Coucou mes fidèles lecteurs, et comme toujours, merci pour vos reviews et bienvenue aux nouveaux followers. Je vous mets le nouveau chapitre ce soir, d'une part parce que je sais que vous l'attendez, mais surtout parce que je vais faire ma première injection du vaccin demain. Du coup je n'aurai pas le temps de me connecter et en revenant je sais pas trop dans quel état je serai lol, et que je ne voulais pas vous faire attendre au cas où. Sinon, la sortie de Why Women Kill est jeudi, j'ai vraiment trop hâte là! Bon, allez, j'arrête de raconter ma vie, qui est loin d'être aussi intéressante que celle de nos deux héroines. Voici le chapitre 13, bonne lecture!
Chapitre 13 Cushing
« Wow. »
Lorsqu'ils arrivèrent au sommet de la colline le lundi soir, le ciel teinté d'orange qu'ils avaient admiré apparut à perte de vue. Des nuances rouge sang, roses, orange et jaune s'étendaient à travers le ciel sans nuage jusqu'à l'horizon, le soleil embrassant la mer calme alors que le jour tombait. Tous gardèrent le silence dans la voiture de remplacement tandis qu'ils descendaient lentement la route, tournant en direction de la petite ville côtière nichée au bord de l'océan. Emma ne mit pas longtemps à trouver le chemin de leur maison de vacances et quand ils arrivèrent, tous les trois sortirent de la voiture sans un mot et descendirent la rue en direction du port. Côte à côte, ils observèrent le dernier rayon de soleil disparaitre finalement.
« Bienvenue à Cushing, » dit doucement Regina.
« C'est magnifique, » dit Emma en admirant la vue sur la mer. Le port était plein, plusieurs bateaux revenaient de leur journée de pêche et quelques marins aux cheveux ébouriffés par le vent garaient leurs yachts avec précaution.
Henry ne disait rien et observait le trafic du port, appuyé sur la balustrade. Il ne le reconnaitrait jamais devant sa mère, mais il était rapidement passé d'un citadin New Yorkais à un amateur de la côte. Il avait du mal à croire que, seulement sept semaines auparavant, lui et sa mère avaient voyagé depuis la métropole jusqu'à Portland. Et maintenant il était en vacances, à respirer l'air marin en admirant l'un des plus beaux couchers de soleil de sa vie. Avec sa prof d'histoire.
« Et si on allait mettre nos affaires dans la maison avant d'aller manger du poisson frit et des frites ? C'est typique ici, » proposa Emma après avoir pris un selfie d'eux trois avec le coucher de soleil en arrière-plan. La blonde avait toujours eu un faible pour la nourriture grasse et c'était dans les villages côtiers que ce plat était le meilleur.
« Ça me semble être une très bonne façon de commencer ces vacances, » acquiesça Regina.
« Henry ? »
« Carrément, » acquiesça Henry. « Prem's pour choisir la chambre ! »
« Bien sûr, » acquiesça Emma, tandis qu'Henry souriait. C'était une tradition qu'ils avaient toujours respectée quand ils partaient en vacances. Emma ne comptait plus les fois où elle et Neal avaient fini par dormir dans des lits jumeaux alors qu'Henry se prélassait dans le lit King size.
Ils retournèrent tous les trois à la voiture où Emma prit son justificatif de réservation et elle trouva la clef cachée sous le troisième pot de fleur situé sur le rebord de la fenêtre de gauche. La blonde ouvrit la porte d'entrée de la petite maison en pierre et s'écarta pour laisser Henry et Regina entrer.
La maison était petite mais contenait tout le nécessaire. La cuisine était plus grande que ce qu'elle semblait sur les photos du site et un vase de fleurs fraiches était posé sur la table de la salle à manger, accompagné d'un petit mot leur souhaitant la bienvenue à Cushing. Henry avait trouvé le salon et au moment où Emma et Regina entrèrent, il zappait déjà sur toutes les chaines, se plaignant du fait qu'il n'y avait pas Sky.
