Coucou, j'espère que vous avez passé un bon week-end :). Merci pour vos reviews, désolée, je n'ai pas encore eu le temps de répondre mais je les ai lues bien sûr, et je vois que vous êtes à fond dedans. Bon alors je vous préviens que ce chapitre est assez dûr et que c'est un vrai ascenseur émotionnel. Vous allez vous énerver, alors ressortez le punching ball ;) Bonne lecture!

Chapitre 18 Où est Regina ?

« Robin ! Qu'est-ce que tu fais ici ? » s'écria Regina en dévisageant son ex-mari.

« Je suis venu te chercher, » ricana l'homme, qui se tenait debout à côté de la jeune femme allongée au sol. « Je t'ai attendue mais comme tu n'es pas revenue, je me suis dit que tu avais besoin d'aide pour te rappeler à qui tu appartenais. »

« Je ne t'appartiens pas ! » cracha Regina. « Je n'appartiens à personne. »

Le coup de pied qu'elle reçut dans l'abdomen lui coupa la respiration. Elle hurla de douleur et se recroquevilla sur le sol en position fœtale. Ses poumons avaient du mal à s'ouvrir et à chaque inspiration, une douleur cinglante lui traversait le corps. Elle pensa qu'elle devait avoir une côte cassée.

« Allez voir là-haut si la vieille bique ne s'est pas réveillée, » dit Robin à Will Scarlett et John Little, cachés près de la porte.

Les deux hommes acquiescèrent sans un mot et montèrent immédiatement l'escalier, obéissant aux ordres. Robin se tourna à nouveau vers Regina qui haletait sur le sol, essayant désespérément de retrouver sa respiration.

« Lève-toi, » siffla-t-il, d'une voix grave et menaçante.

Regina gémit, une douleur cuisante envahissant son abdomen lorsqu'elle tenta de bouger. Il n'y avait aucun doute, elle avait les côtes cassées.

« Je…je ne peux pas, » haleta-t-elle, étourdie par le manque d'oxygène.

Une main saisit fermement son bras et elle cria quand elle fut mise debout de force et projetée contre le mur. Des points lumineux troublèrent sa vision tandis que la douleur de sa poitrine redoubla. Elle s'appuya péniblement contre le mur, ses pieds glissaient sur le plancher en bois et ses jambes menaçaient de se dérober. Elle se concentra pour rester le plus immobile possible tout en s'efforçant de dominer sa douleur, la respiration saccadée.

« Et maintenant, » dit Robin faisant un pas vers elle, son visage à quelques centimètres de celui de Regina. « C'est la veille de Noël et je veux passer du temps avec ma femme. Alors, soit tu viens avec moi sans discuter, soit je t'emmène de force. »

Regina leva doucement la tête vers le visage colérique face à elle. « Ex-femme, » siffla-t-elle. « Et non, je ne vais pas te suivre gentiment. MÈR… ! »

Une main s'abattit sur sa bouche alors qu'elle essayait de crier. Elle sentit le goût du sang et sut qu'elle s'était mordu la lèvre. La main se pressa plus fort contre ses lèvres, étouffant ses gémissements de douleur alors que le visage de Robin s'approcha encore du sien, son souffle chaud lui cinglant la peau et la faisant presque étouffer.

« Ferme ta putain de gueule, espèce de salope, » gronda Robin. A moins que tu veuilles que Will et John fassent en sorte que ta mère ne puisse plus jamais rien faire pour toi, tu vas la boucler! »

Regina ouvrit la bouche et mordit la main de Robin. L'homme gémit de douleur et écarta sa main du visage de Regina. La brune sourit, du sang coulant de ses lèvres et ses dents tachées de rouge. Elle leva une main et s'essuya le visage, étalant le sang sur son menton. Elle jeta un œil sur son téléphone posé sur le guéridon mais Robin entre elle et le petit meuble et elle sut qu'elle n'arriverait pas à le repousser pour passer.

