflet dans le miroir ne me satisfait pas alors face à elle. J'ai été bluffé par moi-même.

« Tu peux, n'ai pas peur à ce sujet ma belle » lui dis-je mentalement sans l'interrompre.

Aurore continue alors ses explorations avec plaisir. Je ne prend pas mal le fait qu'elle touche ma peau autrefois si sensible, il n'y a rien à craindre. Nous nous sommes passés la bague au doigt maintenant. Elle continue de toucher ma peau où mes marques indélébiles se font sentir sous ses doigts. Des irrégularités. Ma peau de marbre. Ma peau froide. Ma peau de glace comme la sienne. Les traces sont invisibles aux yeux des humains. Beaucoup de vampires ont des cicatrices dues à un passé parfois dans l'armée ou alors lors d'affrontements ou je ne sais quoi d'autre. Cette sensation m'importe peu car je ressens les frissons qu'elle me donne. Mais je peux comprendre que ça reste difficile de se laisser faire et je lui fait confiance.

« Si je peux me permettre, tu as un toucher magique ».

« Ravie de le savoir » dit-elle en riant.

« Tu es délicate ».

« Merci du compliment ».

Je quitte ses lèvres pour embrasser sa peau de la clavicule et des épaules. Elle me fait confiance. Mes lèvres déposent des doux baisers sur sa peau glacée. Je dérive juste un peu plus bas.

Ses mains dérivent à mes hanches. Elle me regarde ensuite quand je lève de nouveau la tête. J'écarte ma chemise ouverte. Elle m'indique que son peignoir peut prendre la même direction que mon vêtement. Je dénoue le peignoir. Découvrir son corps me surprend un peu, dans le bon sens car elle est magnifique. Je sais combien c'est difficile de se dévoiler comme je l'ai fait plutôt mais il fallait que je le fasse. Il fallait qu'elle sache tout de moi, mes complexes physiques dont je ne parle pas beaucoup, par culpabilité, par honte. Me détacher de ça est essentiel maintenant. Je veux tourner une page douloureuse de ma vie. Elle le sera toujours je le sais mais dans les yeux d'Aurore elle ne l'est plus. Aurore me regarde amoureusement, tout comme je la . Matt m'embrasse doucement. Ses gestes sont délicats.

De toutes les manières que j'ai imaginé, je crois que celle-ci est la meilleure. En douceur et j'ai envie que ça continue. Ma peau de glace contre la sienne. Ses lèvres contre les miennes, inversement c'est tout ce que je demande.

« Tes lèvres sont merveilleuses ».

« Sans parler des tiennes ».

« Tu es sublime, aussi belle que les aurores boréales ».

« Matt ».

Mes mains se lient aux siennes.

J'ai aimé son contact.

Je ne veux pas me réveiller de cette bulle.

Je m'assure que ma vampire préférée soit contre le matelas moelleux avant de me regarder une seconde. Ses yeux rencontrent les miens, je remets une mèche bouclée en place. Un sourire sur ses lèvres me donnent envie de les capturer à nouveau.

« Tu es sûre ? Nous ne sommes jamais allés plus loin ».

« Continue ».

Ses doigts qui effleurent ma peau me donne des frissons et je veux que son toucher continue. J'effleure sa joue de mes lèvres. Je capture les siennes ensuite. Encore une fois, je ne veux pas que ce moment se termine. Mes mains sont toujours à ma taille que j'enlace. Nous sommes collés. J'effleure ses joues que mes mains encadrent ensuite pour intensifier le baiser. Nos lèvres ne se quittent plus ce soir. Après sa demande, je me sens léger comme une plume. Jamais je n'aurais imaginé ça plus jeune. En réalité, j'ai aussi voulu la surprendre avec ma demande. Celle où je pouvais prendre une grande et belle décision. Aurore a pris le dessus sur les principes. Je sais que la Société veut que ce soit les hommes qui fassent la demande. Les temps changent et elle a eu envie de montrer son envie de faire une demande. Alors autant opter pour une demande mutuelle. J'ai été surpris, heureux et comblé. C'était magique. Des étoiles étaient visibles dans ses yeux, dans les miens aussi et j'en ai oublié les aurores boréales et les étoiles au-dessus de nos têtes. Plus rien d'autre que notre bulle n'a existé.

