Coucou, j'espère que vous allez bien en cette veille de week-end. Moi j'ai eu mon épisode de Why women kill hier donc je suis contente lol. Ca devient de plus en plus intéressant, et Lana est géniale, enfin, c'est Lana, quoi! Bon sans plus attendre, retour à la fic, comment va réagir Emma suite à l'annonce de la grossesse de Regina? Bonne lecture!

Chapitre 26 Panique à bord

Il y eut un long silence. Regina attendit, retenant sa respiration.

« Quoi ? » répondit Emma à voix basse au bout d'au moins trente secondes.

« Le médecin a appelé avec mes résultats, » dit Regina. « Je suis enceinte. »

Il y eut une autre longue pause.

« Je…euh, je sais pas quoi dire, » dit finalement Emma.

« Moi non plus, » admit Regina. Elle ne savait plus quoi penser, encore moins quoi dire, depuis que le médecin lui avait annoncé la nouvelle. La seule conclusion à laquelle elle était arrivée, c'était qu'il fallait qu'elle en parle à Emma.

« Est-ce que je peux… je peux te rappeler ? » dit Emma. « Henry m'appelle et je dois voir s'il va bien. »

« Bien sûr. Je serai… »

Regina cessa de parler lorsqu'elle entendit un clic. Fronçant les sourcils, elle éloigna le téléphone de son oreille et fixa les lettres blanches, choquée. « Appel terminé ». Emma venait de raccrocher.

Et maintenant quoi ? Au moment où Regina avait appris sa grossesse, elle s'était laissée tomber sur le canapé, hébétée. Cela lui avait pris plus d'une heure pour digérer lentement l'information. Digérer, mais pas accepter. Aussitôt que son cerveau avait finalement enregistré qu'elle était enceinte, Regina avait immédiatement appelé sa compagne. Elle voulait, non, elle avait besoin de lui parler. Elle n'était pas surprise qu'Emma ne sache pas quoi dire à l'annonce de la nouvelle, tout comme elle-même n'avait pas su quoi dire au médecin, qui lui avait demandé si elle allait bien quand elle avait gardé le silence avant la fin de son appel.

Emma avait juste besoin de temps, c'était tout. Elle avait besoin de temps pour s'y faire, pour comprendre, et ensuite elle rappellerait Regina et tout irait bien. Elles allaient en parler et elles trouveraient un moyen d'avancer. Ensemble.

Mais lorsque Regina se glissa finalement dans son lit à presque minuit, son portable était resté silencieux. Aucun message, aucun rappel, rien. Ses doigts avaient frôlé son clavier une douzaine de fois, tant elle voulait contacter Emma. Mais elle ne l'avait pas fait. Emma l'appellerait quand elle serait prête et Regina ne voulait pas la brusquer. La brune mit longtemps à s'endormir cette nuit-là, une main reposant inconsciemment sur son ventre toujours plat.


Quatre jours. C'était le temps qui s'était écoulé depuis la dernière fois où Regina avait parlé à Emma. La seule chose qu'elle avait reçue de la jeune femme était un message, le lendemain de leur appel téléphonique écourté.

Je crois qu'il faudra qu'on en parle quand je rentrerai. On est très occupés ici. On se voit dimanche.

Regina avait immédiatement répondu. Elle se fichait qu'Emma sache à quel point elle avait besoin d'elle ou de ce qui en découlerait.

Emma, j'ai besoin d'en parler maintenant. S'il te plait, je panique complètement, moi aussi, crois-moi. Je ne peux pas attendre si longtemps pour te parler.

Il n'y avait pas eu de réponse.

Regina avait passé les jours suivants à jardiner, à lire, et à nettoyer chaque centimètre de son cottage. Ses soirées solitaires devant la télévision ou le nez dans un livre lui parurent des siècles tandis qu'elle attendait que le dimanche arrive. Malgré tout ce qu'elle faisait pour s'occuper, elle était incapable de sortir de son esprit la nouvelle colossale qui allait bouleverser sa vie. Elle y pensait à chaque seconde de chaque jour, ses émotions dansant dans sa tête dans une totale confusion. Mais il y avait une émotion qu'elle était sûre de ressentir. La colère.

