Coucou! J'espère que vous allez bien, bientôt le week-end! Comme toujours, merci de votre fidélité et pour vos reviews! C'est vraiment motivant. Sans plus attendre, voici le chapitre 20, bonne lecture!

Chapitre 20 Le traumatisme d'Emma

C'était la dernière semaine de Janvier et Emma leva les yeux de ses cours en entendant frapper à la porte de sa salle de classe. Elle sourit en apercevant Archie Hooper qui la regardait à travers l'étroite fenêtre et l'invita à entrer avant de se rappuyer sur le dossier de sa chaise.

« Docteur Hooper, » l'accueillit Emma. « Comment allez-vous ? »

« Très bien, merci Emma. Je peux vous appeler Emma ? » demanda Archie en entrant dans la pièce avant de s'asseoir sur la chaise indiquée par la blonde.

« Euh, oui, bien sûr, » dit Emma. « Mais pourquoi est-ce que j'ai l'impression que cette entrevue est sur le point de devenir une séance de thérapie improvisée ? »

Archie gloussa. « Vous n'avez pas à vous inquiéter. Je suis simplement venu vous parler de Regina. »

« Oh, d'accord, » dit Emma, plus détendue. « Que vouliez-vous me dire ? »

« Eh bien, vous savez bien sûr qu'elle reprend le travail lundi après son mois d'arrêt et j'ai pensé qu'il serait bien que nous ayons une conversation sur la façon dont vous allez l'aider à reprendre ses marques. »

« Oh, bien sûr, » acquiesça Emma. « Qu'est ce que vous lui avez dit ? »

« Eh bien, je suis sûr que vous êtes au courant du principe de confidentialité entre un patient et son médecin, mais Regina m'a dit elle-même que vous étiez au courant de tout ce qu'elle avait vécu et qu'elle vous racontait la plupart de nos séances. Donc, même si je ne peux pas vous dire en détail ce dont nous parlons, je serais heureux de vous donner une vue d'ensemble pour que vous puissiez l'aidez au mieux. Est-ce que vous comprenez ? »

« Oui, » dit Emma.

« Pendant nos séances, nous nous centrons principalement sur les évènements qui ont eu lieu à Boston et à Chelsea, mais maintenant Regina va devoir faire face aux questions des gens sur ce qui est arrivé. Et faites-moi confiance, ils poseront des questions, et très intrusives. »

« Les enfants commencent déjà à parler d'elle mais ils ne savent rien, » grogna Emma. Elle avait été particulièrement énervée quand Henry lui avait dit qu'il avait entendu des 5ème raconter que Regina travaillait comme prostituée et qu'un de ses clients l'avait agressée. « Que croyez-vous qu'elle doive faire ? »

« Je lui ai conseillé de rester vague en ce qui concerne les détails mais de ne pas éluder les questions, surtout celles des élèves. Sinon ces commérages ridicules vont s'amplifier. Si elle parle elle-même aux enfants, cela devrait permettre d'étouffer les rumeurs dans l'œuf. »

« Vous n'êtes pas en train de dire qu'elle devrait leur raconter ce que cette ordure lui a fait ? » dit Emma, les sourcils froncés. Le simple souvenir de Robin la faisait bouillir de rage.

« Pas en détails, non » répondit Archie, qui nota avec attention la difficulté qu'éprouvait Emma pour cacher ses émotions. Mais ces enfants sont assez grands pour comprendre que son mari était un homme violent et qu'il l'a kidnappée lorsqu'elle a voulu le quitter. Elle n'a pas à donner plus de détails, elle peut juste dire qu'il a été condamné à vingt ans de prison. »

« D'accord, » acquiesça Emma. « Mais si vous avez déjà dit tout ça à Regina, pourquoi me le dire à moi ? »

« Il n'y a pas que les questions qui risquent d'être difficiles pour Regina, » dit Archie. « Cette école abrite beaucoup de souvenirs de celle qu'elle était pendant ce mariage. Il est possible que certaines choses fassent remonter ses angoisses. Peut-être que pour l'instant, Regina n'en est pas consciente, mais il est important que ses proches soient au courant pour pouvoir la soutenir quand elle en aura besoin. »

« Je comprends, » acquiesça Emma. « Je garderai un œil sur elle. »

