Coucou, bon lundi à vous, j'espère que le week-end s'est bien passé. Merci encore pour vos reviews, bon comme je vois que vous suppliez pour avoir ce chapitre aujourd'hui, j'ai décidé de vous prendre en pitié lol. Bonne lecture!
Chapitre 33 Appuyez sur la touche un
Regina reposa violemment le téléphone sur son socle et agrippa le coin de la table du hall d'entrée.
« Est-ce que ça va ? » lui cria Emma depuis le salon.
« Euh…Oui, ça va, » cria Regina, ses ongles s'enfonçant dans le bois, les phalanges blanches et tendues. Elle prit une profonde inspiration et expira lentement, essayant de calmer son cœur qui battait à tout rompre. Tout allait bien, pensa-t-elle. Elle ne lui avait pas parlé. Elle ne lui parlerait pas. Tout se passerait bien. Inspirant à nouveau profondément, Regina relâcha le coin de la table avant de rejoindre sa famille.
« Qui c'était ? » demanda Emma quand Regina passa la porte du salon.
« Un vendeur quelconque, » répondit Regina à la hâte. « Je n'ai pas encore eu l'occasion de nous mettre sur liste rouge. »
« Et t'as voulu le rendre sourd ou casser ton téléphone ? » demanda Henry, qui se servit une grosse portion d'aloo gobi.
« Il m'a échappé des mains, » répondit sèchement Regina. « Quel film est-ce qu'on regarde ? »
Juste au moment où Emma lui montrait leur deux choix possibles de DVDs, le téléphone sonna à nouveau.
« Ne décroche pas! » aboya Regina aussitôt qu'Emma, qui était la plus proche de la porte, se disposa à répondre.
Fronçant légèrement les sourcils, la blonde se rassit sur sa chaise, observant avec inquiétude la jeune femme qui venait d'arracher avec colère un morceau de pain naan pour le tremper vigoureusement dans le massala. La sauce riche gicla sur la table, et Regina poussa un juron.
La sonnerie stridente du téléphone cessa soudainement et la maison resta silencieuse, Emma et Henry regardant Regina avec inquiétude.
« Si on regardait Spectre, » dit soudain la brune. « Je crois que je suis d'humeur à voir des gens se faire tirer dessus. »
Plus tard ce soir-là, lorsqu'Emma grimpa sur le lit à côté de Regina, celle-ci refusa ses caresses pour la première fois depuis qu'elles étaient ensemble. Emma hésita, voulant s'approcher à nouveau, et surtout savoir ce qui se passait car il était clair que quelque chose avait énervé la brune. Mais Regina lui tournait résolument le dos et même si les doigts d'Emma avaient une furieuse envie de faire glisser la fine bretelle de la nuisette de Regina de ses épaules délicates, sa position défensive et inhospitalière l'en dissuada.
Le week-end entier fut tendu. Regina était plus silencieuse que d'habitude, faisant les cent pas dans la maison d'une manière distante et préoccupée. Emma tenta de lui demander ce qui n'allait pas mais Regina éluda le sujet, prétendant qu'elle était juste inquiète de la manière dont ses élèves allaient s'en sortir face aux examens qui approchaient. Henry remarqua un changement lui aussi, demandant même à Emma ce qui se passait le dimanche après-midi, alors que Regina était sortie faire des courses.
« Je sais pas ce qu'elle a, » admit Emma. « J'ai essayé de lui parler mais elle ne veut rien me dire. »
« Tu crois que c'est le bébé ? » demanda Henry.
« Non, » répondit Emma. « Elle me l'aurait dit s'il y avait un problème avec le bébé, j'en suis sûre. »
Mais Emma n'était plus sûre de rien. Elle et Regina avaient toujours parlé de leurs ennuis jusque-là. Et leur relation, bien que récente, avait déjà dû faire face à des problèmes qui semblaient insurmontables et en était ressortie plus forte que jamais. Alors, pour quelle raison Regina refusait-elle de lui dire ce qui la perturbait, à présent ? Que pouvait-il se passer de si grave qu'elles ne puissent pas y faire face ensemble ?