Elle était surtout en colère contre Emma, mais également contre elle-même. Elle s'en voulait d'attendre si désespérément le retour de sa compagne. D'une certaine manière cela semblait pathétique qu'elle ait à ce point besoin d'Emma, de son opinion et de ses conseils sur la situation. Mais c'était le cas. Elle avait besoin d'Emma. Elle aurait toujours besoin d'Emma. Alors elle attendit, essayant de toutes ses forces de ne pas penser à la vie qui grandissait en elle, de ne pas penser à son futur bébé. Mais c'était peine perdue, et les cauchemars revinrent envahir ses nuits blanches, encore plus forts qu'avant.


Regina somnolait sur le canapé le samedi soir lorsque son téléphone vibra. Dans un demi-sommeil, sans regarder qui appelait, elle passa son pouce sur l'écran pour répondre.

« Allô. »

« Salut. »

Cette voix était déjà si familière pour Regina qu'elle avait l'impression de ne pas l'avoir entendue depuis des années.

« Emma, » sursauta Regina. « Qu'est ce qui se passe ? Tu vas bien ? »

« Et toi ? » répondit Emma, ignorant les questions de sa compagne.

« Non, bien sûr que je ne vais pas bien, » dit Regina, la colère bouillonnant soudainement en elle. « J'apprends que je suis enceinte et la femme que j'aime refuse de me parler et me laisse me débrouiller toute seule avec cette situation merdique. Je ne vais vraiment, vraiment pas bien ! »

« Je suis désolée, » dit Emma.

« Tu es désolée ? » demanda Regina, incrédule. « Oui, eh bien ça ne me suffit pas. Tu es rentrée à Portland ? »

« Je suis arrivée il y a une demi-heure, » dit Emma. « Est-ce que je peux passer te voir? »

« Tu veux vraiment venir ? » répliqua Regina. « Ou alors est-ce que maintenant que je suis enceinte, tu ne veux plus rien avoir à faire avec moi ? »

« Je n'ai jamais dit ça, » se défendit Emma.

« Non, tu n'as rien dit du tout. Tu m'as juste ignorée pendant quatre maudits jours, Emma. Tu m'as laissée au moment où j'avais besoin de toi parce que…en fait je sais même pas pourquoi d'ailleurs parce que tu as juste raccroché au nez de ta compagne enceinte et tu n'as plus donné de nouvelles. Et maintenant, tu veux venir ici ? »

« Je suis désolée, » répéta Emma. « S'il te plait, Regina, je veux qu'on parle de tout ça. Est-ce que je peux venir te voir ? »

« Demain, » répliqua Regina. « Il est plus de dix heures et je suis fatiguée. Je ne crois pas que cette conversation ou dispute ou peu importe ce que c'est qui nous attend doive avoir lieu ce soir. »

« D'accord, » dit Emma. « Je viendrai à l'heure du déjeuner ? »

« Très bien, on se voit demain, » dit Regina qui raccrocha avant d'éclater en sanglots.


Emma se gara prudemment devant la maison de Regina et coupa le moteur, Elle jeta un œil à l'allée menant au cottage. Elle était exactement comme dans ses souvenirs. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle soit différente, mais depuis la dernière fois que la blonde s'était trouvée au même endroit, tout avait changé.

Emma frappa à la porte. Elle avait une clé mais elle ne trouvait pas ça approprié de l'utiliser étant donnée la situation. Elle entendit le son des talons hauts de Regina sur le parquet à mesure que celle-ci approchait et se passa rapidement les doigts dans les cheveux une dernière fois.

« Salut, » dit Emma lorsque la porte s'ouvrit sur Regina. Elle ne put s'empêcher de fixer le ventre de la jeune femme dès qu'elle la vit. Même si sa grossesse n'était pas encore visible, à l'idée que Regina portait maintenant un enfant, le cœur d'Emma se serra pour une raison qu'elle ne put pas vraiment déchiffrer.

« Bonjour, » répondit Regina, qui choisit de ne pas faire de commentaire sur la façon dont Emma la regardait, et s'écarta simplement pour la laisser entrer.

Emma entra, levant à nouveau les yeux pour suspendre son manteau à l'endroit habituel avant de suivre Regina dans la cuisine.

« J'ai fait des sandwiches, » dit la brune qui se dirigea vers le réfrigérateur. « Est ce que tu as faim ? »

« Non, » dit Emma.

Regina se stoppa alors dans son élan avant de se diriger vers la bouilloire pour la mettre en marche.

« Du thé ? »

« Oui, s'il te plait, » dit Emma.

Elles gardèrent le silence, aucune des deux n'étant sûre de ce qui allait se passer ni de comment exprimer ce qu'elles ressentaient.

« Je peux… ? » osa Emma en faisant un pas vers Regina.

