Auteur : Ariani Lee

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé: Où il est question d'oreilles et de virginité.

Traduction du titre : « Sacrifice »

Auto-évaluation : ***

Note : AU (LOVELESS) Je dédicace ce thème à ma bêta-lectrice. Tu ne peux que te douter que j'ai pensé à toi en l'écrivant /pika. Si vous ne connaissez pas LOVELESS, je vous recommande de lire le cinquième article sur la onzième page de mon blog, qui résume l'univers de l'histoire sinon plein de subtilités vont vous échapper. A part ça, je ne sais pas si les notifications de FFnet sont toujours en panne, c'est possible, et je n'ai pas tout à fait réglé mes problèmes d'ordinateurs (je devient marteau XD)

Bonne lecture.

Axel et Roxas en cent thèmes.

Sacrifice

C'était arrivé sans prévenir. Ils s'étaient croisés, un jour, par le plus pur des hasards. Ou peut-être avait-ce été le destin ?

Celui qui attendait depuis si longtemps, et celui qui n'avait pas la moindre idée de ce qui était sur le point de se produire.

Chacun remontait le trottoir, de chaque côté d'une route, lorsque quelque chose les avait fait ralentir. Comme s'ils avaient été tirés en arrière par une force qui voulait les arrêter. La même force qui les avait fait se tourner, presque malgré eux, pour les mettre face à face, et ils s'étaient vus pour la première fois.

Le jeune garçon blond, avec ses oreilles pointues et sa longue queue soyeuse au poil doré, et l'adulte aux cheveux rouges et aux yeux verts, dont le visage tatoué s'était éclairé d'un sourire rayonnant quand son regard avait rencontré celui de son vis-à-vis, bleu marine et intrigué.

L'homme savait ce qui se passait, il voyait le fil doré, fin comme une corde de piano, qui sortait de sa poitrine et le reliait à sa moitié.

Enfin…

Il avait déjà essayé de suivre le fil, mais jamais il n'avait réussi à se rapprocher suffisamment. Enfin !

Ils s'étaient fixés du regard un long moment, puis le jeune homme avait traversé la rue d'un pas tranquille pour aller droit devant l'adolescent, toujours pas bien remis du choc et des émotions qui le secouaient sans qu'il comprenne pourquoi. L'adulte avait mis un genou en terre et avait pris une de ses mains avant de l'amener doucement à ses lèvres. Il savait que, même perdu dans un brouillard d'incompréhension, le blond devait ressentir que les choses se mettaient en place, que tout devenait parfait - que c'était le destin qui était à l'œuvre.

Pourquoi Diable sinon l'aurait-il laissé faire ?

Le jeune homme avait levé les yeux vers son maître, et lui avait dit :

-Je t'ai attendu toute ma vie.

A&R

- T'es à la bourre, dit Roxas d'une voix acide.

Pour toute réponse, Axel se saisit de son poignet et déposa un baiser au creux de la peau tendre, sur le réseau des veines, sur la marque en forme de cœur brisé. Roxas frémit mais ne retira pas sa main.

Il ne s'y ferait jamais.

Axel était la désinvolture faite homme, il se souciait comme d'une guigne du regard des autres et il lui arrivait parfois de se comporter de façon totalement insouciante. Il avait des gestes tendres, l'embrassait carrément au milieu de rues pleines de monde...

Avant leur rencontre, il n'aurait laissé aucun homme se comporter ainsi avec lui. Si un mec avait essayé de lui prendre la main, il l'aurait latté. Mais pas Axel. Axel, c'était...

Comme si Roxas était pour être touché, enlacé, embrassé par lui. Il avait éprouvé ce sentiment lors de leur première rencontre, deux ans plus tôt, et il ne l'avait plus jamais quitté. Quand ils se touchaient, il ne pouvait que feindre une réticence qui ne manquait jamais de faire sourire le jeune homme.

- Ne m'en veux pas, j'ai raté le bus. S'il te plaît ?

