Et voici un autre chapitre de servi! Je vous avertis que celui-ci est assez triste... :( Mais j'espère qu'il vous plaira quand même. Bonne lecture!
((Surface, Labo du Professeur Williams))
Marianne chantonnait doucement à elle-même quand elle a empli deux assiettes de côtes de bœuf, de pommes de terre, et de brocolis. Son mari, Dan, un officier de police, travaillait tard sur un fiasco de drogues, et elle a décidé de passer la soirée avec son père et s'assurer qu'il mange un repas décent. Là maintenant, il était heureux submergé dans ses recherches, et quand il était ainsi, il avait tendance de ne manger rien d'autre que des nouilles ramen et de la mal bouffe, s'il se rappelait même de manger.
Mettant les assiettes sur la table et mettant derrière son oreille une mèche de cheveux crolés qui a échappé sa queue de cheval, elle s'est dirigée dans le labo de son père. "Papa, le dîner est prêt!" elle a dit gaiement.
"Encore quelques minutes." il marmonna d'un air absent en griffonnant encore quelques notes dans son bloc-notes sur les champignons qu'il examinait attentivement.
"D'accord, mais ne tarde pas trop, ou ton plat se refroidira. Et ce sont des côtes de bœuf, tes préférées." elle lui a dit. "Et..." Elle changea de tactique qu'elle savait attirerait immédiatement son attention. "J'ai préparé ton cobbler aux cerises préféré pour le dessert."
Elle sourit quand il a immédiatement dressé la tête, écrivant vite le dernier bout d'infos sur les champignons, et s'est levé de sa chaise. "J'arrive, ma chère."
Marianne regarda son père alors qu'il l'a suivie dans la cuisine. Ses cheveux semblaient plus blancs que gris maintenant, mais il les gardait quand même bien coupés, ainsi que sa courte barbe. Ses yeux, bleus comme les siens, semblaient fatigués, mais brillaient toujours avec la même intelligence que durant ses jours plus jeunes. Il bougeait avec plus de raideur et plus lentement maintenant, l'arthrite lui ayant pris une partie de sa mobilité, mais elle était contente de le voir debout et toujours là. Cependant, il a un peu grimacé quand il a mal bougé son dos.
"Est-ce que ça va, Papa?" elle lui demanda.
"Ne t'inquiète pas, Mari, je vais bien. J'ai juste un petit nœud dans le vieux dos. J'ai dû déplacer quelques boîtes d'équipement du labo et j'ai dû mal le tourner."
"Tu as besoin que quelqu'un t'aide." elle lui a dit.
"J'avais quelqu'un. Il y a cette petite adolescente qui vient m'aider plusieurs fois par semaine à qui je paie pour qu'elle fasse de petits boulots pour moi, mais elle n'est pas passée depuis une semaine." il admit. "Ce qui ne lui ressemble vraiment pas. Normalement, elle est si fiable."
"Tu aurais dû m'appeler. Je t'aurais aidé." Marianne lui a dit.
"Je ne voulais pas te déranger. Je sais que tu es occupée." il lui a dit.
"Je ne suis jamais trop occupée pour toi, Papa."
Il sourit doucement à ça. "Je sais, chérie, mais ne t'en fais pas trop. Je suis peut-être un vieil homme maintenant, mais j'ai toujours la force d'hommes de la moitié de mon âge." Il a espièglement fait un muscle, la faisant rire.
Ils sont allés dans la salle à manger et se sont assis à table, dévorant le repas que Marianne a préparé.
"Mmm, délicieux comme toujours, Marianne. C'est dommage que ton mari n'a pas pu venir. Il rate beaucoup." son père lui a dit.
Elle soupira. "Je sais, mais il a dû rester plus longtemps pour un cas. Il n'en était pas content, mais ses supérieurs ont insisté."
Professeur Williams soupira avec sympathie. "Le travail d'un policier n'est jamais terminé."
Juste à ce moment là, la sonnette résonna, et puis il y a eu une petite, timide frappe à la porte. Les père et fille ont détaché les yeux de leur dîner.
"Qui ça pourrait bien être? Je n'attends personne aujourd'hui." Professeur Williams songea en se levant et se dirigeant répondre à la porte, Marianne l'a suivi. Quand son père a ouvert la porte, Marianne était choquée jusqu'au au cœur de voir qui se trouvait à l'extérieur.
C'était la petite fille de la banque alimentaire, semblant encore plus petite qu'elle l'était la veille sous le gros sac à dos qu'elle portait. Sa robe rose était usée et déchirée, et il y avait de la tristesse et de l'inquiétude dans ces gros yeux bruns qui semblaient être trop vieux pour quelqu'un d'aussi jeune.
"Amy?" Marianne demanda avec surprise, juste au moment où son père parla aussi.
"Oh, bonjour, Tina! Qu'est-ce que tu fais ici si tard?" Professeur Williams demanda, faisant Marianne le regarder avec choc, puis la petite fille, qui bougea d'un air coupable sous son regard.
"Attends, tu t'appelles Amy ou Tina?" lâcha Marianne.
"Tina." la petite fille dit tristement. "Je suis désolée, Madame Marianne. Frisk a dit que je ne devrais pas dire mon vrai nom aux inconnus. Je suis désolée d'avoir menti. Je ne savais pas que vous connaissiez Monsieur Williams."
Le cœur de Marianne a fondu. "Ce n'est rien chérie."
"Tu veux entrer?" Professeur Williams demanda gentiment. Tina hocha timidement la tête et entra. Professeur Williams l'a guidée à la table où il lui a versé un verre de lait. "Alors, est-ce que tout va bien? Où est ta grande sœur, en fait?"
"Vous ne l'avez pas vue?" Tina demanda doucement, faisant Marianne s'inquiéter encore plus et son père froncer les sourcils de préoccupation.
"Pas depuis la semaine dernière quand elle m'a dit qu'elle irait me chercher ce spécimen de fleur." Professeur Williams dit à la petite fille.
Marianne vit l'enfant s'animer et regarder son père, ses yeux bruns intenses comme si elle essayait de savoir quelque chose. "Où est-ce qu'elle allait la chercher?"
"Au Mont Ebott. Il y a une fleur dorée spéciale qui n'a jamais poussé que là-bas, depuis l'Incendie d'Ebottville d'il y a soixante ans."
Tina s'est immédiatement tendue. "L'effrayante montagne maudite?" Marianne aussi était inquiète.
"Elle n'est pas maudite, ma petite. Ce n'est qu'un grand mythe." Professeur Williams a expliqué. "J'ai été là-bas plusieurs fois dans ma jeunesse, et comme tu peux le voir, je suis revenu vivant." Tina a hoché la tête, mais Marianne pouvait quand même voir qu'elle était inquiète.
"Papa, je peux te parler à la cuisine?" Marianne demanda, ne voulant pas inquiéter Tina encore plus.
"Tout va bien?" Tina demanda.
"Oui, j'ai juste besoin de parler à mon père une seconde." Marianne l'a rassurée. "Et si tu restais ici et finissais ton lait, et je vais te réchauffer un morceau de cobbler aux cerises? Tu aimes le cobbler aux cerises?"
"Je n'en ai jamais mangé avant." Tina dit timidement.
Marianne lui fit un grand sourire, cachant son inquiétude intérieure. "Alors tu vas te régaler! Je reviendrai vite avec. Reste juste assise là, d'accord?"
"D'accord." Tina dit doucement, et Marianne mena son père à la cuisine et ferma la porte.
Ils n'ont pas vu Tina se glisser de la chaise après un moment et presser son oreille contre la porte pour écouter.
...
"Papa, pourquoi enverrais-tu une adolescente au Mont Ebott?" Marianne siffla une fois que la porte était fermée.
"Marianne, ce n'est même pas une grande montagne. Un enfant pourrait probablement l'escalader, et Frisk est une fille très intelligente. Elle m'a assuré qu'elle pouvait le faire et m'a récité toutes les règles de sécurité à la montagne que je lui avais dit. Et tu sais que la prétendue malédiction n'est pas réelle. Des gens en sont revenus, y compris moi." son père a essayé de la rassurer.
Marianne serra les poings. "Mais il y a quand même EU des disparitions! Et tu l'as dit toi-même que tu ne l'as pas vue depuis une semaine, depuis que tu lui as demandé d'aller chercher ce spécimen floral, et que ça ne lui ressemble pas de ne pas repasser ici pendant si longtemps. Et si quelque chose lui est arrivé là-bas? Et si elle est tombée ou s'est perdue dans les bois alentours?"
Son père écarquilla les yeux. "Elle ne peut l'être... ses parents auraient signalé sa disparition... Elle doit bien aller... Quand elle n'est pas revenue au labo, j'ai pensé qu'elle a juste eu peur de la malédiction et n'est pas allée."
Marianne faisait les cent pas dans la cuisine avec inquiétude. "Nous devons appeler leurs parents. Tu as leur numéro?"
Professeur Williams secoua sa tête. "Je ne l'ai pas. Frisk ne m'a jamais donné le numéro de ses parents. Elle... Elle parlait à peine d'eux. Tout ce que je sais est que leur nom de famille est Adams." il a dit, sa voix se haussant légèrement à la réalisation horrifiée. "Elle détournait d'habitude les questions sur eux et gardait toutes nos conversations professionnelles. Frisk est toujours polie, mais elle est parfois si silencieuse et distante... Et même si Tina est beaucoup plus bavarde quand elle vient ici, elle parle à peine de ses parents sauf pour dire qu'ils travaillent beaucoup. Elle parle toujours de chouettes choses qu'elle et sa grande sœur font, mais jamais ses parents... J-Je ne me suis jamais rendu compte..."
Marianne s'est sentie malade dans son estomac. "Tina était à la banque alimentaire de l'église hier, et y a pris de la nourriture. Elle était toute seule et a dit que son père travaillait et que sa mère ne se sentait pas bien. J'ai eu l'impression qu'elle ne me disait pas toute la vérité. Elle était si petite et maigre, et il allait pleuvoir. Je lui ai proposé de la raccompagner chez elle, mais elle s'est enfuie dès que j'ai eu le dos tourné. Papa... je pense que nous devons appeler la police et le Service de Protection de l'Enfance." elle murmura. "C'est grave."
"Oh mon dieu... cela fait une semaine... Et si Frisk est... et si elle est... je l'ai faite tuer..." Professeur Williams devint blanc. Il semblait être sur le point de s'évanouir mais réussit à rester sur ses pieds.
"Nous... Nous ne le savons pas encore. Contactons la police et parlons encore à Tina." a dit Marianne. Elle prit le téléphone. "Papa, peux-tu donner à Tina son cobbler et la surveiller? Qu'elle garde son calme. Nous ne voudrions pas qu'elle panique."
Son père hocha la tête en tremblant et réchauffa une portion de cobbler pour Tina avant de mettre de la glace dessus pour la petite fille. Il est sorti avec et Marianne était au téléphone quand elle a entendu l'assiette se fracasser sur le sol. Elle est sortie en courant pour vérifier s'ils allaient bien.
Son père se tenait dans la salle à manger, seul, sans aucun signe de la petite Tina autre que le verre de lait à moitié vide. "Elle est partie."
...
Tina courait vers le Mont Ebott aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient, ayant entendu Madame Marianne et Professeur Williams parler à propos d'appeler le Service de Protection de l'Enfance. Elle ne pouvait laisser le SPE l'emmener comme ils ont emmené son camarade de classe loin de ses frères et sœurs! S'ils le faisaient, elle ne trouverait jamais Frisk!
Et Frisk n'était pas morte! Elle savait que sa grande sœur était vivante. Elle le savait!
Et elle n'abandonnerait pas jusqu'à ce qu'elle la retrouve! Même si le Mont Ebott faisait peur, elle l'escaladerait et sauverait Frisk, peu importe à quel point c'était dur.
Elle ramènerait Frisk, et elle ne laisserait personne l'arrêter!
...
"...Puisque les âmes de Frisk et la mienne sont liées ou un truc bizarre du genre, peut-être que ça peut faire croire à la barrière que nous sommes une fusion d'âmes humaine/monstre, surtout que Frisk a le pouvoir de Docteur Gaster et c'est qualifié de magie." Chara a suggéré pendant qu'elle, Frisk, Papyrus, et Sans ont pris le bateau jusqu'à Couveneige. "Ça pourrait marcher."
Frisk a un peu dressé la tête en regardant les frères squelettes. Le Passeur les a faits descendre, et Frisk a répété l'idée de Chara pour Papyrus puisque c'était dur pour lui d'entendre la fantôme. "Vous pensez que ça pourrait marcher?" elle demanda aux deux frères.
"Je ne sais pas." Sans a admis. "Une âme humaine avec de la magie ne serait pas pareil qu'une âme de monstre. Ça vaut le coup d'essayer si nous pouvons convaincre le roi de nous laisser le tester, mais je ne suis vraiment pas sûr si ça marchera."
