Coucou, vous allez bien? J'espère que votre week-end s'est bien passé. Pour vous motiver pour la semaine, je vous mets déjà le chapitre aujourd'hui, tiens! Vous avez vu la nouvelle bande annonce de Why women kill? Ca promet tout ça, vivement jeudi! :) Bon, je vous laisse avec le chapitre 12, bonne lecture!

Chapitre 12 Tourner la page

« Je t'ai à peine vu de tout le week-end, » se plaignit Emma, alors que le pinceau qu'elle tenait cogna contre sa jambe, laissant une nouvelle trace de bleu sur sa peau. « Pourquoi tu n'invites pas Felix et Peter à diner ici ce soir ? Je ferai du bœuf sauté ou quelque chose comme ça »

« Tu veux que je traine avec mes amis avec deux profs à côté ? » dit Henry en haussant les sourcils. « Désolé Maman, mes potes n'ont vraiment pas envie de passer leur week-end avec toi et Mme Mills. »

Emma soupira et plongea son pinceau dans le pot de peinture avant de reprendre son travail. Elle comprenait le raisonnement d'Henry, elle le comprenait parfaitement. Elle regrettait juste de ne plus voir son fils depuis quelques jours. Avec tout ce que s'était passé avec Regina, la semaine avait été une tornade d'émotions, entre les réunions, les rendez-vous administratifs et les visites chez l'avocat. Emma ne blâmait pas son fils de vouloir s'échapper de la maison pour quelques heures.

« Ok mais s'il te plait, fais attention. Je ne veux pas d'un autre incident comme avec la mère de Mr Glass, » dit Emma en montrant du doigt les rollers qu'Henry était en train d'enfiler.

« Je sais, je sais, » dit Henry. « Je ferai attention. »

« Tu veux que je te dépose chez Peter ? »

« Non, je vais y aller en rollers. C'est juste à quelques rues. Et ensuite je crois qu'on prendra le bus pour aller sur la promenade. »

« Tu rentres pour le diner ? » demanda Emma.

« En fait, on pensais aller au KFC ou au McDo, » répondit Henry en se levant, vacillant légèrement sur ses patins.

« Et je suppose que ça veut dire que as besoin d'argent ? » sourit Emma en levant un sourcil.

Henry sourit timidement et remercia sa mère quand un billet de dix dollars sortit de la poche de la blonde pour atterrir dans sa main. Il passa près d'elle avec précaution, en faisant attention de ne pas toucher la peinture fraiche sur la porte d'entrée et descendit l'allée.

« A plus tard. Sois prudent, » cria Emma en observant son fils patiner sur le trottoir.

Une demi-heure plus tard, la peinture jaune qu'Henry détestait tant avait été complètement remplacée par du bleu marine. Satisfaite d'avoir finalement terminé cette corvée qu'elle remettait toujours à plus tard, Emma nettoya le pinceau, puis ses mains en essayant de décider de ce qu'elle allait faire du reste de son dimanche après-midi. Elle se demandait où était passée son invitée, qu'elle n'avait pas vue depuis le déjeuner. Le salon, la salle à manger et la cuisine étaient déserts. Emma monta l'escalier, frappa doucement à la porte de la chambre d'amis, et entra lorsqu'elle entendit Regina lui en donner la permission depuis l'intérieur.

« Eh, vous faites quoi ? » demanda Emma quand elle vit Regina en train de plier ses vêtements.

« Je crois qu'il est temps que je parte, » dit la brune, qui rangeait ses affaires dans une petite valise sans regarder Emma.

« Pourquoi ? » demanda Emma. Elle pensait qu'elles avaient convenu il y a deux jours que la brune était la bienvenue aussi longtemps qu'elle le voudrait.

« Parce que ça fait une semaine que je perturbe votre vie et ce n'est pas juste. Même Henry ne veut pas que je sois là en ce moment. Je suis en train de m'immiscer entre une mère et son fils et il est hors de question que je le permette plus longtemps, » dit Regina.

