Coucou! J'espère que vous allez bien en ce dimanche! Oui, comme je me suis dit que vous auriez sûrement plus de temps libre aujourd'hui, (et que je sais que vous attendez ce chapitre avec impatience, je vous le mets aujourd'hui :) Bonne lecture!

Chapitre 15 Acte manqué et branche de gui

« Tu vois, c'est pour ça que c'est génial de ne pas avoir de voisins ! » cria Emma par-dessus la musique qui résonnait dans la maison.

Regina éclata de rire en se versant un autre verre de vin. Elle devait bien admettre que le rythme qui faisait trembler ses murs la faisait se sentir vivante. Elle avait adoré aller à des concerts avec Daniel lorsqu'elle était plus jeune, mais depuis qu'elle s'était mariée avec Robin, son exposition musicale avait été réduite à de la musique classique et des opéras. Non pas qu'elle n'aimait pas ça, mais elle trouvait les battements des basses qui traversaient son corps rafraichissants, la musique de cette soirée venant bien sûr de l'Ipod d'Emma. En ce qui concernait les fêtes, c'était d'ailleurs plutôt une bonne nouvelle que le cottage de Regina soit situé sur un chemin de campagne, à plusieurs centaines de mètres des voisins les plus proches.

Elle avait été plutôt récalcitrante à l'idée de quitter la grande ville, au début, mais puisque le collège de Storybrooke était situé à la sortie de Portland, le trajet pour se rendre au travail ne lui prenait que quinze minutes en voiture. Le supermarché local vendait du lait, du pain et d'autres produits de première nécessité et finalement, la ville ne lui manquait pas du tout. Sans compter que l'air plus sain, l'environnement calme et le côté relaxant de son style de vie était exactement ce dont elle avait eu besoin en ce moment. De ça et d'Emma, bien sûr.

Son verre de vin à la main, Emma à ses côtés, Regina abandonna les souvenirs de son récent déménagement et se tourna vers ses invités. Le salon était plein, presque tout le personnel de l'école était venu fêter son emménagement. Noël avait lieu dans une semaine et elle avait décidé d'en faire le thème de sa soirée. Emma avait émis l'idée que la fête pourrait être costumée, ce qui était la seule raison pour laquelle elle portait un bonnet de Mère Noël. Sans surprise, Emma était entièrement déguisée. Elle portait la panoplie complète du lutin, avec les joues rouges, les oreilles pointues et des chaussures à bout incurvé qui l'avaient déjà fait tomber trois fois.

« Allez, ma petite assistante, » gloussa Regina, alors qu'Emma prenait une énième bière. Allons nous mélanger aux autres. »

Ce qu'elles firent, avec succès, pendant toute la soirée. De manière presque inconsciente, elles se retrouvaient environ toutes les demi-heures pour s'assurer que tout allait bien, mais Regina put tout de même parler à chacun de ses invités et Emma utilisa plusieurs de ses amis comme bouclier contre les constantes avances de Sebastian Jefferson. Ruby, qui portait une sorte de version sexy d'un costume de renne, était cependant totalement inutile, car Elsa était enfin venue à une soirée sans sa nunuche de sœur et les deux femmes passèrent presque toute la soirée vautrées sur un fauteuil, la couronne de Reine des Neiges d'Elsa appuyée contre l'accoudoir en bois. Rose n'était pas d'une plus grande aide, car elle et Killian voulaient tous les deux qu'Emma et Sebastian sortent ensemble pour pouvoir faire des sorties à quatre. Emma venait d'ailleurs de les rembarrer quand ils avaient remis le sujet sur le tapis, lui demandant pourquoi ils s'étaient déguisés en Clochette et en Capitaine Crochet, alors que ni l'un ni l'autre n'avait rien à voir avec Noël.

Emma discuta donc avec Belle, la femme de Mr. Gold, qu'elle voyait rarement en dehors de la bibliothèque, avec Aurore Morris, qui avait fait des études de géographie en plus de sa chère langue française, et avec les Nolan. A choisir, ces derniers étaient les dernières personnes avec lesquelles Emma avait envie de discuter, car depuis que Mary Margaret avait annoncé sa grossesse, elle semblait incapable de parler d'autre chose que de bébés, et son mari n'avait jamais rien d'intéressant à dire.

Non, Regina était certainement la meilleure option pour Emma, afin d'éviter le rentre-dedans de Sebastian. Ce fut donc vers elle qu'Emma se dirigea lorsqu'à une heure passée, le jeune homme joua sa dernière carte de la soirée, s'approchant de la blonde déjà éméchée avec une branche de gui à la main.

