Coucou, j'espère que vous allez bien et que vous avez bien profité de votre week-end. Merci encore de vos reviews, ça me fait vraiment plaisir! Voici donc le nouveau chapitre, bonne lecture!
Chapitre 27 Séances de thérapie
Elles décidèrent de ne pas faire d'annonce officielle devant tout le personnel concernant leur relation. Au lieu de ça, lorsqu'Emma et Regina arrivèrent le lundi matin, elles passèrent simplement la porte du collège main dans la main. Et quand Regina sortit de la salle des professeurs pour surveiller la cour, Emma l'embrassa tendrement sur les lèvres devant leurs collègues, La nouvelle circula à partir de là et les deux femmes furent agréablement surprises de la réaction des gens. Au vingt-et-unième siècle, le fait que deux femmes sortent ensemble devait être considéré comme quelque chose de normal, et au collège de Storybrooke, ce fut le cas. Plusieurs collègues vinrent les féliciter, leur disant qu'elles formaient un très beau couple. Même Sebastian vint trouver Emma pour lui dire qu'il était heureux pour elle.
Les élèves aussi l'acceptèrent sans difficulté. Quelques-uns des plus turbulents demandèrent à Emma ou à Regina si c'était vrai qu'elles sortaient ensemble, mais une fois que les rumeurs furent confirmées, les enfants réagirent de façon positive avant de se remettre au travail.
Lorsqu'Emma et Regina se retrouvèrent pour le déjeuner, elles affichaient toutes les deux un sourire rayonnant après la manière dont tout le monde avait réagi. Elles se disaient que ça n'aurait pas dû les surprendre en sachant que Ruby et Elsa avaient dévoilé leur relation après le jour de l'an et qu'aucune des deux n'avait reçu de commentaire désobligeant. Mais il n'empêchait qu'elles étaient heureuses de voir que leurs élèves et collègues étaient contents pour elles.
« Tu vas voir Archie cet après-midi ? » demanda Emma en plantant sa fourchette dans sa portion de lasagnes, le seul plat que la grand-mère de Ruby réussissait à cuisiner correctement.
« Oui, » acquiesça Regina. « Quelle façon amusante d'occuper mon heure de pause ! Heureusement que je suis à jour dans mes cours, au moins je n'aurai pas à travailler ce soir. »
« Est-ce que tu vas lui parler de...tu sais, » dit Emma en désignant le ventre de Regina.
« Oui, » dit la brune. « Je sais que c'est encore tôt mais j'ai besoin d'en parler à quelqu'un. »
« Tu peux m'en parler à moi, » répondit Emma.
« Je sais, » acquiesça Regina. « Mais tu dois gérer les mêmes émotions que moi vis-à-vis du bébé. Tu dois penser à toi comme je dois penser à moi et je ne pense pas que ce serait juste de t'obliger à porter le fardeau de mes propres conflits internes, en plus des tiens. »
« Je vais bien, » répondit Emma.
« Tu as repensé à l'idée de venir voir Archie avec moi ? » demanda Regina.
« Non, » dit Emma.
« Non tu n'y as pas repensé ou non tu ne veux pas venir ? »
« Je n'y ai pas repensé, » répondit Emma. « Je pense à toi, pas à moi. On verra ça plus tard. »
Regina soupira et se pencha au-dessus de la table pour prendre la main d'Emma. « Emma, il ne s'agit pas que de moi. Tu as toujours dû être la plus forte dans notre couple. Je sais que je peux toujours me reposer sur toi et je ne sais pas comment je m'en serais sortie sans toi ces derniers mois. Mais je sais que toi aussi tu as besoin de soutien, dans tout ça. C'est peut-être moi qui porte ce bébé mais ma grossesse va avoir un impact sur nous deux. Tu n'as pas à être toujours forte, chérie. On peut s'appuyer l'une sur l'autre. »
« Je…j'ai pas envie que tu aies à gérer mes problèmes, en plus, » dit Emma.
« C'est ce que les couples font, » lui rappela tendrement Regina. « Régler leurs problèmes comme une équipe. Ensemble. »
« D'accord, » dit Emma d'une petite voix.
« D'accord quoi ? »
« J'irai voir Archie, mais…ça te dérange pas si j'y vais seule ? Au moins au début. »
« Bien sûr que non, » dit Regina. « Tu veux que je te prenne rendez-vous quand je le verrai, tout à l'heure ? »
« Oui, » acquiesça Emma. « Je suis libre en première heure, jeudi matin. »
« Merci, » dit Regina.
