Auteur : Ariani Lee
Série : Kingdom Hearts
Pairing : AkuRoku
Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionné ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !
Traduction du titre : « Abandonné »
Résumé : AU. Où deux frères, chacun délaissé par son jumeau, finissent par trouver du réconfort l'un près de l'autre.
Auto-évaluation : ***
Note de l'auteur : Je suis en plein milieu d'un déménagement et je ne récupérerai le net que le 5 mars au plus tôt, mais je devrais pouvoir continuer à publier régulièrement. Si je n'y arrive pas, vous aurez les arriérés, promis : ).
Axel et Roxas en cent thèmes.
Abandonned
Roxas crevait de jalousie. Il se sentait minable, plus bas que terre, mais c'était plus fort que lui.
Sora était son frère, son jumeau. Théoriquement, ils étaient seuls au monde, l'un pour l'autre. C'était une véritable trahison.
Quel sale type je fais. Quel frère lamentable. Je devrais être heureux pour lui, et au lieu de ça...
Il serra les poings sous la table. Il s'auto-flagellait mentalement, s'attribuant avec une joie malsaine les pires noms d'oiseaux. Il avait envie de se rabaisser encore davantage, en dessous de tout, de s'humilier de la façon la plus abjecte possible, de toucher le fond pour pouvoir se sentir mieux après. Rien n'y faisait. Il ne pouvait s'empêcher de souhaiter mille morts à... Au mec qui lui volait son frère. Ils se connaissaient depuis des années mais il ne pouvait même plus le désigner par son prénom. Il le haïssait à présent. Du fond du cœur.
Son regard vola malgré lui vers la piste de danse baignée d'une lumière tamisée. Des couples enlacés y évoluaient sur le rythme de la musique langoureuse. Il le repéra tout de suite. C'était normal, après tout. Ils avaient cette espèce de sixième sens propre à la gémellité. C'était peut-être même ça qui le déchirait si sauvagement. Il était là, les yeux fermés avec ravissement, blotti dans le bras de... Dans ses bras, à lui. Qui lui murmurait manifestement des choses à l'oreille. Des choses qui lui faisaient plaisir, à en juger par ses sourires béats. Des choses qui le rendaient heureux. Sa colère empira encore à cette pensée, et ses ongles s'enfoncèrent dans la chair de ses paumes - ces derniers temps, ça arrivait souvent. A chaque fois qu'il prenait sur lui pour ne pas se ruer sur l'autre pour lui casser sa belle petite gueule. Ah, le jeter à terre et frapper, frapper encore et encore. Cogner jusqu'à ce qu'il ne sente plus ses phalanges, jusqu'à le visage soit si abîmé qu'on n'y puisse plus distinguer les grands yeux cyans, lui exploser les dents, que plus jamais il ne puisse sourire. Le noyer dans son propre sang, souiller d'écarlate ses jolis cheveux argentés, que jamais plus ils ne puissent briller dans la lumière, et y baigner ses mains pour laver la douleur qu'il lui infligeait.
Personne d'autre n'avait le droit de le rendre heureux.
Il avait conscience de l'absurdité de ses pensées, conscience aussi que les explosions de violence qu'il contenait n'étaient pas normales. Mais ça ne changeait strictement rien. Les sourires de Sora blessaient son cœur comme des flèches empoisonnées. Une voix lui parvint soudain - une voix moqueuse qu'il connaissait bien.
- Tu vas finir par t'user les yeux à les fixer comme ça.
Un jeune homme s'assit sur la banquette en face de lui. Il avait de longs cheveux rouges rassemblés en un catogan qui ondulait le long de son dos, une paire de lunettes noires relevées sur la tête et deux tatouages rouges comme des coupures fraîches et horizontales sur les pommettes. Roxas tâcha de se détendre un peu.
- Salut, Reno, articula-t-il. Comment ça va ?
- Bien. Mieux que toi, manifestement.
Roxas serra les mâchoires. Il se méprisait férocement, mais il ne voulait pas que les autres sachent ce qu'il ressentait. Et Reno faisait partie des gens très bien placés pour le comprendre, puisque lui-même avait un jumeau.
- Ton frère n'est pas là ? Demanda-t-il pour faire la conversation.
- Si, il arrive. Il était parti chercher à boire.
Un silence. Le blond s'efforçait de regarder partout sauf en direction de son frère et de son... de lui.
