Coucou! J'espère que vous allez bien, merci encore pour toutes vos reviews, on est arrivé à 100, c'est vraiment super, sans compter les messages privés :). Voici donc le nouveau chapitre, avec du M et du fluff. Bonne lecture!
Chapitre 31 Sous le même toit
Emma prit une grande gorgée de sa bouteille d'eau avant de continuer. C'était leur dernier jour complet en Sicile et elle et Henry avaient décidé de se balader sur un sentier menant au mont Erice. Le soleil cognait, des gouttes de sueur perlant en continu sur le dos d'Emma tandis qu'ils avançaient sur le sentier étroit et sinueux. Henry était devant, son corps souple abordant facilement la côte. Lorsqu'Emma le rejoignit finalement, elle le trouva assis sur un large rocher proche du bout du chemin, là où les arbres étaient plus fins, offrant aux randonneurs une vue imprenable sur la campagne environnante.
Wow, » dit Emma en se laissant tomber à côté d'Henry avant d'enlever son sac à dos.
« Pas mal, hein ? » dit Henry. « Regarde, je crois que c'est la villa de Zelena. »
Il pointa son doigt vers la gauche en direction d'un toit orange pale qui dépassait du haut des arbres. Le cercle bleu brillant en-dessous ainsi qu'une jeep d'un rouge brillant firent savoir à Emma qu'ils regardaient effectivement la maison de la cousine de Regina. Elle se demanda brièvement ce que les deux femmes faisaient, ayant décidé de décliner leur proposition de balade pour passer une matinée plus relaxante.
« Tu t'es bien amusé cette semaine ? » demanda Emma à son fils en sortant deux barres de céréales avant de lui en tendre une.
« C'était vraiment top ! » sourit-il. « Vraiment les meilleures vacances de ma vie. »
« Pour moi aussi, » renchérit Emma.
Ils se turent à nouveau, regardant l'horizon. Ils restèrent perdus dans leurs pensées et ce fut lorsqu'Henry lui posa la question qu'Emma réalisa qu'ils étaient en train de revivre les mêmes souvenirs.
« Papa aurait adoré la Sicile, » murmura Henry. « Tu crois qu'il nous regarde en ce moment ? »
« Je crois qu'il nous regarde tout le temps, » acquiesça Emma. Elle n'était pas spécialement croyante mais elle croyait que Neal se trouvait quelque part et les observait, elle et leur fils.
« Qu'est que tu crois qu'il dirait à propos de toi et Regina ? » demanda Henry.
Emma fit une pause avant de répondre. C'était une question qu'elle s'était posée plusieurs fois durant ces derniers mois.
« Ton père voulait que je sois heureuse, » dit-elle finalement. « Je ne crois pas qu'il ait imaginé que je sortirais avec une femme mais il voulait que je tourne la page après sa mort. J'espère qu'il serait heureux que j'aie trouvé quelqu'un que j'aime et qui m'aime aussi. »
« Je crois qu'il aurait bien aimé Regina, » dit Henry « Ils se seraient tellement amusés en parlant de l'histoire de l'Air Force. Tu te rappelles, Papa passait son temps à parler de ça quand il est revenu de son séminaire en été. »
Emma gloussa. « Ça lui a pris une semaine pour se rendre compte qu'il nous saoûlait avec tous ces évènements de la Seconde Guerre Mondiale et les bombardements. Je veux dire, c'est un sujet intéressant pour quelques heures mais il n'a pas arrêté d'en parler. Je trouvais son côté passionné adorable d'ailleurs, quoiqu'un peu exagéré au bout d'un moment. »
Henry éclata de rire lui aussi. « Je me rappelle encore de certaines des statistiques qu'ils nous avait données. Je crois que j'avais que dix ans. »
« Peut-être que tu arriverais à les caser dans une de tes disserts pendant les examens, » suggéra Emma. « Il aurait adoré ça. »
« Ça va être dur vu que la Seconde Guerre Mondiale n'est pas au programme, » fit remarquer Henry.
« Il faut jamais avoir peur de relever un défi, » dit Emma. « Tu peux arriver à faire tout ce que tu veux, même si ça parait impossible au début. » Tout en parlant, Emma posa les yeux sur l'océan, songeuse. Henry, bien sûr, le remarqua.
