Coucou, j'espère que vous allez bien, moi ça va même si je suis assez débordée au travail en ce moment et qu'en plus il fait trop chaud! lol. Je veux une piscine avec des glaçons dedans! Bon sans plus attendre, voici le nouveau chapitre, bonne lecture!
Chapitre 34 Peinture et douleurs
Regina fronça les sourcils en observant le nuancier qu'elle tenait à la main. Violette Blanche, Brise de Coton, Lilas Sucré, Aubergine Sombre. Elle tourna la page et plissa les yeux, tentant de déceler la différence entre Lune Chatoyante et Aube Givrée.
« Qu'est-ce que tu penses de ça ? » demanda Emma, qui tenait une bande de différentes nuances de rose en désignant un carré de couleur pâle.
« Parce que c'est une fille ? »
« Non, » répondit Emma. « Mais c'est une jolie couleur et ça s'appelle Drapeau Rose. J'adorais fabriquer des drapeaux quand j'étais petite. J'en avais plusieurs accrochés au mur de ma chambre que j'avais fait en cours de travaux manuels. On pourrait en faire quelques-uns pour la chambre du bébé.
« Je ne tiens pas vraiment à peindre sa chambre en rose, » dit Regina. « Il y a déjà assez de stéréotypes sexistes avec lesquels elle devra vivre quand elle sera grande. Je n'ai pas envie de lui imposer sa couleur préférée dès la naissance. »
« Compris, » acquiesça Emma. « Pas de rose, alors. »
Les deux femmes reposèrent les échantillons et assises dans l'allée d'un magasin de bricolage ce jeudi après-midi. Elles avaient décidé de commencer à décorer la nursery mais choisir la couleur se révélait difficile. Les pots de peinture s'éparpillaient autour d'elles, un Bobtail au poil hirsute les regardant patiemment sous tous les angles tandis qu'elles scannaient du regard l'infinité de palettes à leur disposition.
Leurs vacances s'étaient déroulées dans le calme, mis à part l'appel de Robin le lundi après-midi. Il n'y avait pas eu d'autre contact, probablement parce que le fixe de Regina était toujours hors d'usage, posé sur la table du hall. Après avoir remercié Emma de son soutien, la brune avait râlé un peu en voyant les fils arrachés et s'était rendue compte que c'était irréparable. Le téléphone était une antiquité, une relique des années soixante que son directeur de thèse lui avait offert à l'obtention de son doctorat. Il n'avait aucune des options modernes, il n'y avait même pas d'écran permettant d'identifier le numéro et le son était de mauvaise qualité mais Regina l'adorait. Lorsqu'elle s'était aperçue de sa valeur sentimentale, Emma s'était confondue en excuses et avait immédiatement fait des recherches sur Ebay pour le remplacer.
« Et ça ? » demanda Emma dix minutes plus tard.
« Vert ? » dit Regina, les sourcils froncés tandis qu'elle leva les yeux sur la bande de papier que tenait Emma.
« Non, Plage Mentholée nº 6, » dit la blonde en désignant une couleur pâle, vert menthe.
« Quel nom ridicule, » répondit Regina.
« Ils sont tous ridicules, » raisonna Emma. « Mais c'est une jolie couleur, non ? Neutre et tout ça. »
« C'est joli, » concéda Regina, qui tendit la main pour prendre le morceau de carton des mains d'Emma. Le ton était subtil, doux, mais également chaud et accueillant. Elle ferma les yeux et essaya d'imaginer les murs de la future nursery dans cette couleur.
« Un échantillon ? » proposa Emma.
Regina hocha la tête et Emma se leva pour prendre un tube miniature de la couleur menthe, qui alla rejoindre les trois autres testeurs qu'elles avaient déjà choisis.
Plus tard dans la soirée, Emma, Regina et Henry se tenaient côte à côte, les bras croisés, fixant les sept rectangles de couleur au mur. Ils avaient essayé, mais n'avaient pas réussi à réduire leurs choix, alors Plage Mentholée, nº 6 avait maintenant rejoint Cocktail des Bermudes, nº 4, Béatitude Bleue, Fruits en Folie, nº6, Crépuscule Soyeux, nº5, Quartz de Lavande, et Chutes d'eau Lagon.
« J'aime bien celle-ci, » dit Henry au bout d'un long moment, en pointant du doigt l'échantillon jaune.
