Coucou, j'espère que votre week-end s'est bien passé. Merci de toutes vos reviews, je n'ai pas encore eu le temps d'y répondre mais je vous promets de le faire entre aujourd'hui et demain. En tout cas je les ai lues et je suis contente que vous soyez aussi passionnées par cette fic! Sans plus attendre, voici le chapitre suivant, bonne lecture!

Chapitre 21 Les ennuis d'Henry

Un sursaut. Un mouvement soudain. Et un bruit sourd.

« Merde ! Est-ce que ça va ? » demanda Emma en jetant un œil par-dessus le coin du canapé pour apercevoir Regina, qui venait de tomber par terre.

« Oui, » grogna la brune en se frottant la hanche.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Emma en s'asseyant, reportant son attention sur son fis, toujours debout dans l'entrée. Il regarda alternativement les deux femmes qui, quelques secondes auparavant, étaient étendues dans les bras l'une de l'autre sur le canapé.

« Le film était nul, » dit-il, le regard noir. « J'ai préféré rentrer. »

Emma fronça les sourcils devant cette excuse, devinant au regard de son fils que quelque chose l'avait énervé mais que ce n'était sans doute pas le bon moment pour en parler.

« Oh, ok, » dit Emma alors que Regina se levait pour aller s'asseoir sur le fauteuil à l'autre bout de la pièce, mettant le plus de distance possible entre elle et la blonde.

« Qu'est-ce que vous avez à me dire ? » répéta Henry, son regard passant de son professeur d'histoire à sa mère, qui rougissaient toutes les deux légèrement.

« Euh, » dit Emma en regardant Regina à la dérobée. « Voilà…Le truc, c'est que… Ok alors voilà ce qui se passe. Regina et moi…Ce que j'essaie de te dire, c'est que… »

« Vous êtes ensemble, » acheva Henry en voyant sa mère bégayer.

Emma cligna des yeux. « Quoi ? »

« Regina et toi, vous êtes en couple, » clarifia Henry.

« Comment est-ce que tu le sais ? » demanda Emma.

« Eh ben, j'en étais pas complètement sûr jusqu'à il y a deux minutes, mais même avant de vous voir sur le canapé je savais que vous étiez plus que des amies. Vous êtes pas vraiment discrètes, » dit l'adolescent en haussant les épaules.

« Et…tu es d'accord avec ça ? » demanda Emma qui attendait la réponse de son fils, le cœur battant.

« Ça m'est égal avec qui tu baises, du moment que tout le collège ne découvre pas que ma mère est lesbienne, » dit Henry avant de disparaitre, montant l'escalier d'un pas lourd.

Emma se tourna vers Regina, la bouche ouverte.

« Qu'est ce qui vient de se passer ? » demanda-t-elle tandis que la brune traversait la pièce pour se réinstaller sur le canapé.

« Je n'en suis pas sûre. »

« Est-ce qu'il accepte qu'on soit ensemble ? Je n'arrive pas à le savoir à cause des gros mots et de sa possible remarque homophobe, » dit Emma en passant une main sur son front, confuse.

Regina gloussa. « Je ne crois pas qu'il ait employé le mot lesbienne dans un sens péjoratif. C'est un ado, Emma. Bien sûr qu'il ne veut pas que ses amis sachent que sa mère, qui est aussi leur prof de géographie, couche avec une femme, leur prof d'histoire, qui plus est. Ce serait un objet de fantasme pour leurs corps chargés d'hormones. »

« Beurk, » répondit Emma. « Et on ne couche pas ensemble. Ou plutôt on ne « baise » pas, comme mon fils chéri l'a si bien formulé. »

« Pas encore, c'est vrai, » dit Regina. « Mais je suis sûre que la vraie nature de notre relation en privé a très peu d'importance pour des adolescents pendant leurs moments de…mmh plaisir solitaires. »

« Oh non, je t'en supplie, tais-toi ! » dit Emma en riant.

« Oblige-moi. »

La bouche de Regina fut de nouveau couverte par des lèvres avides, la langue d'Emma y entrant rapidement, un gémissement étouffé lui échappant tandis qu'elle goûtait de nouveau la brune. Le cœur de Regina battait la chamade alors que le baiser s'intensifia, les gestes de la langue et des lèvres d'Emma provoquant des palpitations sur son intimité.