« Maman…t'aurais pas quelque chose à me dire ? »
Emma se tourna vers son fils et le regarda dans les yeux, qui ressemblaient tant à ceux de son père. Elle sentit les siens se remplir de larmes.
« Maman ? » demanda Henry, inquiet face à cette soudaine tristesse. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
« C'est rien de grave, Henry, » lui promit Emma en essuyant rapidement ses yeux avant que les larmes ne coulent.
« Mais alors pourquoi tu pleures ? »
« Je suis juste émue, » dit Emma. « Je pense à ton père et à l'avenir, je suppose. »
« Ton avenir avec Regina ? » demanda Henry.
« Oui, » admit Emma. «On a eu beaucoup de temps pour réfléchir pendant ces vacances et, en fait on a décidé qu'on allait élever cet enfant ensemble. »
« Tu veux dire comme une famille ? »
« Exactement. Le bébé aura deux mamans, en gros. »
« Est-ce que ça veut dire que Regina va vivre avec nous ? » demanda Henry.
« Pas exactement, » dit Emma. « En fait elle voudrait que ce soit nous qui allions vivre chez elle. »
C'était arrivé la veille au soir. Les deux femmes étaient couchées côte à côte, satisfaites après une séance de câlins longue, lente et passionnée quand Regina s'était tournée vers Emma et lui avait dit qu'elle voulait qu'ils vivent tous sous le même toit après leur retour de vacances.
« Je veux dire, c'était tellement bien de vivre ensemble tous les trois cette semaine. Je veux que ça continue quand on rentrera. Je veux que notre bébé soit entouré de toute sa famille, dans la même maison. Je n'imagine pas élever cet enfant entre deux maisons. J'aimerais que toi et Henry veniez vivre au cottage avec moi, » avait dit Regina.
« J'en ai envie, moi aussi, » assura Emma. « Mais… »
« Mais tu dois d'abord en parler à Henry, » acheva Regina « Je comprends. »
« Je lui ai même pas encore dit qu'on comptait élever l'enfant ensemble, » dit Emma, attirant Regina à elle pour l'embrasser tendrement. « Mais je vais le faire. Demain, avant de partir. »
Et assise sur un flanc de montagne, Emma regardait à présent son fils qui digérait l'information qu'elle venait de lui donner. Emma savait que sa relation avec Regina avait provoqué des changements monumentaux dans la vie d'Henry et elle craignait que le dernier soit celui de trop. Mais alors qu'elle l'observait, un large sourire apparut sur le visage du jeune garçon.
« Je peux avoir un scooter ? »
« Quoi ? » demanda Emma, fronçant les sourcils devant cette question saugrenue.
« Les champs derrière le cottage de Regina seraient parfaits pour faire du scooter. Et elle a aussi un garage pour le ranger et je te promets que j'en prendrai soin. »
« Est-ce que c'est la condition pour que tu acceptes ? » demanda Emma. « Que je t'achète un engin de mort ? »
« Hein ? » s'étonna Henry, fronçant les sourcils à son tour. « Non ! Je trouve juste que ce serait un cadeau sympa pour mes seize ans. »
« Mais…je suis paumée, » admit Emma. « Tu es d'accord avec ce que je viens de te dire ou pas ? »
« Si ça vous rend heureuses, alors oui, bien sûr, » dit Henry en souriant. « Je veux dire, le cottage de Regina est vachement plus beau que notre maison, et c'est vrai que c'est un peu plus loin de la ville mais je mettrais pas trop longtemps, en vélo. Et puis, sa chambre d'amis a une salle de bain. Ou alors vous allez la garder pour le bébé ? » demanda-t-il, hésitant.
« Non, non, elle veut mettre la nursery dans la pièce qui est près de notre chambre. Donc la chambre avec salle de bain est tout à toi. »
« Cool ! » sourit Henry. « Alors, quand est-ce qu'on déménage ? »
« Tu…tu es vraiment ok avec ça Henry ? » demanda Emma. « Je sais que ça sera pas facile pour toi. Je veux dire, Regina est ta prof d'histoire et quand le bébé sera là il y aura des cris, les couches, des pleurs, l'allaitement. »
« Beurk, » s'exclama Henry.