« Je vois que tu as plus de cran que la dernière fois, » dit Robin. « Tu étais si faible quand tu étais avec moi, si facile à contrôler. Tu faisais tout ce que je t'ordonnais, tu me donnais tout ce que je voulais. J'aimais ça, Regina. Je t'avais bien dressée, et c'est pour ça que je veux te récupérer. Et tu vas revenir avec moi. Peu importe ce qui t'a rendue plus forte, je sais que je vais bientôt t'enlever cette confiance et que tu seras à nouveau à moi. Et maintenant est-ce que tu vas venir avec moi sans broncher ou est-ce que je dois utiliser la manière forte ? »

Regina sentit la rage bouillonner en elle. Robin se trompait. Il ne pouvait pas la briser, il n'était plus question qu'il la contrôle. Non, elle était plus forte, maintenant. Elle n'allait pas redevenir celle qu'elle était durant leur mariage, tout ça, c'était terminé.

Robin gémit de douleur lorsque le genou de Regina frappa son entrejambe. Il se plia en deux et Regina courut dans l'escalier. Elle monta aussi vite qu'elle le put en s'appuyant sur la rampe pour prendre de la vitesse quand une main se referma sur sa cheville. Elle cria en tombant, sa tête cognant violemment contre l'une des marches en bois avant que les ténèbres ne l'envahirent.


Emma fixa son portable en fronçant les sourcils avant de raccrocher. C'était la troisième fois qu'elle essayait d'appeler Regina, sans succès. Elle remit son téléphone dans sa poche et se tourna vers Henry.

« C'est ton tour, » dit-il en lui tendant le dé.

« Attends, quand est-ce que tu as acheté Mayfair ? » demanda-t-elle en jetant un œil au plateau de Monopoly où deux maisons vertes trônaient fièrement sur chacune des cases violettes.

« Quand t'essayais de rappeler Regina, » répondit Henry.

« Est-ce que tu as eu de ses nouvelles ? » demanda Emma.

« Tu me demandes si ma prof d'histoire m'a appelé le jour de Noël ? » dit Henry en fronçant les sourcils. « Non, Maman, j'ai pas eu de nouvelles de Regina. Pourquoi ? »

« Elle ne répond pas à mes appels et aucun des messages que je lui ai envoyés n'apparait comme lu, » soupira Emma.

« Déjà, est-ce que tu te rends compte qu'on dirait que tu la harcèles? Et en plus, c'est Noël. Elle est sûrement en train de passer une bonne journée avec sa mère et elle regarde pas son portable. Pas comme certaines, » ajouta-t-il.

« Je sais, je sais. Je suis désolée. C'est juste que Regina ne s'entend pas très bien avec sa mère. »

« Moi non plus, je suis pas fan de la mienne en ce moment, » taquina Henry. « Tu peux jouer ? J'ai hâte que tu arrives sur l'une de mes nombreuses propriétés pour pouvoir te piquer de l'argent. »

Emma s'excusa et lança le dé, mais garda l'esprit ailleurs pendant tout le reste de la partie.


De la douleur.

Ce fut la première chose que Regina ressentit lorsqu'elle se réveilla lentement. Ouvrant les yeux, elle jeta un œil à travers la pièce sombre et inconnue en passant sa langue sur sa lèvre tuméfiée. Sa poitrine lui brûla lorsqu'elle tenta de s'asseoir, et elle s'aperçut qu'elle avait les mains attachées derrière le dos. Elle retomba sur le sol dur, grimaçant de douleur lorsque ses côtes bougèrent. Ce fut à ce moment-là qu'elle réalisa qu'elle était nue, sa peau se collant au carrelage froid sur lequel elle était allongée. Son sang battait contre ses tempes et elle avait l'impression que son crâne allait exploser.

Puis, tout lui revint soudainement.

La veille de Noël.

La maison de sa mère.

Robin.

L'agression.

