Auteur : Ariani Lee

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionné ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé : Où Demyx surprend Roxas en lui présentant ses animaux de compagnie.

Traduction du titre : « Famille»

Auto-évaluation : ***

Axel et Roxas en cent thèmes.

Family

Roxas passait toujours devant la chambre de Demyx pour rejoindre la sienne, qui était trois portes plus loin, tout au bout du couloir. Et la porte de la chambre de Demyx était toujours entr'ouverte.

Un jour qu'il regagnait ses pénates, un bruit provenant de la chambre attira son attention. Ou plutôt des bruits, des sons incongrus. Des grondements, des crachements, des feulements. Aussitôt, il sortit ses armes.

- Demyx ? Appela-t-il. Qu'est-ce qui se passe ?

Pas de réponse.

- Demyx, t'es là ?

Seuls lui répondirent les étranges bruits.

- J'entre ! Avertit-il avant de donner un coup de pied dans la porte et de se précipiter dans la pièce. Il n'eut que temps d'entrevoir deux boules - de poils apparemment - foncer sur lui, passer entre ses jambes et s'enfuir dans le couloir. Il fit la moue et laissa disparaître les Keyblades.

- Roxas ? Qu'est ce que tu fais là ? Dit une voix derrière lui.

Demyx venait d'entrer. Le Maître de la Keyblade se tourna vers lui, l'air renfrogné.

- Il y avait des bruits pas nets, je suis entré pour voir si c'étaient des ennemis, et...

Il s'interrompit. Demyx venait d'éclater de rire. Un vrai rire franc, les poings sur les hanches, les yeux fermés, la tête en arrière et la gorge déployée. Roxas se sentit un peu mal à l'aise. Il ne se ferait jamais aux manifestations d'humeur du Numéro IX. C'était étrange de voir un membre de l'Organisation rire - rire pour de vrai.

- Ce sont mes chats, finit par dire Demyx.

- Tes chats ? S'étonna Roxas.

- Quoi, tu sais pas ce que c'est ?

- Bien sûr que si, mais t'as des chats ?

- Ouais, deux.

- Ah bon.

Demyx souriait. Il remit la porte de la chambre dans sa position initiale.

- Tu reste un peu ? Proposa-t-il.

- ... Ouais, pourquoi pas.

Roxas regarda Demyx se débarrasser de son manteau et commencer à se changer. Ça aussi, il était le seul à le faire. Dans l'Illusiocitadelle, il était le seul susceptible d'être croisé habillé différemment qu'avec sa veste noire. Il la considérait comme son « vêtement de travail ».

Il promena son regard autour de lui. C'était là première fois qu'il venait dans la chambre de Demyx, qui l'avait manifestement aménagée en fonction de ses petits compagnons. En dehors des jouets - fausses petites souris qui avaient toutes eu la queue arrachée, billes de plastique avec un grelot à l'intérieur et une structure couverte de corde éventrée – dont le sol était parsemé, dans un coin se trouvait un plateau sur lequel un bol d'eau disputait la place à une gamelle au fond de laquelle restaient quelques croquettes. Demyx avait enlevé la porte de son placard sur le sol duquel était posé un bac rempli de litière.

Le maître de l'eau s'assit sur son lit et tapota la couverture près de lui, faisant signe à Roxas de le rejoindre. Ce dernier alla se poser sur le matelas tandis que Demyx, sortant son sitar, s'allongeait, un genou replié. Il commença à pincer distraitement les cordes de l'instrument, souriant à son visiteur.

- Ça fait un peu bizarre, hein ? Gloussa-t-il.

- Quoi ça ?

- Ben, on est là, dans ma chambre, comme deux potes après le lycée qui devraient être en train de faire leurs devoirs...

L'idée que Roxas se faisait de ce genre de situation était un peu floue, mais il comprenait plus ou moins ce que voulais dire Demyx. La camaraderie n'était pas franchement de mise dans l'Organisation.

- Ouais, t'as raison.

Le sourire de Demyx s'élargit.

