Coucou! J'espère que vous allez bien :) Merci de suivre cette fic et bienvenue aux nouveaux followers :) J'espère que votre semaine se passe bien. Allez, je ne vous fais pas attendre plus longtemps pour le chapitre 10, que je sais que certaines personnes sont impatientes de découvrir. Bonne lecture!

Chapitre 10 Regina contre Regina

Elle ouvrit lentement les yeux. Sa vision était trouble mais elle pouvait distinguer les contours de quelques meubles et d'une télévision. La pièce faiblement éclairée lui semblait familière mais elle n'arrivait pas à se rappeler d'où elle la connaissait. Confuse, elle fronça les sourcils et essaya de s'asseoir.

« Eh, doucement, restez allongée. »

De douces mains se posèrent sur ses épaules, l'incitant à se recoucher sur les coussins moelleux et elle n'eut pas la force de résister.

« Emma? »

« Oui, » dit la blonde, dont les contours du visage se firent plus nets pour Regina alors qu'elle s'asseyait près d'elle sur le canapé. « Comment vous sentez-vous? »

« Où suis-je? » demanda Regina, ignorant la question.

« Chez moi, » répondit Emma. « Je vous ai amenée ici après que vous ayez perdu connaissance. Quand vous êtes revenue à vous sur le parking, vous avez dit que vous ne vouliez pas aller à l'hôpital et il était hors de question que je vous ramène chez vous avec Robin. Vous vous êtes évanouie à nouveau dans la voiture et vous êtes restée inconsciente pendant environ une heure. »

« Merci, » dit Regina, levant la main pour toucher sa tête, prise d'une migraine. Elle était dans la confusion la plus totale. Habituellement, elle savait toujours qui elle était supposée être. La Regina de Robin, ou la vraie Regina. A présent, cependant, elle s'était apparemment évanouie comme la Regina de Robin: sur ses gardes, sur la défensive, soumise et vivant constamment dans la peur. Et maintenant elle s'était réveillée dans un endroit sûr, avec une amie à ses côtés, quelqu'un qui s'inquiétait pour elle et qui avait compris très précisément ce qui se passait derrière les murs de sa grande maison. Qui était-elle censée être à présent? Regina réalisa qu'elle avait besoin d'en savoir plus avant de décider quelle personne devenir.

« Qu'est-ce qui m'est arrivé? »

« Vous vous êtes évanouie, » répéta Emma. « Pour quelle raison, je suppose que c'est à vous de me le dire, » dit la blonde en fixant d'un air interrogateur le visage blanc comme un linge se trouvant en face d'elle.

« Je peux avoir un peu d'eau s'il vous plait? »

Même si elle mourait d'envie de sermonner la brune pour ses évidentes tactiques de diversion, Emma n'en fit rien. Elle servit docilement un verre d'eau fraiche à Regina et le porta à ses lèvres. Regina leva la tête et but lentement, sa gorge protestant sous la déglutition.

« Je n'ai pas diné. » admit la brune une fois qu'Emma eut reposé le verre sur le plateau. La vraie Regina semblait commencer à reprendre le dessus.

Emma se leva sans un mot et quitta la pièce. Fronçant les sourcils, Regina se tourna sur le côté et tendit le cou en direction de la porte. Quelques secondes plus tard, Emma revint avec une barre de céréales qu'elle ouvrit avant de la glisser dans la main de Regina, puis se rassit, regardant alternativement la nourriture et le visage de la brune. Levant les yeux au ciel, celle-ci mordit finalement le coin de la barre de céréales, ce qui sembla satisfaire Emma.

« Pourquoi n'avez-vous pas diné? » demanda Emma. « Vous avez à peine touché à ce poulet infâme qu'Eugenia nous a servi au déjeuner. J'étais morte de faim tout l'après-midi et je parie que vous aussi. »

Regina se hissa en position assise, ignorant les protestations d'Emma. Une couverture tomba sur sa taille, et Regina réalisa que la blonde avait clairement essayé de l'installer le plus confortablement possible pendant qu'elle était inconsciente. Sans la chaleur de la couverture, Regina se sentit soudain mise à nue et vulnérable. Qu'était-elle donc en train de faire? Que faisait-elle ici à parler à Emma? Elle devait partir tout de suite. La Regina de Robin cherchait à reprendre le contrôle.

