Coucou, j'espère que vous allez bien. Désolée je n'ai pas pu poster hier, j'ai vraiment été débordée. Mais je pense que vous trouverez que ça valait le coup d'attendre pour ce chapitre, bonne lecture!
Chapitre 32 Emménagement
« Qu'est-ce que tu fais ? » s'exclama Emma en entrant dans sa chambre.
« Je vais descendre ça, » dit Regina, qui fronça les sourcils devant l'expression paniquée de sa compagne.
« Tu es enceinte, » dit Emma, qui se précipita pour prendre le carton des mains de Regina. « T'es pas censée porter des trucs. »
Regina leva les yeux au ciel. « C'est juste quelques affaires de toilette. Ce n'est pas comme si c'était un de tes cartons plein d'atlas. »
« Eh ! » gronda Emma. « Ne te moque pas de mes atlas ! »
« C'est vrai que les atlas sont utiles et d'ailleurs j'en ai un. Un Emma. Toi tu en as au moins une douzaine. »
« Ils sont tous différents, » protesta Emma. « De toute façon là n'est pas la question. Tu es enceinte, que ce soit lourd ou pas, je veux pas que tu fasses quoi que ce soit qui puisse faire du mal au bébé. »
Regina sourit devant l'évidente préoccupation d'Emma et se pencha pour l'embrasser sur la joue. « Tu es adorable, » murmura-t-elle lorsqu'elle recula.
« Et toi tu portes une vie bien plus précieuse que des cartons, » répondit Emma.
« Dans ce cas je vais m'asseoir sur le lit et te regarder tout emballer. »
« Eh ben…en fait, » dit Emma, « tu pourrais peut-être plier des vêtements, non ? »
Regina éclata de rire. « Tu en es sûre ? Il ne faudrait pas que cet effort soit trop intense pour le bébé. »
« Oui, mais ne porte pas la valise quand tu l'auras faite, » avertit Emma en sortant de la chambre avec le carton d'affaires de toilette, laissant Regina se débrouiller avec le contenu de son armoire.
C'était samedi après-midi et les Swan avaient presque fini leurs cartons. Henry avait surpris tout le monde en terminant les tâches qui lui étaient dévolues bien plus tôt que prévu. Il était allé passer la journée chez Nick et Ava, en promettant d'être de retour à temps pour aller au cottage avec les deux déménageurs qu'Emma avait engagés pour le week-end. Regina aidait autant qu'Emma le lui permettait, mais l'instinct maternel et protecteur de la blonde était à son maximum.
À six heures du soir cependant, le camion de déménagement était plein et prêt à partir. Emma et Henry s'étaient débarrassés de pas mal de leurs affaires en quittant New York, ce qui rendit les choses plus faciles. Emma conduisit prudemment dans Portland, Henry assis à côté d'elle et Regina sur le deuxième siège passager. Elle préférait conduire le grand véhicule, sa famille à ses côtés. Lorsqu'ils se garèrent devant le cottage de Regina, le jour printanier tombait déjà. Ils s'étaient mis d'accord pour ne décharger que quelques cartons et finir le reste le lendemain. Ils en avaient tous les trois assez d'emballer et de déballer pour la journée. Ils prirent donc chacun un carton, Regina portant le plus léger avant d'emprunter le sentier du jardin.
Emma afficha un large sourire lorsque Regina se tourna vers le porche et leur tendit deux nouvelles clés brillantes. Elle en prit une, Henry la seconde.
« Bienvenue chez nous, » dit Regina, qui se décala sur le côté pour laisser à l'un des Swan l'honneur d'ouvrir la porte d'entrée.
Sous l'approbation de sa mère, Henry fit un pas en avant.
C'était idiot, c'est vrai. Ce n'était qu'un bout de métal, après tout. Mais au moment où la serrure s'ouvrit, Emma sentit les larmes lui monter aux yeux. La porte s'ouvrit lentement, dévoilant le hall d'entrée de leur nouvelle maison. C'était une vue à laquelle elle avait pu assister des centaines de fois, mais jusqu'à présent, d'une certaine façon, tout était différent. C'était leur maison. À elle, à Regina, et au bébé. Leur maison de famille.
« Allez, viens » dit Regina, prenant la blonde immobile par la main et pour lui faire franchir le pas de la porte.
Henry était déjà entré, ses pas faisant craquer les marches de l'escalier avant même que les deux femmes n'eurent refermé la porte d'entrée.
