Auteur : Ariani Lee

Bêta-lecture : Lyly [u]

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé : Où Axel n'a, en fin de compte, pas vraiment changé.

Traduction du titre : « Obsession »

Auto-évaluation : **

Axel et Roxas en cent thèmes.

Obsession

Dans l'obscurité humide et glacée d'un cachot, cul de basse-fosse puant au sol de terre battue et aux murs de pierre brute, une ombre vient de remuer vaguement.

C'est un homme. Une silhouette massive dont les poignets sont entravés par des bracelets de métal lourd et rugueux, rivés aux murs par de pesantes chaînes.

L'homme a repris conscience.

La lumière chiche dispensée par l'unique fenêtre de la pièce, un œil-de-bœuf minuscule et néanmoins barré de métal, ne lui permet pas de distinguer grand-chose de sa cellule.

L'homme a une lourde chevelure claire qui lui retombe sur les épaules, et une barbe bien taillée. Des lambeaux de tissu sombre pendent de ses cheveux, certains bandages encore en place comme des serpents rampants sur son visage inexpressif.

L'homme n'éprouve manifestement aucune crainte. À peine de l'ennui. Il ne sait pas ce qu'il fait là. Il ne se souvient pas. Il ne sait pas qui l'a enfermé dans cet endroit lugubre, il ne sait pas qui est la personne qui lui a arraché ainsi son masque momifié. Ce qui est curieux, c'est qu'il ne semble même pas se poser la question.

Et effectivement, l'homme n'éprouve qu'un ennui agacé. Tout ce qu'il veut, c'est que la personne qui l'a mis là se montre. Histoire qu'il puisse sortir.

Car c'est un homme éminemment convaincu de son importance que DiZ – ou peut-être devrions-nous l'appeler par son vrai nom, puisque son ravisseur, quel qu'il soit, a dévoilé son visage et son identité.

Oui, c'est un homme convaincu de son importance qu'Ansem, « le Sage ». Convaincu de sa supériorité et, d'une certaine manière, de la toute-puissance de son autorité.

Car il est qui il est, et qui oserait lui désobéir ? Le défier ?

C'est pourquoi il n'est ni effrayé ni inquiet. Il sera sorti aussitôt que quelqu'un entrera dans la pièce.

Il est confiant, Ansem. Tellement bouffi de prétention, tellement confit d'importance qu'il ne lui vient même pas à l'esprit de se demander qui ou pourquoi.

En quoi, il fait une erreur. Parce qu'il est loin d'être sorti.

Quelque part dans le cachot, quelque chose suinte l'humidité. Il y a des gouttes d'eau qui tombent. Dans le silence, il entend le petit bruit mouillé qu'elles font en s'écrasant dans la flaque, sur le sol.

Ploc… ploc… ploc… ploc…

Il compte les secondes entre les bruits. Il y en a quatre à chaque fois. Une goutte, ploc. Quatre secondes. Ploc. Une autre goutte.

Ploc… ploc… ploc… ploc…

Ansem le Sage compte les gouttes. Cinquante, puis cent. À deux cent, il s'embrouille et perd le compte. Il le perd parce qu'il perd doucement patience. Il n'aime pas attendre.

Contrarié, il reprend où il s'était arrêté et compte deux cent gouttes de plus, puis trois cent.

Il a compté huit cent treize gouttes, au moment où la porte de la cellule s'ouvre.

Elle s'ouvre sur sa gauche et non en face de lui, contrairement à ce à quoi il s'était attendu. Et c'est une épaisse porte sans fenêtre. De la lumière emplit l'ouverture, et dans l'encadrement se découpe en ombre chinoise une longue silhouette effilée, toute en arêtes acérées, comme si un assemblage de lames faisait semblant d'être une personne qui marcherait et se tiendrait debout.

La porte se referme. Ansem le Sage se tait, peu enclin à faire à cette personne, quelle qu'elle soit, l'honneur insigne de lui adresser la parole.

Mais la silhouette a avancé dans la pièce et, arrivée à côté de lui, s'agenouille. Il fait toujours trop sombre pour qu'il puisse distinguer les traits de l'intrus, mais il voit une crinière hérissée bouger près de lui. Puis des mots lui parviennent dans un souffle.

