Coucou, j'espère que vous allez bien, alors déjà pardon, pardon, pardon pour le retard, j'ai un truc de prévu ce week-end qui me met un peu les nerfs à vif et j'ai un peu de mal à me concentrer sur autre chose, je vous raconterai ça. Voici le chapitre 37, que j'ai dû presque entièrement remanier (on peut presque dire que c'est moi qui l'ai écrit, vous me direz ce que vous en pensez.) Je vous explique: La fic originale se passe principalement en Angleterre, car l'auteure est anglaise et aussi professeur apparemment. Comme je galérais un peu avec son système scolaire j'ai décidé de mettre les équivalences et du coup de resituer la fic aux Etats Unis, ce qui me semblait plus logique. Mais dans la version originale de ce chapitre, elles partent en Belgique, ne pouvant pas prendre l'avion à cause de la grossesse de Regina. Je n'avais pas prévu ça quand j'ai commencé à traduire et du coup comme ma version se passe aux Etats Unis, ben adieu la Belgique, bonjour Salem! Voilà du coup j'ai dû pratiquement tout réécrire et ajouter des choses mais j'espère que ça vous plaira! Bonne lecture!
Chapitre 37: Voyage à Salem
Ils progressaient rapidement, la route menant à Salem étant plutôt dégagée malgré cette période. Il faut dire que cette destination n'était pas le premier lieu auquel on pensait pour des vacances, mais ils étaient heureux d'avoir pu partir. Henry était assis sur le siège arrière de la voiture, rivé sur son iPad, tandis qu'Emma et Regina en sortirent pour se diriger vers les toilettes après s'être de nouveau arrêtées dans une station-service. Le trajet n'avait duré qu'une heure et demie, mais la grossesse avancée de Regina faisait que le bébé appuyait presque constamment sur sa vessie, et elles avaient déjà dû faire deux arrêts, ce qui l'agaçait au plus haut point.
"C'est normal", dit tendrement Emma lorsque Regina protesta à ce sujet. « Tu es enceinte de sept mois. Quand j'attendais Henry, je devais me lever toutes les dix minutes à partir du sixième mois, » gloussa-t-elle.
« Oui, je sais, » grogna Regina en se séchant les mains avant de rejoindre Emma qui l'attendait près de la porte. « Mais c'est énervant, et à cause de moi, Henry n'a pas pu aller en Sicile comme il le voulait. »
« Mon cœur, qu'est-ce que tu racontes ? » dit Emma en enlaçant sa compagne une fois qu'elles furent dans un petit couloir menant à la supérette attenante. Regina poussa un profond soupir et se relaxa dans l'étreinte, comme chaque fois que la blonde la prenait dans ses bras. « Tu es enceinte, » dit Emma en ancrant son regard dans le sien lorsqu'elles se détachèrent, « et il était hors de question qu'on vous mette toi ou la petite en danger en prenant l'avion. Henry le comprend très bien, et il veut prendre soin de toi, tout comme moi. »
« J'ai juste l'impression que depuis qu'on se connait, vous passez votre temps à prendre soin de moi pour une raison ou une autre et que je suis un poids pour vous, » dit-elle une larme pointant au coin de son œil.
« Regina, regarde-moi, » dit Emma en incitant sa compagne à s'asseoir avec elle sur une banquette placée en face d'une machine à café automatique, avant de prendre ses mains dans les siennes. Regina consentit à lever les yeux, posant un regard humide sur Emma. « Tu n'as jamais été un poids et tu ne le seras jamais. Je t'aime enfin, et Henry aussi. Je veux que tu reprennes confiance en toi, et s'il faut que je te dise jour après jour à quel point je tiens à toi et combien je suis heureuse que tu sois apparue dans ma vie, alors je le ferai. » Elle sortit un mouchoir en papier de son sac et sécha les larmes qui menaçaient de couler des yeux de Regina, avant de l'embrasser intensément, comme pour prouver ce qu'elle venait de lui dire. La brune se laissa aller dans cette étreinte, rendant avec passion son baiser à Emma tandis que celle-ci nota le gout des larmes salées qui avaient coulé sur les lèvres de sa compagne.