« Ça parait… différent ici, » dit Emma, debout dans le couloir étroit.
« J'ai éteint le poêle, » fit remarquer Regina. « Il faisait trop chaud le soir donc j'ai décidé de l'éteindre. L'hiver est officiellement terminé et je vais devoir cuisiner à nouveau avec cette maudite cuisinière électrique. »
« C'est pas ça, » dit Emma en secouant la tête avant d'avancer lentement dans la maison. « Je ressens comme… un bonheur. »
« Tu es heureuse d'être ici ? » demanda Regina.
« Oui, mais c'est plus que ça. C'est le fait d'être ici, la maison, tout. C'est ça le bonheur. »
« Je suis heureuse, moi aussi, » dit Regina avec un sourire. « Je suis plus heureuse que je ne l'ai jamais été. Et c'est grâce à toi, Emma. Henry et toi, vous me rendez heureuse et maintenant que nous allons vivre ensemble, je n'arrive pas à imaginer ce qui pourrait rendre ma vie plus belle. »
« Un bébé ? » suggéra Emma.
« Oh oui, peut-être qu'un bébé serait la cerise sur le gâteau. »
« C'est moi le gâteau ? » demanda Emma, qui attira Regina à elle avec un sourire coquin.
« Tu es aussi délicieuse qu'un gâteau, » dit la brune en riant, mais le son fut bientôt étouffé par les lèvres d'Emma.
« Maman, on peut…oh non sérieux ? » grimaça Henry lorsqu'il émergea en bas de l'escalier et trouva Emma et Regina blotties dans les bras l'une de l'autre.
« Qu'est-ce qu'il y a mon grand ? » demanda Emma en se tournant vers Henry, sans pour autant se détacher de Regina, même quand celle-ci essaya de s'éloigner.
« On peut commander quelque chose à manger ? Pour fêter notre emménagement avec Regina. »
Regina afficha un regard coupable lorsqu'Emma l'interrogea du regard.
« Quoi ? » demanda Emma, intriguée.
« Em…les livreurs ne viennent pas jusqu'ici, » admit Regina. Le cottage est trop loin de la ville pour que ça soit rentable. »
« Tu rigoles ? » s'exclama Henry. « Mais et notre tradition du vendredi ? »
« On n'aura qu'à aller chercher des plats à emporter, » suggéra Emma. « C'est pas très écologique mais si mon fils insiste pour avoir une pizza, il aura une pizza. »
« On peut commander italien plutôt ? demanda Henry.
« La Sicile te manque déjà ? » sourit Regina.
« Un peu, » admit Henry.
« Vas-y, cherche des restos italiens à emporter sur Google, » dit Emma.
« Merci, M'man. Regina, c'est quoi ton mot de passe Wifi ? » demanda Henry en se tournant vers la brune.
Regina rougit. Emma éclata de rire en voyant le rouge lui monter aux joues plus vite qu'elle ne l'avait jamais vu. »
« Oh mon Dieu, qu'est-ce que t'as mis ? » s'exclama Emma.
« Regina Swan. »
Emma cligna des yeux. Les sourcils d'Henry se haussèrent jusqu'à son front.
Il y eut un silence pesant.
« Euh, avec des majuscules ou des espaces ? »
« Non, » dit Regina, qui regardait tout sauf Emma.
Sans un mot, l'adolescent disparut de nouveau à l'étage, laissant le couple debout dans le couloir.
« Une tasse de thé ? » dit finalement Emma.
« Oui, s'il te plait, » acquiesça Regina.
Les deux semaines de vacances leur semblèrent être passées à toute vitesse quand le lundi matin suivant, Regina, Emma et Henry descendirent de la voiture d'Emma. Le collège était calme car beaucoup d'élèves n'étaient pas encore là. Henry leur fit un signe avant de se diriger vers sa salle de cours, tandis qu'Emma et Regina prirent le chemin de la salle des professeurs, main dans la main. Leur relation n'était plus un secret mais la grossesse, cachée par un long chemisier ce matin-là, n'avait pas encore été annoncée.
« Pas encore, » avait insisté Regina la veille. « Gardons ça pour nous aussi longtemps qu'on pourra.. »
La nouvelle de leur emménagement ensemble, par contre, avait été divulguée quand Henry avait posté sur Facebook une photo de sa mère à l'intérieur d'un grand carton et l'avait taggée. Emma avait râlé quand les notifications avaient commencé à saturer l'écran de son portable. C'était loin d'être sa meilleure photo. Mais entendre l'éclat de rire de Regina en voyant sa compagne accroupie dans le carton qui contenait auparavant des manteaux d'hiver avait valu la peine qu'elle supporte cette gêne.
