Auteur : Ariani Lee

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé : Où on remercie très fort Demyx et Xion, et où, contre toute attente, Roxas n'est peut-être pas si borné que ça. « Prière de ne pas déranger. »

Traduction du titre : « Ne pas déranger »

Auto-évaluation : ****

Suite du thème 45, Illusions.

Note de l'auteur - Concernant les trois précédents chapitres: J'ai reposté les AU que j'avais enlevés pour que ceux qui ne les auraient pas lus puissent les lire, et parce que quand j'aurai fini les cent thèmes, j'aimerais autant qu'il y en aie cent XD Mais je vous propose ici la suite du thème 'Illusions", long et très, très chaud ;-) RAR please! ^^

Axel et Roxas en cent thèmes.

Do not disturb

- Roxas, arrête de faire l'enfant !

Roxas souffla et jeta un regard noir à Xion. Il aurait mieux fait de se casser une jambe quand il les avait laissés rentrer, elle et Demyx.

- Ce ne sont pas vos affaires ! Répliqua-t-il avec colère.

- Bien sûr que si, ce sont nos affaires ! Dit Demyx sur le même ton. Tu n'es pas seul au monde, et le monde ne tourne pas autour de toi ! Figures-toi que quand on brise le cœur de quelqu'un, en général y a des gens qui ramassent les morceaux pour les recoller !

- Mais on n'en a pas, de cœur, pauvre abruti congénital !

- Ne passe pas tes nerfs sur lui ! Intervint Xion.

Roxas croisa les bras et se mordit la langue pour ne pas l'incendier à son tour. Pour qui ils se prenaient ? Oser venir lui faire la morale… Et Axel ! Quel besoin avait-il eu d'aller leur raconter ça ? Ça faisait deux semaines qu'il faisait des efforts titanesques pour se sortir cette histoire de la tête, pour penser à autre chose, et eux venaient mettre les deux pieds dans le plat en remuant bien fort les orteils.

- Je suis sérieux, reprit la Mélopée Nocturne sans relever les injures du Numéro XIII. Ça fait des jours qu'Axel est malheureux comme les pierres. Il fait des pieds et des mains pour que tu ne t'en rendes pas compte, mais tout le monde n'a pas droit à un tel traitement de faveur !

- Et alors ? Qu'est-ce qui vous fait dire que ça a un rapport avec moi, de toute façon ?

Demyx leva les yeux au ciel et se détourna, l'air exaspéré.

- Parce qu'on a fini par lui tirer les vers du nez, répondit Xion. Et qu'une fois qu'on a eu réussi le faire parler, il nous a tout déballé d'un seul coup, toute l'histoire depuis le début ! Roxas, as-tu seulement la moindre idée du mal que tu lui fais ?

- A quoi ça l'avancerait que vous me fassiez culpabiliser ? Puisque vous êtes tous partis dans le délire qu'on a un cœur, laisse-moi te dire un truc : « Le cœur a ses raisons, que la raison ignore » ! Je ne suis pas obligé de… de… Enfin, tu vois très bien ce que je veux dire !

Xion resta un instant bouche bée.

- Je ne suis pas sûr d'être le seul abruti dans cette pièce, lâcha Demyx d'une voix nonchalante.

- Ce n'est pas drôle ! Le tança Xion.

- Non, de fait. J'aimerais pas être à la place d'Axel.

- Vous allez arrêter avec vos discours à la mords-moi-le-nœud, oui ou merde ? Ce n'est pas de ma faute ! Ce n'est pas de ma faute si je ne… si je ne…

- Si tu ne quoi ? Vas-y, dis-le, lui lança le Numéro IX. Tu vois, tu n'y arrives pas. Ne pas l'admettre c'est une chose, mais tu ne peux pas le nier carrément. Roxas, arrête de te voiler la face…

- Je. Ne. Me. Voile. Pas. La. Face !

- Si fait, répondit la quatorzième membre. Et si tu te faisais du mal à toi tout seul, on n'aurait rien à y redire. Mais on ne peut pas rester là à te regarder le mettre au pilori sous prétexte que tu n'as pas le cran d'admettre que tu l'aimes !

