Auteur : Ariani Lee
Série : Kingdom Hearts
Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))
Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !
Résumé : Où Roxas dort du sommeil du juste, et où Demyx nous montre une nouvelle fois à quel point il est simplet.
Traduction du titre : « Conte de fées »
Auto-évaluation : ***
Axel et Roxas en cent thèmes.
Fairytale
La salle de réunion n'était plus si impressionnante depuis que la moitié des membres de l'Organisation avait disparu au manoir Oblivion. Les meetings hebdomadaires étaient clairsemés, à présent, et Saïx (ce qui revenait à dire Xemnas) était encore plus à cheval qu'avant sur la présence et la ponctualité. Même Demyx, dont la désinvolture proche du je-m'en-foutisme était proverbiale, était toujours présent, et avec cinq minutes d'avance. Le Numéro VII devait en être satisfait - On ne pouvait que le supposer, puisqu'il ne décrochait
jamais un sourire, et limitait toujours sa conversation au strict nécessaire - à savoir : « Voici tes ordres de missions » et « Pars dès que tu seras prêt. ».
Le très honorable Devin Lunaire prenait donc les présences d'un air féroce, et une veine palpita sur son front lorsque son regard se posa sur un siège vide (jusque là rien d'étonnant), mais qui jusque là, sauf exception de mission - et il était bien placé pour savoir ce qu'il en était puisque c'était lui qui les donnait, les missions - avait toujours été occupé (aïe).
- Où est Roxas ? Demanda Xemnas.
Comme quoi Saïx n'était pas le seul à avoir remarqué l'absence du Numéro XIII, mais ça n'avait rien d'étonnant : Roxas était toujours à l'heure.
Echange de regards et de murmures. Personne ne l'avait vu ce matin, ni à table, ni dans les couloirs. Tout naturellement, les têtes se tournèrent vers Axel qui haussa les épaules.
- Il m'évite, je ne suis au courant de rien.
- Comme c'est affligeant, commenta le Numéro VII de sa voix monocorde. La Rafale des Flammes Dansantes lui lança un regard noir qu'il ignora avec dédain.
Axel pensait parfois qu'il était étonnant que la perte de son cœur ne l'ait pas empêché de s'attacher à Roxas alors que, de l'amitié qui unissait naguère Lea et Isa, il ne restait rien. Les seules choses qui en témoignaient encore étaient la familiarité (parfois grossière) avec laquelle Axel était le seul à oser de comporter vis-à-vis de l'ombrageux Numéro VII, et l'espèce de possessivité encombrante dont ce dernier faisait souvent preuve à son égard, et qu'il trouvait passablement énervante.
Roxas, de fait, refusait de lui adresser la parole depuis qu'il avait ramené Xion de force à la Citadelle.
- Va le chercher, Numéro VIII, ordonna le Supérieur.
Axel grinça des dents, peu disposé à forcer la Clé du Destin à venir. Parce que s'il n'était pas là, c'était qu'il l'avait décidé. Roxas, ce n'était pas le genre à oublier ou avoir des pannes d'oreiller, et cela même s'il venait d'avoir une semaine plus qu'éprouvante, il fallait l'admettre.
Quoi qu'il en fût, il ne voulait pas contraindre le Numéro XIII à lui parler s'il ne le souhaitait pas. C'était la première fois depuis qu'ils se connaissaient que Roxas était fâché contre lui et il ne savait pas comment réagir. Mais il n'avait pas le choix, là, l'ordre venait de Xemnas. Saïx, il l'aurait envoyé se faire voir au Colisée de l'Olympe, mais le Supérieur, c'était une autre paire de manches.
Résigné, il frappa à la porte de la chambre et attendit. Personne ne répondait, il n'était peut-être pas là... Il frappa à nouveau.
Cinq minutes plus tard, il commençait vraiment à croire qu'il n'y avait personne. Mais où était-il, alors ? Parti sans prévenir personne ? Non. Roxas savait être une vraie teigne quand il le voulait, mais il ne désobéissait pas aux ordres. Certainement pas assez pour déserter... Axel pâlit.
- Roxas !
Il entra brusquement dans la chambre. C'était si bête, cette dispute... Il n'avait quand même pas...
Axel tomba en arrêt devant la scène qu'il découvrit de l'autre côté de la porte. Pas de lettre d'adieu sur le lit de Roxas, mais bien Roxas lui-même, profondément endormi. Il n'avait même pas remué à son entrée, pourtant peu discrète. Il était couché sur le dos, un léger ronflement s'échappant de sa bouche entrouverte. Le Numéro VIII retint un rire. Toutes ces prises de têtes, et c'était bien une panne d'oreiller finalement.
- Ah lala, Rox, soupira Axel, amusé. Tu m'en vois désolé, mais je peux pas te laisser dormir. Pauvre chou, pensa le maître des flammes en le secouant gentiment. Obligé de se lever pour aller à une réunion, déjà c'était naze, mais en plus, Saïx allait être encore plus désagréable que d'habitude. …
- Réveille-toi, Roxas, t'es à la bourre. Allez, debout !