"ÇA NE FERAIT PAS DE MAL D'ESSAYER." Papyrus a dit, puis ses orbites ont semblé s'illuminer quand il a eu une idée. "ATTENDS, FRISK, ET SI TOI ET MOI FONÇONS SUR LA BARRIÈRE ET LA FRAPPONS EN MÊME TEMPS? PUISQUE TU ES UNE HUMAINE ET JE SUIS UN MONSTRE, SI NOUS SOMMES ASSEZ PRÈS L'UN DE L'AUTRE, PEUT-ÊTRE QUE ÇA CROIRA QUE NOUS SOMMES UNE FUSION D'ÂMES!"
Chara secoua sa tête. "Déjà essayé. Azzy m'avait soulevée et nous avions foncé sur la barrière à toute vitesse. Inutile de dire que ça n'a pas marché. Asriel a fini avec un nez saignant et j'ai eu une méchante bosse sur la tête." elle dit à Papyrus avec un petit rire. Frisk a traduit pour elle.
"Oh." Papyrus semblait un peu découragé, mais ensuite reparla plus joyeusement. "Mais n'ayez crainte! Nous trouverons quelque chose!"
Chara eut une autre idée. "Nous pourrions aussi donner mon âme à Papa. Je sais qu'elle n'est pas aussi forte que les autres, mais peut-être que ça sera suffisant."
"Chara, tu as entendu ce qu'a dit Mettaton. Ton âme pourrait ne pas être assez forte pour même survivre à la séparation de la mienne, sans parler de l'absorption."
"Ça... Ça n'a pas d'importance. Frisk, je suis déjà morte. C'est mieux que ce soit mon âme que la tienne. Si ça marche..."
"Si, ça A de l'importance! Je ne te laisserai pas donner ta vie pour la mienne. Écoute, Chara, je suis peut-être un peu fâchée contre toi pour ne pas m'avoir dit la vérité à propos de tout ça, mais tu es toujours mon amie, et je tiens toujours à toi, et je ne te laisserai pas te détruire!" Frisk disputa.
"Frisk..."
"Non. C'est la réponse finale. Nous trouverons un autre moyen."
"Chara, j'ignore ce que Frisk t'a dit, mais je sais que c'est similaire à ce que je te dirai." Sans lui a dit. "Je ne te laisserai pas risquer ta vie, enfin, ta vie après la mort pour quelque chose d'aussi risqué. Je viens juste de te retrouver! Je ne te perdrai pas à nouveau! Et ton père ne le voudrait pas non plus."
Chara a enfin hoché la tête, ayant l'air encore plus coupable, ce que Frisk a juste cru être à propos du mensonge.
Papyrus plissa les yeux, essayant de voir Chara, et vit son regard. "Ne t'en fais pas, humaine, enfin humaine fantôme Chara! Nous trouverons quelque chose qui ne blessera personne. Je... ne peux penser quoi exactement là tout de suite, mais nous pouvons demander à Undyne! Je suis sûr qu'elle aura un bon conseil!"
Frisk sentit un malaise dans son estomac. Et si Undyne décidait de la tuer après tout, pour éliminer le risque qu'elle tue Asgore? Elle a immédiatement dégagé l'idée horrifiante, se sentant coupable. Undyne était son amie maintenant. Elle ne ferait pas ça.
Ou le ferait elle? Après tout, Frisk elle-même voudrait arrêter quiconque qui selon elle s'en prendrait à Tina, et elle savait qu'Undyne ressentait pareil pour Asgore.
"Undyne... ne va pas être contente à propos de ça, si?" elle demanda doucement.
"Elle... ne le sera probablement pas... mais n'aie crainte, Frisk! Elle ne te blâmera pas vu que ce n'est pas ta faute, et elle sait que tu ne ferais jamais de mal à Asgore!" Papyrus l'a rassurée.
"Paps a raison, gamine. Undyne ne sera pas fâchée contre toi." Sans lui a dit.
Chara a hoché la tête, bien qu'il y avait une très faible trace d'hésitation. "Undyne ne te blâmera pas pour ça. Elle t'aime bien, et elle saura que ce n'est pas ta faute."
Ils sont arrivés à la maison des frères et y sont entrés, où Undyne était assise à table, glissant une lettre dans une enveloppe. Elle s'est levée en les voyant et sourit. "Salut, les gars!" Elle s'est tournée vers Papyrus et Frisk. "Je vous ai vus botter le cul de Mettaton à son émission! C'était si vachement génial! Vous avez déchiré tous les deux... Ou trois. Je ne suis pas sûre si Chara était avec vous ou pas. Je ne peux toujours pas la voir malgré ce que disaient les papiers d'intello de Sans..." Elle plissa l'œil avant qu'il ne s'illumine quand elle a regardé droit sur Chara. "Te voilà!" Elle sourit largement. "C'est bon de t'avoir de retour, la mioche." Elle s'est penchée et a fait un câlin à Chara, puis lui frottant espièglement la tête. Comme Sans, Undyne semblait pouvoir la toucher, ce qui fit sourire Frisk malgré son anxiété, contente que son amie fantomatique a enfin pu se réunir avec ses vieux amis.
"Salut, Undyne. Vous m'avez manqués aussi, les gars." Chara a dit en souriant, mais son sourire était triste.
Undyne fronça un peu les sourcils. "Ok, je l'ai en quelque sorte entendu. Tu continues de disparaître et réapparaître." Elle retrouva ensuite le sourire. "Mais nous résoudrons ça. Je parie qu'Alphys peut penser à un truc pour te donner un corps ou t'aider à devenir plus forte, et nous tous aiderons aussi jusqu'à ce que tu ailles vraiment mieux. Mais là maintenant, allons t'emmener chez toi! Asgore sera fou de joie!"
L'âme de Frisk se serra et elle regarda par terre, son estomac en nœuds. Les yeux de Chara étaient emplis de larmes, et Sans et Papyrus s'agitaient.
C'était à ce moment là qu'Undyne a remarqué leurs expressions. "Hé, qu'est-ce qu'il y a? Vous les gars semblez avoir le cœur brisé, et on dirait que Mioche Numéro Deux va vomir."
"Undyne, il y a quelque chose dont je dois te parler." Sans a dit doucement, puis regarda Frisk. "Gamine, pourquoi n'irais-tu pas te reposer? Vous avez eu une dure journée tous les deux. Paps, reste avec elle." Il s'est tourné vers Undyne. "Et si nous parlions dans ma chambre?"
"Je viens aussi." Chara a dit.
"Chara vient aussi." Sans a traduit pour Undyne.
"Euh... d'accord." Undyne a agréé et a suivi Sans en haut des escaliers, Chara flottant derrière eux.
Papyrus s'est tourné vers Frisk. "Ne t'inquiète pas, humaine. Sans réglera ça." Il la regarda inquiet. Frisk devina qu'elle semblait exactement comme Undyne avait décrit. Elle se sentait pareil aussi. "Ça va?"
Frisk était sur le point de dire oui, mais elle savait que Papyrus n'aimait pas qu'on lui mente et elle secoua sa tête. "C'est... C'est rien si je reste seule quelques minutes?" elle demanda doucement, ayant juste besoin de quelques minutes de silence pour penser.
Elle s'est inquiétée que Papyrus serait contrarié ou blessé, mais il a hoché la tête avec un regard compréhensif et lui a fait un câlin. "Bien sûr." il l'a rassurée. "Si tu as besoin de moi, je serai dans la cuisine."
Il est allée dans la cuisine et Frisk commença à se diriger vers la porte, puis s'est arrêtée, voyant un bloc-notes sur le canapé. "Papyrus, je peux emprunter ton bloc-notes? Je veux écrire quelques idées sur comment briser la barrière." elle appela.
"BIEN SÛR!" il lui répondit, et elle le remercia et prit une feuille de papier et un crayon dans la tasse sur la table basse avant d'aller à l'extérieur et s'asseoir sur les marches du perron, ayant besoin d'air frais, ou du moins un équivalent que l'Outremonde pouvait fournir. Elle respira l'air froid, se calmant, et commença à écrire tout ce à quoi elle pouvait penser de ce qui pourrait aider.
Elle devait trouver quelque chose. Sa sœur et ses amis comptaient sur elle.
...
Chara flottait nerveusement à coté de Sans quand ils ont annoncé la mauvaise nouvelle à Undyne. Cette dernière semblait bien entendu extrêmement inquiète, mais n'a pas crié comme Chara l'avait craint.
"Alors le seul moyen de traverser la barrière est la fusion d'âmes d'humain et de monstre?" Undyne demanda d'une voix étonnement basse. Elle faisait les cent pas dans la chambre de Sans, clairement pensive, cependant elle faisait attention d'éviter sa tornade de déchets.
Chara a hoché la tête les larmes aux yeux. Sans l'a entourée de son bras. "Nous trouverons un autre moyen. Nous penserons à quelque chose."
"Il y a un peu de magie dans l'âme de Frisk, et elle est aussi attachée à la mienne. Peut-être que ce sera suffisant pour tromper la barrière et permettre à Frisk de sortir puis revenir." Chara a suggéré.
"Ou peut-être que je peux fabriquer quelque chose au labo, ou..." Sans commença.
Soudain, Undyne a arrêté de faire les cent pas. "Attendez. Je sais!" Elle sourit. "Vous les nuls cherchez trop loin. Je sais exactement quoi faire." Quand Sans et Chara l'ont regardée avec curiosité et confusion, Undyne a élaboré. "Un monstre fusionné avec une âme humaine peut traverser la barrière. Nous savons ça."
"Tu ne prendras pas l'âme de Frisk." Chara lui a dit fermement.
Sa voix était juste assez forte pour qu'Undyne l'entende, et la femme poisson la regarda avec incrédulité. "Quoi?! Bien sûr que je ne prendrai pas son âme, la mioche! Je sais qu'avant je me suis comportée envers elle en grosse connasse, mais je ne le referai plus! J'aime bien la gamine! Et vous vous rendez compte qu'elle n'est pas la seule âme humaine dans l'Outremonde, n'est-ce pas? J'irai juste prendre l'une des autres âmes, l'absorberai, et j'irai chercher sa sœur et la dernière âme dont on a besoin. Enfin, pas tout à fait dans cet ordre. Je ne veux pas effrayer la petite mioche. Nous devrons juste convaincre Asgore que le risque vaut la peine, bien que je pense qu'il me laisserait faire volontiers pour garder Frisk en sécurité. Et je promets que je ferai très attention..."
Même si Chara n'avait techniquement pas besoin de respirer, elle pouvait sentir son souffle s'accélérer alors que la panique l'accablait. Elle pouvait sentir les bras de Sans l'entourer et a entendu sa voix et celle d'Undyne lui demander si elle allait bien. Elle a essayé de se calmer et prendre une inspiration profonde. Elle regarda Undyne. "Non... Tu ne peux pas... Tu mourras... C'est comme ça qu'Azzy est mort..." Des larmes coulaient sur ses joues, brouillant sa vision. "Je l'ai fait tuer... Je ne peux te laisser te faire tuer, toi aussi..."
Sans l'a câlinée plus fort, traduisant doucement ses paroles à Undyne, qui fronça les sourcils d'inquiétude. "Chara, c'est pas ta faute. Tu étais malade. Tu n'aurais jamais pu anticiper que quelque chose de tel arrive, ni ne l'aurait pu Asriel." Sans lui a dit doucement.
"Seuls les bâtards d'humains qui l'ont tué sont à blâmer." Undyne lui a dit fermement. "Ce sont eux qui ont décidé qu'il n'y avait pas de problème à tuer un enfant au bon cœur qui voulait juste exaucer le dernier vœu de sa sœur. C'est eux qui ont jeté la gentillesse d'Asriel à sa figure. Ce n'est la faute de personne à part la leur. Et... Je sais que tu t'inquiètes pour moi. Asgore était inquiet aussi quand je lui ai suggéré de faire ça pour la première fois après que l'âme de la Patience est morte, et ne m'a pas laissée faire parce qu'il pensait qu'il me perdrait aussi et que les humains attaqueraient la montagne par rétorsion. Mais je promets que je serai prudente, d'accord? Je me suis entraînée pour cette possibilité pendant des années. Je sais comment gérer les gens violents et je me battrai s'il le faut. Tu ne me perdras pas, moi aussi."
Chara secoua sa tête. "Non... c'est bien ma faute. J-Je suis la raison pour laquelle Asriel était là-bas... Et... Et c'était parce que j'avais exactement le même plan que toi..." Undyne et Sans l'ont regardée avec confusion et choc, et elle regarda par terre. "Je... Je ne suis pas morte d'une maladie. Je me suis suicidée."