« Merci, Emma, » dit Regina lorsqu'elles se séparèrent. « Merci de toujours trouver les mots pour me réconforter. Je t'aime »
« Je t'aime aussi, » dit Emma. « Et je ne veux plus que tu te rendes triste en imaginant n'importe quoi, d'accord ? Quand ça ne va pas, je veux que tu m'en parles. Et si un jour je ne suis pas là et que tu as encore ces pensées… parasites, » dit Emma en choisissant le mot avec précaution, je veux que tu penses : « Si je disais ça à Emma, qu'est-ce qu'elle me dirait ? » Et petit à petit, tu arriveras à t'en débarrasser complètement, je te le promets. Toi aussi tu as toujours été là pour moi et pour Henry, Regina, et on a besoin de toi, d'accord ? »
Regina gloussa.
« Tu sais que tu pourrais te reconvertir dans la psychanalyse ? Ce que tu viens de me dire aurait tout à fait pu sortir de la bouche d'Archie. »
Emma ne put s'empêcher d'éclater de rire. « Mon Dieu non, je serais jamais assez patiente pour écouter tout un tas de gens me parler de leurs problèmes. »
« Tu es patiente avec moi, » objecta la brune.
« Toi, je t'aime, c'est différent, » dit Emma. « Tu veux un café ? » dit-elle en se levant pour s'approcher de la machine.
« Oui, je veux bien un expresso s'il te plait. Mais Henry va nous attendre, non ? »
« Ne t'inquiète pas, quand il joue à Candy Crush, il oublie tout le reste, » gloussa Emma qui inséra une pièce dans la machine avant de tendre le verre en plastique rempli de liquide noir et bouillant à Regina, avant de se servir un cappucino.
Quelques minutes plus tard, Henry accueillit leur retour par un grognement mais ne leva pas les yeux de son écran. Emma et Regina échangèrent des regards en coin avant de se réinstaller dans la voiture pour reprendre la route et se rendre à leur hôtel.
Regina et Henry décidèrent d'aller visiter le Musée de la Sorcellerie, qui se révéla offrir tout un tas de détails sur les procès et les exécutions, leur permettant de satisfaire leur soif d'Histoire, tandis qu'Emma choisit de les attendre en prenant un café et une pâtisserie locale non loin de là.
« Est-ce que les femmes qui étaient exécutées pratiquaient vraiment la magie ? » demanda Henry alors qu'ils passaient devant la réplique d'un bûcher.
« Non, » dit Regina. « La majorité n'avaient rien de magique d'ailleurs. Beaucoup des femmes accusées de sorcellerie étaient des femmes ayant une relation avec des hommes mariés et dénoncées par leurs femmes comme sorcières. Ou alors de simples herboristes pratiquant la médecine par les plantes. Elles étaient juste accusées parce qu'elles ne rentraient pas dans la norme. »
« Et elles étaient vraiment brûlées vives ? »
« Oui, » répondit Regina. « D'ailleurs, les bourreaux utilisaient un bois spécial à combustion lente pour que ce soit le plus douloureux possible et qu'elles expient leurs « pêchés ». Quelquefois, elles étaient aussi noyées, et les prêtres disaient que si elles n'utilisaient pas leurs pouvoirs pour s'en sortir, ça voulait dirent qu'elles n'étaient pas sorcières et qu'elles iraient au Paradis. »
« N'importe quoi, » dit Henry en haussant les épaules. « Heureusement qu'on ne fait plus ça maintenant. Tu veux rentrer ? » demanda Henry en voyant Regina se frotter le bas du dos.
« Oui, » admit-elle. « Ca fait plus d'une heure qu'on marche et porter cette petite n'est pas propice à de longues promenades. »
« On devrait peut-être te trouver un fauteuil roulant, » taquina Henry tandis qu'ils rebroussèrent chemin en direction de la terrasse de café où ils avaient laissé Emma.
« Oh, ça suffit, » répondit Regina en donnant une petite tape sur le bras à Henry. « Je suis enceinte, pas invalide. De toute façon, il n'y a que des rues pavées, ou caillouteuses ici, et je suis sûre que le fait que je sois en chaise roulante provoquerait un accouchement prématuré. »
« Beurk, » dit Henry en faisant la grimace.
« Elle s'en sortirait probablement, tu sais, » dit Regina alors qu'ils descendaient la rue. "Si j'accouche maintenant, je veux dire. Elle aurait environ sept semaines d'avance, mais des bébés prématurés ont survécu jusqu'à dix-neuf semaines avant le terme. »
« Oui, mais c'est pas bon pour eux, n'est-ce pas ? » dit Henry en fronçant les sourcils.