« Pourquoi ? »
« Pour tout, » dit la brune. « Mais là, je te remercie de penser à toi et pas juste à moi. On doit toutes les deux parvenir à accepter notre avenir séparément pour pouvoir être capables de soutenir l'autre quand les choses se compliqueront. »
Plus tard ce jour-là, Regina frappa à la porte du bureau d'Archie Hooper pour leur rendez-vous habituel. Ils ne se voyaient plus qu'une seule fois par semaine maintenant et la brune trouvait qu'elle avait fait beaucoup de progrès depuis janvier. Ses cauchemars avaient considérablement diminué et elle arrivait assez bien à gérer les blessures émotionnelles que les années de violences physiques et de contrôle psychologique de Robin lui avaient laissées. Enfin, jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'une part de lui grandissait en elle.
Elle lâcha l'information dès qu'elle se fut assise dans le fauteuil confortable (Archie n'avait pas de canapé – trop cliché).
« Je suis enceinte. »
Archie ouvrit la bouche pour répondre mais la ferma lentement, ne sachant pas quoi dire pour la première fois de sa carrière.
« Il est de Robin, » poursuivit Regina. « Et je vais le garder. »
« D'accord, » dit calmement Archie. « Quand l'avez-vous appris ? »
« Il y a une semaine, » répondit Regina.
« Est-ce qu'Emma est au courant ? » Cela faisait maintenant plus d'un mois qu'Archie avait appris leur relation, même s'il s'était douté de quelque chose bien avant que Regina admette qu'elles étaient ensemble.
« Bien sûr. »
« Félicitations, au fait, » dit Archie.
« Pour le bébé ou pour moi et Emma ? » demanda Regina.
« Eh bien, en fait je parlais du fait que vous avez officialisé votre relation avec Emma mais, est-ce que je devrais aussi vous féliciter pour le bébé ? »
Regina haussa les épaules. « Je n'en sais rien, » admit-elle. « J'ai toujours voulu être mère. J'ai toujours cru que j'aurais eu des enfants avec Robin, et enfin, vous êtes au courant pour l'avortement. Il n'en a jamais voulu alors mon rêve ne s'est jamais réalisé. Je me suis juste résignée au fait que je n'aurais jamais d'enfants. Je suppose que je devrais voir ça comme ma seconde chance, une chance d'être mère comme j'ai toujours cru que je le serais. »
« Mais, » l'encouragea Archie lorsque Regina s'arrêta.
« Mais c'est le sien. Il a détruit ma vie de tellement de façons et je ne veux pas qu'il détruise aussi ce bébé. »
« Et comment pourrait-il faire ça ? » demanda Archie.
Regina prit une profonde inspiration avant de mettre des mots sur ce qui l'effrayait depuis presque une semaine. « Et si je ne suis pas capable de l'aimer correctement ? Et si je vois Robin à chaque fois que je le ou la regarde. Et si le souvenir de sa conception m'empêche d'être une bonne mère ? »
« Avez-vous pensé à… »
« Non, » l'interrompit Regina. « Je veux dire, oui, j'ai pensé à l'avortement. Et à l'adoption. Et je ne veux ni l'un ni l'autre. Je veux avoir ce bébé. Je le veux vraiment. Je l'aime déjà de tout mon cœur. »
« Alors, pourquoi êtes-vous si inquiète si vos sentiments maternels sont aussi forts ? » demanda Archie.
« Parce que je l'entends, au fond de moi. Vous savez, cette petite voix, que tout le monde a dans sa tête ? Eh bien, moi, j'entends celle de Robin. Celle de Regina a disparu de mon subconscient il y a très longtemps. »
« Que vous dit cette voix ? »
« Que je serai une mauvaise mère. Que je ne mérite pas cet enfant. Qu'Emma et moi, ça ne marchera pas parce que…parce que ce bébé nous rappellera toujours Robin, » dit Regina, la voix tremblante d'émotion.
Archie posa le stylo qu'il avait utilisé pour prendre ses notes et regarda attentivement la jeune femme face à lui. Regina s'était recroquevillée sur le fauteuil, les jambes repliées sous elle et ses bras entourant ses tibias. C'était une position assez courante dans son bureau. Ses yeux étaient baissés tandis qu'elle triturait ses ongles d'un air absent. Elle semblait dans l'expectative, mais Archie n'était pas sûr de ce qu'elle attendait.
