Coucou! J'espère que tout va bien pour moi, enfin à part que Why women kill se termine jeudi... qu'est ce que je vais faire de ma vie après? Lol. Bon, je vous laisse avec le nouveau chapitre, bonne lecture!

Chapitre 36 Jours d'été

Dès que Regina vit David Nolan entrer dans la salle des professeurs le lundi suivant, elle se précipita vers lui, désireuse de s'excuser pour la perturbation de l'examen que ses contractions de Braxton Hicks avaient causée. Emma la regarda partir, secouant la tête avec une légère incrédulité devant l'insistance de sa compagne sur le fait qu'elle avait quelque chose à se faire pardonner.

« David, » le salua-t-elle.

« Regina, » répondit-il, un large sourire se dessinant sur son visage. « Comment ça va ? J'étais si inquiète jusqu'à ce que Rose me dise que tout allait bien. »

« Je vais bien, merci, » assura Regina. « Les contractions se sont arrêtées peu de temps après notre arrivée à l'hôpital. »

« Je suis juste reconnaissant que Mary Margaret n'ait jamais souffert de Braxton Hicks, »dit l'homme en commençant à se préparer une tasse de café. Regina accepta le thé qu'il lui offrit lorsqu'il lui tendit le sachet.

« Comment va-t-elle ? » demanda Regina.

« Elle est sur le point d'accoucher, » répondit David. « C'est prévu pour le week-end prochain et elle reste juste allongée à la maison en attendant. L'arrivée de l'été lui a rendu les choses vraiment difficiles. Apparemment, il fait beaucoup trop chaud pour porter une autre personne, »

« J'imaginer, » dit Regina. Le bas de son dos commençait déjà à lui faire mal et elle avait remarqué que les lanières de ses chaussures commençaient un peu à lui couper les chevilles. « David, je suis venue m'excuser en fait. »

« Vous excuser de quoi ? » demanda David en fronçant les sourcils.

« De la perturbation que j'ai causée vendredi. Ces enfants faisaient de leur mieux pour réussir leur examen et j'ai gâché les quinze dernières minutes. Si leurs notes sont inférieures à ce qui est attendu, ce sera de ma faute. »

David posa une main rassurante sur l'épaule de Regina. « Ecoutez-moi. Personne ne vous reproche ce qui s'est passé vendredi. Les contractions de Braxton Hicks peuvent être très douloureuses et aucun de ces enfants ni leurs professeurs ne vous reprocheront le fait que d'avoir perturbé l'examen. De toute façon, il ne leur restait que quinze minutes, donc je doute que ça ait eu un impact. »

« Henry a dit qu'il n'arrivait plus se concentrer après ça, » a dit Regina. « Je suis inquiète... et si les résultats reviennent et qu'il a échoué ? »

« Henry est un enfant brillant, » assura David. « Je suis sûr qu'il a réussi. Au moins, c'était un examen de quatrième, pas le Brevet. Honnêtement, Regina, vous n'avez pas à vous excuser. C'est plutôt moi qui devrais m'excuser auprès d'Henry pour ne pas l'avoir laissé rester avec vous. Il était clairement très inquiet. »

« Oui, » acquiescé Regina. « Votre nom a été mentionné sur un ton assez sec à plusieurs reprises ce week-end. »

« Je ne faisais que mon travail, » protesta David, légèrement sur la défensive.

« Je le sais, et Henry aussi, » répondit Regina. « Mais il considère toujours qu'il aurait dû être autorisé à rester avec moi, au moins jusqu'à l'arrivée d'Emma. »

« Il s'est attaché à vous, n'est-ce pas ? »

« C'est réciproque, » dit Regina en souriant. « C'est un enfant fantastique et il a été si merveilleux avec tout ce qui s'est passé entre Emma et moi. Il n'y a pas beaucoup de garçons de quinze ans qui accepteraient aussi bien le fait que leur mère s'intéresse aux femmes et leur dise en plus qu'elle sort avec leur prof d'histoire. »

David éclata de rire. « C'est vrai. Vous avez eu de la chance.»