- Je plussoie, ajouta Demyx, en passant.

Roxas resta debout un instant sans répondre avant de rompre le silence.

- Dehors, dit-il finalement d'une voix sourde.

- Oh que –

- Cassez-vous. Sans déconner, allez-vous en ou c'est moi qui vous fous dehors !

Les deux autres Simili échangèrent un regard équivoque et quittèrent la pièce en silence. Ils avaient fait ce qu'ils avaient pu pour pousser Roxas à se sortir un peu la tête du cul. A lui de gérer maintenant.

Roxas ne gérait rien du tout. Il se tenait debout dans sa chambre et regardait la porte comme s'il allait la tuer. De quoi ? Oser dire un truc pareil… Axel avait dit à peu près la même chose.

Qu'il avait peur d'admettre qu'il pouvait l'aimer.

Avec des gestes rageurs, il envoya ses bottes contre un mur et se mit à se déshabiller pour se changer, fermement décidé à aller se coucher pour ne plus y penser. Il était déjà très tard, de toute façon. Il irait casser la gueule à Demyx plus tard. Xion était une fille, elle, alors il ne pouvait pas…

Et si c'était vrai ?

Il se laissa tomber sur son lit, torse nu, et se prit la tête dans les mains. Ça ne pouvait pas être vrai. Si ?

Il se laissa tomber à plat dos pour réfléchir. Quelle était exactement la nature de sa relation avec Axel ? Il n'y avait jamais réellement réfléchi. Dans un sens, il avait toujours eu besoin de lui. Et il n'aimait pas le savoir malheureux. Au fond, l'amour, il ne savait pas vraiment ce que c'était, juste que ça allait contre tout ce qu'on lui avait appris depuis le jour même de sa « venue au monde ». En vérité, c'était quand même… possible. Il l'avait dit lui-même, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Même s'il n'avait pas de cœur, se pouvait-il qu'inconsciemment, sa mémoire vide ait tout de même gardé le souvenir de ça ? Qu'il puisse aimer ?

S'il aimait quelqu'un, il n'y avait aucun doute, c'était bien Axel. Mais est-ce que ça aurait été une bonne chose ? Dans un sens oui. Répondre à ses… « sentiments » et le rendre heureux, Roxas aurait adoré. En fait, l'idée était très séduisante, mais, d'un autre côté… C'était vrai que ça lui faisait peur d'y penser. Ça lui ferait perdre tout ses repères, à quoi pourrait-il se raccrocher alors ? A Axel ? Oui, sans doute… Il posa une main sur sa poitrine. Après tout, il n'avait pas pu…

Il se leva brusquement, attrapa son manteau et l'enfila sans rien d'autre en dessous que son pantalon et sortit de sa chambre pieds nus, précipitamment.

La Citadelle était déjà endormie, à cette heure-ci – sauf sans doute Xion et Demyx qui devaient être ensemble quelque part à cet instant et parler de lui. Il chassa cette pensée et tâcha de se concentrer sur son objectif du moment. Axel.

Il arriva devant sa porte presque en courant et s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. Est-ce qu'il n'allait pas regretter ce qu'il s'apprêtait à faire ? Mieux valait ne pas y penser. Il voulait le faire, point. Pour être sûr, et aussi pour réconforter Axel. Plus il y pensait – maintenant qu'il y pensait – plus le fait de le savoir malheureux l'insupportait. Il entra en silence, sans frapper.

La pièce était sombre et silencieuse. Il referma la porte sans bruit et tendit l'oreille. Il perçut une respiration lente et régulière. Axel dormait.

Il s'approcha du lit et se tint là, debout. Il tendit son bras droit et invoqua sa Keyblade. Dans la lumière brève que cela provoqua, il entrevit le visage endormi du Numéro VIII et ses cheveux rouges épars sur l'oreiller.

A l'aveugle, il pointa sa Keyblade vers la porte de la chambre et il y eut un déclic lorsqu'elle se verrouilla. La Keyblade disparut, et il s'assit au bord du lit. Il se pencha sur son ami et, hésitant, il l'embrassa sur les lèvres, les yeux fermés. Axel remua doucement. Il se réveillait. Normal. Roxas s'écarta un peu. Son regard s'habituait à la pénombre et il le distingua ouvrir les yeux.