Roxas regarda l'expression suppliante de son Combattant avant de lui retirer sa main, agacé par sa propre faiblesse.

- Je ne suis pas fâché.

Axel sourit. Il s'assit à côté de lui sur le banc, passant un bras autour de ses épaules et le repliant pour pouvoir gratouiller doucement la base d'une des jolies oreilles félines de son Sacrifice. Aussitôt, Roxas s'appuya contre lui, saisit son autre main, remonta la manche longue de son T-shirt et plaça leurs poignets côte-à-côte.

- Tu ne t'en lasseras donc jamais ? Sourit Axel.

Sur sa peau apparaissait la même marque que sur celle de Roxas, un cœur brisé couleur lie-de-vin. L'adolescent ne manquait jamais une occasion de comparer leurs marques - sa propre tache de naissance l'avait intrigué toute sa vie, et en voir une toute pareille augmentait encore sa curiosité. Elles étaient rigoureusement identiques, et elles avaient une signification. Elle symbolisait le lien qui les unissait. Ça le fascinait.

Axel le laissa à sa marotte, en profitant pour enfouir son visage dans ses cheveux, ce dont le blond ne parut même pas s'apercevoir. Mais Axel ne s'en formalisa pas, il était habitué au caractère taciturne de son Sacrifice.

- Ils ne vont plus tarder, dit finalement Roxas.

Axel acquiesça d'un « mmmhmmh », le nez toujours enfoui dans ses cheveux.

- Tu ne laisseras jamais tomber hein ?

- Seulement si tu me l'ordonnes.

- Tu n'obéis pas ! Je te l'ai déjà ordonné plein de fois !

- Avec autant de conviction que tu en mets à me dire que tu n'as pas envie que je te fasse perdre tes oreilles.

Et, comme pour appuyer ses paroles, il mordilla doucement celle qui était juste à côté de sa bouche. Roxas eut un frisson de plaisir inattendu et se mit à rougir. Il s'écarta vivement.

- Arrête avec ça !

- Là encore, tu ne le penses pas. Tu ne peux pas me mentir, Rox.

Le jeune Sacrifice croisa les bras, boudeur. C'était autant une bénédiction qu'une plaie, d'avoir dans sa vie une personne avec qui on entretenait une relation si fusionnelle qu'elle savait toujours ce que vous aviez en tête.

- Et Demyx ? Tu sais qu'il n'aime pas ça, lui non plus. C'est ton ami !

- Et Zexion l'est aussi. Et ce que Zexion veut, Demyx le veut. C'est aussi vrai que deux et deux font quatre...

Il ramena l'adolescent contre lui et se mit à l'embrasser. Sur les lèvres d'abord, doucement, parce que Roxas aimait garder le contrôle des choses. C'était lui qui décidait, lui qui accordait à Axel l'accès à sa bouche s'il le voulait. Il était des libertés qu'Axel ne prenait jamais, des choses sacrées auxquelles il ne touchait jamais sans permission, et la langue de Roxas en était une. La parfaite soumission dont il faisait preuve dans ses baisers permettait parfois de remettre les choses à leur place. C'était Roxas qui, de par son rôle de Sacrifice, était le dominant entre eux. Mais Axel était plus âgé, plus sûr de lui, il le faisait souvent tourner en bourrique et lui faisait perdre tous ses moyens quand il le voulait, et il était bon, parfois, de lui rappeler qui était le maître, pas seulement durant les combats. Axel avait raison, il n'avait pas réellement envie de le priver d'un plaisir qu'il appréciait réellement.

Le blond entrouvrit les lèvres et fit glisser sa langue sur celles de sa moitié qui l'enlaça étroitement, mais n'approfondit pas davantage le baiser. Il attendait docilement, comme à chaque fois, que Roxas s'emporte, échauffé, et le fasse de lui-même.

Tu m'appartiens, disaient les lèvres de Roxas sur les siennes, les mains posées sur sa nuque.

