Coucou! J'espère que vous allez bien en cette veille de week-end :) Moi ça va, à part que j'ai dû prendre un petit arrêt de travail car le vaccin contre le Covid m'a vraiment mise KO. Mais du coup, j'en ai profité pour regarder les deux premiers épisodes de Why Women Kill sur Paramount+, plusieurs fois d'ailleurs ;) . Lana est vraiment INCROYABLE. Tous ceux qui les ont déjà vus craquent déjà complètement pour Rita, et il y a de quoi! Je crois qu'ils sont dispos en France en VO sur la plateforme Salto, si vous avez l'occasion, regardez, c'est juste...WOW! Bon allez, place à la fic, que je sais que vous attendez :)
Chapitre 14 Pièces manquantes
Lorsque Regina se réveilla, elle retrouva de nouveau le plafond familier de la chambre d'amis d'Emma. Elle se retourna et enfouit la tête dans l'oreiller doux en bâillant. Elle était épuisée. Elles étaient restées au poste de police jusqu'à plus de minuit pour remplir le rapport d'incident, répondre aux inspecteurs et remplir la quantité infinie de papiers relative au cambriolage. Emma avait insisté pour que Regina reste dormir chez elle et elle n'avait pas eu l'énergie de refuser.
Un rire familier venant de l'extérieur de la chambre lui fit froncer les sourcils. Elle s'assit sur le lit, se hissa hors du matelas et tira les rideaux. Sa fenêtre donnait sur la rue et elle aperçut Emma, appuyée contre le capot de la voiture de l'inspecteur Nottingham, à siroter une tasse de café en sa compagnie. Alors, le policier avait vraiment tenu parole et était resté monté monter la garde toute la nuit. Une sensation inconnue s'insinua en Regina alors qu'elle les observait. Elle ne savait pas de quoi il s'agissait. S'effondrant sur le lit, elle poussa un petit grognement. Elle ne voulait pas de ça. Elle ne voulait rien de tout ça. Tous ces ennuis qu'elle causait à tant de gens. Peut-être aurait-il été plus simple qu'elle reste avec Robin, après tout…
Des petits coups frappés à la porte la sortirent de ces dangereuses pensées.
« Entrez. »
« Hey, » la salua Henry. « Je me suis dit que vous voudriez peut-être un café. »
« Merci, mon grand, » sourit Regina. « Je suis tellement désolée pour tout ça. Je parie que tu trouvais que cinq jours avec ta prof d'histoire étaient une torture plus que suffisante sans avoir à supporter que je revienne chez vous à l'improviste. »
Henry secoua la tête. « C'est pas du tout de votre faute. Maman et moi, on veut juste que vous soyez en sécurité, et si l'endroit le plus sûr c'est avec nous, alors ça me dérange pas que vous soyez là. »
« Tu es adorable, Henry. Merci. »
« Pas de problème. Je vais faire mes devoirs, maintenant, mais dites-moi si vous avez besoin de quelque chose, » sourit Henry avant de sortir en fermant la porte.
Juste au moment où Regina terminait sa tasse de café quinze minutes plus tard, Emma frappa et entra dans la chambre.
« Hey, vous avez bien dormi ? »
« Pas tellement, » admit Regina. « Et vous ? »
« Pareil pour moi, » dit Emma, qui s'assit sur le lit et réalisa que la bosse sous la couette sur laquelle elle s'appuyait était la jambe de Regina. « Mais Keith a dit qu'il n'avait rien vu. »
« Va-t-il vraiment rester notre garde chiourme pour toujours ? » demanda Regina, d'un ton légèrement sec.
Emma fronça les sourcils. « Il veut que vous soyez en sécurité, » répondit-elle. « Et tant que nous n'aurons pas arrêté Robin, alors oui, il y aura un officier de police pour surveiller la maison. »
« Toujours aucun signe de lui ? »
« Non, » dit Emma en secouant la tête. « La maison de Mifflin Street a été mise sous scellés et son passeport a été signalé à tous les aéroports, les gares et les ports. Il ne peut pas quitter le pays donc ils finiront par le coincer. Les caméras de surveillance de l'hôtel le montrent lui et sa bande en train d'escalader le mur jusqu'à votre chambre en plein jour et on les voit ensuite sortir avec toutes vos affaires. Il n'échappera pas au procès cette fois-ci. »
« Il faudrait déjà que vous l'attrapiez, » dit Regina d'un air sombre.