Le trio avait décidé plusieurs semaines auparavant de rester à la maison pour les vacances cette fois-ci. Henry devait réviser pour ses examens et Emma et Regina avaient toutes les deux envie de passer du temps ensemble dans leur maison. Mais lorsque le lundi matin arriva, Emma regretta ce choix. Changer d'air leur aurait peut-être fait du bien, pensa-t-elle lorsqu'elle se réveilla et trouva le côté du lit de Regina vide et froid.
Elle la trouva au bout de vingt minutes, occupée à creuser au fond du jardin. Le potager prenait forme, les feuilles sombres des plants de pommes de terre flottant déjà sous la brise fraiche et ceux de haricots grimpant peu à peu sur leurs tuteurs en bambou.
« Eh, » dit Emma en s'emmitouflant davantage dans son cardigan en enjambant un râteau abandonné avant d'avancer prudemment le long d'une planche en bois au milieu des plantations pour rejoindre sa compagne. « Tu plantes quoi ? »
« Des épinards, » dit Regina sans lever les yeux.
« Henry va être ravi, » gloussa Emma. C'était de loin le légume qu'il détestait le plus. « Je t'ai apporté une tasse de thé. »
« Merci, » dit Regina quand la tasse fut posée sur le sol à côté d'elle.
Il y eut une pause, Emma sirotant sa propre boisson tout en jetant un coup d'œil sur les champs en contrebas de la colline et en dehors de leur cottage. Ils étaient vides à présent mais deux semaines plus tôt, ils étaient peuplés de brebis, les doux bêlements devenant un son constant et apaisant dans leurs vies. Mais le fermier du coin les avait déplacées, pour laisser à l'herbe le temps de repousser. Les brebis ne reviendraient pas dans ce champ avant le milieu de l'été maintenant et Emma regrettait de ne plus les voir brouter paisiblement dans la prairie luxuriante.
« Tu as des projets pour aujourd'hui ? »
« Je veux planter quelques laitues et des choux à cet endroit, là-bas, » répondit Regina, en désignant le coin au fond du jardin. « Si je ne le fais pas maintenant, nous n'en aurons pas cet automne. »
« Tu veux que je t'aide ? »
Regina leva enfin les yeux qui se posèrent sur le sourire prudent d'Emma. « Tu détestes jardiner, pourquoi voudrais-tu m'aider ? »
« Parce que j'ai envie de passer du temps avec toi, » dit Emma. « Je…j'ai l'impression que je t'ai pas beaucoup vue ces jours-ci et j'ai pensé qu'on aurait pu faire ça ensemble. »
« Comme tu veux, » dit Regina en reprenant son travail.
« Regina, qu'est-ce que… »
« Maman ! »
Le cri d'Henry depuis la porte de derrière interrompit Emma dans sa question et la fit se retourner vers la maison.
« Quoi ? » cria-t-elle.
« On va être en retard si on n'y va pas maintenant. »
« Merde, » murmura Emma. « J'ai oublié que c'est la sortie d'anniversaire de Nick et Ava. Ils vont au parc Woodland et j'ai promis de les emmener vu qu'il n'y a pas de bus direct d'ici. C'est si loin que j'avais prévu de rester aussi au lieu de refaire plus d'une heure de trajet jusqu'à la maison pour devoir les récupérer ensuite. Désolée. »
« Pas de problème, je suppose qu'on se voit plus tard, » dit Regina.
« Je reviens vers six heures, » dit Emma en se penchant pour déposer un baiser au sommet du crâne de Regina. « Je t'aime. »
Il n'y eut aucune réponse et Emma fit demi-tour, remontant l'allée du jardin.
L'eau était noire et pleine de graviers lorsque Regina se lava les mains, plus tard dans l'après-midi. Elle avait passé la journée entière à jardiner, ne consentant à prendre une pause pour déjeuner que quand son bébé avait insisté pour qu'elle mange quelques sardines, avant de retourner dans le coin des légumes pour finir ses plantations. Quand la dernière trace de terre eut enfin disparu de sous ses ongles, Regina éteignit la lumière de la buanderie et se dirigea vers la cuisine. Juste au moment où elle passa devant la table du hall d'entrée, le téléphone sonna.
