Coucou! J'espère que vous allez bien en cette veille de week-end :). Je souhaite la bienvenue aux nouveaux followers. Aujourd'hui, mention spéciale à Captain-Blondie, Juju62, Morden1984 et Chrysti971, qui me laissent à chaque fois une review ou un message privé. Je vous adore! 3
Allez, comme je sais que vous l'attendez avec impatience, voici le chapitre 11. Bonne lecture! :)
Chapitre 11 Intrusion nocturne
BANG! BANG! BANG!
Emma se réveilla en sursaut, confuse. Les chiffres rouges de son radio réveil brillaient dans l'obscurité, lui indiquant qu'il était minuit passé. Alors qu'elle fronçait les sourcils, les coups retentirent à nouveau, suivis d'un cri de rage.
« REGINA ! »
Les souvenirs des évènements de la veille lui revinrent en mémoire et Emma sortit péniblement de son lit avant de s'engager dans le couloir sombre. A travers l'obscurité, elle distingua immédiatement Regina, recroquevillée sur le sol juste devant l'entrée de sa chambre. Son corps frêle tremblait et Emma l'entendait pleurer.
« Eh, ça va aller, » assura Emma, qui se précipita vers Regina et posa une main sur son épaule. Regina tressaillit. « Pardon, » dit Emma en retirant vivement sa main. Elle s'agenouilla près de son amie tandis que les coups contre la porte redoublaient.
« C'est Robin, » dit Regina, la voix à peine plus audible qu'un murmure. « Il est venu me ramener. Je…Je l'ai entendu et j'étais sur le point d'y aller. Je suis sortie du lit, je…je suis venue ici et ensuite…Je n'ai pas pu aller plus loin. Je vous en prie, Emma, je ne veux pas aller avec Robin. »
« Je vais nous débarrasser de lui, » assura Emma. « Il ne vous emmènera nulle part, pas si vous ne voulez pas. »
Regina ne dit rien, se repliant davantage sur elle-même.
« Maman ? »
Henry se tenait debout dans le couloir, les yeux à demi clos et les cheveux en bataille. Il était évident que les coups assourdissants de Robin contre la porte d'entrée l'avaient réveillé lui aussi.
« Attends-moi ici avec Regina, s'il te plait, » lui intima Emma. « Je reviens tout de suite. »
Elle dépassa son fils dans le couloir et dévala l'escalier, si vite qu'elle faillit se briser le cou. Elle attrapa sa veste sur le porte-manteau et la jeta sur ses épaules avant de déverrouiller la porte.
« Quoi ? » cracha-t-elle dès qu'elle vit Robin debout sous son porche, le poing levé, prêt à donner un nouveau coup sur la porte.
« Où est ma femme ? » demanda-t-il, d'une voix grave et menaçante.
« En sécurité, » répondit sèchement Emma, les bras croisés en position défensive.
Les lèvres de Robin se tordirent en un rictus mauvais. « Qu'est-ce que cette garce vous a raconté sur moi ? »
« La vérité. Maintenant foutez le camp de chez moi et ne remettez plus jamais les pieds ici ! »
Tout se passa très vite. Emma cria quand elle fut violemment poussée sur le côté et tomba dans l'allée. Robin entra de force dans la maison et monta bruyamment les escaliers. Alors qu'elle se relevait, Emma entendit Regina crier.
« Robin ! Non, s'il te plait ! Je vais rentrer avec toi. Je t'en prie, ne me fais pas de mal ! »
Emma se rua à l'intérieur, laissant la porte grande ouverte, et grimpa l'escalier quatre à quatre.
« Lâchez-la immédiatement ! » cria-t-elle lorsqu'elle vit Robin traîner Regina sur le sol par le poignet. Henry était collé contre le mur, paralysé, la bouche grande ouverte.