« Henry, » dit doucement Emma « Tu es sûr que ça te va ? »
« Et toi est-ce que ça te va ? » rétorqua Henry.
« Quoi ? Bien sûr que oui. »
« Ok, » dit Henry. « On dirait juste que tu essayais presque de me faire dire non pour pouvoir revenir sur ce que tu as dit à Regina. Si tu veux changer d'avis et que tu veux plus élever ce bébé, fais le pour toi, pas pour moi. »
« Je veux pas revenir sur quoi que ce soit, Henry, » assura Emma. « Mais je suis ta mère, et je veux être sûre que tu comprends l'impact que ça aura sur toi. Il y aura des tas d'avantages aussi : tu auras de l'aide pour tes devoirs d'histoire, une maison plus jolie et plus grande, une chambre avec salle de bain et un petit frère ou une petite sœur avec qui jouer. Mais il y aura aussi des moments difficiles et ce sera un grand changement pour nous tous. »
« Je sais, » répondit Henry. « Et je suis vraiment content d'aller vivre avec Regina si elle te rend heureuse. Je sais que tu l'aimes, Maman. Je l'aime aussi. Et je suis super content que vous vous soyez rencontrées. « Et si toi et Regina vous voulez qu'on habite ensemble et qu'on élève ce bébé comme une vraie famille, alors c'est cool pour moi. »
Emma ravala ses larmes tandis qu'elle regardait son merveilleux fils, attentionné et compréhensif.
« Quand est-ce que tu es devenu si mature ? » lui demanda-t-elle en le serrant dans ses bras.
Henry ne répondit pas, se contentant de rendre son étreinte à Emma. Tout ce qu'il avait dit était la pure vérité. Il aimait vraiment Regina et il adorait voir combien elle rendait sa mère heureuse. La perspective des cris du bébé qui le réveilleraient la nuit n'était pas des plus réjouissantes mais le fait que ce serait en quelque sorte son frère ou sa sœur le fit sourire. Oui, Henry pensait que partager la même maison comme une famille serait une bonne chose pour lui.
« Regina, je peux avoir un scooter ? » demanda Henry dès qu'il arriva dans le jardin trois heures plus tard.
La brune leva les yeux du livre qu'elle lisait au soleil et fronça les sourcils. « Un scooter ? »
« Ouais, » dit Henry. « Le terrain derrière la maison serait trop cool pour en faire mais Maman m'a dit non. »
« Alors pourquoi viens-tu me le demander à moi ? » demanda Regina en fronçant les sourcils.
« Parce que c'est ça que les enfants font. Ils demandent à un de leurs parents mais s'il dit non, ils demandent à l'autre. »
« À l'autre ? » répéta Regina, son cœur s'accélérant tout à coup.
« Ben ouais, » dit Henry. « Je veux dire, si toi et Maman vous élevez le bébé ensemble, tu seras ma mère aussi. »
Regina ouvrit et referma la bouche comme un poisson hors de l'eau avant de lâcher un son confus. Henry se mordit l'intérieur des joues pour s'empêcher de rire de son air ahuri. Mais dès qu'il entendit les gloussements d'Emma derrière lui, il n'arriva plus à se contenir. Il laissa échapper un éclat de rire, attirant l'attention de Zelena qui plantait des haricots au bout du jardin. Emma rejoignit son fils, les deux Swan s'appuyant l'un sur l'autre pour ne pas perdre l'équilibre au milieu de leur fou rire. Regina était toujours aussi confuse.
« Si tu voyais ta tête ! » lâcha Emma.
« C'était…c'était une blague ? » demanda Regina, ses joues rougies par la colère, la panique et une myriade d'autres émotions.
« Ouais, » dit fièrement Henry. C'était son idée après tout.
« Ça n'a rien de drôle !, » grogna Regina.
« Oh allez, » dit Emma en rejoignant sa compagne avant de s'asseoir près d'elle, un bras entourant ses épaules. « C'était plutôt drôle, si. »
« J'ai pensé…j'ai cru... »
« T'as cru que j'allais commencer à t'appeler Ma ? » demanda Henry, qui gloussait toujours.