- Roxas ? C'est toi ? Demanda le maître du feu d'une voix ensommeillée.

- Oui.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Il tendit le bras vers la lampe de chevet mais Roxas arrêta son geste.

- Non ! N'allume pas la lumière.

- …D'accord.

Roxas se mordit les lèvres. Puis il se pencha à nouveau pour l'embrasser, mais cette fois, il eut la surprise – désagréable – d'être repoussé.

- Qu'est-ce qui te prend ?

La voix d'Axel était… Etrange. Comme s'il avait été blessé.

- Je peux pas t'expliquer… S'il te plaît…

- P'tit ange…

- Non !

Roxas se redressa et Axel le suivit, s'asseyant dans le lit. Roxas secouait la tête vigoureusement.

- Je ne suis pas un ange, arrête de m'appeler comme ça ! Je déteste ça… Ou si tu y tiens absolument, je veux bien l'être…

Il se pencha pour lui dire au creux de l'oreille :

- Déchois-moi…

Axel serra les dents, les yeux fermés.

- Roxas, je ne…

- Oublie les mots ! Supplia le maître de la Keyblade. Oublie les tous, et déshabille-moi…

Le Numéro VIII laissa échapper un grognement. La proximité de Roxas le mettait au supplice, tout son être ne demandait qu'à lui céder mais s'il devait changer d'avis en cours de route, ou après… il ne le supporterait pas.

- Pourquoi tu fais ça ? Je ne veux pas me réveiller demain et que rien n'ait changé après… ça.

Le Numéro XIII, au fond de lui, savait que les choses avaient déjà changé. De là à oser le dire, le formuler à haute voix… Lentement, il porta les mains au col de son manteau, et il l'ouvrit. Axel détourna les yeux, et il prit sa main pour la poser sur son torse. Les doigts d'Axel eurent un sursaut en entrant en contact avec sa peau, mais aussi en sentant les bords lisses d'un petit objet métallique qui se trouvait là, et qui avait pris la chaleur du corps sur lequel il reposait. Ils touchèrent l'objet, comme pour le reconnaître, puis le regard du Numéro VIII revint se poser sur l'élu de la Keyblade.

- Tu le portes…

Roxas baissa les yeux et pressa sa main sur celle d'Axel qui tenait toujours le pendentif. Ce bijou qu'il lui avait offert et qui avait été le point de départ de toute cette histoire…

- Je n'ai… pas pu le jeter. J'ai essayé, mais je n'y arrivais pas. Et je l'ai mis parce que… Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas quels mots mettre là-dessus… Axel, s'il-te-plaît…

- Si quelqu'un entrait…

- Personne ne nous dérangera, je m'en suis assuré. A moins que Xion n'ouvre cette porte avec sa Keyblade, et ça m'étonnerait beaucoup.