- Tu sais, je me sens toujours à l'aise, avec toi, Roxas. C'est un peu dommage qu'on ne se parle pas plus souvent.

Il y eut un instant de silence pendant lequel le Numéro IX garda ses yeux baissés sur les cordes de son instrument.

- Pourquoi t'as des chats ? Demanda Roxas, que la question démangeait depuis quelques minutes.

Demyx s'arrêta de jouer et leva les yeux sur son collègue, sans bouger la tête. Ce regard par en dessous lui donnait un drôle d'air que Roxas ne lui connaissait pas.

- C'est une longue histoire.

- J'ai le temps.

- Mais tu as envie ? Ça t'intéresse ?

Roxas acquiesça.

- Allez, raconte moi, ne te fais pas prier.

Demyx baissa à nouveau la tête sur les cordes qu'il se remit à gratter. Ce n'était pas vraiment une mélodie, plutôt un égrènement de notes brouillonnes qui constituait un agréable bruit de fond.

- Contrairement aux autres dans l'Organisation, je ne suis pas différent de celui que j'étais avant. Et avant j'étais... Hé bien, Edym avait grandi dans une famille nombreuse. J'avais des frères, on était toujours les uns sur les autres. Et à l'école, j'avais plein d'amis. J'ai toujours été très entouré, et ça me manque.

Il regarda Roxas pour voir ce qu'il en pensait. Le blond lui rendit son regard, l'air interpellé.

- Continue, continue. Je t'écoute, dit-il, et Demyx reprit.

- Ici, c'est vraiment, tu vois, le strict minimum. On se voit aux repas, en mission... Et, bon, on ne copine pas trop. A part les fondateurs, bien sûr, puisqu'ils étaient amis avant.

- C'est vrai, dit le blond.

- Tu vois, avant... Je suis pas spécialement doué, et je l'ai jamais été - sauf pour la musique. Et bon, ben... Quand Edym se plantait, qu'il faisait une connerie et qu'il prenait le parti d'en rire, ses frères, ses parents ou ses potes rigolaient avec lui. Maintenant, quand je me casse la gueule, je le prends toujours avec humour. Sauf que... je ris tout seul.

Le Numéro XIII commençait à réfléchir. C'était vrai, il l'avait déjà remarqué. Demyx était le Numéro IX dans l'Organisation, ça faisait un certain temps qu'il était là, et il paraissait être celui qui s'y était le moins bien intégré. Les six fondateurs bien sûr restaient toujours un peu « entre eux », avec Saïx qui était l'un des plus proches du Supérieur. Larxene et Marluxia étaient inséparables, Roxas était ami avec Axel, Luxord passait des uns aux autres avec aisance. Demyx était seul la plupart du temps.

- Pour moi, rentrer le soir et rester ici tout seul, c'est affreux. Et même s'ils sont toujours là, je me vois mal allez retrouver mes... Les proches d'Edym. Il est mort, je ne suis pas lui. Mais j'ai jamais réussi à me déconditionner. Enfin, je n'arrive jamais à rien en fait, alors ça ou autre chose, hein... Enfin bon, je suis allé voir le Supérieur et je lui ai demandé si on avait le droit d'avoir des animaux de compagnie.

- Et il a dit oui ?

- Pas vraiment. Il m'a dit, grosso modo, qu'il s'en foutait éperdument, que je pouvais avoir tous les chiens et les hamsters que je voulais tant qu'ils ne gênaient personne et Xigbar a ajouté qu'il fallait pas que je vienne pleurer si j'en noyais quelques uns.

-Toujours aimable.

- N'est-il pas vrai ? Sourit narquoisement le Numéro IX. Oui, toujours. Enfin bon, ce jour-là, je suis allé voir les petites annonces à la sortie d'un centre commercial, et il y en avait une pour une portée de chatons à donner. J'y suis allé. A la base je ne voulais en prendre qu'un, mais quand je suis entré et que je me suis approché des petits, il y en a deux qui sont directement venus vers moi. J'ai pas pu choisir.