« Moi aussi, » sourit Emma. « Mais Regina trouve ça trop voyant. »
« C'est juste un peu tape à l'œil, vous ne trouvez pas ? » dit Regina. « Je ne suis pas sûre que j'aurai envie d'être entourée de jaune brillant quand je la nourrirai à trois heures du matin. »
« Ça pourrait te mettre de bonne humeur, » essaya Emma.
« Ou me rendre aveugle. Mes cornées ne s'en remettront jamais. En plus ça s'appelle Fruits en Folie et je trouve que c'est de mauvais augure. »
« Alors, la couleur que je préfère, c'est le mauve, » dit Emma en désignant l'échantillon couleur lavande pâle. « C'est subtil mais chaleureux et je trouve ça parfait pour une chambre d'enfant. »
« J'aime bien aussi, » acquiesça Regina. « Mais je crois que je préfère ne pas en décider ce soir. La nuit porte conseil.
« J'aurais jamais cru que la décoration était si compliquée, » dit Henry en sortant de la pièce.
« En général ça ne l'est pas, » dit Emma. « Mais les goûts de Regina sont totalement différents des miens et on veut choisir une couleur qui nous plaise à toutes les deux. »
« Bon courage, alors, » dit Henry en tournant dans le couloir pour aller dans sa chambre.
Il était tard le samedi soir lorsqu'Emma reposa enfin son rouleau de peinture avant de retirer ses cheveux en sueur de ses yeux. Regina gloussa en voyant une trainée de peinture mauve s'étalant sur le visage de sa compagne. Elle-même fignolait les plinthes dans un ton lavande légèrement plus foncé. Malgré son intransigeance au sujet des couleurs stéréotypées, elle avait fini par accepter l'idée d'une chambre mauve, malgré l'évidente connotation féminine. Alors qu'elle et Emma se tenaient à l'entrée de la chambre pour jauger du résultat, elle se félicita de leur choix.
« Je crois que je suis shootée, » dit Emma alors qu'elle se laissa tomber sur le canapé dix minutes plus tard.
« À quoi ? » demanda Regina en s'asseyant elle aussi, après avoir posé une assiette de sandwichs sur la table basse.
« Aux vapeurs de peinture, » dit Emma. « Ou est-ce qu'il y a vraiment un chien qui porte une robe et qui danse à la télé ? »
Regina dirigea son attention sur ce qu'Emma regardait et éclata de rire.
« Non, il y en a vraiment un, dit-elle. « Tu vois, c'est pour ça que je déteste America's Got Talent. On dirait que tout ce qu'ils valorisent, ce sont les gens qui dressent des animaux à faire des choses non naturelles. »
« Et la danse de rue, » ajouta Emma en zappant sur toutes les chaines jusqu'à ce qu'elle trouve un vieux documentaire policier qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps.
À peine cinq minutes plus tard, Regina poussa un cri.
« Qu'est-ce que t'as ? » demanda Emma, inquiète.
« Je…je crois qu'elle m'a donné un coup de pied, » dit Regina, qui retenait sa respiration, une main posée sur son ventre rond.
« C'est vrai ? » dit Emma, se tournant vers Regina avant de placer sa main près de celle de la brune.
Elles restèrent comme ça et attendirent.
« Oh ! » s'exclama Emma, observant sa propre main avant de poser son regard sur le visage de Regina dont les yeux étaient emplis de larmes.
« Elle…Elle est vraiment là, » balbutia Regina.
« Oui, vraiment, » dit Emma. « Et à en juger par ce coup de pied, ce sera une grande footballeuse. »
Regina éclata de rire et se pencha pour embrasser Emma. La blonde l'attira avidement contre elle, ses mains entourant sa taille et rapprochant leurs corps. Leurs langues se caressèrent mutuellement quand leurs lèvres s'ouvrirent, profitant de la saveur de l'autre.
« Rho la vache ! Pas encore ! »
Les deux femmes se séparèrent en entendant l'adolescent entrer dans la pièce. Regina rougit légèrement mais Emma se contenta de sourire à son fils et passa son bras autour des épaules de Regina, incitant la brune à se blottir contre elle.
« Devine quoi ? » dit Emma tandis qu'Henry se laissait tomber sur le fauteuil.