« Regina, » dit Emma en s'asseyant sur le lit. Elle posa ses mains sur celles de son amie pour arrêter son geste. « De quoi est-ce que vous parlez ? »

« J'ai entendu ce qu'Henry a dit dans le couloir, » admit-elle. « Je sais qu'il ne veut pas rester ici avec ses amis à cause de moi et ça vous empêche de passer du temps avec lui. Vous avez été merveilleux tous les deux mais je suis capable de me trouver un endroit où vivre où je ne briserai pas une famille. »

« Ok, Henry est un ado. Bien sûr qu'il n'a pas envie de passer du temps avec moi. Et même si vous n'étiez pas là, Peter et Felix ne voudraient pas venir. Je suis leur prof tuteur enfin ! Jamais ils ne voudront mettre un pied ici peu importe que vous soyez là ou non. Vous ne brisez pas ma famille, Regina. Pour être honnête, ça fait très longtemps que ma famille est brisée. » La blonde se tut, réfléchissant à ce qu'elle venait de dire.

« Je suis désolée, » dit Regina. « J'ai été tellement prise par mes propres problèmes que j'ai complètement oublié que vous aviez vécu un drame vous aussi. » Elle s'assit sur le lit à côté d'Emma. « Je me souviens de ce que j'ai ressenti quand j'ai perdu Daniel. C'était comme si mon monde s'écroulait. Plus rien n'avait de sens, je ne pensais plus avoir aucun avenir, j'étais incapable de faire des projets, j'étais sûre que je ne serais plus jamais heureuse. »

« Neal est mort il y a plus d'un an maintenant, » dit Emma. « Je ne dis pas que c'est facile encore, mais ça l'est définitivement plus que ça ne l'a été. Et il y avait Henry, j'ai dû me concentrer sur lui quand c'est arrivé. Je devais être forte pour lui, je n'avais pas le droit de flancher. J'ai cru que j'agissais bien en faisant en sorte de garder nos vies le plus normales possible. On a pris deux semaines de repos après sa mort et ensuite nous sommes retournés au collège pour finir l'année scolaire. L'été qui a suivi a été le plus long de toute ma vie. Je ne m'en souviens pas vraiment. Je crois que nous sommes allés faire du camping à Yellowstone avec des amis pour essayer de nous distraire après ce qui s'était passé. Quand septembre est arrivé, j'étais déterminée à faire en sorte que la vie d'Henry soit la plus normale possible, mais je pense que j'ai mal géré ça. J'ai juste arrêté de parler de Neal, je ne prononçais jamais son nom et je me suis débarrassée de la plupart de ses affaires. Dans mon esprit, le fait de faire comme s'il n'avait jamais existé allait rendre Henry moins triste. Moi j'avais toujours mal, je pensais toujours chaque jour à lui, mais je croyais avoir réussi à faire en sorte qu'Henry l'oublie, en quelque sorte. Mais ça n'a pas marché. En fait, je crois que c'est à cause de moi que ma famille est brisée. »

Emma s'essuya les yeux et renifla doucement avant de se tourner vers Regina, qui la regardait tristement.

« Que voulez-vous dire ? » demanda la brune.

« Henry voulait que je lui parle de Neal, il voulait se souvenir de son père avec moi. Il me l'a dit il y a quelques semaines. Il a dit qu'en faisant comme s'il n'avait jamais existé, je rendais les choses encore plus difficiles et qu'il avait besoin que je lui parle de ce qui s'est passé. C'est comme ça que toute l'école l'a su, d'ailleurs. Henry a eu l'impression qu'il ne pouvait pas m'en parler, alors il en a parlé à Felix. Quel genre de mère est ce que je suis si je ne suis même pas capable de soutenir mon propre fils ? »