Elle regarda à nouveau autour d'elle, essayant désespérément de savoir où elle se trouvait. La pièce n'était pas éclairée mais une petite fenêtre, en haut du mur, n'avait pas de rideaux et un rayon de lune traversait la pièce, l'éclairant d'un faible halo argenté. De toute évidence, il faisait nuit, mais Regina ne savait absolument pas de quel jour. Elle était couchée sur le carrelage poussiéreux d'une petite pièce. Un rapide coup d'œil fit savoir à Regina que c'était une salle de bain. Les toilettes étaient dégoûtantes, couvertes de crasse et de moisissure. Regina entendit de l'eau couler d'un robinet, et quand elle se tourna avec précaution sur le côté, elle aperçut une baignoire, dont la pomme de douche laissait échapper de l'eau goutte à goutte. L'écho du bruit des gouttes était amplifié dans cette petite pièce, le son de chacune d'elles devenant insupportable pour Regina.

Elle réessaya de s'asseoir, soufflant de douleur lorsque ses côtes cassées se plaignirent du mouvement. Son corps tout entier lui faisait mal. Enfin, elle y arriva. Elle se tourna sur le côté et se pencha avec précaution sur la baignoire, sa poitrine se soulevant sous l'effort. Depuis ce nouveau point de vue, Regina regarda encore une fois autour d'elle et sursauta.

Elle savait où elle se trouvait. Cela faisait au moins treize ans qu'elle n'avait plus remis les pieds ici mais elle se souvenait de cette salle de bain. C'était celle de la maison d'enfance de Robin, à Chelsea. Avec précaution, elle se mit à genoux, ses mains inutiles derrière elle, et se dirigea vers la porte. Elle distingua la forme sombre d'un verrou entre la porte et l'encadrement. Même si elle avait eu les mains libres, elle savait qu'elle n'aurait pas réussi à sortir. Elle retourna s'appuyer contre la baignoire et regarda autour d'elle en réfléchissant à un moyen de s'enfuir.


Emma embrassa Henry sur le front et lui souhaita de nouveau un joyeux Noël, avant de quitter la pièce. Une fois dans le couloir, elle sortit son téléphone de sa poche et soupira en voyant l'écran blanc.

Rien.

Elle n'avait eu aucune nouvelle de Regina depuis plus de vingt-quatre heures et elle commençait vraiment à s'inquiéter. Elles avaient pris l'habitude d'être toujours en contact et depuis ce silence radio, surtout le jour de Noël, Emma était convaincue qu'il y avait un problème.

Elle rappela Regina, mais cette fois-ci, il n'y eut aucune sonnerie et elle tomba directement sur son répondeur.

« Regina, c'est moi, » dit Emma. « Est-ce que tout va bien ? Je n'ai pas eu de tes nouvelles de toute la journée et je suis un peu inquiète. S'il te plait, appelle-moi dès que tu peux. »

Elle raccrocha et se dirigea vers sa chambre, consciente qu'elle n'arriverait pas à dormir, son esprit accaparé par les nombreuses raisons qui pourraient expliquer le silence de Regina.


Regina se réveilla en sursaut. Le bruit de la porte se refermant à clef l'alerta sur le fait que quelqu'un venait de quitter la salle de bain. Il faisait plus clair maintenant, la lumière du jour permettant à Regina de voir qu'une assiette de pain et un bol d'eau avaient été laissés pour elle près de la porte. Elle fronça les sourcils, se demandant pourquoi l'eau était dans un bol avant de se souvenir que ses mains étaient attachées derrière son dos. Il était clair que Robin voulait qu'elle boive comme si elle était une sorte d'animal. Enchaînée, dominée, et obéissante.

Malgré la colère qui s'empara d'elle à cette pensée, Regina avait la gorge sèche. Elle se hissa à genoux et s'approcha de la nourriture. Se détestant pour ce qu'elle faisait, elle se pencha en avant et commença à boire, heureuse que personne ne soit là pour assister à son humiliation. Après avoir bu toute l'eau, elle porta son attention sur le pain et commença à manger. Il était dur et rassis mais elle mourait de faim et le termina rapidement.