Regina rougit. Elle savait que c'était stupide de penser qu'un garçon de quinze ans allait accepter une nouvelle figure maternelle si facilement. Si Henry avait eu cinq ans les choses auraient été différentes. Mais ce n'était plus le cas et les souvenirs de son père étaient encore vifs dans son esprit. Même si, bien sûr, Regina n'aurait jamais essayé de remplacer Neal.
« Je…je ne sais pas trop ce que j'ai cru, » admit Regina, les battements de son cœur retrouvant peu à peu un rythme normal.
Regina, » dit Henry, qui rejoignit les deux femmes avant de s'asseoir sur le transat à côté d'elles. « Maman m'a dit que tu voudrais qu'on emménage avec toi et je trouve que c'est une super idée. »
« Vraiment ? » demanda Regina, qui doutait maintenant de sa propre capacité à deviner si on lui mentait.
« Carrément, » affirma Henry. « Et non, je vais pas commencer à t'appeler Ma, mais je trouve que vous allez trop bien ensemble, Maman et toi. Ce bébé aura de la chance de vous avoir comme mamans, et moi j'ai de la chance de faire partie de cette famille. »
Regina éclata en sanglots, ce qui inquiéta Henry.
« Je peux faire quelque chose ? » demanda-t-il.
« Tu peux lui apporter un peu d'eau ? » suggéra Emma. « Et peut-être qu'on a assez parlé de trucs sentimentaux pour aujourd'hui. »
Henry hocha la tête et se leva pour prendre un verre d'eau. Avant qu'il ne revienne, Zelena apparut et fronça les sourcils en voyant les larmes qui coulaient sur les joues de Regina.
« Gina ? » demanda Zelena, en s'asseyant face à sa cousine. « Qu'est-ce qui t'arrive ? »
« Je…j'aime…, » hoqueta-t-elle, « Emma et, » hic, « Henry. »
« Hein ? » dit la rousse, confuse, avant de poser un regard interrogatif sur Emma.
« Avec Regina, on a décidé d'emménager ensemble en rentrant de vacances. J'en ai parlé à Henry aujourd'hui et il nous a donné sa bénédiction, en quelque sorte. »
« Ohhh, » s'exclama Zelena en hochant la tête. « Eh bien félicitations, petite cousine. »
« Merci, » renifla Regina, relevant la tête et essuyant ses larmes juste au moment où Henry apparut, un verre d'eau à la main.
« Bon, et pour le scooter ? » dit l'adolescent avec un sourire.
« Non ! » répondirent Emma et Regina d'une seule voix.
Henry afficha un air renfrogné.
Ce soir-là, le diner fut ponctué d'éclats de rire et Regina ne se rappelait pas avoir jamais été si heureuse, assise près d'Emma, avec Zelena et Henry face à elle, et des plats succulents parsemant la table. Peu importait tout ce qui s'était passé, peu importait ce qui les attendait, elle sut à ce moment qu'elle était l'une des personnes les plus chanceuses au monde. Le bras d'Emma entourait nonchalamment le dossier de sa chaise, ses doigts caressant son bras nu d'un air absent. Henry et Zelena étaient absorbés par leur discussion animée sur les dinosaures. Des restes d'une espèce jusque-là inconnue avaient été récemment découverts sur l'ile, fossilisés dans de la lave depuis une éruption de l'Etna il y a des dizaines de milliers d'années. Henry était convaincu que le nouveau spécimen n'aurait pas pu battre un Tyrannosaurus Rex mais Zelena pensait que ce dinosaure, plus petit mais aussi plus rapide, aurait pu battre le géant à plate couture.
Regina posa la tête sur l'épaule d'Emma tout en les écoutant, un sourire serein sur le visage. Des lèvres douces se posèrent sur le haut de sa tête, le bras d'Emma la serrant plus fort tandis qu'elle attirait Regina à elle.
