Playlist
« We made it » Louis Tomlinson
« You are in love » Taylor Swift
« Que bailes conmigo hoy » Fifth Harmony
« Every Little thing she does is magic » Sleeping at Last
« Talk » Kodaline
« Home » Gabrielle Aplin
Hey !
Dernier chapitre... je suis émue mais dans le bon sens !
Merci pour toutes vos lectures, ça signifie beaucoup pour moi.
Bonne lecture !
Chapitre n°37
Point de vue d'Aurore
J'ai une chance folle de réaliser que le bonheur est bel et bien au bout du tunnel.
En rentrant à la maison, il s'est empressé de me porter telle une princesse avant de me reposer sur le sol de la cuisine. Il m'a embrassé la joue avant de disparaitre dans le jardin. Je suis restée surprise une seconde puis un rire s'est répandu dans la pièce, mon rire.
Cet instant-là fut un des plus adorables car je rentre ici en temps que fiancée et cette bague au doigt signifie beaucoup de choses.
« J'ai toujours eu envie de le faire dans ma vie ».
À croire que ses aspirations ont été stoppées à son époque de soldat comme les miennes et même si j'avais pu fonder une famille, qui sait ce qui aurait pu arriver. Par exemple, je n'avais jamais songé à trouver quelqu'un quand j'avais Céleste dans les bras. Si j'avais rencontré Matt à l'époque, nous aurions donné l'image d'une belle et jeune famille parfaite.
Ce qui me frappe le plus c'est que j'ai commencé ma vie à Rome, dans un contexte particulier. Je crois que fuir cette ville dans de telles circonstances à l'époque fait que je peux revoir les rues autrement. Maintenant que le passé est derrière moi. D'ailleurs, je suis surprise du changement qui s'est opéré depuis que Matt est avec moi. Dans le bon sens évidemment.
Être ici est une parfaite clôture de chapitre pour en commencer un nouveau.
Je me remémore tout: les rues de Rome la nuit avec Alice et notre appartement, Florence, Venise et ses ruelles sombres puis ma vie au sein d'une maison close en tant que couturière, ma rencontre avec Céleste à Venise et notre année vécue ensemble, la séparation de plus en plus difficile avec Alice et Céleste, mes retrouvailles si courtes et sans certitudes avec Alice au bac de Venise qui fut aussi le premier échange de regard avec Matthéo, ma fuite de l'Italie pour les États-Unis pour retrouver Alice. Toutes ces étapes de ma vie ont fait que j'ai sans arrêt rechercher la seule personne qui me manquait dans ma vie à savoir Alice. Nous étions comme les deux doigts de la main avant cette séparation précipité. Ensuite, la rencontre avec les Cullen a fait que je suis au sein d'une famille incroyable. Sans eux, ma vie aurait encore pris un sens différent. Je me serais installée dans un autre pays à mon avis. J'ai connu le monde en même temps et j'ai toujours voulu avoir un foyer à moi, comme Matthéo finalement.
Le soleil va bientôt se coucher et les nuances dorées mêlées au orange vont apparaitre.
Je sais que Matthéo souhaite fêter Noël ici. Sa famille serait parfaitement heureuse ici, à parler en italien et à cuisiner italien. Je suis certaine que ma sœur s'y voit déjà.
Sa maison est digne d'un magasine de décoration avec sa touche personnelle et j'ai hâte d'y ajouter la mienne au fur et à mesure.
« La maison m'appartient mais elle est aussi à toi » m'a t-il dit.
Je décide de flâner dans la maison et un mur en particulier attire mon attention. Un mur bleu foncé sur lequel est affiché un tas de cadres. De plus près, il s'agit de constellations. Je reconnais le prénom de Jasper, d'Emmett, d'Edward, d'Alice, de Rosalie, de Carlisle et d'Esmée. Il y a une étoile à leur nom dans une constellation. Il leur a acheté une étoile ? Sept étoiles ?
« Tu as découvert mon mur étoilé ? ».
« Tu lis dans mes pensées ? ».
« Une question par une autre. C'est le hasard » rit-il.