Se laissant retomber contre la porte, Regina observa plus attentivement la salle de bain. Le fait que celle-ci, et probablement la maison, était abandonnées, devint plus évident sous la froide lueur du jour. Tout était recouvert d'une épaisse couche de poussière et de la moisissure verte entourait le bas des toilettes, du lavabo et de la baignoire. Le fait d'être restée dans la même position toute la nuit rendait ses bras douloureux et Regina regarda autour d'elle, cherchant quelque chose pour se détacher. Rapidement, elle aperçut le miroir au-dessus du lavabo.

Elle eut du mal à se lever, ses côtes cassées protestant sous le mouvement qu'elle leur imposait, mais finalement, elle y arriva. Elle s'appuya contre le rebord de la vasque, souffla sur la poussière qui recouvrait le miroir et sursauta en voyant son visage.

Son menton était recouvert de sang séché et sa lèvre était rouge et enflée. Son front portait une nette coupure entourée d'une large ecchymose bleutée. Elle pensa qu'elle devait s'être cogné la tête contre l'escalier, chez sa mère, et grimaça en découvrant l'origine de sa migraine toujours douloureuse. Une vague d'inquiétude pour sa mère lui traversa l'esprit. Elle devait sortir d'ici.

Regina donna un petit coup de tête sur l'arrière du miroir. Heureusement, il était suspendu à un crochet et, après plusieurs tentatives, il tomba sur la vasque en céramique. Intact. Regina soupira. Bien sûr, ça aurait été trop facile, songea-t-elle. Elle baissa la tête et parvint à refermer sa mâchoire sur le miroir. Sa lèvre protesta sous la pression mais elle l'ignora. Soulevant le miroir au-dessus de l'évier, Regina fit un pas sur le côté et desserra les dents.

Le miroir vola en éclats en s'écrasant sur le sol. Le bruit parut assourdissant à Regina qui se figea, écoutant attentivement. Mais personne ne vint. Elle se laissa tomber rapidement sur ses genoux, essayant de trouver le morceau de miroir le plus grand et le plus affûté. Ensuite, elle s'assit et le mit dans son dos, essayant maladroitement de le redresser. De petits éclats lui blessèrent les mains et le bas du dos mais elle n'y prêta pas attention. Lorsqu'elle parvint finalement à avoir une bonne prise sur le morceau de miroir, elle se mit immédiatement à frotter la pointe de celui-ci contre les cordes qui lui attachaient les mains.

Cela lui prit longtemps, et Regina pleurait lorsque le cordage céda enfin. Elle ramena immédiatement les mains devant elle et sanglota en voyant la profonde coupure sur sa main droite, là où le verre s'était enfoncé dans sa chair. Elle se leva et ouvrit le robinet pour nettoyer le sang de sa main, puis se passa de l'eau sur le visage.

Lorsque sa main eut cessé de saigner, Regina se tourna vers la fenêtre. Elle était haute et étroite, mais ça valait le coup d'essayer. Regina monta sur le rebord de la baignoire et se redressa le plus possible, ignorant à nouveau les protestations de ses côtes. Elle essuya la vitre et regarda dehors. La vue lui confirma ce qu'elle savait déjà. Elle était revenue dans le Massachussetts, à un peu plus d'un kilomètre de là où elle avait grandi. La rue de Robin était calme, il n'y avait pas âme qui vive. Regina supposa que c'était parce que c'était Noël, et les gens étaient chez eux avec leurs familles à passer du bon temps, à ouvrir leurs cadeaux et à apprécier un bon repas. Ou c'était peut-être le 26. En voyant la couleur des nuages et la faible lueur du jour, Regina réalisa que c'était le petit matin. Combien de temps était-elle restée inconsciente ?

La fenêtre était fermée par un cadenas. Et même si ça n'avait pas été le cas, elle était trop étroite pour que Regina puisse passer. Elle descendit de la baignoire et se rassit sur le sol, avant de récupérer le morceau de miroir qu'elle avait utilisé pour se détacher et de le poser près d'elle sur le carrelage froid. Au moins, maintenant, elle aurait quelque chose pour se défendre.