« Vous perdez pas de temps, » dit Ruby en traversant la salle des professeurs à la hâte pour enlacer les deux femmes dès qu'elles furent entrées.
« Stéréotypes lesbiens, juste ici, » taquina Emma.
« Vous pourriez peut-être parler à Elsa pour moi, » dit Ruby en riant.
« Ça ne fait que cinq mois que vous êtes ensemble, » lui rappela Regina. « Je suis sûre que les choses vont évoluer avec le temps. »
« Vous deux, ça ne fait que quatre mois, » répliqua Ruby. « Et j'ai pas l'impression que vous ayez l'intention de ralentir les choses. Tu lui as déjà posé la question ? » demanda-t-elle en se tournant vers Emma.
La blonde laissa échapper un rire guttural et évita soigneusement de regarder Regina, dont les oreilles rosissaient.
« Alors, tes vacances, raconte ? » demanda Emma tout en se dirigeant vers la machine à café pour prendre deux sachets de thé. Puisque Regina ne pouvait pas boire de café, le moins qu'Emma puisse faire était de la soutenir en s'en passant, elle aussi.
« Ennuyeuses, » dit Ruby en haussant les épaules. « Elsa est allée en Suède avec sa sœur. J'ai trainé avec Rose quelquefois mais j'ai surtout préparé mes cours et fait du vélo.
Emma avait été surprise d'apprendre que Ruby était une férue de cyclisme. Dès l'arrivée du printemps, la brune sortait à chaque fois qu'elle avait un moment, penchée sur son guidon, le vent fouettant son visage tandis qu'elle descendait à toute vitesse les collines qu'elle venait juste d'escalader. Emma avait fait l'erreur d'accepter d'accompagner Ruby un week-end, début mars. Elle avait eu mal aux jambes durant les cinq jours suivants et la rougeur entre ses cuisses avait mis plus d'une semaine à s'estomper.
« Tu participes encore au Pedalpalooza cette année ? » demanda Regina.
« Oui, » acquiesça Ruby. « Et je suis déjà inscrite pour la Grande Route.
« C'est quoi le Pedalpalooza ? » demanda Emma.
« Une randonnée à vélo dans les landes qu'ils organisent à chaque été. Le parcours le plus court est de 55 kilomètres, puis il y en a un de 100 kilomètres, et le plus long est de 175 kilomètres. »
« 175 kilomètres ? » s'exclama Emma. « La vache, ma vieille ! Tu m'impressionnes ! »
« C'est vraiment sympa, » sourit Ruby. « J'y vais tous les ans. »
« Peut-être qu'on pourrait venir t'encourager ? » proposa Regina.
« Ouais, » sourit Emma en tendant une tasse de thé à Regina. « Un pique-nique dans les landes est bien plus mon truc qu'une randonnée à vélo dans des côtes. »
Regina, Ruby et Emma se dirigèrent vers leur coin habituel et s'assirent, continuant à parler de leurs projets pour l'été. C'était ça le truc quand on était prof. Tout le monde disait toujours que les grandes vacances étaient le meilleur avantage de ce métier mais en fait ça voulait dire que les profs passaient leur vie entière à compter les jours séparant le jour de la rentrée du jour des prochaines vacances, six semaines plus tard. Le temps ne passe jamais assez vite quand on a hâte mais la vie défile en un clin d'œil, et les gens sont trop occupés à attendre d'être libres pour en profiter. Mais après tout ce par quoi elles étaient passées, Emma et Regina étaient déterminées à vivre chaque instant de leur vie ensemble, et à profiter de l'instant présent tout en envisageant leur avenir.
Emma et Henry s'habituèrent rapidement à leur nouvelle maison, Regina rayonnant de bonheur en pensant à la facilité avec laquelle tous les trois s'étaient adaptés à la situation. Au bout d'une semaine, les chaussettes d'Henry étaient éparpillées partout dans la maison. Regina refermait tous les soirs le tube de dentifrice d'Emma avant de se coucher, et Regina avait fait don d'une bonne partie des vêtements qu'elle ne mettait plus afin de faire de la place dans son armoire pour les affaires d'Emma. La maison était plus bruyante que d'habitude, les rires et les conversations remplissant l'atmosphère et faisant sentir à Regina qu'elle faisait enfin partie d'une famille.