« Vous êtes une merveilleuse mère, » assura Regina. « Après ce que j'ai vu en passant une semaine ici, Henry a de la chance de vous avoir. Vous êtes une des personnes les plus attentionnées que je connaisse et je vous suis si reconnaissante de tout ce que vous avez fait pour moi cette semaine. Je ne suis peut-être pas la cause de vos problèmes avec Henry, mais je suis sûre que ma présence ne vous aide pas. Vous avez besoin d'espace et de passer du temps ensemble, je ne veux pas vous gêner. »

Emma voulut protester mais elle savait que Regina avait pris sa décision. Elle se laissa tomber sur le lit et mit son avant-bras sur son visage. Après quelques secondes, elle sentit le lit s'enfoncer à côté d'elle quand Regina s'allongea aussi.

« Où allez-vous aller ? » demanda Emma après un moment.

« Il y a un bed and breakfast près du collège, » dit Regina. « Je pourrai aller à pied au travail et je vais bientôt commencer à chercher une maison. »

« Je ne veux pas que vous partiez, » dit Emma, tournant la tête pour regarder Regina.

« Moi non plus et je ne partirais pas si je ne sentais pas que c'est ce que je dois faire, » répondit Regina. « J'ai adoré vivre avec vous cette semaine, même si ces derniers jours ont été les pires de ma vie. Vous avez été merveilleux tous les deux et je ne vous remercierai jamais assez de votre gentillesse. »

« Vous partez aujourd'hui ? »

Regina acquiesça. « Je viens d'appeler l'hôtel et ils ont une chambre de libre à partir de ce soir. Je l'ai aussi dit à l'inspecteur Nottingham parce qu'il m'accompagne au tribunal demain et il a dit qu'il m'y conduirait en voiture. »

« Vous voulez que je vienne aussi ? » demanda Emma, consciente que l'audience pour la demande d'injonction d'éloignement serait stressante et intimidante. Elle ne voulait pas que Regina traverse ça toute seule.

« Non, vous avez déjà manqué assez de cours pour m'aider à mettre de l'ordre dans ma vie. Ce n'est pas juste pour les élèves. Ça va aller, de toute façon, Keith sera là. »

Elles tombèrent dans un silence confortable, les yeux rivés sur le plafond.

« On fait une sacrée paire, pas vrai ? » dit Emma au bout d'un moment.

Regina gloussa. « En effet. »

« Vous pouvez compter sur moi, Regina, » dit Emma, se retournant pour regarder les yeux chocolat à côté d'elle. « Quoi qu'il arrive, peu importe comment finit cette histoire avec Robin, je serai toujours là. »

« Je le sais, » acquiesça Regina, qui s'approcha pour serrer la main d'Emma dans la sienne. « Et je suis là pour vous, moi aussi. Ça fait peut être un moment que Neal est parti mais je sais que la douleur ne passe pas comme ça. J'ai vécu la perte d'un être cher et je comprends ce que vous traversez. Chaque fois que vous aurez besoin de moi, chaque fois que vous voudrez en parler, je serai là pour vous. »

Emma adressa un petit sourire à Regina. La brune lui sourit en retour et Emma ne put s'empêcher de regarder sa cicatrice. Le sourire de Regina s'évanouit lorsqu'elle réalisa ce qu'Emma regardait, et elle bougea inconsciemment la main pour cacher la marque. »

« Non, » dit Emma en prenant le bras de Regina. « Ne la cachez pas. »

Hésitante, Regina laissa tomber sa main sur son ventre. Emma observa attentivement son visage et vit un léger hochement de tête. Elle effleura du bout des doigts la cicatrice de Regina, de haut en bas. La peau striée n'était plus sensible mais Regina frissonna quand le doigt d'Emma atteint le bas de la marque.

« Désolée, » dit Emma en retirant doucement son doigt. « J'ai juste… » Elle s'arrêta, incertaine du reste de sa phrase.