Elle sursauta, le son strident faisant palpiter son cœur à nouveau. Elle fixa le téléphone, se demandant ce qu'elle devait faire. Depuis le vendredi soir, chaque coup de téléphone la faisait tressaillir. Aucun d'eux n'avait été de lui, pourtant. Celui-ci n'avait probablement rien à voir non plus. En fait, elle attendait un appel de sa mère, qui venait juste de rentrer de ses vacances en Alaska et qui avait dit qu'elle appellerait pour prendre des nouvelles de sa fille et de sa petite-fille. Oui, c'était sûrement Cora, tenant pour la première fois de sa vie une promesse de contacter Regina quand elle avait dit qu'elle le ferait.
« Allo ? » dit Regina en plaçant le combiné à son oreille.
« Un détenu du pénitencier de Bay State cherche à vous joindre. Pour accepter l'appel, veuillez appuyer sur la touche un. »
La voix était claire et distincte, un message préenregistré ne transmettant aucune émotion. Cette phrase tournait dans sa tête encore et encore depuis trois jours maintenant, la tourmentant sans relâche alors qu'elle pensait à ce qui se passerait si elle obéissait à cet ordre automatique. Ses doigts tremblèrent tandis qu'elle éloignait le téléphone de sa tête, et au bout d'un moment, elle appuya sur le bouton.
« Regina ? »
« Robin. »
« Merci d'avoir pris mon appel, cette fois-ci. Il fallait que je te parle, » dit la voix familière. Elle n'avait pas changé, mais elle était étouffée, comme s'il était très loin. Ce qui était le cas, heureusement.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda Regina d'une voix faible tandis qu'elle s'appuyait sur le mur de l'entrée.
« J'ai parlé à ma mère la semaine dernière, » dit Robin. Regina eut soudain le cœur au bord des lèvres. Nauséeuse, elle serra le poing de sa main libre, ses ongles s'enfonçant douloureusement dans sa paume.
« Et alors ? »
« Et elle me l'a dit. »
Ce n'étaient que six petits mots, mais Regina sentit que tout son monde s'écroulait. Elle ferma les yeux et se laissa glisser contre le mur, sa main venant caresser son ventre.
« Ne t'approche pas de nous, Robin, » dit Regina d'une fois plus ferme, plus forte. Il fallait qu'elle soit forte, pour le bébé.
« C'est mon bébé à moi aussi, » rétorqua l'homme, à nouveau agressif.
« Tu n'as jamais voulu d'enfants! » dit Regina, en criant presque. « Tu n'as jamais voulu être père. Tu m'as forcée à tuer notre dernier bébé. »
« Et je parie que tu as voulu tuer celui-là aussi, » grogna Robin.
Il y eut un silence, Regina se couvrant la bouche de sa main pour empêcher un sanglot de douleur de lui échapper.
« Alors c'est vrai, » railla l'homme, qui comprit à la respiration haletante qu'il entendait à l'autre du fil qu'il avait raison. « Tu as voulu tuer ce bébé. Tu détestes l'idée qu'une partie de moi vive et grandisse à l'intérieur de toi, pas vrai ? Même si je suis en prison, tu ne peux pas te libérer de moi. Pourquoi tu ne l'as pas fait, Regina ? Pourquoi tu n'as pas tué mon enfant ? Je vais te dire pourquoi. C'est parce que tu es faible. Tu l'as toujours été et tu le seras toujours. Tu n'as pas le cran de te débarrasser de cet enfant parce que tu sais bien que tu as encore besoin de moi. Tu as toujours envie de moi et sais que dès que je sortirai, je viendrai vous chercher toi et cet enfant. On sera une famille. Tout redeviendra comme avant et tu seras à nouveau ma femme. »
« Je n'étais pas ta femme, » hurla Regina, le son se répercutant depuis son corps sur les murs de la maison vide. « J'étais ta prisonnière. Ton esclave. Ta servante. Et jamais plus je ne serai la femme que tu m'as fait devenir! Plus jamais ! »
« Je ne t'ai rien fait devenir, Regina, » dit Robin dans un éclat de rire mauvais. « Tu aimais ça. C'était ça que tu voulais. Tu as toujours aimé faire ce que je t'ordonnais, ce que je voulais que tu fasses. Tu es née pour être dominée et contrôlée et tu étais très douée pour ça en plus. J'espère que tu n'as pas oublié ce que j'attends de toi quand on sera réunis. »
« Tu ne t'approcheras plus jamais de moi, » cria Regina, tremblant de tous ses membres. « Tu ne t'approcheras plus de moi ni de ce bébé. Mon bébé, Robin. Pas le tien. Elle n'aura jamais rien à voir avec toi, tu m'entends ? »
« Elle ? » dit Robin. « Alors, c'est une fille. »
« Elle est à moi ! » cria Regina. « Pas à toi. Elle ne sera jamais à toi. Tu ne seras jamais… »
La porte s'ouvrit et Emma entra dans le cottage. Regina s'arrêta au milieu de sa phrase dès qu'elle entendit sa compagne rentrer et ses yeux fixèrent les orbes verts qui la regardaient avec confusion.