« Non, bien sûr que non, » répondit Regina. « Je ne veux pas qu'elle soit prématurée parce que ça peut entraîner des complications et elle pourrait avoir des problèmes de développement ou neurologiques. Je dis juste qu'avec les progrès de la médecine moderne, elle s'en sortirait probablement bien. »
« De toute façon, on va éviter le fauteuil roulant alors, » dit Henry. « On peut juste s'arrêter dans chaque café qu'on trouvera pour que tu fasses une pause et que je puisse boire un chocolat chaud. »
« Oh, tu crois ça ? » dit Emma lorsque tous les deux atteignirent sa table au milieu de de leur conversation.
« Tu as dit qu'il y avait d'excellents chocolatiers à Salem, et j'ai vu sur Trip Advisor que leurs cafétérias sont super bien notées, alors oui, je vais boire autant de chocolat chaud que possible afin d'évaluer scientifiquement laquelle sert le meilleur. »
« Hmmm, » dit Emma en fronçant les sourcils. Elle glissa un billet de cinq dollars sous sa tasse de café vide et se leva. « Je ne crois pas, Henry. C'était comment, le musée ? » demanda-t-elle, changeant de sujet pour éviter une dispute.
« Cool, » grommela Henry en mettant ses mains dans ses poches avant de s'affaler devant le couple qui se tenait par le bras.
« Et toi, est-ce que ça t'a plu ? » demanda Emma à Regina alors qu'elles suivaient l'adolescent boudeur.
« Oui, c'était très agréable, merci, » répondit Regina. « Henry s'est vraiment intéressé à ce que je lui ai dit sur les procès pour sorcellerie. Ce n'est pas vraiment mon domaine donc je n'ai pas été d'une grande utilité mais il a semblé satisfait de ce que j'ai pu lui dire. »
« Je suis contente que vous ayez quelque chose en commun, » dit Emma.
« Nous avons beaucoup de choses en commun, » répondit Regina. « Surtout notre amour pour toi. » Emma serra la main de Regina qu'elle tenait dans la sienne et se pencha légèrement au-dessus de la table à laquelle elles étaient assises pour l'embrasser tendrement.
« Maman ! Regina ! Ils ont des échantillons gratuits de chocolat noir, au lait et blanc dans celui-ci, » cria Henry depuis la porte d'un magasin, interrompant les deux femmes dans leur doux échange.
« On finit ça et on arrive, » répondit Emma en se détachant de Regina avant de désigner les cafés sur leurs tables. Celui de Regina était décaféiné, bien sûr.
Il faisait une chaleur étouffante et Emma sentait la sueur couler dans son dos et coller à son T-shirt. Elle regarda la rue et soupira. Salem était vraiment magnifique. Regina en profitait aussi, ses yeux errant sur l'architecture étonnante d'un vieux pont, arqué gracieusement au-dessus d'un des ruisseaux qui traversaient la ville. Elle tenait son chapeau de paille à la main et s'en servait comme éventail.
« Combien de chocolat tu crois qu'Henry a mangé aujourd'hui ? » demanda Emma, voyant son fils disparaître dans une autre confiserie.
« Trop » répondit Regina, la voix fatiguée par la chaleur.
« Tu crois que je devrais l'arrêter ? »
« Comment ? » demanda-t-elle. « C'est gratuit. Et de toute façon, il a quinze ans. Si tu lui interdisais, il partirait tout seul. Au moins, comme ça, on sera avec lui quand il fera un coma diabétique. »
« On va voir ce qu'il veut ? » demanda Emma en buvant son café d'une traite. « Il nous fait signe comme un fou. »
Cette réaction s'avéra justifiée. Emma gémit lorsque le chocolat blanc fondit sur sa langue, le parfum divin de la friandise emplissant l'air. Regina aussi replongeait déjà sa main dans le bol pour prendre quelques morceaux supplémentaires.
« C'est bon, hein ? » dit Henry en souriant. « Regardez ! On peut prendre ça pour le bébé ? Je pense que ça irait super bien dans sa chambre.
Il désignait un hochet massif en chocolat, dont la poignée était décorée de spirales de chocolat blanc.
« On peut même faire écrire son nom dessus. Enfin, si vous vous êtes mises d'accord sur un nom. »
« Pas encore, » répondit Regina en regardant Emma, qui lui adressa un sourire. « Mais ce n'est pas vraiment le problème, Henry. »
« Ah, alors c'est quoi ? »
« Les bébés ne peuvent pas manger de chocolat, » expliqua la brune. « C'est trop sucré pour eux. On n'est pas censé leur donner de nourriture solide, et encore moins quelque chose d'aussi sucré que le chocolat, avant qu'ils aient au moins six mois. »
« Oh, » dit Henry, la mine déconfite. « Je peux avoir ça alors ? »
Emma ne put s'empêcher de rire de la façon dont son expression changea lorsqu'il désigna une énorme sorcière en chocolat blanc perchée sur un balai, en chocolat au lait.