« On y arrivera, » assura Emma. « Keith a mis tous ses hommes sur… »
« Qu'est-ce qu'il y a entre vous et Keith ? » l'interrompit Regina, la colère bouillonnant soudainement en elle.
Emma cligna des yeux. « Qu'est-ce que vous voulez dire ? »
« Vous passez votre temps à parler de lui et je vous ai entendus rire ensemble dehors. Tout ça n'est qu'une grosse plaisanterie, pour vous, c'est ça ? Devoir vous occuper de la pauvre petite femme stupide et effrayée et la protéger de la vérité : que son mari ne sera jamais arrêté parce qu'il est trop riche, trop puissant et trop intouchable. Je n'ai pas besoin de votre pitié, Emma. Et je n'ai pas besoin de Keith comme baby-sitter. Si vous voulez qu'il soit là, parfait. Mais moi, je trouverai un autre endroit où vivre. »
Elle se coucha et se tourna sur le côté, tournant résolument le dos à son amie.
Emma observa la brune avec de grands yeux ébahis. Quelle mouche avait donc piqué Regina ? Peu importait ce qui se passait, elle savait avec certitude que la vraie Regina ne pensait pas ce qu'elle venait de dire. Mais elle ne comprenait pas pourquoi son amie venait d'exploser de cette façon alors qu'elle essayait juste de l'aider.
« Regina, » dit gentiment la blonde. La brune ne bougea pas. « Regina. » Rien. Poussant un soupir, Emma grimpa sur le lit, enjamba le corps recroquevillé de Regina et se coucha de l'autre côté du lit, obligeant la jeune femme à la regarder dans les yeux, le visage à quelques centimètres du sien. « Eh, qu'est-ce qui vous arrive ? »
Regina cligna des yeux plusieurs fois avant d'éclater en sanglots. Inquiète, Emma s'approcha d'elle et la prit maladroitement dans ses bras, son propre bras gauche et le bras droit de Regina écrasés entre leurs corps. La brune pleura pendant un long moment tandis qu'Emma se creusait la cervelle pour comprendre ce qui lui arrivait.
Une demi-heure plus tôt.
« Apporte ça à Regina, tu veux ? » demanda Emma en tendant une tasse à Henry avant d'en servir deux autres. Elle posa les deux tasses de café sur le coin de la table, attrapa un manteau et enfila rapidement une paire de bottes. Elle traversa l'allée jusqu'à la rue et frappa à la vitre de la voiture, puis désigna les tasses de café quand l'inspecteur Nottingham leva les yeux de son journal avec un grand sourire.
« Bonjour, Mademoiselle Swan, » dit l'inspecteur Nottingham en ouvrant la portière pour sortir de la voiture.
« Bonjour, inspecteur Nottingham, » répondit Emma en lui tendant son café.
« Combien de fois vous-ai-je dit de m'appeler Keith ? » dit l'homme, qui accepta la boisson brûlante avec un hochement de tête reconnaissant.
« Et combien de fois vous-ai-je dit de m'appeler Emma ? » répliqua la blonde.
« Un point pour vous, » sourit Keith.
« Ils se dirigèrent vers l'avant de la voiture et s'appuyèrent contre le capot en sirotant leurs boissons chaudes.
« Du nouveau la nuit dernière ? » demanda Emma après une pause.
« Rien du tout, » répondit Keith. « Et le gars que j'ai posté sur Mifflin Street a dit qu'il ne s'est rien passé là-bas non plus. Toutes les lumières sont restées éteintes et toutes les portes et les fenêtres fermées. De ce qu'on peut en voir, la plupart des objets de valeur ont été enlevés. Où que Robin puisse être, je ne crois pas qu'il prévoie de revenir de sitôt. »
« Est-ce que c'est une bonne chose ? »
« Ça l'est pour lui, » répondit Keith. « Le jour où je mettrai la main sur ce salaud, j'espère vraiment qu'il n'y aura personne pour m'empêcher de lui mettre un coup de pied où je pense. »
Emma éclata de rire. « Henry vous a déjà devancé sur ce coup-là. »
Keith gloussa aussi. « Oh, vraiment ? Je vois que vous avez mis en place une bonne garde rapprochée autour de votre amie. »
« Elle le mérite, » dit Emma. « Elle ne peut pas rester seule pour le moment, pas après ce qui s'est passé hier. Je veux juste…Je veux juste qu'elle soit en sécurité. »
Keith jeta un regard en coin à Emma, essayant de lire l'expression de son visage. La blonde ne remarqua pas qu'il l'observait avec attention.