« Regina, » commença-t-il après une pause. « Robin est peut-être dans votre tête, mais Emma et ce bébé sont dans votre cœur. Ce que vous devez décider c'est qui est le plus puissant. Qui choisissez-vous d'écouter ? Je ne suis pas en train de dire que vous allez réussir à faire taire la voix de Robin. Je crois que n'y parviendrez jamais vraiment après les années que vous avez passées avec lui. Mais vous pouvez utiliser la force de votre amour, pour votre enfant et pour Emma, pour qu'elle soit moins forte et vous influence moins. C'est vrai, la moitié de l'ADN du bébé vient de Robin mais l'autre moitié vient de vous. Et…puis-je vous demander si vous avez discuté de votre avenir avec Emma ? »
« Elle veut rester avec moi, si c'est ce que vous me demandez, » répondit Regina. « On a même eu une discussion au sujet de la coparentalité mais nous pensons toutes les deux qu'il est trop tôt dans notre relation pour prendre ce genre d'engagement. Mais elle m'aidera, elle fera partie de la vie du bébé. »
« Et quel est son sentiment à l'égard du père du bébé ? » demanda Archie.
« Elle est en colère, bien sûr, » dit Regina. « Elle voudrait vous voir, d'ailleurs. Jeudi matin, si ça vous convient. »
« Vraiment ? Oui, bien sûr que je la verrai, même si je dois dire que je suis un peu surpris. »
« Eh bien, je lui ai demandé d'y réfléchir et aujourd'hui, elle a accepté. Je sais que ça va être très compliqué à gérer pour elle. C'est peut être moi qui ai subi les violences physiques mais je sais que ça l'affecte aussi. Elle essaie d'être tout le temps la plus forte, celle sur qui je puisse me reposer. Mais quelquefois, » Regina repensa aux quatre jours de silence radio, « elle a besoin de penser à elle. Je ne veux pas être égoïste et penser que je suis la seule victime. Emma a souffert elle aussi. »
« Je le pense aussi, » dit Archie. « Et je suis très heureux d'apprendre qu'Emma souhaite me parler. Elle avait l'air plutôt réticente quand je le lui ai proposé au début de l'année scolaire. »
« Elle a déjà vu beaucoup de thérapeutes après la mort de Neal, » répondit Regina. « Je comprends qu'elle n'ait pas envie de parler mais nous savons toutes les deux que si nous voulons y arriver, nous allons devoir pouvoir compter l'une sur l'autre et ça ne sera pas possible si l'une de nous est au bord d'un précipice. »
« Qu'est-ce que le précipice représente ? »
Regina prit un moment pour réfléchir, cherchant à comprendre pourquoi elle avait choisi ces mots. « Le précipice est haut et dangereux mais tant qu'on reste immobile, tout va bien. Mais si quelque chose ne va pas, si on perd l'équilibre, la perspective, la confiance, on tombera dans le vide. Je pense qu'en termes de relation amoureuse, ça peut symboliser une séparation, une division. »
« Vous avez raison, » dit Archie. « Votre couple doit avoir de solides fondations avant que le bébé arrive. Les grossesses issues d'un viol sont très dures émotionnellement mais en général, les mères arrivent à surpasser la manière dont leur enfant a été conçu. Ce serait bien que l'on parvienne à cette étape avant la naissance parce qu'à ce moment-là, de tous nouveau problèmes vont se présenter, en particulier si le bébé ressemble à son père. »
Regina frissonna.
« Je peux vous aider avec tout ça, vous et Emma, » assura Archie. « Mais j'ai aussi besoin que vous vous disiez les choses franchement, soit pendant les séances de thérapie, soit chez vous, en privé. Ne gardez pas les choses pour vous, Regina. Si quelque chose vous fait peur ou vous inquiète, vous devez en parler. C'est important, aussi bien pour Emma que pour vous et je lui dirai la même chose jeudi. »
« Merci, » dit Regina avec un faible sourire. « Elle n'est pas du genre à partager ses émotions. Je sais ce qu'elle ressent, je sais qu'elle souffre, mais elle pense qu'elle doit rester forte pour moi. Mais c'est trop pour elle. »
« Je suis heureux que vous compreniez que ça puisse affecter Emma. Cela laisse présager que vous arriverez à avancer ensemble. Et maintenant, y-a-t-il un autre sujet que vous souhaitiez aborder cette semaine ?