« Mêle-toi de tes affaires espèce de salope, » cria Robin à Emma. « Regina est ma femme et elle va rentrer avec moi. »
Emma avait beaucoup protesté quand Neal l'avait obligée à prendre des cours de self-défense, mais à ce moment précis, elle l'en remercia intérieurement. Les genoux de Robin s'écroulèrent sous son poids lorsque le pied d'Emma frappa violemment l'arrière de sa jambe. Faisant un pas en avant, elle lui assena un énorme coup de coude au visage, et entendit son nez se briser, plus qu'elle ne le sentit. Le sang éclaboussa la moquette et l'homme poussa un cri d'agonie quand un autre pied, celui d'Henry, atterrit directement entre ses jambes. Plié de douleur sur la moquette, l'homme ensanglanté pesta et gémit. Henry leva la jambe pour le frapper à nouveau mais Emma lui cria d'arrêter. Jusque-là c'était de la légitime défense, mais tout autre geste serait considéré comme une agression.
« Emmène Regina dans la salle de bain et ferme la porte à clef. Ensuite appelle la police, » ordonna-t-elle à son fils.
Sans un mot, Henry obéit. Il prit son portable sur la table basse, puis attrapa Regina par le bras et l'aida à se relever La jeune femme était en état de choc et les forces lui manquaient tandis qu'Henry la soutenait pour traverser le couloir. Emma se tourna vers Robin qui était maintenant assis appuyé contre le mur, une main posée sur ses parties génitales, l'autre pinçant l'arête de son nez dont le sang coulait toujours.
« Comment osez-vous venir m'agresser chez moi, forcer la porte de ma maison et obliger votre femme à retourner dans une maison où vous la gardez enfermée à double tour? » dit Emma d'une voix calme et menaçante en s'accroupissant face à Robin. « Comment osez-vous croire que vous avez le moindre droit de forcer Regina à faire quoi que ce soit ? Vous n'êtes qu'un lâche, un manipulateur, une pitoyable racaille et Regina mérite quelqu'un d'un million de fois mieux que vous. Et maintenant, vous allez dégager de ma maison sur le champ et je ne veux plus jamais vous voir ici ! »
Robin jeta un regard noir à la blonde mais la douleur de ses testicules et le sang coulant sur son visage le dissuadèrent de riposter. Il se leva avec difficulté et descendit l'escalier en titubant. Emma le suivit en bas, de si près qu'il sentait presque son souffle sur sa nuque. Le vent froid de la nuit fouetta le visage d'Emma lorsqu'ils atteignirent l'entrée et, dès que Robin fut sorti, elle lui claqua la porte au nez aussi fort que possible.
« Je reviendrai, » cria-t-il. « Tu es à moi, Regina et tu ne me quitteras pas aussi facilement. »
Emma ignora la menace et verrouilla rapidement la porte avant de remonter en haut.
« Henry, » appela-t-elle à travers la porte de la salle de bain.
Le verrou s'ouvrit immédiatement et Emma se précipita dans la pièce. Regina était assise sur le siège des toilettes fermé, recroquevillée sur elle-même et les bras croisés autour de la taille dans un geste de protection, tremblant de tout son corps et tentant de se calmer.
« Eh, il est parti, » dit Emma, s'asseyant sur le rebord de la baignoire et posant une main délicate sur le genou de Regina.
« Il a dit qu'il reviendrait, » dit Regina d'une voix faible. « Je l'ai entendu. »
« On le laissera pas faire, » dit Henry avec conviction depuis le coin de la pièce. Même s'il avait été vraiment choqué de l'intrusion soudaine de Robin dans leur maison, il avait senti un besoin immédiat de protéger Regina. Son orteil lui faisait toujours mal à l'endroit où il s'était cogné contre la boucle de ceinture de Robin mais il éprouvait un étrange sentiment de satisfaction pour avoir réussi à immobiliser l'assaillant.
« Il a raison, » confirma Emma. « Robin ne vous fera plus de mal, Regina. Vous êtes en sécurité ici, et ni Henry ni moi ne permettrons qu'il vous arrive quoi que ce soit. »
Tandis qu'elle parlait, les sirènes se firent entendre au loin, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'Emma soit convaincue que toute leur rue était réveillée, si ça n'était pas déjà le cas.