« Il est magnifique, quel est le concept ? ».
« Je vais t'expliquer dehors, rejoins-moi. Je suis de l'autre côté du jardin. Il y a des transats ».
Une fois dehors, les lueurs du coucher de soleil me caresse le visage. Je ne me lasse jamais des couleurs dorées. De plus, être ici amplifie le sentiment de gratitude, de légèreté que je ressens. Son jardin est très bien entretenu. Je ne suis pas surprise qu'il fasse appel à des jardiniers locaux quand Matt ne s'en occupe pas lui-même. Il m'a parlé de ses longs après-midis à travailler ici l'été à la sueur de son front. Je vais laisser mes fantasmes de côté c'est promis juré. Je reste toujours très étonnée qu'il ai décidé de travailler seul. C'est un vampire alors de ce point de vue là, je ne suis pas surprise et je dirais que c'est un accomplissement personnel de sa part suite à son passé de soldat. Il a voulu accomplir quelque chose de personnel. Je me demande s'il a de la famille en Italie. Étant donné que les Cullen sont très attachés à ce pays dont ils ont tous appris la langue, je pense que cette maison est une satisfaction personnelle d'avoir un bien ici. Du moins, je le présume. Matthéo est attaché au foyer. Pour lui, ce n'est pas qu'un bien immobilier mais un patrimoine à chérir. Il prend ça au sérieux. Le foyer est une bulle. Une bulle indestructible dans laquelle il s'épanouit et où il construit sa vie. Vu sous cet ange, je suis d'accord. Il est vrai que les vampires aiment posséder un bien, un endroit où vivre comme tout le monde. Je pense que si j'avais eu l'opportunité d'acheter un bien plus jeune, je l'aurais fait. De plus avec Céleste, cela aurait été logique. Je n'aurais pas été capable de continuer à m'occuper d'elle, étant donné sa maladie. Avec du recul, je referais le monde. Avec les « si », on refait le monde. Ce n'est pas l'objectif. Les choses évoluent. Mais je me sens bien dans cette maison, comme si j'y avais vécu alors que non. Je l'ai découverte grâce à Matt. Et encore une fois, le rêve de Rosalie m'apparait concrètement, me frappe en pleine face. Elle a toujours rêvé de ça, comme un accomplissement dans une vie. C'est un accomplissement simple au final mais plein de symbole et pour elle ça a une réelle importante. Ayant eu Céleste dans mes bras dès ses premiers jours de vie, je le comprends encore plus. La maison de Matt me le montre de manière concrète et c'est poétique je trouve. Le destin.
D'ailleurs, je sens son odeur de menthe qui flotte dans l'air. Quand il apparait dans mon angle de vision, les rayons dorées se reflètent sur sa peau de marbre. On dirait une statue grecque. Il porte une chemise ouverte en plus. Si ce n'est pas de la provocation. Il est de plus en plus à l'aise. Nous montrer vulnérable a fait que Matt ne pense plus autant à retrousser ses manches de chemises, il porte des t-shirts en sortant de la douche. Il se trouve qu'il porte un débardeur blanc sous une chemise en lin grise aux manches retroussées. C'est un progrès que je souligne. Bien évidemment je rêve d'y faire courir mes doigts.
Je me suis installée sous un pêcher dans le jardin, sur un transat confortable. Ce qui me fait sourire, le pêcher. Deux vampires à la peau de marbre sous un pêcher est un joli clin d'œil. Ou une provocation. Tout dépend de comment on voit les choses.
« C'est drôle car j'ai commencé mon voyage à Rome pour le terminer ici avec toi » dis-je sans relever la tête du transat où je me suis installée.
« Un bel hasard » dit-il appuyé contre l'encadré de la porte qui mène à l'extérieur.
Matt descend les escaliers, attrape une pêche dans l'arbre au-dessus de ma tête et mord dedans.
« Tu y crois ? ».
« Au hasard ? Oui ».
« Il fait bien son job ».
« Disons que les planètes se sont alignées d'une manière exemplaire en ce qui nous concerne ».
« Raisonnement logique, je suis d'accord ».