« Mes cauchemars sont revenus. »
Emma fut anormalement calme lorsqu'elle et Henry prirent le chemin de l'école le jeudi matin. Cependant, il ne le remarqua pas, trop occupé à écrire à ses amis au sujet d'un devoir de maths que personne n'avait compris.
« À plus, » lança Henry par-dessus son épaule lorsque sa mère gara la voiture.
Emma acquiesça d'un air absent et commença à rassembler ses affaires. Son sac sur l'épaule et ses livres sous le bras, elle se dirigea vers le bâtiment, puis vers la salle des professeurs. Avant qu'elle s'en rende compte, la cloche sonna le début des cours, et Regina l'embrassa sur la joue et lui souhaita bonne chance. Quelques instants plus tard, elle frappa à la porte du bureau d'Archie.
« Ah, Emma, entrez, » l'accueillit le psychiatre, qui recula pour la laisser entrer.
Emma obéit, parcourant la pièce d'un regard suspicieux. Elle fut immensément heureuse de constater l'aspect relativement normal de la pièce. Celle-ci ne comportait aucune œuvre d'art bizarre ou propice à la réflexion. Il n'y avait pas non plus une myriade de chaises parmi lesquelles choisir, chacune d'elles censée indiquer quelque chose au thérapeute lorsqu'elle s'y serait assise. Le fauteuil face à son bureau était la seule option et Emma y prit place.
« Très bien, je tiens juste à vous rappeler que tout ce que vous direz au cours de ces séances est confidentiel et que je n'en parlerai à personne hors de ces murs, » commença Archie. « Ceci est un endroit sûr où nous pouvons travailler sur toutes les inquiétudes et les problèmes que vous traversez. »
« Je sais, » dit Emma.
« Alors, comme vous le savez, j'ai parlé à Regina plus tôt dans la semaine et elle m'a informé de sa grossesse. »
Emma hocha la tête mais ne dit rien.
« Il est évident qu'il s'agit d'une situation très difficile pour vous deux et je suis très heureux que vous soyez venue m'en parler. »
« Regina me l'a demandé, » dit Emma en haussant les épaules.
« Vous n'avez pas envie d'en parler ? »
Emma leva finalement les yeux pour croiser le regard d'Archie. « Je sais qu'il le faut, » admit-elle. « Mais j'ai peur. »
« De quoi ? »
« J'ai peur que si je m'autorise à ressentir tout ce que je garde au fond de moi, si j'explore trop profondément mes sentiments, je ne sois plus capable de soutenir Regina de la façon dont elle en a besoin. »
« Vous ne pourrez pas la soutenir du tout si vous niez vos propres émotions, Emma, » dit le thérapeute. « Une relation de couple se passe entre deux personnes et vous devez penser à la fois à vous et à Regina, tout comme Regina doit également penser à elle-même et pas seulement à vous. Aucune de vous deux ne réussira à faire face à ça sans prendre en compte les émotions et les sentiments de l'autre et, étant donné la situation, aucune de vous ne pourra s'occuper de ce bébé si vous n'affrontez pas vos propres sentiments à l'égard de son père. »
« Il l'a violée ! » cria Emma qui se leva du fauteuil et se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur la cour du collège.
Archie resta assis, attendant.
« IL…Il l'a violée, » répéta Emma, plus calmement cette fois. « Elle ne voulait pas de ça, elle ne voulait pas de lui et il l'a forcée. Et pas seulement cette nuit-là mais pendant des années et des années. C'est même pas le fait qu'il l'ait mise enceinte, c'est le fait qu'il l'ait obligée. Il ne voulait pas d'enfants, il n'en a jamais voulu. Mais elle, si. Et il ne l'a jamais laissée en avoir. Il l'a violée pendant des années parce qu'il en avait envie mais pas une fois il n'a laissé Regina avoir ce qu'elle elle voulait. Ce n'était pas un mariage, c'était une prison. »
Il y eut une autre longue pause.
« Je l'ai sauvée, » dit Emma, à peine plus haut qu'un murmure. « Je l'ai aidée à s'en sortir. Regina était libre et heureuse et on était sur le point d'être ensemble, mais il a à nouveau tout détruit. Je veux dire, on est ensemble et notre couple va bien mais…et si je n'y arrive pas ?
« Arriver à quoi ? » demanda Archie en voyant qu'Emma ne poursuivait pas.