« Bien sûr, si tu as assez d'argent de poche, » dit-elle en plissant les yeux en direction de son fils, d'un air de défi.
« Mais c'est 50 dollars, » pleurniche Henry. « C'est littéralement tout l'argent que j'ai sur moi. »
« Je sais, » dit Emma en souriant.
« Bon, d'accord, » s'exclama Henry en se tournant pour prendre une réplique miniature de la sorcière. « Je crois que je vais juste prendre ça. »
« Bonne idée, » dit Emma. « Mais ne la mange pas maintenant, on va aller manger au restaurant.
« Attends, » dit Henry. « Tu veux dire qu'on sort d'un café pour aller au resto ? »
« Ouais ! » dit Emma, tenant la porte du magasin ouverte pour laisser passer Regina.
« J'adore les vacances ! » sourit Henry en sortant avant sa mère dans l'air chaud de l'après-midi.
Henry se dirigea vers sa chambre et claqua la porte peu après leur arrivée dans l'appartement qu'ils avaient choisi de louer. Regina leva les yeux sur Emma, mais la blonde se contenta de secouer la tête. Henry était un adolescent après tout et il avait été génial les premiers jours. Il avait sans doute besoin d'un peu de temps pour lui, loin d'Emma et de Regina.
Ainsi, après lui avoir crié à travers la porte de la chambre qu'elles sortaient faire un peu de tourisme, Emma conduisit Regina hors de l'appartement et dans les rues sombres. Elles marchèrent main dans la main, admirant la ville et repérant les cafés, les restaurants, les magasins et autres galeries d'art qu'elles voulaient visiter durant leur séjour. Alors que le soleil se couchait et que le ciel au-dessus d'elles prenait une teinte orange rougeâtre, les deux femmes entrèrent dans une épicerie pour acheter quelques provisions pour le dîner. Ils avaient beau être en vacances, manger au restaurant tous les soirs était parfois fatigant et il était difficile de faire son choix parmi les différentes spécialités de la ville.
L'appartement était sombre et silencieux lorsqu'elles rentrèrent, la porte de la chambre d'Henry étant toujours fermement fermée. Alors que Regina commençait à préparer de la pâte à pizza, Emma frappa à la porte de la chambre de son fils.
« Entrez. »
Elle s'exécuta, fermant en silence la porte derrière elle.
« Salut, mon grand, ça a été, ta soirée ? »
« Oui, » dit Henry, sans lever les yeux de son livre.
« Regina fait prépare des pizzas. Tu veux la même chose que d'habitude sur la tienne ? » demanda Emma en s'asseyant sur le bord de son lit.
« Oui, s'il te plaît. »
Il y eut une pause, Henry se replongeant dans son livre.
« Il y a un truc qui va pas ? » demanda Emma. Henry avait beau être un adolescent, son soudain changement de comportement devait avoir une raison, mais elle se creusait les méninges depuis des heures sans comprendre ce qui lui arrivait. »
« J'ai pas eu de nouvelles d'Ava depuis lundi, » dit enfin Henry en posant le livre ouvert sur sa poitrine.
« On n'est que jeudi, » dit calmement Emma.
« Je sais, » soupira Henry. « Mais elle répond toujours tout de suite à mes textos et elle a ignoré les cinquante derniers. »
« Cinquante ? »
« Me fais pas passer pour un relou, » grogna Henry. « Elle me plait vraiment, Maman. Et si elle avait rencontré un surfeur sexy en Australie et qu'elle voulait plus me voir ? »
« Henry, » dit Emma en tapotant sa jambe d'une manière rassurante. « Je suis sûre qu'elle est juste occupée. Elle est en vacances, non ? Et si elle était partie dans la brousse ou faisait une randonnée dans la nature où il n'y a pas de réseau téléphonique ? Il y a un million de raisons pour lesquelles elle ne répond pas et ça ne veut pas dire qu'elle t'a quitté. »
« Peut-être, » dit Henry. « Mais je veux juste qu'elle m'envoie un texto. »
« Et si tu allais aider Regina à mettre les garnitures sur la pizza ? Ça te distraira. »
« M'man, j'ai plus cinq ans, » râla Henry.