Je ne désire que toi, tu es tout ce dont j'ai besoin pour vivre, répondait le corps d'Axel pressé contre le sien.

L'étreinte se resserra, le baiser devint brûlant. Axel était calme, mais le souffle de Roxas devenait plus court. Là aussi, le Combattant avait raison. Il avait envie qu'il lui fasse perdre ses oreilles. S'il y avait un principe dont tous deux avaient conscience dans ces instants-là, c'était bien celui-ci : « Le corps ne ment pas ». C'était sans doute pour cette raison, d'ailleurs, que Roxas acceptait rarement qu'ils se livrent à ce genre de « câlins » ailleurs qu'à l'extérieur. Une « sécurité ». Axel n'aurait jamais rien fait contre sa volonté, mais... Deux précautions valaient mieux qu'une. Roxas ne se faisait pas confiance là-dessus. Et il n'avait que seize ans. L'âge encore de se faire cuisiner par ses parents lorsqu'il perdrait son pucelage, et les siens étaient du genre curieux. Curieux et tolérants, mais ils ne seraient certainement pas enchantés d'apprendre que l'heureux élu était un homme de dix ans son aîné... Et Roxas était un mauvais menteur.

- Dites, 'y a des hôtels pour ça !

Axel grogna de mécontentement et s'écarta de son « petit »-ami.

- Salut, Zex.

Roxas tendit la main aux nouveaux arrivants qui la serrèrent. Ils étaient adultes tous les deux, quoique plus jeunes qu'Axel. Zexion avait des cheveux longs qui lui cachaient une moitié du visage, des yeux gris ardoise et un bouquin sous le bras. Demyx, lui, était châtain, avec une coupe grunge et un regard vert d'eau. Ils se tenaient par la main, et leur petit groupe attirait bien des regards. Déjà que la plupart des gens présents dans le parc avaient regardé avec une désapprobation bourgeoise le couple enlacé (« Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics... »), l'arrivée des deux autres garçons tapait encore un coup sur le clou. Ces jeunes ! Incapables de se tenir... C'est indécent... Et des garçons en plus... ! A qui le dites-vous, ma bonne dame ! Si c'était mon fils...

- Tout le monde nous regarde, observa Zexion sans se départir de son air snob.

- C'est des mal-baisés, répondit Axel en haussant les épaules, faisant involontairement rougir Roxas, qui n'appréciait que moyennement son vocabulaire de charretier.

- Bon, on y va ? Demanda Demyx d'une voix boudeuse.

- Oui, sinon ils vont finir par avaler leur langue, les pauvres...

Ils s'éloignèrent jusqu'à arriver dans un endroit un peu moins peuplé. Roxas et Axel s'arrêtèrent et les deux autres s'éloignèrent encore un peu avant de se mettre face à eux.

- J'annonce le début d'un combat par les mots, déclara Axel.

- J'accepte, répondit Demyx (qui puait la motivation).

Aussitôt, l'atmosphère changea. Le décor parut se vitrifier, et une fois que le système de combat fut initié, tous les quatre se retrouvèrent dans une dimension parallèle. Et déserte.

Zexion passa un bras autour de la taille de son Combattant qui l'imita. Quand ils se touchèrent, une lumière les nimba.

- Ouverture du système, dit Axel.

- Nous sommes Useless, déclara Demyx.

Roxas n'avait jamais vu leurs marques, mais ils savaient qu'elles se trouvaient sur leurs hanches. A son tour, il se tourna vers Axel et leva son bras. Son Combattant cala le creux de son poignet au sien, veines contre veines, et la lumière les éclaira à leur tour.

- Nous sommes Heartless, annonça Axel.

Il se tourna ensuite vers Roxas, attendant un ordre. L'adolescent attira son visage vers le sien et l'embrassa sur la bouche, les yeux fermés.

- Bats-toi pour moi, ordonna-t-il, et Axel s'écarta, hochant la tête.

- Mais vas-y doucement, quand même.