« Regina ? » s'exclama Emma, paniquant à la vue de la jeune femme assise par terre, une main sur son ventre et les larmes coulant sur ses joues.
« C'est qui ça ? » demanda Robin après un moment de silence de Regina. « Tu es la salope de qui, maintenant ? »
« Je ne suis pas sa salope! » rugit Regina. « Elle m'aime. » Emma se précipita à l'intérieur et s'accroupit en face de la brune, essayant de comprendre qui pouvait bien être à l'autre bout du fil.
« Elle ?» dit Robin d'une voix trahissant sa surprise. « Je suppose que ça explique pourquoi tu étais si peu intéressée quand j'ai invité Will dans notre lit pour ces occasions spéciales. T'aurais voulu que ce soit une femme, pas vrai ? »
« J'aurais voulu pouvoir vous tuer tous les deux, » siffla Regina. « J'aurais voulu avoir la force de vous repousser, de vous empêcher de me violer. Voilà ce que j'aurais voulu, Robin! »
Emma écarquilla les yeux et elle se pencha pour prendre le téléphone des mains de Regina.
« Ecoute-moi bien sale fils de pute, » cria Emma en se levant, avant de s'éloigner de plusieurs pas de Regina, qui resta assise sur le sol.
« Emma Swan, » dit Robin d'une voix trainante. « Tu t'es précipitée pour ramasser mes restes, pas vrai ? Comment tu la trouves ? Je trouve qu'elle est plutôt douée maintenant que je l'ai dressée. Même si elle doit être loin d'être aussi sexy qu'avant avec son gros ventre. »
« Ferme ta grande gueule espèce d'ordure! » hurla Emma. « Et e t'avise plus jamais de rappeler Regina ni de t'approcher d'elle ou de notre bébé. »
« Votre bébé ? » dit Robin en riant. « Quoi, parce que t'as une bite maintenant ? Tu crois que t'as engrossé ta petite garce, espèce de gouine ? »
« Fous le camp de notre vie et ne pense même pas à nous recontacter, » gronda Emma, la voix basse et menaçante.
Elle pressa le bouton rouge pour raccrocher avant de se pencher sous la table pour arracher une poignée de fils du mur. Elle les mit sur le côté avant d'enlacer la brune, qui sanglotait toujours.
Elles pleurèrent toutes les deux, les larmes coulant dans leurs cheveux et sur leurs vêtements tandis qu'elles restèrent assises là, se berçant doucement mutuellement. Au bout de quinze minutes, Emma parvint à se lever et à guider Regina jusqu'au salon, avant qu'elles ne s'asseyent sur le canapé, blotties dans les bras l'une de l'autre.
« Je n'aurais pas dû répondre, » murmura Regina une fois que ses larmes eurent finalement cessé. « Je savais que c'était lui, jamais je n'aurais dû prendre cet appel. »
« Comment tu l'as su ? » demanda Emma en sortant un mouchoir en papier de sa poche avant de s'en servir pour sécher les larmes de Regina.
« Il y a un message préenregistré qui te dit d'où vient l'appel et comment l'accepter. Et je ne connais personne d'autre au pénitencier de Bay State. »
« Pourquoi tu as répondu ? » demanda Emma.
« Il…il a appelé la semaine dernière, » avoua Regina.
« Vendredi soir ? »
« Oui, » dit la brune. « Je n'ai pas pris l'appel à ce moment-là, bien sûr, mais quand il a rappelé aujourd'hui, j'ai compris qu'il continuerait d'essayer jusqu'à ce que je réponde. »
« Qu'est-ce qu'il voulait ? » demanda Emma.
« Me dire qu'il était au courant. »
« Au courant de quoi ? »
« Il sait pour le bébé, » dit Regina, une expression presque coupable sur le visage.
« Comment ça se fait ? »
« Je l'ai dit à sa mère il y a quelques semaines, » dit Regina.