« J'ai eu de la chance avec les deux, » dit Regina en jetant un coup d'œil à l'endroit où Emma était assise avec Rose et Ruby. Leurs regards se croisèrent et elles échangèrent un bref sourire affectueux. Regina sentit son bébé remuer en elle. Même à six mois de grossesse, leur fille savait quand ses mères étaient présentes. Regina posa une main sur son ventre et se tourna vers David qui finissait sa tasse de thé.


Les derniers jours de juin s'écoulèrent rapidement. Entre les examens, la surveillance, les cours et la perspective de six semaines de liberté, les journées chaudes passèrent en un clin d'œil pour Emma, Regina et Henry. Lorsque juillet arriva, Emma et Regina étaient plus que prêtes pour la fin de l'année scolaire. Les journées étaient anormalement chaudes, le soleil cognant à travers les fenêtres des salles de classe et rendant les enseignants et les élèves agités. Les leçons étaient étouffantes, l'air moite et les cours léthargiques et mal compris. Les élèves n'étaient guère motivés pour apprendre quoi que ce soit de nouveau et les enseignants étaient épuisés, rêvant de leurs vacances exotiques qui s'annonçaient dans deux semaines seulement.

Henry commençait à apprécier d'être l'un des élèves les plus âgés de l'école. Les élèves de troisième avaient quitté le collège en criant, leurs uniformes couverts de gribouillages désordonnés de « bonne chance, » « vous allez me manquer » et de signatures illisibles. Le terrain de l'école avait été le théâtre d'une énorme bataille d'eau. Les concierges avaient rempli d'énormes seaux d'eau pour l'événement et deux cents adolescents avaient déferlé dans la cour en brandissant des pistolets à eau. Naturellement, certains des enfants les moins populaires avaient fini dans les seaux et après que Belle ait été prise au dépourvu en sortant de la bibliothèque, M. Gold avait mis un terme à l'agitation, sa femme trempée à ses côtés.

Mais sa réprimande n'entama pas le moral des élèves et Emma profita d'une dernière fête avec sa classe plus tard dans l'après-midi, les vitres s'embrasant à mesure que les gouttes laissées par la bataille d'eau s'évaporaient de leurs corps.

Même Peter lui avait offert une carte de remerciement et une boîte de chocolats. Lorsqu'ils sont rentrés chez eux ce soir-là, le coffre de la voiture était rempli de bougies parfumées, de bonbons et de chocolats, de biscuits et même d'une bouteille de vin. Emma avait fermé les yeux sur le fait qu'une jeune fille de seize ans avait apporté de l'alcool en classe et l'avait acceptée en la remerciant. Elle avait promis à Regina d'attendre la naissance du bébé pour qu'elles en profitent ensemble. Emma tenait à soutenir Regina et à ne pas manger ou boire de choses auxquelles sa compagne n'avait pas droit, ne s'autorisant qu'une bière ou deux le week-end.

« Plus qu'une semaine, » soupira Regina en montant maladroitement dans la voiture un vendredi après-midi à la mi-juillet.

« Quatre jours, techniquement, » dit Henry depuis le siège arrière.

« Et ensuite, six semaines de liberté ! » se réjouit Emma en attachant sa ceinture de sécurité.

« On peut vraiment pas voir Zelena ? » demanda Henry.

« Regina ne peut pas prendre l'avion après le septième mois de grossesse, » expliqua Emma alors qu'ils sortaient du parking du personnel. « Pas en toute sécurité en tout cas. Donc non, Henry. Je suis désolée mais nous allons devoir attendre les prochaines vacances de Pâques pour retourner en Sicile. »

« On va quand même quelque part, non ? Même si on reste près de Portland ? »

Regina et Emma se lancèrent un regard en coin avant que les yeux d'Emma ne se reportent sur la route et qu'elle continue à conduire.

« En fait, » commença Regina. « Nous avons pensé que nous pourrions faire un petit voyage en voiture. »

« Où ça ? » demanda Henry.

« À Salem. »

« Pourquoi ? »

C'était si souvent la réaction lorsqu'on évoquait cette petite ville et Emma gloussa.