Les bras de Sans sont tombés mollement à ses côtés, le choc se transformant en horreur. Undyne écarquilla son œil. Elle a ouvert sa bouche mais n'a pas parlé.
"T-Tu... Tu n'es pas sérieuse. Tu ne peux être sérieuse." a dit Sans, sa voix douce et tremblante. Undyne semblait toujours incapable de parler.
Chara n'a pas relevé le regard. "Je suis désolée." elle sanglota.
"Tu dis la vérité." Sans a dit d'une voix silencieuse et trahie. Personne n'a pu parler pendant une minute jusqu'à ce que Sans reprenne enfin parole, son œil brillant en bleu. "Chara! Comment diable tu as pu faire une chose pareille?!"
Undyne serra ses poings. "À quoi tu pensais, putain?! Pourquoi diable tu te suiciderais?! Sais tu ce que ta mort et celle d'Asriel ont fait à l'Outremonde?! À tes parents?! À moi et à Sans?! Le sais tu?! Comment tu as pu faire ça?! Comment tu as pu impliquer ton petit frère dans quoique diable tu planifiais?" Dominée par la colère, elle a frappé son poing dans le mur, faisant tressaillir Chara. "Dis-moi pourquoi diable tu ferais un truc pareil!"
Les yeux de Chara se sont redirigés vers ses chaussures. "Je voulais briser la barrière." elle sanglota. "J-Je voulais juste libérer tout le monde... J'avais lu dans un vieux livre qu'un humain pouvait absorber l'âme d'un Monstre Majeur pour traverser la barrière, et je savais des plaques qu'un monstre pouvait aussi absorber l'âme d'un humain. J'ai pensé que si Asriel absorbait la mienne, il pourrait traverser la barrière et se faufiler dans une morgue ou un hôpital pour prendre le reste des âmes nécessaires des humains déjà morts pour nous libérer."
"Eh bien, nous aurions préféré vous avoir Asriel et toi auprès de nous que d'être libres!" Sans cria. "Tu ne comprends pas à quel point tu comptais pour nous tous? À quel point nous avions le cœur brisé sans vous?" Il baissa le regard. "Chara, ça m'a dévasté quand vous êtes morts, Asriel et toi. Ça a dévasté tout le monde. Je sais que tu ne voulais pas qu'Asriel se fasse tuer, mais comment as-tu pu faire une chose pareille?!"
Undyne l'a regardée, sa voix s'adoucissant. "Détruire la barrière ne valait pas vos vies. Ce que tu as fait était trop insouciant, et ça vient de moi! Asriel et toi n'auriez jamais dû être là-bas."
"Je... Je sais. C'était vraiment stupide de ma part de faire ça." Chara murmura.
"C'était plus que stupide, Chara. Mettre fin à ta vie était plus que stupide. Impliquer Asriel dans ton plan était plus que stupide. Ne réalisais-tu pas que nous t'aimons tous? Que je t'aime?" Sans demanda, sa voix fâchée et triste à la fois. "Ou bien tu t'en fichais?"
"Bien sûr que non. Mais... après les lettres, et sachant que des monstres avaient chu parce qu'ils ne pouvaient voir la surface, qu'ils avaient chu parce que j'étais en vie... je devais faire quelque chose." Chara murmura. "J'avais si peur que Maman ou Papa ou Azzy ou l'un de vous choit, ou que d'autres monstres le fassent, et je voulais juste arranger les choses... Tout le monde mérite d'être libéré de cet endroit et..."
"Quelles lettres?" Sans demanda, la confusion remplaçant brièvement la colère. Il a traduit pour Undyne qui avait manqué une partie de ce que disait Chara.
"Ouais, de quoi est-ce que tu parles?" Undyne demanda.
Chara prit une profonde inspiration, essayant de se calmer suffisamment pour être cohérente, et commença à raconter son histoire. Et alors qu'elle parlait, elle se souvenait.
...(Début du flashback)...
28 avril, 201X
((Deux semaines avant la mort de Chara et Asriel))
Le début de la fin a commencé le jour qui était censé être heureux. L'anniversaire d'Asgore. Chara mettait les décorations pendant que sa mère et son frère préparaient le gâteau de son père, et Asriel lui a demandé d'accrocher leurs dessins dans le bureau d'Asgore pour lui faire la surprise.
C'était juste après avoir accroché les deux dessins sur le mur au-dessus de son bureau qu'elle a remarqué un morceau de papier froissé qui avait de toute évidence manqué la corbeille. Elle l'a ramassé, sur le point de le jeter dans la corbeille, y jetant un rapide coup d'œil en le faisant, mais s'est arrêtée quand elle a vu le mot "humaine" écrit dessus.
La curiosité lui a pris le dessus et elle a déplié le papier et a lu le message, pâlissant aux mots écrits à son père.
"Comment avez-vous pu trahir notre espèce en accueillant cette créature? Avez-vous oublié ce qu'ils nous ont fait?!"
"Vous auriez dû utiliser son âme pour briser la barrière. Votre douceur de garder cette humaine nous empêche de voir le soleil! Voulez-vous que plus de monstres choient à cause de vous?!"
Les mots semblaient brûler de haine, et même si Chara aurait dû arrêter de lire, elle ne le pouvait pas, même si ses yeux étaient brouillés de larmes. Des monstres ont chu à cause d'elle? Parce qu'elle était en vie?
Même si Chara savait qu'elle ne le devrait pas, elle a fouillé dans la corbeille et dans la pile de papiers sur le bureau, ayant besoin de savoir ce qu'il se passait. Ce qu'elle causait. Il y avait d'autres lettres du même genre dans la corbeille, mais celle qui a fait le plus mal était sur le bureau.
"Mon père est mort. Il a chu parce qu'il savait qu'il ne pourrait jamais voir le soleil, et c'est votre faute et celle de cette humaine! Je ne le reverrai plus jamais! Il ne me verra jamais me marier, ni ne prendra ses petits-enfants dans ses bras! Si vous aviez juste pris cette âme, il aurait eu un peu d'espoir auquel s'accrocher. Comment pouviez vous placer un humain avant votre propre peuple?! Comment le pouviez vous?!"
Son père avait écrit une réponse, disant doucement qu'il était désolé pour la perte du monstre, mais que ce n'était pas la faute de Chara, que Chara était une bonne enfant qu'il savait instaurerait la paix entre les humains et les monstres. Chara rit tristement; évidemment que son père la défendrait, même après qu'elle a accidentellement causé quelque chose d'aussi horrible. Après tout, il lui avait pardonné après qu'elle avait mal lu la recette de la mère de Toriel de la tarte au caramel et à la cannelle et l'avait empoisonné, ayant failli le tuer...
Chara est revenue à la réalité quand elle a entendu la voix d'Asgore dans le vestibule, parlant à Asriel et à sa mère. Elle a vite remis les papiers là où ils étaient, puis a fui du bureau avant qu'elle ne puisse se faire prendre, courant dans sa chambre et celle d'Asriel, et a fermé la porte.
Elle s'est assise par terre, entourant fermement ses bras autour d'elle-même alors que ses yeux se sont emplis de larmes. Le père de ce monstre était mort à cause d'elle. Même si c'était indirectement, elle a causé sa mort. Son existence même à poussé quelqu'un au désespoir et l'a fait choir.
Elle était censée être l'espoir des humains et des monstres, et l'ange de la prophétie tant espéré, mais comment pouvait-elle l'être quand juste être vivante leur faisait perdre espoir?
Les ongles de Chara se sont plantés dans ses bras. Elle n'était pas un ange. Elle était un démon.
Elle est restée dans sa chambre, pleurant doucement, pendant vingt minutes avant qu'Asriel ne vienne frapper à la porte, lui disant joyeusement que le gâteau était prêt. Elle a mis son pull aux longues manches pour cacher les éraflures sur ses bras auto-infligées avec ses ongles, a pris le cadeau d'Asgore, et a feint un sourire joyeux quand elle est sortie. Elle s'est assise à table avec sa famille, a mangé le gâteau, et a donné à son père le pull "Mr. Dad Guy" qu'elle lui a tricoté, recevant un grand sourire et un gros câlin en retour. Elle a réussi à maintenir ce sourire pour le reste de la soirée, et même le faire sembler sincère.
Mais à l'intérieur, elle était rongée par la culpabilité.
...
Cinq jours plus tard, Chara ne pouvait plus le supporter. Elle devait parler à ses parents à propos des lettres. Peut-être qu'ils pourraient trouver quelque chose qu'elle pouvait faire pour aider, d'arranger à nouveau les choses.
"Maman? Papa?" elle appela quand elle est entrée dans le salon. Asriel était couché par terre, faisant un autre dessin adorablement ringard de lui-même en tant que Dieu de la Mort Ultime, mais ses parents étaient nulle part en vue.
"Je pense qu'ils sont dans le jardin." Asriel lui a dit, arrêtant de dessiner. Perspicace commet toujours, il a remarqué son expression troublée. "Chara, est-ce que ça va? Qu'est-ce qu'il y a?"
Elle réussit à sourire. "Rien. J'ai juste besoin de parler à Maman et Papa de quelque chose de privé. Je reviendrai dans une minute." Elle s'est dépêchée de sortir juste au moment où Asriel ouvrait sa bouche pour poser une autre question.
Chara ne les a pas trouvés dans le jardin, mais a entendu de doux murmures venant de la chambre de la Barrière. Doucement, elle est entrée dans le couloir, remarquant ses père et mère assis par terre, se faisant un câlin. Ils ne l'ont pas encore remarquée. Elle était sur le point de parler, mais ensuite elle a vu ce qu'ils faisaient.
Ils étaient assis à la lumière du soleil qui venait de la barrière, regardant le ciel avec envie. Chara eut mal au cœur et elle a vite filé avant qu'ils ne puissent la voir. Elle s'est assise dans le jardin, regardant les boutons d'or qui poussaient toujours ici.
Elle savait que ses parents adoptifs ont autrefois vécu à la Surface, sous le soleil et les étoiles. Ils en ont parlé quelques fois, racontant à Asriel et elle des histoires de leur vie à la surface.
Il était clair que cette vie leur manquait, qu'ils désiraient revoir le ciel. Et les voir, absorber le peu de soleil qu'ils pouvaient avoir dans cette prison, regarder avec tant d'envie ce qu'ils pouvaient voir du ciel...
Un pic de peur emplit l'âme de Chara. Des monstres ont littéralement chu et sont morts à cause du désespoir d'être dans cette prison, loin du soleil et des étoiles.
Et si ses parents choyaient, eux aussi? Et qu'en est-il d'Asriel, et Sans, et Undyne? Et si elle les perdait aussi? Et s'ils mouraient à cause d'elle?
Elle devait faire quelque chose!
Elle s'est rappelée du vieux livre à la bibliothèque dans laquelle elle se cachait autrefois, qui disait que si l'on était coincé sous la montagne, on pouvait absorber l'âme d'un monstre et se libérer. Et elle savait des plaques qu'un monstre pouvait aussi absorber une âme humaine.
Ses yeux se sont emplis de détermination. Si un monstre absorbait son âme, le pouvoir combiné de la fusion pourrait échapper la barrière et prendre plus d'âmes. Assez pour briser la barrière et libérer tout le monde!
Pour la première fois depuis des jours, Chara a souri véritablement. Elle pouvait sauver tout le monde!
Et tout ce que ça coûterait était sa vie.
...
Pendant la semaine suivante, Chara réfléchissait sur son plan et ce qui devait être fait. Les âmes seraient assez faciles à obtenir. Les humains mouraient tout le temps à la surface. Quiconque absorberait son âme pourrait juste aller dans un hôpital ou une morgue et prendre les âmes d'humains morts. Si les histoires de fantômes étaient vraies, et ça avait du sens qu'elles le soient étant donné que les monstres l'étaient, les âmes humaines pouvaient persister longtemps après la mort. Alors tout ce qu'il fallait faire, était de les collecter.
Elle devait aussi faire en sorte que sa mort ressemble à celle d'une maladie. Autant qu'elle craignait cette partie, les humains et les monstres devraient interagir d'une manière ou d'une autre, et elle devait s'assurer que son suicide ne ressemble pas à un meurtre pour que les humains ne puissent accuser sa famille de monstres de l'avoir tuée. Non pas que la plupart des gens dans sa ville, sauf quelques bons profs et camarades de classe, se soucierait de sa mort, mais elle ne voulait pas donner aux humains une excuse pour attaquer sa famille.
Les boutons d'or dans le jardin résoudraient le problème. Et elle méritait de mourir de cette façon après ce que sa stupidité a fait à son père il y a trois ans.
Le dernier morceau du puzzle était à qui demander prendre son âme. Elle savait que ses parents refuseraient et qu'ils l'arrêteraient. Sans était plus têtu qu'elle, alors il ferait probablement pareil. Undyne lui crierait juste dessus.