« Emma, » commença-t-il. « Il y a quelque chose entre vous et Regina ? »
Emma faillit s'étouffer avec la gorgée de café qu'elle venait d'avaler. « Quoi ? », demanda-t-elle en toussant légèrement. « Non ! Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? »
« Je suis désolé, » dit rapidement Keith. « C'est juste…la façon dont vous parlez d'elle quelquefois, et vous avez fait tellement pour elle. J'en ai tiré des conclusions, mais il est clair que je me suis trompé. »
« Elle vient juste de quitter son mari, » lui rappela Emma. « Même si je la voyais de cette façon-là, ce qui n'est pas le cas, il serait bien trop tôt pour qu'il se passe quoi que ce soit entre nous, ce qui n'arrivera pas, » ajouta-t-elle.
« D'accord, » acquiesça Keith.
Ils restèrent silencieux à nouveau, incertains de la manière dont changer de sujet suite à la tournure qu'avait prise cette conversation.
« Alors, est-ce que ça vous dirait de prendre un café avec moi un de ces jours ? » demanda Keith. « Je veux dire, ailleurs que sur mon capot de voiture, devant votre maison. »
« Vous voulez dire, comme un rendez-vous ? » demanda Emma.
« Si vous voulez mettre un nom là-dessus, alors oui, » dit l'homme avec un petit sourire. »
« Mmh, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, » dit Emma après une pause. « Je veux dire, vous êtes en charge de l'affaire de Regina, et je suis son amie. Je…Je crois que ça compliquerait les choses. Je suis désolée, Keith, je vous aime bien mais je ne crois pas que ce soit le bon moment. »
« D'accord, » dit l'homme. « Peut-être pourriez-vous me passer un coup de fil quand les choses se seront calmées. »
« D'accord, » acquiesça Emma.
Il y eut une nouvelle pause, et Keith se demanda comment il était possible que malgré ses nombreuses années d'expérience à démêler le vrai du faux en tant qu'inspecteur de police, il ait put se tromper si lourdement en ce qui concernait les sentiments d'Emma vis-à-vis de Regina. Et de lui-même.
« Combien de temps allez-vous rester ici ce matin ? » demanda Emma en finissant son café.
« Quelqu'un vient me relayer dans quinze minutes, » répondit Keith. « J'ai quelques dossiers d'hier soir à terminer et j'aimerais aussi retourner interroger le propriétaire de l'hôtel. J'ai quelques questions à lui poser après avoir vu les enregistrements. »
« Tenez-moi au courant. »
« Bien sûr. Et merci pour le café, » dit Keith en lui tendant sa tasse vide.
« Regina, » murmura Emma quand les sanglots de la brune se furent finalement calmés. « Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est ce qui ne va pas ? »
« Je suis désolée, » répondit Regina, d'une voix étouffée.
Emma se détacha légèrement afin de regarder le visage souillé de larmes qui se trouvait maintenant penché sur elle, son bras entourant toujours la taille de Regina.
« De quoi êtes-vous désolée ? » demanda Emma, de plus en plus confuse.
« D'avoir crié sur vous. D'avoir insinué que vous vous n'en aviez rien à faire. D'avoir dit toutes ces choses au sujet de l'inspecteur Nottingham. Je sais qu'il vous plait, il n'y a pas de problème et… »
« Wow, attendez une minute, c'est à cause de moi et de l'inspecteur Nottingham ? » demanda Emma. « Vous croyez que…Regina, il n'y a absolument rien entre Keith et moi. »
Le parallèle entre les deux conversations qu'elle avait eues au cours de la matinée n'échappa pas à Emma.