« Parce que c'est un endroit très sous-estimé, » expliqua Emma. "Il y a en fait de très beaux endroits et des choses étonnantes à voir. C'est la ville des sorcières, et une ville historique. Il y a pas mal de choses à voir. J'y suis allée plusieurs fois, mais Regina n'en a jamais eu l'occasion et j'ai pensé qu'elle aimerait."

« Quand est-ce qu'on part? » demanda Henry.

« Première semaine d'août, » répondit Emma. « Tu veux venir ? »

« Tu me laisserais rester ici tout seul ? » demanda Henry en fronçant les sourcils.

« Si tu le veux, oui, » acquiesça Emma. « Tu as quinze ans maintenant et je te fais confiance pour être raisonnable et ne pas organiser de grandes fêtes à la maison ni vivre de nouilles et de bière pendant la semaine. Mais bien sûr, on aimerait beaucoup que tu nous accompagnes. »

« Vous m'achèterez autant de souvenirs que je veux ? »

« Non, » dit Emma en riant.

« Ok, » souffla Henry. « Mais je viens quand même. »

Entre les projets de vacances à venir et la nouvelle séance de shopping pour la chambre d'enfant, le week-end passa à toute vitesse. La chambre du bébé prit rapidement forme ; le berceau, la table à langer et une commode sont déjà en place. Plusieurs livres de contes s'empilaient sur le sol en attendant qu'Emma installe une étagère, et un mobile était posé sur la commode, un crochet destiné à être installé au plafond posé à côté.

Lundi, lors de la dernière réunion du personnel, le principal insista sur la nécessité de terminer l'année en beauté et de ne pas perdre de vue la discipline et la sécurité des élèves. Durant les quatre derniers jours, les cours furent annulés et remplacés par des activités. Emma et August fabriquèrent des volcans qui entreraient en éruption le dernier après-midi, avec des maisons miniatures, des arbres, des personnes et même des moutons. Regina, quant à elle, s'associa au département d'art dramatique, dirigeant un atelier pour créer une pièce sur la Rome antique.

« Je n'aime même pas l'Antiquité, » grommela Regina en resserrant sa toge autour de sa taille. Au moins, son ventre était caché sous les pans de coton blanc mais la chaleur continue la faisait se sentir en permanence mal à l'aise.

« Je te trouve magnifique, » lui dit Emma avec un sourire. Elle lui donna un rapide baiser sur les lèvres avant de lui ouvrir la porte de sa classe et de lui faire un signe quand elle sortit dans le couloir.

Lorsque la cloche sonna le jeudi après-midi, Emma était épuisée. Elle sentait fort le vinaigre et ses mains étaient couvertes de peinture bleue, verte et marron et de vernis. Après avoir dit au revoir à sa dernière classe, elle retourna dans la cour, qui était entièrement recouverte d'écume et de flaques de « lave ».

« On peut laisser ça comme ça, » assura August.

« Ça ne va pas tacher ? »

« Ils annoncent de la pluie pour ce soir, » dit August en haussant les épaules. « Et on a une super équipe de nettoyage qui vient la semaine prochaine et qui passera tout au karcher. Ça va aller. »

« De la pluie ? » dit Emma en fronçant les sourcils avant de lever les yeux vers le ciel bleu sans nuage.

« Bien sûr, » dit August tandis qu'ils regagnaient leur bureau. « Nous vivons à Portland tu te souviens? Il y a 128 jours de pluie par an, et les étés sont assez orageux. La chaleur de ces dernières semaines on a dû en profiter de l'intérieur

« Merde, » gémit Emma. « Je suis toujours aussi blanche. J'aurais aimé bronzer un peu le week-end dernier. Pour Regina, c'est plus simple, elle n'a qu'à regarder le soleil pour prendre cette magnifique couleur dorée. Mais regarde-moi à côté, je suis pâle comme une morte. »

August éclata de rire alors qu'ils entrèrent dans leur bureau pour commencer à rassembler leurs affaires. « Tu n'as pas l'air d'une morte pour moi. C'est même tout le contraire en fait. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Depuis que Regina et toi êtes ensemble, et encore plus depuis qu'elle a annoncé qu'elle était enceinte, tu respires le bonheur et la joie de vivre. Je sais que je ne te connais pas depuis longtemps mais tu sembles vraiment heureuse, Emma, et je pense que c'est ta compagne merveilleusement bronzée qui en est responsable. »

« Responsable de quoi ? » demanda une voix sensuelle depuis l'embrasure de la porte.