« Emma, » répondit la voix enjouée de Keith Nottingham. « Joyeux Noël. Comment allez-vous ? »

« Bonjour, Keith. Je suis désolée de vous déranger aussi tôt le lendemain de Noël, mais… »

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda l'homme, sa voix passant immédiatement d'amicale à professionnelle lorsqu'il nota le ton angoissé de la jeune femme.

« C'est Regina, » dit Emma. « Je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis le réveillon de Noël et je crois que quelque chose lui est arrivé. »

« Le réveillon était seulement il y a deux jours, » rappela Keith à la blonde, clairement paniquée.

« Oui, mais il s'est passé quelque chose, je le sais, » insista Emma.

Emma s'assit sur le canapé et passa sa main dans ses cheveux en bataille. Elle avait à peine dormi la veille et, dès neuf heures du matin, elle avait composé le numéro de Keith. L'inspecteur était retourné dans son propre comté début décembre. Il n'y avait eu aucun signe de Robin dans les environs et ses supérieurs avaient fini par lui demander de revenir. Keith avait quitté Portland à contrecœur, en promettant à Emma et à Regina de rester en charge de cette affaire et qu'elles pouvaient l'appeler n'importe quand s'il se passait quelque chose.

« D'accord, » dit calmement Keith. « Racontez-moi la dernière conversation que vous avez eue. »

« On s'est parlé au téléphone le 24 au soir, » expliqua Emma. « Puis, quelqu'un a sonné à sa porte et on a dû raccrocher. »

« Quelle heure était-il ? » demanda Keith.

« Presque dix heures du soir, » répondit Emma. « J'ai trouvé ça bizarre qu'on sonne aussi tard chez elle le soir de Noël et je l'ai dit à Regina. Elle a plaisanté en disant que ça devait être une chorale de Noël tardive. »

« Et vous aviez prévu de vous parler le lendemain ? »

« Oui, » dit Emma. « Enfin, elle a dit un truc du genre, je t'appelle demain, mais même si elle n'avait rien dit, je m'y serai attendue. Je veux dire, c'est le jour de Noël et on est…, » hésita-t-elle.

« Vous êtes proches, » acheva Keith.

« On s'est rapprochées, oui, » admit Emma. Elle pouvait pratiquement voir le sourire de l'inspecteur à l'autre bout du fil.

« Félicitations ! »

« Merci, » dit rapidement Emma. « Mais pour l'instant, tout ce qui m'importe, c'est de retrouver Regina. Je l'ai appelée au moins une douzaine de fois et elle n'a jamais décroché. Les dernières fois je suis tombée directement sur son répondeur. Elle n'a lu aucun de mes messages non plus. »

« Où était-elle quand vous avez perdu contact ? » demanda Keith ?

« Elle passait les fêtes avec sa mère, à Boston. »

« Je suis justement dans le Massachussetts, pas très loin de Boston, » dit Keith. « Je passe les fêtes chez mon frère et sa famille. Laissez-moi juste le temps de trouver son adresse et je passerai m'assurer que tout va bien. »

« Vraiment ? » demanda Emma en poussant un soupir de soulagement.

« Bien sûr, » dit Keith. « Il n'y a eu aucun signe de Robin depuis des mois donc je suis sûr que ce n'est pas ça mais je serai heureux de m'en assurer. »

« Merci, » dit Emma. « Vous pourrez m'appeler quand vous en saurez plus ? »

« Bien sûr, » promit Keith. « Maintenant, dites-moi comment s'appelle la mère de Regina. »


Regina tourna la tête en direction de la porte lorsqu'elle entendit la clef tourner dans la serrure. Elle prit le morceau de miroir et l'agrippa fermement, puis mit les mains derrière le dos tandis que la porte s'ouvrait à la volée. Elle cligna des yeux sous la lumière brillante tandis que Will Scarlett apparut face à elle avec plus de pain et d'eau.

