Coucou! J'espère que vous allez bien, je vois que vous êtes plutôt favorables à mon idée de trois chapitres par semaine, non ;) Comme je disais, la fic est assez longue, et j'ai bien avancé, donc je pense que ça ira niveau timing :). Je vous laisse avec le chapitre 9, bonne lecture!
Chapitre 9: Le mensonge
Sept messages vocaux, quinze appels manqués et de nombreux SMS.
Ce fut ce que Regina vit lorsqu'elle récupéra son téléphone, que Robin avait enfin consenti à lui rendre ce dimanche soir. Elle écouta les messages un par un avant de les effacer, ne souhaitant pas se souvenir à quel point ses amies s'étaient inquiétées pour elle. La plupart des messages venaient d'Emma, un autre était de Ruby et le dernier de Rose, tous lui demandant où elle était et si elle allait bien. Le ton de ceux d'Emma était devenu de plus en plus pressant au fur et à mesure. Les appels manqués venaient aussi principalement de la blonde, tous comme les SMS, qui étaient passés de « Ça va la gueule de bois ? » à « Est-ce que tout va bien ? » pour finir par « Où êtes-vous, bon sang? » Le dernier message datait du vendredi, ses amies ayant apparemment renoncé à essayer de la contacter durant le week-end.
Regina n'avait pas voulu inquiéter ses amies. Si elle avait pu, elle leur aurait servi le même mensonge que Robin l'avait obligée à donner au principal le lundi précédent. Mais la confiscation de son téléphone portable faisait partie de la punition que Robin lui avait infligée pour lui avoir désobéi, la privant de tout contact avec l'extérieur pour le reste de la semaine. Et maintenant qu'elle l'avait récupéré, elle ne voyait pas l'intérêt de les appeler juste quelques heures avant de retourner enfin au collège. Ce dimanche soir, Regina se coucha dos à Robin, recroquevillée de son côté du lit, se demandant quelle serait la réaction de ses amies à son retour.
Le jour suivant au matin, Regina soupira, reprit une lingette démaquillante, se frotta furieusement le visage et recommença à zéro. Elle appliqua un peu de fond de teint sur son doigt et commença à l'étaler sur son visage. Dix minutes plus tard, même sous le rouge à lèvres rouge foncé, sa nouvelle cicatrice était toujours visible. Elle laissa échapper un soupir de frustration et pencha la tête au-dessus du lavabo. Ça ne marcherait pas. Elle n'y arriverait pas. Elle n'allait pas pouvoir cacher la profonde entaille qui traversait sa lèvre supérieure. Elle se redressa de nouveau et passa sa main dans ses cheveux avant de quitter la pièce, Robin ne daignant pas lui répondre lorsqu'elle lui dit au revoir et lui souhaita une bonne journée.
« Qu'est-ce qui vous est arrivé ? »
Regina avait à peine passé la porte de la salle des professeurs que déjà la blonde se précipitait vers elle, suivie de près par Ruby et Rose. Regina ne s'était pas attendue à ce que personne ne remarque son absence, mais elle avait espéré avoir au moins le temps de prendre une tasse de café avant l'avalanche de questions.
« Je me suis cognée contre une porte, » répondit Regina. « Ce n'est pas grave. »
Même si elle n'avait pas été dotée d'un détecteur de mensonges interne, Emma n'aurait pas cru la brune. Le ton de sa voix était sec, surjoué et ses yeux refusaient d'entrer en contact avec les orbes verts qui l'observaient avec inquiétude.
« C'est pour ça que tu as été absente toute la semaine ? » demanda Ruby, jetant un œil par-dessus l'épaule d'Emma pour observer plus attentivement Regina. Celle-ci lui jeta un regard noir et se dirigea vers la machine à café, ses trois amies s'empressant de la suivre.