« Et vous, comment allez-vous après tout ce qui s'est passé ? » demanda Archie. « Je sais que vous avez hébergé Regina plusieurs fois et que vous êtes très proches. Ça doit être dur pour vous de gérer vos propres émotions tout en prenant soin d'elle. »

Emma leva un sourcil. « Je croyais que ce n'était pas une séance de thérapie. »

« Ça ne l'est pas, » répéta Archie. « Mais je ne crois pas qu'aucun de nous puisse prétendre ignorer à quel point ce que Regina a vécu vous a affectée. Mais c'est elle qui est au centre de l'attention, de votre attention. Avez-vous pris un moment pour penser à vous et à vos propres sentiments face à tout ce qui s'est passé ? »

« Je n'en ai pas besoin, » dit sèchement Emma. « Je vais bien, c'est Regina qui a besoin de soutien. Je n'ai ni le temps ni l'énergie de penser à moi pour l'instant. »

« Vous ne pouvez pas bien vous occuper de Regina si vous ignorez vos propres émotions, » dit Archie.

Emma ne dit rien. Elle tourna le dos au psychiatre et se repencha sur son bureau. « J'ai encore beaucoup de cours à préparer, si ça ne vous ennuie pas. »

Archie hocha la tête et se leva. « Si vous avez besoin de parler, vous savez où est mon bureau, Emma. »


Lorsqu'Emma et Henry rentrèrent chez eux ce soir-là, ils trouvèrent la maison occupée. Même si Regina restait habituellement au cottage pendant la semaine, il n'était pas rare que les Swan la trouvent chez eux en rentrant du collège, car Emma lui avait confié un double des clefs. Quelquefois, elle voulait juste profiter de l'impressionnante collection de DVD d'Emma, parfois c'était pour leur faire à diner pour les remercier de tout ce qu'ils avaient fait pour elle, ou juste parce qu'elle s'ennuyait.

Ce vendredi-là, Emma et Henry trouvèrent Regina étendue sur leur canapé à manger du popcorn, une couverture sur elle. Si Emma ne se trompait pas, elle regardait un épisode de la saison 7 de Friends.

« Hey, » sourit la brune en mettant Ross sur pause. « C'a été la journée ? »

« Nulle, » dit Henry en montant l'escalier d'un pas lourd.

Regina leva les sourcils et regarda Emma. La blonde soupira et vint s'asseoir à côté d'elle sur le canapé tandis que la brune bougeait les jambes pour lui faire de la place.

« Il a raté son examen blanc de physique, » expliqua Emma alors que Regina étendait les jambes sur ses cuisses, « et maintenant Killian insiste pour qu'il aille tous les jeudis après-midi au club de science pour faire remonter sa moyenne. »

« Oh, non, » gloussa Regina.

« Je suis nulle en physique, moi aussi, » dit Emma qui s'appuya sur le dossier du canapé et poussa un profond soupir. « Neal était un génie des sciences mais malheureusement Henry a hérité de moi à ce niveau-là. »

« Qu'est-ce qu'il a pris de Neal ? » demanda Regina. Il était rare que la blonde aborde le sujet de son défunt mari et lorsque cela arrivait, elle aimait en apprendre plus sur l'homme avec lequel Emma avait passé douze ans de sa vie.

« Une vue parfaite, » répondit Emma. « Il aurait pu être pilote s'il n'avait pas eu peur de l'avion. Des cheveux en bataille, son sourire, et sa capacité à me faire faire ce qu'il voulait rien qu'en me faisant son regard de chien battu. Ah, et un faible pour les blondes. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Regina.

« Henry a été surpris derrière le local à vélos avec Ava Zimmer, cette semaine, » dit Emma en riant. « Il ne sait pas que je le sais mais bien sûr, dès que David les a trouvés et séparés, il est venu me voir pour me dire que les mains de mon fils étaient sur les fesses de sa camarade de classe. »

Regina éclata de rire à son tour. « Oui, il vaut probablement mieux ne pas lui dire que tu es au courant. Il doit déjà être assez gêné comme ça. »

« Ava aussi, » dit Emma. « Elle est dans ma classe et elle n'a pas réussi à me regarder dans les yeux depuis ce jour-là. Elle sait que je sais mais je ne crois pas qu'Henry s'en soit aperçu. »

« Aperçu de quoi ? »

Emma et Regina tournèrent la tête vers l'embrasure de la porte où Henry se tenait vêtu d'un jean et d'un sweat.