« C'est vrai ? » demanda Regina. « Je veux dire, s'il y avait quelque chose, ça ne serait pas grave. Ce n'est pas ce que je voulais dire. J'ai juste…Je vous ai vus ensemble et je sais que vous l'aimez bien. »
« C'est vrai, » admit Emma, « mais il n'y a rien entre nous. En fait, il m'a invitée à prendre un café avec lui tout à l'heure, mais je lui ai dit non. Nos vies sont déjà assez compliquées sans que je me mette à sortir avec l'enquêteur principal en charge de votre affaire. En plus, je ne suis pas sûre qu'il me plaise vraiment. Je…Je ne suis sortie avec personne depuis Neal et Keith n'est même pas d'ici. Je ne crois pas qu'une relation à distance soit le meilleur choix pour ma prochaine histoire, vous ne trouvez pas ? »
« Alors, vous et Keith… »
« Sommes amis, » dit Emma avec conviction. « Il est resté dehors toute la nuit parce qu'on pensait tous les deux que c'était le mieux pour vous. Et je le pense toujours, mais si vous voulez qu'il parte, vous n'avez qu'un mot à dire. C'est votre vie, Regina, c'est de votre futur ex-mari dont il s'agit donc quoi que vous décidiez, nous ferons ce que vous voudrez. »
« Non, ça va, » dit Regina. « Je reconnais que je me suis sentie légèrement plus rassurée de le savoir ici. C'est seulement quand je vous ai vus ensemble ce matin que je… » Elle s'arrêta, ne sachant pas vraiment quelle excuse elle pouvait donner à Emma pour justifier sa réaction face à la scène à laquelle elle avait assisté plus tôt.
Emma caressa de haut en bas le dos de Regina, ramenant la brune de l'endroit mystérieux où son esprit l'avait entrainée. « Eh, vous êtes prête à aller à la chasse aux maisons ? »
« Vous voulez venir avec moi ? » demanda Regina.
« Je suis certaine que chercher une maison dans votre budget sera bien plus amusant que ça l'a été quand je suis arrivée ici, » sourit Emma. « Et puis, qu'est-ce que j'ai d'autre à faire, à part la pile de copies à corriger que j'ai soigneusement évitée pendant toutes les vacances ? »
Non seulement la recherche d'une maison était bien plus amusante lorsque cela impliquait un budget conséquent, mais les choses allaient également beaucoup plus vite. Un samedi matin, quatre semaines plus tard et alors que novembre était presque là, Regina reçut les clefs de sa nouvelle maison. Elle sourit en faisant un signe de la main à son agent immobilier puis monta rapidement les marches de son nouveau porche, la froide pluie hivernale ruisselant sur son manteau.
Elle ouvrit la lourde porte en bois, puis entra à l'intérieur avant de la refermer rapidement, le souffle du vent se calmant instantanément. Verrouillant la porte, elle suspendit son manteau trempé dans la buanderie, retira ses bottes qu'elle posa près de la porte, puis avança dans le cottage.
Au moment même où elle avait franchi la porte au cours de la première visite, elle avait su que c'était ici qu'elle devait vivre. La spacieuse cuisine –salle à manger était équipée de magnifiques plans de travail en bois de chêne fabriqués sur mesure, la grande cuisinière trônait fièrement au milieu du mur de derrière. Regina fit courir ses doigts sur le métal froid avant de se pencher pour l'allumer. Frottant ses mains, l'une contre l'autre, elle se demanda combien de temps il faudrait pour que la pièce aux murs de pierre froids se réchauffe. La maison avait été vide pendant des mois et, si ça avait été l'été, Regina aurait ouvert les fenêtres en grand pour enlever l'odeur de renfermé. Elle pénétra ensuite dans le salon cosy et alluma la cheminée. Au bout de cinq minutes, les flammes dansaient contre les murs couverts de suie, les bûches craquant gaiement tandis que l'odeur familière de pin emplissait ses narines.