« C'est une soirée parfaite, » soupira Regina. « J'aimerais qu'on puisse rester plus longtemps. »
« Moi aussi, » murmura Emma. « La vie à Portland me semble si loin maintenant. Je peux pas imaginer qu'on repart déjà demain. »
« Vous allez emménager bientôt, non ? » demanda Regina. Elles n'avaient pas officiellement rediscuté de leurs projets depuis qu'Henry leur avait donné son accord.
« Je pensais qu'on pourrait faire ça la semaine prochaine, » acquiesça Emma. « Avant la rentrée. »
« Tant mieux, » dit Regina. « Je n'ai pas envie de passer une autre nuit loin de toi. »
Emma sourit. « Tu n'auras pas à le faire. Viens dormir chez nous demain soir. »
« Tu veux juste que je t'aide à faire tes cartons, n'est-ce pas ? » gloussa Regina.
« Je viens tout juste de terminer de défaire ceux de mon emménagement à Portland, il y a trois semaines en fait, » grommela Emma. « J'ai pas envie de devoir tout remballer toute seule. C'est ennuyeux. »
« Tu n'es qu'une enfant, » taquina Regina.
« Oui mais c'est pour ça que tu m'aimes, » dit Emma.
« C'est vrai. »
« J'adore entendre ces mots sortir de ta bouche. »
Regina ne répondit pas, un silence lourd de sens s'installant entre elles pendant un moment avant qu'Henry ne se tourne vers sa mère, sortant les deux femmes de leurs pensées.
« Maman, à quelle heure est notre avion demain ? »
« On part après le petit déjeuner, » répondit Emma. « Le vol est à 11h30 donc on doit partir vers neuf heures, malheureusement. Pourquoi ? »
« Zelena m'a parlé d'un petit musée de fossiles dans le village d'à-côté mais je suppose qu'on aura pas le temps... »
« Non, mais il y aura toujours l'année prochaine, » dit Emma. « Enfin si Zelena est d'accord pour nous supporter à nouveau. »
« Bien sûr, » sourit Zelena. « Vous êtes les bienvenus quand vous voulez. Regina est de loin mon invitée préférée. »
« Même avec nous deux et un bébé en route ? » demanda Emma.
Zelena éclata de rire. « Même comme ça. »
« Génial ! » s'exclama Henry. « On pourra revenir tous les ans pour les vacances de Pâques ? »
Regina et Emma échangèrent un regard en coin. Une autre façon implicite de dire que leur relation allait durer. Elles adressèrent toutes les deux un sourire à Henry.
« Oui, » dit Regina. « On continuera à venir tant que Zelena vivra ici. Je crois que ça va devenir une tradition familiale. »
« On est une famille assez spéciale fit remarquer Henry. « Mais j'aime cette famille. »
« Il faut de tout pour faire un monde, » dit Emma. « Des familles spéciales, des familles classiques, l'important c'est d'être heureux, non ? »
« Oui, » acquiesça Henry. « Je peux avoir encore de la glace ? »
Emma roula des yeux. Ce gosse ne pensait qu'à son ventre. « Oui, sers-toi. »
« Tu peux m'en apporter aussi ? » lui cria Regina.
Emma se tourna vers sa compagne, les yeux grands ouverts.
« Quoi ? »
« Tu n'aimes pas la glace, » lui rappela Emma. « Tu dis toujours que c'est trop sucré. »
« C'est vrai, » admit Regina. « Mais on dirait que quelqu'un, » elle posa sa main sur son ventre, « insiste pour que j'en mange. »
Emma afficha un large sourire. « Des envies de glace ! Je sens que je vais super bien m'entendre avec cet enfant. »
Lorsque Regina émergea de leur salle de bain plus tard ce soir-là, Emma était affalée sur le lit, couchée sur le dos, les yeux fermés, sa respiration calme et régulière emplissant la chambre. La brune sourit à cette vision et s'approcha en silence pour ne pas réveiller la blonde endormie. Mais quand le lit s'enfonça à côté d'Emma. Un marmonnement et quelques mots incohérents sortirent de ses lèvres pales.
« Excuse-moi, » chuchota Regina. « Je ne voulais pas te réveiller. »
« Pas grave, » dit Emma, se tournant vers sa compagne. « J'avais pas l'intention de m'endormir. »
« Vous avez pas mal marché, avec Henry aujourd'hui, » lui rappela Regina.