« Oh, tu es réveillée, » dit Will en posant les assiettes sur le sol pour récupérer celles qui étaient vides.

Regina saisit sa chance et se jeta en avant. Will hurla quand le verre s'enfonça dans son bras et Regina se leva, récupéra son arme et courut. A peine arrivée dans le couloir cependant, une paire de mains l'attrapèrent et la forcèrent à lâcher le morceau de verre.

« Non ! » cria-t-elle quand John lui donna un coup de pied à l'arrière du genou, la faisant tomber par terre.

« Ferme la, petite salope ! » siffla John. « Comment tu as réussi à te détacher, hein ? »

Il jeta un œil derrière Regina et Will et vit les morceaux de miroir qui jonchaient le sol.

« Will, nettoie-moi ça, » ordonna John. « Et va chercher d'autre corde. Robin a dit de la garder ici jusqu'à ce qu'il revienne. »

Will se leva, la main appuyée sur son bras qui saignait toujours et sortit de la pièce en titubant, en jurant avec colère. John traina Regina au fond de la salle de bain et la jeta contre la baignoire où elle gémit avant de s'écrouler sur le sol.

Will revint au bout de quelques secondes, un torchon sale enroulé autour de sa blessure, de la corde et un balai dans l'autre main. John prit la corde sans dire un mot et poussa Regina en avant. Elle poussa un cri lorsque ses côtes durent supporter son poids mais John l'ignora et lui attacha les mains en serrant encore plus qu'avant.

« Vas-y, maintenant essaie de te détacher, » dit-il d'un air mauvais avant de prendre le balai à Will et de balayer rapidement les morceaux de verre hors de la salle de bain.

Regina resta là où elle était, ses larmes coulant sur le carrelage. Les deux hommes restèrent la regarder un moment, la voyant nue et vulnérable. Ils éclatèrent de rire avant de refermer la porte à clé, et Regina laissa échapper un sanglot de désespoir.


« Qu'est-ce que vous avez trouvé ? » demanda Emma dès qu'elle reconnut le numéro.

« Cora Mills. Attachée dans sa chambre, » l'informa Keith.

« Quoi ? » s'écria Emma. « Mais et Regina ? »

« Aucun signe d'elle, » dit Keith. « On interroge toujours Mme Mills, mais pour le moment, on sait que des hommes sont entrés dans la maison le soir de Noël et ont enlevé Regina. Mme Mills était déjà couchée mais deux hommes, correspondant au signalement de William Scarlett et de John Little, sont entrés en trombe et l'on assommée. Elle s'est réveillée le lendemain et elle était attachée. Elle ne pouvait pas bouger ni attraper son téléphone. Quand je suis arrivé là-bas, elle respirait à peine. »

« Et Regina ? » répéta Emma.

« On a trouvé des signes de lutte au rez-de-chaussée, » dit Keith. « On a envoyé des échantillons de sang au labo pour analyse et on attend les résultats. »

« Du sang ? » gémit Emma, qui se laissa tomber sur le canapé, se sentant vaciller.

« Emma, j'ai besoin que vous restiez positive et concentrée, d'accord ? » dit Keith de son habituel ton rassurant. « Maintenant, avez-vous une idée d'où Robin aurait pu emmener Regina ? »

« Je n'en sais rien, » répondit Emma. « Vous en savez autant que moi sur leur relation. Et on ne sait pas du tout où était Robin durant ces derniers mois. Oh mon Dieu, on la retrouvera jamais, n'est-ce pas ? »

« On la retrouvera, » promit Keith. « J'ai mis tout le monde sur le coup et je vous jure de retrouver Regina. »

« Qu'est-ce que je peux faire ? » demanda Emma.

« Rien, » répondit Keith. « Vous devez nous faire confiance, maintenant, Emma. Vous avez donné l'alerte et vous avez sauvé la vie de Cora Mills. Maintenant, c'est à la police de faire son travail. Mais si quelque chose vous revient, appelez-moi, d'accord ? »

« D'accord, » dit Emma, à peine plus haut qu'un murmure. « Où est-ce que vous cherchez ? »

« J'ai envoyé une équipe à Cambridge, au cas où Robin ait toujours des amis là-bas. »

« Et Chelsea ? » suggéra Emma.