Regina s'assit dans son nouveau canapé et jeta un coup d'œil dans la pièce. Elle était vide, sans âme, et avait besoin d'être personnalisée. Les pierres nues étaient magnifiques et avaient du cachet, mais elle était impatiente d'y suspendre ses tableaux. Se souvenant du nu qu'elle avait acheté à Cushing avec Emma, Regina se dirigea vers le hall et commença à fouiller dans ses cartons. Elle ne mit pas longtemps à trouver ce qu'elle cherchait. Après tout, elle ne possédait plus grand-chose. Robin lui avait repris presque tout ce qu'elle avait pu sauver de l'ancienne maison. Le cadre à la main, Regina retourna dans le salon. Elle le mit d'un côté de la cheminée, puis de l'autre, avant de se décider à le suspendre à côté de la porte pour pouvoir l'admirer chaque fois qu'elle quitterait la pièce.
Regina retourna dans le hall et se pencha pour prendre l'un des cartons qu'elle monta à l'étage, empruntant l'escalier en bois et en colimaçon. La chambre principale était encore loin de ses attentes, principalement parce que la livraison de son lit avait été retardée et qu'elle allait devoir dormir sur un matelas prêté par Emma pendant les prochains jours. Mais les propriétaires précédents y avaient laissé une commode et une armoire ornées en bois lourd et elle commença à déballer les quelques tenues qu'elle s'était achetées, principalement pour le travail. Tandis qu'elle suspendait sa dernière jupe crayon, son téléphone sonna.
« Hey, où êtes-vous passée ? » demanda-t-elle en calant le téléphone contre son oreille pour continuer de ranger.
« Henry s'est réveillé tard et maintenant il veut que je l'emmène en voiture chez Felix parce qu'il pleut. Je pars tout juste de chez moi, donc je devrais être chez vous dans une vingtaine de minutes. »
« D'accord, » dit Regina. « Vous pouvez passer prendre du lait, s'il vous plait ? »
« Bien sûr, autre chose ? »
« Du thé. »
« Pas de souci. »
« Et des tasses. »
« Si j'ai bien compris vous avez envie d'une tasse de thé et vous n'avez pour ainsi dire rien chez vous, c'est ça ? » rit Emma.
« Ce serait peut-être une bonne idée d'aller faire du shopping cet après-midi, » gloussa Regina.
« Ça me va. Ça fait un moment que j'ai envie de savoir combien de choses je peux faire tenir dans le coffre de ma nouvelle voiture et je parie que vous allez acheter plein de trucs. »
« Eh, je dois quand même remplacer tous mes ustensiles de cuisine, » protesta Regina.
« J'ai bien fait de prendre la Golf plutôt que la Polo, pas vrai ? » plaisanta Emma. « C'est pas comme votre voiture, c'est bien plus pratique pour le shopping. »
« Oui, mais je vous battrais si on faisait une course, » répondit Regina.
« Oui, parce qu'on fait tellement souvent la course en voiture, » ironisa Emma.
« Chhht. Dépêchez-vous s'il vous plait. Je meurs d'envie d'un thé. »
« Oui, Votre Majesté, » dit Emma avant de raccrocher et d'appeler son fils pour le presser à partir.
Plus tard dans l'après-midi, Emma et Regina s'écroulèrent côte à côte sur le canapé. Leur virée shopping avait duré des heures mais les placards de cuisine de Regina contenaient maintenant tout l'attirail d'un chef. Emma n'avait jamais réalisé qu'il existait autant de types de poêles, et la brune avait mis au moins une heure à choisir quel ensemble de couteaux elle voulait. Mais à présent, l'ancien cottage campagnard était net et ordonné, les deux femmes ayant déballé et rangé toutes les affaires de Regina.
« Je n'arrive toujours pas à croire que vous ayez acheté cet endroit, » dit Emma en jetant un œil dans la magnifique pièce cosy, réchauffée par le feu de cheminée. « C'est vraiment très beau. »
« C'est bien plus à mon goût que ce que Mifflin Street n'a jamais été, » sourit Regina. « Et mon père aurait adoré cet endroit. Il serait si heureux que j'aie dépensé mon héritage dans une vraie maison de campagne. »
« Il serait très fier de vous, » dit Emma.