Il le secoua plus fort, sans résultat. Qu'il avait le sommeil lourd ! Même quand il le saisit par le devant de son pyjama et le tira vers lui, il n'ouvrit pas les yeux. Sa tête se renversa simplement en arrière et il ronfla plus fort. Axel le secoua vigoureusement et la tête blonde se mit à balloter en tous sens. Le premier bouton de la chemise en flanelle sauta, mais rien à faire.
- Mais enfin, personne n'a le sommeil aussi lourd ! Roxas ! Roxas, c'est pas drôle, arrête !
A nouveau, le blond ronfla plus fort et Axel commença à se sentir vexé.
- En plus, quand tu ronfles, j'ai l'impression que tu te payes ma fiole... T'as chopé la mononucléose ou quoi ? Merde, Roxas, tu déconnes, là. Qu'est-ce que je vais leur dire, moi ? Que tu rattrapes tes heures de sommeil en retard ?
En désespoir de cause, il laissa là le Numéro XIII toujours profondément endormi et retourna à la salle de réunion.
- Il quoi ?
- Il dort ! D,O,R,T ! C'est quel mot que tu comprends pas ? T'as perdu ton cerveau en même temps que ton cœur, Isa ?
- Assez, Axel.
La voix du Supérieur, malgré le calme olympien dont il ne se départissait jamais, tomba comme un couperet, et les deux Similis se turent. Ils continuèrent à se foudroyer du regard en silence. Axel était furax. Ce n'était pas nouveau, l'attitude de Saïx vis-à-vis de Roxas l'excédait.
Dès qu'il s'agissait de lui, il devenait encore plus hautain, sec et dédaigneux que d'habitude, ce qui n'était pas peu dire. Après un dernier regard noir au Numéro VIII (message : « Si t'as un problème avec Roxas on va régler ça dehors quand tu veux. »), il se détourna et baissa la tête.
Il y eut un long moment de silence, puis Demyx, qui prononçait en moyenne deux mots par tranche de dix meetings, leva la main pour demander la parole, comme un gosse à l'école.
- Numéro IX, dit Xemnas.
Parce que lui aussi, quand il s'agissait de parler d'autre chose que de Kingdom Hearts ou de domination des mondes, avait un vocabulaire franchement limité.
- Monsieur, j'ai une idée, Monsieur.
Xigbar ricana, mais le Supérieur se contenta de lui faire signe de poursuivre.
- Roxas ne se réveille plus ? Demanda le maître de l'eau à son homologue du feu qui acquiesça.
- La seule chose que je n'ai pas essayée, c'est le coup de seau d'eau dans la gueule.
Demyx se leva. Ou plutôt, il se téléporta de son siège jusqu'au sol. Parce qu'avec sa présence assidue aux réunions et son avance systématique, s'il s'était contenté de se lever, il se serait cassé une jambe, sinon les deux. Voir la nuque.
- Allons dans sa chambre, déclara-t-il.
Et il se mit en route. Tous le suivirent sans poser de questions, surpris par ce soudain accès d' « intelligence » chez la Mélopée Nocturne mais point inquiets : chez lui, ça ne durait jamais. Axel, lui, mâchait sa langue. Il n'avait pas envie de voir tout ce monde dans la chambre de Roxas alors que celui-ci dormait, et pas la peine d'être médium pour deviner que Roxas lui-même n'aurait pas apprécié...
Le blond n'avait pas bougé d'un pouce. Il ronflotait doucement, les vêtements et les couvertures en désordre. Demyx s'approcha et le regarda de près.
- C'est quoi exactement, ton idée ? S'enquit Axel, suspicieux.
- Pour réveiller une beauté endormie, il faut le baiser d'un prince charmant, répondit Demyx, très sérieux.
Un ange passa. Consterné, l'ange.
- C'est une blague ? Demanda Xaldin.
- Non, répondit Demyx, candide.
- Et où t'as appris ça ? Questionna Xigbar, qui se retenait de rire.
- Dans l'histoire de la belle au bois dormant.
Axel remarqua que Saïx écrivait quelque chose sur un bloc-notes et lut par-dessus son épaule :
Note pour plus tard : évacuer toutes les affaires de Marluxia de la Citadelle, en commençant par sa collection de DVD sur l'Histoire des Mondes.
- Mais d'abord, faut vérifier qu'il n'a pas un morceau de pomme empoisonnée coincé dans la gorge, c'est possible aussi.
Tandis que Demyx, avec douceur, palpait le cou de l'Elu de la Keyblade et remuait précautionneusement sa tête pour s'assurer que sa gorge n'était pas encombrée, Axel braquait sur lui un regard brûlant et Saïx ajoutait sur sa feuille le mot : « URGENT », entouré trois fois.
- Ce n'est pas une pomme empoisonnée, annonça Demyx.
- Sans blague ? Demanda l'Archer.