« Heu…que c'est ton tour de choisir ce qu'on commande à diner ce soir. C'est vendredi, tu te rappelles ? »

« Je sors, » répondit Henry, qui disparut à nouveau dans le hall, Emma l'entendant chercher ses baskets.

Elle fronça les sourcils et souleva légèrement les jambes de Regina pour se lever et suivre son fils.

« Depuis quand tu fais quelque chose ce soir ? »

« Depuis tout de suite, » répondit Henry en mettant ses chaussures. « Pete et Felix m'ont envoyé un message pour me proposer d'aller au ciné avec eux. »

« Et tu n'as pas jugé utile de me demander la permission ? » dit Emma, les bras croisés.

« C'est juste un ciné, Maman, » soupira Henry en se levant. « Je vais avoir quinze ans dans un mois, arrête de me traiter comme un bébé. »

« Ce n'est pas ce que je fais, » dit Emma. « Mais tu es censé me parler de tes projets, en particulier s'ils affectent les miens. »

« En quoi le fait que j'aille au ciné va affecter ta vie ennuyeuse ? »

« Eh bien, je suppose que tu vas me demander d'aller te récupérer ? »

« Non, Felix dit que je peux dormir chez lui. Jane passera nous prendre alors t'auras rien à faire. »

« Henry, » soupira Emma. « Tu dois me demander avant de prévoir ce genre de trucs. »

Henry se renfrogna et sortit les mains de ses poches. « D'accord. Maman, s'il te plait, est-ce que je peux aller au ciné avec mes potes et rester dormir chez Felix ? »

« Oui, tu peux, » acquiesça Emma. « Mais n'oublie pas que tu as rendez-vous chez le coiffeur à dix heures demain matin, donc je passe te chercher à neuf heures trente. »

« Ok cool, merci, » dit Henry en se dirigeant vers la porte.

« Tu veux que je te dépose en ville ? »

« Non, je prends le bus avec Pete. A plus. »

La porte se ferma brusquement et Emma resta seule dans le hall. Regina apparut derrière elle et posa son menton sur l'épaule de la blonde.

« On dirait qu'il n'y a plus que nous deux, » dit la brune, en déposant un doux baiser sur le cou d'Emma.

« Oui, » acquiesça Emma, qui se retourna pour enlacer Regina. « Tu veux du blanc ou du rouge ? »

Leur amitié avait évolué de façon indéniable durant le mois où Regina avait été en arrêt. Depuis leur baiser au cottage, elles étaient de plus en plus à l'aise l'une avec l'autre, et même si leur relation n'impliquait pour l'instant pas le sexe, il y avait toujours un moment où elles partageaient un tendre baiser ou une étreinte qui était tout sauf platonique. Elles s'assuraient de ne pas changer leur façon d'agir devant Henry, conscientes de l'importance qu'avait son approbation pour leur future relation. Mais pour une fois qu'elles avaient un vendredi soir pour elles, Emma et Regina en profitèrent pour se lover l'une contre l'autre sur le canapé, un verre de vin à la main, un carton de pizza vide sur la table basse et Nuit Blanche à Seattle à la télévision.

« Excuse-moi, » dit Emma en se tournant un peu derrière Regina, qui était blottie dans ses bras et sursauta légèrement.

« Ce n'est rien, » assura Regina qui prit le bras d'Emma pour le reposer sous sa poitrine, leurs doigts enlacés. Ses côtes étaient presque guéries, et sentir Emma contre elle était l'une des choses qu'elle préférait.

« Tu restes dormir ici, ce soir ? » demanda Emma en étouffant un bâillement.

« Si ça ne t'ennuie pas, » acquiesça Regina. Au cours du mois de janvier, elles avaient passé l'accord tacite de dormir ensemble le week-end, et Regina passait habituellement la semaine au cottage.

« Bien sûr que non, » dit la blonde avant de déposer un doux baiser sur sa joue. « Tu as bien dormi cette semaine ? »

« Mieux, » dit Regina. « Je ne me suis réveillée qu'une seule fois. »

Regina avait mis du temps à se réhabituer à dormir seule, mais elle avait finalement réussi à retrouver un peu de repos dans son propre lit. Ses cauchemars étaient saisissants et elle se réveillait souvent en sueur, le cœur battant et cherchant désespérément à s'assurer qu'elle était toujours seule dans sa chambre. Mais elle y faisait face, elle en parlait à Archie et faisait les exercices qu'il lui suggérait. Elle avait même acheté plusieurs remèdes à base de plantes qui étaient censés l'aider. Mais jusque-là, il n'y avait qu'une seule chose qui lui assurait une bonne nuit de sommeil. La présence d'Emma.