Emma ne voulait pas surplomber Regina, n'étant pas sûre que la jeune femme soit prête pour ce genre d'acte quelque peu dominateur. Alors, sans détacher ses lèvres des siennes, Emma s'allongea sur le dos et attira doucement Regina sur elle, écartant les jambes pour en entourer son corps. Regina répondit volontiers à cette demande, savourant le contact du corps d'Emma pressé contre le sien tandis que les doigts de la blonde parcouraient son dos de haut en bas, exerçant de temps en temps de petites pressions sur ses fesses avant de se glisser à nouveau dans ses cheveux décoiffés.

« Et Henry ? » demanda Regina lorsqu'elles se séparèrent pour reprendre leur souffle, vingt minutes plus tard. Elle resta au-dessus de la blonde et posa son menton sur sa poitrine en levant les yeux vers elle.

« Je suis sûre qu'il n'est pas près de redescendre, si c'est ce que tu me demandes, » répondit Emma, les mains enfouies dans les cheveux de Regina qui retombaient sur ses épaules.

« Tu vas aller lui parler ? »

« Oui, » acquiesça Emma. « Je vais monter le voir bientôt et essayer de savoir ce qu'il ressent vraiment à propos du fait qu'on soit ensemble. Il s'est aussi passé quelque chose quand il est sorti et ça n'avait rien à voir avec le film qu'ils ont vu. »


Lorsqu'Emma frappa à la porte de la chambre d'Henry, plus tard dans la soirée, elle reçut un grognement en guise de réponse, et tourna la poignée pour entrer dans la pièce sombre. Henry était assis sur son lit et lisait à la faible lueur de sa lampe de chevet. Emma enjamba une pile de linge sale et traversa la pièce pour s'asseoir sur son lit.

« Salut gamin, » dit-elle en posant une main sur sa jambe.

« Je suis pas un gamin, » souffla Henry, qui referma brusquement son livre avant de le lancer sur son matelas.

« Non, » admit Emma. « Mais tu es mon fils et tu seras toujours mon bébé. »

Cette phrase ne permit en rien d'atténuer la froideur du visage d'Henry.

« Qu'est-ce que tu veux ? » soupira-t-il.

« Te parler, » répondit Emma. « Soit de Regina et moi, soit de ce qui t'es arrivé ce soir, ou de ce qui te tracasse. »

« Il s'est rien passé ce soir, » répondit Henry, un peu trop sur la défensive au goût d'Emma.

« Ok, » dit calmement Emma, refusant de forcer son fils à avoir une conversation pour laquelle il n'était clairement pas prêt. « Alors, si on parlait de Regina et moi. Je suis sûre que tu as des questions à propos de notre relation et de ce qui va se passer maintenant qu'on sort ensemble. »

« Je te l'ai dit, je m'en fiche du moment que les gars de l'école ne le savent pas. » se renfrogna Henry.

« Ce n'est pas exactement ce que tu as dit et d'ailleurs j'aimerais avoir une discussion au sujet de ton langage, jeune homme, mais je veux savoir ce que tu penses vraiment de tout ça. Je sais qu'avant Noël on a évoqué la possibilité que je finisse par ressortir avec quelqu'un mais on n'a jamais parlé du fait que ça puisse être une femme.

« Si tu es homo, ça m'est égal, » répondit Henry. « Ou bisexuelle, peu importe. Ça me gêne pas. »

« Mais tu as peur que ça gêne tes copains, »demanda Emma.