Mais Asriel... Peut-être qu'elle pourrait le faire l'écouter.
...
L'opportunité de parler à Asriel s'est présentée plus tard ce jour-là quand Asriel est venu dans leur chambre partagée, tenant une caméra et souriant largement. "Coucou, Chara! Souris à la caméra!"
Asriel, perspicace comme toujours, avait bien sûr remarqué que quelque chose tracassait Chara, et essayait de lui remonter le moral toute la semaine; ajoutant plus des chocolats au lait et au caramel préférés de Chara dans sa planque de chocolats pas si secrète, lui laissant des petits mots joyeux et encourageants à trouver, et faisant généralement le foufou pour essayer de l'aider à se sentir mieux. Chara sentit une douleur poignante et la culpabilité dans son âme, mais réussit à sourire, juste pour Asriel.
Asriel rigola. "Ha, cette fois JE t'ai eu! J'ai laissé le capuchon EXPRÈS! Maintenant c'est toi qui souris pour rieeeeen!"
Ça a fait un peu sourire et rire Chara. "Tu es si dingo, Ree." Son sourire est ensuite tombé. "Je... Je peux te parler de quelque chose?"
Asriel s'est assis près d'elle, une expression préoccupée sur son visage. "Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a?"
Chara prit une profonde inspiration et a essayé de trouver comment amener ça. "Je... Tu... Tu te rappelles de la tarte que nous avons préparé pour Papa il y a trois ans?"
"Je me rappelle. Nous avions utilisé la vieille recette de Grand-Mère et elle avait une mauvaise écriture et avait essayé de faire entrer toute la recette dans une petite fiche." a dit Asriel. "Et comme il y avait peu de place sur la ligne, il était difficile de déchiffrer "coupes de beurre"."
"Et j'ai cru lire "boutons d'or" et j'ai pensé que c'était un truc de monstres bizarre, comme des araignées dans les donuts, alors j'ai pris un gros bouquet de boutons d'or pour aller dans la tarte." Chara commença à rire hystériquement. "J'étais tellement IDIOTE. Heureusement que je cuisine mal, et que je l'ai tellement brûlée, que ça a affaibli le poison."
"C'était pas ta faute, Chara. Je pensais qu'il était écrit "boutons d'or" moi aussi." Asriel lui a dit, lui faisant un câlin. "Et ce n'est pas comme si l'un de nous savait qu'ils étaient vénéneux et qu'ils rendraient Papa si malade. C'était juste un accident. Papa va bien maintenant." Il la regarda avec inquiétude. "Pourquoi tu en reparles?"
Chara a ouvert sa bouche, puis s'est rendue compte que la caméra était toujours allumée. "Éteins la caméra."
"Hein? Euh, d'accord?" Asriel a ramassé la caméra et a appuyé sur le bouton "Off".
Chara prit une autre profonde inspiration, et, sa voix tremblante, lui a raconté son plan.
...
"Chara, ton plan est fou. Je ne le ferai pas. C'est mal." Asriel a protesté quand Chara a fini de parler.
"Azzy, nous devons faire quelque chose! Tu as entendu ce que disent ces lettres! Des monstres meurent à cause de moi. Et écoute, ce sera facile de prendre les âmes. Tu ne devras tuer personne. Je ne te demanderais jamais de faire ça! Il y a un hôpital dans ma ville, et une morgue. Les humains meurent tout le temps à la surface de beaucoup de choses, et les plaques disent que les âmes humaines persistent après la mort. Tout ce que tu devras faire est d'aller dans l'un de ces endroits et collecter les âmes. Ce n'est pas comme si les humains morts s'en servent encore. Personne ne sera blessé." Chara argumenta.
"Sauf toi! Si nous faisons ça, tu mourras!" Asriel cria, les larmes aux yeux.
Chara regarda frénétiquement la porte. Heureusement, personne ne semblait avoir entendu. "Chh, Maman et Papa vont t'entendre, pleurnicheur!" elle siffla.
Asriel l'a regardée à travers ses larmes. "C'est un peu complètement normal pour quelqu'un d'être triste quand sa sœur veut se suicider!" il siffla en retour, mais garda sa voix baissée comme Chara lui a demandé.
Chara soupira, se sentant mal. "Je suis désolée. Je n'aurais pas dû te traiter de pleurnicheur. Mais Azzy, nous devons le faire. Je dois le faire. Les monstres choient de désespoir parce qu'ils ne peuvent voir le soleil. La surface manque à Maman et Papa aussi. Je les ai vus près de la barrière, regarder vers l'extérieur avec envie. Et s'ils choient eux aussi?" Sa voix trembla.
"Ils ne choiront pas. Et Chara, ils ne voudraient pas que tu fasses ça." Asriel supplia.
"Je sais. Je sais que si je leur en parlais, ils ne me laisseraient pas faire, mais je le dois. Les monstres ont été prisonniers pendant trop longtemps. Maman et Papa ont été prisonniers pendant trop longtemps. Je suis une seule personne. C'est ma vie contre toutes les leurs, et je préfère que ce soit la mienne."
"Moi non! Chara, ça me brisera le cœur si quelque chose t'arrive. Et Maman et Papa seront dévastés! Nous t'aimons plus que nous ne voulons voir la surface. Pense à nous! Pense à tes amis! Tu ne dois pas faire ça!"
"Je pense à vous." Chara dit, sa voix tremblante. "Mais... Je ne peux vous perdre non plus, et je ne peux avoir les morts des monstres de notre royaume sur ma conscience. Ça doit être fait. Et... je serai toujours avec toi, et avec notre famille et nos amis, dans l'âme." Elle a doucement touché la poitrine d'Asriel où sa propre âme résidait. "Tu auras mon âme et de cette manière, je serai toujours avec vous tous."
"Ce ne sera pas pareil, Chara. Je ne pourrai plus jouer avec toi ou te câliner, et je ne pourrai peut-être plus te parler. Nous savons si peu de ce qu'il se passe quand un monstre absorbe une âme humaine." Asriel lui a dit les larmes aux yeux. "Je t'en prie Chara, ne fais pas ça. N'y pense même pas. Vis ta vie ici avec nous. Si tu le veux toujours à la fin de ta vie naturelle, j'absorberai ton âme et je pourrai aller collecter les autres, mais... laisse-toi au moins vieillir et avoir une vie heureuse ici. Je... Je ne veux pas te perdre."
"Tu me perdras dans tous les cas." Chara lui rappela. "Même si je vis ma pleine vie, je ne vivrai probablement que septante ou quatre-vingt, peut-être nonante ans de plus au grand maximum, alors je mourrai quand tu seras encore jeune. Ça ne fera que reporter l'inévitable." Asriel laissa échapper un petit gémissement et Chara se sentit encore plus mal, mais fit pression. "Et il y a toujours la situation des autres monstres qui meurent et perdent espoir. C'est peut-être court pour toi, Maman, et Papa, mais c'est quand-même trop long pour certains. Asriel, tu es le prince des monstres, et un jour, tu seras roi. Ils sont ton peuple, et c'est ma vie contre toutes les leurs. Parfois des sacrifices doivent être faits pour le plus grand bien de tous, et je suis volontaire de le faire." Elle était assise droite, la détermination dans ses yeux. "Non, je le ferai. Tu ne peux m'en dissuader, Ree."
Asriel était assis là pendant quelques minutes, une expression de cœur brisé sur son visage. Finalement, il soupira. "Je n'aime toujours pas cette idée, Chara. Es tu sûre de vouloir le faire?"
Chara n'a pas hésité. "Oui. Je veux le faire." Asriel laissa échapper un sanglot étouffé et Chara le câlina. "Ne pleure pas, Rei." Elle s'écarta un peu et regarda dans ses yeux, souriant. "Tu devrais sourire. Vous allez tous être libres. Et je serai juste là avec toi tout le temps, toujours. Ma chair mourra peut-être, mais je serai toujours avec toi, avec tout le monde. Plus longtemps que je n'aurais jamais pu en étant vivante."
Asriel hocha la tête, essuyant ses larmes. "...Tu as raison."
"Nous pouvons le faire, Asriel. Ne me fais-tu pas confiance?"
"Je ne douterais jamais de toi, Chara. Jamais." Asriel s'est empressé de lui dire. Il réussit à sourire. "Nous serons forts. Nous sauverons tout le monde. Quand... Quand devrons nous..."
"Demain soir." Chara dit doucement. Elle voulait voir Sans une dernière fois avant de mourir. Elle aurait voulu pouvoir lui dire ce qu'elle ressentait pour lui, mais vu ce qu'elle comptait faire, ça ne le blesserait qu'encore plus. Et il méritait quelqu'un de meilleur. Quelqu'un qui n'était pas une ratée. Quelqu'un qui pourrait vivre ses plus de trois cents ans de durée de vie avec lui.
Asriel hocha la tête. "Je... J'irai chercher les fleurs."
"Non. J'irai les chercher quand je reviendrai. Je ne veux pas que tu regardes." Chara lui a dit doucement, sachant que ce serait brutal.
...
Et ça l'était.
La douleur était bien pire que ce qu'elle n'avait pu imaginer, comme si son intérieur était en feu. Elle brûlait de fièvre et vomissait du sang. Alors que le poison envahissait son système, elle perdait et reprenait connaissance. Elle entendait les voix de ses parents, la suppliant de se réveiller, son père lui dire qu'elle était l'espoir des humains et des monstres. Elle pouvait entendre Asriel pleurer alors qu'elle tombait dans un douloureux sommeil agité et en sortait, et se rappelait vaguement d'avoir babillé sur les fleurs de son village et de vouloir les voir.
Elle pouvait entendre la voix d'Asriel à travers les ténèbres, mais ses paupières étaient trop lourdes pour les ouvrir. "Psst... Chara... s'il te plaît... Réveille toi. Je n'aime plus ce plan. Je... Je..."
Chara voulait répondre, voulait le rassurer, mais ne pouvait avoir assez d'air pour parler. Elle pouvait à peine respirer.
"Non... J'ai dit que je ne douterais jamais de toi. Six, c'est exact? Nous devons juste en prendre six... et puis nous pourrons libérer tout le monde. Et nous ferons ça ensemble, pas vrai?" Asriel demanda doucement.
Chara voulait hocher la tête, parler, dire quelque chose pour le faire se sentir mieux, mais sa voix disparaissait. Sa poitrine était raide et lourde. Elle s'exclama, mais l'air n'est pas venu. Elle ne pouvait plus respirer... Sa conscience s'éclipsait...
Et puis, il y a eu une voix.
"Chara?"
Les yeux de Chara se sont ouverts. Elle pouvait à nouveau respirer. La force et le pouvoir emplissaient son corps. "Que...?"
La voix d'Asriel était pleine de soulagement. "Chara, tu es là avec moi! Tu vas bien!"
Chara s'est tournée pour regarder Asriel, mais c'était dur, comme si ses membres ne voulaient pas obéir. Mais au lieu de voir Asriel, elle s'est vue elle-même, couchée froide et sans vie sur le lit. Confuse et un peu terrifiée, elle réussit à se regarder. Ses mains se sont soulevées, hors de son contrôle. Mais ce n'étaient pas ses mains, mais celles d'Asriel. "Comment...?" Elle s'est mentalement écartée, relâchant le contrôle à Asriel.
"Ça a marché. J'ai absorbé ton âme et maintenant nous sommes ensemble, comme tu l'as dit." Asriel l'a rassurée. "Ça doit être comme ça que la fusion d'âmes fonctionne vraiment. Au lieu d'une personne prenant le plein contrôle, les deux parties de la fusion partagent un corps. C'est bizarre, mais je suis juste trop content que tu vas bien et toujours toi-même. Je me sens beaucoup mieux à propos de ça maintenant."
"Comment ça ne te gêne pas que j'envahis littéralement ton corps comme le démon dans "L'Exorciste"?" Chara demanda.
"Eh bien, de un, tu n'es pas un démon sauf dans nos jeux de rôle, de deux, je te fais confiance, et de trois, ça veut dire que je ne te perdrai pas. Je peux vivre avec ça, et... nous pourrions ne pas devoir rester ainsi pour toujours. Après qu'on aura collecté les âmes, nous pourrons parler à Oncle Gaster. Peut-être qu'il pourra te construire un chouette corps robotique comme celui de Genos dans "One Punch Man"!"
Chara grogna. "Azzy, c'est un anime. Ici, c'est la vraie vie."
"Et? Oncle Gaster a littéralement fait des créatures vivantes qui sont des manifestations de la magie de l'utilisateur. Tu crois vraiment qu'il ne peut pas construire un corps robotique pour une âme? Ou... peut-être qu'avec sept âmes, en tant que l'absolu Dieu de la Mort Ultime, je pourrai recréer ton corps moi-même. Les dieux peuvent créer les choses, pas vrai?" Asriel demanda.