« Je n'ai pas l'intention de passer mon temps devant la télé cette semaine, donc je crois pas que ce soit si grave, n'est-ce pas ? » dit Emma en riant. « Et maintenant, si tu allais choisir ta chambre pour que Regina et moi sachions où poser nos affaires ? »
Henry lança la télécommande sur le canapé et se dirigea vers l'escalier. Les marches craquèrent sous leur poids, les vieilles planches de bois inclinées à des angles légèrement différents. Emma adorait déjà cette maison.
Naturellement, Henry choisit la chambre avec salle de bain, ce qui laissa à Emma et à Regina deux chambres légèrement plus petites mais qui qui avaient chacune un lit double. Celle de Regina donnait sur le petit jardin situé derrière la maison. Il était bien entretenu et quelques chaises d'extérieur s'y trouvaient, ainsi que des décorations faites à partir de coquillages ramassés sur la plage. La chambre d'Emma donnait sur la rue et, en se penchant par la fenêtre, elle pouvait voir les couleurs pâles du coucher de soleil qu'ils venaient d'admirer. Elle sourit, les coudes posés sur le rebord de la fenêtre, persuadée que ces vacances étaient exactement ce dont ils avaient tous besoin.
Quinze minutes plus tard, ils flânaient en descendant la rue, essayant de repérer un restaurant de poisson frit tandis qu'ils marchaient. Ils tournèrent à gauche après le port, marchant sur la côte en direction du centre-ville. Ils étaient déjà passés devant une demi-douzaine de galeries d'art avant d'atteindre le premier restaurant. La queue s'allongeait sur plusieurs mètres en dehors de l'entrée.
« On va vraiment attendre ? » demanda Henry. « Je parie qu'il y en a un autre un peu plus loin et je meurs de faim. »
« Mais il parait que celui-ci est génial, » répondit Emma. « Je l'ai lu sur Trip Advisor. Et ce n'est pas long à préparer. Tu vois ? » dit-elle alors qu'une famille nombreuse sortait, faisant avancer la queue de plusieurs mètres. « On mangera en un rien de temps. »
Grognon, Henry entra dans la fille derrière sa mère et Regina et ils se mirent à consulter les menus excessivement brillants posés sur le comptoir.
« Je peux avoir un hot-dog et des frites, s'il te plait ? » demanda-t-il, interrompant la conversation de sa mère et de Regina, qui se demandaient quand elles iraient récupérer la coccinelle jaune d'Emma au garage le lendemain.
« Tu ne veux pas de poisson-frites ? »
« Non, j'aime pas le poisson, » répondit Henry.
« Depuis quand ? »
Henry haussa les épaules.
« Ok, si c'est ce que tu veux, » répondit Emma. « Quelle boisson ? »
« Du coca s'il te plait. Je vais aller faire un tour sur la promenade. Vous voulez que je nous trouve un banc pour manger où on va rentrer manger à la maison ? »
« C'est une belle soirée, » dit Emma. « Je crois qu'on devrait manger dehors. On ne sait jamais, peut-être qu'il pleuvra toute la semaine. Je t'appelle quand on sera servies et on te retrouve là-bas. »
« Vous êtes sûre que ça ne le dérange pas que je sois là ? » demanda Regina alors qu'elles voyaient Henry s'éloigner les mains dans les poches.
« Il va bien, » acquiesça Emma. « C'est un ado, n'oubliez pas. Je suis sûre qu'il veut juste passer un peu de temps tout seul après avoir été cloitré dans la voiture toute la journée. Et il était d'accord pour que vous veniez. Je dois juste faire en sorte de passer un peu de temps seule avec lui chaque jour. »
« Bien sûr, » acquiesça Regina. « Dès que vous voudrez que je m'efface, dites-le-moi. »
« Non, ce n'est pas ce que je veux dire, » dit Emma, en se rapprochant de Regina lorsqu'une Allemande plutôt imposante et sa tout aussi imposante famille quittèrent le restaurant avec assez de nourriture pour nourrir un régiment. « Je veux passer du temps avec vous aussi. Je veux que nous passions du temps tous les trois. Mais peut-être que quelques excursions mère-fils ne nous feraient pas de mal. »
« Alors, vous pourriez peut-être l'emmener au garage avec vous pour récupérer votre tas de ferraille ? » taquina Regina.