Le combat pouvait commencer.

De son côté, l'autre paire avait également terminé ses « préparatifs ». Ce fut Demyx qui ouvrit les hostilités. Il invoqua en marmonnant une averse dont les gouttes d'eau s'abattirent sur la zone comme une pluie de flèches.

- Hé ! Protesta Axel. Feu, Bouclier !

Un tourbillon de flammes enveloppa Roxas avant de s'étendre, et toutes les gouttes d'eau s'évaporèrent. Quand la protection se dissipa, il vit que son Sacrifice avait néanmoins subi quelques dégâts : Roxas porta une main à son visage pour essuyer un mince filet de sang, coulant d'une coupure fraîche. Superficielle mais douloureuse.

- Zexion ! Protesta Roxas. C'est pas fair-play !

- Et en plus ça vous mènera pas loin, vu que la puissance de tes attaques est largement diminuée si tu ne prononces pas les mots clairement, ajouta Axel à l'intention de Demyx.

Le jeune homme haussa les épaules - il ne faisait qu'exécuter les ordres que lui donnait son Sacrifice. Roxas posa une main sur le bras d'Axel.

- C'est à nous. Essaye de le contraindre. Aujourd'hui, j'ai envie d'en finir vite.

Le jeune homme acquiesça. Il tendit un bras devant lui et parla.

- Âme de la terre, fais-toi solide, jaillis ! Propulsion !

Le sol explosa autour de la paire adverse, et des chaînes de pierre jaillirent de toutes parts. Demyx réagit rapidement.

- Protection ! Cria-t-il, et des colonnes d'eau jaillirent du sol, détruisant toutes les entraves, sauf une qui était trop éloignée pour représenter un danger. Sauf que...

- Retournement, diffraction ! Répliqua Axel lorsque l'eau retomba au sol. Aussitôt, la chaîne de pierre qui avait été oubliée ricocha sur le vide et se sépara en trois liens plus minces, qui fondirent rapidement sur Zexion. Surpris, Demyx prononça une conjuration hâtive. Des lianes sortirent du sol et arrêtèrent deux des projections. La troisième atteignit sa cible qui étrangla un cri : un lourd collier de métal s'était matérialisé autour de son cou, solidement rivé au sol par une chaîne de pierre.

- Merde ! S'exclama Demyx. J'ai foiré...

Zexion secoua la tête en tirant sur la chaîne. Il dit quelques mots à son Combattant qui se retourna vers l'autre paire. C'était leur tour, et Axel était en alerte.

- Brume, annonça Demyx. Recouvre tout, dissimule à la vue et étouffe les sons !

Une épaisse nappe de brouillard s'étendit sur eux, et bientôt, les garçons n'y virent plus goutte. Blasé, Axel répondit, à haute et forte voix :

- Flammes, déchirez l'eau, évaporez-la et ramenez la clarté !

Des langues de feu mirent la brume en lambeaux. La voix de Demyx s'éleva alors, haute et claire, annonçant une nouvelle formule avec une assurance et un à-propos qui pouvaient laisser penser qu'il avait tout prévu.

- Rubans de vapeur, condensez-vous, resserrez-vous ! Restriction !

Les derniers voiles de brume se tordirent et se changèrent en longues bandelettes, qui n'eurent qu'à se rassembler pour emprisonner le torse et les bras de Roxas qui faillit perdre l'équilibre.

- Joli ! S'exclama-t-il. Un point partout !

Ça, c'était nouveau. Il n'avait jamais vu de restrictions semblables. Il connaissait les chaînes, les cordes, les menottes et les colliers, mais il n'avait encore jamais vu de bandes. Axel se tourna vers son Sacrifice à demi-momifié et lui lança un regard piteux. Roxas lui sourit.

- C'était très bien joué, il faudra qu'il t'explique, dit-il d'une voix légère. Allez, vas-y. C'est assez inconfortable.

Axel obéit et prépara sa nouvelle attaque.

