Je premier chapitre était peu engageant alors en voici un deuxième un peu plus solide ! L'histoire va certes démarrer lentement mais la publication sera soutenue donc ça compensera, j'espère. Des pairings sont à venir mais comme j'essaye de garder un peu de mystère autour des personnages, je n'ai rien spécifié pour éviter de spoiler mais rassurer-vous ! Il y aura de la romance ! Il y aura de l'amitié (c'est une fic KH quand même), de l'angst, du réconfort, des câlins tout doux, des câlins tout chauds, du skateboard, de l'amour ET MEME UN LAMA ! (Non pas de lama en vrai mais peut-être des gerbilles ?)
Sinon, c'est mon anniversaire alors si vous voulez laisser une review c'est totalement le bon jour pour ça !
Chapitre 2
Sitting on the side
Waiting for a sign
Hoping that my luck will change
Reaching for a hand that can understand
someone who feels the same
When you live in a cookie-cutter world
being different is a sin
So you don't stand out
But you don't fit in
Hanson, Weird
Une nuit, vers la mi-novembre, l'orphelin fut réveillé par un hurlement perçant, provenant du rez-de-chaussée. Le dortoir s'agita. Les enfants se ressemblaient, effrayés. Une odeur âcre emplissait la pièce. Il s'assit sur son lit et regarda par la fenêtre. Le ciel était rougeâtre.
Avant qu'il ait pu se demander ce que cela signifiait, une des religieuses entra en trombe, alluma la lumière et leur ordonna de s'habiller tout de suite. Tous s'exécutèrent et sortirent derrière elle, jusque dans la cour. Là, le jeune homme comprit d'où venaient l'odeur et la couleur du ciel. Le bâtiment qui se dressait de l'autre côté de la cour de récréation, où se trouvaient le réfectoire, la cuisine, la lingerie et la réserve, était en feu. Les flammes étaient très hautes, et elles étaient déjà très étendues. Tous se tenaient à une distance raisonnable du brasier, en attendant l'arrivée des pompiers. Le spectacle l'effraya sans qu'il comprenne pourquoi puisqu'il n'était pas en danger.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin, il leur fallut longtemps pour éteindre le feu, à cause du vent. Par chance, il ne se propagea pas aux autres bâtiments. Lorsque ce fut fini et que tout danger fut écarté, les sœurs les renvoyèrent dans le dortoir. Avant de rentrer, il entendit les pompiers expliquer aux religieuses que l'incendie était dû à une fuite de gaz. Il se demanda ce qu'ils allaient tous faire. Il était évident qu'ils ne pourraient pas rester là.
De fait, le lendemain, les sœurs, les traits tirés de n'avoir pas dormi, leur apportèrent à déjeuner dans le dortoir, et leur annoncèrent qu'elles étaient en train d'organiser leur transfert vers d'autres institutions. Elles leur demandèrent de rassembler leurs affaires et leurs distribuèrent de grands sacs en plastique – des sacs poubelles. L'orphelin remplit à peine la moitié du sien, cela ne lui prit que deux minutes. Il garda son carnet sur lui, dans sa poche de pantalon. Il conserva également le sac usé qui contenait ses cours.
Ce fut une drôle de matinée. Personne ne sortit du dortoir. Le professeur particulier ne vint pas, ce jour-là. Assis sur son lit, à mâchonner le pain qu'il avait reçu, l'orphelin regardait autour de lui. Pour la première fois de sa vie, aux yeux de sa mémoire, même si ce n'était pas définitif, même si ce n'était dans les circonstances auxquelles il rêvait, il allait quitter cet endroit. Il se sentait étrangement serein. Les enfants étaient excités comme des puces.
Finalement, les sœurs vinrent chercher un groupe d'enfants, les plus jeunes. Ils dirent au revoir à leurs copains et les suivirent en traînant derrière eux leurs sacs poubelles, beaucoup trop grands par rapport à leur maigre contenu. Puis ce fut à nouveau le chambard pendant une heure ou deux. Il regardait le ciel à travers la fenêtre. Des morceaux de bleu déchiraient les gros nuages gris qui tapissaient l'atmosphère, mais il devait faire rudement froid. Il décida qu'il demanderait tout de même une nouvelle veste, quand il aurait l'occasion.