Emma grogna. « Arg, pourquoi faut-il toujours que ce genre de choses arrivent au pire moment possible ? »
« Peut-être parce que vous insistez pour conduire une voiture qui a presque vingt ans ? » rit Regina. « J'ai bien peur que vous deviez vous résigner à en changer. »
« C'était juste l'alternateur, » protesta Emma. « Ce n'est pas grave. »
« Non, mais tomber en panne au milieu de l'autoroute n'est pas la meilleure façon de commencer ses vacances. J'ai vraiment cru que ce camion allait nous rentrer dedans. »
« J'ai d'excellents réflexes, merci quand même, » rit Emma.
« Oui, parce que vous êtes habituée à ce que cette monstruosité jaune vous lâche sans prévenir. »
Emma jeta un regard noir à la brune mais ne put pas répliquer. Peut-être était-ce le moment pour elle de penser à acheter une nouvelle voiture, après tout.
« Nous pourrions allez chez un concessionnaire ensemble en revenant, » suggéra Regina. « Je n'ai absolument aucune idée de ce que Robin a bien pu faire de ma voiture. De toute façon, je doute réussir à l'obtenir dans le partage des biens si son avocat trouve quoi que ce soit à y redire et quand il fera froid et humide, je ne me vois pas aller au collège à pied. »
« Oui, ça peut être sympa, » acquiesça Emma. « Poisson-frites pour vous, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle tandis qu'elles atteignirent enfin le comptoir pour passer leur commande.
Lorsqu'Emma se réveilla le lendemain matin, elle fut accueillie par l'odeur alléchante du bacon. Elle sourit, s'étira et sortit du lit. Enfilant un peignoir, elle sortit de sa chambre d'un pas ensommeillé et descendit l'escalier.
« Bonjour, » dit joyeusement Regina, sans se détourner de la cuisinière. « Comment voulez-vous vos œufs ? »
« C'est le meilleur réveil que j'aie jamais eu, » sourit Emma, qui se glissa sur une chaise et inspira profondément l'odeur du petit-déjeuner. « Et brouillés, s'il vous plait. »
« Tout de suite, » dit la brune. « Thé ou café ? »
« Thé, s'il vous plait, » dit Emma. « Merci de faire tout ça, Regina. »
« C'est le moins que je puisse faire, » répondit Regina, qui alluma la bouilloire et sortit un sachet de thé du placard pour le mettre dans un mug. « Après tout, vous m'avez invitée à passer les vacances avec vous et vous refusez que je participe au prix de la location. Alors vous aurez votre chef personnel à la place, d'accord. Demandez-moi n'importe quel plat, je vous le ferai. »
« Regina, » dit Emma en se levant pour s'approcher de la brune. « Ce n'est pas nécessaire, vraiment. »
La brune regarda finalement Emma et elle écarquilla légèrement les yeux en voyant Emma en short de nuit et en débardeur. Il faisait pourtant froid dans la cuisine. « Ca…Ça ne me dérange pas, » balbutia Regina avant de se forcer à détourner le regard des tétons érigés d'Emma. « Je veux dire, j'aime cuisiner et j'y suis habituée. »
« Vous y êtes habituée parce que Robin a fait de vous son esclave personnelle, » dit Emma, pince-sans-rire. « Vous n'avez pas besoin de nous faire la cuisine pour nous remercier. Vous êtes ici parce que nous voulions tous les deux que vous veniez, pas pour vos qualités de cuisinière. On cuisinera à tour de rôle, d'accord ? Henry nous aidera aussi, il aime assez ça. »
« Je ne veux juste pas être un poids. » dit Regina.
Emma posa une main sur chacune des épaules de Regina et l'obligea doucement à se retourner. « Regina, je ne vous aurais pas invitée à passer les vacances avec nous si je ne voulais pas que vous veniez. Henry n'aurait pas dit oui s'il ne voulait pas que vous soyez là. Nous sommes ici ensemble, sur un pied d'égalité, et on va passer des vacances géniales, à récupérer et à nous reposer avant de devoir retourner au travail. Alors maintenant, je vais vous laisser terminer de préparer le petit-déjeuner parce que ça sent divinement bon, mais demain, c'est mon tour, d'accord ? »
« D'accord, » dit Regina avec un petit sourire. « Merci, Emma. »
« De rien, » répondit Emma, qui lâcha les épaules de Regina pour prendre la bouilloire dont l'eau était chaude. « Vous prenez du thé aussi ? »
« J'ai fait du café, » dit Regina en désignant le percolateur posé sur la cuisinière à côté du bacon grésillant.
