Coucou, j'espère que ça va pour vous, moi super, j'ai eu mon épisode de Why women kill hier que j'ai déjà regardé je sais pas combien de fois lol. Oui, je sais que je suis accro lol. A par ça, c'est vendredi, bientôt le week end, et le jour du nouveau chapitre de cette fic, où vous verrez ce qui tracasse Henry depuis un moment. Bonne lecture!

Chapitre 23 : Dure dure, la vie de maman

Emma s'écroula sur l'oreiller, haletante et le cœur battant. Regina embrassa la clavicule de la blonde avec fierté tout en retirant ses doigts d'entre ses jambes.

« Oh, wow, tu apprends vite. Comment tu as su que… »

« J'ai juste deviné, » dit Regina avec un sourire satisfait.

« Eh bien, devine plus souvent, » dit Emma en se tournant pour embrasser le front de Regina. « C'était incroyable. »

Il était tard en ce dimanche matin et le couple était allongé dans un enchevêtrement de draps et de membres, rechignant à se lever et à briser le charme sous lequel elles étaient depuis la veille. Même si Emma n'avait pas encore pu rendre ses caresses à Regina, les deux femmes se sentaient plus proches, plus connectées, et plus amoureuses que jamais.

« Petit-déjeuner ? » demanda Emma au bout d'un moment.

Regina hocha la tête et se leva. Juste avant que ses pieds ne touchent le sol, les bras d'Emma s'enroulèrent autour de sa taille et la tirèrent vers l'arrière dans une rafale de gloussements et de baisers.

« Je t'aime, » dit Emma lorsqu'elles se séparèrent.

« Je t'aime, » répondit Regina, qui déposa un doux baiser sur le nez d'Emma avant de se glisser hors de ses bras pour commencer à s'habiller.

La maison était calme quand elles descendirent toutes les deux quelques minutes plus tard. Pendant que Regina commençait à sortir les ingrédients pour préparer le petit déjeuner, Emma remonta demander à Henry ce qu'il voulait manger.

« Henry, » dit-elle en frappant à sa porte toujours fermée.

Il n'y eut aucune réponse. Emma soupira. Comment les adolescents pouvaient ils dormir autant ? Elle ouvrit la porte et jeta un œil à l'intérieur. Les rideaux étaient tirés et la chambre était sombre et sentait le renfermé. Les jeunes garçons sentaient, comme elle l'avait découvert récemment.

« Allez, paresseux, » dit Emma en se dirigeant vers le lit pour réveiller son fils.

« Il n'y eut pas de réponse.

« Henry, il est plus de onze heures. Debout, Regina est en train de faire le petit-déj'. »

Toujours rien.

Soupirant de frustration, Emma alluma la lampe et hoqueta en voyant l'oreiller. Découvrant les draps, elle réalisa que ce qu'elle avait pris pour la silhouette de son fils était en réalité une pile de vêtements soigneusement placé pour ressembler à une forme humaine. Elle prit son téléphone elle parcourut son répertoire à la recherche du numéro d'Henry et l'appela en descendant l'escalier à la hâte.

« Regina ! »

« Quoi ? » dit la brune qui délaissa la cuisine pour rejoindre Emma sous l'urgence de son ton.

« Henry n'est pas là, » dit-elle, le téléphone toujours collé à l'oreille.

« Quoi ? Où est-ce qu'il est ? »

« Tu crois que je serais en train de paniquer si je le savais ? » rétorqua Emma. Le visage de Regina se referma. « Excuse-moi, » dit rapidement la blonde. « J'ai juste besoin de savoir qu'il va bien. »

« Est-ce qu'il était là hier soir ? »

« C'est ce que je croyais, » répondit Emma. « Quand je suis allée le voir j'ai vu une silhouette sur son lit, mais en fait c'était une pile de vêtements. J'aurais dû vérifier qu'il était vraiment là ! Si j'avais su qu'il avait disparu hier soir j'aurais pu le retrouver. Je parie qu'il est allé à la fête de Peter. Mon Dieu mais c'est pas possible, comment j'ai pu être aussi bête ! »

« Eh, ce n'est pas ta faute, » dit Regina en s'approchant de sa compagne qui appelait son fils pour la quatrième fois. « C'est Henry qui a fait une bêtise, mais on va le retrouver. Tu as le numéro de chez Peter ? »

« Euh, oui, je crois, » dit Emma en parcourant les post- it collés sur son semainier. Elle finit par trouver une série de chiffres écrits à la va vite sur l'un deux et composa rapidement le numéro.