"Peut-être? Je n'en suis pas sûre."
"Eh bien, je parie que c'est quelque chose que l'incroyable Dieu de la Mort Ultime peut faire!" Asriel se vanta espièglement pour la faire se sentir mieux.
"Peut-être. Il EST très incroyable, même si c'est un gros ringard." Chara concéda en riant, sa voix emplie d'affection. "Mais concentrons-nous d'abord sur récupérer les âmes et briser la barrière."
Asriel hocha la tête. "Ouais, tu as raison."
Ils ont commencé à partir, mais ensuite Chara se rendit compte de quelque chose, prenant accidentellement contrôle partiel et ayant failli faire trébucher Asriel sur ses propres pieds. "Attends." elle a dit, regardant son propre cadavre toujours couché sur le lit. "Si Maman et Papa trouvent ça et que tu n'es pas là... Ils pourraient croire que tu as chu! Les monstres peuvent littéralement mourir de choc et de désespoir! Nous devons nous débarrasser de ceci, ou du moins le déplacer dans un autre endroit jusqu'à ce que la barrière soit brisée et nous puissions leur annoncer la nouvelle doucement. Et... je ne veux pas qu'ils me voient ainsi, Azzy, ou qu'il se souviennent de moi ainsi."
Asriel y réfléchit et hocha la tête, également inquiet que ses parents aient un choc. Il a tendrement nettoyé le sang sur le visage du corps et l'a tendrement enveloppé dans une couverture avant de le prendre dans ses bras. Ils se sont glissés dans le couloir et, se tendant à l'écart de tout le monde, se sont dirigés vers la chambre de la barrière.
...
Ce n'est qu'une fois qu'ils ont passé la barrière avec succès et qu'Asriel regardait le soleil avec émoi que Chara s'est rendue compte d'avoir probablement fait une grosse erreur.
"Merde, comment j'ai pu être si stupide?!" elle jura sur elle même, forçant encore son frère de s'arrêter sur ses pas.
"Chara, de quoi tu parles?" Asriel demanda avec confusion.
"À quoi je pensais?! Nous ne pouvons pas juste nous balader avec un putain de cadavre! Et si quelqu'un voit?! Ils pourraient croire que tu m'as assassinée! Je me débarrasserai de ça!" Chara prit contrôle du corps d'Asriel et s'est dirigée vers le bord de la montagne, ayant l'intention de jeter le cadavre quelque part hors de la vue.
Asriel l'a arrêtée avant qu'elle ne puisse le faire, forçant son corps à s'immobiliser. "Chara, arrête. D'abord, je ne te laisserai pas manquer de respect à ton corps en le jetant de la falaise comme si c'est un déchet. Ensuite, si quelqu'un le trouve, ils VONT croire que je t'ai assassinée."
Chara prit une profonde inspiration et essaya de se calmer. Quand la panique s'est calmée, est a compris qu'Asriel avait raison. "Ouais, tu as raison. Merci de m'avoir empêché de faire quelque chose de si stupide. Mais nous devons quand même décider quoi en faire. Je ne veux pas que Maman et Papa le trouvent, mais nous ne pouvons pas juste le porter."
Asriel réfléchit pendant un moment, puis Chara a pu le sentir redresser sa tête quand il a eu une idée. "Attends. Je sais exactement quoi faire. Quand tu délirais à cause de la fièvre, tu m'as demandé si nous pouvions aller voir les fleurs." Il sourit. "C'est exactement ce que nous ferons." Chara commença à protester, mais Asriel continua. "Chara, pour donner la vraie liberté à notre peuple, pour avoir le vrai bonheur, nous devons faire la paix avec les humains. Et pour ce faire, ils doivent nous voir sous le meilleur jour possible, savoir que nous avons de la compassion. Et quel est le meilleur moyen de le leur montrer qu'un frère exaucer le dernier souhait de sa sœur?"
"Asriel, non! Ils pourraient t'attaquer! Nous devons être prudents!" Chara protesta. "Nous devons rester cachés jusqu'à..."
"Nous ne pouvons pas rester cachés éternellement, Chara, et s'ils nous surprennent en train de nous faufiler, ils auront plus de chances de croire que nous préparons un mauvais coup. Surtout si nous essayons de leur cacher ta mort. Ils pourraient croire que nous t'avons tuée. C'est mieux d'être aussi ouverts que possible. Nous pouvons leur raconter notre histoire de couverture, que tu es morte d'une maladie et que je t'ai ramenée au village pour t'enterrer dans les fleurs que tu aimais. Nous devons leur montrer que les monstres sont gentils et qu'ils n'ont rien à craindre de nous. Nous devons devenir amis avec eux. Peut-être qu'ils ont même un contre-sortilège qui brisera la barrière."
"Les humains sont cruels, Asriel, et ils craignent ce qu'ils ne comprennent pas. Et s'ils ne te laissent même pas la chance de parler avant de te combattre?"
"Il y a peut-être de cruels humains, mais il y en a aussi de bons et compréhensifs, comme toi."Asriel fit remarquer. "Et qu'en est-il de bons gens dans ton village dont tu m'as parlé? Comme la prof qui prenait toujours le temps de te parler et t'aider avec tes devoirs, et la camarade de classe qui partageait son déjeuner avec toi? Et la voisine qui t'invitait chez elle pour offrir des cookies aux pépites de chocolat? Je sais que tu as vu beaucoup de mauvais, mais il y a du bon aussi, et je crois qu'il y a bien plus de bons gens que de mauvais. Et je sais que de bons gens nous aideront, et je suis doué en diplomatie et à calmer les gens quand ils ont peur. Tu le sais."
Chara hocha doucement la tête.
Asriel sourit. "Tout va bien se passer. Tu me fais confiance?"
"Oui. Plus que tout." Chara lui a dit. "Et... tu as peut-être raison. Faisons-le. Nous avons assez de pouvoir pour nous défendre si les choses tournent mal, après tout."
"Ce ne sera pas nécessaire. Tu dois penser moins de mal des autres gens." Asriel l'a doucement réprimandée. "Ça va aller. Juste reste calme. Je sais que je peux gérer ça."
Chara lui faisait confiance, mais quand ils sont entrés dans le village, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur et être tendue, s'attendant à ce qu'une attaque vienne de quelque part.
"Chara, calme-toi." Asriel lui a dit, reprenant contrôle de son corps. "Tu me rends la marche difficile et tu me fais constamment regarder autour, ce qui me donne l'air plus suspect. Je sais que tu as peur, mais je suis ici avec toi, et tes amis du village nous aideront une fois qu'ils connaîtront l'histoire." Chara hocha mentalement la tête et s'est efforcée de se calmer et laisser Asriel avoir le contrôle de son propre corps quand ils se sont dirigés vers la place du village où un petit jardin de fleurs jaunes que Chara aimait tant, entouré de pierres décoratives, se trouvait au centre.
"Waou. Je comprends pourquoi tu aimais tant ces fleurs. Elles sont belles." Asriel dit avec émoi en s'asseyant, déposant doucement le corps de Chara, emballé dans la couverture avec juste son visage et sa tête dévoilés, dans les fleurs. Chara pouvait ressentir la tristesse chez lui quand il s'est inutilement assuré que son corps soit "à l'aise".
"Azzy, c'est juste un corps. Juste une coquille vide. Je suis juste ici." Chara l'a rassuré.
"Je sais, mais c'est quand même une part de toi. Une part que tu as abandonnée juste pour nous sauver." il a dit doucement, écartant les cheveux des yeux du corps et puis a pris une fleur dorée, la mettant derrière l'oreille de Chara avant de commencer les rites funéraires des monstres.
C'est à ce moment-là qu'un adolescent est venu se promener sur le chemin et a vu Asriel. Le garçon écarquilla les yeux et il s'immobilisa. Ses yeux allèrent d'Asriel au corps de Chara sur les fleurs.
"Tout va bien. Je ne te ferai pas de mal. Je suis..." Asriel commença mais a été interrompu quand le garçon a crié.
"MONSTRE!" le garçon hurla, fuyant Asriel à toute vitesse et dans la direction des maisons du village.
"Ce n'est pas bon, ça." Chara a dit inquiète.
"Ça va aller. Il a juste eu peur. Mais quelqu'un aura la tête au clair, et je pourrai expliquer." Asriel l'a rassurée.
Mais il avait tord.
La prochaine chose que savaient Chara et Asriel, était qu'ils étaient entourés d'humains furieux, beaucoup munis d'armes.
"Monstre!"
"Il a tué un enfant!"
"Va-t'en de notre village, monstre ignoble!" Des armes étaient pointées vers Asriel.
"Non! Vous avez mal compris! C'est ma..." Asriel a commencé d'expliquer, soulevant ses mains d'un air apaisant, mais les humains paniqués et furieux n'écoutaient clairement pas. Un jeune homme nerveux à la gâchette facile, effrayé par le mouvement d'Asriel, a tiré avec son fusil, et Asriel hurla de douleur quand la balle a traversé son épaule droite.
Chara cria également, son hurlement étant plus celui de colère que de douleur. Dans sa rage, elle prit le plein contrôle du corps d'Asriel, voulant détruire les humains pour l'avoir blessé. "ÉLOIGNEZ-VOUS DE LUI!" elle cria avec la bouche d'Asriel, levant les bras d'Asriel, et faisant instinctivement apparaître ses flammes. Les humains dans la foule ont crié et ont reculé quand Chara s'est préparée à faire feu.
"NON!" Asriel reprit le contrôle, envoyant le tir sans danger dans l'air, effrayant plus les humains mais laissant tout le monde sains et saufs. "Chara, non! Tu aurais pu tuer quelqu'un!"
"Tant mieux! Ils t'ont tiré dessus! Ils doivent payer! Je t'ai dit qu'on ne pouvait se fier aux humains, Asriel!" Chara cria mentalement. Les humains commençaient à s'en remettre et viser à nouveau, les gens armés couvrant les membres de la foule qui ne l'étaient pas, et Chara luttait pour avoir la magie d'Asriel pour se défendre.
"Non, Chara, il y a des familles dans cette foule! Des enfants comme nous! Nous ne tuerons personne! Nous pouvons encore les convaincre!"
Juste à ce moment, une autre balle siffla à côté d'Asriel, le manquant de peu. Tout de même, Asriel s'est retenu.
"Asriel, espèce d'idiot, nous devons nous défendre! Ils essaient de nous TUER! Si nous ne nous battons pas, nous nous ferons tuer!"
"Non! Ils restent des êtres vivants. Ils ont juste peur!" Asriel s'est encore fait toucher, cette fois dans le ventre. Il cria de douleur, mais ne s'est pas défendu, au lieu de ça saisissant le corps de Chara. Comprenant enfin qu'il ne pourrait pas raisonner ces gens, il a décidé de fuir. Plusieurs balles l'ont frappé dans le dos, certaines traversant son âme fragile.
"Asriel!" le cri de Chara était désespéré. Elle pouvait sentir son agonie.
"Ça va aller, Chara... Partons juste d'ici... allons te ramener à la maison..." Malgré sa douleur et ses blessures fatales, Asriel continuait de courir, retournant vers le haut de la montagne et à travers la barrière, laissant derrière lui une trace de poussière.
Il s'est écroulé dans le jardin, luttant pour se relever mais retombant simplement par terre. Chara criait et pleurait, le suppliait de tenir bon, essayant d'envoyer sa propre énergie en déclin en lui, mais il n'y avait rien qu'elle pouvait faire. Des boulons d'agonie ont traversé leur corps partagé et on aurait dit que chaque molécule était déchirée en morceaux.
Des pas se sont précipités dans la pièce. Chara pouvait entendre leurs mère et père crier. Leurs parents se sont précipités vers eux, essayant désespérément de leur donner de la magie curative, mais il était beaucoup trop tard.
"J'ai... J'ai emmené le corps de Chara au village pour voir les fleurs, mais ils ont pensé que je l'ai tuée... J'ai essayé de les convaincre... mais ils m'ont tiré dessus... Je ne me suis pas défendu... Je suis désolé, Chara... Je t'ai fait défaut..." Avec ces dernières paroles à Chara et ses parents, Chara a senti la conscience d'Asriel s'éclipser. Elle a essayé de s'y accrocher, de le garder dans ce monde, mais elle n'a pas pu. La dernière chose qu'elle a entendu était des sanglots affligés de chagrin d'Asgore et Toriel avant de sombrer dans l'obscurité.
...((Fin du Flashback))...
Alors que Chara racontait son histoire, Sans traduisait pour Undyne, bien qu'il devenait de plus en plus bouleversé à chaque mot. Son corps entier tremblait et ses orbites étaient emplies de larmes. Undyne était inhabituellement silencieuse, parlant à peine.