Vaincu, le maître du feu déplia ses doigts et les laissa glisser sur la clavicule du blond, sur son épaule et se serrer sur sa nuque, le pouce dans ses cheveux. Il l'attira vers lui pour l'embrasser et, comme il en rêvait, Roxas le laissa faire et lui tendit ses lèvres. Il n'avait plus qu'à les cueillir, et il le fit, d'abord doucement, mais de sa propre initiative le Numéro XIII approfondit le baiser. Affamé des sensations nouvelles et intenses qui se propageaient dans son corps – la chaleur dans son ventre, les frissons qui parcouraient sa nuque et son échine, l'impression béate d'être enveloppé dans du coton tiède – il voulait plus, beaucoup plus, et tout de suite. Il passa ses bras autour du cou d'Axel pour se serrer contre lui, et il sentit un bras passer autour de sa taille et l'étreindre. Un instant, sa bouche quitta celle d'Axel pour laisser échapper un soupir. Aussitôt, le Numéro VIII s'avança pour reprendre les lèvres qui l'avaient quitté. Maintenant qu'il l'avait, cette bouche, il avait l'intention de l'embrasser jusqu'à être totalement rassasié, ou jusqu'à en devenir fou. Roxas se laissa faire de bonne grâce, et fit descendre ses bras des épaules à la taille de son partenaire, mais pas pour l'enlacer. Il glissa avec précaution ses mains sous son T-shirt et les posa sur ses hanches. La peau était brûlante et il espéra que ses mains à lui n'étaient pas froides. Axel frémit quand il les laissa remonter le long de ses côtes, le caresser avec lenteur sur le chemin jusqu'à ses épaules. Alors il empoigna doucement le vêtement et le tira. Axel leva les bras au dessus de sa tête et le laissa le lui enlever, ébouriffant un peu plus ses cheveux. Leurs lèvres se cherchèrent dans le noir, se trouvèrent et se rejoignirent. Le maître du Feu posa ses mains sur les épaules de Roxas, les fit passer sous le tissu lisse de son manteau ouvert et le repoussa. Quand ses doigts touchèrent la peau nue et que le vêtement glissa le long des bras du blond, il songea brièvement qu'il ne pourrait plus s'arrêter, même si Roxas se ravisait soudain. Il avait franchit le point de non retour. Là, il le voulait, totalement et absolument, sans retenue aucune, et il l'aurait.

Le maître de la Keyblade ne comptait pas se raviser, loin s'en fallait. Il se dégagea de son manteau et se colla à son partenaire. Il voulait sentir ses bras autour de lui, toute sa peau nue contre la sienne, se laisser consumer par sa chaleur.

Puisque tu veux que je sois un ange, brûle-moi les ailes, songea-t-il. Je n'en ai pas besoin.

Les mains serrées sur sa taille se rejoignirent sur ses reins, et les doigts glissèrent vers le bas, plus bas, jusque sous la ceinture de son pantalon. Ses mains quittèrent le dos d'Axel et se posèrent sur son propre torse. Le maître du Feu s'écarta pour les regarder glisser, caressantes, sur le corps de leur propriétaire jusqu'à la boucle de la ceinture qu'il défit, avant de la tirer. Elle glissa dans les passants – Axel le sentit sur ses doigts qui étaient toujours posés sur la chute de reins de l'élu de la Keyblade - et vola quelque part dans la chambre, puis les doigts s'attaquèrent au bouton. Le vêtement se détendit et il put poursuivre ses caresses sans plus être gêné, et plus enflammé encore qu'avant par la pensée que Roxas se déshabillait lui-même et de son propre chef. Il prenait des initiatives. Il désirait ce qui était en train de se produire – le désirait, lui. Il se rapprocha pour l'embrasser à nouveau, et de ses mains qui se trouvaient idéalement placées pour ce faire, il le souleva presque et l'attira vers lui. Roxas, comprenant aussitôt où il voulait en venir, leva docilement une jambe pour la passer au-dessus de l'« obstacle » et se retrouva assis sur les genoux du Numéro VIII. Il découvrit brusquement le plaisir d'être à sa hauteur, mais dans l'obscurité, il n'y voyait pas bien. Il tendit donc le bras, à son tour, pour allumer la petite lampe de chevet. Elle diffusa une lumière douce et tamisée, et il put regarder le visage qui était en face du sien. Jamais il n'avait pu le regarder de cette façon, et cette vision le souffla littéralement. Il leva une main timide qu'il posa sur sa joue et Axel baissa les paupières sous la caresse, à la manière d'un chat qu'on gratte derrière les oreilles.

- Non, chuchota Roxas. Ne ferme pas les yeux…

Le Numéro VIII rouvrit les yeux. L'iris était si large, le vert clair et intense, la forme de ses yeux, si féline… Roxas le regardait réellement, pour la première fois, et il se demandait comme il avait pu passer à côté d'une beauté pareille. Tout, de son corps mince et pourtant si fort et si chaud, à son visage… Sa bouche, ses tatouages… même ses cheveux, et c'était pourtant difficile de ne pas les remarquer, ne l'avaient jamais frappé autant.

