Auteur : Ariani Lee
Série : Kingdom Hearts
Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))
Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !
Résumé : Où une erreur de livraison transforme la vie à la Citadelle en Enfer.
Traduction du titre : « Multifonctions »
Auto-évaluation : **
Axel et Roxas en cent thèmes.
Multitasking
Un silence perplexe régnait dans la Zone Grise. Tous les regards étaient fixés sur la grande boîte en carton posée debout sur le sol. Dedans se trouvait une femme inanimée.
- Qui l'a ouverte ? Demanda Xemnas, sur le ton blasé du mec que plus rien ne peut surprendre.
Personne ne répondit, mais Xigbar croisa les bras derrière le dos et se mit à siffloter, s'attirant aussitôt un regard lourd de reproches de la part du Supérieur.
- Faudra qu'un de ces quatre quelqu'un lui dise que jouer les innocents, ça lui donne pas l'air détaché. C'est comme ça qu'il se fait griller à chaque fois, chuchota Axel, faisant glousser Roxas qui jeta un coup d'œil en coin à l'Archer, lequel évitait de son mieux le regard du Numéro I.
- Vas-y, je t'en prie, je te regarde, répondit-il, narquois, à son ami qui eut un petit rire nerveux.
- Non merci, sans façon. J'ai jamais été très doué pour esquiver les balles…
Xemnas avait, comme toujours, renoncé à engueuler Xigbar, et reporta donc son attention sur l'objet du « délit ».
- Il n'y a pas d'adresse ?
- Aucune, la seule chose qui fait qu'on sache que c'est une erreur, c'est que personne ne se souvient d'avoir commandé… euh…
Xaldin se pencha et prit un livret qui se trouvait dans la boîte, aux pieds de la femme.
- « … Un robot ménager aux possibilités infinies. Avec Madame Van De Kamp, vous pouvez oublier toutes les corvées, elle les fera pour vous, avec le sourire, et probablement mieux que vous-même. Sans parler des innombrables autres capacités du produit, que vous aurez le plaisir de découvrir au fur et à mesure, une fois qu'elle aura été activée. Madame Van De Kamp fonctionne sur une batterie au lithium et se rechargera d'elle-même. »
Un silence de cathédrale suivit cette lecture. On entendait vaguement des hoquets, qui indiquaient que quelqu'un était en train de pleurer de rire. Puis, Zexion finit par poser LA question.
- Et donc, on en fait quoi ?
Cruel dilemme ! Demyx voyait déjà Madame Van De Kamp partir en mission à sa place, Vexen pensait déjà au nettoyage de son laboratoire qui avait bien besoin d'être fait, et ils n'étaient pas les seuls à avoir des idées. De l'autre côté, Larxène n'avait pas envie qu'une autre présence féminine lui fasse de l'ombre, et Saïx, terre à terre comme à son habitude, émit l'opinion que les propriétaires de la « Chose » puissent venir la réclamer. Ce qui mit en lumière un nouvel aspect curieux de la situation.
Comment, par Kingdom Hearts, un facteur avait-il pu trouver Illusiopolis ? La poste circulait-elle par vaisseau Gummi maintenant ? Il était de toute façon peu probable que cette exception se reproduise. On décida de ne pas tenir compte de l'éventuelle réclamation du bien, et Saïx, boudeur, s'en alla hurler à la lune en forme de coeur pour passer ses nerfs.
- Allez, on l'allume, on l'allume ! Trépignait Demyx.
On céda. On chercha comment mettre la super ménagère en route, et grâce au mode d'emploi fourni avec, on trouva un bouton intégré à l'alliance qu'elle portait à l'annulaire gauche. Un robot marié ? Ils avaient poussé un peu loin, quand même…
La super ménagère était élégamment vêtue d'une robe droite bordeaux s'arrêtant au dessus du genou, sans manches, d'une paire d'escarpins noirs à talons aiguilles et portait un tablier d'une blancheur éblouissante. Elle avait de magnifiques cheveux roux et une peau d'une blancheur de porcelaine… En fait, grande, très mince, très blanche et très rousse…
- Axel, je pense qu'on a retrouvé ta mère ! Lança Xigbar, moqueur, et plusieurs des membres rirent un peu. Axel haussa les épaules et regarda le robot se « réveiller ».
La super ménagère ouvrit les yeux, regarda autour d'elle d'un regard vif et bref, puis sortit de sa boîte avec un sourire courtois.
- Bonjour, dit-elle d'une voix qui suintait tellement la politesse et le « je-suis-ravie-de-vous-rencontrer » que c'en était quasiment surnaturel. Je suis Madame Van De Kamp.
- On sait ! S'exclama Demyx.