« Vous êtes le couple le plus obsédé du monde ? »
Emma ignora sa remarque et continua. « Le bébé a donné un coup pour la première fois. »
« Cool, » dit Henry avec un sourire. « Est-ce qu'elle le fait toujours ? »
Regina secoua la tête. « Je t'appellerai la prochaine fois pour que tu puisses la sentir bouger, si tu veux."
« Merci, » sourit Henry. « J'ai jamais senti un bébé bouger dans le ventre de quelqu'un. »
« On a du jus d'orange ? » demanda soudain Emma.
« Je crois, » dit Regina. « Sauf si Henry a encore tout bu. »
« J'avais soif, » répliqua-t-il, en claquant la langue. « Et oui, on en a encore. Pourquoi ? »
« Le jus d'orange fait bouger les bébés, » dit Emma. « Apparemment c'est à cause de l'acide citrique. Neal adorait me faire boire des litres de ce truc pour sentir Henry se tortiller dans mon ventre. Personnellement, je préférais quand il ne bougeait pas trop. Une fois tu m'as donné un tel coup de pied dans la vessie, j'ai failli me faire pipi dessus. »
« Est-ce que je dois m'excuser ? » demanda Henry.
Emma gloussa. « Non, mais tu pourrais aller chercher un verre de jus d'orange pour Regina. Si elle veut sentir bouger la petite à nouveau, bien sûr. »
« Oui, » affirma Regina, avec enthousiasme.
Cinq minutes plus tard, 3 mains étaient posées sur le ventre de Regina. Henry essaya de ne pas penser au fait que Regina était sa prof d'histoire et se concentra pour sentir chaque mouvement sous sa peau.
« Est-ce que c'était ? »
Non, « répondit Regina. « C'est mon estomac qui gargouille, désolée. »
Le visage enjoué d'Henry se décomposa et il observa de nouveau patiemment l'endroit où sa main était posée.
« Là ! » s'exclama Emma, ses doigts se crispant un peu contre le ventre de Regina. Elle prit la main d'Henry et la fit glisser de l'autre côté du ventre de la brune, là où de légers mouvements se faisaient sentir.
Henry resta bouche bée en sentant de légères mais insistantes pressions sous sa paume. IL afficha bientôt un large sourire et regarda d'abord Emma, puis Regina.
« C'est trop cool ! » dit-il quand le mouvement s'apaisa. Il se leva et se rassit sur son fauteuil, souriant au couple qui s'était à nouveau lové dans les bras l'une de l'autre, leurs mains toujours posées sur le ventre de Regina. « Elle va beaucoup bouger maintenant ? »
« Chaque bébé est différent, » dit Regina. « Mais je suppose que je la sentirai pas mal maintenant. Mais je vais éviter de boire trop de jus de fruits avant de me coucher. Ça n'aide pas vraiment à trouver le sommeil. »
« Un bébé qui hurle non plus, » remarqua Henry. « Vous croyez qu'on pourrait insonoriser ma chambre avant sa naissance ? »
Emma et Regina éclatèrent de rire. « On peut t'acheter des boules Quiès si tu veux, » dit Emma. « Mais non, on ne va pas dépenser des milliers de dollars pour insonoriser ta chambre. De toute façon, tu dors comme une masse la plupart du temps. J'ai eu un mal fou à te réveiller hier matin. »
« C'est crevant d'être ado, » confirma Henry.
« C'est ça, ou bien Ava et toi vous êtes couchés trop tard jeudi soir. »
Henry rougit « J'étais avec Nick, » protesta-t-il.
« Oh ça va, Henry, » dit Emma. « Ca fait des mois maintenant. Je crois que tu peux nous dire que tu sors avec Ava au lieu de te cacher derrière son frère jumeau pour vos rendez-vous secrets. »
« Maman ! »
« Ok, mauvais choix de mots, désolée, » admit Emma. « Mais tu sais que ça ne me dérange pas que tu sortes avec elle. C'est une fille adorable et tu as l'air heureux avec elle. »
« Depuis quand t'es au courant ? » demanda Henry d'une voix faible.
« Tu te souviens quand Mr Nolan vous a surpris derrière le hangar à vélos ? »
« Quand ça ? » demanda Henry avec un sourire en coin.
Le cœur d'Emma manqua un battement lorsqu'elle vit soudainement une version jeune de Neal assise devant elle. Le même air fanfaron, la même confiance, le même sourire. Il lui manquait.