« Je dois rentrer chez moi, » dit précipitamment Regina en se préparant à se lever. Elle se sentait toujours confuse mais en tout cas elle était sûre d'une chose. « Robin va se demander où je suis, je lui ai dit que j'allais acheter du lait. »

« Vous êtes devenue très douée pour le mensonge, apparemment, » dit Emma en se rasseyant confortablement, le dos contre les coussins, fixant sa collègue du regard. « Je vous en prie, Regina, dites-moi ce qui se passe. Je peux vous aider si vous en avez besoin. Et si je me trompe sur toute la ligne, vous n'avez qu'à me le dire. Quoi qu'il arrive, je suis là pour vous. »

Il y eut un long silence. Regina saisit le verre d'eau et le vida d'un seul coup, ses poumons brûlants au contact de l'eau froide qui coulait de nouveau dans sa gorge. Elle ne pouvait pas faire ça. Elle ne devait rien dire à Emma. Elle ne pouvait parler à personne de ce qui lui arrivait. La Regina de Robin ne la laisserait pas faire. Et de toute façon, même si elle en parlait à quelqu'un, cela ne ferait aucune différence. Personne ne pouvait rien contre Robin. Lorsqu'elle leva les yeux, Emma attendait patiemment qu'elle parle, la fixant d'un regard à la fois déterminé et inquiet. La vraie Regina s'efforçait de reprendre l'avantage, luttant de toutes ses forces contre la Regina de Robin. Même la brune ignorait laquelle des deux allait gagner.

Regina prit une profonde inspiration et parla enfin.

« Ce n'était pas sa faute. »

La vraie Regina. Elle avait réussi. Enfin, elle avait vaincu la force oppressante de la Regina de Robin, dont les murs commençaient à se fissurer.

Elle sentit le canapé s'enfoncer à côté d'elle alors qu'Emma s'approchait, leurs doigts s'entrelaçant quand la blonde attira Regina dans ses bras. La brune ne s'était même pas rendu compte qu'elle pleurait jusqu'à ce que qu'un violent sanglot ne secoue son corps. Emma la serra plus fort, lui murmurant des mots apaisants à l'oreille et caressant doucement son dos tandis que ses larmes coulaient, son souffle court soulevant sa poitrine.

Lorsque Regina s'écarta finalement, ses yeux étaient rouges et gonflés. Les joues d'Emma étaient également striées de larmes mais elle les essuya avant de se retourner pour faire face à Regina sur le canapé, prenant ses deux mains dans les siennes.

« Racontez-moi. »

La vraie Regina hocha la tête et commença à parler.

« J'avais dix-sept ans quand j'ai rencontré Robin. Il était ami avec mon premier petit-ami, Daniel. Ils avaient un an de plus mais nous étions tous dans le même lycée même si ni l'un ni l'autre ne s'intéressait particulièrement aux études. Ils sont restés dans notre ville d'origine quand je suis allée à Harvard mais Daniel et moi sommes restés ensemble pendant toutes mes études de licence. L'été suivant ma remise de diplôme, il m'a dit qu'avec Robin et certains amis communs, ils avaient commencé à faire des cambriolages, leurs cibles étaient des gens aisés et ils prenaient tout ce qu'ils pouvaient trouver. J'étais horrifiée mais j'aimais tellement Daniel que j'ai juste...fait avec. »

Emma serra doucement les mains de Regina quand elle la sentit hésiter.

« J'aurais dû les en empêcher. J'aurais dû savoir que ça finirait mal. »

Regina fit une nouvelle pause, son regard fixant un point imaginaire sur le mur d'en face. Emma pouvait presque entendre le cliquetis de son cerveau alors que les souvenirs et les émotions traversaient son doux visage.

« Que s'est-il passé? » l'encouragea gentiment Emma, la voyant se perdre dans un océan de regrets et de tristesse. Elle voulait la ramener à ce qu'elle disait, la ramener à la vérité.