« Mon Dieu, ces vacances vont être géniales si on a un percolateur ! » dit Emma.
« Je l'ai ramené de chez moi, en fait, » répondit Regina.
« La vache, vous êtes une snob du café, » dit Emma dans un éclat de rire, en versant du lait dans son thé avant de se rasseoir à table.
« Je suis particulière, c'est vrai, » acquiesça Regina. « Je ne vais jamais nulle part sans une réserve de mon café préféré. »
Emma éclata de rire en sirotant son thé. « Vous êtes ridicule, c'est adorable. »
Les joues de Regina rosirent et elle resta résolument dos à la blonde qui commença à parler du programme de la journée avant que la brune ne lui serve son petit déjeuner cinq minutes plus tard. »
« Encore une ? » grogna Henry quelques heures plus tard alors que sa mère et Regina entraient dans la septième galerie d'art de la journée.
« Un peu trop pour toi, hein, mon grand ? » dit Emma en s'arrêtant à la porte. « Pourquoi tu ne vas pas faire un tour à la plage et on te retrouve là-bas ? »
« Je peux avoir de l'argent pour acheter une glace ? » demanda-t-il, plein d'espoir.
« On vient de manger, » dit Emma, incrédule. « Et tu as pris deux assiettes du petit déjeuner de Regina, ce matin. »
« Je suis en pleine croissance, » dit Henry.
Emma soupira. Que pouvait-elle répondre à ça ? Plus que quelques centimètres et Henry la dépasserait. « D'accord, » dit-elle en sortant un billet de cinq dollars. « Je t'envoie un message quand on aura fini, d'accord ? »
Henry acquiesça et leur dit au revoir
« Je suis impressionnée qu'il ait tenu si longtemps, » dit Regina en suivant Emma dans la galerie, flânant entre les œuvres d'art.
« Moi aussi, » dit Emma, qui admirait une peinture à l'huile abstraite représentant une mer déchainée. « Je m'attendais à ce qu'il s'éclipse après cette galerie de nus. »
« Oui, ç'a été un mauvais choix, » gloussa Regina. « Je suis presque sûre que vous auriez pu frire un œuf sur ses joues au moment où on est sortis. Je vais devoir y retourner pour acheter cette magnifique peinture, d'ailleurs. L'artiste a parfaitement su capturer l'expression de cette femme et j'ai eu l'impression de pouvoir lire son âme. »
« Eh bien, je suppose que vous allez avoir toute une maison à décorer tôt ou tard, » dit Emma. « Vous avez des nouvelles de l'agent immobilier ? »
« Oui, j'ai quelques visites prévues la semaine prochaine, » acquiesça Regina. « Ça fait très longtemps que je n'ai pas eu à chercher une maison, et pour être honnête, j'ai hâte. »
« C'est drôle, » acquiesça Emma. « Je suis venue en juin et j'ai vu une dizaine de biens en un week-end. C'était plus stressant qu'autre chose mais je me souviens combien Neal et moi nous sommes amusés en décidant où on allait vivre à New-York. Henry avait sept ans et tout ce qu'il voulait c'était que la maison ait une piscine. Il ne comprenait pas vraiment qu'avec nos salaires de prof tout juste titulaire et d'officier de l'armée, ce n'était pas possible. »
« Les biens matériels ne sont pas le plus important, » dit Regina. « Vous avez donné à Henry tout l'amour possible et ça n'a pas de prix comparé aux choses matérielles. J'avais tout le luxe dont je pouvais rêver dans cette maison avec Robin. Mais j'aurais volontiers échangé tout ça contre un moment avec Daniel. »
Les deux femmes gardèrent le silence, admirant une mosaïque complexe représentant un hippocampe constitué entièrement de coquillages.