- Tu es magnifique, murmura-t-il. Tu es beau à couper le souffle, je n'avais jamais réalisé à quel point…

Remué, Axel contempla le visage de son partenaire. Les yeux bleus, la frange, les joues à l'ovale si parfait qu'il aurait renvoyé la beauté des anges au niveau d'un inventaire de boucherie. Il le connaissait par cœur. Il quitta ses reins pour l'enlacer et Roxas se blottit contre lui. Le maître du Feu se pencha sur son épaule.

- Je t'aime…, dit-il.

- Je sais… Je suis désolé d'avoir été si obtus la dernière fois, de ne pas t'avoir cru… Je sais que tu dis la vérité.

Axel resserra son étreinte en guise de remerciement.

- Roxas, dis-moi que tu m'aimes.

Le Numéro XIII écarquilla les yeux.

- Crois-moi, je prends beaucoup sur moi, en ce moment-même. Même si je… Même si je te veux plus que tout au monde, plus encore qu'un cœur, je ne peux pas faire ça si tu ne m'aimes pas. Je t'en supplie, dis-moi que tu m'aimes, ou laisse-moi…

Roxas s'agrippa aux épaules du Numéro VIII. Il avait peur – réellement peur.

- Axel… Je voudrais que tu me fasses une promesse.

- Je t'écoute.

- Promets-moi que tu seras toujours là pour moi. Que je pourrai toujours compter sur toi quoi qu'il advienne, que tu ne me laisseras jamais tomber. J'ai besoin de toi, que tu sois à mes côtés envers et contre tout… Si je te dis ça… Il ne me restera plus que toi sur quoi me reposer pour ne pas devenir fou. Promets-le-moi, Axel…

Roxas se sentit repoussé par des mains appuyées sur ses épaules et eut soudain froid. Le regard d'Axel vrilla le sien, grave.

- Je t'avais fait cette promesse le jour même où je t'ai rencontré, à l'instant où nous nous sommes vus pour la première fois. Je vis pour toi, et je te promets que ça ne changera jamais.

Roxas l'embrassa avec passion et reconnaissance. La voie sur laquelle il s'engageait en acceptant de formuler cette phrase pourtant simple lui semblait soudain beaucoup moins sombre.

- Oui, je t'aime. Je t'aime, Axel… Je t'aime…

Il se sentit soudain enserré dans une étreinte qui avait la force d'un étau et il gémit. Il lui faisait mal, mais il n'osa pas le dire. Axel était heureux – aussi heureux qu'un Simili peut être. Il ne voulait pas gâcher ça. C'était lui qui lui offrait ce bonheur, alors même cette douleur était bonne à quelque chose.

Brusquement, les bras le lâchèrent. Deux mains poussèrent ses épaules et il se retrouva allongé en travers du lit, Axel au-dessus de lui, l'embrassant à lui faire perdre son souffle. Des baisers doux, des baisers brûlants, tellement de baisers qu'on ne pouvait plus les compter. Il reposait sur le lit, les mains gisant de chaque côté de sa tête, recevant ce déluge de tendresse et de chaleur, se laissant écraser par lui comme par une avalanche de plumes et de fleurs de coton.

Axel délaissa sa bouche qui laissa échapper un gémissement de protestation, et posa un index en travers de ses lèvres, avec un regard qui semblait dire : « laisse faire ». Puis il se mit à embrasser sa gorge, à le parcourir du bout de la langue et plus franchement avec ses mains. Roxas poussa un petit cri de surprise quand le genou d'Axel appuya contre son périnée – même si en réalité, il ne savait pas que ça s'appelait comme ça. Le Numéro VIII sourit.

- Tu vas comprendre, chuchota-t-il.

Plongé dans un état de bien-être tel qu'il n'en avait jamais ressenti auparavant, Roxas regardait les ombres et les lumières chaudes que jetait la lampe de chevet, admirant les mouvements des épaules et du dos d'Axel qui était toujours penché sur lui, et savourant les tiraillements du plaisir qu'il provoquait en lui. Il entendait sa propre respiration, souffle erratique, il avait chaud. Les mains d'Axel caressèrent ses hanches et osèrent, cette fois, descendre franchement plus bas, sur ses cuisses d'abord, puis entre ses jambes, le faisant se tendre et gémir à nouveau, mais plus fort.