« Juste après les vacances de Noël, » répondit Emma. « Il est venu me le dire tout de suite. Tu sais comme les profs aiment les potins, non ? J'ai attendu que tu m'en parles toi-même, mais ça fait quatre mois et tu essaies toujours de me le cacher. »
« C'est…j'en sais rien, » dit Henry en haussant les épaules. « C'est bizarre de te parler de ce genre de trucs. C'est vrai, t'es aussi la prof d'Ava, et t'es une femme, je savais pas comment te le dire. »
« Tu peux me parler de tout, mon grand, tu le sais, » dit Emma. « Et je sais que je suis pas ton père mais je suis là pour toi, et Regina aussi. » La brune, qui faisait semblant de ne pas entendre et de regarder la télé, se tourna vers Henry et acquiesça en souriant. « Je sais que c'est normal pour les enfants de ne pas tout dire à leurs parents, ce n'est pas grave. Mais si tu es heureux avec Ava et que tu l'aimes, c'est une bonne nouvelle, non ? Ce serait normal que tu veuilles la partager avec les gens qui t'aiment. »
« C'est vrai, » dit Henry. « Et je crois que ça me soulage que vous soyez au courant en fait. »
« Tu veux inviter Ava à la maison ? Peut-être demain ou un soir après l'école. »
« Tu serais d'accord ? » s'étonna Henry.
« Du moment que la porte de ta chambre reste ouverte à chaque fois que vous y êtes, oui. » affirma Emma.
« Tu peux parler, » râla Henry. « Toi et Regina, vous passez votre temps à vous peloter. »
« On essaie de ne pas le faire quand tu es là, » dit rapidement Regina. « Mais j'admets qu'il nous arrive de faire des erreurs de timing. »
« C'est à ça que sert une porte, » fit remarquer Henry.
« Hors de question que tu fermes la porte quand tu es avec une fille, » dit fermement Emma. « Je suis trop jeune pour être grand-mère. »
« Enfin, Maman ! » s'exclama Henry. On a quinze ans. »
Emma lui lança un regard sévère.
« D'accord, » souffla-t-il. « On laissera la porte ouverte. Elle peut venir demain ? »
Dimanche soir, l'ambiance au cottage était lourde en raison de la rentrée du lendemain. Après avoir passé une merveilleuse semaine à se détendre, la perspective du retour en cours ne réjouissait ni Emma et Regina, ni Henry et Ava. Regina terminait son plan de cours dans le salon et Emma, assise à côté d'elle, son laptop sur les genoux, cherchait sur internet des articles pour la chambre du bébé. Elle était déjà montée une bonne douzaine de fois en prétextant vouloir vérifier si un jouet ou un meuble irait bien avec les couleurs de la chambre du bébé alors qu'en réalité, elle voulait juste vérifier que la porte de la chambre d'Henry était restée ouverte, ce qui fut le cas.
Lorsqu'Ava et Henry descendirent pour le diner, Regina et Emma firent tout leur possible pour ne pas mentionner l'école ou quoi que ce soit pouvant rappeler à la jeune fille qu'elle prenait son repas avec son petit copain et deux de ses professeurs. Elles en firent probablement trop ce qui rendit la conversation forcée et non naturelle, ne servant qu'à mettre l'accent sur la situation gênante dans laquelle ils se trouvaient. Les deux femmes poussèrent un soupir de soulagement quand le père d'Ava vint la récupérer et que sa voiture disparut au bout de l'allée.
Le lundi matin, Regina baillait au-dessus de sa tasse de thé. Elle aurait aimé pouvoir s'autoriser une tasse de café, mais elle savait que ça pouvait être mauvais pour le bébé. Elle se contenta donc de prendre une autre gorgée de son infusion en tentant de se concentrer sur ce que Mr Gold disait. C'était quelque chose à propos du fait que les six semaines à venir étaient cruciales et qu'il ne fallait pas laisser les plus petites classes se déconcentrer.
C'était bientôt la fin. Les vacances d'été étaient à moins d'un mois et demi. Mais avant de pouvoir en profiter, Regina devait encore passer des heures à surveiller les étudiants pendant les examens. Elle détestait ça la plupart du temps. Marcher lentement entre les rangées d'élèves en pleine concentration, le son d'un toussotement ou d'un crayon qui tombait amplifié par l'écho des salles de cours caverneuses. Le silence lui donnait désespérément envie de parler. Et en plus, cette année, elle allait se dandiner. Pour cinq mois, sa grossesse était déjà assez visible. Peut-être que « se dandiner » était un mot un peu fort, mais elle prenait de plus en plus conscience de son ventre rond, se trouvant à hauteur des yeux de chaque élève studieux tandis qu'elle se frayait un chemin à travers la classe.