« Allo ? Mr Panner ? Oui, c'est Emma Swan, la mère d'Henry. Oui. Je me demandais juste si Henry était chez vous. Non, je sais qu'il ne devait pas aller à la fête mais il…il n'était pas dans son lit ce matin et j'ai pensé qu'il y était peut-être allé finalement. Oui, si vous pouviez demander à Peter, j'apprécierais vraiment. »

Emma se tourna vers Regina, tapant du pied en attendant que le père de Peter aille parler à son fils.

« Allo ? Oui, je suis là. Oh d'accord. Non je suis sûre qu'il est juste allé chez un autre copain. Mais si Peter a des nouvelles, vous pouvez lui dire de m'appeler s'il vous plait ? Merci, vous aussi, au revoir. »

Emma jeta son téléphone sur le plan de travail et se couvrit le visage de ses mains. Regina hésita et resta près de la table, ne sachant pas quoi faire pour réconforter sa compagne. Le sanglot d'Emma la fit réagir et elle traversa la pièce pour la serrer dans ses bras.

« On va le retrouver, » la rassura Regina. « Il n'a pas pu aller bien loin. »

La porte d'entrée claqua bruyamment.

Emma s'écarta de Regina, écarquillant ses yeux pleins de larmes avant de se précipiter dans le couloir. »

« BON SANG, MAIS TU ÉTAIS OÙ ? »

Regina décida de rester là où elle était. C'était probablement mieux qu'elle ne se mêle pas de l'inévitable dispute qui allait avoir lieu.

« Dehors, » dit Henry.

« DEHORS ? DEHORS ? J'étais morte d'inquiétude ! » s'exclama Emma. « Ne t'avise plus jamais de me refaire ça ! »

« J'AI RIEN FAIT ! » cria Henry.

« Tu as quitté la maison sans me dire où tu allais, Henry ! Quand tu pars, tu dois me dire où tu vas pour que je sache que tu es en sécurité. »

« T'étais pas là, » rétorqua Henry.

« Et le téléphone, tu connais ? » dit Emma.

« Comme si tu en avais quelque chose à foutre d'où j'étais. T'es sortie avec ta copine hier soir. Tu t'es même pas aperçue que j'étais pas là. »

Il y eut un long silence.

« Déjà, tu laisses Regina en dehors de ça, » commença Emma, d'une voix glaciale. « Et ensuite, si, je suis allée te voir dans ta chambre quand on est revenues hier soir, mais je pensais pas qu'il fallait que je vérifie que la silhouette que j'ai vue était bien celle de mon fils, parce que je pensais pas que tu serais assez sournois pour quitter la maison sans me le dire en me faisant croire que tu étais toujours là. »

« Regina est là ? » demanda Henry.

« Oui. »

« Bien sûr qu'elle est là. Elle passe son temps ici. C'est pas étonnant que tu aies mis douze heures à t'apercevoir que j'étais parti. Vous êtes tellement dans votre bulle toutes les deux que vous voyez plus rien de ce qui se passe autour! »

« Henry, ce n'est pas vrai, » dit Emma, la voix brisée. « Je sais qu'il se passe quelque chose avec Peter et je t'ai demandé de m'en parler, plusieurs fois. Mais qu'est-ce que je peux faire si tu refuses de me parler ? »

Il y eut un autre long silence.

« Henry, ce truc entre Regina et moi, tu sais que ça peut se terminer à la minute où tu me dis que ça te pose un problème. » Le cœur de Regina s'accéléra lorsqu'elle entendit les paroles d'Emma depuis la cuisine, les larmes lui montant aux yeux quand elle réalisa ce qui allait peut être se produire. « Je ne veux pas que notre relation t'affecte de façon négative, » poursuivit Emma., « Alors si tu n'es pas d'accord avec ça on…on ne sortira plus ensemble. »

« Je t'ai dit que ça m'était égal. »

« Mais tu viens juste de dire… »

« Maman, ça me dérange pas que tu sortes avec Regina si vous êtes heureuses, » répéta Henry. « Mais tu…tu dois te rendre compte que tout ne tourne pas autour d'elle. C'est pas la seule à avoir des problèmes. »

« Henry, qu'est-ce qui s'est passé ? S'il te plait, parle-moi. »

Ce silence fut plus long et au bout d'un moment, Regina entendit la porte du salon se fermer. Elle sortit dans le couloir et le trouva vide. Elle hésita une fraction de seconde avant de s'approcher pour coller son oreille contre la porte. Les voix étaient légèrement étouffées mais elle put tout de même entendre.