« Non, » dit Henry. « Je veux dire, c'est pas le fait que tu sois avec une femme le problème, ils sont pas homophobes. Mais tu sais aussi bien que moi que dès que tout le monde sera au courant pour Regina et toi, les rumeurs vont recommencer. C'est ça qui m'embête, pour moi, et pour vous deux. »

Emma gloussa. « Tu as raison, » admit-elle. « Mais si je continue à sortir avec Regina, ce que j'espère vraiment, ça finira par se savoir et il n'y a rien qu'on puisse faire contre ça. On doit juste trouver un moyen de gérer les choses au mieux. »

« Je sais, » soupira Henry. « J'aurais juste préféré que vous travailliez pas toutes les deux au collège. C'était déjà assez quand il y avait que toi. »

« Je suis désolée, » di Emma, « mais on ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Ce n'est peut-être pas le plus facile mais c'est comme ça. »

« Est-ce qu'elle te rend heureuse ? »

Emma adressa un tendre sourire à son fils. « Oui. »

« Cool, » dit Henry, en souriant à sa mère lui aussi. « Je veux que tu sois heureuse, Maman. Je me fiche de qui te donne ce sourire idiot, du moment que tu le gardes le plus longtemps possible. »

« Idiot ? » dit Emma, faussement vexée.

« Vraiment idiot, » affirma Henry avec un sourire narquois. « Mais ça veut dire que tu es heureuse, donc c'est cool. »

« Moi aussi, je veux que tu sois heureux, Henry, » demanda Emma en gloussant. « Alors, tu veux bien me dire pourquoi tu n'as pas fait ta soirée pyjama avec Felix et Peter ? »

« Premièrement, c'était pas une soirée pyjama, je suis pas une gamine de six ans, » dit Henry, le visage à nouveau sombre. « Et deuxièmement, non, je vais pas te le dire. »

« Pourquoi ? » demanda Emma.

« Parce que c'est pas tes oignons, » cracha Henry. Le regard d'Emma se durcit à ce ton. « Désolé, » marmonna Henry. « Je suis fatigué. On peut en parler demain ? »

« D'accord, » dit Emma en se levant du lit. « Dors bien, mon grand. »

« Toi aussi, » dit Henry en se glissant plus confortablement sous les couvertures avant de se tourner sur le côté, dos à sa mère. « Bonne nuit M'man. »

« Bonne nuit, Henry. »


Regina était allongée sur ce qui était devenu son côté du lit et lisait les nouvelles sur son portable quand Emma entra dans la chambre, après s'être brossé les dents.

« Comment ça s'est passé ? » demanda la brune dès qu'Emma eut fermé la porte.

« Je sais pas trop, » admit Emma tandis qu'elle se préparait à se coucher. « Bien, je crois. Au moins, il a dit que ça ne l'embêtait pas du tout qu'on soit ensemble, ni le fait qu'on soit deux femmes. Il veut juste qu'on soit heureuses. Mais il a peur des ragots qu'il pourrait y avoir au collège, ça se comprend. Et ensuite je lui ai demandé ce qui s'était passé en ville ce soir et il s'est complètement refermé. »

« Eh bien, au moins il est au courant pour nous et ça ne l'ennuie pas, » dit Regina. « Je sais que son approbation est très importante pour toi, donc c'est important pour nous. »

« Oui, je suis contente qu'il ait l'air de si bien le prendre. Le temps nous dira s'il accepte vraiment une fois que tout le monde le saura, » dit Emma en enfilant un vieux t-shirt trop grand.

« Tu veux qu'on le dise aux gens, déjà ? » demanda Regina, les yeux écarquillés.

« Non, bien sûr que non. Je veux dire, je serais ravie d'entrer dans la salle des profs lundi matin en te tenant la main et de t'embrasser passionnément devant nos collègues, mais on a le temps. C'est encore assez nouveau et je préfère laisser les choses évoluer avant de le dire officiellement. »

« D'accord, » dit Regina, se relaxant à nouveau sur l'oreiller. « Tu viens te coucher, maintenant ? »

« A ton avis ? » dit Emma, d'une voix rauque. « Oh non, je voulais pas dire ça, je veux dire…je sais qu'on a décidé d'attendre jusqu'à ce que… et merde. »

Regina ne put s'empêcher de rire en voyant Emma au bout du lit, secouant la tête de remords et de honte.

« Emma, chérie, j'ai compris ce que tu voulais dire. Et tu n'as pas à me cacher le fait que tu aies envie de moi, sexuellement. Je ressens la même chose. En tout cas, mon corps le ressent. Mais je ne suis pas sûre que mon esprit soit encore prêt pour ça, » expliqua Regina.

« Je sais, excuse-moi, » dit Emma, d'une petite voix.