Elle ne tarda pas à devoir surveiller la classe d'Henry. Les épreuves de mathématiques, de sciences et d'anglais avaient lieu un an avant les autres pour diminuer le volume de travail au cours de la dernière année de collège. Lors de l'épreuve de mathématiques, Regina capta son regard et lui adressa un sourire rassurant. Il lui rendit rapidement son sourire avant de reporter son attention sur sa copie et de griffonner quelques lignes. Elle passa près de lui deux ou trois fois, s'attardant un peu pour lire la question et voir si ses réponses étaient correctes, juste par curiosité. Mais elle n'avait jamais été très forte en maths et les équations algébriques d'Henry étaient du chinois pour elle. Plus tard ce soir-là, dans la voiture, Henry leur affirma à elle et à sa mère que l'examen s'était bien passé. Son optimisme par rapport à l'épreuve de sciences fut cependant moins convaincant.
Regina dut surveiller cette épreuve aussi. Elle se déplaçait avec plus de difficulté maintenant qu'elle avait atteint les vingt-quatre semaines. C'était vendredi après-midi et elle pensait d'un air absent à ce qu'elle, Henry et Emma allaient prendre comme plat à emporter pour le diner lorsqu'elle le sentit. Un tiraillement. Elle posa la main sur son ventre et le caressa doucement, le front légèrement plissé. Elle s'était arrêtée de marcher mais après quelques secondes la douleur se calma et elle continua, allant jusqu'au bout de la rangée avant de prendre la suivante.
« Bon sang. »
Ce n'était qu'un murmure, des mots tremblants lâchés dans un souffle mais plusieurs élèves autour de Regina levèrent les yeux. Elle tenta de leur adresser un sourire rassurant et leur fit signe de reprendre leur travail. Une fois qu'ils reportèrent leur attention sur leur copie, Regina jeta un œil alentours pour trouver le surveillant général et aperçut David Nolan en train de jeter des papiers au bout du couloir. Alors qu'elle se disposait à sortir de la classe le plus silencieusement et le plus rapidement possible, elle ressentit à nouveau un élancement. C'était comme si quelqu'un serrait fortement son ventre de l'intérieur. La douleur la cloua sur place.
« Oh mon Dieu ! »
Elle s'agrippa au pupitre le plus proche et l'élève à qui il appartenait sursauta et recula, faisant grincer sa chaise en métal sur le carrelage. Les élèves se tournèrent vers elle et Rose, qui surveillait l'autre bout de la grande salle, se fraya un chemin entre les pupitres. Regina se pencha sur la table, inspirant profondément, sa main caressant son ventre, plus dur que d'habitude.
« Ça va ? » demanda Rose dès qu'elle fut à sa hauteur.
« Non, » dit Regina entre ses dents, tandis que la douleur augmentait en elle.
« C'est le bébé ? »
Regina ne répondit pas mais hocha vigoureusement la tête, tout en se penchant un peu plus pour tenter d'atténuer la douleur.
« Viens avec moi, » dit Rose, passant son bras autour de la taille de Regina avant de l'aider à traverser la rangée pour sortir de la classe.
« Aïe ! » grimaça Regina.
Plus personne n'était concentré sur l'examen, à présent. Chaque élève se tourna vers le cri de douleur et Henry se leva d'un bond quand il réalisa de qui il venait.
« Regina ! » cria-t-il en courant pour rejoindre la brune, appuyée contre le mur.
« Henry Swan, retourne t'asseoir, cria David, depuis la porte, avant de s'avancer vers le petit groupe.
« Non! » répliqua Henry avant de prendre la main de Regina pour la serrer avec douceur. « Qu'est-ce qui va pas ? »
« Ce n'est rien Henry, » assura Regina. « Ca va aller. Il faut que tu… »
Regina cessa de parler lorsqu'une autre vague de douleur la submergea.
« La seule chose qu'il faut que je fasse, c'est rester avec toi jusqu'à ce que l'ambulance arrive, » dit fermement Henry. « Mademoiselle Bell, vous en avez appelé une ? »
Rose se mit alors en action et sortit son portable de sa poche pour composer le numéro. Un brouhaha se fit entendre parmi les élèves, certains d'entre eux se levant pour mieux voir ce qui se passait.