Axel ouvrit la bouche pour protester, mais trop tard. Le Numéro IX, qui avait déjà pris place au bord du lit pour « ausculter la beauté endormie » (il voudrait mieux pour lui que ça n'arrive jamais aux oreilles de Roxas...), s'était penché et l'embrassait sur la bouche avec application (Et ça aussi d'ailleurs).
- Fait chaud, non ? Remarqua Luxord et s'éventant de la main.
Saïx jeta un regard venimeux à Axel, et à l'air trouble autour de lui.
Demyx se redressa, échappant de peu et de façon parfaitement inconsciente à une mort rapide. Y avait des limites à la connerie, quand même... Roxas dormait toujours comme un bébé.
- Ah ben zut, c'était pas ça, remarqua-t-il.
- Ouais, ou peut-être que t'es pas charmant ? Théorisa le Numéro II.
- Hé ! Protesta la Mélopée Nocturne. Tu crois que tu peux faire mieux, peut-être ?
- Ouais.
- N'importe quoi...
- J'te le prouve quand tu veux !
Avec un grand sourire, Xigbar fit deux pas vers le lit et se retrouva face à face avec un chakram, à deux centimètres du bout de son nez.
- Non, dit Axel.
- Rooooh, fit Xigbar, t'es d'un rabat-joie...
- Je me fous de tes avis, et je te laisserai pas l'embrasser.
- Et pourquoi ?
- Parce que quand tu l'auras fait et que ça n'aura pas marché, Luxord pariera qu'il y arrive, puis Xaldin s'y mettra aussi parce que tu ne manqueras pas de le provoquer. Après, Demyx décrétera que ça ne marche pas parce qu'il faut une princesse charmante et vous irez emmerder Xion avec ça. Si Roxas se réveille et que les deux tiers de l'Organisation lui a roulé des pelles dans son sommeil, il va pas être jouasse.
Et il m'en voudra à mort d'avoir laissé faire.
- T'es chiant, je parie que tu dis ça parce que tu sais que si t'essayes ça marchera pas !
- ... Je vais même pas répondre à ça. De toute façon, le prochain qui essaye de s'approcher de lui, je fous le feu à ses cheveux.
Argument de poids s'il en était. Préoccupés de la survie, qui de son joli mohawk, qui de ses belles dreadlocks ou de ses soyeuses mèches argentées, tous sortirent de la chambre, laissant Axel seul avec la « belle au bois dormant ». Qui dormait toujours comme une souche.
- Bande de tarés, marmonna le Numéro VIII en retournant vers le lit. Je parie que t'es juste claqué. Tu récupères, mon pauvre...
Il rajusta le haut défait de son pyjama qui bâillait largement à cause du bouton qu'il avait arraché par mégarde, et remonta la couverture sous son menton.
- Hé, faudra pas trop en vouloir à Demyx. Tu sais bien que c'est pas une flèche, mais c'est pas sa faute hein...
Silence. Axel s'assit et s'adossa contre le lit.
- Tu sais, je suis désolé pour Xion. Mais tu devrais comprendre que j'avais pas le choix. Si on l'avait pas ramenée, Saïx nous aurait sans doute ordonné de l'éliminer... Et puis elle te menaçait, elle avait l'air prête à se battre avec toi, alors j'ai préféré le faire moi-même... Tu comprends ?
Roxas émit un gémissement doux dans son sommeil.
- Mouais. Je pourrais aussi bien parler à la porte... Mais quand tu seras réveillé, tu me regarderas de nouveau avec ces yeux glacés et je saurai de nouveau plus quoi...
Il fut interrompu par des coups frappés à la porte. Soupirant, il se leva et alla ouvrir. C'était Saïx, l'air aimable comme une porte de prison, comme toujours.
- Tu pars avec Luxord au Pays Imaginaire, il te donnera les détails, dit-il.
- Tu fais chier...
- Ton vocabulaire.
- Va te faire foutre.
- A quoi est-ce que tu penses, Axel ? Tu es un Simili, tu n'as ni cœur, ni sentiments. Toi et Roxas, vous n'être pas amis. Ton seul ami, ici, c'est moi.
Axel écarquilla les yeux. Est-ce que c'était ça, la raison du comportement du Devin Lunaire à l'égard de Roxas ? La jalousie ?
- Lea et Isa étaient peut-être amis, Saïx. Ça ne veut pas dire que nous le sommes. Tu as trop changé pour ça.
Le visage du Numéro VII était fermé, comme toujours. Il aurait été impossible de déterminer si les paroles d'Axel l'avaient touché, et de toute manière, il n'en avait rien à faire.
- Je pars dans cinq minutes.
Et Axel ferma la porte au nez de son supérieur. Il revint vers le lit et passa une main dans les cheveux de Roxas, relevant sa frange, et déposa un baiser sur son front. A nouveau, le Numéro XIII fit un bruit doux et inintelligible.
- Tu es mon ami, mon meilleur ami. Peu importe ce qu'il en pense...
Puis, il se redressa et quitta la pièce.
Lorsqu'il eut refermé la porte derrière lui, Roxas ouvrit les yeux, somnolent...
AKUROKU