Regina et Henry avaient même eu leur première dispute, à peu près trois semaines après leur emménagement, un samedi matin. Henry était allongé par terre, à regarder la télévision en jouant sur son téléphone quand Regina avait poliment demandé à l'adolescent de vider le lave-vaisselle. Il avait acquiescé mais quand Regina et Emma étaient rentrées de leur rendez-vous de routine chez le médecin, il n'avait toujours rien fait.
« Ça fait trois heures qu'on est parties, Henry, » dit Regina, debout dans l'entrée, les mains sur les hanches. «Et tu n'as pas bougé d'un pouce. »
« Je suis crevé, » râla-t-il. « On est samedi, Regina. J'ai le droit de souffler un peu. »
« Moi aussi j'aimerais bien me reposer, » rétorqua Regina. « Alors tu te débrouillera pour faire ton repas ce soir. »
« Quoi ? » protesta Henry en fronçant les sourcils, avant de se tourner sur le côté pour regarder la jeune femme debout dans l'entrée. « Quel rapport ? »
« J'ai cuisiné hier soir, Henry. Emma a rempli le lave-vaisselle avant d'aller se coucher et maintenant je te demande gentiment de le vider. Je ne vais pas tout faire pour toi maintenant que tu vis ici. Tu dois faire ta part, toi aussi. »
« OK, » cria Henry, en se levant à contrecœur, en frappant du pied quand il dépassa Regina avant de se diriger vers la cuisine. Emma se tenait à l'écart, écoutant ce qui se passait.
Regina poussa un profond soupir et se passa la main dans les cheveux. Son corps tendu se relaxa visiblement lorsqu'elle sentit Emma lui caresser le dos.
« Est-ce que ça va ? » demanda la blonde. Elle avait garé la voiture au garage et était entrée dans la maison au milieu de la conversation tendue.
« Désolée, » dit Regina. « Je n'avais pas l'intention de gronder ton fils. »
« Non, non, tu as eu raison, » assura Emma. « C'est un gros fainéant quelquefois pour ce qui est des tâches ménagères. »
Tandis qu'elle parlait, le bruit des portes des placards qui claquaient ainsi que le tintement de la vaisselle se fit entendre depuis la cuisine. Regina baissa la tête.
« Tu vas bien ? » demanda Emma.
« C'est juste…le fait de l'avoir vue pour la première fois, » dit Regina, en levant les yeux sur le visage inquiet d'Emma. « C'est réel, tu vois. » Ses mains descendirent caresser son estomac.
Emma repensa à leur visite chez le médecin dans la matinée. Regina avait sursauté quand le gel avait giclé sur son ventre, poussant un léger cri lorsque le son des battements du cœur du bébé avait résonné sur les murs. C'était l'échographie de la seizième semaine et la première fois qu'elle avait vu plus qu'un amas de cellules sur le moniteur. Le bébé ne ressemblait pas encore vraiment à un être humain mais on pouvait distinguer sa tête, ses bras et ses jambes repliées sous elle. Car oui, c'était elle. Lorsque le médecin avait demandé aux deux femmes si elles voulaient connaitre le sexe, Regina avait dit oui tout de suite. Son étreinte sur la main d'Emma s'était resserrée, lui faisant presque mal quand le médecin s'était tourné vers l'écran pour vérifier une deuxième fois avant de le leur dire.
« Est-ce que je suis une horrible personne ? » demanda Regina.
« Parce que tu as crié sur Henry ? » demanda Emma en fronçant les sourcils. « Pas du tout, tu es simplement humaine. »
« Non, » dit Regina en secouant la tête. « Parce que j'ai été soulagée quand on nous a dit que c'était une fille. »
« Oh.»
Emma regarda le visage tourmenté face à elle et la souffrance qu'elle y vit lui brisa le cœur. Personne ne méritait de ressentir ça en pensant à son futur bébé. Regina aimait sa future enfant, bien sûr. Mais il y avait aussi ce poids pesant, le poids de son passé qui l'oppressait à chaque fois qu'elle pensait à la vie qui grandissait en elle.