« Ce n'est rien, » chuchota Regina. « Ça ne me fait plus mal. »

« Je suis tellement fière de vous, Regina, » murmura Emma en posant sa main sur celle de la brune, posée sur son estomac. « Avec tout ce qui s'est passé cette semaine, je vois déjà une nouvelle personne en vous, une personne plus forte. Vous allez traverser ça. Vous en sortirez encore meilleure, plus sûre de vous et plus indépendante, et je vous suis si reconnaissante de vous être ouverte à moi au moment où vous l'avez fait. Cette cicatrice vous rappellera chaque jour que vous êtes celle qui a dit non, celle qui s'est relevée de ses cendres et qui s'est enfin libérée de son tortionnaire. Elle doit vous faire honneur, Regina. Portez-la avec fierté.


Le vendredi suivant, Emma était plus que prête pour les vacances scolaires qui étaient sur le point de commencer. Une semaine loin du collège pour se reposer, rattraper son retard dans la préparation de ses cours et ses corrections, et passer du temps avec son fils. Elle et Henry avaient réservé un cottage à la dernière minute à Cushing, une petite ville côtière dont elle avait eu de très bons échos mais qu'elle n'avait encore jamais visitée. Ce mois d'octobre était anormalement chaud pour la saison et ils espéraient tous les deux passer cinq jours sur la plage, faire de l'escalade et explorer les innombrables galeries que le village avait à offrir. Enfin, Emma voulait visiter les galeries d'art, Henry voulait lire. Il venait de s'enticher d'une nouvelle collection de livres de paléontologie et Emma était très heureuse de voir sa passion pour les dinosaures revenir.

Comme chaque vendredi après-midi, elle et Regina étaient assises ensemble pour terminer leur travail et comptaient les minutes jusqu'à la sonnerie. Emma était absorbée par la lecture d'un essai particulièrement réussi d'un de ses élèves de 3ème quand un reniflement de Regina lui fit lever les yeux.

« Est-ce que ça va ? » demanda Emma, inquiète de voir son amie pleurer.

« Je suis désolée, » dit Regina en essuyant ses larmes. « Je suis juste épuisée de ma semaine et je crois que c'est le contrecoup. »

Emma se leva de son bureau et s'assit à côté de Regina, passant un bras autour de ses épaules.

« Vous avez fait le plus dur, » dit Emma. « L'injonction d'éloignement a été mise en place, vous avez rempli la demande de divorce, Keith a récupéré le reste de vos affaires pour que vous n'ayez plus jamais à retourner dans cette maison. Ça va être plus facile à partir de maintenant. »

« Je suis désolée d'encombrer votre garage avec mes affaires, » dit Regina. « C'est juste que…je n'avais nulle part où les mettre. »

« Ne vous inquiétez pas pour ça, » assura Emma. « Ce n'est pas comme si j'avais l'habitude de garer ma voiture dedans et je suis heureuse de vous aider, quel que soit ce dont vous avez besoin. Je vous promets, ce n'est pas grave. »

« Vous êtes géniale, » dit Regina en adressant un faible sourire à son amie. « Je n'aurais pas pu y arriver sans vous, Emma. Vous n'arrêtez pas de dire que je suis forte mais la seule raison pour laquelle j'ai pu faire tout ça, c'est parce que vous avez été à mes côtés à chaque instant. Merci. »

« De rien, » sourit Emma. « Je suis heureuse d'avoir pu vous aider. »

« Je ne sais pas ce que je vais faire la semaine prochaine, quand vous serez partis, » dit Regina d'un air absent en reprenant ses corrections. « Je suppose que je verrai Ruby mais je crois que Rose et Killian partent en vacances, eux aussi. »

« Venez avec nous. »

« Quoi ? » demanda Regina en levant les yeux vers Emma, fronçant les sourcils face à l'invitation inattendue.