« J'ai eu une urgence familiale, » répondit Regina. « Comme Robin l'a dit à Emma lorsqu'elle est venue chez moi sans être invitée. »
« Nous étions inquiètes pour vous, » protesta Emma. Il était hors de question qu'elle s'excuse d'avoir voulu prendre de ses nouvelles après cinq jours de silence radio.
« Vous n'aviez pas à vous inquiéter, » dit Regina, évitant les trois paires d'yeux qui la fixaient. « Ma mère est tombée malade et je suis allée à Boston pour m'occuper d'elle. Le soir de mon arrivée, je suis rentrée dans une porte. Je ne connaissais pas bien l'agencement de sa nouvelle maison et j'ai fait un mauvais calcul. »
« Regina… »
« Et ici, comment ça s'est passé ? » demanda la brune, interrompant Emma qui avait le visage rongé par l'inquiétude.
« Comme d'habitude, » répondit Rose. « Rien de neuf, enfin sauf pour Emma…s'arrêta-t-elle soudainement, réalisant qu'elle était sur le point de parler d'une amie qui se trouvait juste à côté d'elle.
« Elle le sait déjà, » admit Emma.
« Tu lui as parlé de Neal à elle et pas à nous ? » dit Ruby, visiblement vexée.
« Elle a vu une photo de lui dans ma chambre le soir de la fête. Je comptais vous en parler aussi, je n'ai juste pas eu le temps de le faire avant que Felix n'ouvre sa grande bouche. Sérieux, dans cette école, les rumeurs circulent plus vite que n'importe où ailleurs. »
Regina éclata de rire et ouvrit la marche vers les sièges où elles s'asseyaient habituellement, son café à la main, et elle s'assit en attendant que Mr Gold n'arrive. Sirotant son café, elle réalisa soudain que c'était la première fois qu'elle riait depuis la fête chez Emma, neuf jours auparavant.
« Et on sait toutes de quoi ils vont parler aujourd'hui, » dit Ruby, interrompant les pensées de Regina et la ramenant à cette désagréable prise de conscience.
Regina fronça les sourcils. Elle pensait avoir réussi à classer le sujet de sa lèvre auprès de ses amies. Emma, assise à côté d'elle, nota la tension qui s'était emparée de la brune, et pouvait pratiquement sentir son corps vibrer de…quelque chose.
« Alors, est-ce que je vous ai dit que j'avais trouvé deux DVD pornos sous le lit d'Henry ? » dit Emma. Regina laissa échapper ce qui sembla être un soupir de reconnaissance quand elle se retourna vers la blonde.
« Déjà ? » demanda Regina.
Rose éclata de rire. « Quoi ? Lesquels ? »
« Oh, mon Dieu, » gloussa Ruby. « Et tu as fait quoi ? »
« Je lui ai dit que le rêve d'une femme n'était pas de participer à un gang-bang et qu'il devrait traiter ses futures petites copines avec respect, » soupira Emma.
« Ou ses petits copains, » fit remarquer Ruby.
« C'est vrai, » acquiesça Emma. Mais on n'a pas abordé ce sujet. Peut-être que j'aurais dû. Pour être honnête, j'ai un peu de mal à parler de sexe avec lui. J'ai toujours cru que ce serait Neal qui le ferait mais… »
« Je suis sûre que vous êtes une mère géniale, » dit Regina, qui s'approcha pour prendre la main d'Emma et la serra avec douceur.
« Je l'espère, » dit Emma en souriant tristement à ses amies. Elles la regardaient toutes avec le même air plein de compassion que la blonde détestait tant.
Regina se dirigea vers sa salle de classe la tête haute ce matin-là. Ses élèves discutaient bruyamment mais se calmèrent immédiatement dès qu'elle entra dans la pièce, comme à chaque fois. Ce qui fut inhabituel, ce furent les murmures qui se propagèrent dans la salle de classe dès que les élèves remarquèrent sa blessure à la lèvre.