« Allons Emma, c'est la coutume, » baragouina l'homme tout aussi ivre, tenant la branche de gui au-dessus de sa tête tandis qu'il s'approchait de la blonde en titubant.

« Non merci, » répondit Emma, s'esquivant derrière Regina qui discutait avec son collègue d'histoire, Graham, et semblait totalement ignorer le fait qu'elle était en train de sauver Emma d'un baiser non désiré.

« Mais c'est du gui, » insista Sebastian. « On doit s'embrasser sous le gui. C'est la règle, à Noël. »

Il se pencha en avant, essayant de contourner Regina mais Emma anticipa son geste. Elle se glissa rapidement entre Regina et Graham et eut à peine le temps de remarquer le regard noir de la brune brusquement interrompue dans sa conversation, lorsqu'elle pressa fermement ses lèvres contre celles de Regina.

La musique était toujours assourdissante, mais ni Emma, ni Regina n'entendaient plus rien. Tout était silencieux, et tout devint noir lorsque leurs yeux se fermèrent instinctivement. Plus rien n'existait qu'elles deux. Des mains se posèrent sur les hanches de Regina mais Emma ne se rappelait pas leur avoir demandé de faire ça. Les doigts de Regina se glissèrent dans les cheveux d'Emma, profitant de leur douceur jusqu'à ce que celle-ci s'écarte brusquement, brisant l'instant. La blonde recula, vacillante, les yeux emplis de peur, de surprise et de quelque chose d'autre. Elle regarda alternativement Regina, la branche de gui et Sebastian, qui la fixait la bouche ouverte, avant de quitter la pièce précipitamment.

Regina balbutia quelques mots incompréhensibles et passa ses doigts sur ses lèvres, son esprit embrumé par l'alcool, tentant de réaliser ce qui venait de se passer. Pour la première fois depuis qu'elle l'avait, elle ne sentit pas la cicatrice de ses lèvres lorsque ses doigts frôlèrent la peau sensible. Non, tout ce qu'elle sentait, c'était le léger picotement laissé par les lèvres d'Emma.

« Mmh, désolée, » dit-elle après une pause, en reportant son regard sur Graham qui la regardait d'un air curieux. « Que disiez-vous à propos du Plan Marshall ? »


Emma s'appuya contre le mur de pierre de la buanderie de Regina et prit une profonde inspiration. Que venait-il de se passer ? Que diable avait elle fait ? Venait-elle vraiment d'embrasser Regina ? Elle secoua la tête afin d'essayer de dissiper le brouillard de son esprit, mais sans succès. Elle jeta violemment sa bouteille de bière vide sur le sol, avant de s'écrouler par terre en poussant un gémissement, retirant par la même occasion ses chaussures d'elfe. Après avoir enlevé ses oreilles pointues, elle replia les jambes contre elle, posa sa tête sur ses genoux et enroula ses bras autour de ses chevilles. Qu'avait-elle fait ?

Durant les trois derniers mois, elle et Regina étaient devenues incroyablement proches. Elles s'étaient confiées l'une à l'autre, elles s'étaient fait confiance, elles s'étaient reposées l'une sur l'autre quand le fardeau de leurs vies avait été trop lourd à porter. Même si le drame auquel Emma avait dû faire face s'était produit presque dix-huit mois plus tôt, il y avait toujours des matins où elle se réveillait et se retournait dans son lit en s'attendant à voir Neal, avant de se rappeler à nouveau ce qui était arrivé. Et maintenant, c'était à Regina qu'elle envoyait un message quand cela se produisait. C'était Regina qui lui faisait un café extra fort quand elle arrivait au collège ces matins là avant de l'enlacer rapidement pour la réconforter. C'était à Regina qu'elle s'était confiée quand elle et Henry avaient eu une nouvelle dispute à propos du fait qu'Emma ne lui parlait pas de son père. Elle avait même parlé à la brune, bien que brièvement, de sa propre enfance. Ses années en foyer d'accueil étaient une chose qu'elle essayait d'oublier, mais quand elles avaient abordé le sujet de la parentalité, Emma avait brièvement mentionné qu'elle ne savait pas qui étaient ses parents, car ils l'avaient abandonnée quand elle était bébé. Regina était l'une des seules personnes, parmi celles à qui elle en avait parlé, dont le regard sur elle n'avait pas changé en apprenant qu'elle était orpheline.