« Asseyez-vous ! » tonna David en réalisant qu'il perdait le contrôle de la situation. « Henry retourne t'asseoir, Mademoiselle Bell, emmenez Madame Mills dans le couloir et envoyez quelqu'un chercher Emma Swan. »
« Pas question que je la laisse ! » cria Henry.
« Tu auras zéro à cet examen si tu ne retournes pas tout de suite à ta place, » dit sèchement David.
Henry ouvrit la bouche pour parler mais Regina fut plus rapide.
« Vas-y Henry, ça va aller. Ta mère va arriver.»
Henry hésita une fraction de seconde mais quand il vit le visage de Regina, le suppliant de lui obéir, il hocha la tête et retourna s'asseoir.
Emma, à l'autre bout de l'établissement surveillait une épreuve elle aussi. Heureusement, on lui avait confié l'une des petites salles où les élèves ayant besoin d'aide et d'un tiers-temps passaient leur examen. Elle trouvait généralement cela moins ennuyeux et plus gratifiant. Elle venait de lire l'une des questions d'une élève de cinquième lorsqu'on frappa à la porte. Emma ouvrit la porte et fronça les sourcils lorsqu'elle vit un jeune garçon qu'elle ne connaissait pas.
« On est en plein examen ici, » dit-elle, un peu agacée. « Pourquoi tu viens nous interrompre ? »
Le jeune garçon rougit mais il transmit tout de même le message, un peu tremblant. « Mademoiselle Bell m'a demandé de venir vous chercher. Madame Mills ne va pas bien. Elles sont près du réfectoire. »
Emma ne réfléchit pas. Elle ne donna même pas d'explication à ses élèves avant de sortir en courant de la classe et de traverser le couloir en trombe. Lorsqu'elle bouscula Sebastian Jefferson dans le hall, elle lui cria par-dessus son épaule que les élèves de la salle J11 étaient sans surveillance mais avant que l'homme, confus, puisse lui demander pourquoi, les cheveux blonds disparurent au détour d'un couloir.
Elle entendit la sirène avant même d'atteindre le bâtiment du réfectoire. Le son était distant mais elle comprit que l'ambulance se rendait au collège de Storybrooke. Dès qu'elle entra dans le hall, elle repéra Regina et Rose et courut vers elles.
« Qu'est-ce que tu as ? » demanda-t-elle en s'accroupissant près de la chaise de Regina avant de poser les mains sur ses cuisses.
« Il y a un problème, » dit Regina. « Je…je n'arrive pas à le décrire, c'est comme si quelqu'un était en train de me tordre l'utérus. »
« Ça va aller, » dit Emma en se levant pour embrasser le front transpirant de Regina. « Tout va bien se passer. L'ambulance va arriver, ils vont vous examiner toi et le bébé, tout ira bien, tu verras. »
« J'ai peur, » murmura Regina, les larmes inondant ses yeux chocolat tandis qu'elle fixait sa compagne.
« Moi aussi, » admit Emma. « Mais ça va passer, et je reste avec toi. »
« Henry… »
Une autre douleur lancinante interrompit Regina au milieu de sa phrase et elle prit une profonde inspiration pour s'empêcher de crier.
« Quoi Henry ? » demanda Emma une fois que la douleur sembla s'être calmée.
« Il est là-bas, » dit Regina en désignant le hall d'examen. « Il était là quand…quand ça a commencé. Je crois qu'il a eu vraiment peur mais David ne l'a pas laissé rester avec moi. »
« Il faut qu'il finisse son examen, » dit Emma. « Et puis je suis là maintenant et… »
Emma se tourna vers la porte quand Killian Jones apparut, conduisant rapidement deux ambulanciers dans le hall d'entrée jusqu'aux trois jeunes femmes. Cinq minutes plus tard, Emma grimpa à l'arrière de l'ambulance derrière Regina, leurs doigts entrelacés.
« Tout va bien se passer, » promit Emma à Regina tandis que l'un des ambulanciers déboutonnait le chemisier de la brune avant de commencer à étaler de la gelée sur son ventre pour l'ultrason. « Tout va bien se passer. »
Voilà, j'espère que ça vous a plu, on se retrouve vendredi pour la suite, à bientôt :)