Chara baissa le regard. "Maintenant vous savez tout. Je... Je suis tellement désolée. Je voudrais plus que tout au monde retirer tout ça... pouvoir le ramener... mais je ne peux pas. Je suis désolée."
Sans soupira doucement après avoir traduit pour Undyne. "Chara, je comprends pourquoi tu avais l'impression de devoir briser la barrière rapidement, mais pourquoi écouterais tu les opinions de parfaits inconnus avant ta propre famille et tes amis? Si seulement tu avais parlé à l'un de nous, ou avais écouté ce que disait Asriel, nous t'aurions dit que ta vie avait plus de valeur que détruire la maudite Barrière! Pourquoi ferais-tu ça quand tu savais que te perdre nous ferait tous souffrir?! Tu pensais vraiment que tu signifiais si peu pour nous? Que nous t'oublierions simplement?!" Sa voix craqua aux paroles. "Maintenant tout est foutu. Ces années sans toi et Asriel ont été horribles. Pas un jour aucun de vous n'a arrêté de me manquer. Bordel, je t'aimais, Chara!"
Chara réprima ses larmes et tendit sa main pour toucher son épaule. "Sans... Je..."
Sans s'est écarté. "J'ai besoin d'un moment." il a dit d'un ton étouffé et a ensuite filé hors de sa chambre.
Chara flottait au milieu de la chambre, sentant comme si son âme se brisait. Elle voulait suivre Sans, mais savait que ça le blesserait davantage, alors elle ne l'a pas fait. Elle regarda Undyne impuissante. Undyne n'a toujours pas parlé. "Undyne, je suis si..."
"Je sais." Undyne a dit doucement, le plus doucement qu'elle n'a jamais entendu son amie parler. Chara n'était pas sûre si Undyne l'a bien entendue ou si elle a juste compris le fond de ce qu'elle essayait de dire. "Écoute, je te pardonne, mais j'ai besoin de réfléchir. Nous en parlerons plus tard, d'accord? Je vais voir comment vont Sans et Frisk."
Avec ça, Undyne a quitté la chambre et Chara s'est retrouvée seule. Flottant dans le lit de Sans, elle s'est mise en boule et a pleuré.
Elle était vraiment une idiote.
...
Papyrus a touillé une grosse casserole de spaghettis et a sorti du four son troisième plateau de pain à l'ail. Ça faisait trop de nourriture pour quatre personnes, mais cuisiner l'avait toujours calmé.
Il s'est arrêté pendant un moment pour aller voir comment allait Frisk. Elle était toujours sur le perron en train d'écrire dans le bloc-notes, et ne portait même pas sa veste. Elle ne pleurait pas, mais semblait quand même très bouleversée.
Il fronça les sourcils d'inquiétude et était sur le point d'aller la voir, mais ensuite elle a pris son téléphone et a commencé de composer le numéro. Ne voulant pas interrompre son appel, il s'est redirigé vers la cuisine et a pris une assiette, comptant lui apporter un bon plat chaud de spaghettis et du pain à l'ail.
Et puis la porte de Sans s'est ouverte avec fracas et son frère a couru en bas des escaliers et à travers la cuisine. Papyrus pouvait voir des larmes dans ses orbites.
"Sans, qu'est-ce que..." il commença, mais son frère était déjà passé à côté de lui et a traversé l'arrière-cour vers son labo.
Undyne a descendu les escaliers avant que Papyrus ne puisse aller après son frère. Papyrus regarda son amie avec inquiétude et confusion. "Undyne, qu'est-ce qu'il se passe? Pourquoi Sans est si bouleversé?"
"Je... pense qu'il vaut mieux qu'il te le dise." elle dit doucement.
Papyrus hocha la tête, encore plus inquiet. "Je vais aller le voir. Peux-tu aller voir Frisk?"
"Bien sûr. Où est-elle?"
"Dehors sur le perron avant. Elle est plutôt contrariée et elle essaie de trouver un moyen de briser la barrière." Papyrus a expliqué.
"Je vais aller lui parler."
...
Pendant que Sans, Chara, et Undyne parlaient, Frisk était assise à l'extérieur, travaillant sur sa liste, écrivant tout ce à quoi elle pouvait penser sur les moyens de briser la barrière. Mais ça avançait lentement, vu que Frisk savait très peu sur la magie, ou sur le sortilège qui faisait de la barrière ce qu'elle était.
Et elle était aussi inquiète pour Chara. Plusieurs fois, elle a eu des éclats d'étranges images ou mots; désorientants, déroutants, et perturbants. Lettres et boutons d'or, combats et traces de poussière. Chara essayait probablement de la bloquer, alors elle ne pouvait pas tout voir, mais ce qu'elle a vu lui a fait peur.
Elle avait l'impression que c'était à propos de ce qu'il est arrivé à Asriel. Ce que Chara a essayé de lui dire dans le NOYAU.
Frisk voulait aller voir Chara et la réconforter, mais savait que Chara pourrait ne pas se sentir à l'aise de lui raconter tout de suite, et que Chara pourrait vouloir en parler d'abord à Sans et Undyne, qui elle a connu depuis bien plus longtemps.
Alors le mieux que Frisk pouvait faire maintenant était de travailler sur cette liste et trouver comment rejoindre sa sœur et la ramener ici. Tout le reste pouvait attendre.
Après avoir écrit tout ce à quoi elle a pu penser, Frisk regarda sa liste de chaque idée possible qu'elle a eu sur comment la barrière pouvait être brisée, ou comment elle pouvait au moins la traverser pour aller chercher sa sœur.
1.) Voir si je peux juste sortir puisque j'ai l'âme de Chara comme elle l'a suggéré. Si je le peux, je pourrai aller chercher Tina et voir si je peux trouver un contre-sortilège, comme prévu au départ.
2.) Demander à l'une des autres âmes humaines de m'aider, si je peux les trouver et si Asgore me laisse faire.
3.) Trouver un moyen possible pour qu'Asgore utilise mon âme sans me tuer.
4.) Demander à Alphys ou à Sans si une machine qui pourrait absorber de l'énergie d'âme, l'amplifier, et la libérer sur la barrière est possible.
5.) Si tout le reste échoue et qu'on ne trouve pas d'autres options, donner mon âme à Asgore en échange de la sécurité de Tina et une chance pour elle d'avoir une meilleure vie.
La dernière idée sur la liste de Frisk lui fichait la trouille. Elle ne voulait pas mourir, ne voulait pas abandonner Tina et tous les nouveaux amis qu'elle s'est faits. Mais elle ne pouvait simplement pas tuer Asgore. Elle ne pouvait faire ça à Chara et à ses amis monstres. Elle les aimait trop, et ils seraient dévastés si elle assassinait Asgore de sang froid pour essayer de se libérer.
Et elle avait ressenti pour la première fois ce que ça faisait d'avoir des amis et une famille. Elle le voulait tant pour Tina aussi. Tina méritait bien mieux qu'une maison froide avec des parents négligents et pas assez à manger ou de provisions. Les monstres pourraient donner à Tina tout ce que Frisk elle-même n'a pas pu donner.
Elle essayerait chaque autre option, mais s'il n'y en avait pas, s'il n'y avait vraiment pas d'espoir...
Frisk se sentait mal dans l'estomac. Ses yeux se sont emplis de larmes mais elle a lutté pour ne pas les laisser couler. Elle devait être forte. Elle devait être dure... Mais elle n'avait que quinze ans, et elle ne savait pas quoi faire.
Tout ce qu'elle voulait était sa mère, sa vraie mère, pas la femme qui lui a donné naissance.
Après trop de rejets dans son enfance, elle n'est jamais allée voir sa mère biologique pour quoique ce soit, ne s'est jamais confiée à elle pour aucun problème. Mais Toriel était différente. Toriel la faisait se sentir voulue et aimée. Malgré sa crainte de déranger sa mère chèvre, Frisk avait quand même l'impression que Toriel arrangerait tout à nouveau.
Elle a regardé dans son sac à dos et a pris son téléphone, et avec les mains tremblantes, elle a composé le numéro de Toriel, voulant désespérément entendre la voix aimante de sa mère à l'autre bout du fil.
Mais personne n'a décroché, et le téléphone est passé au répondeur. L'âme de Frisk s'est serrée.
"Maman... Je suis désolée de te déranger, mais... mais je... j'ai découvert que pour rentrer chez moi, je dois... je dois tuer Asgore. Et je ne le veux pas. Je ne peux pas lui faire ça... mais je dois aller chercher Tina. Je ne sais pas quoi faire. Maman, j'ai peur..." elle a dit doucement, sa voix tremblante alors qu'elle essayait d'empêcher ses larmes de couler, se sentant être faible de pleurer, mais espérant aussi que, comme dans les livres de contes qu'elle lisait à Tina, sa mère répondrait ou viendrait pour tout arranger.
Il n'y avait pas de réponse et Frisk raccrocha, ses mains tremblant encore plus. Peut-être que Toriel était juste occupée, ou loin de son téléphone.
Ou peut-être que Toriel ne voulait plus d'elle, a compris juste à quel point elle était une nuisance.
Ses joues étaient humides.
Elle pleurait.
Frisk s'est furieusement dit d'arrêter ça, d'arrêter d'être faible, mais les larmes coulaient quand même.
Et puis soudain il y a eu un bruit sourd près d'elle sur le perron, suivi par un léger cliquetis près de son genou. Quelque chose lui a doucement poussé le bras, et puis il y a eu aboiement amical.
Surprise, Frisk regarda et vit le chien blanc touffu que Papyrus appelait toujours le Chien Pénible, assis près d'elle et remuant sa queue. Il a touché son bras du nez, et elle lui a caressé la fourrure, souriant un peu. Il lui a ensuite léché la joue et a pointé sa patte vers quelque chose. Frisk regarda et vit une moule à tarte avec un morceau unique de tarte au caramel et à la cannelle placée près de son genou.
Il y a eu une boule dans sa gorge. C'était la tarte de sa mère.
Le Chien Pénible a ensuite fait apparaître une fourchette dans la moule à tarte, poussant le moule plus près d'elle et l'a regardée dans l'expectative.
Frisk ne put s'empêcher de sourire. "C'est pour moi?" Le Chien Pénible laissa échapper un aboiement affirmatif et joyeux et s'est blotti contre elle. Frisk câlina le chien pour le remercier et prit ensuite le moule comme un trésor inestimable, saisissant la fourchette et tranchant doucement un bout de tarte, prenant une bouchée.
Elle était encore chaude, le caramel somptueux et sucré épicé légèrement de cannelle. La magie dedans l'a réchauffée jusqu'à ses pieds.
C'était comme un câlin de Toriel.
Frisk prit une autre bouchée, et puis encore une autre, savourant le goût et la sensation de magie. Le Chien Pénible était toujours blotti contre elle, et le contact physique l'a aussi fait se sentir mieux.
Elle a proposé au chien un peu du morceau, mais celui-ci a secoué sa tête, pointant vers la partie vide du moule à tarte et se lécha les babines.
Frisk comprit le message et rit un peu. "Tu as mangé le reste?" Le chien hocha la tête et aboya joyeusement. "Eh bien, merci de m'avoir laissé un morceau. J'en avais besoin." Elle fit un autre câlin au chien dans lequel ce dernier s'est joyeusement blotti.
Et puis la porte s'est ouverte.
...
Undyne se tenait à la porte, regardant Frisk. Elle avait vu et entendu Frisk parler dans le répondeur téléphonique de quiconque elle appelait Maman, et avait vu à quel point la pauvre enfant avait le cœur brisé quand personne n'a répondu.
Regardant de plus près, elle a aussi vu le numéro sur l'écran, et a serré ses poings quand elle l'a reconnu.
Toriel.
Évidemment que cette lâche de reine abandonnerait encore une autre personne. Toriel avait déjà fui Asgore et son royaume, accusant Asgore d'une mort qu'il n'a même pas causée, abandonnant tout le monde quand ils avaient si désespérément besoin d'elle. Asgore, faisant de son mieux de rester fort pour son peuple, avait eu le cœur brisé, et beaucoup de monstres étaient perdus sans leur reine. Undyne aussi était blessée, vu que Toriel était ce qu'il y avait de plus proche d'une vraie mère qu'elle a jamais eu, mais elle essayait de rester forte pour tout le monde et aider Asgore. Elle avait essayé d'appeler Toriel plusieurs fois, mais la femme chèvre refusait de répondre à son putain de téléphone.
Et il semblait qu'elle a aussi abandonné Frisk.
Eh bien, Undyne ne l'abandonnerait pas.
Undyne est revenue à la réalité à temps pour voir le chien blanc dont Papyrus se plaignait toujours donner un morceau de ce qui était clairement la tarte de Toriel devant la gamine et a encouragé cette dernière à la manger.