Elles n'avaient pas beaucoup parlé du père de Regina jusque-là. Le sujet était toujours sensible car cela ne faisait qu'un an qu'il était décédé. Emma avait été soulagée d'apprendre que le vieil homme, un ancien ténor du barreau, avait laissé à sa fille unique une généreuse somme à laquelle elle seule pouvait avoir accès. Robin n'avait jamais eu connaissance de cet argent, et Emma était sure que s'il avait été au courant, la brune aurait été dans une situation financière bien plus délicate que celle où elle se trouvait actuellement. Au grand dam de sa citadine de mère, cet héritage avait permis à Regina de ne pas avoir de crédit sur le dos, même en ayant renoncé à tout l'argent lié à son mariage. C'était la seule façon pour elle de faire en sorte que le divorce soit prononcé rapidement et sans la présence de Robin. De toute façon, Regina avait insisté sur le fait qu'elle ne voulait pas un sou de l'argent qu'il avait gagné malhonnêtement.
« J'aurais aimé qu'il puisse voir cet endroit, » soupira Regina. « Mon père adorait la campagne et il a toujours souhaité vivre en dehors de la ville. Je voulais tellement avoir un cheval en grandissant, mais ma mère refusait de se trouver ne serait-ce qu'à un kilomètre d'un peu de boue. Elle détestait que je passe mes week-ends aux écuries lorsque j'étais enfant. Dès que j'ai quitté la maison pour aller à la fac, elle a obligé mon père à déménager à Boston, là où il travaillait. Si elle a accepté de rester à Chelsea toutes ces années, c'est juste parce qu'ils refusaient tous les deux de me changer d'école. Je doute qu'elle vienne un jour me voir ici, et je ne m'en plains pas, d'ailleurs, » ajouta-t-elle.
« Vraiment ? » demanda Emma. « J'aimerais la rencontrer. »
« Pourquoi ? »
« Simple curiosité, » dit Emma. « Ça me ferait plaisir de rencontrer l'une des personnes grâce à qui l'une de mes meilleures amies a pu venir au monde. »
« Justement, Emma, puisqu'on parle de ça, je pense qu'il serait temps qu'on commence à se tutoyer, tu ne crois pas ? Je veux, dire, c'est ce que les amies font en général, » sourit la brune avec un sourcil levé.
Emma devait reconnaitre qu'elle y avait pensé elle aussi, surtout depuis qu'elles s'étaient rapprochées pendant leurs vacances. Et après tout, elle avait tutoyé Rose et Ruby presque instantanément. Mais avec Regina, c'était différent. Emma savait que, de par son mariage douloureux, la brune était particulièrement réticente à laisser les autres entrer dans sa vie. Elle voulait lui laisser le temps de s'ouvrir à elle quand elle serait prête, et fut particulièrement touchée de cette marque de confiance.
« Oui, vous…tu as raison, » dit-elle simplement en la prenant dans ses bras.
« Et en ce qui concerne ma mère, dit Regina lorsqu'elles se détachèrent, tu es adorable, mais fais-moi confiance, ce n'est pas quelqu'un que tu apprécierais. »
« Tu sais, je crois que mes camarades de Yale m'auraient dit la même chose de toi, » plaisanta Emma.
Regina éclata de rire. « Tu marques un point. Mais quand on voit cet endroit, je suis sûre que jamais tu ne me croiras si je te dis que j'ai passé six ans de ma vie enterrée sous une tonne de livres dans toutes les bibliothèques d'Harvard. J'ai vraiment besoin de renflouer ma collection de livres pour pouvoir commencer à remplir ces étagères. » Ses yeux dérivèrent sur les enclaves de chaque côté de la cheminée, sur lesquelles plusieurs étagères en bois avaient été soigneusement fixées.
« En parlant de ça. »
Emma de leva d'un bond et disparut dans le couloir. Fronçant les sourcils, Regina sirota son vin et attendit que son amie revienne. Emma réapparut au bout de quelques minutes, les mains cachées derrière le dos.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Regina d'un air suspicieux.
« Un cadeau de crémaillère, » sourit Emma, qui portait un large cadeau enveloppé.
Il était évident qu'il s'agissait d'un livre. Regina prit le paquet rectangulaire et le posa sur ses genoux. Emma frétillait d'impatience à ses côtés tandis que la brune prenait soin de détacher le papier avec précaution pour ne pas l'abimer.
« Oh allez, dépêche-toi ! » dit Emma en riant tandis que Regina avait retourné le livre, choisissant un meilleur angle pour détacher un morceau de scotch récalcitrant.
« J'aime ce papier, » protesta-t-elle. « Il est joli. »
« Ah alors la prochaine fois, je t'achèterai un rouleau de papier cadeau, » plaisanta Emma.