« Comment Robin a su où on habitait ? » demanda Henry.
« Il m'a obligée à lui donner votre adresse quand je suis venue à la soirée. C'était l'une de ses conditions. Je suis tellement désolée de tout ce qui est arrivé. Pardonnez-moi tous les deux. Je n'ai jamais eu l'intention de faire venir mes problèmes chez vous. »
« Vous n'avez pas à vous excuser. Rien de tout ça n'est votre faute, Regina. Venez avec moi maintenant, » dit Emma, en tendant la main à la brune. « Il faut qu'on dise à la police ce qui s'est passé. »
Regina se leva sans un mot et suivit Emma et Henry hors de la salle de bain. Ils descendirent l'escalier et se rendirent au salon. Au moment où ils allaient s'asseoir, les lumières bleues et rouges furent visibles depuis la fenêtre et Emma disparut quelques secondes plus tard lorsqu'on frappa à la porte.
Le soleil se levait déjà lorsqu'elles dirent enfin au revoir aux inspecteurs de police. Regina leur avait raconté chaque détail des dix derniers jours, en plus des innombrables violences qu'elle avait subies au cours de son mariage. Après avoir accompagné Henry dans sa chambre et lui avoir souhaité bonne nuit, Emma était restée assise à ses côtés à chaque seconde, écoutant son amie raconter le conte le plus sombre et triste qu'elle ait jamais entendu.
Quand elle retourna dans le salon après avoir raccompagné les officiers de police, Emma ne fut pas surprise de trouver Regina endormie sur le canapé. Elle remit la couverture de la veille sur la jeune femme épuisée et s'assit sur le sol, le dos appuyé contre le bas du canapé. Elle tendit la main pour entrelacer ses doigts à ceux de Regina et mit un coussin sous sa tête. En quelques secondes, elle s'endormit elle aussi.
Henry se réveilla une heure plus tard et mit un moment à se rappeler les évènements de la veille. Se souvenant brutalement de ce qui s'était passé, il sauta hors de son lit et chercha sa mère et Regina. Leurs deux chambres étaient vides. Le cœur battant, Henry descendit l'escalier en courant et poussa un soupir de soulagement en voyant les deux femmes dans le salon. Regina était toujours profondément endormie, les cheveux étalés sur le coussin sur lequel sa tête reposait. Sa mère dormait, elle aussi, le cou tordu dans une position peu naturelle. Henry devina qu'elle avait essayé de s'endormir contre le canapé. Entrant dans le salon sur la pointe des pieds, le jeune garçon remarqua leurs mains, doigts entrelacés, posées entre elles. Il retourna dans le couloir et ferma la porte avant de se diriger vers la cuisine pour préparer son petit déjeuner.
Regina se réveilla lentement. Son corps tout entier était épuisé. Elle entrouvrit paresseusement un œil et regarda autour d'elle. Elle était dans le salon d'Emma. Encore. Elle s'assit lentement, perdant de nouveau la chaleur de la couverture, mais cette fois-ci elle ne se sentit pas si vulnérable. Jetant un œil sur l'horloge fixée au mur, elle se leva soudainement.
« Emma ! »
« Quoi ? »
La blonde se précipita dans la pièce en entendant le cri de Regina, qui s'était levée et se dirigeait vers le couloir.
« Il est plus de dix heures ! » s'exclama-t-elle en pointant la pendule du doigt tout en essayant de se recoiffer avec l'autre main. « On va être très en retard au travail. »
« C'est bon, j'ai parlé à Mr Gold quand j'ai déposé Henry ce matin, » la rassura Emma qui s'assit sur le canapé et tapota l'espace vide à côté d'elle.
« Vous…Vous avez raconté à Mr Gold ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle.