« Il s'est passé quelque chose le week-end dernier, » dit Henry. « Quand on est allés au ciné. »

« Je sais, » répondit Emma.

« Merde, Maman, laisse moi parler, » souffla Henry.

« Désolée. »

« Pete et Felix ont invité plein de monde. Nick et Ava, Mike, Jakob, Violet, et quelques autres élèves de 3ème. Le film était nul et finalement on est sortis…faire quelque chose. »

Emma ouvrit la bouche.

« Maman, je t'ai dit de pas m'interrompre. Merci, » dit Henry, quand la bouche de la blonde se referma. « On s'ennuyait tous et on avait encore pas mal de temps avant de devoir rentrer, et il restait une heure avant que la mère de Felix rentre, alors on est allés sur la promenade. »

Il y eut un nouveau silence, Emma essayant désespérément de ne pas dire un mot en attendant de savoir ce qui s'était passé.

« Je connais pas leurs noms alors me le demande pas. Pete a dit qu'ils allaient à Storybrooke avant mais qu'ils ont fini l'année dernière. En tout cas, ces gars sont venus non voir pour nous vendre de la dope. »

« De la dope ? » s'exclama Emma. « Mon Dieu, Henry, dis-moi que tu n'as pas… »

« J'ai rien pris, » promit Henry. « Mais certains ont fumé des joints. J'ai traîné un peu avec eux, même si l'odeur m'a rendu un peu malade. Et après, un des gars plus vieux a proposé du crack à Pete. »

« De la cocaïne ? »

« Maman ! » s'exclama Henry devant une nouvelle interruption. « Et oui, de la cocaïne. Je suis parti dès que j'ai vu ça. J'ai pris le bus pour rentrer et c'est là où je t'ai trouvée avec Regina en train de…enfin tu vois. Et au collège cette semaine Pete a commencé à se foutre de moi en me traitant de chochotte qui sait pas s'amuser. Il a continué à me chercher et au bout d'un moment, il m'a trouvé. Je suppose que Mademoiselle Bell t'a dit ce qui s'est passé dans la cour. »

« Oui, elle en a parlé, » dit Emma.

« Pete m'a dit qu'il voulait plus que je vienne à sa fête si j'avais pas l'intention de m'amuser. Et s'amuser pour lui, ça veut dire prendre de la drogue. Je lui ai dit que je voulais plus avoir affaire à un toxico comme lui de toute façon. Il m'a dit de grandir un peu et d'arrêter d'être une poule mouillée et de me servir de mon père mort pour attirer l'attention et alors…Mademoiselle Bell est arrivée alors il s'est rien passé mais j'étais tellement énervé que j'ai failli le frapper. »

« Tu es allé où hier soir si tu n'es pas allé à la fête ? » demanda Emma.

« Chez Nick, » répondit Henry. « Lui et Ava sont contre la drogue aussi et ils voulaient pas aller chez Pete. Nick m'a envoyé un message pour m'inviter chez lui. J'y suis allé. Je suis désolé de pas t'avoir laissé de mot. Je voulais pas te faire peur mais tu sais, j'aurai quinze ans dans deux semaines. Je suis assez grand pour m'occuper de moi. »

« Je sais, » dit Emma. « Mais tu dois quand même me dire où tu vas. Surtout maintenant que je sais que la plupart de tes amis prennent de la drogue. »

« Maman, tu peux rien dire. On doit pas savoir que tu es au courant, » implora Henry.

« Enfin, Henry, tu sais bien que je n'ai pas le choix. Mr Gold doit savoir qu'un élève de 3ème a organisé une fête avec de la drogue. Mr Panner est au courant ? Je lui ai parlé ce matin et ça n'a pas eu l'air de l'inquiéter le moins du monde que tu aies disparu. »

« T'as appelé le père de Pete ? Oh non, t'as pas fait ça ! » gémit Henry.

« On était inquiètes pour toi ! » se justifia Emma. « Et on avait raison. »

« Je vais bien, tu vois, » dit Henry en tendant les bras pour prouver qu'il n'était pas blessé.