« Décidément, tu as aussi découverts mon endroit secret ».
« Ici ? ».
« Oui ici, c'est là où je venais me reposer après mes travaux de rénovation ».
« Tu n'as pas fait les rénovations tout seul, si ? En plus du jardin ? ».
« Les trois quarts. Pour certaines choses comme le carrelage, l'escalier, la salle de bain du haut, j'ai demandé à des artisans locaux pour le marbre ».
« Tu es une force de la nature ».
« Merci ».
« Pas dans ce sens-là mon cher, la maison est aussi bien bâtie que son propriétaire ».
« Ses propriétaires. C'est de la provocation » dit-il en tenant mon menton du bout des doigts.
« Laisse-moi en douter » riais-je.
« Ne doute jamais de ta beauté ma belle » ajoute t-il avant de m'embrasser.
Ses mains sur mes joues.
Mes mains dans ses cheveux.
Nos bouches collées.
C'est cette image-là que je veux garder en mémoire pour très longtemps car avant, je ne pensais pas y avoir accès. Notre vie a considérablement changé et dans le bon sens mais c'est encore une fois une réelle chance. Matt me regarde comme si j'étais un bijoux. Je n'ai pas l'estime de moi-même suffisamment élevée pour le croire sur parole sans le moindre doute dans mes yeux, je veux le croire une seconde dans les siens. De toute manière, c'est réciproque et il doit bien le savoir dans un coin de sa tête. J'espère. Le destin est étonnant. Dans notre cas, il l'est.
« Tu caches quelque chose derrière ton dos ? ».
« J'ai pensé que ça te ferait plaisir après les émotions dans le magasin, pour « oublier » l'embarras de la vendeuse à ton égard. Le rouge est un classique pour résumer la passion, le rose signifie l'épanouissement, le orange signifie l'attirance et le blanc représente l'amour secret mais notre amour n'est pas un secret. De plus le blanc est associé au deuil. L'éternité nous est offerte alors je préfère opter pour un classique, le rouge ».
Le bouquet est très beau. Je suis toujours sensible aux roses. Elles paraissent dangereuses avec les épines et ce n'est qu'une barrière. Elles ont une image invincible. C'est comme ça que je les perçois.
Invincible.
Le rouge résume la passion. Il en faut trente six pour l'exprimer et cent pour exprimer l'éternité selon le langage des fleurs. Elles signifient beaucoup plus que ce que l'on pense. Au contraire, les fleurs sont un moyen de déclarer quelque chose sans le dire à voix haute, elles portent le message elles-mêmes.
Celles de Matt sont étincelantes. Sous la lumière orange et dorées, elles sont incroyables.
Je tente de faire abstraction du diamant vivant en face de moi.
Je porte le bouquet de roses à mon nez et leur odeur subtile m'envoute déjà.
« J'ai quand même acheter la robe et les deux sacs ».
« Ces roses sont pour toi, à ton image et tu mérites absolument tout ».
Mes lèvres se soudent aux siennes sans le laisser ajouter quoique ce soit. Je lui ai juste laissé le temps de se pencher vers moi pour attraper sa nuque.
Je laisse les émotions parler à ma place.
Il tient encore le bouquet entre ses mains.
D'abord surpris, il laisse ensuite opérer la magie de ce doux et bel échange.
Sa main libre prend mon menton délicatement.
J'enroule mes bras autour de ses épaules.
« Tu me surprends tous les jours ».
« Objectif réussi, j'ai choisi le bon vampire ».
« Pas de provocation s'il te plaît ».
« À ce stade, il était temps ».
« Comment ça « il était temps ? » Tu insinues que je ne suis pas assez rapide pour un baiser ? ».
« Pas cette fois, je t'ai devancé de cinq secondes. C'est trop long ».
« Oh je suis désolé, pardonnez-moi cette erreur Madame ».
« Je te pardonne, grâce aux sublimes roses ».
« Me voilà rassuré ».
« Continue de m'embrasser ».
« Je n'avais pas l'intention de t'interrompre ».