La brune ne répondit pas mais son léger hochement de tête fut la seule permission dont Emma avait besoin. Elle s'empressa de prendre Regina dans ses bras, enfouissant son visage dans les doux cheveux bruns qui lui avaient tant manqué. Regina lui rendit son étreinte, son corps se relaxant sous le contact familier malgré la colère qu'elle ressentait. Elles ne se séparèrent que lorsque l'eau finit de bouillir et Regina revint sur ses pas pour préparer leurs boissons. Emma s'assit à table et l'attendit.

« Excuse-moi de pas t'avoir rappelée, » dit Emma lorsque la tasse fumante fut placée devant elle. « J'ai paniqué et je n'ai pas su gérer les choses. »

« J'étais paniquée, moi aussi, » dit Regina d'une voix calme en s'asseyant face à Emma. « Mais j'aurais pensé qu'on aurait pu gérer ça ensemble, je ne m'attendais pas à ce que tu me raccroches au nez. »

« C'est pas ce que j'ai fait de mieux, » concéda Emma. « C'est juste que je savais pas quoi dire. »

« Et tu crois que je le savais ? » rétorqua Regina, en criant presque. « Je n'avais aucune idée de ce que je devais dire, Emma. Je ne savais ni quoi penser, ni quoi ressentir, rien! Tout ce que je savais, c'était que j'avais besoin de te parler. J'avais juste besoin d'entendre ta voix, d'être à nouveau proche de toi, de me sentir rassurée et soutenue. Et tu m'as laissée tomber. Tu m'as laissée gérer ça toute seule. »

« Je n'ai jamais voulu te laisser seule, » dit Emma. « Je t'ai dit que je serais toujours là pour toi et… »

« Eh bien, tu as une drôle de façon de me le montrer, » dit froidement Regina, en se levant pour s'appuyer contre la cuisinière, les bras croisés.

« Je mérite ta réaction, » soupira Emma. « Je sais bien que j'ai complètement merdé. J'ai fait comme d'habitude, j'ai fui. Je n'ai jamais affronté mes problèmes quand j'étais jeune. Je mettais la tête dans le sable en espérant que ça s'arrangerait tout seul. »

« Mais ça n'est pas ton problème, » argua Regina. « C'est le mien et j'avais besoin de ton soutien parce que moi, je ne fuis pas. Tu m'as abandonnée quand j'avais le plus besoin de toi. »

« Je ne t'ai jamais abandonnée, » protesta Emma, qui se leva aussi.

« C'est ce que j'ai ressenti, » dit Regina, les yeux brillants de larmes. « Quatre jours, Emma. Quatre jours, bon sang! »

« Je suis là maintenant, » dit Emma, qui traversa la pièce pour se tenir face à sa compagne. « Je suis tellement désolée de t'avoir fait ça Regina, mais j'avais besoin de temps pour digérer la nouvelle. »

« Seule ? »

« Oui, » affirma Emma. « Je pensais que je n'arriverais pas à te soutenir comme tu en avais besoin si je n'avais pas encaissé le choc de mon côté. »

« On aurait pu l'encaisser ensemble. On aurait pu s'inquiéter ensemble, Emma. Est-ce n'est pas ce qu'un couple est censé faire ? »

« Alors, pourquoi est-ce que tu ne me dis pas ce qui t'inquiète et ensuite je ferai la même chose, » suggéra Emma, qui guida Regina vers la table où elles se rassirent toutes les deux.

« Toi d'abord, » répondit Regina.

« D'accord, » acquiesça Emma, qui prit une profonde inspiration. « Tu es enceinte. »

« Et ? » l'encouragea la brune.

« Et je sais que tu as toujours voulu des enfants, et que dans n'importe quelle autre situation, on aurait fêté ça… » Emma s'arrêta à nouveau.

« Mais… »

« Mais il t'a violée ! » cria Emma en tapant lourdement du point sur la table, renversant du thé sur le bois. « Il t'a violée, Regina. Et maintenant, tu portes son bébé. Tu es enceinte d'un violeur, qui a abusé de toi. Et je me fous complètement que vous ayez été mariés avant parce que quand ce bébé a été conçu, c'était un viol. Tu n'étais même pas consciente bordel de merde ! Et maintenant, qu'est-ce que je suis censée ressentir ? Et toi, qu'est-ce que tu es censée ressentir ? Et Robin ? Si c'est lui le père, est-ce que ça veut dire qu'il pourrait nous enlever le bébé ? Bon sang, qu'est-ce qu'on est censées faire à propos du fait que le père de ce bébé soit un violeur et un kidnappeur ? Et…pourquoi tu souris ? »

« On ? Nous ? » dit Regina, les yeux brillants de larmes, mais ses lèvres affichant maintenant leur premier sourire sincère de toute la semaine.