Emma savait qu'elle aussi avait été une bonne amie pour Regina. Elle ne s'en vantait pas, mais elle l'avait été. Emma était celle qui avait poussé la brune à admettre enfin la vérité et à se libérer de son mariage violent. Elle était celle qui avait été là pour Regina lorsque ses problèmes avec Robin avaient éclaté au grand jour, et qu'elle avait dû affronter la douleur d'être l'objet de commérages. L'enquête policière, l'injonction d'éloignement, le cambriolage, le divorce. Regina avait traversé tout ça avec Emma à ses côtés. Elle avait pleuré avec elle, elle avait ri avec elle, et elle avait gardé Regina chez elle, en sécurité.

Oui, les deux femmes étaient proches mais elles étaient amies, rien de plus. Tout comme Emma l'avait dit à l'inspecteur Nottingham le jour où il le lui avait demandé. Elle avait trouvé sa question étrange à ce moment-là mais n'y avait plus repensé. Après tout, le fait d'imaginer deux femmes ensemble était le fantasme de tous les hommes, non ? Elle avait ignoré toute implication et elle avait tourné la page, poursuivant la relation amicale qu'elles avaient toujours eue.

Jusqu'à ce soir.

Emma ne pouvait pas nier qu'elle trouvait Regina jolie. Toute personne possédant des yeux savait que Regina Mills était magnifique. Mais cela ne voulait pas dire qu'Emma ressentait une attirance pour elle. Et oui, bien sûr qu'elles s'étaient prises dans les bras, quelquefois tenu la main, touché le bras et se faisaient la bise de temps en temps. Les amies faisaient ce genre de choses. Cela ne voulait pas dire qu'Emma en voulait plus.

Alors d'où sortait ce baiser ?

Et pourquoi s'était-elle sentie aussi bien ?

Emma se leva en soupirant et éteignit la lumière, se plongeant dans une confortable obscurité. Malgré la musique forte qui lui parvenait toujours aux oreilles, au moins avec les lumières éteintes, Emma pouvait essayer de prétendre qu'il ne s'était rien passé. Elle gémit, reposa la tête sur ses genoux et serra ses bras autour de ses jambes repliées.


« Bonne nuit, soyez prudents, » dit Regina en raccompagnant David et Mary Margaret jusqu'au porche.

Rentrant à l'intérieur, Regina enleva le manteau en laine qu'elle avait posé sur ses épaules pour sortir et retourna dans le salon. Il était vide. Tout comme la cuisine. Les derniers invités étaient finalement partis. Regina jeta un œil à la pendule accrochée au mur et constata qu'il était presque deux heures trente du matin. Elle retourna dans le hall et se demanda où commencer à chercher Emma. La présence de sa voiture, le fait qu'elles avaient prévu qu'Emma reste dormir ainsi que l'état d'ébriété avancé de la blonde firent savoir à Regina que son amie était toujours dans la maison, quelque part.

La chambre d'amis, où les affaires d'Emma étaient posées, près du lit, était éteinte. Mais un rapide coup d'œil dans la pièce, les lumières allumées, ne révéla pas la présence de la blonde. La deuxième chambre d'amis était également déserte, tout comme celle de Regina. Je ne m'attendais pas à la trouver ici, de toute façon, songea Regina, tandis qu'elle fermait la porte. Descendant l'escalier, elle passa la tête par la porte des toilettes, juste au cas où. Réalisant qu'il ne lui restait qu'un endroit où regarder, Regina tendit la main et ouvrit la porte de la buanderie.

Emma ne leva pas les yeux lorsque la pénombre qui l'entourait fut brisée par un halo de lumière venant du couloir. Elle ne dit rien lorsque la pièce s'assombrit à nouveau. Elle ne dit rien non plus quand elle sentit Regina s'asseoir à côté d'elle sur le carrelage.

En fait, ce fut Regina qui parla la première.

« Je ne suis pas fâchée. »

Regina entendit renifler à côté d'elle et tendit la main en tâtonnant pour caresser le dos d'Emma.

« Je ne suis pas fâchée contre toi, Emma, » répéta Regina. « Mais je crois qu'il faut qu'on en parle et je ne sais pas pour toi, mais personnellement j'aimerais autant le faire sur le canapé. »

Il y eut un gloussement rauque et elle sentit le corps d'Emma se retourner sous sa paume. « D'accord, » dit celle-ci d'une voix enrouée.