« Ouais mais c'est notre dernière nuit de vacances et j'ai d'autres projets pour nous, » dit Emma les yeux grands ouverts et alertes à présent.
« Oh vraiment ? » dit Regina avec un sourire coquin, en s'appuyant sur l'oreiller tandis qu'elle voyait Emma la surplomber. « Et quel genre de projets ? »
« C'est un secret, » dit Emma en déposant de doux baisers sur l'épaule de Regina, puis sur sa clavicule, terminant par son cou svelte. « Mais je peux déjà te dire, » dit-elle en atteignant la mâchoire de la brune « que ça implique des orgasmes. » Les derniers mots furent soufflés à l'oreille de Regina, faisant palpiter son intimité.
Elle laissa échapper un gémissement lorsque les lèvres d'Emma rejoignirent enfin les siennes. Le baiser fut langoureux, transmettant leur passion par de douces caresses de leurs langues, de délicates morsures et quelques succions occasionnelles de leurs lèvres. Les mains de Regina parcouraient de haut en bas le dos musclé d'Emma, passant rapidement son haut de pyjama en coton par-dessus sa tête avant que leurs bouches ne s'unirent à nouveau. Les doigts d'Emma jouaient avec le slip en soie de Regina, parcourant le tissu ondoyant tout en sentant la chaleur de Regina à travers.
« Ca, c'est en trop, » murmura Emma, qui tira avec un peu plus sur le slip après quelques minutes.
Regina leva les hanches pour aider Emma à lui enlever le seul vêtement qu'elle portait encore. Dès qu'il fut jeté par terre, Emma se leva rapidement pour retirer son pyjashort et lorsqu'elle reprit sa position au-dessus de Regina, leurs antres nus se pressèrent chaudement l'un contre l'autre. Regina frissonna de plaisir en sentant Emma se balancer contre elle, le pubis de la blonde juste au-dessus de son clitoris.
Emma resta assise, ses doigts dessinant des cercles autour des tétons dressés de Regina avant de prendre les globes ronds dans ses mains et de les serrer doucement. Regina se cambra sous le contact, ses hanches se soulevant alors que le désir montait en elle. Elle n'avait jamais ressenti ce qu'elle ressentait avec Emma. Chaque fois qu'elles étaient ensemble, Regina savait qu'elle ne serait jamais rassasiée des baisers de la jeune femme, de ses caresses, de son amour. Même si elle était toujours satisfaite de leurs rapports, elle savait aussi qu'elle serait toujours disposée à plus. Elle se demanda brièvement ce qu'Emma pensait de ses propres compétences au lit. Même si la blonde l'avait toujours complimentée et avait semblé satisfaite à chaque fois, Regina savait qu'elle n'avait pas autant d'expérience que sa compagne et elle envisagea le fait qu'elle devrait peut-être se mettre au niveau.
« À quoi tu penses ? »
La question ramena Regina à l'instant présent où sa compagne était assise à califourchon sur elle, les mains posées sur sa poitrine, un regard inquiet sur le visage.
« À nous, » admit Regina.
« En bien ? » demanda Emma. « Parce que tu as l'air un peu préoccupée. »
« Est-ce que je te satisfais sexuellement ? »
Emma fut choquée par cette question. « Hein ? Bien sûr que oui Regina. Je comprends même pas que tu me poses la question. »
« J'ai juste…je ne sais pas, » admit-elle. « Je me demandais juste si j'arrivais à te faire sentir aussi bien que toi tu le fais. »
Emma lui sourit tendrement. « Tu me fais sentir que je suis la personne la plus importante de ta vie. Je me sens si spéciale avec toi, tellement aimée. Tu es tout ce que je pourrais attendre d'une compagne, Regina. Et pour ce qui est du sexe, tu as bien vu à quel point c'était bon pour moi la dernière fois non ? Comme à chaque fois d'ailleurs. Tu…tu croyais pas que je simulais, si ? »
« Non, » dit Regina en secouant la tête. « Excuse-moi, je pensais juste… à quel point je suis bien avec toi et que c'était impossible que j'arrive à te faire ressentir la même chose. »
« Pourquoi pas ? » demanda Emma, qui bougea afin de se placer complètement au-dessus de Regina, ses coudes de chaque côté de sa tête et leurs lèvres seulement séparées par quelques millimètres.