« Oui, je pars là-bas tout de suite, » l'informa Keith. « J'ai plusieurs endroits à vérifier et je vous promets de vous appeler dès que j'aurai du nouveau d'accord ? »

« D'accord, » dit Emma.

« Je dois vous laisser, » dit Keith. « On m'appelle sur l'autre ligne. »

« Je vous en supplie, retrouvez-la, » implora Emma, ruisselante de larmes.

« Je la retrouverai.»

La communication fut coupée et Emma laissa échapper un hurlement d'agonie.


Regina avait dû s'endormir à nouveau, sa tête posée sur le rebord de la baignoire, car soudainement une lumière brillante lui frappa le visage et elle se réveilla en sursaut. Dans l'embrasure de la porte se tenait une silhouette imposante, que Regina aurait reconnue n'importe où.

« Robin, s'il te plait, » commença-t-elle, sa lèvre la faisant grimacer de douleur tandis qu'elle parlait.

« Ferme-la, » dit Robin qui s'avança dans la pièce avant que sa main puissante n'empoigne le bras de Regina.

Il la força à se mettre debout, un cri de douleur s'échappant d'elle lorsque ses côtes bougèrent. Robin l'ignora et traina sa victime en dehors de la pièce jusque dans le couloir. Regina le suivit du mieux qu'elle put en titubant, ses pieds trébuchant sur la moquette déchirée tandis que Robin pressait le pas. Cependant, elle recula lorsqu'elle comprit où il l'emmenait.

« Non ! » cria-t-elle en se retournant pour tenter de se libérer de l'emprise sur son bras. « Non, Robin, je t'en prie, ne fais pas ça. »

L'homme l'ignora et poussa la porte de sa chambre avant de jeter Regina à l'intérieur. Elle tomba sur le sol, les larmes coulant sur son visage, de douleur et de peur de ce qui était sur le point de se passer. Elle s'écarta de Robin et s'approcha de la fenêtre, même si elle savait que sans l'usage de ses mains, elle ne pourrait pas s'échapper. Un rire sombre la fit frissonner tandis qu'elle se recroquevilla dans un coin de la pièce, au pied du lit.

« Allons, Regina, » ricana Robin qui se mit en face d'elle, la main déjà posée sur sa boucle de ceinture. Ne me fais pas croire que tu n'en as pas envie. Je suis ton mari, tu te souviens, c'est ton devoir. »

« Non, ça ne l'est pas, » répliqua Regina, d'une voix plus courageuse que ce qu'elle ressentait. « C'est du viol Robin. Je ne veux pas de ça, je ne veux pas de toi. Laisse-moi partir. »

Robin rit simplement avant de baisser son pantalon et son caleçon sur ses chevilles. Regina se colla le plus possible contre le mur, tremblant de tout son corps en voyant le pénis pâle et en érection face à elle, et son estomac se contracta de dégoût. Elle n'avait aucun moyen d'empêcher ce qui était sur le point de se produire.

« Mais tu as toujours été une si bonne petite pute, » dit Robin en s'approchant d'elle, le regard lubrique.

Regina voulut lui donner un coup de pied mais Robin lui attrapa la jambe et la traina sur la moquette avant de la jeter sur le lit. Lorsqu'il s'approcha à nouveau d'elle, Regina donna un nouveau coup de pied mais Robin lui prit les chevilles et les maintint facilement contre le matelas, lui écartant les jambes avant de s'agenouiller entre ses cuisses.

« NON ! STOP ! AU SECOURS, AIDEZ-MOI ! » hurla Regina en se débattant pour se libérer tandis que Robin se couchait sur elle.