Depuis le temps qu'ils s'entraînaient ensemble, ils avaient clairement pu établir les forces et les faiblesses de chacun. Zexion était un meilleur stratège que Roxas, mais ce dernier réagissait mieux et avec plus d'efficacité face à l'inattendu. Axel était de loin le plus puissant des deux Combattants, mais Demyx était plus rapide que lui. Leurs petites « séances » leur permettaient de développer leurs capacités sans avoir besoin de se rendre à l' « école », ce qui les arrangeait bien.

Le combat dura plusieurs minutes, et se solda par un match nul.

- Bon, ça suffit pour aujourd'hui, déclara Roxas, et les autres approuvèrent. Ils dissipèrent la zone de combat, et les restrictions disparurent avec elle, les rendant au monde « réel », en sueur et trempés. Ils s'éclipsèrent rapidement pour ne pas se faire remarquer, avant de se séparer pour regagner leurs pénates. Demyx était de meilleure humeur, maintenant que le combat était fini, et il s'éloigna avec Zexion d'une démarche presque sautillante.

- On va chez toi ? Demanda Roxas.

Axel hocha la tête. Roxas ne pouvait pas rentrer chez lui dans cet état-là. Il ferait sécher ses vêtements avant, comme à l'accoutumée. Les combats entre Useless dont l'élément de prédilection était l'eau, et Heartless qui manipulait plus volontiers le feu, se terminaient toujours dans une vapeur chaude digne d'un hammam.

Axel ouvrit la porte et la referma derrière Roxas qui fila vers la salle de bain. Le rituel était bien rôdé : Axel se séchait et se changeait dans sa chambre, Roxas dans la salle de bain, avant d'enfiler des vêtements (trop grands) prêtés par le jeune homme, et de mettre les siens à sécher sur un radiateur ou un dossier de chaise. Il entra donc dans le salon vêtu d'un T-shirt dont l'échancrure était si large qu'elle laissait voir ses clavicules. Il lui avait fallu retrousser plusieurs fois les manches pour pouvoir sortir ses doigts, ainsi que le bas du pantalon histoire de ne pas se prendre les pieds dedans.

Il avança dans la pièce, pieds nus sur la moquette épaisse à poils longs. Roxas serait venu chez Axel rien que pour ce tapis. Il ne s'asseyait jamais dans les fauteuils, il préférait de loin s'allonger par terre. Parce que le tapis était divinement confortable, et aussi parce qu'il sentait sur son corps le regard d'Axel. Un regard qui scrutait les lignes de sa silhouette sous les vêtements trop amples, ses hanches et ses jambes étendues... Un regard plus appuyé que de coutume, avide et pourtant respectueux. Il s'appliquait à faire mine de ne pas le voir. Il adoraitse sentir désiré par lui, et il faisait parfois carrément exprès de l'allumer en toute –fausse - innocence...

Brusquement, deux mains donnèrent une brusque poussée sur son épaule droite. Il bascula, surpris, ses jambes rencontrèrent un obstacle et il se vautra sans grâce sur le divan. L'instant d'après, Axel était là, qui tentait de saisir ses mains pour l'immobiliser tandis qu'il se débattait contre son Combattant pour échapper à ce qui allait arriver.

- Ah, non ! Axel ! Traître ! Judas !

Mais l'homme était plus grand et plus fort que lui, et il eut tôt fait d'emprisonner ses poignets dans sa main et de les lui maintenir fermement.

- Arrête-moi ça tout de suite ! C'est un - AAHAAAHHHAAHAHAHAHAHAHAHAH ! ARREEEEEEETE ! PITIEEEEEE !

Non, les côtes, c'était vraiment pas du jeu ! Et en plus, il ne pouvait même pas se défendre ! Se débattant comme un beau diable, les spasmes des chatouillis tordant son corps en tous sens, il parvint soudain à dégager une de ses mains. Il repoussa Axel de toutes ses forces. Ce dernier bascula sur le côté, s'agrippa aux habits de l'adolescent et tous deux tombèrent sur le tapis, sans dessus dessous.