Ses mains entourent désormais mon visage, le bouquet tombe au sol. Les pétales seront un peu abîmés. Ses cheveux tombent un peu sur mon front.
J'attendais cet instant.
C'est encore une fois la même situation. La boucle est bouclée. Je démarre le premier chapitre de ma vie vampirique à Rome et je clos le dernier chapitre en bonne compagnie dans la même ville.
Mes mains se baladent dans ses mèches de cheveux.
C'est un réflexe maintenant.
Il s'assoit en travers du transat.
« Je suppose que les fleurs te plaisent » dit-il en se détachant une seconde.
« Évidemment, merci pour le beau bouquet ».
« Je pourrais t'en offrir un tous les jours ».
« Tu vas te ruiner ».
« Tu préfères un par jour jusqu'aux fiançailles ? ».
« Il n'y aura plus de fleurs dans le jardin ».
« Les graines existent, les fleurs repoussent ».
Matt me regarde tendrement.
Je me lasse jamais de ça.
Je lui enverrai bien une onde apaisante pour qu'il cesse de douter de lui-même. Ce serait comme impossible.
Il s'allonge à mes côtés. Je peux rester coller contre lui pendant longtemps mais je crois que le temps va changer, la pluie menace de tomber depuis cet après-midi déjà. S'il ne veut pas finir tremper, nous avons tout intérêt à rentrer à la maison. Il ne semble pas de cet avis. Ses doigts effleurent mes cheveux, l'un enroule une mèche de mes cheveux.
« J'ai toujours rêvé de ça » souffle t-il.
« De m'embrasser ? » dis-je en plaisantant.
« C'est fait depuis longtemps et tes lèvres sont merveilleuses ».
« De vivre tranquillement peut-être ? ».
« Pas uniquement. D'avoir trouvé la bonne personne pour partager ça. Je suis sincèrement heureux de t'avoir ici même si je sais que cette ville a fait partie de ta vie, en l'occurence cette maison est une partie de moi. Partager ça avec toi fait que tu me connais encore mieux ».
« Je sais. C'est la même chose pour moi, je suis heureuse de connaitre ton havre de paix ».
« Vraiment ? » dit-il alors que je me redresse un peu mieux, juste au-dessus de son visage pour le regarder.
« Vraiment. Mes souvenirs ici sont spéciaux car j'ai vécu mes premiers souvenirs vampiriques avec Alice. On a dû fuir précipitamment mais j'ai gardé Rome dans mon cœur. Être ici avec toi est spécial. La boucle est bouclée. De la meilleure des manières puisque nous sommes fiancés ».
« Mon cœur est comblé alors ».
Je regarde son visage apaisé pendant quelques secondes. J'effleure ses cheveux du bout des doigts. J'ai encore envie de sceller mes lèvres aux siennes.
Être ici est important pour lui car il partage quelque chose de personnel, une maison. Rien que nous deux. J'ai envie de le regarder encore et encore. Juste ça. Lui et moi dans le jardin, sous un arbre, les rayons du soleil dorés à l'horizon. Le vent souffle dans nos cheveux.
« Explique-moi les tableaux dans le couloir » finis-je par dire.
« J'ai acheté une étoile pour chaque membre de ma famille et chacune d'elle se situe dans une constellation précise selon leur signe astrologique ».
« Oh, c'est un cadeau original et très symbolique ».
« C'est le cas de le dire, ils avaient des étoiles dans les yeux ».
« Je suis surprise et à la fois fascinée. Ce cadeau est riche de sens. Ils ont dû être ravis. Est-ce que tu arrives à les repérer la nuit ? ».
« Les constellations oui. Les vampires ont une excellente vue mais pas au point de remplacer un télescope » rit-il.
« Tu as des idées de cadeaux incroyables et uniques, j'aimerais en avoir autant ».
« J'ai oublié de te dire, il y a une précision. On peut distinguer plus nettement les constellations en question à un endroit précis de la planète que seuls les concernés connaissent ».
« Wha, tu fais les choses en grand ».
« Comme toujours ».
« Beau parleur ».
« Je t'aime aussi ».
