Auteur : Ariani Lee

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé : Où Shakespeare est traité avec la dernière désinvolture, et où Mercutio déteste cordialement Juliette.

Traduction du titre : « Coup de pied dans la tête »

Auto-évaluation : **

Axel et Roxas en cent thèmes.

Kick in the head

- A-t-on jamais vu Mercutio haïr Juliette de la sorte ?

- Je serais tenté de te répondre par une autre question...

- Laquelle ?

- A-t-on jamais vu Roméo avoir à ce point les yeux à côté des trous ?

Kairi et Sora éclatèrent de rire, s'attirant un regard mauvais de ceux qui étaient sur scène.

- On essaye de répéter ! S'exclama Riku, l'air contrarié. Il portait un costume d'époque et une rapière à la main.

- Pardon, pardon, Tybalt ! Répondit Sora.

Le garçon aux cheveux argentés haussa les épaules et se retourna vers son adversaire fictif du moment, Demyx. Ou plutôt Benvolio, dans la pièce. Qui tenait son épée avec une assurance tout sauf certaine.

- Tourne-toi, Benvolio, et contemple ta mort ! Assena-t-il.

Mais avant que ledit Benvolio n'ait pu répliquer, un grand fracas retentit dans les coulisses, les interrompant à nouveau. Riku se pinça l'arête du nez, exaspéré. Une tête passa entre les rideaux. C'était Naminé, l'air penaud.

- Désolée, on essaye de monter le balcon mais...

Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Le jeune homme avait jeté sa rapière sur le sol, l'air exaspéré, et quittait la scène d'un pas vif.

- Quel sale caractère, gloussa Kairi.

- Il n'a pas beaucoup d'efforts à faire pour jouer Tybalt ! Constata Axel depuis les coulisses.

- Retourne apprendre ton monologue, toi ! Quand tu seras capable d'aligner deux strophes sans te planter, tu pourras me critiquer tout ton soûl, contre-attaqua la voix de Riku.

- On ne va jamais y arriver...

Ça, c'était Roxas, qui remontait l'allée entre les sièges. Tous se tournèrent vers lui.

- Mais si, protesta Sora. Il suffit que Demyx apprenne à tenir une épée autrement que comme un cure-dents...

- Oh, ça va, hein !

- Je plaisante, Dem'...

Roxas vint s'asseoir à côté de son frère.

- Est-ce que je suis le seul à prendre ce spectacle au sérieux ?

- Mais noooon !

Et Axel sortit des coulisses. Lui aussi portait un costume, agrémenté d'un jabot de dentelle et d'une rapière au côté. Il s'arrêta au centre de la scène, se mit face au public (trois personnes, donc) et fit un clin d'œil à Roxas.

- Hé, Riku, t'éloignes pas trop, je sens que je vais m'en donner à cœur joie !

Une exclamation méprisante sortit des coulisses, mais Roxas s'éclaira.

- Tu le connais ?

- Ouais, j'ai terminé hier... A toi l'entame.

Roxas acquiesça, s'éclaircit la voix avant de réciter :

- En allant à cette mascarade, nous avons bonne intention, mais il y a peu d'esprit à y aller.

- Peut-on demander pourquoi ? Répondit Axel.
- J'ai fait un rêve cette nuit.
- Et moi aussi.
- Eh bien ! Qu'avez-vous rêvé ?
- Que souvent les rêveurs sont mis dedans !
- Oui, dans le lit où, tout en dormant, ils rêvent la vérité.
- Oh ! Je vois bien, la reine Mab vous a fait visite.

Axel se tourna vers les coulisses en envoya à Riku un regard narquois, avant de se mettre à déclamer, sans hésitation :