Couché sur Axel qui rigolait doucement, Roxas tenta de reprendre son souffle. Ce ne fut que quand les bras de son Combattant se refermèrent sur lui qu'il réalisa dans quelle position pour le moins équivoque ils se trouvaient, et ses joues se colorèrent. Il se redressa en appuyant ses coudes sur le sol et croisa le regard du jeune homme qui se fit sérieux. Son cœur se serra. Il avait chaud... Très chaud.

- Axel... Je suis égoïste, et tu as raison. Je meurs d'envie de faire l'amour avec toi. J'ai envie que tu me fasses perdre mes oreilles, dit le blond, d'une voix éraillée par l'émotion.

Les yeux du Combattant s'écarquillèrent de surprise. Mais Roxas n'avait pas fini.

- J'ai juste peur de la réaction de mes parents. Tu vois... S'ils apprenaient... pour toi et moi... ils le prendraient vachement mal. Je n'ai que seize ans, et ils s'attendent sûrement à ce qu'un jour je leur présente une petite copine, et nous... Je ne veux pas d'obstacles entre nous.

Axel lui caressa les cheveux en lui souriant.

- Je pourrais t'attendre des années sans me lasser, lui murmura-t-il. Et il existe des prothèses artificielles... Aussi vraies que vrai. C'est un peu cher, mais je suis prêt à faire l'investissement si tu l'es également.

Ce fut au tour de Roxas d'avoir les yeux ronds. Il n'avait jamais pensé à ça, mais c'était exact. Il avait déjà vu des boutiques de ce genre, et même des catalogues...

Axel fit glisser ses mains le long de son dos, le caressant lentement, avant de tirer tout doucement sur le tissu et de les glisser sur sa peau.

C'était la première fois qu'il le touchait réellement. Il parcourut la chute de ses reins du bout des doigts, le faisant frémir et fermer les yeux, avant de poser ses mains à plat sur son dos et de parcourir ses épaules, ses omoplates, de faire glisser ses ongles le long de son échine. Roxas gémit doucement.

- Tu aimes ? Murmura Axel.

L'adolescent se mordit la lèvre et fit « oui » de la tête, sans oser rouvrir les yeux. Le Combattant amena ses mains sur ses hanches, le repoussa et l'allongea sur le sol. A nouveau, il posa une main sur sa peau - celle de son ventre cette fois-ci - et l'embrassa. Roxas ne se soucia pas de lui accorder sa « permission », pour une fois il emmêla ses mains à ses cheveux et l'embrassa passionnément. Axel gémit dans le baiser, surpris, et Roxas s'embrasa en l'entendant. Un instant, il éprouva l'envie dévorante de le repousser et de faire ça lui-même. Il avait vaguement conscience que cela aurait été davantage dans l'ordre des choses, mais il était trop bien, là... Il n'avait envie de rien d'autre que cela : se laisser aller complètement, se laisser dominer et aimer... Au fond, c'était aussi une forme de domination que de se laisser « servir » comme ça... Mais les lèvres d'Axel délaissèrent sa bouche pour son cou, le dévorant de baisers humides et brûlants, et Roxas oublia de réfléchir. Il oublia tout ce qui n'était pas Axel, ses mains et ses lèvres sur lui, et le feu qui brûlait dans tout son corps. Il murmura le nom de son Combattant quand celui-ci tira sur l'encolure de son vêtement et parcourut du bout de la langue une de ses clavicules.

- Oui, mon amour ? Demanda le jeune homme en se redressant pour regarder son visage. Son visage d'ange, ses yeux d'un bleu limpide... Sa peau était empourprée, son regard voilé par lé désir qui le possédait.

- Je t'aime.

Le Combattant sourit, ému. Le blond lui faisait rarement ce genre de déclarations.

- Je t'aime aussi, Roxas.