Merde, le CHIEN était une meilleure mère que Toriel.
Et même si Undyne n'était pas une mère, elle était toujours la "bestah" de Frisk et elle aussi aiderait Frisk à se sentir mieux. Et elle savait exactement quoi faire pour tout arranger à nouveau.
Elle a doucement ouvert la porte et est sortie sur le perron, s'asseyant près de son amie. "Salut." Elle a placé une main sur l'épaule de Frisk dans un geste de réconfort, sentant à quelle point celle-ci était osseuse. Elle a noté dans sa tête d'emmener la fille malnutrie chez Alphys pour un examen médical.
Frisk s'est tournée vers elle, câlinant toujours le chien, et sourit un peu, bien qu'Undyne a vu un peut de nervosité dans ses yeux. "Salut, Undyne." Son sourire est ensuite tombé. "Sans et Chara t'ont-ils dit? À propos de ce qu'a dit Alphys?"
Undyne soupira doucement. "Oui. Mais..."
Puis le chien aboya, interrompant Undyne, et ramassa avec sa bouche un bloc-notes qui se trouvait à côté de Frisk.
"Hé!" Frisk protesta, mais le chien l'a juste ignorée, allant près d'Undyne et laissant tomber le bloc-notes sur ses genoux avant de sauter du perron et s'enfuir.
"Hein? Qu'est-ce que c'est?" Undyne demanda à voix haute et commença à lire le papier. "Liste De Moyens De Briser La Barrière?" Elle a vite lu la liste, écarquillant son œil d'horreur quand elle a lu le dernier point. Elle fit ensuite un long regard à Frisk. "Oh non. T'y mets pas aussi, putain!"
"Undyne... Je..." Frisk commença, mais Undyne l'a interrompue, faisant face à Frisk et s'agrippant à ses épaules. Frisk tressaillit et Undyne affaiblit sa prise, mais continua quand même.
"Maintenant écoute-moi, la mioche! La maudite barrière ne. Vaut. PAS. Ta. Vie. Pigé?" Undyne demanda. "Tu ne mourras pas pour nous. Je ne perdrai pas une autre personne à qui je tiens!"
"Tu tiens à moi?" Frisk demanda très doucement.
La colère d'Undyne s'est immédiatement transformée en tristesse. "La mioche, bien sûr que je tiens à toi." Elle avait la sensation malaisante dans son estomac en se rappelant que ça ne faisait environ que vingt-quatre heures depuis son combat avec Frisk, quand elle avait littéralement essayé d'assassiner la gamine pour son âme. Et non seulement elle avait fait ça, elle avait aussi dit les choses les plus cruelles imaginables.
"Si tu tenais vraiment à tout le monde, tu donnerais ton âme là maintenant!"
"Le fait même que tu existes est un crime!"
Elle n'avait été en rien meilleure que les monstres dont les lettres cruelles ont poussé Chara au suicide. En fait, elle avait été pire. Elle avait littéralement dit à une fille de quinze ans négligée, probablement maltraitée en face qu'elle serait mieux morte, et puis avait essayé de la tuer.
Quel genre d'héroïne faisait ça?
Quel genre de personne avec ne serait-ce qu'un peu de décence faisait ça?
Undyne baissa le regard. "Frisk, je suis si désolée. J'ai été horrible envers toi."
"Un peu, mais je comprends. Tu essayais de protéger Asgore." a dit Frisk.
Undyne secoua violemment sa tête. "Non. Ne me cherche pas des excuses, la mioche. J'essayais peut-être de protéger Asgore et briser la barrière, mais il n'y a pas d'excuse pour ce que je t'ai fait. Tu es une enfant innocente et gentille, et tu ne méritais pas que j'essaie d'arracher ton âme. Tu ne méritais pas les choses cruelles que je t'ai dites. J'étais si furieuse contre les humains qui ont tué Asriel et pour ce qu'avait fait l'Âme Jaune, que je me suis déchaînée sur toi, et ce n'était pas correct. Tu es une personne incroyable, Frisk. Tu mérites de vivre et être heureuse, d'accord? Donc CECI..." Undyne a saisi la liste et en a arraché la cinquième option, la froissant et la jetant dans la neige. "N'est PAS une option. Que toi ou Asgore mourriez ne sera JAMAIS une option."
"Je ne veux pas non plus que lui ou moi mourrions." Frisk lui a dit doucement. "Mais si les autres options ne marchent pas, je ne sais pas quoi faire..."
Undyne l'a câlinée. Frisk a tressailli pendant une seconde, mais ensuite a retourné le câlin. Undyne pouvait sentir le corps de la fille trembler de sanglots étouffés, et elle frotta doucement le dos de Frisk. Quand Frisk s'est un peu plus calmée, Undyne lui a fait un sourire. "T'en fais pas, la mioche. Je sais que tu as peur, mais j'ai une solution qui ne tuera ni toi, ni Asgore. Je sais exactement quoi faire. Tu auras ta petite sœur de retour dans tes bras d'ici cette nuit." Frisk a dressé sa tête, la regardant, et Undyne a souri. "Une fusion d'une âme de monstre et une âme humaine peut traverser la barrière. Et ce que vous les gars oubliez est que tu n'es pas la seule âme humaine dans l'Outremonde. Je vais juste absorber l'une des autres, prendre la dernière âme nécessaire, et aller chez toi chercher ta petite sœur. Je tabasserai même tes parents pour toi. Qu'en dis-tu?"
Frisk y réfléchit pendant quelques minutes. "Je ne sais pas. Ça m'a l'air dangereux." elle admit. "Et si tu te fais blesser? Même s'il y a quelques humains géniaux, certains d'entre eux craignent ce qu'ils ne comprennent pas, et quand nous les humains avons peur, nous devenons stupides. Ils pourraient essayer de t'attaquer. Du... Du peu que je sais de Chara et vous tous, Asriel a été tué par des humains. Et... Et il était une fusion d'âmes, n'est-ce pas? C'est le seul moyen avec lequel un monstre peut passer la barrière."
Undyne soupira doucement. "Il l'était. Chara avait eu la brillante idée de se suicider pour qu'Asriel puisse absorber son âme, prendre plus d'âmes d'humains qui étaient déjà morts et nous libérer. Ça a mal tourné. Très mal tourné. Asriel a essayé de ramener le corps de Chara au village pour l'enterrer et montrer que les monstres pouvaient être gentils, et faire la paix avec l'humanité, mais ils l'ont attaqué, et Chara a paniqué. Elle s'est défendue pour protéger Asriel, mais il l'a arrêtée et les humains... ils l'ont tué." Undyne a vite essuyé ses larmes.
Frisk semblait comme si elle allait être malade. "C'est affreux. Je suis si désolée..." Elle a placé sa main sur celle de son amie.
"C'est pas ta faute, la mioche. Et... même si je suis énervée contre Chara pour s'être suicidée et avoir impliqué Asriel là-dedans... l'idée de prendre une âme pour passer la barrière et puis collecter les autres dans un hôpital ou une morgue a du mérite. Je serais une hypocrite si je me fâchais trop contre elle, vu que je l'ai moi-même envisagé plus d'une fois." Undyne dit avec un léger soupir. "J'ai... même proposé à Asgore de faire ça avant, mais il a rejeté l'idée parce qu'il ne voulait pas que je sois blessée."
"Je... suis d'accord avec Asgore sur ce point." Frisk a doucement admis. "Chara et Asriel ont été tués en essayant ça. Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose. Et si tu te faisais tuer, toi aussi?"
"Ça va aller. Je me suis entraînée pendant des années, et je me battrai s'il le faut." Undyne a essayé de la rassurer, mais Frisk était quand même inquiète.
"Beaucoup d'humains sont aussi entraînés pour combattre, et ils ont de puissantes armes. Tu pourrais te faire blesser ou pire, tout comme Tina si elle est avec toi. Je ne veux qu'aucune de vous soit blessée. Et... si tu combats et quelqu'un se fait tuer, ça pourrait déclencher une autre guerre, et ce n'est bon pour personne, humains ou monstres. Mettaton avait raison qu'une autre guerre pourrait détruire les deux côtés. Voyons d'abord si nous pouvons trouver une option plus sûre." Frisk a ramassé sa liste. "Tu penses que ça pourrait marcher si je traverse la barrière avec l'âme de Chara attachée à la mienne? Je peux toujours aller chercher Tina, puis faire ce que nous avions planifié au départ et essayer de trouver un contre-sortilège."
"Je ne sais pas. La barrière est assez forte, et ça pourrait soit ne pas marcher, soit causer des dégâts à ton âme ou celle ce Chara." Undyne lui a dit avec un soupir. "Et les autres âmes humaines ne pourront pas t'aider. Les humains ne peuvent fusionner avec des humains, plus nous en avons besoin pour sortir."
"Est-il possible pour Asgore d'utiliser mon âme alors que je suis encore en vie?" Frisk demanda.
Undyne secoua sa tête. "Non, ou il l'aurait déjà fait avec toutes les autres. Les monstres n'ont pas le pouvoir ni le contrôle pour absorber l'âme d'un être vivant. Il faudrait une quantité de pouvoir immense pour accomplir une chose pareille."
"Une quantité de pouvoir immense..." Frisk médita, puis ses yeux se sont illuminés. "Les plaques disent qu'un monstre qui absorbe une âme humaine a un pouvoir inimaginable. Un monstre qui a juste une âme peut littéralement traverser une barrière magique extrêmement puissante." Elle regarda Undyne. "Que se passe-t-il quand un monstre absorbe plus d'une âme humaine?"
"De ce que théorisait Alphys, le pouvoir augmente exponentiellement jusqu'à ce que le monstre atteigne sept âmes, et ensuite le monstre deviendrait un dieu."
Frisk sourit, excitée. "Et avec six âmes, Asgore serait presque un dieu! Ce qui veut dire..."
L'œil d'Undyne s'est illuminé quand elle a capté. "Il saurait utiliser ton âme sans te blesser! Frisk, encore une fois, tu es une sacrée génie!" Elle acclama et tapa dans la main de Frisk, ce qui a fini par faire tomber la pauvre fille de la marche et dans la neige douce. Elle était sur le point de s'excuser mais ensuite Frisk a éclaté de rire de purs joie et soulagement, ce qui a fait rire Undyne aussi alors qu'elle a pris la main de Frisk, l'aidant à se relever.
"Comment saurons-nous avec certitude si ça marchera?" Frisk demanda une fois qu'elles se sont calmées.
"Nous parlerons à Alphys. Elle devrait pouvoir faire des tests et nous dire avec certitude. Sans aussi devrait pouvoir aider. Ce n'est pas pour rien qu'ils sont considérés comme étant deux des monstres les plus brillants de l'Outremonde. Allez! Nous avons une petite sœur à sauver et une barrière à briser!" Undyne mena Frisk à l'intérieur de la maison.
...
Pendant ce temps, Sans était assis dans sa chaise de labo près de son bureau d'ordinateur, ses orbites brûlant de larmes non versées. Comment Chara a-t-elle pu faire ça, jeter toute sa vie pour briser la barrière? Pourquoi fallait-il qu'elle essaye d'être une grande héroïne, et invente ce plan fou et y entraîne Asriel?
Pourquoi fallait-il qu'elle le quitte?
Pourquoi n'avait-il pas compris à quel point elle était dépressive et suicidaire? Il l'avait littéralement vue la veille de sa mort. Elle avait été toute souriante, l'avait invité Chez Grillby et lui avait acheté ses frites au ketchup préférées, et avait ri quand il a fait semblant de verser du ketchup dans son milkshake au chocolat. Elle était assise à côté de lui dans la chambre à souhaits, regardant les cristaux alors qu'ils inventaient leurs propres constellations et échangeaient des jeux de mots sur les étoiles.
Il avait été si heureux. Il avait voulu si désespérément lui dire ce qu'il ressentait, qu'il l'aimait. Il avait même eu l'idée quelque peu ringarde qu'ils fassent tous les deux un vœu et qu'ensuite il lui dise qu'il souhaitait pouvoir lui dire à quel point il l'aimait.
Au lieu de ça, il s'était dégonflé et lui avait posé des questions sur les étoiles. Les maudites étoiles.
Quand elle lui avait dit à quel point elles étaient belles, il avait marmonné "Tout comme toi.", mais quand elle lui avait demandé ce qu'il a dit, il avait encore perdu son sang froid et commencé à dire quelque chose sur comment ils pourraient peut-être voir étoiles un jour et qu'il pourrait les montrer à Papyrus.
Et c'était l'une des dernières choses qu'il lui avait jamais dit.