« À sa mère ? » dit Emma, les sourcils froncés. « Je savais même pas que tu étais toujours en contact avec ses parents. »
« Je ne suis pas vraiment en contact avec eux, » répondit Regina. « Mais elle m'a appelée plusieurs fois cette année et ça m'a échappé. Je veux dire, techniquement, c'est la grand-mère de cette enfant. »
« C'est la mère d'un violeur qui a parlé à ce violeur de ton bébé, » répondit Emma. « Tu n'avais pas l'intention de laisser la mère de Robin la voir, rassure-moi. »
« Pas vraiment, » dit Regina. « Elle vit toujours à Chelsea et son mari, le père de Robin, est très malade, donc ce n'est pas comme si elle avait pu venir la voir ici. »
« Alors, qu'est-ce que Robin t'a dit ? »
Le corps tout entier de Regina fut secoué de tremblements tandis que les mots de son ex-mari résonnaient dans sa tête. « Il a dit qu'il reviendrait nous chercher, la petite et moi, dès qu'il sortirait. » dit Regina, sa voix tremblant alors qu'elle récitait la menace, ou la promesse, de Robin.
« Il en a pris pour vingt ans, » lui rappela Emma.
« Mais s'il obtient une libération conditionnelle ? » dit Regina. « Il pourrait être dehors avant son dixième anniversaire. »
« On obtiendra une injonction d'éloignement. On s'assurera qu'il ne s'approche plus jamais de notre famille, » lui promit Emma.
« Tu ne peux pas me le promettre, » dit Regina. numé
« Si, je peux, » dit Emma. « Je te protègerai de cet homme, Regina. Toi et notre fille. Je te promets que Robin ne s'approchera plus jamais de vous. »
« Oui, mais s'il rappelait ? » dit Regina. « Je ne peux pas lui parler, Emma. Je ne peux pas. »
« Eh ben, je viens d'arracher ton fixe du mur, excuse-moi d'ailleurs, mais on va faire changer le numéro et se mettre sur liste rouge. Et tu as déjà changé de portable donc ça, c'est pas un problème. Tu prévois de rester en contact avec la mère de Robin ? »
« Je ne l'ai jamais vraiment appréciée, » admit Regina. « C'est déjà compliqué de s'entendre avec sa belle-mère, et étant donné qu'il est évident qu'elle est en bons termes avec son fils, je n'ai plus l'intention de lui parler. »
« Alors, il ne te retrouvera pas, » dit Emma. « Il n'a aucun autre moyen d'entrer en contact avec toi, alors, c'est fini. Il va passer le reste de sa vie en sachant que tu as une vie heureuse loin de lui, avec quelqu'un que tu aimes. »
« C'est vrai que je t'aime, » répondit immédiatement Regina, qui prit les mains d'Emma pour les serrer dans les siennes. « Je suis tellement désolée, Emma. »
« De quoi ? » demanda la blonde.
« De t'avoir mise à l'écart ce week-end. De ne pas t'avoir dit qui avait appelé vendredi soir. De me comporter comme une mégère insupportable en ce moment. »
Emma gloussa et serra Regina contre elle. « Tu as entièrement le droit de te comporter en mégère en ce moment avec tout ce que tu as traversé, sans parler des hormones. Qu'est-ce qu'elle t'a demandé à manger, ce midi ? » demanda-t-elle en posant sa main sur le ventre rond de Regina.
« Des sardines, » dit Regina.
« Je me disais bien que la maison sentait le poisson, » dit Emma en riant. « Et pour le diner, elle veut quoi ? »
« Des pâtes avec ta sauce au bacon, » répondit Regina, un petit sourire se dessinant au coin de ses lèvres.
« Vendu, » dit Emma. « Tu veux venir me tenir compagnie ou tu préfères te détendre sur le canapé en regardant un jeu stupide à la télé ? »
« Non, je viens avec toi, » dit Regina, qui se leva en même temps qu'Emma avant de la suivre dans la cuisine. « Tu m'as manqué. »
« J'étais juste là, » dit tendrement Emma en prenant une chaise pour Regina. « Je serai toujours là pour toi, mon amour, à chaque fois que tu auras besoin de moi. »
« J'ai toujours besoin de toi, » dit Regina en regardant Emma sortir tous les ingrédients.