Il reprit son exploration tactile, parcourant le corps de son Sacrifice avec une avidité mesurée et une attention dévouée. Bientôt, le garçon posait ses mains sur les épaules de son Combattant, avant de les faire glisser sur son torse où elles s'arrêtèrent et cherchèrent les boutons. Il en défit un, hésitant, puis, comme le premier pas est toujours le plus difficile, la déboutonna entièrement, avant de la faire glisser des épaules d'Axel, qui se redressa un instant pour s'en débarrasser avant de revenir vers lui.

Ils restèrent longtemps ainsi, allongés sur le tapis, à s'embrasser et à se découvrir l'un l'autre. Roxas éprouvait un peu d'appréhension, mais il avait envie de continuer malgré tout...

- Axel..., appela-t-il d'une voix rauque.

Aussitôt, l'homme aux cheveux rouges s'immobilisa et leva la tête vers lui.

- Oui ?

- ... Déshabille-moi.

Le jeune homme vint s'accouder à côté de son Sacrifice et le regarda dans les yeux.

- Non, répondit-il simplement.

Roxas sursauta presque de surprise.

- Pourquoi ? Geignit-il.

Axel caressa son visage et embrassa ses lèvres avec douceur.

- Parce que tu n'es pas prêt.

- Mais je...

- C'est normal que là tu aies envie... Mais c'est trop tôt. Je ne veux pas gâcher ça en allant trop vite. Je ne veux pas que tu aies des regrets.

Roxas laissa échapper un long gémissement de frustration. Au fond, il savait qu'Axel avait raison. Mais...

- Mais on fait quoi maintenant ? Demanda-t-il d'un air déconfit.

Axel rit.

- Laisse-moi faire.

Et il l'embrassa, laissant sa main dériver à nouveau sur son corps, sauf que cette fois, ses caresses étaient plus osées, plus... précises. Son cœur s'emballa quand les doigts s'arrêtèrent sur la boucle de la ceinture qui fermait le pantalon trop long et se mirent à la défaire. Mais lorsqu'il se sentit soudain fermement encerclé par des doigts et une paume à la peau brûlante, il émit un léger cri qui s'étouffa entre les lèvres d'Axel. La main se mit à bouger, la bouche quitta la sienne pour qu'il puisse respirer plus facilement.

Se guidant au souffle erratique du blond, l'adulte accéléra le rythme. Soudain, Roxas se raidit et il le vit se mordre les lèvres pour retenir un nouveau gémissement, puis, enfin, il se détendit complètement. Il resta cloué au sol, son cœur cognant comme un fou dans sa poitrine, le souffle court. Axel l'embrassa et il ferma les yeux.

- Tu te sens mieux ? Chuchota le jeune homme.

- Mm... Oui. Mais et toi ?

- T'occupe, sourit Axel.

Il entreprit de tirer un peu sur les vêtements en désordre pour les rajuster, mais Roxas l'arrêta vivement.

- Attends, je...

- Tu n'auras qu'à passer par la salle de bain quand tu te lèveras, le coupa l'adulte. Je fais la lessive demain, de toute façon.

Roxas se laissa donc faire, avant de se blottir dans les bras de sa moitié. Il n'avait pas remis sa chemise, et sa peau sentait bon.

- Je t'aime, dit-il, le nez au creux de son épaule.

- Moi aussi, répondit Axel avant de laisser échapper un petit rire.

- Qu'est-ce qu'il y a ? S'étonna Roxas, qui ne voyait pas ce que la situation avait de comique.

- J'étais en train de me dire qu'on va profiter de notre prochain rendez-vous pour faire quelques boutiques...

Et pour appuyer ses paroles, il caressa avec douceur les oreilles dorées et veloutées. La longue queue s'agita, comme si Roxas avait été énervé. Les chats remuent la queue quand ils sont agacés. Mais pour le coup, Roxas se sentait plutôt chien : il en frémissait d'anticipation...

AKUROKU