« Tu peux aussi rester dimanche soir si tu veux, » proposa Emma.

« Dimanche ? Pourquoi ça ? »

« J'ai pensé que tu aurais peut-être besoin de compagnie pour ton retour à Storybrooke, » dit Emma.

« Oh, Emma, » dit Regina en se retournant avec difficulté pour faire face à la blonde, oubliant le film. « Ça va aller lundi. Crois-moi, je travaille dans cette école depuis des années et pour être honnête j'ai hâte d'y retourner. Ça me permettra d'avoir l'esprit occupé. »

« Archie m'a parlé. »

Elle n'avait pas eu l'intention de parler à Regina de la visite du psychiatre du collège mais les mots sortirent de sa bouche avant qu'elle ne puisse les arrêter.

« Oh ? » dit Regina en fronçant les sourcils. « A propos de quoi ? »

« Il voulait être sûr que j'étais au courant de la difficulté que ça allait supposer pour toi et me donner des tuyaux pour t'aider, » admit Emma.

« Des tuyaux ? »

« Il m'a juste dit qu'il t'avait conseillé de donner aux élèves une version vague de la vérité et me dire que je devrais te soutenir peu importe ce que tu décideras de leur dire. Je suppose que ça s'applique aussi aux autres membres du personnel. Et que je devrais savoir que certaines choses à l'école pourraient te rappeler de mauvais souvenirs. »

« Il m'a dit la même chose, » dit Regina. « Je suis sûre qu'il voulait juste que tu sois au courant. »

« Et ensuite, il m'a demandé comment j'allais. »

Regina remarqua l'air contrarié sur le visage d'Emma. La jeune femme était tendue, peu sûre d'elle, troublée. Regina fronça les sourcils.

« Et comment est-ce que tu vas ? »

Après tout ce qui était arrivé, Regina n'avait même pas réalisé à quel point les évènements avaient pu affecter sa meilleure amie. Elle se sentit soudain incroyablement nombriliste. Une larme coula sur la joue d'Emma et s'écrasa sur le canapé.

« Oh, Emma. »

Regina attira la blonde contre elle et la serra dans ses bras. Comment avait-elle pu être aussi égoïste ? Comment n'avait-elle pas pensé à l'impact que tout cela aurait sur Emma ? Comment avait-elle pu ne pas voir à quel point son amie souffrait ?

« Je vais bien, » dit Emma sans conviction lorsqu'elles se séparèrent.

« Mais oui, ça crève les yeux, » dit Regina en fronçant les sourcils. « Pourquoi tu ne m'as rien dit ? »

« Tu avais assez à gérer comme ça, » répondit Emma. « Après tout ce que tu as traversé, je voulais pas te mettre mes émotions sur le dos, en plus. Je peux les gérer toute seule. Je le fais déjà. »

« Emma, s'il te plait, parle-moi. Je vais mieux maintenant, je suis plus forte. J'apprécie que tu ne veuilles pas m'accabler mais je peux être là pour toi, maintenant. Ça peut peut-être nous aider de parler de tout ça ensemble. »

Emma observa les yeux chocolat face à elle, que les larmes rendaient légèrement brillants mais néanmoins déterminés.

« Quand tu as disparu, » commença Emma, « j'ai eu tellement peur. J'étais sûre qu'il t'était arrivé quelque chose et tout ce que je pouvais faire, c'est rester assise là à attendre qu'on m'annonce le pire. Que je ne te reverrais plus jamais. J'ai pas fermé l'œil jusqu'à l'appel de Keith le lendemain. Et puis… tout s'est passé au ralenti. Je me souviens à peine du trajet jusqu'à Boston, ou du taxi jusqu'à Chelsea. Tout ce que je savais, c'était que je devais te rejoindre. Et quand je suis arrivée à l'hôpital et que tu…, » elle désigna la cicatrice sur le front de Regina et caressa de son pouce la marque sur sa main. « J'ai détesté te voir comme ça. Je me suis sentie si impuissante de te voir souffrir à l'hôpital et ensuite quand on est rentrées et que tes cauchemars ont commencé, c'était encore pire. Je pouvais te protéger pendant la journée, mais la nuit tes souvenirs revenaient. Et les miens aussi. »

Regina ouvrit de grands yeux à cet aveu.