« Vous serez à nouveau heureuse, Regina, » dit Emma après une pause. « Ce que vous aviez avec Daniel, vous le retrouverez avec quelqu'un d'autre. »
« Pas avant longtemps, je ne peux pas. » répondit Regina. « Je crois que j'ai besoin d'être seule pendant un moment, de me retrouver au lieu de me concentrer sur quelqu'un d'autre. »
« Je comprends, » dit Emma. « Après la mort de Neal, je ne supportais même pas d'envisager de tourner la page. Mais plus les jours passent, plus je pense que je serai bientôt prête à ressortir avec quelqu'un. »
« Ah, vraiment ? » dit Regina, l'œil brillant. « Et vous pensez à quelqu'un en particulier ? »
Emma rougit.
« Oh, alors il y a bien quelqu'un ! » rit Regina en tapant une fois des mains.
Emma leva les yeux au ciel en voyant le visage de la brune s'illuminer, les yeux brillant de curiosité.
« Qui est-ce ? »
« Wow, vous êtes trop curieuse, » dit Emma, moqueuse. « Je ne vais pas vous le dire parce qu'il n'y a rien à raconter. Il ne s'est rien passé, et je suis sûre que rien ne va se passer parce que ça ne serait pas professionnel. »
« On travaille avec lui ? » demanda Regina, énumérant mentalement tout le personnel du collège Storybrooke. « Bon ça ne peut pas être Killian parce que vous avez du goût et qu'il est avec Rose, maintenant. August ? » Emma secoua la tête. « Sebastian ? »
« Il m'a invitée à sortir une fois, j'ai dit non, » répondit Emma.
« Graham ? »
« L'autre prof d'histoire ? » demanda Emma. « Ce serait pas comme fraterniser avec l'ennemi ? La géographie contre l'histoire et tout ça. »
« Mais nous, nous sommes amies. »
« Oui, mais vous êtes intéressante. Et vous ne voulez pas coucher avec moi. »
Les deux femmes réalisèrent soudain combien la galerie était silencieuse et combien chaque personne présente écoutait leur conversation. Emma détourna le regard des joues légèrement roses de Regina et jeta un œil à sa montre.
« On devrait aller retrouver Henry, » suggéra Emma. « J'ai envie de faire un tour sur la plage, moi aussi. »
« Bonne idée, » acquiesça Regina, en suivant rapidement la blonde hors de la galerie.
Emma reprit difficilement son souffle et continua à grimper. La route jusqu'au sommet de la montagne qu'ils avaient choisie pour leur randonnée du mercredi avait été assez praticable au début, mais tous les trois s'étaient bientôt retrouvés à marcher au milieu des rochers et sur des sentiers escarpés, envahis de ronces et d'orties. Ils s'étaient griffé les bras et les jambes et la main d'Emma la démangeait à l'endroit où une ortie l'avait effleurée. Posant son pied sur un petit rocher, elle se hissa en haut à la force des bras, utilisant son genou comme appui. Elle s'arrêta et se retourna pour tendre la main à Regina, et bientôt les deux femmes continuèrent, loin derrière Henry qui avait disparu au loin.
Enfin, elles atteignirent la lande reliant le sommet de la montagne à l'intérieur des terres. Henry était assis sur un banc, la musique de son Ipod si forte qu'Emma pouvait entendre le bruit métallique à plusieurs mètres de distance. Elle s'assit à côté de lui et lui enleva l'un de ses écouteurs.
« Tu vas finir sourd, » dit-elle en prenant une barre de céréales dans son sac pour la lui donner.
Henry haussa les épaules et éteignit la musique. Regina marchait au bord de la falaise après avoir accepté le snack qu'Emma lui avait donné. Un sol irrégulier s'étendait devant elle, des touffes d'herbe plus épaisses avaient poussé vers le bord, là où les randonneurs n'osaient pas s'aventurer. Regina s'approcha du bord, ses orteils s'approchant du vide. En bas, elle entendait les vagues s'écraser sur les rochers, l'écume blanche se mélangeant au bleu du ciel jusqu'au recul de la vague, une autre prenant sa suite. Regina fit un pas de plus.