« Le cambriolage d'une maison a mal tourné, » expliqua Regina. « Les propriétaires étaient censés être absents. Un braquage sans victimes, comme ils disent...Mais pour je ne sais quelle raison, le mari était là, et il était armé. Le reste de la bande a réussi à s'enfuir, mais Daniel...Il a été tué. Robin m'a appelée pour me le dire le lendemain matin. J'ai pleuré pendant une semaine. Je venais de retourner à Harvard pour commencer mon Master et je ne connaissais pratiquement personne. Robin est venu me voir. Il était tellement gentil à cette époque-là. Il aimait Daniel lui aussi et il nous manquait terriblement à tous les deux. Je ne sais pas vraiment comment notre relation a commencé mais je pense qu'il y avait déjà quelque chose à ce moment-là. Au fil des mois, les visites de Robin sont devenues de plus en plus fréquentes et peu de temps après nous nous sommes fiancés. Et je crois que nous étions heureux ensemble. Ce n'était pas comme avec Daniel mais ça pouvait aller. »

Le cœur d'Emma se serra en entendant comment Regina avait perdu son premier amour, comment son petit-ami lui avait été arraché, de la même façon que Neal. Avant l'heure et contre leur volonté. Elle savait exactement ce que ressentait Regina. Elle savait combien la perte qu'elle avait subie avait été douloureuse.

« Nous nous sommes mariés en moins d'un an, » continua Regina. « J'avais 25 ans, c'était très précipité mais aucun de nous n'avait vraiment les idées claires. Robin et sa bande ont déménagé à Cambridge car les cibles de ses cambriolages y étaient beaucoup plus riches. Ils ont même réussi à cambrioler l'université une fois et à prendre le portrait d'un des anciens élèves. Je sais que vous vous demandez probablement ce que je faisais avec lui, pourquoi je soutenais un voleur et pour être honnête, je n'ai pas la réponse à cette question. Daniel était quelqu'un de bien qui s'est juste laissé embarquer par ses amis. Robin, par contre, c'était leur leader. C'était lui qui poussait le groupe toujours plus loin et en voulait toujours plus. Un jour, juste après que j'aie terminé mon doctorat, ils ont vu trop grand. Ils se sont fait arrêter par la police au moment où ils quittaient un manoir de la région. Les propriétaires avaient deux systèmes de sécurité et ils n'ont pas réussi à désactiver le deuxième correctement. Robin et ses amis ont passé des mois en prison en attendant leur procès et j'étais morte d'inquiétude. Je ne savais pas quoi faire. Robin était ce qu'il était, mais nous étions mariés et c'était mon devoir de le soutenir. »

Emma fronça les sourcils en entendant la façon dont Regina parlait, comme si son mariage avait été une obligation et non un acte d'amour.

« Ils ont été libérés pour vice de forme. » dit Regina. « Pourtant, l'un des inspecteurs, Keith Nottingham, voulait absolument coincer Robin et il l'a poursuivi durant des mois, après ça, convaincu qu'il trouverait quelque chose contre lui. A cette époque-là, je travaillais dans un centre de recherches à Cambridge mais un jour, Robin est rentré à la maison et m'a annoncé que nous devions déménager. Nous avons tout emballé l'après-midi même, le camion est venu au milieu de la nuit et nous avons quitté notre maison. Nous sommes arrivés ici au lever du soleil et je dois admettre que j'étais excitée par la perspective d'un nouveau départ. Je n'aimais pas mon travail et je savais depuis toujours que je voulais enseigner. J'ai immédiatement repris mes études pour devenir professeur. Robin a pris mon nom de jeune fille et je l'ai repris aussi, pour tromper l'inspecteur Nottingham, puis nous avons acheté notre maison. »

« Robin a pris votre nom? » demanda Emma, surprise.

« Je sais, » acquiesça Regina. « Ce n'est pas son genre de faire ça mais ça a servi ses intérêts et il a vécu en tant que Robin Mills au lieu de Robin Locksley à partir de là. »

Regina fit une pause, se remémorant les premières années qu'ils avaient passées dans cette maison. Ce n'était pas parfait, loin de là, mais elle avait été heureuse, du moins plus heureuse que maintenant.

« Que s'est-il passé entre vous? »

La question força Regina à se tourner vers Emma, les yeux verts brillants la suppliant de lui dire la vérité.