- Elle est la fée accoucheuse et elle arrive, pas plus grande qu'une agate à l'index d'un alderman, traînée par un attelage de petits atomes à travers les nez des hommes qui gisent endormis. Les rayons des roues de son char sont faits de longues pattes de faucheux la capote, d'ailes de sauterelles les rênes, de la plus fine toile d'araignée les harnais, d'humides rayons de lune. Son fouet, fait d'un os de griffon, a pour corde un fil de la Vierge. Son cocher est un petit cousin en livrée grise, moins gros de moitié qu'une petite bête ronde tirée avec une épingle du doigt paresseux d'une servante. Son chariot est une noisette, vide, taillée par le menuisier écureuil ou par le vieux ciron, carrossier immémorial des fées. C'est dans cet apparat qu'elle galope de nuit en nuit à travers les cerveaux des amants qui alors rêvent d'amour sur les genoux des courtisans qui rêvent aussitôt de courtoisies, sur les doigts des gens de loi qui aussitôt rêvent d'honoraires, sur les lèvres des dames qui rêvent de baisers aussitôt ! Ces lèvres, Mab les crible souvent d'ampoules, irritée de ce que leur haleine est gâtée par quelque pommade. Tantôt elle galope sur le nez d'un solliciteur, et vite il rêve qu'il flaire une place tantôt elle vient avec la queue d'un cochon de la dîme chatouiller la narine d'un curé endormi, et vite il rêve d'un autre bénéfice tantôt elle passe sur le cou d'un soldat, et alors il rêve de gorges ennemies coupées, de brèches, d'embuscades, de lames espagnoles, de rasades profondes de cinq brasses, et puis de tambours battant à son oreille sur quoi il tressaille, s'éveille, et, ainsi alarmé, jure une prière ou deux, et se rendort. C'est cette même Mab qui, la nuit, tresse la crinière des chevaux et dans les poils emmêlés durcit ces nœuds magiques qu'on ne peut débrouiller sans encourir malheur. C'est la stryge qui, quand les filles sont couchées sur le dos, les étreint et les habitue à porter leur charge pour en faire des femmes à solide carrure. C'est elle...

Il criait presque, le regard enflammé. Il ne se contentait pas de déclamer, en fait, il jouait tout à fait. Roxas le suivait, une légère angoisse dans la voix.

- Paix, paix, Mercutio, paix. Tu nous parles de riens !

- En effet, je parle des rêves, ces enfants d'un cerveau en délire, que peut seule engendrer l'hallucination, aussi insubstantielle que l'air, et plus variable que le vent qui caresse en ce moment le sein glacé du nord, et qui, tout à l'heure, s'échappant dans une bouffée de colère, va se tourner vers le midi encore humide de rosée !

- Ce vent dont vous parlez nous emporte hors de nous-mêmes, intervint Demyx d'un air contrarié (mais au fond, il était content que quelque chose se passe bien, pour une fois), le souper est fini et nous arriverons trop tard.

Axel éclata de rire.

- Tu disais, Tybalt ?

- Mon seul regret est de ne pas pouvoir te passer une VRAIE épée au travers du corps, Mercutio.

L'homme tira la langue, mutin.

A&R

- Ben t'es en avance ! S'exclama Sora en entrant dans la salle.

Debout au milieu de la scène, Roxas lisait son texte, l'air pensif. Il releva la tête vers son frère et le regarda remonter l'allée.

- T'as l'air songeur. Quelle est cette tristesse qui allonge les heures de Roméo ? Le taquina le brun.

- Tu piques le texte de Demyx, là, sourit Roxas. J'étais en train de lire le monologue de Mercutio. J'étais impressionné, hier, quand Axel l'a récité d'une seule traite.

- Ouais. Des fois, il est impressionnant, j'avoue.

Prenant appui sur ses deux mains, il se hissa sur la scène.

- Les autres ne vont pas tarder, on va se changer, Roméo ?

- Oui, chef.

Sora, qui tenait le rôle de Pâris dans la pièce, faisait également office de metteur en scène. Il entreprit de maquiller le visage de son frère afin de le vieillir un peu.

- A quoi tu pense ? Demanda-t-il soudain.

Les prunelles bleues perdirent l'air vague qu'elles avaient pris et se fixèrent sur celles de Sora.

- A rien. Et toi ?

- Moi ? Je me demandais...

Sora hésita un instant. Il se savait sur le point de mettre son nez dans une histoire qui ne le regardait pas, mais il fallait qu'il le fasse. D'une façon... plus ou moins détournée.

- Ça fait combien de temps qu'on connaît Axel ? Dit-il en prenant un air innocent. Le blond réfléchit un instant avant de répondre.