Sans un mot, les deux femmes se levèrent et Emma suivit Regina dans le couloir. Elle marmonna qu'elle devait utiliser la salle de bain et la brune alla l'attendre dans le salon. Dans la petite pièce, Emma se passa de l'eau sur le visage, autant pour enlever son maquillage d'elfe que pour dissiper les effets de l'alcool. Dès qu'elle arriva dans le salon, Regina lui sourit et l'invita à s'asseoir avec elle sur le canapé.

« Je suis désolée, » lâcha Emma dès qu'elle fut assise.

« De quoi ? » dit Regina avec douceur.

Les yeux d'Emma acceptèrent enfin de croiser le regard interrogateur de Regina. Ils étaient rouges et gonflés d'avoir pleuré. « D'avoir ruiné notre amitié. D'avoir trahi ta confiance. De t'avoir embrassée. »

« Wow, wow, ralentis tu veux bien, » dit Regina qui se redressa et s'approcha immédiatement d'Emma qui semblait rétrécir sur les coussins du canapé. « C'est pour ça que tu t'es enfuie ? Tu as cru que tu avais ruiné notre amitié ? »

Emma hocha la tête. « Oui, » répondit-elle.

« Emma, » dit Regina, avec un doux sourire. « Je n'irai nulle part. Je suis toujours ton amie. Je serai toujours ton amie. Et pour être honnête, tu es la meilleure amie que j'aie jamais eue. Pendant tout ce que j'ai traversé, tout ce qui m'est arrivé, tu as été là pour moi à chaque instant et je ne pourrai jamais assez te remercier de ce que tu as fait. »

« Vraiment ? » demanda Emma.

« Vraiment, » affirma Regina. « Et pour ce qui est de trahir ma confiance, je ne suis pas sûre de comprendre ce que tu veux dire. Tu m'as embrassée pour décourager ce casse-pied de Sebastian, non ? Qu'est-ce que ça a à voir avec la confiance ? »

Emma se tortilla de manière inconfortable sur le canapé. « Je devais trouver un moyen de me débarrasser de lui, » commença-t-elle. « Il ne m'aurait pas lâchée de toute la soirée et puis tu étais là et il avait du gui et… » La blonde s'arrêta, ne sachant pas comment expliquer ce qu'elle croyait avoir fait.

« Quel est le rapport avec la confiance ? » demanda Regina, les sourcils froncés. « Est-ce que ce n'est pas mon rôle de t'aider, en tant qu'amie ? »

« Mais après tout ce que tu as vécu avec Robin, le moindre des choses aurait été que je te demande la permission, » soupira Emma. « Tu avais le droit de dire non et je ne t'en ai même pas laissé l'occasion. »

« Pour commencer, la situation ne t'a pas vraiment laissé le temps de me demander la permission, n'est-ce pas ? » fit remarquer Regina tandis qu'Emma secouait la tête. « Et deuxièmement, en tant qu'amie j'aurais été ravie de t'aider à repousser des avances non désirées, donc si tu me l'avais demandé, je t'aurais dit oui. »

« C'est vrai ? » dit Emma, qui avait à présent les yeux ancrés sur ceux de Regina, cherchant les orbes noirs qu'elle connaissait si bien pour s'assurer qu'elle disait la vérité. Son détecteur de mensonge interne n'émit aucune objection, ce qui n'était presque plus jamais le cas avec Regina.

« C'est vrai, » acquiesça Regina.

Elles restèrent silencieuses un moment. Le cœur d'Emma battait la chamade. Peut-être avait-elle réussi à réparer son erreur, après tout. Regina hésita avant de lui poser sa prochaine question.

« Emma ? »

« Oui? »

« Tu viens de t'excuser de trois choses. D'avoir ruiné notre amitié, d'avoir trahi ma confiance, et de m'avoir embrassée. Je t'ai rassurée sur le fait que tu n'avais pas à t'excuser pour les deux premières choses, parce que tu n'as rien fait de tout ça. Mais pour la dernière chose, le baiser, est-ce que tu es vraiment désolée ? »

Le cœur d'Emma manqua un battement. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-elle, ses yeux parcourant le visage de Regina pour essayer de lire ce qu'elle ressentait. Elle n'y parvint pas.

« Est-ce que tu es désolée que ce soit arrivé ? Ce baiser. Est-ce que tu regrettes ? »

Emma hésita pendant un long moment avant de répondre, et sa voix fut à peine plus audible qu'un murmure.

« Non. »

Voilà, le début du SQ, c'est aujourd'hui ;) J'espère que ça vous a plu, la suite mercredi. Oui, je sais déjà que vous avez hâte de lire la suite de leur conversation, c'est fait exprès ;). A bientôt!