« Je ne sais pas, » admit Regina. « C'est arrivé graduellement. Au début, il est juste devenu plus directif, je suppose. Il ne me laissait plus sortir, il refusait que j'invite mes amis, il insistait pour que je cuisine et que je nettoie à n'importe quel moment. C'est arrivé petit à petit. Pour être honnête, je ne m'en suis presque pas rendue compte. Et je me sens tellement stupide parce que c'est devenu si évident, maintenant. Je veux dire, vous, vous l'avez remarqué tout de suite, n'est-ce pas? »

« Je savais que quelque chose n'allait pas, oui, » acquiesça Emma.

« Il est intelligent, manipulateur. Et nous avons un très lourd passif ensemble, » dit Regina. « Je connais Robin depuis mes dix-sept ans, et nous sommes mariés depuis douze ans. »

« J'ai été mariée pendant douze ans avec Neal mais jamais il ne m'a ouvert la lèvre, » fit remarquer Emma.

Il y eut un silence.

« Vous n'allez même pas essayer de le nier ? »

« A quoi est-ce que ça servirait ? » soupira Regina, qui s'appuya de nouveau sur le canapé en passant son doigt sur sa blessure. Elle ne lui faisait plus mal mais elle détestait déjà ce à quoi elle la faisait ressembler. Une femme abimée. Mal-aimée. Brisée.

« Comment est-ce arrivé ? » demanda Emma en se calant contre les coussins à côté de Regina.

« Quand je suis rentrée de votre soirée, j'ai senti du parfum dans notre chambre. Ce n'était pas le mien et je sais que Robin m'a déjà trompée avant ça. Alors quand il m'a dit qu'il voulait faire l'amour, pour la première fois de notre mariage, je lui ai dit non et il m'a frappée. »

« Il a essayé de vous violer ? » demanda Emma, le visage assombri par la colère.

« Ce n'est pas du viol, » rétorqua Regina. « Un mari ne peut pas violer sa femme parce qu'elle lui appartient. »

La bouche d'Emma s'ouvrit sous le choc. « Non mais vous vous entendez ? » s'exclama-t-elle. « Je vous en prie, réfléchissez à ce que vous venez de dire. Vous pensez vraiment être la propriété de Robin ? Regina, vous n'appartenez à personne et vous avez le droit de dire non à Robin, en particulier pour le sexe. Je vous en supplie, dites-moi qu'il ne vous a pas déjà violée avant ça. »

« Ce n'est pas du viol, » répéta Regina.

« Bien sûr que si, » insista Emma, sa colère augmentant à mesure que son amie parlait. « Il y a une putain de loi qui mentionne clairement qu'un mari peut être accusé de viol. Elle est passée en 1991 nom d'un chien ! C'est un crime reconnu depuis trente ans! Regina, il vous a fait un lavage de cerveau. Vous êtes une femme merveilleusement intelligente et l'une des personnes les plus cultivées que j'aie jamais rencontrées, mais ce salaud s'est débrouillé pour s'immiscer dans votre esprit et y a tellement mis le foutoir que vous êtes incapable de voir ce qu'il vous fait subir. S'il vous plait, je vous en prie, dites-moi que vous comprenez que le fait qu'il vous force à faire l'amour n'est pas bien. »

« Nous sommes mariés, » dit Regina, à peine plus haut qu'un murmure.

« Peu importe ! » dit fermement Emma. « Robin n'a aucun droit sur votre corps. Votre corps, Regina. »

Regina détourna les yeux du regard implorant d'Emma et fixa un point imaginaire sur le mur. Emma attendit patiemment, réalisant à quel point la brune luttait pour rassembler ses esprits. La pendule au-dessus de la cheminée lui indiqua qu'il était plus de vingt heures. Robin allait probablement être fou…d'inquiétude ? Non, de colère plutôt. Elle se demanda combien d'appels manqués elle allait trouver sur son téléphone.