« Tu n'as pas à t'excuser, » la rassura Regina. « Pour être honnête, le fait de savoir que je t'attire est un vrai booster pour ma confiance en moi. Je pensais qu'après tout ce que j'ai traversé, après ma lèvre, mon front, » dit-elle en désignant ses cicatrices, « après ce que Robin m'a fait, personne ne voudrait plus jamais de moi. »

« Bien sûr que je veux de toi, » dit immédiatement Emma en montant sur le lit, avant de ramper pour se mettre au-dessus de la brune. « J'ai envie de toi, Regina. »

Regina leva les yeux vers le visage sincère qui la regardait. Elle avait senti son corps se tendre légèrement et son cœur s'accélérer en voyant Emma se rapprocher avant de finir sur elle, au-dessus d'elle. Mais maintenant, en voyant ses yeux verts étincelants, elle ne ressentait rien d'autre que du contentement. Emma ne lui ferait jamais de mal. Emma allait prendre soin d'elle. Emma allait la protéger.

Leur baiser fut doux, leurs lèvres s'effleurant à peine avant qu'Emma ne repasse sa jambe par-dessus le corps de Regina pour se recoucher de son côté du lit. Regina se blottit immédiatement au creux du bras d'Emma et posa doucement sa tête sur sa poitrine.


« Est-ce que tu es prête ? »

Regina hocha la tête en silence, observant la cour du collège à travers le pare-brise alors qu'Henry claquait sa portière. La brune regarda le jeune garçon s'éloigner de la voiture. Déjà qu'arriver à l'école avec sa mère n'était pas « cool », mais en plus avec sa prof d'histoire, c'était un peu trop pour n'importe quel adolescent. Regina était restée chez les Swan tout le week-end et ils étaient arrivés au collège dans la voiture d'Emma ce matin-là. C'était un triste jour de février, et un crachin persistant trempait la cour tandis qu'elles restèrent là à attendre.

« Tout le monde sait ce qu'il m'a fait, » dit Regina d'une voix faible.

« Oui, » dit Emma. « Mais peut-être que du coup ils ne te poseront pas de questions. Après tout, ils ont déjà lu l'histoire dans tous les journaux du pays. »

Les détails relatifs à l'épreuve que Regina avait traversée avaient été publiés un peu après le Nouvel An, et une fois que Robin était passé en jugement et avait plaidé coupable, plus de détails sur les agressions et le kidnapping étaient sortis au grand jour. Cependant, étant donné que le procès de Robin et de ses complices n'avait été ni long ni plein de rebondissements, il avait perdu de son intérêt pour les journalistes, et une fois que la sentence avait été rendue, ils étaient rapidement passés à autre chose, au grand soulagement de Regina.

Regina émit un petit rire amer. « Je n'aurais jamais pensé finir dans le journal pour cette raison-là. »

« Il n'est pas trop tard pour que tu gagnes le prix Nobel de la Paix ou… »

« Pour que j'écrive un best-seller sur l'impact des drogues psychédéliques sur les tendances musicales des années 60, » l'interrompit Regina.

« Oui, ça aussi, » dit Emma en riant.

« J'ai un brouillon de ce projet sur mon ordinateur. » songea Regina. « J'aurais probablement mieux fait de passer le mois dernier à le corriger et à l'améliorer au lieu de me morfondre chez moi. Et chez toi, » ajouta-t-elle.

« Tu ne te morfondais pas, » dit Emma en se penchant pour prendre les deux mains de Regina dans les siennes. « Tu guérissais. Tu avais besoin de ce temps, Regina, et si tu en as encore besoin, si tu n'es pas prête, Gold comprendra. »

« Non, » dit Regina en secouant la tête. « Non, ça va. Je suis prête à reprendre le travail »

Elle posa sa main sur la poignée de la portière mais la main d'Emma sur son poignet l'incita à se retourner.

« Qu'est-ce que… ? »

Le reste de sa phrase fut étouffé par les lèvres d'Emma. Elle soupira face à la sensation incroyablement familière, une langue mentholée jouant brièvement avec la sienne avant qu'Emma ne s'écarte.

« Je croyais qu'on faisait semblant, » remarqua Regina, en regardant le parking désert à travers la pluie. Elles étaient arrivées très tôt à la demande de Regina.