« Venez, » répéta Emma. « Le cottage a trois chambres et je suis sûre que Cushing est tout à fait votre genre d'endroit. »

« C'est vrai que j'adore Cushing mais je ne peux pas m'immiscer dans vos vacances en famille, Emma, » dit Regina. « Merci pour l'invitation, mais vraiment, je ne peux pas. »

« Pourquoi pas ? » demanda Emma. « Henry vous aime bien et ça ne lui a pas posé problème que vous restiez chez nous la semaine dernière. Je suis sûre que ça ne le dérangera pas que vous veniez avec nous. »

« Je suis sûre que si, et beaucoup, qui plus est, » dit Regina. « Je suis sa prof d'histoire, vous vous souvenez ? Il n'a pas besoin qu'on lui rappelle l'école et les devoirs pendant ses vacances. »

« Pourquoi est-ce qu'on ne le laisserait pas décider lui-même ? » dit Emma. « Je lui demanderai ce soir en rentrant à la maison. S'il est d'accord, vous viendrez ? »

Regina se mordit la lèvre, pensive. « Vous voulez vraiment que je vienne ? »

« Je veux vraiment que vous veniez. Vraiment, » répondit sincèrement Emma.


Emma ne cherchait pas exactement à soudoyer Henry pour qu'il accepte sa proposition mais elle le laissa choisir tous les plats chinois qu'ils commandèrent ce soir-là, et accepta de regarder à nouveau Jurassic Park, même si elle l'avait vu tellement de fois qu'elle connaissait tous les dialogues par cœur. Non, elle faisait juste ça parce que c'était une super maman, pas parce qu'elle voulait que son fils accepte ce qu'elle allait lui demander.

Henry fronça les sourcils quand sa mère mit le film sur pause seulement trente minutes après le début, mais écouta patiemment lorsqu'Emma commença à lui expliquer la conversation qu'elle avait eue plus tôt avec son professeur d'histoire.

« Tu veux que Regina vienne à Cushing avec nous ? » demanda Henry, les sourcils froncés, à sa mère assise à ses côtés.

« Oui, j'aimerais bien, » acquiesça Emma. « Je pense que ça lui ferait du bien de partir quelques jours et il y a assez de place pour elle dans la maison de vacances. Mais on s'est mises d'accord sur le fait qu'elle ne viendrait que si tu étais complètement d'accord avec ça. «

Henry se pencha en avant et prit le dernier rouleau de printemps sur l'assiette avant de le mastiquer en réfléchissant à la demande de sa mère.

« Tu peux augmenter mon argent de poche ? »

« Tu veux que je te paie pour accepter que Regina vienne ? » demanda Emma. « Henry, si tu n'en as pas envie, ce n'est pas grave. Je sais que c'est compliqué pour toi parce que Regina est ta prof mais je ne crois pas que te donner plus d'argent par semaine soit la solution. Ce sont nos vacances, tu te souviens ? Et si le fait d'avoir Regina là-bas te gâche le plaisir, alors elle ne viendra pas, c'est aussi simple que ça »

« Alors pas d'augmentation ? » demanda Henry, la mine déconfite.

« On peut en parler, » acquiesça Emma. « Je sais que les choses sont un peu plus chères ici et depuis que j'ai touché l'assurance vie de ton père, je peux me permettre d'être un peu plus généreuse. Mais je ne vais pas te donner plus d'argent pour que tu acceptes que Regina passe les vacances avec nous. C'est à toi de prendre la décision. »

Henry resta assis un moment, pensif. « Robin lui a vraiment fait du mal, pas vrai ? »

« Oui, » affirma Emma. « Mais il ne lui en fera plus jamais. »

« Tu le lui as promis ? » demanda Henry.

« Oui, » dit Emma. « L'inspecteur Nottingham et moi, on va s'assurer que Regina n'ait plus jamais à endurer les souffrances qu'elle a subies. Et Robin paiera pour ce qu'il lui a fait. »

« Regina a porté plainte ? » demanda Henry.