« Ouais, » dit Emma en hochant la tête, les sourcils froncés. Elle se demandait pourquoi Regina souriait toujours alors que c'était la dernière chose dont elle-même avait envie.

« Alors tu vas rester avec moi ? » demanda Regina.

« Hein ? Mais bien sûr que oui ! » s'écria Emma, qui s'approcha pour prendre les mains de Regina. « Mon amour, si je ne t'ai pas appelée, ce n'était pas parce que je voulais te quitter, tu rigoles ! C'est juste que j'étais tellement perdue et en colère contre…lui, et j'ai préféré ne pas te parler tant que je n'avais pas digéré la chose. Crois-moi, ce que je viens de dire n'est qu'une version censurée de ce que je ressentais mardi, mais je me rends compte à quel point j'ai mal réagi en te laissant te demander ce qui se passait pendant si longtemps. Alors, je te le dis maintenant : quoi que tu décides, je suis avec toi, Regina. Je t'aime, tu te rappelles ? »

Les larmes coulèrent pour de bon alors qu'une vague de soulagement et d'espoir envahissait la brune. Tout allait bien se passer. Cette chose désordonnée, tordue et confuse qu'était devenue sa vie allait s'arranger parce qu'elle avait Emma. La blonde rejoignit l'autre côté de la table pour serrer Regina dans ses bras, les deux femmes pleurant, étroitement enlacées. Lorsque les larmes se calmèrent finalement, elles se dirigèrent en silence vers le salon, leurs tasses de thé à la main.

« Alors, dis-moi ce qui t'angoisse ? » demanda Emma qui s'installa sur le canapé face à Regina, dans la même position.

« La même chose que toi, » répondit-elle. « Je suis enceinte et le père est un violeur qui est en prison pour m'avoir kidnappée et avoir abusé de moi et je ne sais pas quoi ressentir, ni quoi penser et je ne sais pas si c'est à cause des hormones ou parce que chaque fois que je pense à ce bébé, je pense à…lui. »

Emma hocha la tête, attendant la suite.

« Mes cauchemars sont revenus, » admit Regina. « Sauf que maintenant, je suis consciente quand il me viole. Je le sens entrer de force en moi et ensuite… »

Regina ne fut pas capable de le verbaliser. Elle ne voulait pas qu'Emma la voie de cette façon-là. Ses mauvais rêves n'étaient peut-être pas réels mais elles savaient toutes les deux que les souvenirs que son esprit avait utilisés pour créer ces images l'étaient.

« Tu as réfléchi à ce que tu veux faire ? »

« Tu veux dire avorter ? » demanda Regina.

« Oui, » acquiesça Emma.

« Tu crois que je dois avorter ? »

« Je crois que tu dois faire ce qui est le mieux pour toi, » répondit Emma.

« J'y ai pensé, » dit Regina. « Je n'aurais jamais cru être le genre de personne à vouloir avorter mais j'y ai réfléchi. Je veux dire, je n'en suis qu'à deux mois alors ça ne serait pas si grave, si ? En plus, j'ai déjà avorté une fois, tu sais, quand Robin a voulu que je me débarrasse du bébé. Je pourrais le refaire, pas vrai ? »

Emma ne répondit pas, ne sachant pas quelle était la bonne chose à dire.

« Mais c'est quand même une personne, non ? Un être humain. Ce n'est pas sa faute si son père est quelqu'un de mauvais. Il n'est pas responsable de la façon dont il a été conçu, alors pourquoi le punir ? Et ce n'est pas que l'ADN de Robin, la moitié vient de moi aussi. J'ai…j'ai un bébé qui grandit en moi. Mon bébé. »

La main de Regina se posa sur son ventre et Emma put voir ses doigts le caresser doucement à travers son pull.

« Je ne peux pas, Emma, » dit Regina, ses yeux chocolat embués de larmes tandis qu'elle regardait sa compagne. « Je ne peux pas avorter. Je refuse de faire ça à mon bébé. »

« D'accord, » dit Emma, qui tendit le bras pour essuyer une larme sur la joue de Regina. « Et… »

« Pas d'adoption, » l'interrompit Regina. « Pas après ce que tu as vécu. Je ne fais pas confiance au système. »

« Alors…quelle option est-ce que ça nous laisse ? » demanda Emma.