« Wow! »
La main d'Emma agrippa fermement sa taille, la tirant vers l'arrière.
« Quoi ? » demanda Regina en tournant la tête vers le visage blanc d'Emma.
« Vous...vous étiez…J'ai cru…Désolée. »
Emma lâcha tout de suite Regina, son cœur battant la chamade après ce qu'elle venait de voir.
« Vous avez cru que j'aillais sauter ? » demanda Regina, écarquillant les yeux en voyant la panique sur le visage d'Emma. La blonde hocha la tête. « Oh, Emma, j'admirais simplement la vue. Je voulais regarder les vagues, mais je suis vraiment désolée de vous avoir fait peur. Je ne ferais jamais…une chose pareille. Vous le savez, n'est-ce pas ? »
« Je suis désolée, » soupira Emma, en retournant s'asseoir sur le banc. Henry était déjà parti, marmonnant qu'il les attendrait à la prochaine zone de repos. « Moi, j'ai toujours eu peur du vide alors peut être que c'est à cause de ça. Mais avec tout ce qui vous est arrivé, j'ai juste…pensé au pire. »
Regina adressa un petit sourire à son amie inquiète et s'assit à côté d'elle.
« Emma, si j'ai réussi à surmonter tout ce qui s'est passé, je crois que le pire est derrière moi. Maintenant, je ne suis plus avec Robin, tout est plus lumineux, plus beau. Et c'est grâce à vous. Je suis plus heureuse maintenant que je ne l'ai plus été depuis très longtemps et je n'ai pas l'intention de renoncer à tout ça. »
« C'est promis ? » demanda Emma en se tournant vers Regina, les larmes aux yeux.
« C'est promis, » affirma Regina qui essuya une larme de la joue d'Emma avec son pouce. « Maintenant, allons-y, sinon il fera nuit avant qu'on arrive en ville et nous allons manquer notre réservation au restaurant. »
« Et si on regardait un film ? » suggéra Emma.
C'était jeudi soir et elle, Henry et Regina étaient assis dans le salon après avoir dévoré de délicieuses lasagnes que Regina avait préparées pour marquer la fin de leurs vacances. Ou plutôt, Henry et Emma les avaient dévorées, Regina avait mangé avec beaucoup plus de classe, naturellement. A présent, ils étaient confortablement installés, repus, et épuisés après leur journée à la plage. Henry et Emma avaient lutté furieusement contre la marée et leur impressionnant château de sable avait été renforcé de trois douves et de quatre murs. Les vagues avaient inévitablement fini par s'abattre sur le sable et l'avaient détruit, mais les deux Swan s'étaient défendus vaillamment.
« Je croyais que tu avais dit qu'on n'allait pas regarder la télé pendant les vacances, » plaisanta Henry depuis le fauteuil, ses longues jambes étendues sur la table basse.
« Les films, c'est différent, » répondit Emma.
« Est-ce qu'on a des DVD ? » demanda Henry.
« J'ai mis quelques films sur ma clé USB avant de venir et je vois que même si cette télé est vieille, elle a un port USB. »
« Génial, » sourit Henry. « Tu as pris quoi ? »
« Mmh American Sniper, Boyhood, Vice-Versa, Le Grand Hôtel Budapest, L'origine de la Planète des Singes, Jurassic Park, Magic Mike XXL et Spy. » énuméra Emma.