- T'as pas l'air dans ton assiette, vieux, dit une autre voix familière. Deux verres furent posés sur la table et la place à côté de lui sur la banquette fut occupée par un autre homme aux cheveux rouges qui présentait une ressemblance troublante avec Reno. En dehors de ses yeux très verts au lieu d'être bleus, des tatouages de motifs et de couleur différents mais situés au même endroit et des cheveux coiffés différemment, hérissés en une crinière épaisse.
- 'Soir, Axel, se renfrogna Roxas.
Entre ces deux-là, il était mal parti. Par chance, les deux frères semblèrent ne pas faire trop attention à lui et ne s'attendaient apparemment pas à ce qu'il fasse les frais de la conversation. Mais après un quart d'heure, la copine de Reno arriva et ils s'en allèrent danser. Le silence retomba. Malgré ses efforts pour ne pas les regarder, il ne pouvait s'empêcher de jeter de rapides coups d'œil dans leur direction. Lorsqu'il baissa discrètement les yeux sur les paumes de ses mains qui saignaient un petit peu, il sentit toute sa colère le quitter, remplacée par un sentiment de total abattement, une ineffable tristesse. C'était toujours la même chose. D'abord, il était fou furieux, puis terriblement déprimé. Il sentit des larmes lui mouiller les yeux. Il tenta vaillamment de les garder grands ouverts pour qu'elles ne coulent pas.
Une main réconfortante se posa sur son épaule. Il n'osa pas se tourner vers Axel, de peur qu'il ne se rende compte qu'il était sur le point de se mettre à pleurer.
- Je sais ce que tu ressens, lui dit son aîné. Moi aussi, quand il a commencé à sortir avec Helena, je me suis senti terriblement mal. Je l'aurais bien tuée.
Surpris, il le regarda. Le regard du roux était tourné vers la piste et vers son jumeau qui dansait avec la jolie blonde.
- Je la détestais de toutes mes forces.
Les larmes roulaient à présent librement sur les joues de l'adolescent.
- Combien de temps ça t'a pris pour... Pour t'habituer ?
Axel sembla réfléchir.
- J'ai bien peur de ne pas encore avoir la réponse, dit-il en détournant les yeux du spectacle des amoureux enlacés.
- Et ça fait combien de temps ?
- Presque deux ans. J'essaye de ne pas trop m'approcher d'elle. Je sais que c'est moi qui ai tort.
Il enlaça l'épaule du plus jeune qui soupira.
- Toi aussi, tu es le « grand frère », hein ?
Roxas approuva en essuyant ses larmes.
- Je me sens tellement...
- Abandonné ? Tu pensais que ce serait toujours vous deux et les autres à côté. Que vous n'aviez besoin de personne d'autre. Que vous ne laisseriez jamais personne se mettre entre vous. Et ça te révolte de voir qu'il ne pense pas comme toi.
De nouvelles larmes pointaient leurs museaux salés sous les paupières du blond. Axel mettait des mots sur ses sentiments avec une précision chirurgicale.
- Oui. Toi aussi ?
- Ouais. Je croyais aussi tout ça. J'ai ressenti ces choses aussi. Je les ressens encore.
- C'est minable.
- Ouais. Mais ça ira mieux, tu verras.
Roxas remua pour se blottir contre Axel. Ça lui faisait un bien fou.
- Merci. Savoir que quelqu'un comprend ce que je ressens, c'est très... réconfortant.
Le roux serra son bras autour de ses épaules.
- Pour moi aussi c'est un soulagement de pouvoir en parler. J'l'avais jamais dit à personne.
Roxas sécha ses larmes. Il se sentait mieux. Moins misérable. Il se redressa et le bras de l'homme glissa de ses épaules à sa taille tandis que l'autre main venait caresser sa joue, avant d'attirer son visage vers le sien. Il se laissa embrasser, un peu surpris, mais pas vraiment dérangé. Il ferma ses yeux brûlés par les larmes et se détendit contre lui. Quand il le relâcha, il demanda simplement, curieux :
- Pourquoi ?
Ce à quoi le roux répondit avec un étrange sourire :
- Pourquoi pas ?
Roxas entrouvrit les lèvres. De fait, il n'avait pas de réponse.
- Je te déplais ? Demanda Axel.
- ... Non. Tu as raison. Pourquoi pas ?
Il leva la main pour effleurer du bout de l'index le tatouage triangulaire situé sous l'œil droit d'Axel qui ferma les yeux en souriant sous la caresse. Il était beau, il avait réellement aimé être embrassé par lui et ils avaient beaucoup en commun. Pour commencer, ils avaient tous les deux été « abandonnés » par la personne qui comptait le plus à leurs yeux.
Alors, oui, pourquoi pas ?
AKUROKU
