«Encore toi? T'as pas de lit chez toi?»

Erwin, assis au bord du lit, sourit, mais ne répond pas.

«Ok Blondie, quoi de prévu cette fois-ci?»

Erwin enlève ses chaussures, recule sur le lit, s'appuie contre la tête de lit, et fait signe à Levi de s'asseoir à côté de lui. Le brun répond en enlevant sa veste et en levant les yeux au ciel.

«Évidemment.»

Il s'asseoit à côté d'Erwin, bras et jambes croisés.

«La session peut débuter, je t'écoute Blondie.»

Erwin sourit, mais ne dit rien.

Le silence se prolonge. Aucun des deux ne dit rien. Levi attend patiemment qu'Erwin fasse ce pour quoi il est venu.

Mais Erwin ne fait rien, et ne dit rien.


«Blondie, l'heure est passée.»

Erwin se réveille en sursaut.

«Sans déconner, t'as pas de lit chez toi?»

«Désolé, je dors très mal en ce moment.«

«Ouais, j'aurais deviné.»

Erwin se redresse, un sourire gêné aux lèvres.

«Je m'en veux de te faire perdre ton temps.»

Mais Levi est déjà debout, se dirigeant vers la sortie.

«Ton argent, pas le mien. Salut.»

Et comme la veille, sans un regard en arrière, il est parti.

Erwin reste quelques minutes, le temps de réveiller ses muscles endoloris.

Il ne comprend pas pourquoi il s'endort dans un tel endroit. Mais il ne peut s'en empêcher. L'explication qui lui paraît le plus logique est de se dire qu'il se sent à l'aise dans cette pièce, avec Levi. Il ne se l'explique pas. Mais il ne voit que ça.

A reculons, il se dirige vers la sortie. Il pourrait prolonger. Il devrait le faire. Il ne veut pas rentrer. Il ne veut pas retourner dans cet endroit froid qui lui sert d'habitation. Il n'attend maintenant qu'une chose: revenir demain.


Une fois rentré, tout se passe comme d'habitude: la salle de bain, et le lit. Cette nuit, le lit est vide. Marie ne rentrera pas avant demain matin, il s'en doute.

C'est donc seul et morose qu'il s'endort, pas avant 4h du matin.


«Désolé, Levi n'est pas disponible ce soir. Vous l'avez raté de peu.»

«Oh...»

«Je peux vous proposer quelqu'un d'autre sinon. Fille ou garçon?»

«Non, ça ira. On peut réserver un créneau pour demain?»

«Avec Levi? Bien sûr. 23h?»

«Oui, parfait.»

«C'est bon pour moi. A demain alors.»

«A demain, bonne soirée.»

C'est le pas lourd qu'Erwin retourne à sa voiture. Bien qu'il n'ait eu que deux soirées avec Levi, c'était le seul moment de la journée où il se sentait à peu près paisible. Mais Levi reste un prostitué. Il ne lui appartient pas.


Lorsqu'il arrive chez lui, Marie est là. Accoudée sur l'îlot de la cuisine, un verre de vin à la main.

«Salut Marie.»

«Tu rentres tôt.»

«Oui, mon rendez vous a été annulé.»

Il prend un verre dans le placard, puis s'accoude vers Marie et se verse un peu de vin. C'est la première fois qu'ils sont aussi proches depuis des mois. Cependant, aucun ne parle. Ils se contentent tous deux de boire.

Un verre. Deux verres. Trois verres. Quatre verres. Au septième, Erwin commence à sentir sa tête tourner. Il décide que ça sera le dernier.

Marie pose son verre dans l'évier, et passe derrière Erwin pour sortir de la cuisine. Sans savoir ce qu'il fait, sa main attrape le bras de la jeune femme. Marie s'arrête, mais ne se retourne pas. Erwin non plus ne la regarde pas d'ailleurs. Ses yeux sont baissés.

«Lâche moi.»

Sa poigne se resserre sur son bras.

«Erwin.»

«Marie…»

Elle se retourne alors et se met face à lui. Doucement, elle prend son visage dans ses mains. Erwin tressaillit à ce contact. Cela fait tellement longtemps qu'on ne l'a pas touché. Sa main se pose sur celle de Marie et la caresse. Marie se met sur la pointe des pieds et pose doucement ses lèvres sur celles d'Erwin.

Quelque chose ne va pas dans ce baiser. Cela ne l'empêche pas d'accepter la langue de Marie dans sa bouche et de la serrer plus fort contre lui.

Quelque chose se déclenche alors dans l'esprit des deux amoureux. Marie sert Erwin et approfondit son baiser, enfonçant sa langue au plus profond de sa gorge. Ses doigts passent sur le tee shirt d'Erwin et griffent son torse musclé, tandis que le blond passe ses mains dans les pantalon de Marie et empoigne ses fesses.

«Hmmm»

Marie défait la ceinture et le pantalon d'Erwin, le descendant en dessous des fesses, pour empoigner sans douceur aucune son sexe déjà à demi dur pour y effectuer des va et vient secs et violents, tandis que le blond laisse sa marque dans le cou de la jeune femme, rentrant ses ongles dans ses fesses.

Très vite, ses mains remontent pour attraper Marie par les hanches et la retourner afin de la pousser contre l'îlot de la cuisine, la poitrine contre le marbre, avant de défaire son pantalon et sa culotte pour les baisser. Une main sur le nuque de la jeune femme, il crache dans son autre paume avant d'enduire son sexe de sa propre salive. Sans douceur, sans prévenir, il enfonce son pénis au plus profond de Marie, lui arrachant un cri a la fois de surprise et de plaisir. Sans attendre, sans lâcher sa poigne sur la nuque de la jeune femme écrasée contre l'îlot, son autre main tenant fermement la femme par la hanche, Erwin commence des va et vient en elle, de plus en plus brutaux et violents. Le sexe de la jeune femme, d'abord serré, se détend au fil des coups de reins de son fiancé. Très vite, les deux atteignent l'orgasme. C'est un orgasme presque silencieux, un son timide sortant de la bouche des deux fiancés, presque simultanément.

Les deux restent quelques secondes en position, avant qu'Erwin ne se retire et ne se rhabille. Marie fait de même, puis, sans un mot ni un regard, prend son sac a main et s'en va, laissant Erwin seul dans cette immense maison.


En entrant dans la pièce, Levi ne prend pas la peine de demander à Erwin quels sont ses projets pour l'heure. Il enlève sa veste et s'asseoit sur le lit, a côté du blond.

Ils restent ainsi en silence. Levi commence à avoir l'habitude. Il commence même à apprécier ces heures de calme, pour être honnête.

«Ma fiancée me trompe.»