« Je vais garder ce bébé, Emma. Je sais que ça sera dur et que j'aurais un tas d'émotions et de problèmes à gérer. Mais je vais avoir un bébé. Mon bébé. C'est peut-être Robin le géniteur mais il n'aura jamais rien à voir avec lui. Si ça ne tient qu'à moi il ne saura même pas qu'il existe. J'ai toujours voulu être mère et je sais que ça n'était pas prévu, mais je vais le faire, je peux le faire. »

« Tu peux et tu seras une merveilleuse mère, » dit Emma.

« Et tu m'aideras ? » demanda Regina.

« Quoi ? » demanda Emma, les yeux écarquillés.

« Tu…tu as déjà fait ça, non ? Avec Henry, » dit Regina, un sourcil levé devant la réaction d'Emma. « Tu pourras me donner des conseils. »

« Ah, oui, » assura Emma, son visage se relaxant visiblement.

« Tu as…tu as cru que je te demandais de l'élever avec moi ? »

« Euh… en quelque sorte, » admit Emma.

« Oh, chérie. Je sais qu'on est amoureuses et qu'on a une relation mais ça ne fait que quelques semaines qu'on sort ensemble. Je ne peux pas te demander plus que ton soutien en tant que compagne, mais pas d'élever l'enfant de mon violeur, » lui assura Regina.

« Non, je veux dire, c'est pas que je voudrais pas. C'est plus que, comme tu dis, on n'est ensemble que depuis quelques semaines et…je dois encore m'habituer au fait que dans sept mois tu vas avoir un bébé. »

« C'est vrai, » acquiesça Regina. « Je sais que c'est beaucoup à gérer, et si tu n'es pas… »

« Stop, » dit Emma. « Je n'ai jamais dit que je ne resterais pas avec toi. Je suis là, Regina. Je te soutiendrai pour tout ce que tu voudras. Je t'aime et je veux que tu sois heureuse. C'est la seule chose qui m'importe. Mais je peux pas faire comme si ça ne changeait rien, ce serait faux. Et il va falloir que j'apprenne à gérer mes émotions vis-à-vis de ton…donneur aussi. »

« Tu ne crois pas que tu devrais parler à Archie ? On pourrait y aller ensemble ? » suggéra Regina.

« J'ai horreur des psys, » répondit Emma.

« Mais tu sais à quel point il m'a aidée. Je crois…je crois que ça serait positif. »

« Tu me laisses y réfléchir ? » demanda Emma. « Ça fait beaucoup de nouvelles infos et j'ai besoin de temps pour me faire à tout ça et pour pouvoir comprendre exactement en quoi un psy pourrait m'aider. »

« Bien sûr, » dit Regina. « Est-ce qu'Henry est déjà au courant ? »

« Non ! » s'exclama Emma. « Je l'ai dit à personne. Tu n'en es qu'à deux mois et j'ai pensé que tu ne voudrais pas en parler pour l'instant. »

« Ça sera évident dans deux mois de toute façon, » répondit Regina. « Et je serai une fois de plus le sujet principal des commérages à l'école. »

« Oui, mais cette fois-ci, je serai à tes côtés, » dit Emma.

« Avant aussi, tu l'étais, » dit Regina, les sourcils froncés. « À moins que… »

« Oui, je voudrais que les gens soient au courant pour nous. Je crois qu'il est temps de leur dire. En plus, ça m'étonnerait que Mary Margaret puisse garder le secret encore longtemps. Deux semaines, c'est déjà pas mal, pour elle. »

Regina gloussa. « C'est vrai. »

« Ça te va que les gens soient au courant ? »

« Oui, » acquiesça Regina. « Je serai fière de te présenter comme ma compagne à nos collègues et amis. Il faudra juste gérer la réaction des enfants mais franchement, je crois que ce sera du gâteau comparé à tout ce par quoi on est déjà passées, et le chemin qui nous reste. »

« Tu as dit que tes cauchemars étaient revenus, tu veux dormir chez nous ce soir ? Je sais que tu dors mieux quand tu es avec quelqu'un, » proposa Emma.