Les sœurs revinrent, et emmenèrent la moitié des enfants qui restaient. Le dortoir devint soudain beaucoup plus silencieux. Certains avaient été séparés de leurs amis et comprenaient qu'ils ne les reverraient sans doute jamais. Parmi ceux qui restaient, certains des plus petits se mirent à pleurer.
Lui s'allongea sur son lit, les bras croisés derrière la tête, et il continua de fixer les nuages qui passaient. Bleu, gris, blanc, gris, blanc, bleu…
Il entendit un bruit dans la rue. Curieux, il se pencha pour regarder. Un gros car venait de se garer juste devant l'orphelinat. L'instant d'après, une voiture s'arrêta juste derrière. Il se retourna vers le groupe d'enfants qui se trouvait encore là, à l'opposé, tout au bout du dortoir. Il se prit à espérer qu'on les emmène tous ensemble, pour qu'il n'y ait plus de séparations. Le car était bien assez grand.
À nouveau, des sœurs entrèrent dans la pièce. Elles dirent aux enfants de se rassembler et de sortir, et il se sentit content. Il avait eu raison. Lorsque les enfants furent partis, l'une des sœurs lui fit signe, à lui, de venir également. Il s'empara de son sac poubelle, jeta l'autre sur son épaule et sortit, sans jeter un regard en arrière. Il traversa l'orphelinat, puis la cour. Il arriva devant la porte métallique à doubles battants qui ouvrait sur l'extérieur. Son cœur se gonfla quand elle s'ouvrit et qu'il put enfin la franchir.
De l'autre côté, il n'y avait que la rue qu'il avait toujours pu voir depuis son lit, mais il savait qu'il allait la quitter, qu'il allait tourner au coin qu'il voyait, et découvrir ce qu'il y avait au-delà. Le car n'était plus là, mais la voiture bien. La porte du côté conducteur était ouverte, un homme s'y tenait appuyé. Il était complètement différent des gens qu'il avait déjà rencontrés. Il portait une veste en jean noir, ses cheveux bruns étaient trop longs et une cicatrice lui barrait l'arête du nez et le front. Lorsqu'il le vit, il lui fit signe de le rejoindre. L'orphelin hésita, se tourna vers la religieuse qui se trouvait près de lui en quête de conseil. Elle se contenta d'appuyer le geste du type de la voiture : « Vas-y ». Alors il s'avança vers la voiture, lentement. Lorsqu'il parvint à sa hauteur, l'homme fendit son visage impassible d'un petit sourire et lui tendit la main. L'adolescent la serra, interloqué. Il avait l'air drôlement sympathique, ce mec-là, se dit-il.
- Je m'appelle Léon, lui dit-il d'une voix grave. Monte dans la voiture.
Le garçon passa derrière lui pendant qu'il allait parler aux sœurs. Il tira la poignée et ouvrit la portière. Il avait toujours vu les gens faire comme ça, depuis la fenêtre. Il jeta le sac poubelle sur la banquette et s'assit avant de refermer derrière lui. En attendant que l'homme revienne, il regarda autour de lui. Rien que ça, c'était nouveau pour lui. La voiture était imprégnée d'une odeur âcre de fumée, de cigarette, devina-t-il. Alors qu'il regardait son reflet dans le rétroviseur (c'était truffé de miroirs, cet engin), l'homme revint. Il s'assit sur le siège avant, mit le contact et démarra aussitôt. Lorsque la voiture se mit à bouger, l'orphelin sentit son cœur battre très fort. Au-delà du coin de la rue, il n'y avait que d'autres rues, semblables à celle qu'il venait juste de quitter. Mais ce n'était pas grave, c'étaient des endroits qu'il ne connaissait pas, c'était déjà formidable. Il tournait la tête sans arrêt, regardant de tous côtés pour essayer de tout voir. Léon, ayant remarqué son comportement, lui fit un sourire dans le rétroviseur.