C'est alors que dans la position du bonheur, à savoir lui et moi allongé sous un pêcher sur un transat jusqu'à ce que la pluie s'invite et nous déloge.
Il a fallut que le temps change. Adieu le sublime coucher de soleil et le début de la nuit étoilée. Dommage j'aurais voulu admirer les étoiles avec lui et qu'il me montre du doigts les constellations des membres de la famille. Par curiosité. Jamais je n'avais admiré ces astres uniques comme ça. J'aurais tant voulu le faire quand ma sœur et moi avions pu nous échapper de l'hôpital le temps d'aller patiner sur un lac gelé mais nous aurions eu des répercussions. Pas question de courir le moindre risque. J'aime me rappeler du visage heureux de ma sœur, loin des traitements, loin de la folie du lieu. Dire que c'était ainsi à l'époque alors que ma sœur avait un don comme les autres enfants de l'hôpital. Elle voit l'avenir, je le ressasse. Certains souvenirs me reviennent en pleine face. Parfois, je me dis que c'est pour une bonne raison. Un pied de nez à qui j'étais à l'époque.
Les gouttes de pluie tombent sur les feuilles avant de ruisseler sur nos têtes et une goutte tombe sur le nez de Matt. Cela me fait rire.
J'aime bien ce son.
De ma chambre blanche, je ne l'entendais qu'à travers les vitres. Les gouttes semblaient courir le long de la paroi froide. Elles allaient à différentes vitesses et je devinais laquelle allait gagner la course. C'était soit la première goutte soit la troisième.
Matt attrape ma main et se lève précipitamment du transat. Pour être honnête, je serais bien restée là. Seulement, les éléments ne sont pas de notre côté, la pluie double d'intensité.
Le contact de l'eau sur nos peaux froides me procurent un sentiment de liberté.
Je ne suis pas enfermée, je suis dehors parmi les éléments.
Avec un beau vampire à mes côtés.
Arrivés au porche de la maison, je ne peux pas m'empêcher de rire à nouveau.
« Ça c'était une surprise ».
Le regard de Matt se pose à nouveau sur moi. Il est aussi trempé que moi. Nos cheveux dégoulinent. Il remet ses cheveux en arrière mais une mèche semble plus rebelle que les autres alors je me charge de la remettre à sa place.
Ses lèvres s'avancent doucement vers les miennes et il place délicatement sa main sur ma joue avant d'enfin réduire cette distance entre nous.
« Enfin ! ».
« Ça y est, j'ai été assez rapide ? ».
Je réponds en intensifiant son geste si doux.
Je place mes bras autour de ses épaules, j'effleure sa peau à travers le tissus par la même occasion.
« Le bouquet de roses est un peu abîmé par la pluie ».
« Pauvres roses, elles sont moins chanceuses que nous ».
« Il y en a trente six, je ne pouvais pas en tenir cent dans les mains ».
« La passion ».
« L'éternité ».
« J'aime ces deux mots, dommage je vais devoir enlever ce tissu entre nous ».
« Le tiens aussi, on est trempé ».
« Un fantasme non excusé ? ».
« Embrasser sous la pluie ? ».
« Sous les étoiles » précisais-je.
« Romantique ».
Ses lèvres capturent les miennes encore une fois. Mes mains s'attardent entre les mèches de ses cheveux, les siennes sur ma taille. Je souhaite enlever le morceau de tissu en trop entre nous mais je n'ai pas son autorisation alors je me contente d'écarter le col de sa chemise pour y glisser mes doigts sur sa nuque. Mes mains s'y attardent quelques minutes qui paraissent des secondes pour moi. Entre temps, il entoure mon visage de ses mains.
Sa peau douce, sa peau de marbre que j'aime.
Son toucher délicat.
Son odeur de menthe mêlée à la pluie.
Mes lèvres ne veulent pas quitter les siennes.
Respirer me semble inutile.
J'essaye d'enlever sa chemise.