- Oh, boucle-la, Neuf ! S'exclama Larxène.
Le robot se tourna vers Demyx.
- Enchantée, Monsieur Neuf, lui dit-elle.
La Mélopée Nocturne ouvrit la bouche pour protester, puis la referma, se ravisant. Pas envie de se faire encore engueuler.
Mais Xemnas sauta dans le train en marche et se présenta sous le nom de « Monsieur Un », ce qui fit que tout le monde l'imita. Les seules variantes furent Larxène et Xion qui eurent droit à « Mademoiselle Douze » et à « Mademoiselle Quatorze », et Vexen qui voulut que super-soubrette lui donne du « Docteur Quatre ». Une fois que tout le monde se fut présenté, Madame Van De Kamp les gratifia d'un sourire aux dents blanches et parfaites, puis sortit de la poche de son tablier un gros cutter. Il y eut un mouvement de surprise dans les rangs de l'Organisation, mais le robot se retourna vers le carton dans lequel elle était arrivée et se mit à le débiter avec assurance. Roxas lança à Axel un regard éloquent. Si on venait leur réclamer Madame Van De Kamp, il serait gênant de ne pas pouvoir la restituer dans son emballage d'origine. A nouveau, Axel haussa les épaules, avant de passer un bras autour de sa taille et de l'emmener ailleurs, de préférence dans un endroit où ils pourraient être seuls et à l'abri des regards. Il revenait d'une mission de près d'une semaine, et le moins qu'il eût put en dire, c'était que « Monsieur Treize » lui avait manqué…
O
Le lendemain matin, une odeur délicieuse flottait aux alentours de la salle à manger. En y entrant main dans la main, Axel et Roxas se retrouvèrent face à un spectacle inédit dans l'Illusiocitadelle. A la pace du petit déjeuner coutumier, composé de pain, de trucs à étaler dessus, de céréales et de café (toutes choses qui réclamaient zéro préparation), il y avait des pancakes, des muffins, du café, des viennoiseries, du thé, du chocolat chaud et des jus des fruits manifestement fraîchement pressés. Il y avait là de la nourriture pour près d'une vingtaine de personnes.
- Waouh ! S'exclama Xigbar qui entrait derrière le couple. Elle est en forme, la dame !
Axel et Roxas s'assirent à table, entre deux paniers pleins de muffins à la confiture encore chauds. Ils n'avaient jamais eu l'occasion de partager un petit déjeuner pareil et ils profitèrent allègrement de l'occasion, et du café qui était meilleur que d'habitude, lui aussi.
Une semaine plus tard…
Demyx entra dans la Zone Grise, un pli de contrariété sur le front. Il alla s'asseoir à côté d'Axel qui paressait dans un divan. La Rafale des Flammes Dansantes se tourna vers lui, l'air surpris.
- Demyx ? Ça n'a pas l'air d'aller très fort, toi…
La Mélopée Nocturne répondit d'un gémissement accablé.
- C'est le robot. Elle me lourde.
Axel écarquilla les yeux.
- Tu plaisantes ? Depuis qu'elle est là, on n'a plus la moindre corvée à faire ! Tout le temps libre qu'on a hors mission est vraiment devenu du temps libre !
Demyx grogna.
- Parle pour toi. Avant, j'avais que Saïx sur le dos, qui me tannait pour que je parte en mission. Il avait un peu laissé tomber, j'avais enfin la paix ! Et maintenant, y a l'autre qui me serine à longueur de temps que l'oisiveté est mère de tous les vices.
Axel se mordit l'intérieur des joues pour ne pas rire et tapota l'épaule de son ami, compatissant.
- Mais on mange vachement mieux depuis qu'elle est là, plaida-t-il.
- Ouais. Mais je préférais encore être tranquille. Même quand je joue elle vient m'enquiquiner sous prétexte que je devrais interpréter des morceaux « classiques », et elle me déballe des noms de compositeurs dont j'ai jamais entendu parler.
- Genre ?
- Genre Bétauveune… Mosare… D'autres dont le nom est tellement imprononçable que je vais même pas essayer. Tout comme j'ai pas essayé de lui expliquer que je joue MA musique, point à la ligne, fin de l'histoire, chapitre clos, rideau ! Elle me soûle !
Demyx se leva.
- Où tu vas ? Demanda Axel qui ne se souvenait pas avoir jamais vu le Numéro IX aussi contrarié et se demandait ce qu'il avait en tête.
- En mission ! Là-bas j'aurai la paix, au moins.
Le Numéro VIII ne releva pas l'aberration que Demyx venait de prononcer (lui, partir en mission de son propre chef !).
- Où ça ?