« Pas exactement, » répondit Emma. « Je lui ai juste dit qu'aucune de nous deux n'irait travailler aujourd'hui et que c'était une affaire délicate. »
Regina fronça les sourcils. « Et il s'est contenté de ça ? » demanda-t-elle, incrédule, en se rasseyant à côté d'Emma.
« Après avoir vu votre lèvre hier, je ne crois pas qu'il ait eu besoin de me poser de questions. »
« Il est au courant ? » soupira Regina, qui se couvrit le visage de ses mains avant de s'appuyer sur les coussins derrière elle.
« Je n'étais pas la seule à avoir des soupçons, » admit Emma. « Mais on n'a pas besoin de donner plus de détails à Gold. Maintenant, cette affaire est entre les mains de la police et ça ne regarde personne d'autre que vous. »
« Et vous, » ajouta Regina.
« Je ne vais pas m'excuser de m'en être mêlée, » dit Emma. « Vous aviez besoin que quelqu'un vous aide à vous en sortir et je suis juste heureuse d'avoir été là pour vous. Je regrette seulement de ne pas l'avoir fait plus tôt, si je l'avais fait, peut être que vous n'auriez pas… »
Elle s'arrêta avant que les mots ne sortent, détournant rapidement les yeux de son amie. Mais Regina s'était déjà rendu compte de ce qu'Emma regardait.
« Je la déteste, moi aussi, » avoua Regina en passant les doigts sur sa cicatrice. « Elle me rappelle chaque jour ce qu'il m'a fait. Ce que je l'ai laissé me faire. Je crois que c'est ce qu'il voulait, que je me rappelle ce qui arrive quand je lui désobéis à chaque fois que je me regarde dans le miroir. Maintenant, je ne pourrai plus jamais l'oublier, je ne pourrai jamais me libérer de lui. »
« Premièrement, » dit Emma, en tournant la tête pour regarder Regina assise à ses côtés sur le canapé, « je ne déteste pas cette cicatrice. Je trouve que vous êtes aussi belle que vous l'avez toujours été. » Le compliment fit rougir Regina mais elle ne dit rien. « Et deuxièmement, vous ne l'avez pas laissé vous faire ça. Il vous a fait ça parce que vous vous êtes montrée forte, parce que vous l'avez empêché d'abuser de vous. Ne voyez jamais cette cicatrice comme un signe de faiblesse. Au contraire, c'est un symbole de force et chaque fois que vous vous regardez dans le miroir, elle doit vous rappeler que vous avez été la plus forte, que vous êtes celle qui a dit non et qui a réussi à s'en sortir. Il ne vous fera plus de mal, Regina, je vous le promets. »
« Vous ne pouvez pas me promettre ça, » dit Regina.
« Je peux. Et je le fais, » répondit Emma. « Les policiers qui sont venus ici hier ont pris votre déposition et… »
« L'inspecteur Matthews et l'inspecteur Turner ne servent à rien, » répondit Regina. « Je sais de source sûre que Robin leur a graissé la patte à plusieurs reprises. Peu importe ce que je leur ai dit hier soir, ils ne vont rien faire. »
« Mmh, peut-être pas, » dit Emma avec un petit sourire. « Mais je connais quelqu'un qui fera quelque chose. »
« Qui ça ? » demanda Regina en fronçant les sourcils.
« L'inspecteur Nottingham. »
« Keith Nottingham ? »
Emma hocha la tête. « Je l'ai appelé ce matin. J'ai eu du mal à le retrouver parce qu'il a changé de comté mais j'ai réussi. Il a été ravi d'apprendre que je savais où le célèbre Robin Locksley se cachait et encore plus intéressé quand je lui ai dit qu'une plainte pour violences conjugales avait été déposée contre lui. Il est sur le chemin pour venir ici. »
« Nottingham va venir prendre mon affaire en charge ? » demanda Regina, bouche bée.