« De mon bonheur, apparemment, » dit Emma en s'approchant de sa compagne pour la serrer dans ses bras.

« Oh vraiment ? » demanda Regina, qui attira Emma à elle pour lui donner un rapide baiser avant de reprendre. « Et pourquoi ça, August ? »

« Parce que vous êtes adorables toutes les deux, vous passez la journée à vous faire les yeux doux, » dit August à l'attention du couple, alors qu'Emma tenait sa chaise pivotante immobile pour que Regina puisse s'y asseoir. « Vous êtes le couple le plus parfaitement assorti que j'ai jamais vu. Vous allez juste ... bien ensemble. »

« Il n'y a plus grand-chose qui m'aille, » grommela Regina en arrachant l'étoffe qui l'enveloppait. « J'en suis littéralement réduite à porter un drap. »

« On va faire du shopping pour t'acheter des vêtements de grossesse demain, » dit Emma en déposant un baiser sur la couronne de Regina avant de se tourner vers son bureau presque vide et de fourrer quelques dernières choses dans son sac. « Tu as tout pris ? »

Comme Regina n'allait pas revenir pour la prochaine rentrée scolaire, elle avait dû vider entièrement sa classe et son bureau. Elle avait déjà emballé la plupart de ses affaires depuis des jours, celles-ci restant empilées près de la porte parce qu'Emma et Henry n'avaient pas encore eu le temps de les ranger dans la voiture et que, bien sûr, ils avaient tous les deux interdit à Regina de porter quoi que ce soit dès qu'elle avait émis l'idée de le faire elle-même,

« Je viens de dire à Henry de tout ranger dans le coffre de la voiture, » dit Regina.

« Il est venu te voir avant moi ? » demanda Emma, faussement offensée.

« Il passait dans le couloir et il s'est arrêté quand il m'a vue. Je lui ai donné les clés de la voiture et il s'est mis en route. Pourquoi ? Tu te plains de ne pas avoir à porter autant de choses ? »

« Je sais que tu aimes admirer ma force, » dit Emma en souriant. August rougit et s'intéressa soudain de très près à quelques cahiers tombés par terre, les empilant soigneusement sous son bureau. « Mais c'est surtout le fait qu'il soit venu te proposer son aide sans que je lui demande. C'est pas normal, pour un ado. »

« Il est spécial, je te l'accorde, » dit Regina en riant. « Mais je ne me plains pas. Mes chevilles, par contre, si. »

« Tu veux que je te masse les pieds ce soir ? »

« Je te revaudrai ça, » dit Regina, la voix légèrement plus rauque.

« Au revoir les filles ! » dit August en criant presque lorsqu'il se leva de sa chaise. « Passez un bon été. Bonne chance avec la grossesse, Regina, et je te verrai en septembre, Emma. »

Dès que la porte se referma derrière l'homme au visage écarlate, les deux femmes éclatèrent de rire.


Plus tard dans la nuit, Emma poussa un faible gémissement lorsque des doigts fermes glissèrent sur la peau huilée de son dos. Elle expira alors que les paumes appuyaient à plat, travaillant contre les muscles tendus avant de glisser le long de sa colonne vertébrale, sentant les nœuds et traçant les contours de son corps.

« Ça va, la pression? » murmura Regina.

« Parfait, » acquiesça Emma en tournant légèrement la tête pour adresser un sourire à sa compagne.

Emma était nue, couchée sur le ventre dans leur chambre. Des bougies avaient été allumées et placées partout dans la pièce, la lumière chaude et vacillante dansant sur les murs et les corps ondulants. Regina était également nue, assise à califourchon sur les jambes d'Emma tandis qu'elle massait son dos tendu. Ses doigts travaillaient méthodiquement, pétrissant et appuyant sur chaque muscle, ses mains glissant dans l'huile pendant qu'elle massait. Elle adorait faire des massages. Elle avait suivi un cours quand elle était à Cambridge, mais n'avait pas utilisé les compétences d'amateur qu'elle avait acquises depuis des années. Jusqu'à ce qu'Emma découvre les pouvoirs magiques de ses doigts. Plus tôt dans la soirée, Emma s'était assise sur le sol devant le canapé, massant tendrement ses pieds gonflés et endoloris. Pour lui montrer sa reconnaissance, Regina avait sorti l'huile de noix de coco qu'elle gardait à côté du lit et avait fait signe à Emma de s'allonger. Cela faisait une demi-heure et le corps d'Emma était maintenant bien détendu.