« Non, justement, dans quelques années, tu seras adulte et il est grand temps que tu commences à apprendre à cuisiner. Allez, je te laisserai même mettre un supplément de poivrons dessus. »
Regina afficha un sourire radieux lorsque les deux Swan sortirent quelques minutes plus tard. Emma secoua légèrement la tête, indiquant subtilement à la brune qu'elle ne devait pas demander ce qui n'allait pas. Regina termina donc d'étaler la pâte devant elle et la passa à Henry qui commença à la recouvrir de sauce tomate. Emma passa son bras autour de la taille de Regina et l'embrassa dans le cou avant de lui prendre délicatement le rouleau à pâtisserie des mains, insistant pour qu'elles s'asseye et repose ses chevilles endolories pendant qu'elle finissait de préparer le dîner.
« Mais c'est cool, les graffitis ! » insista Henry.
« C'est du vandalisme, » répondit Emma.
« Oui, mais c'est cool comme vandalisme cool, » protesta Henry.
« Henry, je te préviens, si jamais tu te fais arrêter pour avoir fait des graffitis, je te tue, » dit Emma, le visage sévère.
« Relax, maman. Tu sais que j'ai autant de sens artistique qu'un morceau de charbon. Mais j'aime quand même les regarder. »
« Celui-ci est pas mal, je le reconnais, » dit Emma.
Ils se trouvaient sur un parking du centre-ville et admiraient une immense fresque murale représentant quatre pigeons aux couleurs vives. Leurs yeux perçants fixent le trio, leurs plumes colorées sont définies et complexes.
« J'aime bien les graffitis, » dit Regina.
Emma et Henry se tournèrent vers elle, la bouche ouverte.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
« C'est juste… surprenant, » s'étonna Emma. « Je pensais pas que c'était ton truc. »
« Quoi, tu me voyais plus du genre Monet ou Rembrandt ? » taquina Regina.
« Exactement, » sourit Emma alors qu'ils se dirigeaient tous les trois vers la rue.
« J'aime aussi les formes d'art classiques, mais il y a quelque chose dans les graffitis qui me captive. Leur créativité et leur expressionnisme sont juste... sans limites. »
« Pas toujours, » remarqua Emma en montrant un tag obscène taggé à la hâte sur le mur devant lequel ils passaient.
« Non, » concéda Regina. "L'expressionnisme derrière 'bite' est assez clair."
Henry se mit à rire. C'était toujours étrange d'entendre ce genre de mots sortir de la bouche de son professeur d'histoire.
La journée se réchauffa rapidement et ils se retrouvèrent bientôt dans un café, commandant quelques sandwichs pour le déjeuner tout en admirant la ville médiévale. Regina sirota son eau gazeuse, écoutant Henry et Emma continuer à débattre du pour et du contre de l'art des graffitis. Elle se promit d'organiser un voyage à Bristol quelque temps après la naissance du bébé afin qu'ils puissent partir à la recherche de quelques œuvres originales de Banksy.
Après le repas, Henry demanda la permission de se promener seul pendant un moment. Après avoir promis qu'il appellerait Emma s'il arrivait quelque chose et convenu de les rejoindre à 'appartement à six heures, l'adolescent fit un signe de la main et disparut au coin de la rue.
« Ça va aller, » la rassura Regina. « Viens. Allons voir la galerie d'art que nous avons repérée hier soir. »
« Dans une minute, » dit Emma. « Il y a une boutique de l'autre côté de la place à laquelle j'aimerais qu'on jette un coup d'œil. »
Regina suivit le regard d'Emma et plissa légèrement les yeux face à l'éclat du soleil. Lorsqu'elle comprit enfin de quoi il s'agissait, sa mâchoire s'effondra.
« Vraiment ? »
« Oui, mais seulement si tu es à l'aise avec ça, » dit Emma.
Regina jeta un coup d'œil à la boutique et hocha la tête. « D'accord. »
Une cloche résonna à l'entrée la boutique sombre quand Emma poussa la porte s'effaçant pour laisser Regina entrer. Elles regardèrent la pièce faiblement éclairée et ne furent pas surprises de la trouver déserte. Emma glissa sa main dans celle de Regina alors qu'elles avançaient. A un moment donné, le bruit de pas légers venant de l'arrière-boutique leur indiqua que quelqu'un arrivait.
« Ah, bonjour, » dit la propriétaire, une femme mince et rousse. « Comment puis-je vous aider ? »
« Oh, on va juste faire le tour, pour l'instant, » dit Emma en serrant un peu plus la main de Regina.