« Oui, Violet, qu'y-a-t-il ? » demanda Regina en s'adressant à l'une des filles les plus populaires de sa classe de 4ème.
« Rien, Madame Mills, » répondit Violet Kingsley, qui se laissa glisser de son bureau pour s'asseoir sur la chaise où ses pieds étaient posés à peine quelques secondes plus tôt.
« Oh, vraiment ? » demanda Regina. « Aucune remarque, rien que tu souhaites partager avec le reste de la classe ? Aucune question à me poser ? »
« Qu'est-ce que vous avez à la lèvre, Madame ? » lança Jakob Davis depuis le fond de la classe.
Regina songea que c'était à lui qu'elle aurait dû demander en premier. Le jeune garçon aux cheveux roux était toujours prêt à bavarder et à semer la zizanie en classe.
« Je rendais visite à ma mère malade et je suis rentrée dans une porte au milieu de la nuit », récita Regina. « Elle vient de déménager et j'ai oublié qu'il y avait une porte à cet endroit-là. Et avant que tu le demandes, Jakob, oui, il y a eu beaucoup de sang et oui, j'ai dit un gros mot. Et non, je ne vais pas te dire lequel j'ai dit. Maintenant, à moins que quelqu'un ait encore une question… » Elle scanna la pièce du regard et fut satisfaite de constater que ses élèves semblaient accepter sa réponse. « Très bien, alors je vais faire l'appel et ensuite vous pourrez finir les devoirs de dernière minute que vous n'avez pas eu le temps de faire pendant votre week-end, qui a sans aucun doute été surchargé. »
Les cours du reste de la journée se déroulèrent de la même façon. Les murmures s'arrêtèrent dès qu'elle raconta son histoire. Personne ne mit en doute de ce qu'elle disait. Aucun élève ne remettait jamais en cause la parole de Regina Mills, à moins de vouloir finir la journée par des heures de colle.
Plusieurs de ses collègues firent des commentaires à l'heure du déjeuner, semblant moins enclins à croire à ses explications. Personne d'autre qu'Emma, Ruby et Rose ne lui fit aucune remarque sur ce qu'elle leur avait dit, mais cela ne voulait pas dire que les autres professeurs la croyaient, et Regina commençait à craindre que peut-être le plan de Robin ne suffirait-il pas à préserver leur secret cette fois-ci. Ses trois amies n'ajoutèrent rien de plus après le déjeuner, mais Regina savait qu'elles étaient inquiètes. Les yeux d'Emma, en particulier, reflétaient une telle préoccupation que la brune dut éviter son regard, un sentiment de honte et de culpabilité s'emparant d'elle alors qu'elle se forçait à avaler son escalope de poulet et ses légumes trop cuits.
Aussitôt que le dernier élève eut quitté la classe de géographie après la dernière sonnerie, Rose et Ruby entrèrent dans la classe, rejoignant Emma près de son bureau.
« Qu'est-ce que tu crois qu'il lui est vraiment arrivé ? » demanda Rose en se perchant sur la table en bois, alors que Ruby avait pris place sur la chaise d'Emma, la blonde finissant de ranger sa classe.
« J'en sais rien, mais ce dont je suis sûre, c'est que ça n'a rien à voir avec une porte, » répondit Emma d'un air sombre. Elle avait passé la journée à réfléchir à ce que Regina leur avait dit et elle savait que ça n'avait aucun sens. Déjà, parce qu'elle était absolument certaine d'avoir aperçu sa collègue à la fenêtre de sa cuisine le jour où elle était allée chez elle la semaine précédente. Et d'autre part, elle ne voyait pas comment il était possible qu'une simple porte ait pu mettre la lèvre de Regina dans un état pareil. Peu importe ce qui se passait réellement, Emma voulait connaitre la vérité.
« Vous connaissez Robin, non ? Qu'est-ce que vous pensez de lui ? » leur demanda-t-elle en finissant de ranger, comme elle le faisait à chaque fin de journée.