« Merci » murmura Emma dans la pièce faiblement éclairée lorsque les mains de Regina ralentirent et s'arrêtèrent finalement pour se reposer dans le creux de sa colonne vertébrale.

« Je t'en prie, » répondit Regina en se déplaçant pour qu'Emma puisse se retourner sur le dos.

Toutes deux ignorèrent le fait que les draps étaient maintenant couverts d'huile et Regina se pencha sur Emma, son ventre de femme enceinte pressé entre elles tandis que leurs lèvres se rencontraient. Les mains d'Emma parcoururent les flancs de Regina de haut en bas, caressant la chair lisse avant de caresser doucement son ventre rond.

Cette nuit-là, leurs ébats furent lents et doux, aucune des deux femmes n'ayant besoin d'autre chose que du contact rassurant de l'autre. Leurs lèvres caressèrent chaque centimètre de leur peau, tout comme leurs doigts, la chair de poule se formant malgré l'air chaud de la nuit qui entrait par la fenêtre ouverte. Leurs orgasmes furent puissants mais silencieux, leurs extases atteintes dans un souffle, un gémissement, et un baiser. Lorsqu'elles furent enfin satisfaites, leurs membres s'entremêlèrent, la sueur séchant sur leurs corps et l'odeur prononcée de noix de coco les plongeant dans un sommeil rempli de plages tropicales, d'océans turquoise et de cocktails glacés.


« Je déteste Portland. »

« Pourquoi ? » demanda Emma à Henry lorsqu'il entra dans la cuisine le lendemain matin, ouvrant le réfrigérateur pour prendre quelque chose à manger.

« Je me suis fait avoir. »

« Comment ça ? » dit Emma.

"Le soleil", a répondu Henry. "Il a été là pendant des semaines. Littéralement des semaines. Je crois que j'ai vu plus de soleil pendant tout le mois dernier que je n'en ai jamais vu à New York de toute ma vie et maintenant que l'école est enfin terminée, il pleut à verse."

Les deux Swan regardèrent par la fenêtre de la cuisine la pluie battante qui frappait les vitres, le jardin se voyant à peine à travers l'averse. L'orage avait éclaté au petit matin, les coup de tonnerre réveillant Emma et Regina. Quelques secondes plus tard, le bruit d'énormes gouttes de pluie frappant le verre avait retentit et Emma avait sauté de leur lit pour fermer la fenêtre avant que le rebord de la fenêtre et le radiateur en dessous ne soient trempés.

« Je suis désolée, mon grand, » dit Emma en se retournant vers les œufs qu'elle était en train de préparer tandis qu'Henry allait s'asseoir à table, un yaourt et une cuillère à la main.

« Au moins, New York était honnête sur le fait d'avoir un temps pourri, » dit Henry. « Portland m'a donné un faux sentiment de sécurité et maintenant mes projets sont fichus. »

"Quels projets ?"

« Je devais faire un pique-nique dans le parc avec Ava, » expliqua Henry. « Mais ça va pas être possible maintenant, n'est-ce pas ? »

« Pas aujourd'hui, non, » concéda Emma. « Mais cette pluie ne va pas durer pendant six semaines, donc vous avez tout le temps de reprogrammer. »

« Ava et Nick partent lundi pour quatre semaines de vacances en Australie, » grogna Henry. « Si on on fait pas ça aujourd'hui ou ce week-end, je vais pas la voir avant la fin du mois des vacances. »

« Pourquoi tu ne l'invites pas ici, vous pourriez faire un pique-nique à l'intérieur ? » suggéra Emma. « Je vais faire du shopping avec Regina, on ne sera pas là de la journée et vous aurez la maison pour vous. Seulement, ne... tu vois... n'en profitez pas. »