« À cause… à cause de ce qui m'est arrivé ? » osa Regina.
Emma embrassa tendrement la brune avant de répondre. « Regina, je t'aime tellement que quelquefois ça me fait peur. J'aime vraiment tout chez toi et je veux passer le reste de ma vie avec toi. Oui, tu es passée par de sales moments mais ça n'a rien à voir avec qui tu es. Tu es l'amante la plus passionnée, attentive et la plus douée que j'aie jamais eue, et je veux que tu saches que tu me satisfais pleinement. En fait, c'est même plus que ça, tu me complètes. »
Les yeux de Regina se remplirent de larmes sur ces mots sincères.
« Je t'aime tellement, Emma. »
« Je t'aime aussi, » répondit Emma.
« Fais-moi l'amour, » murmura Regina.
Et ce fut ce qu'elle fit. Emma s'allongea entre les jambes écartées de Regina goûtant avidement sa compagne de ses lèvres et de sa langue. Sa bouche s'affairait sur ses plis gonflés par le désir, son clitoris humide et même à l'intérieur de son antre étroit, se mouvant contre ses parois tandis que les ongles de Regina griffaient le cuir chevelu de la blonde. Lorsque l'orgasme la traversa, Emma remonta pour poser sa main sur le ventre de Regina, sentant l'évolution de sa grossesse sous ses doigts. Regina reprit avec difficulté sa respiration mais à peine eut-elle pris les mains d'Emma que la bouche de la blonde retourna sur son intimité sensible.
Regina trembla sous son second orgasme, ses doigts se crispant si fort sur les draps qu'elle eut peur de les déchirer. Emma, imperturbable, fit danser sa langue autour du clitoris de sa compagne, encore, et encore, et encore, un unique doigt faisant des vas et viens dans l'antre de Regina. Les fluides coulèrent sur ses fesses mouillant le lit mais aucune des deux femmes n'y prêta attention, tandis que le cri d'extase de Regina, étouffé par un oreiller, résonna dans la chambre.
Emma se détacha à contrecœur du sexe de Regina, et seulement lorsque la main de sa compagne sur sa tête lui fit comprendre qu'elle était trop sensible pour en supporter plus à cet instant. Emma rampa en haut du lit, plaçant un baiser humide sur les lèvres de Regina avant de s'allonger, sa cuisse par-dessus la hanche de la brune.
« Tu es particulièrement délicieuse ce soir, » dit Emma en léchant les reste de la cyprine de Regina sur ses lèvres avant de s'essuyer du revers de sa main.
« J'ai mangé de l'ananas, » dit Regina, en guise d'explication.
« Je croyais que c'était au sperme que l'ananas donnait meilleur goût, » s'étonna Emma.
« Premièrement, rien ne peut faire en sorte que ce truc ait bon goût. Et deuxièmement, si ça marche pour les hommes pourquoi pas pour nous ? » raisonna Regina, qui se tourna légèrement et cala la jambe d'Emma plus fermement autour de sa taille.
« Deux excellentes remarques, » dit Emma en riant avant d'embrasser les lèvres entrouvertes de Regina.
Regina lui rendit son baiser et sa main se fraya un chemin entre leurs deux corps. Dès que ses doigts caressèrent le clitoris d'Emma, la blonde lâcha un cri au milieu du baiser. Elle était extrêmement excitée après le temps qu'elle avait passé entre les jambes de Regina, et celle-ci le savait. Elle sépara rapidement les plis lisses et glissa d'abord un, puis deux doigts dans l'antre chaud d'Emma.
« Bon sang, » grogna Emma tandis que Regina entreprit de la pénétrer d'avant en arrière les bras d'Emma entourant la brune pour la rapprocher d'elle. Regina se pencha pour embrasser le cou d'Emma, suçant sa peau avant de passer sa langue dessus. Ses dents mordillèrent la chair sensible alors qu'un troisième doigt entra en Emma avec précaution.
« Ça va ? » demanda Regina en entendant Emma siffler lorsque ses parois s'écartèrent pour accueillir la brune.