- C'est la première fois que tu sors, petit ?
- Oui, répondit l'orphelin d'une voix émue.
- Sans blague… T'étais là-bas depuis quand ?
- Depuis que j'ai trois ans.
- Trois ans ? Et t'as quel âge ?
La question le laissa perplexe. Le regard lointain, il porta la main à la poche de son pantalon pour palper le petit carnet. Il venait de se rendre compte que ce cadeau, son vieux professeur le lui avait fait pour son anniversaire.
- Hé, l'appela le chauffeur, tout va bien ?
- Oui, répondit-il rapidement. Oui, pardon. J'ai dix-sept ans.
- Ah bon ? ça fait long. Tu n'avais jamais mis les pieds dehors ?
- Jamais.
Le chauffeur souffla très fort pour exprimer son ébahissement, mais il ne dit plus rien. Il se contenta d'observer le regard candide du garçon blond assis sur sa banquette arrière, qui semblait vouloir dévorer le monde des yeux. Il n'arrivait pas à le croire, quatorze ans sans mettre le nez dehors. Il ne devait rien savoir de la vie, ce gosse.
Le trajet parut beaucoup trop court à l'orphelin. Quand la voiture s'arrêta devant un très grand bâtiment gris, il eut l'impression d'y être monté depuis seulement quelques minutes alors que ça faisait près d'une heure. Il avait vécu un moment si intense ! Le ronronnement du moteur de la voiture qui roulait, le mouvement, les autres véhicules, tous les gens qu'il avait vus, les maisons, les feux de circulation, les bus qui transportaient des dizaines de passagers… Cela avait été très bref, mais maintenant, il avait la certitude que le jour ou il sortirait, tout irait bien. Il n'avait pas envie de rentrer dans le nouvel orphelinat.
Vu de l'extérieur, l'endroit ne semblait pas différent de celui d'où il venait, avec ses murs de béton et sa double porte métallique aveugle, sauf que c'était beaucoup, beaucoup plus grand. Cette porte, il la passa le cœur plutôt léger, encore transporté qu'il était par ce voyage.
Malheureusement, s'il avait trouvé sa vie à l'autre orphelinat ennuyeuse à mourir, il s'avéra rapidement qu'il aurait bien mieux valu pour lui qu'il y reste.
Il se retrouva dans un autre dortoir plein de garçons qui chahutaient. Il déposa ses affaires sur son lit en regardant autour de lui, décontenancé. Il n'avait plus vu de gens du même âge que lui depuis des années, et toute cette agitation l'effrayait plus qu'autre chose. Il s'installa discrètement, et personne ne sembla le remarquer. Il fit son lit avec les draps qu'on lui avait donnés, tout au début de la rangée, juste à côté de la porte. Puis il ressortit pour se rendre au secrétariat. La femme qui l'accueillit était plutôt revêche, c'est à peine si elle leva les yeux vers lui lorsqu'il lui donna sa carte d'identité pour qu'elle la range avec son dossier, comme on lui avait dit de faire. Il remarqua que les gens ici n'étaient pas des religieuses, il y avait même des hommes, mais il ne dit rien à ce sujet. Il ne savait pas que l'institut d'où il venait était catholique et celui-ci non. Après avoir rangé ses papiers dans un gros classeur, sur une étagère derrière elle, la femme lui tendit une feuille sur laquelle était imprimé un emploi de temps. Il retourna avec dans le dortoir en le lisant attentivement. Assis sur son lit, il en refit la lecture jusqu'à ce qu'il le connaisse par cœur. Il y avait les heures des repas, les heures pour les douches, et aussi toute une série d'heures de cours, avec des matières dont il n'avait jamais entendu parler. Il rangea la feuille dans son sac en cuir, avec ses affaires de classe, puis il ouvrit son petit carnet. Il resta un moment penché dessus sans bouger, puis il écrivit d'une traite :
Aujourd'hui, je suis allé dehors pour la première fois, pour le transfert. C'était incroyable.