- Cinq ans, puisqu'il en avait quinze quand tu l'as rencontré.

Sora acquiesça. C'était amusant de penser qu'au fond c'était vrai : c'est lui qui avait connu Axel le premier.

- Et, euh... tu le considères comment ? Avança prudemment le brun en déposant son pinceau. Roxas secoua la tête pour remettre ses cheveux en place.

- C'est mon meilleur ami. Mais pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?

Sora se mit à se balancer d'un pied sur l'autre, embarrassé. Il aurait mieux fait de se taire.

- Ben... C'est juste que... vous vous entendez vraiment bien... Et puis... Enfin, je me demandais si vous n'étiez pas... Tu vois, quoi... Pas juste amis... Axel et toi...

Roxas haussa les sourcils jusqu'à ce qu'ils disparaissent sous sa frange.

- Tu t'es cogné ou quoi ? S'il t'entendait... Bien sûr qu'on est juste amis. On est des mecs, au cas où tu n'aurais pas remarqué ?

- Et alors ? Tu le prendrais mal si je te disais que moi et Riku...

- Toi et Riku ?

- Non ! Bien sûr que non ! C'est qu'un exemple ! Mais j'ai vraiment parfois l'impression qu'il y a quelque chose entre vous...

- Sora, non ! On est amis ! Amis comme dans pote, copain, tu vois ? Et pas... Enfin, où est-ce que tu veux en venir ?

- Nulle part, nulle part. Je me demandais, je me suis trompé et puis voilà, ah ah ah ...

Roxas regarda son frère comme s'il avait totalement et irrémédiablement perdu l'esprit.

- Je me fais du souci pour toi, Sora...

- Mais non, mais non !

A&R

- Bon, c'est tout pour aujourd'hui, annonça Sora.

La « troupe » laissa échapper un soupir de soulagement. La date de la première approchait - plus que deux semaines. Le travail avançait bien, mais tous commençaient à être un peu tendus.

- Mercredi, on fera le filage, vendredi, répétition générale. Il faut que la dernière semaine, on répète sans accroc et qu'on fignole tout ça. Vous avez bien bossé.

- Qui est de corvée aujourd'hui ? Demanda Demyx en s'étirant.

- C'est moi, répondit Roxas. Vous pouvez y aller, je m'en occupe.

Ils ne se le firent pas dire deux fois. Ils regagnèrent tous les loges pour se changer.

- Je te donne un coup de main ? Proposa Axel à Roxas pendant qu'ils se débarrassaient de leurs costumes.

- Ça ne te dérange pas, tu es sûr ? Demanda le blond en enfilant son T-shirt.

- Je n'ai rien à faire ce soir.

L'adolescent sourit.

- Alors oui, ce n'est pas de refus.

A&R

- Axel, il se passe quelque chose entre toi et Sora ?

Le jeune homme s'arrêta de balayer et leva la tête vers son ami.

- C'est pour ça que tu dis rien depuis tout à l'heure ? Pourquoi on se serait disputés ?

Roxas secoua la tête en sortant des coulisses où il était resté jusque là.

- Non, tu comprends pas... Pas ce genre de quelque chose.

- Je suis perplexe. Quel genre de quelque chose alors ?

- Ben le genre... intime.

Roxas s'empourpra et Axel lâcha son balai qui tomba en claquant sur le plancher.

- De quoi ? Enfin, mais non ! Qu'est-ce qui t'a mis une telle idée dans la tête ? T'as pété un câble ou quoi ?

Roxas faillit rire devant la véhémence de son ami.

- C'est juste que tout à l'heure... Enfin, je sais pas ce qu'il avait. Il est venu me demander... Comment dire... C'était bizarre. On aurait dit qu'il cherchait absolument à me faire dire qu'il y avait quelque chose entre toi et moi.

- Et il y a quelque chose entre toi et moi ? Demanda Axel avec un sourire en coin, tandis qu'il se penchait pour ramasser son balai.

- Mais non ! Qu'est-ce que vous avez tous, aujourd'hui ? Se récria le blond, faisant rire son ami.

- Oh, rien, c'est juste trop drôle de te voir te mettre dans tous tes états. Je ne sais pas quelle mouche a piqué ton frère, mais il n'y a rien entre lui et moi. Va comprendre ce qui se passe dans sa petite caboche...