- Atlantica. Etudier l'environnement… la population…
Il avait détourné le regard. Axel se fendit d'un large sourire rusé.
- Aaaaaaaah ! Je vois…
- Tu vois quoi ? Répliqua Demyx, un peu trop vivement.
- T'as rencontré quelqu'un là-bas ?
La Mélopée Nocturne haussa les épaules, les joues rouges.
- Fais attention, tu sais que c'est contraire au règlement de nous laisser connaître.
- Et quoi, tu vas me balancer ?
- Bien sûr que non ! C'est une mise en garde, c'est tout. Je suis ton ami, évidemment que je ne vais pas cafarder, pour qui tu me prends ?
Demyx soupira.
- Excuse-moi. Je suis vraiment d'une humeur exécrable.
- Elle est comment ?
Le Numéro IX sourit timidement.
- Très belle. Les cheveux longs… De la même couleur que les tiens. Les yeux bleus. Et elle chante…
- Ah, toi et ta musique !
Demyx gloussa.
- Bon, j'y vais, pas envie de croiser Madame Perfection.
- Amuse-toi bien.
Axel regarda s'éloigner le sitariste avec un vague sourire. Il serait bon de ne plus le voir soupirer après l'un ou l'autre des membres de l'Organisation. Cœur d'artichaut comme il l'était, il avait « aimé » les deux tiers du Treizième Ordre avec une belle équité. Pourvu que cette histoire-ci se passe mieux…
Deux mains glissèrent sur ses joues, le surprenant légèrement. On inclina sa tête en arrière. Il ferma les yeux pour recevoir le baiser que son amant déposait sur ses lèvres.
- Hello.
- Hello.
Roxas contourna le canapé et, d'autorité, s'assit en amazone sur les genoux du Numéro VIII.
- Ne te gênes pas surtout, le taquina Axel, s'attirant un regard faussement agacé et un sourire. Il enlaça tendrement le Numéro XIII et enfouit son visage au creux de son épaule.
- Roxaaaaas… gémit-il. C'est horrible… T'as fait de moi une vraie loque… J'étais un homme avant…
- Tu l'es toujours, répondit la Clé du Destin en caressant les cheveux de son petit ami.
- Mmmmmh… Je t'aime trop, ça me rend idiot…
- C'est idiot de m'aimer ? Sympa ! Rit Roxas. Non, je plaisante, je vois ce que tu veux dire. Tu n'aimes pas être sentimental ?
- … Non. Ça ne me ressemble pas.
Le maître des flammes releva la tête, et Roxas caressa sa joue avec douceur.
- Moi aussi, je t'aime.
Il glissa ses mains sur sa nuque et l'attira pour l'embrasser. Pas réfractaire pour un sou, Axel se laissa faire avec plaisir. Il enlaça la taille du blond et se laissa aller contre le dossier du divan, l'entraînant contre lui.
Il y eut un bruit soudain de bris de verre. Ils sursautèrent et se tournèrent vers la source du bruit. Madame Van De Kamp se trouvait à deux pas, l'air mortifiée, et à ses pieds se trouvaient les débris d'un vase, une flaque d'eau et des fleurs.
Brusquement, la super-ménagère, qui jusque là avait été la pondération et le calme faits femme, éclata en imprécations désordonnées et scandalisées. Axel et Roxas la regardèrent, médusés, comprenant un mot de ci de là :
- … Vice !... garçons… contre nature ! … Horreur… prêtre… crois pas mes yeux !
Elle tourna les talons et s'en alla à toute vitesse. Roxas fronça les sourcils et Axel soupira.
- Génial… maintenant que les autres nous ont lâché les basques, c'est elle qui va s'y mettre…
Roxas se leva, l'air contrarié.
- Tu t'en vas ? Demanda le Numéro VIII.
- Elle va revenir, ça fait pas un pli. Tu viens ?
Axel acquiesça.
- On va dans ma chambre ? Proposa la Clé du Destin.
- D'accord.