Pris d'un désir subit, il repoussa Axel à genoux face à lui. Il entoura sa taille de ses bras, enfouit son visage dans son cou et se mit à son tour à y déposer des baisers lents et mouillés. Comme il s'y attendait, le corps contre le sien réagit et il entendit la voix d'Axel murmurer quelque chose qu'il ne comprit pas mais dont l'intonation laissait clairement entendre qu'il n'était pas en train de se plaindre.

Il poursuivit donc, s'inspirant des caresses qu'il lui avait dispensées et au gré de ses envies. Lesquelles pour l'instant étaient simples : il voulait rendre le plaisir qu'il recevait, il voulait voir et entendre Axel gémir, et il voulait s'offrir son corps, le toucher, le découvrir et le savourer. Il laissa ses mains parcourir les flancs chauds, caresser la taille, se refermer sur les hanches, effleurer du bout des doigts les lignes anguleuses dessinées sous la peau par les os. Sa peau laissait sur sa langue un goût un peu salé qu'il trouva délicieux. Comme les glaces à l'eau de mer, sauf que c'était chaud et pas du tout sucré…

Il descendit les mains sur l'extérieur de ses cuisses avant d'en glisser une entre ses jambes. Hésitant d'abord, il s'enhardit lorsqu'il sentit le corps d'Axel s'arquer et qu'il l'entendit laisser échapper un long gémissement plaintif. Même si Roxas savait que ce n'était pas du tout une plainte, et ce bruit était la chose la plus excitante qu'il avait jamais entendue. C'était Axel, maintenant, qui tremblait et s'agrippait à ses épaules. Le maître du Feu sembla se détendre un peu quand les deux mains remontèrent sur ses hanches. Les doigts de Roxas entreprirent de défaire une deuxième boucle de ceinture, puis un bouton, et se glissèrent ensuite dans le vêtement défait, sur la rondeur douce des fesses. Encore un baiser, et l'élu de la Keyblade s'écarta et mordant doucement la lèvre de son partenaire.

- Aime-moi, Axel…

Le Numéro VIII le repoussa à nouveau à plat dos sur le lit et Roxas se laissa aller avec plaisir. Les yeux fermés, il sentit les deux mains à présent familières le débarrasser des derniers vêtements qu'il portait puis le quitter tout à fait. Intrigué – c'était la première fois qu'Axel cessait complètement de le toucher – il ouvrit les yeux et regarda la Rafale des Flammes Dansantes qui, dressé sur ses genoux, achevait de défaire son pantalon et s'en dépouillait. Roxas se mordit les lèvres presque à sang, à nouveau submergé par des sensations brûlantes et intenses. Lentement, avec douceur – et ce au prix d'un effort de volonté certain, comme en témoignaient son visage crispé et ses yeux fermés – il s'allongea sur lui et le Maître de la Keyblade ne bougea pas, resta immobile lorsqu'il sentit tout son corps nu collé au sien, son souffle chaud au creux de son épaule. Axel le laissa s'habituer à son contact, à l'intimité qui naissait entre eux, et Roxas écarta les genoux pour plus de facilité. Axel glissa entre ses jambes, contre lui, et tout deux se tendirent brusquement.

- Sois plus prudent, gronda Axel d'une voix rauque. Je ne veux pas précipiter les choses, mais il y a des limites à mon sang-froid et tu flirtes avec…

Roxas déposa une main au creux des reins du Numéro VIII et serra les jambes autour de ses hanches, le maintenant tout contre lui. Axel grogna à nouveau, plus fort, et son corps s'appuya brusquement contre celui de Roxas, poussant sur son bassin convulsivement et comme contre sa volonté.

- Roxas ! Protesta-t-il en haletant. Tu le fais exprès ?

- Oui.

- Je suis stupéfié de ne pas avoir encore complètement pété les plombs mais puisque je suis toujours capable de réfléchir, je vais quand même te poser la question. Est-ce que tu veux vraiment faire ça ?

- Oui !