Roxas haussa les épaules.

- Il me fait devenir chèvre.

A&R

- La peste soit de vos deux maisons ! Cria Axel.

Il était effondré par terre, sa tête posée sur les genoux de Demyx.

- ... Moi, un homme, être égratigné à mort par un chien, un rat, une souris, un chat ! Par un fier-à-bras, un gueux, un maroufle qui ne se bat que par règle d'arithmétique ! Pourquoi diable t'es-tu mis entre nous ? J'ai reçu le coup par-dessous ton bras.
- J'ai cru faire pour le mieux, répondit Roxas d'une voix étranglée, penché sur l'homme à terre.

- La Peste... La peste soit de vos deux maisons... Exhala le jeune homme, avant de fermer les yeux et de relâcher complètement ses muscles. Sa tête bascula sur le côté, mollement, et ne bougea plus. Demyx prit un air horrifié en regardant son visage flasque, et Roxas se mit à pleurer.

- Non ! Cria-t-il. Non, Non ! Noooooooon ! Mercutio !

Il étreignit le corps inerte avant de se relever, son visage exprimant un désespoir déchirant. Demyx le regarda, interrogatif, se précipiter sur Riku, qui avait assisté à toute la scène, l'air hébété.

L'expression du visage de Roxas était effrayante. Riku se surprit à avoir vraiment la trouille. Le blond lui passa l'épée factice au travers du corps. Le garçon aux cheveux argentés s'écroula, et les Montaigu s'enfuirent, abandonnant derrière eux les deux « cadavres ». Des applaudissements retentirent dans la première rangée de sièges.

- Parfait, parfait ! Dit Sora. Vous êtes parfaitement au point !

Axel et Riku se relevèrent.

- Roxas, tu fais peur quand tu joues ! S'exclama Riku en époussetant sa veste.

Le blond ressortit des coulisses, son visage encore un peu congestionné.

- Je suis convaincant ?

- Très ! J'y réfléchirais à deux fois si l'envie me prenait de buter Axel.

Ledit Axel s'éclipsa en coulisses sans un mot, et Roxas laissa échapper un petit rire.

- Bon, la nuit de noces de Roméo et Juliette, maintenant. On installe le décor. Roxas, Naminé, c'est à vous, annonça Sora.

Naminé entra sur scène. Elle portait une longue chemise de nuit blanche, vaporeuse et couverte de dentelle. Roxas siffla, admiratif, et elle gloussa, les joues roses. Riku se renfrogna et partit en coulisses. Il y trouva Axel, adossé contre un mur, les bras croisés, l'air sombre.

- Arrête un peu de faire la gueule, lui dit-il.

- Va te faire foutre, Riku, répliqua le roux sans le regarder.

L'argenté soupira et se pinça l'arête du nez entre le pouce et l'index, ce qui chez lui était signe d'exaspération profonde.

- T'as vraiment pas l'air dans ton assiette.

- Je sais.

- Et tu sais aussi que ça tiendra du miracle s'ils ne se mettent pas à sortir ensemble d'ici la première. Tu comptes continuer longtemps à rester à ses côtés et à le regarder sans jamais rien lui dire ?

Axel releva la tête et le foudroya du regard.

- Il y en a peu d'aussi mal placés que toi pour me faire cette remarque. Tu fais exactement pareil avec Sora, et depuis plus longtemps que moi.

Riku eut un sourire narquois et préleva un objet sur l'étagère à côté de lui. Il le lança à Axel, qui le remarqua trop tard et ne le rattrapa pas. L'objet tomba à se pieds avec un bruit sourd. Il baissa les yeux pour regarder ce que c'était, et vit une réplique en résine d'un crâne humain.

- C'est là toute la question : « être ou ne pas être », cita Riku. Moi, j'y ai déjà répondu.

L'argenté s'en alla vers la salle, et Axel resta seul avec la tête, qui semblait lui faire la grimace, avec ses orbites vides et ses rangées de dents parfaites exhibées. Il finit par shooter dedans et elle alla ricocher contre le mur d'en face.

- Va te faire foutre, Shakespeare, marmonna-t-il.

AKUROKU