« Tu connais mon choix, » dit Henry. « Mais j'ai pas envie d'imposer deux heures de dinosaures à Regina, elle préfère peut-être autre chose. »
« Ça ne me dérange pas, Henry, » sourit Regina. « En fait je me suis laissée dire que Jurassic Park était un assez bon film. Et je suppose qu'on peut y trouver un intérêt historique, d'une certaine façon. »
« Vous êtes sûre ? » demanda Emma. « On peut toujours en regarder un autre quand Henry ira se coucher. »
« Oui, c'est une bonne idée, » sourit Regina. « Je nous fais du popcorn ? »
« Vous avez amené du popcorn ? » demanda Henry. Regina hocha la tête. « Maman, on peut la garder ? Elle cuisine mieux que personne et elle apporte même du popcorn en vacances ! »
Regina éclata de rire. « J'essaie juste de faire en sorte que ça ne soit pas trop dur pour toi de passer tes vacances avec ta prof d'histoire. Henry, je te suis très reconnaissante que tu aies accepté que je me joigne à vous. Ça représente beaucoup pour moi. »
« Pas de soucis, » dit Henry. « Vous avez besoin d'amis en ce moment et ma mère est une des meilleures amies qui existent. »
« Merci, mon grand, » sourit Emma. « Maintenant, si tu allais faire du popcorn pour que Regina puisse mettre les pieds sous la table, vu que c'est elle qui a préparé le diner ? »
Emma regretta ces paroles environ dix minutes plus tard. Même après qu'Henry soit parti se coucher, l'odeur de popcorn brûlé empestait toujours la maison. Heureusement, Regina en avait apporté plusieurs paquets et une fois que la brune prit le contrôle du micro-ondes, ils ne tardèrent pas à avoir un bol rempli de popcorn devant eux. Peu après onze heures, Regina et Emma se retrouvèrent allongées chacune à un bout du canapé, une couverture sur elles, car les vents d'automne froids avaient fait leur apparition et soufflaient sur la maison. Les fenêtres, bien que très jolies, étaient anciennes et laissaient passer les courants d'air. Les deux femmes regardaient l'écran, les yeux rivés sur le spectacle. Personne au monde ne pouvait nier à quel point Channing Tatum était sexy.
« Vous êtes déjà allée dans un club de striptease ? »
Emma recracha quelques gouttes de son vin, dont elle venait de prendre une gorgée. « Quoi ? »
« Un club de striptease, vous y êtes déjà allée ? »
« Non, » répondit Emma, qui s'essuya la bouche avant d'appuyer sur pause. « Et vous ? »
« Quelquefois, » admit Regina. « Robin aimait bien faire ses réunions là-bas. Il disait que la musique forte et les lumières étaient la parfaite couverture pour discuter de leurs prochains casses. Mais je suis sûre que c'était un prétexte pour reluquer les femmes en petite tenue qui paradaient devant eux. »
« Ce type est si… »
« Je sais, » l'interrompit Regina. Elle n'avait aucun besoin qu'Emma lui rappelle quelle ordure était son futur ex-mari. « Pour être honnête, je l'ai toujours su, mais ça n'a pas pour autant été plus facile de m'en sortir. Pas avec quelqu'un d'aussi manipulateur que Robin. En fait, je me demande si j'arriverai à nouveau à refaire confiance à quelqu'un. Je croirai toujours que les gens ont des arrière-pensées. »
« Et moi ? » demanda Emma. « Est-ce que j'ai des arrière-pensées ? »
« Non, » dit doucement Regina, qui se retourna légèrement sur le canapé pour étirer sa jambe et soulager sa crampe. Emma sursauta légèrement lorsque les orteils de la brune touchèrent sa hanche. « Non, vous êtes mon amie. Vous voulez le meilleur pour moi. Je sais que vous n'essaieriez jamais de tirer profit de mes faiblesses. »
« C'est ce que vous pensez ? » demanda Emma en s'asseyant pour prendre les mains de Regina. « Que Robin vous contrôlait parce que vous êtes faible ? »
« Pour quelle autre raison serais-je restée avec lui aussi longtemps ? » soupira Regina. « Si j'avais été plus forte, je serais partie plus tôt, ou je n'aurais même jamais vécu cela du tout. »
« Ça n'a rien à voir avec la force, » dit fermement Emma. « Tout ça, c'est à cause de Robin. Il est le seul responsable de ce qui vous est arrivé. Rien de tout ça n'est votre faute et vous n'avez aucune raison d'avoir honte ou d'être embarrassée. Et vous n'êtes pas faible, Regina. Pensez à la force qu'il vous a fallu pour le quitter. »
« En fait, c'était surtout votre force, » répondit Regina. « Vous m'avez littéralement portée dans la voiture et vous m'avez kidnappée. »
« Je vous ai secourue, » corrigea Emma. « Et pour ce qui est de vous porter, vous êtes un poids-plume. Mais ce n'était pas ça le plus dur. C'est au moment où vous avez finalement accepté de me dire ce qui se passait que vous avez fait preuve de force. Réussir à en parler, c'est ce qu'il y a de plus difficile pour les victimes de violences conjugales. »
« Vous avez fait des recherches sur Google, n'est-ce pas ? » dit Regina, un sourcil levé.