Le nouvel orphelinat est très grand. Contrairement à ce que l'aspect extérieur pourrait laisser croire, c'est incroyablement différent de là d'où je viens. C'est plein de garçons de mon âge, et peut-être même plus âgés que moi. Pour l'instant, personne n'a encore vu que j'étais là, et c'est tant mieux, parce que je ne saurais vraiment pas quoi dire si on venait me parler.
Les cours qui sont dans l'emploi du temps que j'ai reçu ne me disent rien, il y a même des intitulés que je ne comprends pas, comme I.V.S.P. (c'est écrit en dessous que ça veut dire « Initiation à la Vie Sociale et Professionnelle » mais je ne comprends pas beaucoup mieux). Quand j'aurai l'occasion, il faudra que je parle à – mais à qui en fait ? Je n'en ai aucune idée – pour l'Université. Je vais aller voir s'il y a une bibliothèque.
Il rangea le carnet dans sa poche et sorti du dortoir, sans faire attention aux regards qui le suivaient. Car quand il croyait que personne ne l'avait vu, il se trompait lourdement.
Il y avait bien une bibliothèque, qu'il trouva facilement. Mais il y avait peu de livres, et tous très abîmés. La pièce aussi, était dans un sale état. Il y resta un moment avant de ressortir, dépité. Il se sentait soudain très mal à l'aise.
Il alla assister aux cours, le lendemain, et il en ressortit proprement mortifié. Il n'avait pas compris la moitié de ce qu'on lui avait expliqué. Le cours qui portait le mystérieux nom d' « I.V.S.P. » s'était révélé aussi nébuleux que ce qu'il redoutait. On avait tenté de lui faire remplir des trucs qui portaient le nom de « bon de commande ». C'était pire que ce qu'il craignait. Il n'avait pas vu un seul livre de la journée, et il n'avait pas réussi à trouver le courage de poser une question devant tout ce monde. Surtout qu'il sentait clairement qu'on le regardait, maintenant. Les regards des autres pesaient sur ses épaules comme une chape de plomb, et il avait constamment une grosse boule en travers de la gorge. Il ne se souvenait pas s'être jamais senti aussi mal de sa vie.
Il se précipita au secrétariat dès qu'il en eût l'occasion. Cela lui prit quelques jours, car les employés qui y travaillaient avaient des horaires très semblables à ceux des élèves. Le secrétariat ouvrait dix minutes après le début des cours, il fermait pour le déjeuner à l'heure de table, et fermait tout court à 16h. Ce ne fut que le samedi matin qu'il put s'y rendre. Il y alla aussitôt qu'il fut levé – il n'avait pas de réveil, il s'était couché la veille très tôt pour être sûr de pouvoir y aller. C'était le week-end, ce n'était pas ouvert l'après-midi ni le dimanche.
Il arriva devant le comptoir où la dame désagréable lui avait pris sa carte d'identité pour la ranger et constata qu'elle n'y était pas. A sa place, il y avait l'homme qui était venu le chercher en voiture. Il respira un peu mieux. Il préférait s'expliquer avec lui, qu'il avait trouvé sympathique, même s'il n'était pas spécialement avenant.
- Salut, toi, lui dit Léon. Comment ça va ? Tu t'adaptes à ta nouvelle vie, ici ?
Le jeune homme lui fit signe de la tête que non, anxieux. Il n'avait pas envie de parler, il en avait même encore moins envie que d'habitude, mais il le fallait. Il entreprit donc d'expliquer en bref ce qui n'allait pas : jusque-là, il avait suivi des cours équivalents au programme du lycée, il devait passer son bac à la fin de l'année, mais l'enseignement qu'on dispensait ici n'était pas du tout adéquat. Il évoqua aussi, en quelques mots, la bourse d'études dont son professeur lui avait longuement parlé, et son projet d'aller à l'Université. Derrière la vitrine de son comptoir, Léon l'écouta en silence, et son visage s'assombrit. Quand le garçon eût terminé son laïus – ça faisait bien cinq ou six ans qu'il n'avait plus parlé autant – il passa une main dans ses cheveux déjà désordonnés et poussa un gros soupir.