La pluie me donne du fils à retordre. Elle lui colle à la peau. Cela ne m'empêche pas de dissimuler mes doigts sur ses épaules. Je me fiche des irrégularités de sa peau. Il n'a aucune honte à avoir car c'est sa créatrice qu'il faut blâmer. Je ne comprends pas pourquoi elle a fait ça hormis le désir de haine profond. C'est aussi simple que ça. Matt n'a plus à avoir mal.
Nos bouches se quittent une seconde quand il comprend que j'ai un peu de mal à enlever sa chemise trempée.
« Tu veux vraiment continuer ? ».
« Tu ne le souhaites pas ? ».
« Si j'en ai envie aussi. Je ne peux rien te refuser ma belle ».
« J'ai l'intention d'en profiter ».
« Tu as le droit et la chemise te pose problème ».
Matt rit et me porte telle une princesse.
Une fois allongée sur un lit moelleux, je suis heureuse de l'avoir avec moi. Je me souviens encore de la première fois que j'ai effleuré sa peau, dans la salle de garde et bien entendu qu'avec le recul je comprends sa réticence de l'époque à mon toucher, aussi délicat soit-il car je fais attention. Depuis que Matt m'a montré ses cicatrices qui le hante depuis un siècle, il a vu la mienne au poignet. Évidemment la mienne est minime mais j'ai vu dans son regard qu'il a compris. Mon appropriation à mon corps est difficile et la sienne aussi donc on se complète de ce côté-là. En aucun cas, Matt n'a jugé cet aspect-là de ma vie. Jamais il n'a jugé de me faire une réflexion. De mon côté, j'ai cherché à comprendre la raison de son mal-être.
« Ma princesse ».
Ce genre de surnom me perdra.
J'y suis de plus en plus sensible.
La manière dont il les prononcent, de manière délicate et amoureuse, j'en suis déjà accro.
L'entendre est toujours un plaisir dont je ne me lasse pas et je veux que ça dure l'éternité.
Je reprends mon exploration laissée à l'entrée du jardin.
Sa chemise daigne enfin à se décoller de sa peau. Une première manche.
« Tu peux répéter ? ».
« Ma princesse ? ».
Sa peau contre la mienne me donne des frissons. Il prend le temps de m'embrasser, d'effleurer mon corps. Là, c'est encore plus fort. Ses mains explorent ma peau aussi bien que les nuits précédentes.
Sa peau de marbre.
« Je ne vais pas arracher ta chemise Matt. Je l'enlève délicatement ».
« Ça glisse tout seul ».
« Je ne vais pas relever ça ».
Mon rire résonne dans la pièce et se mêle au sien.
Ce son est le plus lumineux que j'ai entendu.
Rare sont les fois où il lâche complément prise.
Matt a les cheveux trempés, il est en chemise, sa peau nue et froide devant mes yeux qui ne demandent qu'à la regarder et à me dire que nous avons la même. Moins marquée pour ma part certes mais c'est la même peau.
Il a eu du mal à l'imaginer autrement, sans sa seconde peau que sont les vêtements, ceux qui le protège du monde extérieur. Seulement, ces marques-là sont là et indélébiles. Personnellement, j'ai appris à les aimer sur lui. Je sais que ça semble étrange. J'ai pris l'habitude d'y poser mes lèvres. Je n'ai jamais été dégoutée. Lui si au début car le regard que je posais lui semblait étrange.
« Tu es bien plus lumineux que tu ne le penses Matthéo Cullen » dis-je en élevant la deuxième manche de la chemise.
« Je…Prendre autant de plaisir avec toi n'est pas anodin et c'est nouveau pour être honnête ».
« Ne me dis pas ça, tu as dû avoir beaucoup de succès quand tu étais soldat ».
« Idée reçue. Pas tant que ça et je n'étais pas intéressé ».
« Idée reçue ? Pourtant, tu es là avec moi ».
« Des années plus tard et j'ai trouvé ma moitié, toi. Regarde ta bague ».
« Sache que tu es lumineux ».
« Disons que je te le dois et tu n'as pas détourné le regard l'autre jour quand je t'ai montré ma peau et crois-moi ça signifie tellement ».
« Ne dis pas le contraire mon cher. Tu le dois à toi-même, à ta famille avant tout et si je peux t'apporter autant que tu m'apportes alors on est à égalité ».