Elle pourrait rentrer chez elle, s'excuser d'être partie si longtemps et accepter sa punition. C'est ce que la Regina de Robin voulait qu'elle fasse. Elle se demanda brièvement en quoi cela consisterait. Robin lui donnerait plus de corvées à faire et la priverait à nouveau de son portable, probablement. Mais si elle faisait ça, Emma saurait, remarqua la vraie Regina. Emma savait tout maintenant. Emma, qu'elle ne connaissait que depuis cinq semaines et qui avait su voir ce que Rose et Ruby n'avaient jamais remarqué malgré plusieurs années d'amitié. La blonde avait su voir à travers la façade lisse du mariage des Mills et elle avait insisté encore et encore, jusqu'à ce que Regina admette finalement la vérité. Mais que pouvait faire Emma ? La jeune femme blonde pouvait-elle réellement la sauver de cette vie misérable qu'elle devait supporter? Et si elle s'en sortait, si elle se libérait de Robin, que deviendrait sa vie ? Elle n'avait jamais vécu seule, elle n'avait jamais vraiment été célibataire. Que devait-elle faire ?

« Qu'est-ce que je dois faire ? »

Si quelqu'un était capable de répondre à cette question, c'était la jeune femme assise en silence à côté d'elle.

« Vous pouvez rester ici cette nuit et demain, nous irons voir la police, » répondit Emma, d'une voix calme et posée.

« La police ? » « Non, je dois rentrer, » dit Regina, en se levant. Le mouvement soudain prit son corps par surprise et lui donna le vertige.

« Wow. » Les bras solides d'Emma s'enroulèrent autour d'elle, soutenant son dos et la guidant jusqu'au canapé avant que la blonde ne se rasseye près d'elle. « Vous ne retournerez pas avec ce monstre. Ni ce soir, ni jamais. C'est terminé, Regina. Jamais plus il ne vous fera de mal. »

« Comment pouvez-vous me promettre ça ? » demanda Regina. « Tous les policiers de ce district lui lèchent les bottes. Il paie tous ceux qui le suspectent. Il est pratiquement intouchable. »

« Je vous promets de vous protéger, » assura Emma. « Vous allez rester ici avec moi cette nuit et demain nous irons au poste et vous ferez une déposition. On obtiendra une injonction d'éloignement ou ce dont vous aurez besoin. Et ensuite, on ira voir un avocat et vous ferez une demande de divorce. Vous n'êtes plus prisonnière, Regina. Vous pouvez vous en sortir et je serai là pour vous aider. »

« Pourquoi ? » demanda Regina.

« Parce que vous êtes mon amie et que je sais ce que c'est de perdre quelqu'un et de ne plus savoir quoi faire de sa vie. Robin a su profiter de vous au moment où vous étiez le plus vulnérable et tout ça n'a que trop duré. Daniel ne voudrait pas de ça pour vous, vous ne croyez pas ? »

Le sanglot angoissé que Regina laissa échapper fit presque culpabiliser Emma d'avoir mentionné son amour perdu, mais elle sut que l'argument avait fait mouche. La brune s'écroula dans ses bras, l'écho de ses cris résonnant sur les murs tandis que la jeune femme acceptait finalement de reconnaitre ce qui lui était arrivé. Henry passa la tête dans l'embrasure de la porte quelques instants plus tard mais un léger mouvement de tête d'Emma le fit reculer, laissant les deux femmes dans les bras l'une de l'autre sur le canapé.

Après un long moment, les larmes de Regina se calmèrent enfin.

« Vous voulez aller dormir ? » demanda Emma.

Regina hocha la tête et renifla. Emma l'aida à se lever avec douceur et l'accompagna en haut des escaliers. Heureusement, la chambre d'amis était déjà prête et Regina s'assit sur la couette, toujours sous le choc. Emma quitta la pièce et revint au bout de quelques secondes avec un vieux T-shirt, un bas de pyjama et une brosse à dents posée sur le dessus.

« La salle de bain est là, la porte est juste à côté. Dites-moi si vous avez besoin d'autre chose, d'accord ? » dit Emma en posant les affaires sur le lit.

Regina hocha la tête sans rien dire, les yeux fixés sur le sol. Le choc des évènements de la soirée l'avait épuisée, mentalement et physiquement. Tout ce qu'elle voulait, c'était se coucher dans le lit moelleux et tout oublier.

« Bonne nuit Regina, » dit Emma, qui déposa un doux baiser sur le sommet de sa tête.

La brune ne répondit pas.