« Oui, » répondit Emma. « J'ai vérifié qu'il n'y avait personne avant. Allez, viens, on va être en retard. »


Ce ne fut pas facile, mais pas aussi terrible que ce à quoi Regina s'était attendue. Pendant la réunion matinale, Mr Gold ne fit aucune mention de son retour, comme elle l'avait demandé, et la plupart du personnel se contenta de lui adresser un sourire sympathique. Seules Rose et Ruby vinrent la voir pour la prendre dans leurs bras d'une façon légèrement gênante. Cela était probablement dû au fait que Regina ait gardé les bras le long de son corps sous tension, essayant désespérément de se contrôler pour ne pas repousser les deux jeunes femmes. Le contact physique avec toute autre personne qu'Emma la faisait toujours paniquer, mais elle ne dit rien lorsqu'elle vit Emma leur parler à l'oreille quelques minutes plus tard et les regards coupables apparaitre sur leurs visages en réalisant ce qu'elles avaient fait.

Les élèves les plus jeunes de Regina restèrent silencieux. Pas une question, pas un murmure, pas un seul mauvais comportement. C'était bizarre, certainement, mais pas entièrement désagréable. Mais les choses furent différentes avec ses 4èmes et ses 3èmes. Regina supposa que c'était parce qu'ils étaient un peu plus âgés, un peu plus conscients de ce qu'elle avait traversé, et un peu plus matures et aptes à comprendre, en tout cas autant qu'il soit possible de comprendre depuis un regard extérieur. Elle pensa que les questions ne furent pas aussi crues que ce qu'elles auraient pu être.

« Madame, où est votre mari, maintenant ? »

« C'est vrai qu'il a volé la Joconde au Louvre et qu'il l'a remplacée par un faux ? »

« Combien de points de suture vous avez eus à la tête ? »

« Pourquoi vous vous êtes pas échappée ? »

« Madame, vous croyez qu'il va vous chercher quand il sortira ? »

« Qu'est-ce qui arrive aux violeurs en prison ? C'est comme pour les gays ? »

« Madame, vous allez changer de nom ? »

« Non, Nick, je ne vais pas changer de nom, » soupira Regina.

C'était presque la fin du dernier cours et ses élèves de 4ème rangeaient leurs affaires en attendant la sonnerie. Henry était affalé sur sa chaise dans un coin de la salle et regardait à travers la vitre couverte de gouttes de pluie, ignorant la conversation. Regina ne l'en blâmait pas. Elle aurait voulu pouvoir faire la même chose.

« Pourquoi pas ? » demanda Nicholas Zimmer.

« Parce que c'est mon nom de jeune fille, » dit Regina.

« Comment c'est possible ? » lança Ava, la sœur jumelle de Nicholas.

« Il a pris mon nom quand il a eu des ennuis avec la justice, il y a quelques années. Alors il peut reprendre son nom mais je garderai le mien. »

La cloche sonna juste au moment où Nick ouvrait la bouche pour poser une autre question.

« N'oubliez-pas que vous devez me rendre vos devoirs vendredi, » dit Regina qui éleva la voix pour se faire entendre malgré le bruit que faisaient ses élèves en se dirigeant vers la porte. « Mon remplaçant n'a pas suivi le programme aussi bien que moi et nous allons devoir travailler un peu plus vite pour pouvoir le terminer avant la fin des vacances d'été. »

Quand la classe fut enfin silencieuse, Regina retourna à son bureau et se laissa tomber sur sa chaise avant de fermer les yeux. C'était fini. Son premier jour de cours était terminé. Maintenant, tout ce qu'elle avait à faire c'était de revenir travailler demain. Et le jour suivant.

Le grincement de la porte de sa classe lui fit ouvrir les yeux (et lui fit rappela d'acheter de l'huile en revenant du travail). Elle sourit en voyant le visage familier de la blonde apparaitre.

« Comment c'était ? » demanda Emma en entrant dans la classe. Même si elle avait déjeuné avec Regina à peine deux heures avant, la blonde avait couru en haut dès que le dernier sac à dos avait disparu de sa classe, impatiente de savoir comment s'étaient passés les cours de la brune, l'après-midi.