« Peut-être bien, » admit Emma. « Je voulais pouvoir vous aider le mieux possible et c'est le seul moyen auquel j'ai pensé pour en apprendre plus sur ce que vous traversiez. Je veux dire, sans avoir à vous poser de questions. »
« Vous m'avez aidée. Vous avez été mon roc, Emma. Tout ce que j'ai fait ces dernières semaines, c'est grâce à vous et maintenant je peux enfin commencer à reprendre ma vie en main. »
« Maintenant ? » demanda Emma, qui se demandait ce qui avait changé précisément durant ces vacances.
« Keith m'a envoyé un message cet après-midi, » admit Regina. « La dernière audience pour notre divorce aura lieu vendredi prochain. Il a réussi à faire accélérer les choses, je crois qu'un de ses amis est juge des référés ou quelque chose comme ça. Peu importe, l'important c'est que je serai libérée de ce mariage dans huit jours. »
Emma s'agenouilla sur le canapé et se redressa pour prendre son amie dans ses bras, prise d'une vague de soulagement. Les bras de Regina entourèrent son dos, le visage de la brune enfoui dans les cheveux d'Emma, dont le parfum lui était de plus en plus familier, tandis qu'elle se relaxait dans l'étreinte. C'était terminé. Elle avait réussi. Elle s'en était sortie. Et tout ça, c'était grâce à Emma.
Emma lâcha doucement Regina et se détacha d'elle, avec un sourire.
« Félicitations, » dit-elle en déposant un doux baiser sur la joue de Regina.
« Merci, Merci pour tout Emma, » répondit Regina, qui se pencha pour embrasser la joue d'Emma, elle aussi.
Le sourire d'Emma s'élargit et elle reprit sa position sur le canapé avant d'appuyer sur play, les images reprenant vie tandis qu'elle s'installait plus confortablement contre les coussins.
Henry trouva les deux femmes endormies sur le canapé le lendemain matin, les jambes entrelacées et leurs mains à quelques centimètres l'une de l'autre. Il lui sembla qu'elles s'étaient endormies en se tenant la main. Il marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la cuisine et commença à préparer le petit déjeuner.
A la surprise générale, le trajet jusqu'à Portland se passa sans aucun problème. A quinze heures, Emma se gara près de l'hôtel de Regina et l'aida à sortir ses bagages du coffre. La jeune femme avait emmené bien trop de choses pour seulement cinq jours de vacances. Enfin, elle avait également trois œuvres d'art qu'elle portait sous le bras, achetées dans différentes galeries.
Elle remercia Emma une fois de plus et fit un petit signe de la main à Henry, assis dans la voiture, avant de se diriger vers le bâtiment qu'elle considérait provisoirement comme sa maison.
« Ok, gamin, » dit Emma après s'être rassise sur le siège conducteur. « Rentrons à la maison pour que tu puisses commencer à faire tous les devoirs que tu as évité de faire pendant toutes les vacances. »
Henry grogna mais ne put pas répliquer, une impressionnante pile de livres encombrant son bureau.
A peine cinq minutes après avoir garé la voiture, Emma entendit son téléphone sonner.
« Eh, qu'est-ce que vous avez oublié ? » demanda Emma en arrêtant de mettre leurs vêtements dans la machine à laver.
« Non, ce n'est pas ça. »
« Qu'est ce qui ne va pas ? » demanda Emma, le ton de Regina l'alarmant instantanément.
« Robin. Il est entré par effraction dans ma chambre d'hôtel pendant mon absence. Il…Il m'a tout pris. »
Voilà pour ce chapitre, vous voyez que c'est loin d'être fini au niveau des rebondissements lol. J'espère que ça vous a plu, la suite vendredi ;). Bonne semaine, à bientôt!