Emma sortit de la pièce et ferma la porte. Elle s'appuya contre le mur du couloir et soupira, frottant son visage de ses mains. Elle était vidée de toute énergie, son cerveau peinait à assimiler tout ce que Regina lui avait dit et son cœur rempli de peine pour son amie.

« Maman ? »

« Eh, Henry. Je suis vraiment désolée pour ce soir, » dit Emma, qui adressa un sourire à son fils quand elle le vit passer la tête par la porte du couloir.

« C'est rien. Qu'est-ce qui se passe avec Mme Mills ? » demanda-t-il, quand il jeta un œil par-dessus l'épaule de sa mère et constata que la porte de la chambre d'amis était fermée.

« Descends avec moi, je vais réchauffer le gratin de pâtes d'hier soir, » dit Emma, qui descendit l'escalier et se dirigea vers la cuisine. Henry la suivit, intrigué.

« Est-ce que Mme Mills va rester dormir ici cette nuit ? » demanda Henry en s'asseyant à table.

« Oui. Son mari n'est…pas quelqu'un de bien, » termina-t-elle, se demandant ce que Regina voudrait qu'elle dise à Henry. Rien, probablement, songea-t-elle, en sortant les restes du réfrigérateur.

« C'est lui qui l'a blessée à la lèvre, pas vrai ? »

Il y a très longtemps, Emma s'était promis à elle-même de ne jamais mentir à son fils. Et techniquement, Regina ne pouvait pas lui en vouloir parce qu'elle n'avait rien dit à Henry, c'est lui qui avait deviné.

« Oui, » répondit-elle après une pause. « Mais tu ne dois surtout pas en parler en classe, d'accord ? C'est très personnel et Regina tient à ce que personne d'autre ne soit au courant. »

« Ok, » acquiesça Henry. Il comprenait mieux que personne comment on se sent quand les gens apprennent vos problèmes personnels. « Est-ce qu'elle va rester longtemps ? »

« Je ne sais pas, » admit Emma. « Mais pour l'instant, elle n'a nulle part où aller. Ça te dérange si elle reste avec nous ? »

« Je vis déjà avec une prof. Je crois pas que vivre avec deux fasse une grosse différence au collège, » plaisanta-t-il.

« Est-ce que les autres t'embêtent parce que ta mère est prof ? » demanda Emma en allumant le micro-ondes avant de s'appuyer sur le plan de travail.

Henry secoua la tête. « Non, ils trouvent que c'est cool d'avoir une « mère sexy », dit-il en faisant des guillemets imaginaires, un petit sourire sur le visage. « Et vu que t'es pas ma prof, c'est pas si important. Mais ils viennent toujours me voir pour se plaindre quand tu leur mets des sales notes, par contre.»

« Je me plains aussi quand ils me rendent de mauvais devoirs, » répondit Emma.

Henry éclata de rire et Emma émit un petit gloussement avant qu'ils gardent le silence.

« Je ferais jamais ça, » dit Henry après une pause.

« Quoi ? »

« Frapper une femme. »

« Je sais, Henry, » dit Emma en souriant à son fils. « Mais le mari de Mme Mills ne l'a pas seulement maltraitée physiquement. Il la contrôlait, il la forçait à faire des choses, il la punissait à la moindre erreur. Tout ça, c'est mal, Henry, et certaines femmes ne réalisent pas ce qui se passe avant qu'il soit trop tard. Mais pour Regina, ça va bien se passer. Je vais l'emmener voir la police demain et on va la protéger. »

« T'es une bonne amie, » dit Henry. « Mme Mills a de la chance que tu sois là pour elle. »

« Tu sais, quelquefois, les gens ne peuvent pas se relever seuls et ont besoin de soutien, au moins jusqu'à ce qu'ils retrouvent leur force. »

« Est-ce que Mme Mills va bientôt retrouver sa force ? »

« Je l'espère, Henry. Je l'espère vraiment. »

Voilà, il était temps que la vérité sorte, non? J'espère que ça vous a plu, comme d'habitude, n'hésitez-pas à partager votre avis. La suite vendredi, et ce sera un chapitre que vous allez à la fois adorer et détester, je n'en dis pas plus... Bisous, bisous!