O
Un nouveau petit déjeuner absolument faramineux les attendait chaque matin. Mais cela ne suffisait plus à étouffer le mécontentement de certains membres de l'Organisation. Super-Ménagère poursuivait de ses reproches moralisateurs Luxord et sa passion pour le jeu qui, d'après elle, était une invention du Diable. Elle enguirlandait Xigbar quand il faisait trop de bruit – ce qui, chez lui, était comme une seconde nature. Il adorait rire très fort et commençait à avoir du mal à supporter Madame Van De Kamp, il avait envie de s'en servir comme d'une cible mobile pour s'entraîner au tir. Zexion lui en voulait à mort, car lui qui travaillait au rangement de la bibliothèque, et à l'établissement d'un fichier complet de ce qu'elle contenait depuis des mois, l'avait vue accomplir cette tâche en l'espace de trois jours. Et mieux que lui-même ne l'aurait fait. Blessé dans son amour-propre, l'orgueilleux Numéro VI posait sur le robot son regard sombre empli d'une expression qui aurait fait fuir le Supérieur lui-même. Sans parler de Demyx, d'Axel et de Roxas dont on connaît déjà les soucis avec Madame Balai-Dans-Le-Cul, comme l'avait surnommée le Numéro II. Sobriquet qui avait trouvé des émules… Dont Larxène qui avait du mal à avaler les remarques du robot sur son comportement « pas digne d'une jeune fille convenable, vos parents ne vous ont certainement pas éduquée comme ça, mademoiselle Douze. »
La Numéro XII en était restée pétrifiée un instant et Madame Van De Kamp avait, sans s'en douter, échappé à une mort par électrocution violente et douloureuse.
- Faut trop qu'on se débarrasse d'elle, sérieux, lâcha la Nymphe Furieuse, en dédaignant les pancakes fumants qui emplissaient la pièce d'une odeur alléchante.
- Ouais, je suis d'accord, approuva Luxord. Elle m'a menacé de me confisquer mes cartes, c'est du délire !
Effectivement, ça l'était. Roxas, lui, ne se souvenait même pas d'avoir eu une mère, et trouvait excessivement pénible de devoir se planquer pour embrasser l'homme qu'il aimait.
- Excusez-moi, dit Xion en entrant dans la pièce. Il y a un monsieur Cherry qui cherche Madame Bal- Euh, Van De Kamp !
En amie fidèle, Xion prenait le parti de Roxas et d'Axel avec véhémence. Faut dire aussi, qu'elle adorait les voir ensemble tous les deux… Un homme entra derrière elle, la cinquantaine, en costard, ventripotent et quasiment chauve.
- Bree est ici ? Demanda-t-il.
- Cette chose a un prénom ! S'écria Demyx.
- A l'évidence, oui, dit Mr Cherry en regardant la table, de sorte qu'on ne savait pas vraiment s'il répondait au Numéro IX ou à sa propre question.
- Oui, elle est là, dit Larxène en sautant sur l'occasion. Vous venez la récupérer, hein ?
L'homme haussa un sourcil surpris.
- Oui, mais je ne m'attendais pas à des réactions si positives à cette idée, ça doit bien faire un mois qu'elle est ici.
- Oh si, reprenez-la, je vous en prie, supplia Demyx.
Marc Cherry haussa son second sourcil, encore plus étonné.
- Très bien. Je suis venu pour ça, donc… Où est-elle ?
- Sûrement dans le jardin, en train d'apprendre à Marluxia comment il doit s'occuper de ses roses, répondit Zexion d'une voix acide, le nez en l'air.
On escorta monsieur Cherry jusqu'aux jardins. Elle s'y trouvait, de fait, les mains dans le compost, à côté d'un Marluxia qui avait l'air d'être constipé.
- …et il ne faut pas les tailler de cette façon, ça les rend plus vulnérables au froid !
L'Assassin Sublime était de toute évidence en train de mâcher sa langue pour retenir la furieuse diatribe dont il aurait volontiers gratifié Super-Jardinière. Ou pour s'empêcher de la décapiter à grand coups de faux.
- Bree ! S'exclama l'homme en costume.
- Monsieur Cherry !
Le robot se leva et rangea ses gants de travail dans la poche de son tablier avant de se lever.
- C'était une erreur Bree, vous ne deviez pas arriver ici.
- Oh, hé bien dans ce cas… Nous partons ?
Et c'est ainsi que l'incursion du robot ménager dans l'Illusiocitadelle prit fin sans encombres. Les trois quarts de l'Organisation furent soulagés et contents de la voir partir. Juste avant le départ, Marc Cherry leur annonça que compte tenu de leur mécontentement à l'égard du produit, il leur enverrait une enquête marketing afin de pouvoir l'améliorer.
Une nouvelle fois, Saïx releva que puisqu'Illusipolis était si simple à trouver ils n'avaient plus que le faire cartographier officiellement. Xigbar rigola.
Et la vie reprit son cours normal à Illusiopolis. Le Treizième ordre n'entendit plus jamais parler de Madame Van De Kamp et c'était très bien ainsi.
AKUROKU
Enfin fini ! Un vrai cauchemar, deux semaines je suis restée bloquée sur ce thème, DEUX SEMAINES ! En plus le résultat n'est pas transcendant. De toute façon j'en pouvais plus.
Pour info, Bree est ma Desperate Housewife préférée, et Marc Cherry est le producteur et le scénariste de la série.