« Il est un peu bizarre je l'admets, mais je n'imagine pas qu'il puisse faire quoi que ce soit à Regina, » répondit Rose.
« Et pourquoi pas ? » demanda Emma. « Du peu que j'en ai vu, c'est un salaud dominateur qui passe son temps à lui dire ce qu'elle doit faire et quand elle doit le faire. » « Qui vous dit qu'il ne la contrôle pas aussi avec ses poings ? »
« Mais on n'a jamais vu le moindre bleu sur elle jusque-là, » fit remarquer Ruby. « Et elle ne nous a jamais parlé d'aucun problème dans leur mariage. »
« Les victimes de violences conjugales n'en parlent jamais, » dit Emma en rangeant quelques livres dans le placard avant de s'asseoir à son bureau, en face de ses amies. « Mais ça ne veut pas dire que ça n'arrive pas. Et il ne s'agit pas toujours de violences physiques. La maltraitance psychologique est tout aussi dangereuse et peut faire en sorte que les victimes se sentent prisonnières de la relation. En plus, il peut très bien l'avoir frappée à des endroits cachés par ses vêtements. Les maris violents les plus intelligents font ça. »
« Des violences conjugales ? » dit Rose, les sourcils levés. « Enfin Emma, c'est de Regina qu'on est en train de parler! C'est l'une des personnes les plus charismatiques, sûres d'elles et intelligentes que je connaisse. Je ne l'imagine pas laisser qui que ce soit la contrôler ou la manipuler de quelque manière que ce soit. »
« Je sais bien qu'elle est comme ça ici, » acquiesça Emma. « Mais vous avez passé du temps avec elle et Robin? Elle est différente quand il est là, n'est-ce pas ? »
« On lui a à peine parlé, pour être honnête, » admit Ruby. « Il n'assiste jamais aux évènements organisés par l'école et Regina ne nous invite pas chez elle. »
« Et vous ne trouvez pas ça bizarre ? » dit Emma. « Elle aime discuter avec nous au collège, et je crois qu'elle s'est bien amusée à ma soirée. Alors pour quelle raison ne voudrait-elle pas qu'on aille lui rendre visite ? Je suis sûre que ce manoir est un endroit merveilleux pour inviter du monde. Vous trouvez pas ça bizarre qu'elle ne nous ait jamais proposé d'y aller ? »
« Peut-être qu'elle n'aime tout simplement pas recevoir ? » suggéra Rose.
Emma ne put s'empêcher d'éclater de rire. « Vous connaissez Regina mieux que moi mais de ce que j'ai vu, une femme comme elle serait ravie de recevoir. Je suis même certaine qu'elle adorerait ça ! Tout le monde qui la complimenterait sur sa cuisine, sur la qualité de son vin et sur sa magnifique maison. Toute une soirée à être le centre de l'attention. Enfin, je suis même surprise qu'elle n'ait pas participé plusieurs fois à Masterchef et battu à plate couture tous les autres concurrents. »
« On l'a encouragée à s'inscrire à cette émission, » gloussa Rose.
« Et pourquoi elle ne l'a pas fait ? » demanda Emma.
« Elle a dit que Robin n'approuverait pas, » répondit Ruby, qui fronça légèrement le front tandis qu'elle parlait.
« Est-ce que Regina Mills vous semble être le genre de personne à laisser qui que ce soit l'empêcher de faire quelque chose ? » demanda Emma. « Bon sang, les filles, vous savez aussi bien que moi que quelque chose ne tourne pas rond dans ce manoir! Est-ce que ce n'est pas notre devoir envers notre amie de faire quelque chose ? »
« Comme quoi ? » demanda Ruby.
« Comme parler à quelqu'un de nos soupçons ? » suggéra Emma.
« Tu veux accuser Robin Mills de maltraiter sa femme ? » répondit Rose, la bouche grande ouverte.