Le papier tomba finalement sur le sol, et Regina observa le livre pendant un long moment avant de lever les yeux vers Emma. La blonde essayait de toutes ses forces de ne pas rire, mais elle n'y parvint pas, et quelques secondes plus tard, ses gloussements retentirent dans la pièce. Malgré le fait qu'elle était l'objet de ses moqueries, ce son gonfla le cœur de Regina.
« Merci, » pouffa Regina, qui posa à côté d'elle l'exemplaire d'Introduction à la Géographie et fit les gros yeux à son amie, celle-ci essayant toujours de maitriser son fou rire.
« J'ai autre chose pour toi, » dit Emma après avoir finalement réussi à se calmer.
« Est-ce que je le veux vraiment ? » demanda Regina.
« Ingrate, » sourit Emma qui sortit un deuxième paquet beaucoup plus grand en forme de livre de sous le canapé avant de le poser sur les genoux de Regina.
Cette fois-ci, le papier fut déchiré en quelques secondes et Regina laissa échapper un petit cri de joie.
« Oh, Emma ! Où les as-tu trouvés ? »
« J'ai surfé des heures sur Google, » dit la blonde. « Est-ce que ça te plait ? »
Regina leva les yeux et Emma s'inquiéta en voyant des larmes dans les orbes chocolat de son amie.
« Oh, Emma, je les adore ! Merci ! »
Elles s'étreignirent pendant un long moment, les livres glissant entre elles sur le canapé.
« Je n'arrive pas à croire que tu aies réussi à les trouver, » dit Regina en ouvrant chaque livre un par un. « Et ce sont toutes des éditions originales ? Emma, non, c'est beaucoup trop ! Je ne peux pas accepter. »
« Bien sûr que si, tu peux, » sourit Emma. « Je sais combien tu étais triste quand Robin t'a pris tes autres exemplaires, et je suis si fière de la façon dont tu as repris ta vie en main. J'ai pensé que tu méritais un petit cadeau. »
« Un petit cadeau ? » répéta Regina. « C'est la collection complète de Michel Foucault. Chacun de ces livres vaut plusieurs centaines de dollars. Emma, je ne peux vraiment pas accepter. »
« Tu le peux vraiment, » insista Emma. « D'ailleurs, Rose et Ruby ont participé. Je crois qu'elles se sentent toujours coupables de ne pas avoir remarqué avant que quelque chose n'allait pas dans ta vie. Et puis, regarde toute la place que tu as sur ces étagères. Si ça peut t'aider à accepter, pourquoi est-ce que tu ne pendrais pas la crémaillère pour me remercier ? »
« En quoi le fait de pendre la crémaillère serait-il une façon de te remercier ? »
« Parce que je passerais une soirée avec toi et tous nos amis, sans avoir à tout préparer ni à nettoyer ensuite, » expliqua Emma.
« Marché conclu, » sourit Regina. « Mais tu ne m'offres pas de cadeau pour Noël. »
Les joues d'Emma rosirent légèrement.
« Tu m'en as déjà acheté un, c'est ça ? » gémit Regina.
« J'ai fait beaucoup de recherches pour te trouver ces livres et je suis juste tombée sur quelques petites choses auxquelles je n'ai pas pu résister, » expliqua Emma. « Honnêtement, je ne suis pas aussi organisée d'habitude. »
Regina poussa un soupir. « Très bien, je ferai une fête pour te remercier de ce cadeau extravagant, mais seulement si tu me promets de rien emmener, ni à manger, ni à boire. D'accord ? »
« D'accord, » sourit Emma. « Et maintenant, dis-moi où tu veux accrocher ton certificat de divorce. »
La blonde s'écarta et sortit un large cadre orné de dorures de derrière l'un des coussins. Regina resta quelques secondes interdite, se demandant comment la jeune femme avait trouvé le temps de cacher toutes ces choses dans sa maison, puis se laissa retomber sur le canapé en éclatant de rire.
Bah alors, Regina, c'est pas beau d'être jalouse de Keith comme ça! ;). J'espère que ça vous a plu, la suite sera lundi et je sais déjà que vous adorerz le prochain chapitre. Bon week end :)