Pour taper encore un coup sur le clou, Roxas serra encore les jambes, l'attirant plus près de lui.

- Je t'aime, 'xel. Je te veux

Le Numéro VIII déposa une main sur son visage et la laissa glisser en une caresse jusqu'à son menton, posant ses doigts sur sa bouche. Il lui effleura l'oreille du bout des lèvres avant d'y murmurer :

- Suce…

Docile, Roxas ouvrit la bouche et se mit à lécher et à sucer les doigts tendus avec une lenteur sensuelle. Axel gémit, le surprenant. Alors même les doigts….

Le maître du Feu retira sa main et il la vit vaguement disparaître entre ses jambes.

Ses souvenirs de ce qui était arrivé ensuite étaient flous. Il y avait celui d'une sensation étrange, comme une intrusion, puis d'autre chose, d'un sentiment impossible à identifier, puis de l'écartèlement de son corps par un plaisir puissant mêlé à une douleur intense, d'Axel qui bougeait contre lui et en lui, mon Dieu ! Il s'agrippait de toutes ses forces à ses épaules, la chaleur qui avait couvé en lui pendant tout ce temps s'était réveillée et coulait dans ses veines comme de la lave. Axel l'embrassait, l'étreignait, l'étourdissait, mais le caressait toujours, comme pour l'apaiser. Le Maître de la Keyblade se cambrait, arquait le dos, se tordait en gémissant, comme possédé par une fièvre à laquelle il désirait à la fois échapper et appartenir encore davantage. Et toujours la bouche d'Axel sur ses lèvres, comme pour se rappeler à son bon souvenir dans cette tempête qui le dévastait et le faisait crier…

Cette espèce de lutte chaotique ponctuée d'éclats de douleur et d'ondes de plaisir avait fini par s'arrêter, les laissant tous les deux épuisés et haletants, Axel toujours couché et serré contre lui. Roxas laissa échapper un petit bruit plaintif et aussitôt, son partenaire se recula et tira sur eux la couverture.

- Ça va ? Demanda-t-il, inquiet. J'y suis allé un peu fort, non ?

- Je ne sais pas, je n'ai pas d'élément de comparaison, répliqua Roxas en roulant sur le ventre et en posant la tête entre ses bras. Il laissa échapper un profond soupir. Inquiet, Axel lui caressa les cheveux. Roxas ne s'en était probablement pas rendu compte, mais il avait vraiment beaucoup crié, il s'en voulait un peu de n'avoir pas su se maîtriser davantage.

- Tu as mal ?

- Oh, si peu… Gloussa Roxas, la tête dans l'oreiller. Tu n'y es pas allé de main morte, je crois.

Axel secoua la tête, l'air penaud.

- Je suis désolé, je ne voulais pas… Je me suis laissé emporter. Je n'ai pas réussi à garder à l'esprit que c'était ta première fois, que tu n'étais pas habitué, j'étais juste tellement… heureux de t'avoir enfin.

Roxas tourna la tête et lui sourit.

- T'inquiète pas… C'est vrai que j'ai eu vachement mal, maintenant encore, mais… Mais c'était bon quand même, j'ai aussi aimé ça…

Axel éteignit la lumière de lampe de chevet et s'allongea sur le côté, tout près du blond. Avec une infinie douceur, il déposa une main au creux de ses reins et l'y laissa. Il voulait juste le toucher.

- Je peux rester, cette nuit ? Demanda Roxas d'une voix déjà ensommeillée. Axel sourit et embrassa son épaule nue avec tendresse.

- Reste toutes les nuits que tu voudras, c'est tout ce que je veux.

- Mmmmmmmh…

- Roxas ?

- Mmmh ?

- … Merci.

- Mmmh… 'rien…

Précautionneusement, Axel se colla le long du corps du blond et passa le bras au travers de son dos. Il ferma les yeux. Il allait dormir comme il n'avait plus dormi depuis des mois – depuis qu'il avait rencontré Roxas et qu'il en était tombé amoureux.

- Axel… ? Murmura la voix du Numéro XIII dans l'obscurité.

- Oui ?

- Je t'aime.

AKUROKU