« Je veux protéger mon amie, » dit Emma avec défiance. « Et c'est qui ce Robin, d'ailleurs ? Qu'est-ce qu'il fait dans la vie ? » ajouta-t-elle, se rappelant soudainement la conversation qu'elle avait eue avec Henry plusieurs semaines auparavant et réalisant qu'elle ne connaissait toujours pas la profession du mari de son amie.
« Officiellement, il est marchand d'art, » l'informa Ruby. « Officieusement, c'est le voleur le plus notoire de cette partie du pays. »
« Un voleur ? » lâcha Emma, la bouche grande ouverte.
« Lui et sa bande orchestrent des braquages de haut vol à ce qu'il parait. Dans des maisons de campagne, parfois chez des collectionneurs. Je crois qu'ils ont cambriolé un ou deux musées, il y a quelques années. »
« Pourquoi est-ce qu'ils ne sont pas en prison si tout le monde est au courant ? » demanda Emma, abasourdie.
« Robin a les flics dans sa poche, » dit Ruby. « Il file des super pots de vins aux chefs de la police, aux juges, aux avocats et aux officiers pour les persuader de regarder ailleurs. Ils sont accusés de temps en temps, mais ça ne va jamais jusqu'au procès. »
« Mais enfin, comment Regina a-t-elle pu finir avec un type pareil ? » s'écria Emma. « Elle est diplômée de la meilleure université du pays, nom d'un chien ! »
« Est-ce que tu viendrais d'admettre qu'Harvard est une meilleure fac que Yale ? » gloussa Ruby.
« Ce n'est pas le sujet ! » dit Emma avec colère, en se levant violemment de sa chaise. Elle commençait à être vraiment agacée par le fait que ni Rose, ni Ruby ne semblaient voir ce qui était si évident à ses yeux. « Vous vous fichez de moi, ça fait des années que vous savez que Regina est mariée à un cambrioleur bourré de fric et au-dessus des lois et vous n'êtes même pas un petit peu inquiètes ?»
« Pourquoi devrait-on l'être ? » demanda Rose. « Regina est heureuse, n'est-ce pas ? »
« Elle se pointe ici avec une cicatrice de près de trois centimètres sur le visage et elle nous ment sur la façon dont ça lui est arrivé! Non, Rose, Regina n'est pas heureuse. »
Emma attrapa son sac à main et sortit comme une furie de sa classe, laissant Ruby et Rose la regarder d'un air hébété.
La vibration contre sa cuisse la fit sursauter. Elle avait pris l'habitude de garder son téléphone en mode silencieux depuis peu étant donné que les bips et les sonneries avaient été ajoutés à la longue liste des choses que Robin ne supportait plus dans leur maison. Essuyant ses mains pleines de mousse à l'aide d'un torchon, Regina prit son téléphone dans sa poche et le déverrouilla afin de lire le message.
Je suis garée au bout de la rue. S'il vous plait, venez. Il faut qu'on parle. Emma
Regina soupira et passa sa main sur son estomac qui gargouillait. Robin lui avait interdit de diner quand elle lui avait dit que leur mensonge n'avait pas réussi à berner ses collègues de travail. Il lui avait affirmé qu'elle était la seule coupable si les gens ne la croyaient pas, et que c'était à elle de faire en sorte de les convaincre. La dernière chose dont elle avait besoin, c'était qu'Emma commence à venir fouiner partout. Elle savait que la blonde avait de bonnes intentions mais son intervention ne faisait rien d'autre qu'aggraver la situation. Après un moment d'hésitation, Regina pianota rapidement sa réponse.
Je ne peux pas. Je suis occupée.
La réponse fut quasiment instantanée.
La vaisselle peut attendre. Pas moi. Je vous en prie.
Génial. Alors maintenant la blonde l'espionnait. Regina soupira de nouveau et s'appuya contre le plan de travail. Il était clair qu'Emma n'avait pas l'intention de partir de sitôt. Traversant la grande maison, Regina s'arrêta devant le bureau de son mari. Elle prit une profonde inspiration et frappa à la porte.