« Je t'aime Aurore ».
Matt embrasse ma peau.
Ses lèvres sur les miennes.
Je crois que j'ai longtemps rêvé de lâcher prise. De ne plus être dérangée face aux pensées parasites. Il est avec moi.
Me réveiller dans ses bras est encore nouveau.
Des papillons dans le ventre.
Des frissons sur le corps.
Des sensations sur la peau.
Le souffle coupé.
Je porte mes doigts à mes lèvres et me remémore les siennes la veille.
Ce contact si doux entre nous.
Je me sens légère comme une plume, enroulée dans des draps parfumés à la menthe.
Il semble dormir alors que je sais que non. Il médite. Les vampires ne dorment pas. Je me mets à penser qu'étant humaine, je l'aurais sûrement regardé dormir.
« Tu admires la vue ? ».
« Tu es si paisible ».
Cette vie parait si simple vue de l'extérieur et pourtant elle signifie beaucoup de choses à nos yeux. Comme le début d'une nouvelle vie. Un couple heureux.
Je comprends pourquoi il a voulu m'amener ici car c'est un havre de paix.
Personne pour nous déranger.
C'est un écrin dans une ville-musée incroyable.
Dans la famille, l'Italie a une importance particulière et je commence à comprendre pourquoi. Ils y trouvent une atmosphère paisible et moins agitée qu'à la maison.
J'ai commencé ma vie de vampire ici, la peur au ventre de mal finir avec Alice. On a dû fuir cette ville, notre premier refuge à l'époque pour aller vers l'inconnu. Me retrouver ici un siècle plus tard, dans des circonstances complètement différentes est spécial. Je me sens comme un peu chez moi finalement.
« J'ai envie de me réveiller chaque matin ainsi ».
Le soleil pénètre dans la chambre, ses rayons éclairent sa peau de marbre et je ne me lasse pas de ça. Voir la lumière se refléter dans ses yeux rieurs ce matin est la plus belle chose. J'aime voir un sourire sur ses lèvres. J'aime le voir heureux. Il dit qu'il me le doit mais je pense que sa famille y est avant tout pour les trois quarts. J'aime croire que ce dernier quart est le plus beau pour moi. En tout cas, il est mon bonheur. Ma rencontre avec lui a changé ma vie. Je lui ai déjà dit qu'avec lui je me sens complète, bien entendu il manquait le dernier quart étant donné que le premier revient aux Cullen, le second à Alice que j'ai retrouvé, le troisième à Céleste et le dernier à Matthéo.
« Moi aussi mais la vie réelle nous attend ».
« Ce n'est pas réel d'après toi ? ».
« Bien sûr que si, tu as compris ce que je veux dire ».
« C'était irréel je confirme ».
« Je sais que mes études doivent continuer. Difficile de me concentrer après ces merveilleuses vacances passées à tes côtés. Je vais me rappeler de tes lèvres au travail ».
« Je vais m'en rappeler tous les jours ».
« Comme ça ? » dit-il en m'embrassant une nouvelle fois.
« Par exemple ».
Encore une fois, ses lèvres sur les miennes est le plus merveilleux contact du monde.
Ses mains entourent mes joues et les miennes se perdent dans ses cheveux.
Il faut que l'on s'habille mais sincèrement, j'ai une meilleure vue devant moi.
« Pourquoi Rome ? ».
« Pourquoi faut-il un pourquoi ? » répond t-il subtilement. « Je me sens bien ici ».
« Origines italiennes ? Retour aux sources ? ».
Je suis curieuse de connaitre une partie de l'histoire de cette maison, à savoir pourquoi Rome et pourquoi la bâtisse lui a tapé dans l'œil. Rien qu'en la regardant, je comprends pourquoi. Une telle bâtisse ne laisse pas indifférent. Beaucoup de travaux pour beaucoup de possibilités. Tout a été refait et Matt a respecté la maison pour en garder le charme. J'ai juste envie de l'entendre parler de la maison. Il prend ce sujet à cœur, légitime évidement de sa part. J'aime juste l'écouter parler de ce qui lui tient à cœur, cette maison en fait partie. Je suis heureuse de partager ça avec lui.