« Bien sûr, » dit la rousse. « Appelez-moi si vous avez besoin d'aide. »
Emma hocha poliment la tête et Regina et le couple s'avança dans la boutique. Regina fixait les étagères, son cœur battant la chamade.
« Est-ce que ça va ? » demanda Emma, d'une voix douce.
« C'est la première fois que je viens dans un sex-shop, avoua Regina, tendant les doigts pour frôler quelques pompons pour mamelons accrochés au mur. « C'est... étrange. »
« C'est intéressant, » répondit Emma. « J'ai pensé qu'on pourrait peut-être trouver quelque chose de nouveau pour nous ici. »
« Pourquoi ? » demanda Regina, ses doigts se crispant un peu plus sur ceux d'Emma. « Est-ce que tu t'ennuies avec moi ? »
« Quoi ? Non, jamais ! » s'exclama Emma avant d'embrasser tendrement sa compagne « Je t'aime, Regina. Et le sexe entre nous est juste incroyable. Ça n'a rien à voir avec le fait de s'ennuyer ou de ne pas vouloir faire l'amour avec toi. J'ai juste pensé que cette boutique serait une occasion de trouver quelque chose pour pimenter un peu les choses. Mais si tu n'es pas à l'aise, on s'en va tout de suite. »
Regina jeta un coup d'œil autour d'elle, ses yeux parcourant les nombreux sex-toys en exposition. Elle savait ce qu'étaient certains d'entre eux, mais l'utilisation de certains autres la déconcertait.
« Je... je ne suis pas sûre de vouloir utiliser un... » Elle jeta un nouveau coup d'œil rapide sur l'objet avant de baisser la voix. « Un gode. »
Emma sourit en voyant la soudaine timidité de Regina. « Ok, » dit-elle. « Pas de faux pénis, compris. Et ça ? » demanda-t-elle en fouillant dans un panier pour en sortir un petit jouet cylindrique en argent.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est un mini vibromasseur, que tu mets contre le clitoris. »
« Oh, » dit Regina, prenant timidement l'appareil à Emma avant de l'examiner.
« Tu veux que je l'allume ? » demanda Emma.
Regina acquiesça, sans un mot. Emma s'approcha et actionna l'interrupteur situé en bas. Le jouet s'anima et Regina faillit le lâcher.
« Oh ! » s'exclama-t-elle, surprise par l'intensité des vibrations.
« Et maintenant, » commença Emma, en s'avançant un peu plus, « ferme les yeux et imagine-le contre ton clitoris, juste à côté de ma langue. »
Regina frissonna et serra les jambes. Elle éteignit le jouet et hocha la tête. « Ok, je vois, » murmura-t-elle, rougissant soudainement.
Emma sourit et déposa un doux baiser sur les lèvres de Regina avant de prendre le jouet et de le déposer dans le petit panier qu'elle avait pis à l'entrée.
« Qu'est-ce que tu penses de ça ? » demanda-t-elle en prenant un bandeau pour les yeux.
« Non»
« Ok, » assura Emma en laissant retomber le tissu sur l'étagère. « Et je suppose que des menottes... »
« Non.»
Emma hocha la tête et elles s'avancèrent dans la boutique. Elle n'avait pas besoin de lui demander pourquoi. Perdre le contrôle, perdre l'un de ses sens et sa capacité à savoir ce qui se passait, cela ne pouvait que lui rappeler des souvenirs de Robin. Emma s'en voulut de lui avoir posé la question.
« Et ça ? »
Emma se retourna et fronça les sourcils lorsqu'elle vit Regina tenir une paire de pinces à tétons.
« Vraiment ? » dit Emma. « Je pensais que tes mamelons étaient très sensibles en ce moment à cause de ta grossesse. Je ne suis pas sûre que ces pinces te feraient vraiment du bien. »
« C'est vrai, mais ce n'est pas à moi que je pensais, » dit Regina, le bout rose de sa langue émergeant et parcourant ses lèvres de façon taquine.
Emma déglutit avec difficulté. Elle ne pourrait jamais ne pas être excitée par la vue de la langue de Regina, pas quand elle savait ce qu'elle pouvait faire entre ses cuisses.
« Vendu, » dit Emma en prenant les pinces des mains de Regina pour les mettre dans leur panier.
« Pourquoi pas de la peinture comestible ? » demanda Regina.