« Tu fais des cauchemars, toi aussi ? »

Emma hocha la tête. « Après avoir entendu tout ce qui t'est arrivé quand tu as parlé à la police, j'ai visualisé la scène. J'arrive pas à me débarrasser de ces images, même si je suis sûre qu'elles ne sont pas aussi dures que celles que tu vois car elles ne sont pas réelles. Mais elles ont l'air si vraies quand je dors, et dans mes cauchemars tu es toujours enfermée quelque part, mais au lieu de Keith, c'est moi qui te cherche. Parfois, je te retrouve à temps, mais quelquefois c'est trop tard. »

Sa voix se brisa et elle sentit Regina la serrer plus fort contre elle. Blottie contre la brune, Emma essaya de se concentrer sur les battements réguliers de son cœur contre le sien. Regina était vivante. Regina était toujours avec elle. Regina était en sécurité.

Aucune des deux ne sut laquelle initia le baiser mais leurs lèvres s'unirent bientôt langoureusement, leurs mains se caressant par-dessus leurs vêtements. Emma eut la respiration coupée lorsque, pour la première fois, les doigts de Regina se glissèrent sous son chemisier et dessinèrent des motifs sur le bas de son dos. Ses propres doigts caressèrent la peau sensible à la base du cou de Regina et remontèrent pour tourmenter le lobe de son oreille. Regina laissa échapper un faible gémissement lorsque que les lèvres d'Emma emprisonnèrent son lobe avant que leurs langues ne s'unissent à nouveau.

« Wow! » s'exclama Regina lorsqu'elles se séparèrent enfin.

« Ouais, » confirma Emma, les yeux noirs de désir. « Est-ce que ça va ? »

Regina sourit devant l'inquiétude d'Emma. « Je vais plus que bien, Emma. Je suis même sérieusement excitée en fait. »

Emma déglutit avec difficulté.

« Je ne suis pas prête, pas encore en tout cas. Mais ça va venir, » dit Regina, caressant du bout de son doigt les lèvres d'Emma. « J'ai envie de toi, Emma, et je veux être avec toi, mais… »

« Je comprends, » la rassura Emma, qui n'avait ni l'envie ni le besoin que Regina ne mette des mots sur la façon la plus atroce dont Robin avait abusé d'elle. « Et je t'attendrai, Regina. Le temps qu'il faudra. »

« Emma, est-ce que tu viendrais diner avec moi ? » demanda Regina.

« Quoi ? » demanda Emma, les sourcils froncés.

« Un rendez-vous, » précisa Regina. « Je ne suis peut-être pas prête pour…le sexe, mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas que notre amitié évolue, d'une certaine façon. Alors pourquoi pas un rendez-vous ? On peut être ensemble sans sexe, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr, » assura Emma, ignorant la palpitation sur son entrejambe chaque fois que Regina prononçait le mot « sexe ». « Mais qu'est-ce que tu veux dire exactement ? »

Regina leva les yeux au ciel. Parfois, malgré son diplôme de Yale, Emma pouvait être incroyablement longue à la détente. « Est-ce que tu veux sortir avec moi, Emma ? »

Il y eut un court silence avant que le cri de surprise de Regina ne soit une fois de plus étouffé par les lèvres d'Emma. Elle lui rendit intensément son baiser, ses mains plongées dans ses cheveux alors qu'elle l'attirait le plus possible contre elle, essayant de lui faire ressentir toute l'affection qu'elle éprouvait.

« Oui, » dit Emma dans un souffle alors qu'elles se séparaient. « Oui, je veux sortir avec toi, Regina. »

Regina lui adressa un sourire éclatant et Emma le lui rendit.

« Et maintenant ? » demanda Regina au bout d'un moment.

« Maintenant, il faut qu'on trouve comment en parler à Henry, » répondit Emma.

« Me parler de quoi ? » dit une voix depuis l'entrée.

Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu, on se retrouve lundi avec le suivant, qui sera un peu plus centré sur Henry et les affres de l'adolescence. Bon week-end!