« Maman, » dit Henry en fronçant le nez. « J'ai quinze ans. »

« Exactement. »


Regina adorait faire du shopping, mais les heures passées dans les cabines d'essayage des différentes boutiques du centre commercial l'avaient amenée à le détester presque autant qu'Emma. Tout ce qu'elle essayait lui donnait l'air énorme. Et oui, elle savait que c'était juste à cause du bébé, mais elle avait encore du mal à réussir à acheter des habits dans lesquels elle ne se sentait pas attirante. Elle aimait les vêtements, elle aimait la façon dont ils la faisaient se sentir et comment une robe bien ajustée pouvait la rendre si confiante quand elle savait à quel point elle lui allait bien. Même si Emma lui assurait qu'elle était belle à chaque fois qu'elle sortait d'une cabine d'essayage, même dans une blouse mal taillée, la blonde devait user de beaucoup de persuasion pour amener Regina à acheter quelque chose.

« J'aimais vraiment la robe bleue, » dit Emma alors qu'elle et Regina entraient Chez Bill. C'était un restaurant situé dans une rue secondaire qu'elle avait découvert quelques semaines avant Noël et elle avait hâte de faire découvrir à Regina leur délicieux menu.

« Je ressemblais à une grosse myrtille dedans, » s'insurgea Regina.

« Bébé, il n'y a rien qui pourra cacher complètement ton ventre. Et de toute façon, je te trouve vraiment rayonnante en ce moment. Je ne veux pas que tu te sentes obligée de cacher ta grossesse. »

« Ne m'appelle pas bébé, » grimaça Regina.

Emma soupira et se tourna vers le menu. Elle savait que rien de ce qu'elle dirait ne convaincrait la brune, alors il valait peut-être mieux rester silencieuse. Emma se souvenait avoir ressenti la même chose lorsqu'elle était enceinte d'Henry. Avoir dix-huit ans et se dandiner dans un centre commercial en essayant de trouver des vêtements vaguement à la mode n'avait pas été amusant et Neal avait été bien moins utile pour elle qu'elle pensait l'être pour Regina.

« Excuse-moi, Emma. »

« De quoi ? » demanda Emma, levant les yeux vers sa compagne qui semblait être au bord des larmes.

« D'être si insupportable en ce moment. Je sais que tu essaies juste de m'aider et je ne te rends vraiment pas les choses faciles. Je... j'apprécie vraiment ce que tu fais, chérie. Merci."

« C'est mon job, » dit Emma, qui prit l'une des mains de Regina par-dessus la table. « Je vois à quel point tu es belle et je veux que tu le voies aussi. »

« C'est difficile de te trouver belle quand tu te sens tout le temps grosse et léthargique, » répondit Regina en essuyant une larme sur sa joue.

Emma lui sourit tendrement. « Tu n'es pas grosse, tu es enceinte. Et même si tu étais grosse, je t'aimerais quand même. »

« Tu dis ça comme ça, » dit Regina.

« Pas du tout, » assura Emma. « Je t'aime pour ce que tu es. Ton apparence est juste un bonus. Parce que oui, tu es super sexy et ton corps est juste incroyable, mais je suis amoureuse de la personne que tu es à l'intérieur, pas de ton look. »

« Robin voulait toujours que je fasse un régime après Noël, » dit Regina après une pause. « Il m'empêchait de manger quoi que ce soit qui ait le moindre gramme de graisse jusqu'à ce qu'il me juge à nouveau 'attirante'. J'avais toujours peur qu'il me quitte si je grossissais parce qu'il me trouverait moche. »

« Tu ne pourras jamais être moche, Regina", » affirma Emma. « Et Robin a eu tort de te faire croire que ton poids avait une influence sur la raison pour laquelle il était avec toi. Non pas qu'il était avec toi pour de bonnes raisons au final... Écoute, j'ai aucune envie de penser ou de parler de lui aujourd'hui. Tu sais ce que tu vas prendre ? »

Regina secoua la tête et jeta un coup d'œil au menu.

« Tu me conseilles quoi ? »

« Le houmous et le burger halloumi sont incroyables, et ils remplacent les frites par des patates douces, » suggéra Emma.