Mes explorations ne s'éternisent pas. Mes mains se baladent sur son corps. Elle ne me repousse pas. Ma peau sous ses doigts. Elle sent les irrégularités. De toute manière, les croissants de lune existent, elle les connait. Elle essaye de faire tomber le morceau de tissus en trop entre nous. Je ne dit rien pendant une seconde mais je sens une réticence de mon côté. Légère mais mes muscles se contractent. Je présume que mon corps semble aussi surpris que moi. Ses mains s'accrochent au col de ma chemise. Le tissus ne glisse pas plus qu'au niveau des épaules que j'aperçois à peine. En douceur. Mes doigts se glissent sous son peignoir, ils effleurent sa clavicule, son épaule droite. Elle ferme les yeux pour en profiter, moi aussi et des frissons me parcourent le corps. Elle est délicate. Je sais qu'elle n'ose pas forcément aller plus loin, ça me convient bien. Au contraire, c'est intéressant de prendre notre temps, on se découvre. Ses doigts effleurent à nouveau ma joue. Son regard dérive à mes lèvres qu'elle capture une seconde. Encore une fois, je ne peux pas me lasser de ses lèvres si douces. Impossible de ne pas savourer ce si doux contact.

« Tu es merveilleuse ».

« Tu me l'as déjà dit mon cher ».

Mes mains descendent à sa taille, je l'enlace de manière à ce qu'elle se retrouve au-dessus de moi. Elle peux s'allonger sur mon torse. Elle pose ma tête sur son torse. Sa peau douce contre ma joue. Elle effleure mes cheveux du bout des doigts. Mes pieds se mêlent aux siens.

« Je sais ».

Rester dans cette même position ne me déplaît pas, au contraire on apprend à s'écouter j'ai l'impression. Lui mettre la bague au doigt est quelque chose d'unique à mes yeux. Elle le sais j'en suis sûr.

« Mon amour »murmurais-je.

« Si tu savais comme je suis... ».

Elle n'a pas terminé sa phrase que mes lèvres sont déjà collées aux siennes. Aurore effleure ma colonne vertébrale des doigts. Cela me donne des frissons. Mes lèvres ne quittent pas les siennes pour autant. Au contraire. Ses bras s'enroulent autour de ma taille. Me coller contre son torse est quelque chose de spontané. Je profite pour encadrer son visage de mes mains et de prolonger le baiser en question. Mes mains quittent son visage pour s'enrouler autour de son cou.

Nous.

Plus rien d'autre n'existe.

J'ai envie de fermer les yeux, le cœur plus léger avec le sentiment d'être aussi léger qu'une plume après cette nuit. D'aussi loin que je me souvienne, ça ne m'étais pas arrivé avant ma rencontre avec elle.

Aurore me tient la taille.

Elle est légèrement surélevée par rapport à moi, ses bras autour de mon cou.

Cela fait un siècle que j'attends de me sentir vivant.

Ses lèvres effleurent les miennes plusieurs fois. Son rire résonne dans la pièce et ce son est agréable, c'est la première fois qu'elle ne rit pas du fait d'une blague mais simplement de joie. Joie partagée. Elle me regarde de ses yeux verts qui dérivent vers mes lèvres. À force de les effleurer, je veux les plaquer contre les siennes. Un sourire aux lèvres plus tard, les miennes se fondent sur les siennes.

« À ce rythme, c'est de la provocation ».

« Absolument pas » dis-je.

Le reste de la nuit continue à ce rythme.

À ce stade, on aura jamais quitté ce lit.

D'ailleurs, je me mets à penser à d'autres voyages.

J'ai envie de parcourir la Terre entière avec elle.