« Oui, » acquiesça Emma. « Son sergent l'a déjà déposé à la gare et va s'en occuper personnellement. »
« Mais alors Robin ne… »
« Robin de s'approchera plus jamais de vous, » dit Emma. « Je ne le permettrai pas et Nottingham va vous obtenir une injonction d'éloignement le plus vite possible. C'est terminé, Regina. Vous êtes libre. »
Regina n'en revenait pas d'avoir encore des larmes dans le corps. Elle pleura une fois de plus sur l'épaule d'Emma en réalisant ce qu'elle venait de lui dire. Elle avait réussi. Elle s'était libérée. Elle s'en était sortie. Elle était libre, enfin.
L'inspecteur Keith Nottingham était exactement comme dans les souvenirs de Regina, et tout à fait comme Emma se l'était imaginé. Grand, beau et imposant, il avait un sourire doux et des yeux bruns brillants. Il était arrivé dans la petite maison à la fin de l'après-midi, et la première chose qu'il avait faite avait été de s'excuser auprès de Regina de ne pas avoir arrêté Robin plus tôt, et de ne pas avoir été assez intelligent pour coincer sa bande de voleurs.
« Vous n'avez pas à vous excuser, » avait assuré Regina. « Vous êtes là maintenant et Emma me dit que vous allez pouvoir empêcher Robin de m'approcher définitivement. »
Keith Nottingham leur promit qu'un officier en civil resterait devant chez Emma nuit et jour jusqu'à ce que Regina se sente à nouveau en sécurité. Le mercredi matin, la demande d'injonction d'éloignement avait été remplie et un rendez-vous au tribunal avait été fixé pour la semaine suivante. Le mercredi après-midi, après avoir vu l'avocat de Regina pour déposer une demande de divorce, et sachant que Robin s'était rendu à un rendez-vous chez le médecin, Regina, Emma et l'inspecteur Nottingham étaient retournés au 108 Mifflin Street pour emballer certaines des affaires de la brune. La blonde était restée debout dans l'immense hall d'entrée, s'émerveillant devant la beauté de la maison, jusqu'à ce que Regina la mette à contribution en lui demandant d'emballer certains de ses livres d'histoire. La Mercedes, qui était garée dehors quand elle était partie le lundi après-midi, avait disparu. Le jeudi, les deux femmes étaient retournées au collège, Nottingham leur faisant promettre de l'appeler s'il y avait le moindre signe de Robin à l'école.
Ce ne fut que le vendredi après-midi que Regina se décida à poser la question qui la perturbait depuis le mardi matin.
« Emma, voulez-vous que je déménage ? »
« Quoi ? » demanda Emma en levant les yeux des copies qu'elle était en train de corriger.
Regina était assise à l'un des bureaux dans la classe de la blonde. Les deux femmes avaient pris l'habitude implicite de s'asseoir ensemble dès qu'elles avaient une pause et elles avaient toutes les deux la dernière heure de libre le vendredi. Elles en avaient profité pour lire les devoirs de leurs élèves en comptant les minutes qui les séparaient de leur week-end.
« Est-ce vous voulez que je déménage ? » répéta Regina. « Je veux dire, ce n'est pas comme si je vous avais demandé votre avis avant d'emménager, je suis juste…arrivée comme ça. Et vous et Henry avez été adorables avec moi mais je suis sure que vous aimeriez récupérer votre espace. »
« Où est-ce que vous iriez ? »
« Je pourrais prendre une chambre d'hôtel jusqu'à ce que je trouve un endroit à louer, » dit simplement Regina.
« Est-ce que c'est ce que vous voulez ? » demanda Emma.
« Je ne veux pas être un fardeau, » dit Regina en réprimant un bâillement. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, même après qu'Emma ait installé un verrou supplémentaire sur la porte d'entrée. « Je sais que ces derniers jours ont été difficiles et je suis désolée d'avoir été un tel problème pour vous. »
« Vous n'êtes ni un problème, ni un fardeau, » l'interrompit Emma. « Vous êtes mon amie et vous serez toujours la bienvenue chez moi. Si vous voulez rester, je veux que vous sachiez qu'Henry et moi sommes ravis de vous avoir chez nous. »
« Henry est ravi d'habiter avec sa prof d'histoire ? » demanda Regina, un sourcil levé.