« Pas encore, » dit Emma en secouant la tête. « Elle a dit qu'elle ne pensait pas être assez forte pour raconter devant un tribunal tout ce par quoi elle est passée. Mais Robin ne peut plus s'approcher d'elle et Keith le surveille de près, il espère pouvoir le prendre avec sa bande en flagrant délit de vol et l'arrêter pour ça. »

Henry fronça les sourcils. « Keith ? »

« L'inspecteur Nottingham, » corrigea Emma.

« Tu l'as appelé Keith, » dit Henry.

« Parce que c'est son nom, » dit Emma en rougissant légèrement.

« Il te plait ? » demanda Henry en levant les yeux.

« Quoi ? » s'écria Emma. « Non ! »

« Tu es une sale menteuse M'man, » gloussa Henry. « Et Regina peut venir, ça m'embête pas. »

« Tu es sûr ? » dit Emma, légèrement perturbée par la tournure de la conversation.

« Ouais, » acquiesça Henry. « Elle a tellement souffert. Elle mérite de partir en vacances aussi et ça me dérange pas qu'elle vienne avec nous. Pour une prof, elle est plutôt cool. »

« Parce que c'est une fana d'histoire comme toi, » taquina Emma.

« Exact, » dit Henry. « Et maintenant, est-ce tu vas laisser ton fana d'histoire regarder le reste du film ou bien tu préfères qu'on reparle du fait que tu craques sur Keith ? »

« Je ne craque pas sur Kei...l'inspecteur Nottingham ! » protesta Emma.

Henry éclata de rire et reprit la télécommande pour remettre le film en route.


Emma claqua le coffre de la voiture et s'essuya les mains. Il fallait vraiment qu'elle lave sa coccinelle plus souvent. Tapotant le toit jaune, elle retourna dans la maison pour presser Henry alors que Regina était déjà assise sur le siège passager en attendant de partir.

« J'arrive ! » cria Henry depuis le haut de l'escalier quand Emma lui cria de descendre.

Il pressa le menu de son téléphone, constatant qu'il était chargé et qu'il avait quatre nouveaux messages. Débranchant son chargeur, il commença à y répondre en mettant le chargeur dans son sac et sortit de la chambre. Sa mère attendait en bas de l'escalier, tapant impatiemment du pied.

« C'est bon, c'est bon, » grogna Henry alors qu'elle le poussait dehors et ferma la porte fraichement repeinte. « Je peux mettre ce sac dans le coffre ? »

« Il est plein, » répondit Emma. Mets-le sur le siège, à côté de toi. »

« Il nous faut une plus grande et une meilleure voiture, » déclara-t-il, la tête penchée et les jambes repliées derrière le siège passager. Regina se dépêcha d'avancer son siège pour lui laisser plus d'espace.

« Oui, ou tu pourrais aussi arrêter de grandir, » répondit Emma en s'asseyant sur son siège.

« Ma taille n'a rien à voir avec le manque de fiabilité de cette voiture, » dit Henry. « Je te parie cinq dollars qu'il faudra qu'on s'arrête au moins une fois. »

« Ce n'est qu'à deux heures de route, » rit Emma. « Donc je tiens le pari, jeune homme. Prépare-toi à perdre ces cinq dollars en plus d'argent de poche qu'on a négociés avant même de les avoir reçus. »

Henry gagna son pari et le dépanneur suggéra poliment à Emma d'investir dans une nouvelle voiture, alors qu'il remorquait la coccinelle fumante jusqu'au garage le plus proche. Emma se renfrogna lorsqu'Henry et Regina se moquèrent gentiment d'elle au moment où elle tendit le billet de cinq dollars à son fils, puis grimpa dans la dépanneuse, les bras croisés et vexée.

Bon, avant que vous me posiez la question qui va forcément vous venir à l'esprit après ce chapitre, je vous rappelle que c'est une fic SwanQueen ;). Ca devrait répondre à vos interrogations. Le rapprochement se fera petit à petit, comme vous voyez, mais encore juste quelques petits chapitres à attendre, je promets ;) A mercredi!