« Quoi ? »
« Excuse-moi de te déranger, » dit Regina dès qu'elle eut passé le seuil de la porte. « Nous n'avons plus de lait et je me demandais si tu pouvais me laisser aller à la supérette pour en acheter. »
« Oui, mais dépêche-toi. Et pas de nourriture. Tu connais les règles, » grogna Robin, sans même lever les yeux de ce que Regina perçut comme les plans d'un immeuble.
« Oui, Robin. Merci. »
Elle sortit de la pièce et prit son portefeuille et son manteau dans le hall. Le vent automnal fouetta ses cheveux quand elle s'arrêta sous le porche, fermant doucement la porte derrière elle. Elle ne mit pas longtemps à repérer Emma, la coccinelle jaune se voyant d'assez loin, même sous la faible lumière du soir. Elle se dépêcha de descendre la rue en s'emmitouflant dans son manteau.
« Bonsoir, » dit Emma, dès que la brune se fut assise dans la voiture, refermant la portière.
« Qu'est-ce que vous voulez ? » demanda Regina. « Je ne peux pas rester. »
Emma ne dit rien. Au lieu de ça, elle démarra la voiture et s'éloigna rapidement du trottoir, les pneus crissant légèrement sur le goudron.
« Emma ! » hurla Regina alors que la vitesse de l'accélération la colla au siège. « Qu'est-ce que vous faites, bon sang ! »
« Je vous éloigne de cette maison pour que vous puissiez vraiment me parler, » répondit Emma, qui se dirigea en bas de la rue avant de tourner et d'accélérer à nouveau.
Regina ouvrit la bouche pour protester mais elle savait que ça ne servait à rien. Alors, elle se rassit correctement en silence et lança des regards furieux à Emma jusqu'à ce que la blonde se gare dans le petit parking d'un magasin de proximité. Au moins, elle pourrait revenir avec du lait pour justifier son absence, songea Regina.
« C'est terminé, le kidnapping ? » demanda-t-elle d'une voix cinglante.
« Si vous me parlez à nouveau comme ça, alors oui, » acquiesça Emma. « Vous êtes différente dans cette rue, Regina. Et c'est à ma collègue de travail que je veux parler, pas à la prisonnière de Mifflin Street. »
« La prisonnière ? » s'énerva Regina. « De quoi diable parlez-vous ? »
« Qu'est-ce qui vous arrive? » demanda Emma d'une voix douce, en se tournant vers Regina pour prendre ses deux mains dans les siennes. « Je sais qu'il y a quelque chose, Regina, et je veux savoir ce que c'est. Peut-être que je peux vous aider. Je vous en prie, dites-moi ce qui se passe. »
« Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez, Emma. Soyez gentille, ramenez-moi chez moi. »
« Non, » dit calmement Emma en retirant la clé du contact. « Pas tant que vous ne m'aurez pas dit ce qui se passe entre vous et Robin. Est-ce qu'il vous fait du mal Regina ? Est-ce qu'il vous a frappée ? C'est à cause de lui que vous êtes blessée à la lèvre ? »
Le sang de Regina commença à battre contre ses tempes. Sa poitrine se serra et il lui sembla que l'oxygène manquait soudainement dans cette voiture. Elle tâtonna pour ouvrir la portière et sortit péniblement du véhicule. Son corps était lourd, faible et désorienté. Ses pieds touchèrent le sol mais ses genoux refusèrent de la soutenir. De loin, Regina entendit qu'on l'appelait par son prénom avant que l'obscurité qui pointait au coin de ses yeux ne s'étende peu à peu, la plongeant dans les ténèbres.
Voilà, vous me direz ce que vous en pensez, je ne vous spoile pas le prochain chapitre, mais je pense que vous l'aimerez. A mercredi! Bisous!