« Non, affirma Emma. « Et si tu l'es, alors moi aussi. »
Regina écarquilla les yeux. « Tu as ressenti la même chose ? »
« Oui, » admit Emma. « Ces dernières semaines, je me suis surprise à espérer que ce serait une fille. Je me maudissais intérieurement parce que le plus important c'est que ce bébé soit heureux et en bonne santé. Mais quand je laissais mon petit démon intérieur s'exprimer, je savais que je voulais que ce soit une fille. Je veux dire, ça la distingue encore un peu plus de son père, non ? Elle a moins de chance de nous le rappeler s'ils ne partagent pas le même genre. Ils se ressembleront moins, ils paraitront plus éloignés. Je veux dire, je sais que c'est que des suppositions et que c'est possible qu'elle lui ressemble beaucoup, mais je crois que mon optimisme à toute épreuve me fait penser que ce sera plus simple puisque c'est une fille. »
« Moi aussi, je le pense. » murmura Regina.
Henry choisit ce moment pour sortir de la cuisine, mais il s'arrêta en voyant les deux femmes debout devant lui.
« Est-ce que tout va bien ? » demanda-t-il, remarquant tout de suite les larmes sur leurs joues. « C'est le bébé ? »
« Non, » lui assura Regina. « Tout va bien pour elle. En fait, on nous a annoncé que j'attendais une petite fille. »
Le visage d'Henry afficha un large sourire. « Félicitations ! » dit-il. « Une petite sœur pour jouer avec moi. »
Emma les prit tous les deux dans ses bras, serrant très fort sa petite, mais bientôt plus nombreuse famille.
« Excuse-moi pour le lave-vaisselle, Regina, » dit Henry lorsqu'ils se détachèrent. « J'ai tout rangé mais je sais pas où tu mets les coquetiers, alors je les ai laissés sur le plan de travail. »
« Merci, » dit Regina. « Et pardon d'avoir crié. Ca a juste été une matinée intense et c'est toi qui as tout pris. Je n'aurais pas dû réagir comme ça et ça n'arrivera plus. »
« Oh si, ça arrivera, » dit Henry. « Mais c'est pas grave. Comme t'es enceinte, t'as le droit d'être vache, c'est les hormones. »
Regina haussa les sourcils mais Emma éclata de rire.
« Fais gaffe mon grand sinon Regina risque de te saquer sur ton devoir d'histoire. »
« Rho, m'en parle pas, je l'ai pas encore fait, » grogna Henry.
« Tu n'as même pas commencé ? » s'exclama Regina. « Henry, c'est pour lundi. »
« Vous vous rappelez quand j'ai dit que ce serait cool d'avoir deux mamans ? » soupira-t-il.
Regina et Emma éclatèrent de rire.
« Vas-y, commence à le faire pendant que je fais à manger. Quand tu auras une introduction qui tient la route tu pourras descendre, » lui dit Emma.
« Tu me prives de nourriture ? C'est de la maltraitance. »
« Henry, tu as pris au moins vingt centimètres cette année et je suis au courant que tu as un tas de barres de chocolat dans ta chambre. Je crois pas que tu mourras de faim pour avoir attendu quelques heures avant le repas, » répondit Emma.
« Je vais appeler les services sociaux, » cria Henry depuis le bas de l'escalier avant de disparaitre.
Après avoir entendu la porte claquer, Regina se tourna vers Emma. « Tu crois que les filles sont plus faciles à gérer que les garçons ? »
« J'en sais rien, » dit Emma en se dirigeant vers la cuisine avant de ranger les coquetiers sur la première étagère au-dessus de l'évier. « J'en ai jamais eue, si ? »
« J'espère qu'elles le sont, » soupira Regina.
« C'est un défi d'élever des enfants, » dit Emma. « Mais on le fera ensemble et je suis sûre que tout ira bien. »
Regina sourit en commençant à préparer des légumes pour le déjeuner.
« Alors, si on reparlait du nom du bébé ? » demanda Emma. « Qu'est-ce que tu penses de Polly ? »
La nouvelle de la grossesse de Regina éclata pendant la semaine précédant les vacances. Son ventre, s'était arrondi, la vie qu'il portait grandissant jour après jour jusqu'à devenir impossible à cacher. En fait, les gens l'avaient remarqué il y a des semaines mais ce ne fut que fin mai que Rose trouva finalement le courage de lui poser la question.
« Regina, est-ce que tu es…enceinte ? » demanda nerveusement Rose, s'attendant déjà à ce que Regina lui reproche de l'avoir traitée de grosse.
« Oui, » confirma immédiatement Regina.
Rose et Ruby laissèrent tomber leurs fourchettes toutes les deux en même temps, le métal résonnant sur la table du réfectoire attirant l'attention de beaucoup de leurs collègues.
« Est-ce qu'il est de… »
« Robin ? Oui, » acquiesça Regina.