Sans a enfoui son visage dans ses mains. Chara s'était suicidée parce qu'elle voulait que les monstres voient le soleil et les étoiles. Et il était là, son meilleure ami, à lui parler de vouloir voir les étoiles, d'aller à la Surface. Et s'il avait cimenté son idée, l'avait rendue encore plus déterminée de le faire juste parce qu'elle voulait qu'il soit heureux? Chara était une âme de l'Amour après tout, et ferait tout pour sa famille et ses amis.
Maintenant qu'il y repensait, il s'est rappelé comment son dernier câlin s'était juste un peu attardé. Comment elle l'avait regardé juste un peu plus longtemps, comme si c'était la dernière fois qu'elle le voyait. Il se rendit compte qu'elle lui disait au revoir.
Pourquoi avait-il parlé des maudites étoiles? Pourquoi n'avait-il pas dit ce qu'il ressentait pour elle?
S'il lui avait dit à quel point il l'aimait, est-ce que ça l'aurait arrêtée? Lui aurait fait se rendre compte ce qu'elle signifiait pour lui? Qu'elle signifiait pour lui bien plus que le soleil et les étoiles?
Est-ce que ça les aurait sauvés, Asriel et elle, s'il avait juste parlé?
Asriel et elle seraient-ils toujours avec lui aujourd'hui, heureux et vivants?
Sans a tâtonné pour trouver le tiroir du bureau, l'a ouvert, et les larmes lui brouillant sa vision, a fouillé dedans jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. Les cadeaux qu'il comptait offrir à Chara et à Asriel le jour où il avait appris qu'ils étaient morts. Il fixait les petits objets à travers une couche de larmes.
Un jeu Pokémon, et un bracelet d'argent terni à breloques avec une gemme en forme de cœur rouge dessus.
Alors qu'il a saisi près de sa poitrine les cadeaux qu'il n'a jamais eu la chance d'offrir, il s'est remémoré.
...
Sans chantonnait alors qu'il marchait vers le palais avec deux sacs cadeaux dans sa main, un pour Chara et un pour Asriel. Le sac cadeau d'Asriel était jaune vif, contenant un jeu Pokémon, son jeu vidéo préféré. Asriel aimait attraper les Pokémons, les entraîner, et leur donner des surnoms ridicules, et Sans sourit à la pensée de son ami chevreau intello faire un salto à l'idée de pouvoir faire son Pokémon se balader à ses côtés.
Le sac cadeau de Chara quand à lui, était vert vif, de sa couleur préférée, et à l'intérieur se trouvait un bracelet à breloques argenté qu'il avait trouvé dans la décharge, avec un petit charme cœur rouge dessus. Sans était impatient de le lui donner. Il lui dirait qu'il lui offre ce cœur parce qu'elle a déjà volé le sien.
D'accord, il ne dirait peut-être pas quelque chose d'aussi gnangnan, mais il lui dirait enfin aujourd'hui ce qu'il ressentait pour elle.
Mais quand il est arrivé au château, son cœur se serra dans sa poitrine. Des bannières noires pendaient sur les fenêtres autrefois joyeuses, et Undyne était debout à la porte, ayant l'air très triste.
Sans fronça les sourcils et s'approcha d'elle. "Undyne, qu'est-ce qu'il y a?"
"Chara et Asriel... ils sont partis, Sans." elle a dit doucement et ses yeux étaient emplis de larmes. Sans ne l'avait jamais vue pleurer avant.
Sans était sous le choc, ne voulant pas croire ce qu'il venait d'entendre. "Quoi? Où partiraient-ils?"
"Ils sont morts, Sans. Ils... Ils sont décédés hier. Je... Je suis si désolée."
Sans laissa tomber les cadeaux qu'il tenait. Il serra ses poings. Des larmes ont empli ses yeux. "Non... Non ils ne le sont pas! Elle n'est pas... Arrête ça, Undyne! Arrête de me mentir! Ce n'est pas drôle!"
Undyne a tendu sa main pour lui toucher l'épaule. "Sans, je ne mens pas. J'aurais voulu que ce soit le cas. Mais... Mais ils sont partis. Je suis désolée. Je suis si désolée."
"ARRÊTE ÇA, UNDYNE! ARRÊTE DE MENTIR! ILS NE SONT PAS MORTS! ELLE N'EST PAS MORTE! ÇA NE PEUT PAS ÊTRE VRAI!" Sans criait et se déchaînait sur Undyne avec une attaque osseuse.
Elle a sauté hors du chemin. "Sans..." Il continuait d'attaquer aveuglement dans son chagrin, et elle l'a juste laissé faire et esquivait jusqu'à ce qu'il s'épuise. Sans s'est enfin épuisé et éclata en sanglots, tombant sur ses genoux. Undyne l'a soulevé et l'a câliné fort. "Je suis désolée. Je suis si désolée. Ils me manquent aussi..."
...
Sans a été ramené à la réalité par une autre paire de bras autour de lui, celles de son frère. Papyrus le regardait avec inquiétude et des larmes dans ses propres yeux. Au lieu d'essayer de dire à Papyrus qu'il allait bien comme il l'aurait fait il y a seulement quelques heures, Sans s'est agrippée à son frère et a enfoui son visage dans sa poitrine. Il était fatigué de cacher ses sentiments. Fatigué de mentir.
Papyrus tenait Sans dans ses bras et lui caressait le crâne jusqu'à ce que Sans commence à se calmer. "Peux-tu me dire ce qui ne va pas, Sans?" il demanda doucement.
Sans hésita pendant une minute, puis, comme il le faisait avant les resets de Flowey, il s'est confié à son frère. "C'est Chara. J'ai... J'ai appris qu'elle a mis fin à ses jours pour qu'Asriel puisse aller chercher les âmes nécessaire pour briser la barrière. Elle... Elle voulait tous nous libérer, mais ça les a juste fait tuer, Asriel et elle... J'aurais dû me rendre compte qu'elle se sentait ainsi... Et... Et la dernière fois que je lui ai jamais parlé, j'ai parlé de stupides étoiles. J'aurais préféré l'avoir elle, plutôt que les étoiles... Et elle est morte ne sachant pas que... Si seulement je lui avais fait savoir à quel point elle comptait pour moi, elle serait peut-être en vie!"
Papyrus le câlina plus fort, pleurant un peu aussi. "Oh, Sans... ce n'est pas ta faute. Je... je ne me souviens pas de Chara et Asriel aussi bien que je l'aurais voulu, mais je sais que tu étais un très bon ami pour elle et que tu n'as jamais caché à quel point tu t'en souciais."
"Mais j'étais son meilleur ami... J'aurais dû savoir..."
Papyrus caressa son crâne. "Sans, tu ne peux pas lire ses pensées, et parfois les gens sont très doués pour cacher les choses quand ils le veulent. Comment aurais-tu pu savoir?"
Sans secoua sa tête, les larmes coulant de ses yeux à nouveau. Papyrus le serrait contre lui et le câlinait, laissant Sans sortir son chagrin et sa peine. Il n'a rien dit de plus, câlinant simplement Sans près de lui et le réconfortant avec sa présence.
Et c'était suffisant.
...
"Chara? Sans? Papyrus?" Frisk appela quand elle et Undyne sont rentrées.
"Je suis là. Sans et Papyrus sont au labo." Chara a dit doucement, traversant la porte de Sans et descendant. Ses yeux étaient bordés de rouge et c'était clair qu'elle avait pleuré.
Undyne tapota l'épaule de Chara. "Je vais aller les voir. Ça va aller." Lui faisant un petit sourire amical, Undyne est partie.
Frisk essaya de câliner Chara, mais ses bras ont traversé la fille fantomatique. "Undyne... elle m'a raconté ce qui est arrivé, ce que tu as essayé de me dire dans le NOYAU. Je suis désolée."
"C'est ma faute. J'ai vraiment tout gâché, Frisk." Chara a dit doucement. "J'ai blessé tous ceux à qui je tenais..."
"Tu as fait une erreur." Frisk a dit gentiment. "Tu n'aurais jamais dû te suicider, ou avoir impliqué Asriel dans quelque chose de tel. Mais... je sais que tout ce que tu voulais était de sauver tous ceux que tu aimais. Et les gens qui ont tué Asriel sont à blâmer pour sa mort, pas toi."
"Mais si je n'avais pas..." Chara commença.
"Chara, tu ne peux changer ce qui est arrivé. Mais... tu as obtenu une seconde chance. Nous ne sommes pas obligés de laisser nos erreurs passées définir notre avenir. Nous pouvons changer la donne pour tout le monde. Undyne et moi avons peut-être trouvé un moyen de briser la barrière." Frisk a expliqué à Chara ce qu'elle et Undyne ont trouvé.
Chara y réfléchit pendant quelques minutes. "Ça... serait juste assez fou pour marcher!" Elle sourit un peu. "Je ferai tout ce que je peux pour aider."
"Merci, Chara."
"Et Frisk... Je suis désolée. De t'avoir caché la vérité sur la barrière. Je n'aurais jamais dû faire ça. Tu méritais la vérité dès le début."
Frisk sourit un peu. "Je suis toujours un peu ennuyée à ce propos, mais... je te pardonne. Ne me cache juste plus rien à partir de maintenant, d'accord?"
"Je ne le ferai pas."
"T'as pas intérêt, parce que j'ai une connexion mentale et je le saurai. Et la prochaine fois, je continuerai de t'importuner jusqu'à ce que tu me dises tout. Alors plus de mensonges. Compris?" Frisk demanda sévèrement.
"Compris."
"Bien. Maintenant, allons botter le cul de la barrière!"
Chara rigola. "Je pense que tu as passé un peu trop de temps avec Undyne." Frisk tira la langue à Chara et celle-ci sourit. Même si elle culpabilisait toujours, Chara tirerait le meilleur de sa seconde chance.
Elle aurait juste voulu qu'Asriel en avait eu une, lui aussi.
...
Flowey se cachait derrière le buisson près du porche des frères squelettes, attendant que "Chara" ressorte. Sa sœur réincarnée et amnésique l'avait certainement fait courir. Après avoir dû changer tout son plan et en créer un tout nouveau, il avait perdu la trace de "Chara" et son combat avec Mettaton était déjà fini. Il l'avait attendue sur le chemin jusqu'au château pour qu'il puisse la convaincre d'une quelconque manière d'aller chez Alphys, mais elle ne s'était pas montrée.
Et puis il a compris où est-ce que Chara Amnésique irait quand elle était effrayée et avait besoin d'un endroit pour se sentir en sécurité.
La maison de Sans et Papyrus.
Alors il a dû faire demi-tour jusqu'à Couveneige, et est arrivé juste à temps pour la voir avec Undyne se remuer les méninges sur le perron à propos des moyens pour briser la barrière. Ça l'a surpris quand sa sœur, qui ne se souvenait de rien sur la magie, a compris qu'un monstre fusionné avec six âmes aurait assez de pouvoir pour prendre une âme sans tuer le corps.
Quoique, ça ne devrait pas le surprendre. Chara a toujours été intelligente, du moins tant qu'elle ne paniquait pas.
Enfin, au moins elle irait au labo d'elle-même, et il n'aurait pas à le lui demander. Connaissant Chara Amnésique, elle ne le croirait pas et filerait probablement (encore) chez Sans et Papyrus. Ainsi son plan pouvait se poursuivre sans interférences.
Pendant qu'elle serait occupée avec ça, il irait dans les Ruines et rendrait une petite visite à Toriel pour qu'elle vienne à la rescousse de sa fille adoptive, puis retournerait au château pour attendre. Une fois que Chara Amnésique se rendrait au château, elle verrait sa chambre avec son médaillon, son dessin, et la dague usée qu'elle utilisait toujours quand elle aidait Asgore tailler les plantes. Ça devrait ne serait-ce qu'un peu rafraîchir sa mémoire.
Maintenant qu'il y pensait, quand il serait sur son chemin du retour, il devrait probablement transformer le château en une petite énigme pour qu'elle doive entrer dans les chambres pour sortir. Tandis que Chara avait adoré explorer, Chara Amnésique semblait avoir peu d'intérêt à regarder autour d'elle, sauf si c'était nécessaire ou important pour aider un ami, ce qui était logique vu que son objectif principal était de survivre et retourner auprès de la fille qu'elle croyait être sa petite sœur. Une chaîne sur les escaliers et quelques clés cachées devraient changer ça, cependant.
Flowey sourit. Tout se mettait merveilleusement en place. D'ici cette nuit, il serait Asriel, Chara serait à nouveau elle-même, et il aurait tout ce qu'il a toujours voulu.
A/N: J'espère que ça vous a plu, et maintenant commence le fil rouge vers le climax. Le prochain chapitre est très long, donc la traduction prendra un certain moment... Vous pouvez deviner de quoi ça parlera, mais je garantis pas mal de nouveau contenu, avec de chouettes divergences par rapport au jeu! ;)