- Hé bien, lui dit-il, ce n'est malheureusement pas moi qui m'occupe de ce genre de choses. Tu dois parler de ça avec le directeur mais il n'est pas là aujourd'hui. Je vais m'arranger pour que tu puisses le voir dès que possible.
Le garçon le remercia d'un petit hochement de tête et d'un regard. Il se sentait vide et tremblant, comme s'il faisait une chute de tension. Comme si dire toutes ces phrases l'avait complètement vidé. Léon lui dit qu'on viendrait le chercher pour le rendez-vous, dans la semaine. Mais alors qu'il tournait les talons pour retourner vers le dortoir, il le rappela.
- Écoute, ajouta-t-il d'une voix sombre, je ne veux pas te démoraliser mais… N'espère pas trop, d'accord ?
L'adolescent sentit son cœur descendre d'un cran dans sa poitrine. Qu'est ce que ça voulait dire, ne pas espérer ? Il ne demandait rien, que de pouvoir suivre ses cours comme il l'avait toujours fait pendant les mois qui restaient jusqu'aux épreuves. Est-ce qu'on pouvait lui refuser ça ? Il hocha vaguement la tête et retourna vers le dortoir. L'homme le regarda s'éloigner, l'air un peu triste. Il lui faisait de la peine, ce gosse. Pour la deuxième fois, depuis qu'il avait appris dans la voiture qu'il n'avait pas mis le nez dehors de presque toute sa vie, il éprouva un sentiment d'injustice farouche, mais – et il le savait très bien – parfaitement inutile. Dans son métier, il voyait très souvent des choses tristes, parfois révoltantes, mais il ne pouvait pas faire plus que ce qu'il faisait déjà. Il regarda la silhouette disparaître au bout du couloir, le cœur lourd.
In my dreams I'm dying all the time
Then I wake it's kaleidoscopic mind
I never meant to hurt you
I never meant to lie
So this is goodbye?
This is goodbye
Tell the truth, you've never wanted me
Moby, Porcelain
À la même époque, à l'autre bout de la ville, en pleine nuit, un autre garçon du même âge se mit à hurler dans son sommeil. La porte de sa chambre s'ouvrit à la volée et une lumière jaune inonda la pièce. Une femme entra, décoiffée et vêtue d'une chemise de nuit froissée. Elle se précipita sur le lit double au milieu duquel se débattait l'adolescent. Elle prit par les épaules et le secoua.
- Ven. Ven, réveille-toi. Réveille-toi ! Ce n'est qu'un cauchemar.
- ÇA BRÛLE ! criait le jeune homme en se tordant sous la morsure d'une douleur imaginaire. AU SECOURS, TOUT BRÛLE !
- Ven, réveille-toi ! appela-t-elle encore sans résultat.
Elle se sentit désemparée. Ce n'était pas la première fois qu'une chose pareille se produisait, loin s'en fallait. Par contre, ce n'était encore jamais arrivé qu'elle ne parvienne pas à le réveiller. Elle se leva et sortit de la chambre en courant pour remplir un verre d'eau dans la salle de bain. Quand elle revint, les couvertures étaient toutes arrachées du lit et Ven s'agitait avec une telle force qu'elle n'osa plus s'approcher pour tenter de le réveiller autrement qu'en lui lançant le contenu du verre à la figure. L'eau éclaboussa l'oreiller et le matelas mais les cris s'arrêtèrent. Le garçon ouvrit les yeux et regarda autour de lui d'un air hagard, ne comprenant manifestement pas où il se trouvait. La femme s'approcha de lui et toucha son épaule du bout des doigts.
- Je suis là, dit-elle.
Il sembla enfin revenir à la réalité et s'agrippa à la main tendue.
- Maman, gémit-il.
- Je sais, je sais, ne t'inquiète pas. Ce n'était qu'un… qu'un cauchemar.
Elle s'assit auprès de son fils et l'enlaça. Ils savaient très bien tous les deux que ce n'était pas juste un simple cauchemars.