« Long, » admit Regina. Mais ç'a été."

« Oui ? » demanda Emma, un sourire sur son visage. « C'est bien. Et comment allait Henry ? »

« Bien, » dit Regina. « Il était un peu plus calme que d'habitude mais il n'y a pas à s'inquiéter, je crois qu'il voulait juste rester en dehors de la discussion à propos de Robin et moi. »

« Ils t'ont posé beaucoup de questions ? »

« Assez, oui, » acquiesça Regina. « Mais je m'en suis sortie. Allez, viens, on va être en retard à la réunion. »

« Tu y vas ? » demanda Emma.

« Oui, pourquoi je n'irais pas ? » dit Regina en fronçant les sourcils.

« Je sais pas, » admit la blonde. « Mais je prévoyais de t'utiliser comme excuse pour ne pas y aller donc c'est nul. »

Regina éclata de rire et se leva. « Désolée, ma chérie. Si tu veux te défiler, il va falloir te servir de quelqu'un d'autre. »

« Mais c'est toi que je veux, » minauda Emma en s'approchant pour la prendre par la taille.

« Tu n'as pas vraiment saisi ce truc de « on va cacher notre relation au collège, » n'est-ce pas ? » taquina Regina, un sourcil levé.

« Est-ce que tu peux m'en vouloir ? Tu es littéralement irrésistible. »

Regina sourit et se pencha pour déposer un rapide baiser sur les lèvres d'Emma.

« Allez viens, allons voir quelle nouvelle idée Mr Gold a trouvé pour nous faire mourir d'ennui, cette semaine, » dit Regina en sortant en premier de la classe avant de se diriger vers le couloir.


Lorsqu'Emma entra dans la salle des professeurs vendredi matin, elle fronça les sourcils en réalisant que Regina n'était pas encore arrivée. La jeune femme était toujours ponctuelle, surtout au travail. Elle se servit un café et rejoignit Ruby et Rose, assises à leur place habituelle. Elles interrompirent leur conversation dès qu'elles aperçurent la blonde.

« Salut les filles, quoi de neuf ? » demanda Emma en s'asseyant près de Ruby.

« Rien, » dit Rose, un peu trop rapidement.

Emma fronça les sourcils. « Vous étiez en train de parler de Regina ? »

Elle s'était attendue à des commérages et, même si ce n'était pas agréable, Emma avait réussi à en ignorer la plupart. Mais venant de deux de leurs amies à elle et à Regina, elle n'avait pas l'intention de fermer les yeux.

« Non, bien sûr que non, » répondit Rose. Ce n'était pas convaincant, même pour quelqu'un qui ne possédait pas de détecteur de mensonge.

« Si vous avez une question pour Regina, pourquoi vous n'allez pas la lui poser directement ? » demanda Emma d'un ton glacial.

Ruby et Rose rougirent toutes les deux. « On ne veut pas l'énerver, » dit Ruby.

« Et vous croyez que c'est mieux de parler d'elle dans son dos comme des gamines de quinze ans ? » demanda Emma. « Allons les filles, on est amies. Regina préfèrerait que vous lui demandiez directement ce que vous voulez savoir au lieu de faire des suppositions. »

« Tu es sûre que ça ne la dérangera pas ? » demanda Rose.

« C'est vrai que ce n'est pas le sujet qu'elle préfère, » dit Emma. « Mais Hooper lui a parlé de l'importance de faire face à ce qui s'est passé et à ne pas se cacher. Ça ne devrait pas lui poser problème de répondre aux questions de ses amies parce qu'elle sait que vous tenez à elle et que vous voulez comprendre ce qu'elle a traversé. »

« Est-ce que vous en parlez souvent ? » demanda Rose.

« Ca nous arrive, » acquiesça Emma. « Mais pas souvent. Je sais ce qui lui est arrivé et ce n'est pas un truc à ressasser encore et encore. C'est du passé. On essaie de tourner la page. »

« On ? » dit Ruby en fronçant les sourcils.