« Oui, » souffla-t-elle. « C'est bon. Continue. »
Regina obéit. Les vas et viens lents et délibérés prirent un rythme plus soutenu à mesure que l'essence d'Emma lubrifiait ses doigts, la blonde gémissant à chaque fois que les phalanges de Regina rencontraient sa chair, la sensation de ses trois doigts enfouis profondément en elle provoquant un orgasme fulgurant. Elle balança ses hanches pour accentuer le contact avec la brune jusqu'à ce que l'autre main de Regina ne se glisse soudain entre leurs corps, son pouce appuyant sur le clitoris d'Emma pour y tracer de petits cercles chauds.
Emma mordit l'épaule de Regina pour s'empêcher de crier, son corps convulsant contre celui de Regina tandis que la brune l'emmenait vers son plaisir, le dessinant tout en continuant à la pénétrer. Lorsque les dents d'Emma libérèrent finalement la peau de Regina, la blonde s'effondra de nouveau sur l'oreiller, les yeux fermés et un sourire béat sur le visage.
Fermer les yeux fut une erreur et son cerveau repu ne capta pas le bruissement de Regina bougeant sur le lit. Elle poussa un cri lorsque sa bouche recouvrit son intimité, une langue avide léchant les fluides qui coulaient toujours de son antre. Son clitoris fut aspiré dans la divine chaleur humide de la bouche de Regina avant qu'une langue dure ne rejoigne l'endroit où des doigts s'étaient trouvés à peine quelques secondes auparavant. Les cuisses d'Emma enserrèrent la tête de Regina, ses hanches se soulevant contre la bouche de la brune alors qu'un deuxième orgasme frappa Emma comme un train à grande vitesse. Elle cria le nom de Regina dans l'air chaud de la nuit tandis que les vagues de plaisir la traversaient.
Lorsque les cuisses qui l'entouraient se détendirent, Regina leva les yeux et adressa un sourire à sa compagne dont les joues étaient rouges et qui peinait à reprendre sa respiration. Elle déposa un baiser à l'intérieur de chacune de ses cuisses et regagna en rampant son côté du lit, s'allongeant tout près de la marque de son propre plaisir.
« Tu es incroyable, » dit Emma. « Sérieux, vraiment incroyable. »
« On est incroyables ensemble, » corrigea Regina.
Emma gloussa et tendit le bras, attirant Regina à elle. La brune y consentit immédiatement. Elles restèrent allongées, leurs corps serrés l'un contre l'autre, des frissons d'excitation les rendant à la fois somnolentes et bien éveillées.
« Si quelqu'un m'avait dit en septembre que d'ici avril j'aurais une relation amoureuse stable avec une femme enceinte, je lui aurais probablement ri au nez, » dit Emma au bout d'un moment. « Mais maintenant je suis là, avec la personne la plus incroyable que j'aie jamais rencontrée et je n'imagine plus ma vie sans toi, Regina. Toi et notre bébé. »
« Et si on m'avait dit en septembre qu'en avril je serais enceinte mais que je ne serais plus avec Robin, et qu'au lieu de ça je serais avec quelqu'un qui m'aimerait et me respecterait, je les aurais tous traités de fous. » dit Regina. « Tu m'as sauvée, Emma. Toi, ton amour, ta famille. Je préfère ne pas penser à où j'en serais sans toi parce que tout ce que je suis capable d'imaginer c'est une vie avec toi. Toi, moi, Henry et ce bébé. C'est vous, ma vie maintenant. »
Le baiser qui suivit fut profond, émouvant, et tout simplement parfait. Les évènements qui avaient amené Emma et Regina à se rencontrer étaient horribles. Ni le deuil ni la maltraitance ne conduisent normalement à une grande histoire d'amour. Mais sans ces temps difficiles, Emma et Regina savaient toutes les deux qu'elles n'auraient pas été ensemble. Oui, elles avaient souffert, mais elles en étaient sorties plus fortes, plus confiantes, et capables de profiter des belles choses de la vie. Et leur relation était l'une des plus belles choses au monde.
Voilà, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre, bonne fin de semaine et à vendredi! :)