- Vous savez qui je suis ?

La voix est effectivement vaguement familière. Mais s'il ne s'en souvient pas assez bien pour l'identifier, c'est qu'elle appartient à une personne qui ne valait pas que sa mémoire se donne la peine de l'enregistrer mieux que ça. Par conséquent, il ne se donne pas lui-même la peine de répondre.

Un nouveau mouvement, et la lumière se fait.

Il voit d'abord les flammes, près de son visage, chaudes et claires, puis il voit la main dans la paume de laquelle elles dansent, les longs doigts minces lâchement reployés autour du petit brasier.

Puis il voit le visage derrière le feu. Les longs cheveux rouges, les grands yeux de chat verts et étirés vers les tempes, les tatouages sur les joues.

Une grimace déforme sa bouche, un rictus de mépris et de dédain.

Il sait de qui il s'agit – c'est ce membre de l'Organisation qui n'a pas cessé de lui mettre des bâtons dans les roues quand il tentait de remettre les choses à leur place avec le simili du maître de la Keyblade. Un simili. Il pince les lèvres.

- Vous savez qui je suis ? Répète la créature.

Ansem ne desserre pas les dents et un tic nerveux tord la bouche de l'homme aux cheveux rouges, dont il ne connaît pas le nom. Il s'en moque, ça ne l'intéresse pas. Ça l'a toujours dépassé que ces choses s'attribuent des noms.

- Je ne mérite même pas que tu t'abaisses à m'adresser la parole, je me trompe ? Dit le sous-être accroupi près de lui.

Ansem est étonné. Il ne lui parlera certes pas. Mais il est surpris de constater que cette pâle imitation d'être humain possède une certaine capacité de déduction.

Axel enrage. La colère brûle en lui aussi sûrement que les flammes dans sa main. Il a vu l'approbation dans le regard de son prisonnier. Il a commis l'erreur de sous-estimer les similis parce qu'il les estime inférieurs – ou plutôt, parce qu'il s'estime infiniment supérieur.

Erreur fatale.

Il voit très bien qu'il n'éprouve pas une once de peur. Il voit à son visage impassible qu'il ne se méfie pas une seconde de lui – sans doute le juge-t-il, tel un insecte qu'il conviendrait d'écraser du plat de la main, trop insignifiant pour être pris en compte. Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il peut faire - de ce qu'il fera. Parce qu'il le fera.

- Meurtrier, gronde-t-il, la colère rendant sa voix rauque.

Les yeux d'Ansem s'ouvrent un peu plus grands, ses sourcils se lèvent, son visage tout entier compose une expression de surprise incrédule.

Et soudain, il parle.

- Je n'ai jamais tué personne, ni même jamais provoqué la mort de qui que ce soit, déclare-t-il d'une voix impérieuse.

Les yeux verts lancent un regard venimeux.

- Meurtrier ! répète Axel, du poison dans la voix.

Il le lui fera admettre. C'est pour ça qu'il l'a amené ici.

Il est responsable de la disparition de Roxas sans lui, il serait toujours en vie. Il lui fera admettre qu'il l'a tué, il lui fera implorer leur pardon à genoux. C'est devenu son obsession.

Il utilisera tous les moyens nécessaires pour ça, sans hésitation.

Axel avait changé, pour Roxas. Ou plutôt, Roxas l'avait changé. Mais Roxas n'est plus là.

Et Axel est peu à peu redevenu ce qu'il était avant l'arrivée du Numéro XIII dans l'Organisation.

Un assassin.

- Jamais personne ? Répète-t-il. Oh, si… Souviens-toi, DiZ, du garçon que tu retenu prisonnier, que tu as manipulé, à qui tu as fait oublier toute sa vie et ses amis avant de le faire disparaître ! Il avait quinze ans… C'était qu'un gosse !

Axel serre les dents. Il a mal. Il a l'impression de brûler de l'intérieur.

L'homme enchaîné au mur a l'air sincèrement surpris un instant, puis son visage reprend une expression hautaine et méprisante.

- Je n'ai donc jamais tué personne, répète-t-il sur un ton d'une égalité exaspérante, comme s'il énonçait une évidence. Ce n'était qu'un simili, une créature qui n'existait même pas…

- Il s'appelait Roxas ! Crie Axel.