« Bon, ravi, c'est peut-être pas le mot, mais ça ne l'embête pas, » sourit Emma. « Et il sait ce par quoi vous êtes passée. Il veut que vous soyez en sécurité, autant que moi. »
« Vous en êtes sûre ? »
« Est-ce que vous avez envie de déménager ? » demanda Emma, qui se disait que le problème était peut-être là.
Regina se mordit la lèvre. « Non, » admit-elle après une pause.
« Alors restez, » dit Emma en souriant.
Les deux femmes reprirent leurs corrections et restèrent silencieuses jusqu'à la sonnerie annonçant la fin des cours.
« Pizza ou indien ? » demanda Emma, qui se leva et commença à ranger ses livres.
« Pardon ? » demanda Regina. Elle remit le capuchon sur son stylo rouge et rassembla ses copies.
« Avec Henry, on commande toujours un plat à emporter le vendredi soir et je crois que cette semaine, c'est pizza ou indien. Une préférence ? »
Regina fronça les sourcils. « Et vous voulez m'inviter ? »
« Bien sûr, » acquiesça Emma.
« Je ne vous dérange pas ? »
« De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda Emma.
« J'ai vraiment l'impression de perturber votre routine familiale et plus généralement, de m'immiscer dans votre vie, » soupira Regina.
« C'est juste une pizza, Regina, » rit Emma. « Ou un plat indien, ce que vous préférez. L'un ou l'autre, vous êtes la bienvenue. »
« Très bien, alors je vous laisse choisir, » répondit Regina en finissant de ranger ses affaires dans son sac.
« Choisir quoi ? » demanda Henry en entrant dans la salle de classe.
« Entre une pizza ou un plat indien pour ce soir, » demanda Emma en mettant son sac sur son épaule.
« Oh, » dit Henry, l'air un peu abattu.
« Quoi ? » Elle connaissait cette voix.
« Je voulais justement te demander si je peux aller dormir chez Pete ce soir, » dit Henry. « Felix y va aussi et on va tester le nouveau Fifa. »
« Mais tu détestes le football, » dit Emma en fronçant les sourcils.
« Non, c'est pas vrai, » répliqua Henry.
« Depuis quand ? »
« Depuis toujours, » rétorqua Henry. « Alors, je peux y aller ? »
Emma croisa les bras. « Tu me demandes de te laisser aller dormir juste à côté de chez Mr Mills ? »
Henry vacilla. Il avait complètement oublié que Mme Mills avait pratiquement été voisine avec Peter.
« Oh, c'est vrai, j'avais oublié, » balbutia-t-il. « Je suis désolé, » ajouta-t-il en regardant Regina.
« Ne t'excuse pas, » dit Regina. « Pour être honnête, mon mari est tellement centré sur lui-même que je suis sûre qu'il ne se souvient même plus à quoi tu ressembles, même si tu l'as potentiellement rendu stérile. Je suis sûre que ça ira. Vas-y. Je veux dire, si ta mère est d'accord. »
Emma ne put retenir un rire en voyant le regard coupable sur le visage de Regina, pour avoir parlé à Henry comme à son élève et non au fils de son amie.
« C'est bon, vas-y, » l'autorisa Emma. « Appelle-moi demain quand tu voudras que je passe te chercher. »
« Merci M'man, » sourit Henry, en embrassant Emma sur la joue. Il fit un petit signe de la main à Regina et disparut de la salle de classe.
« Eh bien, je suppose qu'il n'y a plus que vous et moi, » dit Emma à Regina. « Alors, pizza ou indien ? »
« Indien, s'il vous plait, » répondit Regina avec un sourire timide.
Alors? Ca fait longtemps que vous attendiez qu'il se prenne un pain, non? ;) Je vous souhaite un bon week-end, reposez-vous bien et à lundi :)