« Ou on pourrait juste acheter du chocolat et le faire fondre au micro-ondes, » suggéra Emma. « C'est moins cher et le goût est bien meilleur, si tu veux mon avis. »
« Tu as déjà fait ce genre de choses ? »
Ce fut au tour d'Emma de rougir. « Oui, » admit-elle. « Avec Neal. »
« Oh. »
« Hey, » dit précipitamment Emma, prenant Regina par le bras avant qu'elle ne s'éloigne. « Tu sais que j'ai été mariée pendant douze ans avec Neal. On a eu un enfant ensemble. On a eu une vie sexuelle, Regina. Et je sais que tu ne veux sûrement pas entendre ça mais elle était épanouie, contrairement à ce que tu as vécu avec Robin. »
« Je... Je ne voulais pas... Je suis désolée, » s'excusa Regina. « Je suis heureuse que tu aies eu une vie sexuelle épanouie avec Neal. Je sais que c'est le cas dans la plupart des mariages. Ca me fait juste... bizarre, de penser que tu aies pu être avec quelqu'un d'autre, tu vois ? »
« Je te comprends, » la rassura Emma. « Moi aussi, je déteste penser à toi avec Robin. »
« Mais c'est différent, » objecta.
« Comment ça ? »
« C'est différent parce que je détestais le sexe avec Robin. Aussitôt qu'on s'est mariés, il a commencé à me faire sentir que c'était une obligation, mon « devoir conjugal ». Il ne s'est jamais demandé si j'en avais envie, il m'obligeait à le faire à chaque fois qu'il le voulait, et c'est devenu une source de stress pour moi, bien avant qu'il ne devienne réellement violent physiquement, » dit-elle en essuyant une larme sur sa joue. « Mais toi, tu as de bons souvenirs de Neal. Ca me donne l'impression d'être en compétition avec lui d'une certaine façon.»
Emma attira Regina contre elle, ses bras se serrant étroitement autour de la jeune femme. Elle lui caressa les cheveux en la serrant contre elle, essayant de trouver les mots qui, elle l'espérait, aideraient Regina à se sentir mieux.
« Mon cœur, tu n'es pas en compétition avec Neal. Vous êtes des personnes complètement différentes et complètement différentes en ce qui concerne. Et je ne veux pas seulement dire biologiquement. Je vous aime tous les deux. J'aimerai toujours Neal, aucune de nous ne pourra jamais rien faire pour changer ça. Mais mon cœur t'appartient maintenant, Regina. Tu es la seule personne avec laquelle je veux m'endormir, et la seule avec qui je veux explorer ma sexualité. Ce truc de lesbiennes, bi, ou quoi que nous soyons, c'est tout nouveau pour moi aussi. Mon flirt avec Lily quand j'étais ado, c'était immature et superficiel. C'est avec toi que je me suis vraiment lancée là-dedans. Il y a tellement de choses nouvelles pour nous deux. Et oui, j'ai peut-être plus de vécu que toi en matière de sexe, mais c'est avec toi que je veux expérimenter de nouvelles choses, avec personne d'autre.
Regina acquiesça adressa un faible sourire à Emma.
« Je t'aime. »
« Je t'aime aussi, » dit Emma. « Et je pense qu'on a passé assez de temps dans ce sex-shop pour aujourd'hui. Que dirais-tu de payer, de sortir d'ici et d'aller faire des choses culturelles ? »
« Ça aussi, c'est culturel, » dit Regina alors qu'elles s'approchaient main dans la main de la caisse où la femme aux cheveux rouges les attendait.
« Vraiment ? »
« Oui, bien sûr. La culture du sexe, » dit Regina. « C'est un énorme et fascinant domaine d'étude. »
Emma gloussa. « Je vois…Mais on va éviter de parler à Henry de cette excursion culturelle en particulier quand on le retrouvera ce soir, d'accord ? »
« D'accord, » dit Regina en gloussant légèrement elle aussi.
Emma sourit et embrassa une fois de plus les lèvres pulpeuses de sa compagne avant de remettre l'argent à la caissière et de prendre le petit sac contenant leurs achats.
Le reste de leurs journées à Salem se déroula de la même manière, mais sans autres détours par le sex-shop. Ils passaient leurs matinées à se balader ensemble dans les rues et l'après-midi, Henry partait explorer la ville tout seul tandis qu'Emma et Regina visitaient les galeries d'art « ennuyeuses, » Lorsqu'ils se retrouvèrent tous à l'appartement le dernier soir, Henry sauta littéralement de joie.