Un bruit assourdissant se fit entendre depuis le couloir, suivi de deux autres. Robin s'écroula lourdement sur Regina qui hurla lorsque son corps fut écrasé par ce poids mort. Un liquide chaud coula sur sa poitrine nue et Regina comprit tout de suite que c'était le sang de Robin. Elle cria plus fort, son corps tremblant de peur et de dégoût.

Soudain, le poids disparut, enlevé par deux hommes qui étaient entrés dans la chambre. Regina continua de crier, son corps tout entier transi de peur. L'un des hommes s'approcha d'elle et Regina recula immédiatement.

« Tout va bien, » dit une voix familière. « C'est moi, Keith. L'inspecteur Nottingham. »

Une couverture apparut de nulle part et recouvrit son corps nu. Regina plissa les yeux dans la pénombre de la pièce et reconnut finalement l'homme penché sur elle.

« Keith ? » dit-elle, d'une voix faible et rauque.

« Oui, » dit-il. « C'est terminé, vous êtes en sécurité maintenant. Robin ne vous fera plus de mal. »

« Vous…vous lui avez tiré dessus ? » balbutia Regina en se rappelant le sang chaud sur sa poitrine.

Elle se pencha soudain sur le côté pour vomir. Keith s'approcha ensuite d'elle et posa une main sur son dos, mais Regina poussa un cri strident et se mit en boule pour se protéger.

« Je suis désolé, je suis désolé, » dit Keith, qui enleva immédiatement sa main et lui tendit un mouchoir. « Je voulais juste vous aider. »

« Où est-il ? » demanda Regina avant de s'essuyer la bouche et de s'emmitoufler dans la couverture.

« L'un de mes hommes l'a mis dans l'ambulance, » dit Keith. « On va l'emmener à l'hôpital. »

« Il n'est pas mort ? » demanda Regina.

« Non. Il a reçu une balle dans le genou et dans l'épaule. Il survivra. »

Regina ne savait pas si elle devait être soulagée ou en colère. Elle ne savait plus quoi ressentir.

« Emma. »

« Elle vous attend à Portland, » dit Keith. « Elle m'a appelé ce matin pour me dire que vous aviez disparu. C'est grâce à elle que j'ai pu vous retrouver à temps. »

« J'ai besoin d'Emma, » murmura Regina.

« On va la faire venir ici, » promit Keith. « Mais pour l'instant, on doit vous emmener à l'hôpital. »

« Pas au même endroit que Robin, » supplia Regina.

« Bien sûr, » la rassura Keith. « On va aller ailleurs. « Mais c'est terminé, il ne vous fera plus de mal, Regina. Ce type va rester à l'ombre pendant très, très longtemps. »

Regina ne répondit pas.

« Vous pouvez marcher ? » demanda Keith.

« Je…Je n'en suis pas sûre, » dit Regina. Son corps entier était faible, et elle n'était même pas certaine de pouvoir tenir debout.

« Est-ce que ça va aller si je vous touche ? »

Regina hésita, puis hocha la tête.

Lentement, Keith s'approcha d'elle. Regina resserra la couverture autour d'elle et l'inspecteur passa un bras autour de sa taille avec douceur pour l'aider à se lever. Une fois qu'elle fut debout, il l'aida à attacher la couverture autour de son corps nu. Elle fit un premier pas tremblant et Keith la soutint un peu plus fermement pour l'aider à garder son équilibre.

Il faisait nuit, Regina le remarqua lorsqu'elle sortit dans la rue, le quartier sombre traversé de lumières rouges et bleues. Une ambulance était garée en bas de la rue, ainsi que trois voitures de police. Des voisins étaient alignés sur la route, observant la scène la bouche ouverte et sans aucune pudeur tandis que Keith guidait lentement Regina jusqu'à l'ambulance avant de l'aider à monter. Elle se coucha sur le brancard sans un mot et ferma les yeux. Elle entendit des gens parler au-dessus d'elle et se rendit vaguement compte qu'on lui posait une perfusion, avant que le brouillard n'envahisse son esprit.

Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu. Je vous mets la suite mercredi, avec les retrouvailles de Regina et Emma. Bonne journée!