« Je sais, » dit Emma en se laissant retomber sur le dossier du canapé. « Et je suis fière de toi. »

« Pourquoi ? »

« Pour avoir dit non à la drogue et ne pas avoir cédé à la pression, » répondit Emma.

« Papa m'a toujours dit à quel point tu détestais ça et je voulais pas le décevoir, » répondit Henry.

« Il serait très fier de toi s'il était là, » dit Emma.

« Je voudrais qu'il soit encore là. »

« Moi aussi, mon grand, moi aussi. »

En entendant cela, Regina s'éloigna de la porte et retourna dans la cuisine pour continuer à préparer le petit déjeuner.

« Salut. »

« Bonjour, Henry, » dit Regina, qui se retourna pour adresser un sourire à l'adolescent lorsqu'il entra dans la cuisine dix minutes plus tard. « Tu as faim ? »

Henry hocha la tête et s'assit à table juste au moment où Emma entrait dans la pièce. Regina leva un sourcil interrogateur à l'adresse de la blonde qui secoua subtilement la tête.

« Thé ou café ? » demanda Regina comme si de rien n'était.

« Thé, s'il te plait, » répondit Emma. « Tu en veux aussi, Henry ? »

« Non, merci, » répondit Henry sans lever les yeux de son portable. « La vache, Maman, tu m'as appelé cinq fois en même pas trois minutes ! »

« On était paniquées, » se défendit Emma. « Et pourquoi tu n'as pas répondu ? »

« J'étais sur le chemin pour rentrer et mon téléphone était en silencieux, » dit Henry.

« Mais tu es en permanence scotché à ce maudit truc !, » soupira Emma. « Pourquoi est-ce que chaque fois que tu n'y as pas accès, c'est justement quand je suis morte d'inquiétude pour toi ? »

« T'avais pas à t'inquiéter, j'allais bien. »

« Emma, » dit Regina au moment où la blonde ouvrait la bouche pour répondre, » s'il te plait, tu peux surveiller le bacon ? »

La diversion n'était pas très subtile mais Emma obéit, ce qui eut pour effet de stopper la dispute, et cinq minutes plus tard, ils étaient assis autour de la table et prenaient leur petit déjeuner. Le silence ambiant n'était pas vraiment désagréable mais il n'était certainement pas confortable.

« Je crois que je vais rentrer chez moi, maintenant, » dit Regina en terminant son assiette avant de la déposer dans l'évier.

« Tu en es sûre ? Je pensais qu'on aurait pu faire quelque chose cet après-midi, » dit Emma.

« J'ai des choses à faire dans la maison, » inventa Regina. « Des petits travaux, surtout. Honnêtement, ça fait des jours que je remets ça à plus tard, mais comme il pleut, je vais en profiter pour m'y mettre.

« D'accord, » répondit Emma. « Je te raccompagne. »

Elles quittèrent la cuisine en silence et ne parlèrent qu'une fois arrivées sous le porche.

« Tu as… »

« J'ai tout entendu, oui, » acquiesça Regina. « Désolée. »

« Ne le sois pas. Ça m'évite d'avoir à me répéter. Mais qu'est-ce que je fais, maintenant ? » demanda Emma.

« Eh bien, pour commencer, je crois que tu devrais remercier ta bonne étoile d'avoir un fils assez intelligent et mature pour savoir dire non à la drogue et ne pas céder à la pression. Et ensuite, je n'en ai aucune idée. C'est toi la mère ici, tu te rappelles ? »

Emma gémit. « Je regarderai sur Google plus tard. Je trouverai sûrement des conseils sur Magicmamans. »

Regina gloussa. « Bonne chance. »

« Merci, passe une bonne journée. »

« Toi aussi, » dit Regina, qui se pencha pour embrasser tendrement Emma. Les bras qui l'enlacèrent la firent rester un peu plus longtemps que prévu, mais elle ne s'en plaignit pas.

« Je te vois demain, » dit Emma quand elles se séparèrent.

« J'ai hâte d'y être. Je t'aime, » dit Regina.