« Pas uniquement. J'ai eu besoin de retrouver un environnement familier mais surtout de construire un foyer stable. Avec Jasper, on a quitté notre foyer familial tôt pour entrer dans l'armée. Notre passé n'est pas un regret, c'était ainsi. Comme notre frère Edward qui aurait pu être soldat lors de la Première guerre mondiale par exemple. L'Italie est un pays qui nous tient tous à cœur pour pleins de raisons et l'ironie du sort est que tu y as une attache ».
« Une attache temporaire mais je ne suis pas partie tout de suite. Après Rome, je suis partie à Florence avec Alice puis Venise de mon côté. Je n'ai pas pu me résigner à quitter l'Italie tout de suite. J'y ai vécu un an seulement et j'ai dû partir ».
« Tout s'est enchaîné » complète t-il.
« Tout s'est enchaîné » confirmais-je.
« Tu as le droit d'être en paix avec ce passé tumultueux ».
« La seule chose que tu dois savoir est que je t'aime ».
« Je suis amoureux tous les jours avec toi ».
Ses lèvres sur les miennes est ce que je souhaite là maintenant alors je réalise cette envie en me mettant directement sur la pointe des pieds en froissant son col de chemise. Tant pis pour la douceur habituelle, j'ai juste envie de profiter de nos dernières heures à Rome. Retourner à nos occupations quotidiennes. Je sais que retourner sur les bancs de l'école ne m'enchante pas spécialement car je vais encore retrouver une routine qui va encore durer quelques années. Je ne vais pas me plaindre, loin de là. J'aurais du temps pour être en famille, profiter de Céleste et lui faire découvrir pleins de choses. Ensemble, je me sens forte. J'ai hâte de vivre de nouvelles expériences. Avec lui à mes côtés bien sûr.
« Tu as été plus rapide que moi » rit-il.
« Oops ».
« Ne t'excuse pas du tout ma belle Aurore, partager tout ça avec toi est merveilleux tu n'imagines pas à quel point ».
Incroyable comment les choses peuvent prendre une autre tournure. Lui et moi. L'éternité.
C'est tout ce à quoi je veux penser là maintenant.
Je vais reprendre le chemin de l'école avec Bella à la rentrée et ça me déprime un peu car la routine s'annonce la même encore et encore. J'espère juste pourvoir m'épanouir à nouveau dans mes futures études. La photographie m'intéresse, la mode aussi, l'histoire grâce à Matt qui m'a transmis sa passion pour cette matière. Ce n'est pas parce que l'on a choisit une branche d'études que l'on doit la suivre, on peut prendre un autre chemin ou simplement arrêter. La vie est faite d'embuches.
J'aime croire que l'avenir réserve autre chose.
Matt est lumineux.
Son regard se pose sur moi. Ses lèvres s'approchent et se plaquent contre les miennes.
Mes mains rejoignent ses cheveux.
Je décide de profiter de chaque seconde dans ses bras.
Ses mains douces effleurent mes joues.
Si c'est à ça que l'éternité ressemble, je signe directement.
« L'éternité ressemble à ce que tu veux » me dit-il.
« Dans ce cas, continue de m'aimer comme au premier jour. De mon côté, ça ne s'arrêtera jamais ».
Cette perfection.
Après tout, nous avons l'éternité.
L'éternité est offerte depuis un siècle sur un plateau d'argent alors je compte en profiter en faisant le tour de la planète plusieurs fois, de prendre un tas de photos à afficher partout dans la maison, à admirer les étoiles dehors par tous les temps, mains dans la main avec Matt. Je crois que c'est ce que je souhaite par dessus tout.
« Je ne veux pas interrompre cette déclaration merveilleuse mais on va rater notre avion ».
« Ah bon ? Quel avion ? ».
« Dépêche toi où je vais te porter jusque'à l'aéroport ».
« En criant, je l'aime et elle a dit oui en italien ? ».
« Pas de provocation ma belle ».