Il sourit.

- J'ai ramené les deux. Ah bah, tiens, qui voilà ?

Deux museaux pointaient à la porte, regardant d'un air méfiant Roxas - L'Envahisseur. Demyx tapota le matelas à côté de lui.

- Venez voir par là, Sirius, Jade.

Les chats entrèrent en miaulant et bondirent sur le lit. L'un des deux - qui avait le poil brun tigré de noir - grimpa sur le torse de Demyx, s'y assit et se mit à donner des coups de tête dans le menton du maître de l'eau en ronronnant. Celui-ci gratta l'échine en souriant.

Roxas fut médusé par ce sourire. Tout son visage s'était éclairé - ses yeux s'étaient allumés comme des lampes et sa bouche paraissait couper son visage en deux, d'une oreille à l'autre. C'était un sourire heureux.

Le deuxième chat, qui était lui aussi tigré, gris clair, aux pattes chaussées de blanc, parut décider que quitte à attendre son tour pour les câlins, il préférait se tourner vers la paire de mains à sa disposition immédiate. Il monta donc sur les genoux de Roxas et s'y installa le plus naturellement du monde. Il leva sa tête velue vers le blond, les yeux mi-clos, et le gratifia d'un long regard languissant.

- Jade, je te présente Roxas, Dit Demyx avec un sérieux comique. Roxas, Jade. C'est une femelle. Et là, elle veut que tu lui fasses des papouilles.

Comme pour marquer son approbation, ladite Jade leva une patte et la posa sur le menton de Roxas. Ce dernier posa la main sur le chat et se mit à le caresser. L'animal parut satisfait. Sur Demyx, Sirius se vautrait dans des positions parfois comiques pour s'offrir aux caresses de son maître.

- Il en peut plus de bonheur, dit Roxas.

- Ouais. Tu vois, quand je rentre le soir ils sont contents de me voir, ils viennent se frotter dans mes jambes en miaulant. La porte est toujours ouverte mais quand je reviens, ils sont toujours là. La nuit, ils viennent se coller à moi pour dormir. Comme ils sont près de là, je n'ai plus l'impression de jouer pour moi tout seul. C'est une présence chaleureuse et vraiment réconfortante. C'est un peu comme d'avoir retrouvé une famille, tu vois... Et puis... Je joue avec eux, je les nourris, je les soigne, je veille à leur confort... C'est agréable d'avoir, pour une fois, une responsabilité et de m'en tirer avec les honneurs.

Sa voix était un peu amère.

- Voilà l'histoire.

Jade était étalée à plat dos sur les genoux de Roxas, qui semblait avoir vite compris comment la contenter. Il lui gratouillait la gorge, qui vibrait doucement de ses ronronnements.

- C'est agréable, tu as raison.

Demyx sourit.

- Tu ne vas pas rejoindre Axel, ce soir ?

Roxas sursauta et Jade dévala ses genoux, indignée.

- Merde, j'ai oublié !

Il se leva.

- Vas-y vite, il doit t'attendre.

Le Numéro XIII s'arrêta à la porte et se retourna.

- Hé, Demyx ?

- Ouais ?

- Je pourrais venir, de temps en temps ? T'écouter jouer, quoi.

A nouveau, toute la physionomie de Demyx s'illumina d'un sourire rayonnant.

- Ce serait sympa. Allez, vas-y, t'es à la bourre.

Roxas se sauva.

Il revint à plusieurs reprises, d'abord seul, puis en compagnie d'Axel. L Numéro VIII s'était pris de passion pour les deux boules de poils qui le lui rendaient bien - Demyx fut même un peu jaloux.

Le temps passa et Axel et Roxas devinrent amis avec Demyx - réellement amis. Ils finirent par former un trio inséparable. Avec les deux chats, leur petit groupe soudé finissait presque par ressembler à une famille.

Famille à laquelle la Clé du Destin et le Numéro VIII avaient la nette intention d'ajouter leur propre contribution ronronnante et poilue.

AKUROKU