On prendra des précautions: voyager de nuit, ne pas se fondre dans la masse humaine et louer des hôtels un peu isolés des grandes villes du monde. Je pense que ce sera possible.

« J'ai envie de te montrer ma maison à Rome ».

« Quand ? ».

« Dès que possible, d'ici quelques jours voudrais-tu venir avec moi en Italie ? ».

« Quand tu veux alors ».

Quelques heures plus tard, je l'a regarde « dormir » sur le côté du lit.

Je veux me rappeler de cette nuit toute ma vie.

Ce fut la plus incroyable.

Ce matin, j'ai décidé de lui faire découvrir un lieu atypique pour nos dernières heures ici car j'ai pris des billets pour l'Italie il y a vingt minutes et notre vol est ce soir à vingt trois heures.

Islande-Italie.

Reykjavik-Rome.

Je l'entraine dans l'enceinte de glace. Je me sens petit face à cette structure sublime. Chaudement emmitouflée dans son manteau, j'espère assez chaud même si nous ne sommes que peu sujet aux températures, je ne veux en aucun cas prendre de risques. Une fois l'entrée passée, nous sommes surpris par la hauteur de plafond. De l'extérieur, on est surpris de l'étroite entrée mais plus on avance plus on est dans une bulle géante de glace. La grotte est recouverte d'une épaisse couche de glace dont la couleur est bleue. Je dois dire qu'Aurore se fond parfaitement dans le décor telle la Reine des neiges. À croire que c'est son élément.

« La couleur bleue est due à la compression de la glace. Seul le bleu passe » expliquais-je.

Les nuances sont incroyables.

L'éclairage fonctionne encore je me demande comment. Je profite de la lumière artificielle pour regarder plus en détail les parties glacées. La lumière s'y reflète. C'est incroyable. Je suis déjà venu à une autre époque. Une époque révolue. Maintenant, je veux me recentrer sur ma vie avec Aurore.

Elle marche le long du couloir, le regard captivé par le lieu et elle a totalement raison. Elle est si belle. Je ne le répéterai jamais assez mais cette femme a refait battre mon cœur. De manière définitive, elle a su me comprendre, m'aider à me relever. Je dois aussi dire que les études de médecine ont joué. Grâce à Carlisle, j'ai pu m'échapper des murs du lycée et me consacrer à quelque chose qui m'anime comme lui. Grâce à Aurore, j'ai appris à aimer de nouveau. Cette femme est incroyable. Ça encore je le répétais encore. Passer un siècle et demi en ayant vécu autant d'expériences, il est temps de songer à une autre voie.

On s'avance jusqu'à un escalier glacé.

Le froid se fait ressentir davantage et la glace devient encore plus bleue. J'ai l'impression que la glace est plus compacte à certains endroits alors qu'à d'autres endroits elle est transparente.

Ma fiancée descend l'escalier en faisant attention de ne pas glisser.

Je me place derrière elle pour la rattraper en cas de besoin.

La glace est transparente là où nous sommes et on y perçois des nuances bleues à des endroits.

« On dirait un océan. Des poissons prisonniers dans la glace. C'est magnifique. Tu es déjà venu Matt ? ».

« Il y a longtemps mais j'avais oublié à quel point c'était magnifique ».

« Ça valait la peine de faire des heures d'avion pour venir découvrir cette grotte glacée ».

« On fera le tour de la planète autant de fois que tu le souhaites ma belle ».

Elle s'approche de moi, capture mes lèvres contre les siennes.

« Je me pose une question, pas de jugement d'accord ? ».

« Laquelle ? ».

« Penses-tu que la température puisse monter plus vite que prévu et que l'on se retrouve coincé ici ? ».

« Tes pensées dérivent en ce moment ».

« Tu me pervertie ».

« Ne change pas de sujet ».

« Oops » dit-elle en inversant les positions puisque mon dos est collé contre la parole glacée.

Les miles chez les compagnies aériennes vont grimper en flèche sur nos comptes et je suis déjà impatient de les utiliser.