« Qu'est-ce qui te met de si bonne humeur ? » demanda Emma, posant avec précaution sur la table un sac contenant un vase fragile dont Regina était tombée amoureuse.
« Ava m'a envoyé un message, » dit Henry, un sourire jusqu'aux oreilles. « T'avais raison, Maman. Elle est allée faire une randonnée en montagne et a oublié le chargeur de son portable. Comme les iPhones sont stupides, il n'y avait plus de jus au bout d'une journée et elle n'a pas pu répondre. Mais elle est rentrée à l'hôtel et on vient de se faire un Skype. »
« C'est génial, mon grand, » sourit Emma. "Mais il est plus de minuit en Espagne, non ? »
«Elle arrivait pas à dormir, » dit Henry en haussant les épaules. « On va où pour diner ? »
"Regina a repéré un petit restaurant typique à quelques rues d'ici, si ça te dit. Nous avons pensé que puisque c'est notre dernière nuit ici, on pourrait tester la cuisine locale. »
« Qu'est-ce que la nourriture de Salem a de différent de celle de Portland ? » demanda Henry.
« Pas grand-chose, » dit Regina. "Mais ce restaurant est célèbre pour ses fruits de mer en fait. Et même si j'évite d'en manger à cause de la petite, ce soir, je pensais faire une exception. » ajouta-t-elle en se caressant le ventre.
« Je déteste les fruits de mer, » dit Henry. « Il n'ont pas autre chose ? »
« J'ai vu un steak-frites sur le menu, » dit Emma.
« Génial, » sourit Henry. « Et comme c'est notre dernière soirée, tu me laisserais tester un alcool local ? »
Emma éclata de rire. « Je suppose que oui. Va mettre une chemise. Cet endroit est un peu chic. »
« Quant à moi, je vais essayer de rentrer dans la robe que ta mère a insisté pour que j'achète, » dit Regina en se dirigeant vers la chambre. Emma la suivit.
Une fois la porte fermée, Regina ouvrit son chemisier et dézippa sa jupe, laissant les deux vêtements tomber sur le sol. Emma se baissa immédiatement pour les ramasser tandis que Regina ouvrait l'armoire pour prendre la robe noire qu'elle n'avait achetée que pour faire plaisir à Emma.
« T'es pas obligée de la porter si tu n'es pas à l'aise avec, dit Emma, qui s'assit sur le lit, observant Regina qui examinait l'étoffe posée sur le cintre d'un air sceptique.
« Tu trouves vraiment qu'elle me va bien ? » demanda-t-elle, debout en sous-vêtements, la robe pendant à l'un de ses doigts.
« Tu es magnifique, » assura Emma. « Vraiment magnifique. »
« Elle ne montre pas trop mon ventre ? »
« C'est pour ça que je l'aime, » répondit Emma. « La grossesse te va super bien, Regina. Je veux que tu montres que tu vas avoir un bébé parce que tu es positivement rayonnante de bonheur. Je ne t'ai jamais vue aussi belle, honnêtement. »
Regina sourit et acquiesça. « D'accord. »
Emma lui rendit son sourire et s'habilla rapidement, sa robe rouge vif étant elle aussi une trouvaille de leur virée au centre commercial quelques semaines auparavant. Regina regarda longuement le ventre plat et tonique d'Emma avant d'enfiler sa propre robe et de commencer à se maquiller.
« Wow, » dit Henry lorsque les deux femmes sortirent de la chambre quinze minutes plus tard.
« Tu vois, » dit Emma en passant un bras autour de la taille de Regina. « Je t'avais bien dit que cette robe t'allait super bien. »
« Vous êtes toutes les deux superbes, » dit Henry.
« Et vous êtes vous-même plutôt fringant, jeune homme, » dit Regina en s'avançant pour arranger le col de sa chemise, dont l'arrière était légèrement plié. »
« Merci, » dit Henry, un peu timide. « On a le temps de faire une photo rapide ? »
Emma acquiesça et attrapa son appareil photo, puis programma le retardateur avant de le poser sur le comptoir de la cuisine. Elle prit la pose entre Regina et Henry jusqu'à ce que la lumière rouge clignote plus rapidement et que le flash les aveugle momentanément.
« Allons-y, » dit Henry en tenant la porte ouverte pour laisser les deux femmes passer devant lui.
Emma gloussa devant sa galanterie et tous trois descendirent les escaliers avant de sortir dans l'air chaud du soir.
Voilà, j'espère que ça vous a plu, à bientôt pour la suite, je vous dis plus quel jour du coup, surprise! Bon week-end!