« Ça a l'air parfait. »

« C'est toi qui es parfaite. »

C'était très niais mais Emma s'en fichait car Regina lui souriait pour la première fois depuis leur arrivée au centre commercial et elle sentit son cœur déborder d'amour pour la femme qu'elle avait devant elle.


Plus tard dans l'après-midi, Emma et Regina entrèrent silencieusement dans la maison, ne voulant pas alerter Henry et Ava de leur présence. Le son de la télévision les attira au salon et les deux femmes passèrent silencieusement la tête par le cadre de la porte, celle d'Emma se trouvant juste au-dessus de celle de Regina. Henry et Ava étaient assis sur le canapé, son bras autour des épaules d'Ava et son corps lové contre lui. Ils regardaient un film, mais aucune des deux femmes ne savait lequel. Emma jeta un regard à Regina et lui sourit avant de se détourner et de poser son sac et ses clés de voiture bien plus bruyamment que nécessaire.

« On est de retour ! » lança Regina.

« On est là, » répondit Henry.

Aucun des deux adolescents n'avait changé de position depuis que leurs professeurs les avaient surpris et ils se tournèrent en souriant lorsque Regina et Emma entrèrent dans la pièce.

« C'était comment, ce pique-nique ? » demanda Emma en jetant un coup d'œil au tapis sur le sol et aux bols et assiettes vides.

« Plutôt pas mal, » acquiesça Henry. « Pour un pique-nique d'intérieur. »

« J'ai bien aimé, » dit Ava. « Merci pour les pâtes, Mademoiselle Swan. »

« Je t'ai dit de m'appeler Emma quand on est à la maison et en fait, c'est Regina qui les a faites. »

« Oh, alors merci, Regina, » dit Ava en se souriant à sa prof principale.

Ils avaient encore du mal à savoir comment se comporter ensemble en dehors de l'école, mais ils commençaient à s'y habituer. Alors qu'Emma et Regina se dirigeaient vers la sortie du salon, le téléphone du hall sonna. Emma avait remplacé le combiné avait été remplacé par un autre modèle rétro et le numéro avait été changé, mais les deux femmes le regardèrent avec un peu d'appréhension, sachant que peu de gens utilisaient encore les téléphones fixes.

« Allô ? » dit Emma en décrochant enfin le combiné.

« Eh, salut Emma ? »

« Qui est-ce ? » demanda la blonde. Elle savait qu'elle connaissait cette voix mais elle n'arrivait pas à s'en souvenir.

« C'est Zelena. »

« Oh, salut, » dit Emma, reconnaissant enfin la voix familière. « Comment ça va ? »

« Très bien, merci. Et toi, comment vas-tu ? »

« Tout va très bien ici aussi, » dit Emma, faisant signe à Regina de venir avant qu'elle n'entre dans la cuisine. « Tu veux parler à Regina ? »

« Oui, s'il te plait, » acquiesça Zelena. « Même si je suis sûre qu'elle va te parler tout de suite de la nouvelle que je m'apprête à lui annoncer. »

« Tu m'intrigues, » dit Emma en fronçant les sourcils. « C'était sympa de te parler en tout cas. »

« Pour moi aussi, » dit Zelena tandis qu'Emma tendait le téléphone à Regina avant de se diriger vers la cuisine pour réfléchir à ce qu'elle allait préparer à dîner.

Les mots venant du couloir s'estompèrent légèrement mais elle pouvait entendre l'excitation dans la voix de Regina, et même un petit cri de joie. Dix minutes plus tard, alors qu'Emma coupait des carottes, Regina passa ses bras autour de sa taille et lui embrassa la nuque.

« C'est pour quoi, ça ? »

« Juste comme ça. Dis-moi, dans combien de temps se termine le bail de tes locataires ? » demanda Regina.

« Euh, je pense jusqu'à la fin du mois d'août, pourquoi ? » demanda Emma en fronçant les sourcils, avant de se retourner et de s'appuyer contre l'évier, serrant Regina aussi fort que le lui permettait son ventre rond.

Emma avait décidé de ne pas vendre son ancienne maison et de la louer pour couvrir l'hypothèque et avoir un peu plus d'argent chaque mois.