« Je, euh, je sais pas quoi dire, » admit Ruby.
« Tu pourrais dire félicitations, » suggéra Emma, ses doigts enlacés à ceux de Regina sous la table.
« Bien sûr, » dit Rose. « Félicitations Regina, et Emma ? » ajouta-t-elle après coup.
« Merci, » répondirent les deux femmes d'une seule voix.
« C'est pour ça que vous avez décidé d'emménager ensemble ? » demanda Ruby.
« Ca a probablement été l'élément déclencheur, » acquiesça Emma. « Mais ça serait arrivé tôt ou tard, même sans la petite Gertrude. »
« Gertrude ? » répéta Rose, les sourcils froncés
« J'aime bien ce nom, » protesta Emma. « Je trouve ça mignon, on l'appellerait Gertie. »
« C'est horrible, » répondit Regina. « Hors de question de l'appeler Gertrude. »
« C'est une fille ? » demanda Rose.
« Oui, » répondit Regina. « Nous l'avons appris il y a deux semaines et Emma passe son temps à débiter des prénoms plus ridicules les uns que les autres depuis. »
« Ils n'étaient pas tous ridicules. Et Polly ? »
« Mais cette proposition somme toute acceptable a été suivie d'Holly, de Molly, de Dolly et de Golly, ce qui fait que tu as gâché tous ces prénoms à mes yeux. »
« Golly ? C'est un prénom, ça ? » demanda Ruby.
« Une de mes voisines avait un chat qui s'appelait Golly quand j'étais dans une de mes familles d'accueil, » dit Emma en haussant les épaules.
« Mais Regina ne va pas avoir un bébé chat, » répondit Rose.
« C'était juste une suggestion, » soupira Emma, qui baissa les bras en signe de reddition.
« Alors je t'en prie, arrête tes suggestions, » gloussa Regina.
« C'est quand, ton terme ? » demanda Ruby.
« Fin septembre, » répondit Regina. « Ce qui veut dire que je vais devoir le dire à Mr Gold assez vite pour qu'il me trouve un remplaçant à partir de cet automne. »
« Mais tu reviens après ton congé, pas vrai ? » demanda Rose, inquiète.
« Bien sûr, » dit Regina en riant. « Mais j'aimerais prendre au moins un an. Je n'ai pas envie de la mettre à la crèche avant même qu'elle sache marcher. »
« Hortensia, » dit Emma.
« Comme la fleur ? » dit Regina, les sourcils froncés.
« Oui. »
« Non. »
Emma avait réussi à convaincre Regina que comme c'était le dernier jour des vacances, cinq portions de poulet au curry étaient une commande parfaitement acceptable pour trois personnes. C'est ainsi que, ce vendredi soir, quand elles passèrent la porte toutes les deux, Emma avait les bras chargés boites de nourriture.
« Henry ! On apporte le diner ! » cria la blonde.
Henry était rentré du collège en vélo, ce qui lui arrivait très souvent maintenant que la chaleur de mai était arrivée. Regina et Emma étaient restées après la sonnerie pour faire part à Mr Gold de la grossesse de Regina. Malgré le fait que Rose et Ruby ne l'aient appris que deux jours auparavant, grâce à la propension du collège de Storybrooke pour les ragots, il était déjà au courant. L'année sabbatique de Regina lui avait été accordée sans difficulté et les deux femmes avaient accueilli ses félicitations avec un grand sourire.
« Va chercher les assiettes pendant que je fais le tri dans tout ce qu'on a, » dit Emma en se dirigeant vers le salon.
Regina se dirigea vers la cuisine et prit une poignée de cuillères et trois fourchettes dans le tiroir. Elle marqua une pause, sa main planant au-dessus des couteaux. Non, après tout, c'étaient des plats indiens. Juste au moment où elle retourna dans le couloir, le téléphone sonna.
Donne ça à ta mère, » dit Regina à Henry qui était apparu en bas des escaliers et prit rapidement les couverts.
Elle saisit le combiné et le mit à son oreille. « Allo, Regina à l'appareil. »
Il y eut une légère pause, suivie d'un lointain cliquetis.
« Un détenu du pénitencier de Bay State cherche à vous contacter. Pour accepter l'appel, appuyez sur la touche un. »
Et voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu et que ça a compensé le retard. Bon week-end et à bientôt. Je décalerai peut-être le suivant à mardi, pour vous laisser le temps de lire! Bisous!