« Tant mieux, » dit Emma. « Parce que moi aussi j'ai besoin de toi. De toi et de notre Sophie. »
« Sophie ? »
« Une autre idée de prénom pour le bébé, » dit Emma en adressant un sourire à Regina par-dessus son épaule tandis qu'elle ouvrait le paquet de bacon.
« J'aime bien, » dit Regina pour elle-même. « Sophie Swan, » dit-elle, pour voir comment ça sonnait.
Les tranches de bacon fouettèrent le sol de pierre, produisant un bruit gluant. Les joues de Regina rougirent quand Emma se tourna pour la fixer du regard, bouche bée.
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? » Les mots furent à peine plus hauts qu'un murmure, hésitants et incertains de la réponse qui allait suivre.
« Je…Je ne peux pas donner son nom à ce bébé, » dit Regina. «Elle ne peut pas s'appeler Mills, je ne peux pas faire ça. »
« Mais Mills était ton nom à l'origine, » lui rappela Emma.
« Je sais mais il l'a sali. Pendant toute la période où on a vécu ici, on nous a connus en tant que Mr et Mme Mills. Si je donne ce nom à notre enfant, je ne pourrai jamais me détacher complètement de lui, ni du souvenir de la femme qu'il a fait de moi. »
« Et alors…quoi ? Tu veux prendre le mien ? » dit Emma, les sourcils froncés, qui alla s'asseoir face à Regina à la petite table de salle à manger.
« C'est un joli nom, » répondit Regina.
« C'est un nom inventé, » expliqua Emma. « J'ai été abandonnée devant un hôpital et ils n'avaient aucune info sur moi. Et la couverture dans laquelle j'étais enveloppée était recouverte de petits cygnes donc ils m'ont appelée Swan, cygne en anglais. Mais pourquoi veux-tu… » s'arrêta-t-elle.
« Ce n'est pas un genre de demande en mariage bizarre. » s'empressa de préciser Regina. « Mais puisqu'on va élever cette enfant ensemble et qu'il lui faut un nom de famille, je préfère lui donner le tien plutôt que le mien. »
« Et ton mot de passe Wifi ? » s'enquit Emma.
« Tu me manquais un soir, et il se trouve que j'ai eu une panne d'internet, ce soir-là et que j'ai dû réinitialiser le mot de passe. Ça ne veut pas dire que… »
« Eh, c'est pas un reproche, » l'interrompit Emma. « Si tu veux la vérité, quand j'ai entendu ton prénom suivi de mon nom de famille, j'ai senti que je t'aimais plus que jamais. J'ai adoré ça, Regina. Je t'aime, et ce serait un honneur pour moi qu'un jour tu t'appelles Regina Swan mais…c'est peut-être encore un peu tôt, même pour nous. »
« Tu as raison, » dit Regina. « Et je n'attends pas…ça. »
« Le mariage ? » demanda Emma. Regina hocha la tête. « C'est pas un gros mot, bébé. On a déjà été mariées toutes les deux. »
« Oui, et ça s'est tellement bien passé pour moi, » dit amèrement Regina. « Et ne m'appelle pas bébé. »
« Désolée, » dit Emma en riant. « Et c'est vrai, ton mariage ne s'est pas bien passé. C'était même tout le contraire. Mais ça veut pas dire que tu pourras pas être heureuse la deuxième fois. Pas encore, mais plus tard. »
« Plus tard, » acquiesça Regina. « Mais pour l'instant, tu es d'accord avec Sophie Swan ? »
Emma sourit. « Pas de souci. »
Les deux femmes se penchèrent au-dessus de la table pour s'embrasser tendrement.
« Je ferais mieux de me remettre à préparer le diner, tu crois pas ? » dit Emma quand leurs lèvres se détachèrent. « Est-ce que tu as d'autre bacon ? » demanda-t-elle en ramassant les tranches de viande sur le sol.
« Il devrait y avoir un autre paquet sur l'étagère du haut, » dit Regina.
« Une autre raison pour laquelle je t'aime, » dit Emma. « Tu as toujours du bacon en réserve. »
Regina éclata de rire et se cala confortablement contre le dossier de sa chaise. Tout irait bien. Tout allait bien se passer. Tant qu'Emma serait à ses côtés, elle savait qu'elle serait heureuse.
Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu, à mercredi pour la suite! :)