« Je dors mieux quand je suis avec toi, » corrigea Regina. « Et oui, j'aimerais bien, s'il te plait. Mais et Henry ? »

« Tu lui as manqué aussi. Pas autant qu'à moi, bien sûr, mais il sera content de te voir. Mais je crois que ne devrait pas lui parler de ta grossesse. Au moins, pas avant ton deuxième trimestre. »

« Je suis d'accord, » dit Regina. « Et vous m'avez manqué aussi. »

« Je suis désolée, mon coeur. De pas t'avoir appelée, » dit Emma. « Je…je voulais le faire. J'avais envie d'entendre ta voix mais j'étais si confuse et en colère contre lui que je pouvais même pas supporter d'en parler. Je savais qu'il me fallait du temps mais maintenant que je le dis, c'était si égoïste. Je veux dire, c'est pas moi qui me suis faite violer et qui est tombée enceinte, j'aurais juste dû être là pour toi. Pardonne-moi, Regina. »

« Je te pardonne, » dit Regina. « Mais j'étais tellement en colère contre toi. Je ne comprenais pas ce qui se passait quand tu ne m'as plus donné signe de vie. J'ai cru que tu ne voulais plus de moi et que tu allais me laisser toute seule pour gérer ce bébé. Mais maintenant, je comprends plus ou moins ce que tu as fait et pourquoi. Ça m'a blessée, et je pense que j'aurai encore mal pendant un moment, mais je comprends. »

« Je t'aime, » dit Emma, qui s'approcha pour embrasser Regina pour la première fois depuis dix jours.

Leurs lèvres s'unirent comme si elles ne s'étaient jamais séparées, leurs langues se caressant tendrement tandis que leurs mains s'emmêlèrent dans leurs cheveux, et bientôt le corps de Regina fut couché sur celui d'Emma, leurs poitrines serrées l'une contre l'autre. Avant que les choses ne dérapent, Regina s'écarta.

« Est-ce que tu as faim ? »

« C'est un euphémisme ? » demanda Emma en levant un sourcil.

Regina éclata de rire. « C'est possible mais j'ai juste senti ton estomac gargouiller et je suggère qu'on aille manger ces sandwiches que j'ai faits avant de passer le reste de l'après-midi dans mon lit. »

« Je meurs de faim, » admit Emma. « Avant j'étais trop stressée pour manger, mais maintenant je pourrais manger un cheval. »

« Je ne pourrais jamais manger de cheval, » dit Regina en se levant.

« Je voulais pas dire littéralement, » se défendit Emma.

« Je sais, » dit Regina en se dirigeant vers la cuisine. « J'ai déjà entendu cette expression mais ça m'a juste traversé l'esprit. Je veux dire, en France les gens mangent du cheval, n'est-ce pas ? Mais même si ça devenait culturellement acceptable aux Etats Unis, je crois que je ne pourrais jamais en manger. »

« Moi non plus, » dit Emma. « Ce serait comme de manger Seabiscuit. »

« Mais tu vas manger Babe ? » demanda Regina en plaçant un sandwich bacon-tomates-laitue devant la blonde.

« Ouais, » acquiesça Emma, qui prit son sandwich et y mordit à pleines dents comme pour prouver ses dires. « Désolée mais même si ce petit gars était adorable, j'aime trop le bacon et les saucisses pour m'en priver. »

« Je suis d'accord, » dit Regina en entamant son propre sandwich.

Elles mangèrent dans un silence confortable, toutes deux heureuses de la conversation qu'elles avaient eue plus tôt.

« Tout va bien se passer, n'est-ce pas ? » demanda doucement Regina.

« Honnêtement, je sais pas, » répondit Emma. « Je veux que tout se passe bien. Pour toi et pour le bébé. Mais je sais que ça ne sera pas facile, une grossesse est loin d'être une promenade de santé et les circonstances ne sont pas exactement idéales. »

« Mais on y arrivera, pas vrai ? »

« Oui, ensemble, » dit Emma avec un tendre sourire. « Peu importe ce qui se passera, on est ensemble, Regina. Je t'aime. »

« Je t'aime aussi. Et je crois que j'aime déjà ce bébé. »

Eh ben, elles ont eu chaud, non? J'en profite aussi pour vous partager le lien du trailer de cette fic que l'auteure de la version originale a mis sur Youtube, je le trouvais vraiment super bien fait surtout avec le peu d'images SQ qu'on a. Je ne vous l'ai pas mis plus tôt pour ne pas vous spoiler la fic, mais là c'est bon, vous avez déjà lu tout ce qu'il y a dans le trailer donc enjoy et à lundi! :)

watch?v=8mS8kTzdXc4

PS Je viens de tester comme il ne me laisse pas mettre le lien direct, copiez/collez ce lien et c'est la première video qui apparait sur Google, Troubled Teachers Emma & Regina SwanQueen UK. Voilà :)