« Oui, » dit Emma, ses oreilles rougissant légèrement. « Dans le sens où je l'ai aidée à traverser ces dernières semaines. Elle a besoin d'être entourée par ses amis et si vous avez besoin d'en savoir plus pour pouvoir mieux soutenir Regina, demandez-lui. »

« Me demander quoi ? »

Aucune des autres professeurs n'avait remarqué Regina entrer dans la salle mais elle se tenait maintenant face à elles, une tasse de café bouillant à la main.

« Bonjour, » dit chaleureusement Emma. « Tu es un peu en retard. »

« J'avais besoin de prendre de l'essence. Me demander quoi ? répéta Regina en regardant alternativement Ruby et Rose.

« Euh, » commença Ruby en jouant nerveusement avec ses doigts, les mains posées sur les genoux, et évitant soigneusement le regard de Regina. « Eh bien, on se demandait juste ce qui s'est passé dans cette salle de bain. Je veux dire, on a lu dans le journal que tu as blessé l'un des hommes de, » Regina se tendit, « Robin au bras et on était curieuses de savoir comment c'était arrivé. »

Regina s'assit en face des trois femmes et sirota son café en observant ses amies. Emma la fixait, l'inquiétude se lisant sur son visage, tandis que Ruby et Rose affichaient un regard coupable.

« Quand j'ai repris connaissance, j'avais les mains attachées dans le dos, » expliqua Regina. « Il y avait un miroir au-dessus du lavabo, j'ai réussi à le faire tomber par terre et je me suis servie de l'un des éclats pour couper la corde. Croyez-moi, ça prend beaucoup plus longtemps que dans les films. « C'est comme ça que je me suis fait ça. » Elle leva la main qui portait une longue cicatrice rose sur la paume. « Et ensuite quand Will est venu m'apporter à manger, je lui ai planté le morceau de miroir dans le bras. Malheureusement je n'ai pas réussi à lui faire bien mal et quand j'ai couru dans le couloir, John m'a rattrapée et il m'a jetée dans la pièce. Et ils ont enlevé les morceaux de miroir pour que je ne puisse pas le refaire. »

« Wow, » murmura Ruby.

« Tu as été si courageuse, » dit Rose, à peine plus haut qu'un murmure.

« J'ai juste agi par instinct de survie, » dit Regina. « Je suis sûre que vous auriez fait la même chose dans ces circonstances. Et ça n'a servi à rien. Ils m'ont rattachée et c'était terminé. » Elle s'arrêta, ne voulant pas penser à ce qui s'était passé ensuite.

« Ça vous dit de venir diner chez moi ce week-end ? » demanda Ruby.

« Est-ce que c'est ta grand-mère qui cuisinera ? » demanda Emma en esquissant une grimace.

Ruby éclata de rire. « Non, elle n'est pas là ce week-end. J'ai la maison pour moi et j'avais envie d'en profiter. Vous avez prévu quelque chose samedi soir ? »

Emma jeta un coup d'œil à Regina qui hocha subtilement la tête.

« Ça peut être sympa, » dit Emma. « Je crois qu'Henry a des projets de toutes façon. »

« Oh, d'ailleurs, qu'est ce qui se passe entre lui et Peter ? Je voulais te le demander hier soir mais j'ai oublié, » demanda Rose à Emma.

« De quoi tu parles ? » demanda Emma, les sourcils froncés. Son fils avait été de mauvaise humeur toute la semaine et elle n'avait pas réussi à lui parler de ce qui s'était passé le week-end précédent.

« J'ai été obligée de les séparer dans la cour hier après-midi. Si je n'étais pas arrivée je suis sûre qu'Henry lui en aurait mis une. J'ai envoyé Peter plus loin et j'ai essayé de parler à Henry, mais il ne m'a pas dit ce qui l'avait mis en colère. »

« J'en ai aucune idée, » dit Emma. « Je lui en parlerai ce soir. »

« Très bien, parce que tu sais que Mr Gold applique la tolérance zéro en matière de violence. Henry est un garçon calme, quelque chose a vraiment dû l'énerver pour qu'il réagisse comme ça. »

Emma échangea un regard avec Regina. Les deux femmes se posaient la même question. Peter était-il au courant de leur relation ou s'agissait-il d'autre chose ?

Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu, à dans 2 jours pour la suite! Bisous!