Emma rayonnait, son cœur ratant un battement en entendant ces mots sortir de si jolies lèvres. « Je t'aime aussi. »


Google ne fut pas d'une grande aide, pas plus que Magicmamans. Emma referma son ordinateur portable et termina sa troisième tasse de thé. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas foi en ses aptitudes parentales, c'était juste qu'elle avait encore besoin de s'adapter à la vie de mère célibataire. Et avec Henry qui affrontait clairement les affres de l'adolescence, Emma se retrouva à souhaiter le soutien de Neal presque autant qu'elle souhaitait qu'il ait vaincu le cancer. Lui, il aurait su quoi faire, quoi dire, comment aider Henry bien mieux qu'elle. Après tout, il avait été un jeune garçon, lui aussi. Même si elle et Regina avaient affaire à des centaines d'ados chargés d'hormones chaque jour, ça ne voulait pas dire qu'elles comprenaient réellement ce qu'ils traversaient. En plus, si Henry découvrait que Regina s'impliquait d'une quelconque manière dans son éducation, il exploserait sans aucun doute.

Lorsqu'Emma retourna dans le salon en fin d'après-midi, Henry finissait ses devoirs, tout en envoyant des messages et en regardant la télévision.

« Ça ne sert à rien de faire plusieurs choses à la fois. C'est le meilleur moyen de ne rien faire correctement. »

« Si tu le dis, » dit Henry qui continuait à griffonner la conclusion de son devoir d'anglais.

Ils restèrent silencieux jusqu'à ce qu'Henry ne pose son stylo avec joie, tout en repoussant son livre d'exercices.

« Si on parlait de demain ? » demanda Emma quand Henry s'écroula à nouveau sur les coussins du canapé.

« Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe demain ? » demanda Henry.

« Eh bien, déjà le collège, où tu seras à proximité d'un certain nombre de garçons avec qui tu ne t'entends pas spécialement bien en ce moment. Et je vais devoir parler à Mr Gold de la fête de Peter, » répondit Emma.

« Génial, » soupira Henry, pince-sans-rire. « Donc d'ici le déjeuner tout le monde va me traiter de cafteur. »

« Est-ce que Peter a découvert que c'est moi qui ai dit au principal qu'il vendait des DVD pornos ? Henry secoua la tête. « C'est bien ce qui me semblait. Je sais ce que je fais, Henry. Et par rapport à ces garçons, je trouve que c'est plutôt bien qu'ils aient un an de plus que toi. Au moins, tu n'auras pas à les voir en cours. Le seul qui est dans ta classe, c'est Nick et il a dit non lui aussi. »

« Alors, de quoi on doit parler ? »

« Je veux juste que tu évites tout contact avec ces garçons pendant les intercours et à l'heure du déjeuner, d'accord ? »

« Pas besoin de me le dire deux fois, » grogna Henry.

« Bien, » répondit Emma. « Parce que je ne veux pas que tu sois impliqué dans une bagarre. Je suis peut-être prof dans cette école, mais Mr Gold applique la tolérance zéro pour la violence et tu n'aurais aucun passe-droit si quelque chose arrivait. »

« Je sais, » soupira Henry. « Nick, Ava et moi, on a déjà décidé de rester loin d'eux. »

« Ava ? » dit Emma sans réfléchir.

« Je veux dire, j'en ai parlé avec Nick, » dit Henry en rougissant.

Emma se mordit la lèvre pour s'empêcher de sourire. Il était clair que son fils avait un autre secret pour elle, mais plutôt que de lui tirer les vers du nez, elle se contenta de poser une main sur sa cuisse avant de quitter la pièce pour préparer le diner.


Le lendemain, Emma passa la plus grande partie de son heure de libre dans le bureau de Mr Gold. En sortant de la pièce, elle s'appuya contre le mur et prit une profonde inspiration. Elle savait qu'elle avait fait son devoir, qu'elle devait parler à son supérieur de la consommation importante de drogue dans leur établissement. Mais elle ignorait les répercussions que cette révélation aurait sur son fils. Mr Gold n'avait pas été surpris d'apprendre que Peter Panner était impliqué, et il avait aussi une bonne idée de qui étaient les garçons qui avaient vendu du cannabis et de la cocaïne aux plus jeunes. Le principal avait assuré à Emma qu'il s'occuperait de ce problème immédiatement et que ni son nom, ni celui d'Henry, ne seraient mentionnés.

Le trajet du retour se fit en silence, Henry gardant les yeux rivés sur son portable, envoyant des messages et surfant sur Facebook, jusqu'à ce qu'ils se garent devant la maison. Il sortit rapidement de la voiture et monta dans sa chambre. Emma commença à préparer le diner et appela Regina, laissant son plat mijoter.