« À aimer cet enfant, » dit Emma, qui se tourna finalement face à Archie. « Et si je ne peux pas m'empêcher de penser à la manière dont il est venu au monde ? Je veux dire, ce n'est pas à faute du bébé si son père est quelqu'un de mauvais mais et si cette logique n'est pas assez forte ? Regina a besoin que je sois là pour elle, pour eux, mais et si ma haine pour Robin m'aveugle au point que je n'y arrive pas ? »
« Premièrement, le fait que vous soyez ici et que vous parliez de vos peurs est quelque chose te très positif, » dit Archie. « Et nous pouvons trouver des pistes pour que vous les affrontiez. Et deuxièmement, Regina vous aime énormément Emma, mais elle n'a pas besoin que vous soyez aussi forte que vous le croyez. Vous êtes toutes les deux des femmes sûres de vous, intelligentes et très capables et ensemble, vous formez un couple charmant. Mais Regina n'a pas plus besoin de vous que vous n'avez besoin d'elle. C'est quelque chose de mutuel. C'est comme ça que les couples fonctionnent le mieux. Vous devez vous soutenir dans les bons et les mauvais moments mais il n'y a pas une personne plus forte que l'autre. Vous êtes à égalité et vous avez toutes les deux besoin du soutien de l'autre. Mais vous devez accepter que vous avez tout autant besoin de Regina qu'elle a besoin de vous. C'est peut-être elle qui a vécu des choses terribles, mais en tant que compagne, vous avez vous aussi le droit de souffrir. »
« Mais Regina… »
« Est plus forte que vous le croyez, » promit Archie à Emma. « Elle vous aime et elle veut que vous fassiez partie de la vie de cet enfant, n'est-ce pas ? »
« Oui. »
« Mais vous n'en serez pas capable tant que vous n'apprendrez pas à vivre avec ce que Robin a fait ? »
« C'est vrai. »
« Dans ce cas, cela vous affecte toutes les deux. Vous êtes toutes les deux des victimes même si les cicatrices de Regina sont plus visibles que les vôtres. Les blessures émotionnelles nécessitent du temps et de l'attention pour guérir et c'est une chose pour laquelle je peux vous aider, si vous m'y autorisez. »
Emma prit une profonde inspiration, ferma les yeux et acquiesça.
« Très bien, » sourit Archie. « Alors on va commencer par parler de vos sentiments envers Robin. Tout ce que vous avez gardé pour vous et que vous ruminez depuis des mois, racontez-moi. »
« Est-ce que tu veux en parler ? » demanda Regina dans l'obscurité de la chambre.
Elle et Emma étaient nues dans le lit de la blonde, blotties dans les bras l'une de l'autre. C'était vendredi soir et aucune des deux femmes n'avait mentionné la séance de thérapie à laquelle Emma avait assisté la veille.
« Ça c'est plutôt…bien passé. »
« Emma, » dit Regina, bougeant légèrement l'une de ses cuisses, qui était posée sur la hanche de sa compagne. « Tu n'as pas à me raconter tout ce qui se passe dans ce bureau, tu sais. Mais étant donné que nous parlons de la même chose pendant nos séances, je sais qu'Archie pense que ça peut être bon pour nous de parler de nos émotions. »
Les lèvres d'Emma frôlèrent le front de Regina.
« J'ai peur. »
« Moi aussi. »
« Qu'est-ce qui te fait peur ? » demanda Emma.
« J'ai peur que ce bébé m'empêche de me libérer complètement de Robin. »
« J'ai peur de ne pas pouvoir m'empêcher de penser à Robin et toi quand le bébé sera né. »
Regina soupira et posa la tête sur la poitrine d'Emma. « Je sais que ces souvenirs ne s'en iront jamais, et je sais que je devrai toujours vivre avec ce qu'il m'a fait. Mais je suis avec toi maintenant, Emma. C'est avec toi que je me couche chaque soir, un sourire sur le visage. Tu es celle que je veux avoir près de moi quand le bébé viendra au monde. Robin est mon passé. Mais j'ai peur de ne plus ressentir la même chose quand le bébé sera là ou que cette relation revienne me hanter. »
« Et si le bébé lui ressemble ? »
« Et si c'est à moi qu'il ressemble ? » argua Regina.
« Alors, ce sera le plus beau bébé du monde, » dit immédiatement Emma.
Regina sourit contre la peau douce sur laquelle elle s'appuyait. Emma la faisait toujours se sentir mieux, spéciale, désirée.