« Parce que ma cousine vient encore de me surprendre. »

« Comment ça ? »

« Je ne sais pas si elle te l'a dit quand on était en Sicile, mais elle est professeur d'histoire elle aussi.

« C'est vrai ? Je savais pas. »

« Si, » dit Regina. « Et en fait, c'est même grâce à elle que je me suis mise à l'histoire en premier lieu. Je l'admirais beaucoup. Pour moi, c'était la cousine plus âgée et plus cool qui est allée faire des études d'histoire à la fac et qui a eu une vie incroyable. Elle a rencontré son premier mari au travail peu de temps après son diplôme et ils se sont mariés. Ça n'a pas marché, bien sûr, mais quand elle a rencontré son troisième mari qui l'a fait déménager en Sicile pour vivre une vie de luxe, elle avait déjà quitté le monde de l'enseignement depuis des années. »

« Alors... tu essaies de me dire quoi ? »

« Que sans rien me dire, ma cousine chérie a postulé pour le poste de professeur d'histoire au collège de Storybrooke. »

« Tu veux dire ton poste ? » demanda Emma.

« Oui, » acquiesça Regina. « Et hier elle a eu la confirmation qu'elle a été choisie pour me remplacer. Elle emménage ici le mois prochain. »

« Wow, c'est génial ! » sourit Emma. « Et elle veut vivre dans mon ancienne maison ? »

« Si c'est possible, oui, » dit Regina. « J'ai dit que je verrais avec toi, mais ce sera génial de l'avoir à proximité. Elle pourra faire du baby-sitting si on veut prendre une soirée à nous, par exemple. Et une paire de mains supplémentaire quand il s'agit d'un bébé est toujours la bienvenue, non ? »

« Oui, » sourit Emma. « Mais elle va pas vendre la villa, si ?»

« Mon Dieu non ! » dit Regina en riant. « Ne t'inquiète pas, nos vacances de Pâques sont assurées. Elle la louera comme lieu de vacances pendant l'année, mais je pense qu'elle y retournera définitivement à la fin de mon congé de maternité. Zelena n'a jamais été du genre à garder un emploi stable, ni une relation, d'ailleurs. »

« Henry va être ravi. Il l'aime beaucoup. »

« J'aime beaucoup qui ? » demanda Henry en entrant dans la pièce, deux verres vides à la main.

« Zelena va me remplacer à Storybrooke, » dit Regina. « Elle vient vivre ici. »

« Sérieux ? Cool ! » s'exclama Henry.

« Je suis vraiment en minorité ici, n'est-ce pas ? » dit Emma en fronçant les sourcils. « Et Ava ? Est-ce qu'elle préfère l'histoire à la géographie ? »

« Non, en fait, » dit Henry. « Elle adore la géo, d'ailleurs elle passe son temps à me dire qu'elle adore tes cours. C'est assez gênant. »

Emma afficha un sourire radieux. « Excellent. Au moins j'ai quelqu'un dans mon camp contre les trois geeks de l'histoire. »

« Je n'aime pas ce terme, » dit Regina. « Je préfère 'enthousiastes'. »

« Si tu le dis, » dit Emma en riant avant de donner un rapide baiser à Regina. « Maintenant, est-ce que tout le monde est enthousiaste à l'idée d'une poêlée de légumes grillés avec du poulet pour ce soir ? »

« Oui, s'te plait, » acquiesça Henry. « Je vais dans ma chambre avec Ava, on va regarder des trucs sur internet. Tu peux nous appeler quand c'est prêt ? »

« Porte ouverte, » lui rappela Emma.

« Maman, vous nous avez laissés seuls pendant six heures aujourd'hui. Si on avait voulu faire l'amour, on l'aurait fait à ce moment-là, pas maintenant que vous êtes rentrées. »

Emma laissa échapper la carotte qu'elle tenait, fixant son fils qui sortit de la pièce.

« Il aurait pas fait ça… pas vrai ? »

Regina éclata de rire et sortit quelques légumes du réfrigérateur afin d'aider Emma à préparer le dîner.

Voilà, j'espère que ça vous a plu, à bientôt pour la suite!