« Hey, » répondit joyeusement sa compagne.

« Henry ne me parlera plus jamais, » dit Emma en se servant un verre de vin.

« Eh bien, tu viens juste d'aller dire au principal que ses anciens copains consommaient de la drogue, » lui rappela Regina.

« Mais je… »

« Tu devais le faire, je sais, » assura Regina. « Mais dans l'esprit d'Henry, ton rôle de prof a outrepassé ton rôle de mère. »

« Mais en tant que mère je veux aussi le protéger et l'éloigner de la drogue, » se défendit Emma en remuant son diner.

« Je le sais, » affirma Regina. « Mais en tant que prof, tu te trouves en bien meilleure position pour porter ça à l'attention du collège. »

« Dis-moi, est-ce que tu crois que j'ai eu raison ? »

« Oui, » dit Regina. « Absolument. J'aurais fait la même chose. Mais tu peux comprendre qu'Henry soit fâché que tu l'aies fait. Et puis, c'est un ado. Même si tu n'étais pas intervenue dans cette situation, c'est son job de se rebeller le plus possible contre sa mère, pas vrai ? »

« Je suppose, » soupira Emma, en éteignant le gaz avant de sortir des assiettes. « J'espère juste que sa période grognon ne va pas durer trop longtemps. La maison est triste quand on ne se parle pas. »

« Ca va passer, » la rassura Regina. « Laisse-lui juste un peu de temps. »

« Tu serais une mère géniale, tu le sais, ça ? » dit Emma.

Il y eut un long silence.

« Regina ? » dit Emma, son cœur s'accélérant lorsqu'elle réalisa qu'elle avait clairement touché un point sensible.

« Désolée, » murmura Regina. « C'est juste que je… je n'aime pas penser à ça. »

« A quoi ? » demanda Emma, souhaitant désespérément se trouver au même endroit que Regina pour pouvoir avoir cette conversation face à face.

« Robin n'a jamais voulu d'enfant, » expliqua Regina. « Je suis tombée enceinte une fois, il y a quelques années, et il a insisté pour que j'avorte. Il disait que si j'avais un enfant je ne lui accorderais plus assez d'attention. Après ça il m'a forcée à prendre des pilules contraceptives très fortes pour être sûr que ça n'arriverait plus jamais. Elles ont fait des ravages sur mes hormones. Mes cycles sont devenus très irréguliers et j'avais des crampes si douloureuses que je passais des journées entières au lit. C'a été un tel soulagement quand j'ai arrêté de les prendre en septembre, mais je crois que mon corps récupère toujours d'avoir été empoisonné avec des produits chimiques pendant des années. Quand j'étais plus jeune, j'ai toujours pensé que je serais mère un jour, j'ai toujours voulu l'être, mais je crois que c'est trop tard maintenant et enfin, tu es une femme alors… »

« Tu serais une merveilleuse mère, » dit Emma, le cœur serré en apprenant que son ex-mari avait encore trouvé une autre façon de briser la vie et les rêves de Regina. « Et je sais qu'il est bien trop tôt dans notre relation pour parler de ça mais si jamais tu envisageais une FIV, une mère porteuse ou une adoption à l'avenir, je te soutiendrais, quoi que tu choisisses. »

« Merci, » dit Regina, la voix légèrement plus faible que d'habitude. Emma comprit qu'elle pleurait.

« De rien. Je veux que tu sois heureuse, Regina. »

« C'est toi qui me rends heureuse, » répondit la brune.

« Quand est-ce qu'on est devenues un de ces couples mielleux que j'avais l'habitude de détester ? » demanda Emma en riant.

« A peu près à l'époque où on est tombées amoureuses, je suppose, » dit Regina, la voix un peu plus joyeuse.

« Et c'est vrai que je t'aime, mais je dois te laisser. Le diner est prêt et je veux qu'Henry descende manger avec moi. Je vais essayer d'avoir une conversation avec lui. Mais on se voit demain. »

« Bien sûr, passe une bonne soirée mon amour, » dit Regina.

« Toi aussi. Et une bonne nuit, » répondit Emma avant de raccrocher le téléphone et d'appeler son fils pour diner.

Voilà, j'espère que ça vous a plu, merci d'avance pour vos commentaires, vous êtes top! Bon week-end et à lundi!