« On s'en sortira, je te le promets, » dit Regina. « Je veux vraiment avoir ce bébé, peu importe comment ma grossesse a commencé. J'ai envie d'être mère et je ferai en sorte d'être la meilleure possible. »
« Tu vas être merveilleuse, j'en suis certaine, » répondit Emma. « Je suis si fière de la façon dont tu gères cette situation. »
« Ce n'est pas une situation, c'est un bébé, » dit Regina. « Je crois qu'il faut qu'on arrête de penser à la manière dont on en est arrivées là et qu'on se concentre sur l'avenir. Je suis déjà enceinte de plus de deux mois, Emma et je n'ai même pas encore vraiment pensé à la façon dont ma vie va changer quand il ou elle arrivera. Peut-être que si je pense plus à ça, j'oublierai un peu Robin. »
« Je pensais que c'était toi qui disais qu'il fallait qu'on parle de nos problèmes et qu'on ne les ignore pas, » fit remarquer Emma.
« Je ne les ignore pas, » dit Regina. « J'accorde juste moins d'importance à la conception. Comment ce bébé a été conçu n'a pas d'importance, ce qui compte c'est qu'il ou elle soit en bonne santé, aimé et en sécurité. Je devrai gérer mes sentiments envers Robin, bien sûr. Mais je crois qu'on lui donne trop de pouvoir sur nous. Il n'est plus là. Il est en prison et il n'aura rien à voir avec ce bébé. Nous, nous sommes là et c'est sur ça qu'il faut nous concentrer. »
« D'accord, » acquiesça Emma.
Il y eut un long silence contenu, les doigts d'Emma parcourant de bas en haut le dos nu de Regina.
« Je crois que je vais transformer la plus petite chambre en nursery, » dit finalement Regina.
« Très bonne idée, » dit Emma. « Quelle décoration tu vas choisir ? »
« Eh bien, on ne connait pas encore le sexe mais je ne veux pas lui imposer de stéréotypes culturels donc je pensais prendre les animaux comme thème. Ou peut-être l'histoire. »
Emma renifla en riant. « Tu es une vraie geek, » taquina-t-elle. « Je vote pour les animaux. »
« Tu veux m'aider à décorer ? »
« Bien sûr, » acquiesça Emma. « Mais on devrait attendre quelques semaines, d'accord ? »
« Jusqu'à mon deuxième trimestre ? » demanda Regina.
« Oui. Juste au cas où. »
Le silence qui suivit fut pesant et inconfortable.
« Si…si je perdais le bébé, qu'est-ce que tu penserais ? »
Le cœur d'Emma s'accéléra et elle sut que Regina, dont la joue était posée sur sa poitrine, allait le sentir aussi.
« Ne me pose pas cette question, » chuchota-t-elle dans l'obscurité.
« S'il te plait, dis le moi, » murmura Regina. « J'ai besoin de savoir. »
Emma ferma les yeux avec force et sentit une larme pointer et rouler sur son visage.
« Je…je sais que tu veux être mère et je sais que tu vas être merveilleuse. Mais je ne peux pas nier le fait que je ne veux pas que Robin soit le père de ce bébé. Les fausses-couches sont horribles à vivre, je sais. Et s'il te plait, ne crois surtout pas que je veux que ça t'arrive parce que ce n'est pas ça. Je veux que tu aies une grossesse sereine, heureuse et facile, Regina. Mais une part de moi, une part que je déteste de ressentir ça, serait soulagée si tu perdais le bébé. »
« Moi aussi, » chuchota Regina. « Cette situation est compliquée et difficile et nous allons devoir nous battre, L'adoption aurait été une bien meilleure option pour moi si j'avais décidé d'avoir des enfants plus tard. Mais maintenant, je suis enceinte et je veux que ce bébé, mon bébé, grandisse en moi. Je veux donner naissance à mon fils ou à ma fille peu importe qui est le père. Est-ce qu'une fausse-couche rendrait nos vies plus faciles ? Oui, et je crois qu'avec le temps, je serais soulagée. Mais maintenant, je vais protéger cet enfant du mieux que je pourrai et faire tout mon possible pour qu'il ou elle naisse en bonne santé. »
« Et c'est pour ça que tu vas être une mère fantastique, » dit Emma en prenant le menton de Regina pour l'inciter à la regarder. « Ce bébé, ton bébé, sera en parfaite santé et on va lui donner la meilleure vie possible. Ça ne va pas être facile mais je crois en toi. Je crois en nous. »
Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu. A bientôt pour la suite :)