Il empoigne l'homme par le col et le tire vers lui, amène son visage tout près du sien.

- Tu l'as tué, aussi sûrement que je te tuerai si tu refuses de l'admettre.

Et il lève l'autre main. Des flammes éclosent dans sa paume, et l'ancien Numéro VIII l'applique sur l'épaule de son prisonnier.

Pendant une demi-seconde, l'homme ne réalise pas. Le temps que les flammes brûlent ses vêtements avant de parvenir à la peau. Avant qu'un grésillement ne se fasse entendre dans le cachot, accompagné d'une atroce odeur de chair cramée. Le léger bruit pétillant est très rapidement couvert par le hurlement de douleur du supplicié.

Axel maintient la pression plusieurs secondes avant de retirer sa paume, laissant, imprimée dans la chair, la marque noire et fumante de sa main, doigt écartés.

L'odeur est horrible. Les halètements de douleur du prisonnier résonnent dans le cachot.

- Tu vois, je suis un simili… alors je n'ai pas de cœur, reprend Axel, toujours sur le même ton vénéneux. Mais le fait que nous en soyons dépourvus ne signifie pas que nous n'avons pas d'émotions. Nous avons été humains, et comme le dit une certaine personne que je connais bien, nous en conservons le souvenir. Toi, tu estimes que parce que nos émotions sont des réflexes conditionnés, elles n'existent pas vraiment. Je n'ai pas de cœur, et pourtant, je te déteste, tu sais. Je te hais si fort, que la haine est comme de l'acide dans mes veines. Je te hais tellement que ça me fait mal.

L'homme n'a pas l'air convaincu, malgré sa pâleur et sa respiration sifflante il n'a rien perdu de sa prétention. Axel pense qu'il va se faire un plaisir de lui faire ravaler sa morgue, et avant longtemps.

- Qu'est-ce qu'on t'a fait pour que tu nous méprises à ce point ? Demanda-t-il.

Il ne s'attend pas vraiment à une réponse. Mais l'homme parle.

- Celui qui ne sait rien… ne peut rien comprendre.

Axel serre les dents, empoigne l'avant-bras du prisonnier et, des flammes jaillissant de sa main à nouveau, lui inflige une autre brûlure profonde. Le hurlement résonne contre les parois sombres de la cellule.

Dans la lumière mouvante du feu, le visage du simili ne trahit pas d'émotion. Il semble qu'il arborerait la même expression s'il était en train d'assister à une réunion ennuyeuse. Il finit par lâcher sa victime, et l'obscurité retombe sur eux.

- Je vais probablement finir par te tuer, quoi qu'il en soit, dit Axel. Mais tu peux faire en sorte que ce soit plus rapide, et beaucoup moins douloureux.

Le prisonnier blond ne répond rien. Axel reste là un instant encore, immobile dans les ténèbres, puis il se lève. Il sort de la cellule, lentement. Il va laisser son réticent captif mariner pendant quelques heures. Il a tout son temps.

Ansem souffre.

Il tend l'oreille pour retrouver le bruit des gouttes qui s'écrasent dans la flaque, sur le sol, et il recommence à les compter pour tenter se distraire de la douleur intense qu'il éprouve.

Peu à peu, il parvient à y prêter moins attention. Alors, lorsque ses sens lui reviennent assez pour qu'il perçoive autre chose que la souffrance physique, c'est l'écœurante odeur, âcre et douceâtre, de sa chair brûlée, qui lui parvient et lui soulève l'estomac. Il vomit.

Et tandis qu'il hoquette, le souffle court, dans la petite pièce sombre et humide, dans l'atmosphère alourdie par la puanteur et l'humidité, le corps agité de soubresauts qu'il tente de maîtriser, une pensée lui traverse l'esprit.

Finalement, il ne va peut-être pas sortir si rapidement que ça.

AKUROKU

Et toc ! Ah, que ça fait du bien ! Qu'est-ce que vous en dites ? Je ne pouvais pas le tuer vu qu'à la fin de KH II il est toujours en vie, mais là on peut imaginer que le Roi Mickey l'a sauvé avant qu'Axel l'ait transformé en shish-kebab … J'attends vos impressions !